Le présent chapitre est consacré à l’examen de la performance des pêches de capture et de l’aquaculture, dans les pays membres de l’OCDE et les pays non-Membres couverts par le rapport, au cours des 15 dernières années, offrant ainsi les éléments de contexte nécessaires à l’analyse des politiques qui est développée dans la seconde partie du rapport. Ce chapitre met en lumière la place considérable des économies asiatiques dans la production mondiale de produits de la mer, et en particulier dans la production aquacole, qui est bien plus concentrée, du point de vue géographique, que la production des pêches de capture. Il montre d’autre part que les Membres de l’OCDE conservent un rôle important dans le secteur des pêches de capture et dans les échanges de produits de la pêche. Le chapitre décrit également les tendances de l’emploi dans le secteur et l’évolution des flottes . Le chapitre se conclut par un examen des prévisions pour le secteur.
2. La performance de la pêche ces dernières années
Copier le lien de 2. La performance de la pêche ces dernières annéesDescription
Principaux messages relatifs à la performance des pêches et de l’aquaculture
Copier le lien de Principaux messages relatifs à la performance des pêches et de l’aquacultureÀ l’échelle des 41 pays et territoires considérés dans le présent rapport, le secteur des pêches et de l’aquaculture a tourné la page de la pandémie de COVID-19.
Les échanges internationaux battent des records absolus en valeur.
La production aquacole progresse : elle a doublé en volume et augmenté de 450 % en valeur depuis le milieu des années 2000.
La valeur de la production des pêches de capture a atteint son plus haut en 2021 (65 % d’augmentation en valeur nominale depuis 2005), malgré une diminution des volumes.
L’évolution tendancielle de la production est largement, et de plus en plus, déterminée par les pays non-Membres d’Asie. En 2022, les Membres de l’OCDE ont représenté :
40 % du volume des captures et 34 % de la valeur des débarquements comptabilisés pour les 41 pays et territoires considérés dans le présent rapport (alors qu’ils avaient atteint jusqu’à 47 % du volume, en 2006, et 54 % de la valeur en 2005).
9 % de la production aquacole en volume et 17 % en valeur (contre, respectivement, 13 % en 2005 et 30 % en 2006).
L’aquaculture continue de gagner en importance, même parmi les pays membres de l’OCDE. Dans les 41 pays et territoires considérés dans le présent rapport, l’aquaculture (production d’algue exceptée) a représenté 72 % de la valeur et 60 % du volume de la production d’animaux aquatiques en 2022. Dans les pays de l’OCDE, elle a représenté 55 % de la valeur de la production, mais seulement 25 % de son volume.
Dans les pays membres de l’OCDE, l’emploi dans le secteur de la pêche a reculé de 20 % depuis 2005, cependant la valeur de la production des pêches de capture est restée stable en termes nominaux.
La production mondiale de produits de la mer devrait croître au cours de la prochaine décennie (grâce à la poursuite du développement de l’aquaculture dans les pays non-Membres d’Asie). Le rythme de sa croissance sera toutefois inférieur à ce qu’il était précédemment.
2.1. Quels sont les enjeux ?
Copier le lien de 2.1. Quels sont les enjeux ?Ces dernières années, la production halieutique et aquacole et les échanges commerciaux ont été mis à mal par la pandémie de COVID-19, qui les a restreints dans de nombreuses régions du monde. De manière plus générale, la performance du secteur est tributaire de la fluctuation des prix des intrants, et au premier chef, de celui des carburants ; de la santé des stocks halieutiques ; des politiques publiques le concernant ; et des tendances socioéconomiques plus générales. Les pêches de capture, par exemple, sont confrontées à un vieillissement de la main-d’œuvre dans plusieurs pays de l’OCDE.
Le présent chapitre est consacré à l’examen des données des 41 pays et territoires considérés dans le présent rapport1 (chapitre 1) sur la performance socioéconomique despêches de capture et de l’aquaculture au cours des dernières années. Il fournit ainsi une description du contexte nécessaire à l’analyse des politiques publique qui est développée dans la seconde partie du rapport. Il permet de se pencher sur les tendances de la production, des échanges, de l’emploi et des flottes et s’achève par une étude des projections pour la décennie à venir établies dans un récent rapport de l’OCDE et de la FAO (OCDE/FAO, 2024[1]). Tout au long du présent chapitre, les données sont présentées au niveau de « tous les pays et territoires », autrement dit les 41 pays et territoires couverts par la publication, ou en distinguant parmi eux les « Membres de l’OCDE » des « non-Membres ». Les valeurs sont exprimées en termes nominaux.
2.2. La production totale d’animaux et de plantes aquatiques est en hausse, portée par la croissance de l’aquaculture
Copier le lien de 2.2. La production totale d’animaux et de plantes aquatiques est en hausse, portée par la croissance de l’aquacultureDans l’ensemble, en 2022, les 41 pays et territoires considérés dans le présent rapport ont produit 172 millions de tonnes de produits aquatiques : 56 millions de tonnes d’animaux aquatiques issus des pêches de capture en mer et 116 millions de tonnes issues de l’aquaculture, dont 82 millions de tonnes d’animaux aquatiques et 34 millions de tonnées d’algues (Graphique 2.1a). Le volume total de la production a augmenté de 50 % au cours des 15 dernières années (soit plus de 2 % par an au cours de la période), la part de l’aquaculture passant de 45 % en 2005 (ou 39 % sans les algues) à 68 % en 2022 (ou 60 % sans les algues). La production aquacole est supérieure, en volume, à celle des pêches de capture depuis 2013 si l’on considère l’ensemble des pays et territoires.
L’augmentation de la production totale est plus significative encore lorsque celle-ci est exprimée en valeur, puisque l’on est passé de 127 milliards USD en 2005 à 381 milliards USD en 2022, soit un triplement en l’espace de 15 ans (ou une croissance annuelle de 7 % sur la période considérée). Le poids de l’aquaculture est lui aussi plus considérable en valeur qu’en volume, avec 73 % de la production totale en 2022 (72 % sans les algues).
Chez les Membres de l’OCDE, la production totale a atteint 32 millions de tonnes, pour une valeur totale de 80 milliards USD, en 2022 (Graphique 2.2). Leur part dans la production de l’ensemble des pays et territoires considérés a diminué depuis 2005 pour n’en représenter qu’un cinquième environ, tant en volume qu’en valeur (passant plus précisément de 31 % à 19 % en volume et de 41 % à 21 % en valeur).
La part de l’aquaculture parmi la production totale, en volume, des Membres de l’OCDE a augmenté au fil du temps, même si elle n’en représentait encore que 25 % en 2022. Au regard de la valeur, cependant, l’aquaculture est passée devant les débarquements de captures depuis 2019. En 2022, elle représentait 55 % de la production totale, en valeur, des Membres de l’OCDE (sans compter les algues). Il faut y voir l’effet d’une nette augmentation de la valeur de la production aquacole (et non pas un déclin de celle des débarquements de pêches, demeurée stable depuis 2005) résultant de la place prépondérante accordée aux espèces les plus prisées (comme le saumon).
L’aquaculture nationale est le principal pourvoyeur en produits de la mer dans de nombreux pays, qu’il s’agisse d’acteurs majeurs du secteur ou de pays dont la production globale est modeste à l’échelle mondiale. Elle représente notamment 93.5 % des volumes produits en Slovénie, 86.3 % en Chine, 77.9 % en Roumanie, 73.7 % en Inde et 70.4 % en Colombie. À l’inverse, elle représente moins de 2 % de la production totale en Lettonie (1.4 %), en Belgique (1.3 %), en Estonie (1.1 %) et en Argentine (0.7 %).
2.3. Les captures diminuent en volume, mais leur valeur augmente, portée par la croissance dans les non-Membres
Copier le lien de 2.3. Les captures diminuent en volume, mais leur valeur augmente, portée par la croissance dans les non-MembresEn 2022, les 41 pays et territoires couverts par le présent rapport ont pris en mer 56 millions de tonnes (Mt) d’animaux et plantes, en recul par rapport aux 63 Mt de 2005 (et même par rapport aux 60 Mt de 2018)2. La valeur des débarquements, 103 milliards USD en 2022, représentait près du double de celle relevée au milieu des années 2000 et approchait le record absolu de 105 milliards USD enregistré en 2018 (Graphique 2.3, encadré 1.1).
Dans l’ensemble, l’évolution de la performance des pêches de capture en mer tend elle aussi à être, de plus en plus, déterminée par ce qui se passe en dehors de la zone OCDE, puisque la part de cette dernière s’amenuise – quoique moins rapidement que dans le cas de la production halieutique et aquacole globale. En 2022, les Membres de l’OCDE avaient à leur actif 40 % du volume de captures des pays et territoires couverts par le présent rapport (contre un plus haut à 47 % en 2006) et 34 % de la valeur des débarquements (contre un plus haut à 54 % en 2005). Cette même année, la Chine, à elle seule, a compté pour 21 % du volume des captures en mer et 35 % de la valeur des débarquements, et l’Indonésie pour 12 % et 35 %, respectivement. Venaient ensuite, s’agissant du volume de captures, le Pérou (10 %), les États-Unis (8 %), l’Inde (7 %), le Viet Nam (6 %), le Japon, le Chili et la Norvège (5 % chacun), et le Mexique (3 %). Au regard de la valeur des débarquements, s’ajoutaient à la liste des dix principaux producteurs le Japon et l’Inde (7 %), les États-Unis (6 %), le Viet Nam et le Canada (4 %), la Corée et la Norvège (3) et le Pérou (2 %) (Graphique 2.4).
Quant au volume de captures, deux espèces se distinguent : l’anchois du Pérou et la bonite à ventre rayé, qui représentent, respectivement, 9 % et 3 % du total. Viennent ensuite le lieu de l’Alaska, le hareng de l’Atlantique, le maquereau espagnol Pacifique, l’encornet géant, la sardine du Pacifique, le chinchard du Chili, le poisson-sabre commun et l’anchois japonais, avec chacun 2 % des prises3.
En 2022, les 41 pays et territoires considérés dans le présent rapport ont en outre capturé plus de 4 Mt d’animaux aquatiques dans les eaux continentales, soit un volume identique à celui relevé au cours des 15 dernières années. L’Inde et la Chine arrivent en tête, qui ont réalisé ensemble 74 % de ces captures. Les carpes, barbeaux fluviaux et autres cyprinidés étaient les espèces les plus représentées (22 %). Aucune donnée quant à la valeur des captures n’est disponible au niveau international.
2.4. La production aquacole a sensiblement augmenté, plus lentement cependant chez les Membres de l’OCDE que chez les non-Membres
Copier le lien de 2.4. La production aquacole a sensiblement augmenté, plus lentement cependant chez les Membres de l’OCDE que chez les non-MembresEn 2022, la production aquacole (à l’exclusion de l’algoculture) a atteint 82 Mt dans les 41 pays et territoires étudiés, soit pratiquement le double du volume enregistré en 2005 après une croissance continue depuis lors. Sa valeur s’élevait à 261 milliards USD, près de cinq fois celle qui était la sienne au milieu des années 2000 (Graphique 2.5).
L’évolution de la production aquacole (à l’exclusion de la production d’algues) est elle aussi déterminée, dans une mesure de plus en plus large, par ce qui se passe en dehors de la zone OCDE, et même davantage que celle de la pêche de capture. Les Membres de l’OCDE n’ont réalisé en effet que 9 % de la production aquacole en volume et 17 % en valeur en 2022 (quand ils en assuraient, respectivement, jusqu’à 13 %, en 2005, et 30 %, en 2006). La part de l’OCDE s’est érodée au cours des 15 dernières années, aussi bien en volume qu’en valeur, malgré une augmentation globale de la production de ses Membres (2.5 %/an en volume et 5.8 %/an en valeur, en moyenne), en raison d’une progression supérieure chez les non-Membres (4.7 % en volume et 10.3 % en valeur, en moyenne).
La production animale issue de l’aquaculture (qui exclut donc les algues) est dominée par la Chine, qui a fourni 64 % de son volume et 65 % de sa valeur à l’échelle de l’ensemble des pays et territoires considérés (Graphique 2.6). Les autres grands producteurs en volume sont l’Inde (12 %), l’Indonésie (7 %), le Viet Nam (6 %), la Norvège et le Chili (2 % chacun). En valeur, ce sont l’Inde (7 %), le Viet Nam (6 %), le Chili, l’Indonésie et la Norvège (4 % chacun) et le Japon (1.3 %) qui arrivent ensuite. Les autres pays et territoires représentent chacun moins de 1 % de la production, tant en volume qu’en valeur.
L’aquaculture dans les pays membres de l’OCDE mise principalement sur des espèces dont la valeur marchande est élevée, à commencer par le saumon de l’Atlantique, dont la production a augmenté au cours des 15 dernières années pour atteindre en 2022 un volume de 2.7 Mt (contre 1.2 Mt en 2005) et une valeur de 21.2 milliards USD (4.9 milliards USD en 2005). C’est ainsi qu’en 2022, le saumon de l’Atlantique représentait 37 % du volume et 49 % de la valeur de la production aquacole dans ces pays (Graphique 2.7)4. La Norvège, à elle seule, a assuré plus de la moitié de la production de ce poisson à l’échelle de la zone OCDE (1.5 Mt et 10.5 milliards USD, soit 57 % du volume produit et 50 % de sa valeur). Le deuxième pays producteur était le Chili, avec environ 760 000 tonnes (28 % du volume et 35 % de la valeur)5.
La production d’algues dans les 41 pays et territoires étudiés a approché les 34 Mt en 2022, pour une valeur de plus de 16 milliards USD – contre 13 Mt et 5 milliards USD en 2005, (soit une progression annuelle de 5.8 % en volume et 6.9 % en valeur). Cette production est particulièrement concentrée. En 2022, elle a été dominée par la Chine et l’Indonésie, dont la part atteint 67 % et 27 % de son volume, respectivement, et 73 % et 17 % de sa valeur. Viennent ensuite la Corée (5 % du volume et 3 % de la valeur), le Japon (1 % du volume et 5 % de la valeur) et le Chili (0.05 % du volume et 1 % de la valeur). Quinze autres pays et territoires ont communiqué une production, chacun pour moins de 0.05 % du total (en volume comme en valeur).
Dans l’ensemble, les Membres de l’OCDE ont donc réalisé 6 % du volume total et 10 % de la valeur totale de la production d’algues en 2022, et ont vu leur part diminuer sur les 15 dernières années, nonobstant une progression de leur production en termes absolus, au regard du volume comme de la valeur, en raison d’une croissance plus soutenue en Chine et en Inde.
2.5. Les échanges commerciaux de produits de la mer ont atteint des niveaux records une fois dissipés les effets de la pandémie de COVID-19
Copier le lien de 2.5. Les échanges commerciaux de produits de la mer ont atteint des niveaux records une fois dissipés les effets de la pandémie de COVID-19Les produits de la mer font partie des produits alimentaires les plus échangés (FAO, 2024[2]). En 2022, les échanges dont ils font l’objet à l’échelle mondiale ont représenté un peu plus de 9 % de la valeur des échanges de produits agricoles et 1 % environ de celle de l’ensemble des échanges de marchandises. Les échanges occupent aussi une place importante dans les secteurs de la pêche et de l’aquaculture des pays et territoires couverts par le présent rapport. En 2022, la valeur des exportations de produits halieutiques et aquacoles de l’ensemble de ces pays et territoires s’est élevée à 147 milliards USD – un record absolu, dans un contexte de reprise des échanges après la contraction observée en 2020 sous l’effet de la pandémie de COVID-19 (26 % de progression)6. Les cinq principaux exportateurs étaient la Chine (22.6 milliards USD), la Norvège (15.6 milliards USD), le Viet Nam (11 milliards USD), le Chili (8.7 milliards USD) et l’Inde (7.9 milliards USD). Les cinq principaux importateurs étaient quant à eux les États-Unis (32.4 milliards USD), la Chine (23.2 milliards USD), le Japon (15.4 milliards USD), l’Espagne (9.5 milliards USD) et la France (8.2 milliards USD)7.
2.6. Les Membres de l’OCDE forment un bloc commercial de première importance
Copier le lien de 2.6. Les Membres de l’OCDE forment un bloc commercial de première importanceAvec 91.1 milliards USD en 2022, les exportations des Membres de l’OCDE ont représenté 62 % de la valeur de celles des 41 pays et territoires pris en considération, et 60 % de leur volume. Une grande partie de ces échanges se sont effectués à l’intérieur même de la zone OCDE : 64 % des exportations en volume et 75 % en valeur étaient en effet destinés à un autre Membre. On voit ici que les pays et territoires à haut revenu sont des partenaires commerciaux importants en ce qui concerne les exportations de produits halieutiques et aquacoles dont la valeur est élevée.
Dans l’ensemble, les Membres de l’OCDE ont été importateurs nets de produits animaux issus de la pêche ou de l’aquaculture au cours des 15 dernières années. Les groupes d’espèces pour lesquels le déficit commercial était le plus marqué en 2022 étaient les suivants : crevettes (16.9 milliards USD) ; thons, pélamides et marlins (7.7 milliards USD) ; encornets, seiches et poulpes (5.9 milliards USD) ; et morues, merlus et églefins (3.1 milliards USD). Les saumons, truites et éperlans, quant à eux, sont tout à la fois le groupe d’espèces le plus importé et le plus exporté par les Membres de l’OCDE, avec une valeur de 34.4 milliards USD pour les exportations et 30.1 milliards USD pour les importations, ce qui en fait aussi le groupe d’espèces à l’excédent commercial le plus important (4.3 milliards USD).
2.7. L’emploi dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture est demeuré relativement stable dans l’ensemble, et se concentre principalement dans les pays non-Membres d’Asie
Copier le lien de 2.7. L’emploi dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture est demeuré relativement stable dans l’ensemble, et se concentre principalement dans les pays non-Membres d’AsieEn 2022, dans les pays et les territoires étudiés, 38 millions de personnes étaient employées dans les secteurs de la pêche proprement dite8 et de la production aquacole – soit légèrement plus qu’en 2005, où elles étaient environ 34 millions (Graphique 2.9)9. La vaste majorité d’entre elles (94 %) se trouvaient dans les pays non-Membres d’Asie, comme c’était déjà le cas au long des 15 années précédentes.
2.7.1. Les pêches et l’aquaculture occupent une part de la main-d’œuvre bien moindre chez les Membres de l’OCDE que chez les non-Membres
L’emploi dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture représente une part plus élevée de l’emploi total chez les non-Membres que chez les Membres de l’OCDE. Au cours des 15 dernières années, en effet, cette part s’est élevée en moyenne à 2.5 % environ chez les premiers contre 0.2 % chez les seconds. Ces proportions sont proches de celles observées en 2022 (2.4 % contre 0.2 %). De sensibles écarts peuvent néanmoins être observés entre les pays, avec des extrêmes à 5 % au Viet Nam contre 0.01 % en Belgique (Graphique 2.10)
2.7.2. Les pêches et l’aquaculture avaient, dans l’ensemble, des niveaux d’emploi comparables en 2022, cependant les proportions et les tendances varient considérablement selon les pays et territoires
Si dans l’ensemble les emplois se répartissaient à égalité de parts entre pêche et aquaculture, en 2022, cette répartition varie très sensiblement selon les pays et territoires. Chez les Membres de l’OCDE, la pêche proprement dite représentait 74 % de l’emploi total. La proportion s’élevait à 81 % en 2005 avant de diminuer régulièrement au long des 15 dernières années tandis que l’aquaculture prenait davantage d’importance en termes relatifs. Chez les non-Membres, l’aquaculture représentait un peu plus de la moitié des emplois (51 %) en 2022, après une légère progression depuis 2005, où elle faisait déjà pratiquement jeu égal avec la pêche (47 %).
À l’échelle de l’ensemble des pays et territoires, la pêche proprement dite employait quelque 19 millions de personnes en 2022, un effectif comparable à celui relevé depuis de milieu des années 2000, qui oscille entre 17 et 19 millions de personnes (Graphique 2.11). En 2022, elle employait environ 1 million de personnes chez les Membres de l’OCDE (5 % de l’emploi total du secteur dans tous les pays et territoires), soit 20 % de moins qu’en 2005. Solidairement, les Membres de l’OCDE arrivent en quatrième position, derrière l’Inde, l’Indonésie et la Chine, qui réunissent à eux trois 83 % des emplois du secteur. En termes relatifs, la part de la zone OCDE est relativement stable sur les 15 dernières années.
L’aquaculture, de son côté, employait un peu plus de 19 millions de personnes en 2022. La plupart de ses actifs se trouvaient chez les non-Membres d’Asie, et principalement en Chine (47 %), en Inde (31 %) et en Indonésie (10 %), qui réunissaient à eux trois 88 % des emplois du secteur. Cette proportion est relativement stable depuis 2005, une contraction de la part de la Chine ayant été compensée par un accroissement de celle de l’Inde. La part des emplois aquacoles chez les Membres de l’OCDE est restée stable elle aussi, aux alentours de 2 %, depuis le milieu des années 2000 (Graphique 2.12).
2.8. Des flottes moins nombreuses, mais de plus grande capacité
Copier le lien de 2.8. Des flottes moins nombreuses, mais de plus grande capacité2.8.1. Le nombre de navires est en baisse depuis 2005 chez les Membres de l’OCDE, mais il ne l’est que depuis 2013 chez les non-Membres
En 2022, plus de 2 millions de navires, toutes tailles confondues, étaient recensés dans les pays et territoires considérés, contre plus de 2.8 millions en 2005 (Graphique 2.13). L’effectif total a diminué de 26 % depuis 2013, principalement en raison d’une réduction des flottes chez les non-Membres après cette date. Auparavant (entre 2005 et 2013), le nombre de navires était à la baisse chez les Membres de l’OCDE, mais augmentait chez les non-Membres, pour un effectif global relativement stable.
Les Membres de l’OCDE possédaient 25 % des navires en 2022, ce qui marque un retour à la proportion relevée au milieu des années 2000 après le plus bas (21 %) atteint en 2014. En 2022, la grande majorité des navires de pêche se trouvaient en Asie (81 %), et principalement en Indonésie (34 %), en Chine (24 %), Japon (10 %), en Inde (8 %) et au Viet Nam (5 %) (Graphique 2.14).
2.8.2. La capacité totale de la flotte progresse après quelques années de recul
En ce qui concerne le tonnage brut, en revanche, la capacité de la flotte est en passe de retrouver le niveau qui était le sien dans les années 2000, après une période de contraction entre 2014 et 2019. La flotte de l’ensemble des pays et territoires étudiés ici était estimée à 71 millions de tonnes brutes en 2022 (contre 74 millions en 2005 et même 77 millions en 2014) (Graphique 2.13b)10. Les Membres de l’OCDE représentaient 12 % de ce tonnage brut en 2022, une proportion restée stable depuis 2005.
Les données sur la longueur des navires sont manquantes dans la majorité des cas (79 % des navires) ; en effet, plusieurs des pays possédant les flottes les plus considérables ne les ont pas communiquées, ainsi la Chine, les États-Unis, l’Inde, l’Indonésie et le Japon. Si l’on considère uniquement les pays pour lesquels cette information est disponible, il apparaît que les navires de petite taille (moins de douze mètres) représentaient 78 % de l’effectif de la flotte globale en 2022. Cette part a augmenté depuis 2017, mais cette augmentation tient essentiellement à l’ajout de données détaillées par le Viet Nam, le pays ayant commencé cette même année à publier l’effectif de ses navires en fonction de leur taille. Chez les Membres de l’OCDE, les navires de petite taille (moins de douze mètres) représentent 85 % de la flotte, avec toutefois des écarts significatifs selon les pays (98 % en Estonie contre 0 % en Belgique). Chez les non-Membres, les navires de petite taille représentent en moyenne 67 % de la flotte, avec des proportions comprises entre 37 %, en Argentine, et 94 %, en Bulgarie (Graphique 2.15).11
Graphique 2.15. Composition des flottes de pêche (nombre de navires par catégorie de longueur), 2022
Copier le lien de Graphique 2.15. Composition des flottes de pêche (nombre de navires par catégorie de longueur), 2022Note : les données officielles ont été complétées par des estimations lorsqu’il n’y avait pas de données disponibles.
Source : OCDE (2025), Flotte de pêche, http://data-explorer.oecd.org/s/14j.
2.8.3. Perspectives : vers une croissance moins soutenue de la production et des échanges
D’après l’édition 2023 des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO, la production mondiale d’animaux aquatiques devrait continuer de croître au cours de la décennie à venir, quoiqu’à un rythme plus lent qu’au cours des précédentes (Encadré 2.1). La majeure partie de l’accroissement attendu proviendra des non-Membres asiatiques, et sera fournie par l’aquaculture.
Les taux de croissance prévus varient considérablement selon les pays et territoires étudiés dans le présent rapport (Graphique 2.16). D’une manière générale, la production aquacole devrait augmenter à un rythme soutenu – à l’échelle des Membres de l’OCDE la croissance attendue de la production totale est de 9.6 % pour l’aquaculture et de 1.7 % pour la pêche de capture. Dans certaines économies, cependant, comme la Colombie, les États-Unis, l’Union européenne et le Viet Nam, c’est la production de la pêche de capture qui devrait progresser le plus.
Encadré 2.1. Les tendances annoncées dans les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO pour la pêche et l’aquaculture
Copier le lien de Encadré 2.1. Les tendances annoncées dans les <em>Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO</em> pour la pêche et l’aquacultureLes Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2024‑2033 contiennent une évaluation exhaustive de ce que pourrait être l’évolution, sur les dix ans à venir, des marchés nationaux, régionaux et mondiaux des produits agricoles, halieutiques et aquacoles. Fruit de la collaboration que l’OCDE et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture entretiennent depuis vingt ans, cette publication est établie avec l’aide d’experts de leurs pays membres et d’organisations internationales spécialisées dans les produits de base. Le présent encadré offre la synthèse des résultats d’une projection à l’échelle mondiale, dont le champ excède par conséquent les 41 pays et territoires pris en considération dans le reste de notre Examen des pêcheries.
La croissance de la production halieutique et aquacole et des échanges connexes devrait ralentir entre 2024 et 2033
La production halieutique et aquacole mondiale est attendue en hausse entre 2024 et 2033 et devrait atteindre 206 millions de tonnes (Mt) à la fin de la période considérée, soit 22 Mt de plus que la moyenne calculée sur 2021-23. Son rythme de croissance, toutefois, sera plus lent qu’au cours de la décennie précédente, qui l’avait vue augmenter de 32 Mt. La hausse de la production est portée aujourd’hui par le développement de l’aquaculture, principalement en Asie (Graphique 2.17). Plus de 85 % de l’accroissement attendu viendra de l’aquaculture, qui portera ainsi sa part dans la production mondiale de produits halieutiques et aquacoles à 55 %. Les plus fortes hausses devraient être observées en République populaire de Chine, en Inde et en Indonésie, pays qui totaliseront près de 80 % de la production aquacole supplémentaire. On attend une progression modeste des captures, avec des volumes compris entre 89 Mt, les années du phénomène El Niño, et 94 Mt les meilleures années.
Graphique 2.17. Production aquacole (gauche) et production halieutique (droite) à l’échelle mondiale, 1990-2033
Copier le lien de Graphique 2.17. Production aquacole (gauche) et production halieutique (droite) à l’échelle mondiale, 1990-2033Note : les données sont exprimées en équivalent poids vif.
Source : OCDE-FAO (2024[1])« Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données, consultée le 17 octobre 2024).
Les exportations mondiales de produits halieutiques et aquacoles destinés à la consommation humaine devraient continuer à se développer entre 2024 et 2033, mais à rythme moins rapide que ces dix dernières années. Cette tendance résulte d’un ralentissement à long terme de l’expansion des échanges. L’Asie, et en particulier la Chine, continuera d’être la locomotive des exportations, suivie des Amériques. À l’inverse, l’Afrique et l’Océanie devraient connaître une contraction de leurs exportations au cours de la période de projection. L’Afrique et les Amériques absorberont la majorité de la croissance des importations, tandis que l’Asie et l’Europe verront probablement diminuer les leurs, car la demande, dans ces régions, sera satisfaite dans une plus large mesure par la production intérieure, ce à quoi s’ajoutera une moindre consommation par habitant dans le cas de l’Europe.
Source : OCDE-FAO (2024[1]).
Références
[4] Calado, R. et al. (2021), « Summer is coming! Tackling ocean warming in Atlantic salmon cage farming », Animals, vol. 11/6, p. 1800, https://doi.org/10.3390/ani11061800.
[2] FAO (2024), The State of World Fisheries and Aquaculture 2024, Food and Agriculture Organization, Rome, https://doi.org/10.4060/cd0683en.
[3] Moe Føre, H. et al. (2022), « Technological innovations promoting sustainable salmon (Salmo salar) aquaculture in Norway », Aquaculture Reports, vol. 24, p. 101115, https://doi.org/10.1016/j.aqrep.2022.101115.
[1] OCDE/FAO (2024), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2024-2033, Éditions OCDE, Paris/Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Rome, https://doi.org/10.1787/96f19970-fr.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. Ce rapport porte sur 30 Membres de l’OCDE (Allemagne, Australie, Belgique, Canada, Chili, Colombie, Corée, Costa Rica, Danemark, Espagne, Estonie, États‑Unis, France, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays‑Bas, Pologne, Portugal, Royaume‑Uni, Slovénie, Suède et Türkiye) ; et 11 non-Membres (Argentine, Brésil, Bulgarie, Croatie, Inde, Indonésie, Pérou, République populaire de Chine, Roumanie, Taipei chinois et Viet Nam). Pour plus de détails sur la couverture géographique, voir le chapitre 1.
← 2. En 2022, 1.2 Mt de tonnes d’algues ont été récoltées.
← 3. Au regard de la valeur, c’est le homard américain qui arrive en tête, avec 5 % de la valeur globale des débarquements, suivi du crabe des neiges, de la salicoque rouge d’Argentine, de la morue de l’Atlantique, de l’anchois du Pérou et de la bonite à ventre rayé (3 % chacun), du maquereau commun, de l’albacore, du thon obèse, du pétoncle du Japon et du hareng de l’Atlantique (2 % chacun). Toutefois, ce classement est établi sans les données du Brésil, de la Chine, du Danemark, de l’Islande, de l’Inde, de l’Indonésie et du Viet Nam, pays pour lesquels on ne disposait pas de ventilation des débarquements par espèce. Sont exclues également les espèces qui ne font pas l’objet d’une comptabilisation propre, en raison de leur caractère confidentiel, au Canada, aux États-Unis, en Irlande et en Lettonie.
← 4. Après le saumon de l’Atlantique vient la truite arc-en-ciel, qui représente 7 % de la valeur de la production totale.
← 5. L’essentiel de la valeur de la production aquacole chilienne et norvégienne est issu de l’élevage de saumon de l’Atlantique (66 % et 95 %, respectivement). La Norvège et le Chili possèdent tous deux de vastes espaces propices à l’élevage de certaines espèces aquacoles, en raison de leurs nombreux fjords et baies abrités, aux eaux froides et profondes (Moe Føre et al., 2022[3] ; Calado et al., 2021[4]).
← 6. Ces chiffres englobent la pêche proprement dite (production halieutique) et les produits d’élevage (production aquacole), les données relatives aux échanges n’opérant pas de distinction entre ces deux catégories.
← 7. Les cinq principaux groupes d’espèces exportés en 2022 étaient les suivants : saumons, truites et éperlans (35.4 milliards USD) ; crevettes (19.1 milliards USD) ; morues, merlus et églefins (13.4 milliards USD) ; et encornets, seiches et poulpes (11.2 milliards USD). Les cinq principaux groupes d’espèces importés en 2022 étaient les suivants : saumons, truites et éperlans (33.4 milliards USD) ; crevettes (28.7 milliards USD) ; morues, merlus et églefins (16.4 milliards USD) ; thons, pélamides et marlins (13.3 milliards USD) ; et encornets, seiches et poulpes (10.3 milliards USD). Les groupes d’espèces sont repris de la Classification statistique internationale type des animaux et des plantes aquatiques (CSITAPA).
← 8. La pêche proprement dite recouvre la pêche pratiquée en mer et dans les eaux continentales, à l’exclusion de la pêche vivrière et de la pêche de loisir.
← 9. Cet effectif comprend les personnes qui exercent à temps plein, à temps partiel ou de manière occasionnelle.
← 10. Les données sur le tonnage brut concernant le Canada, les États‑Unis, l’Inde, l’Indonésie et le Viet Nam (qui détiennent ensemble la moitié de la flotte des 41 pays et territoires étudiés) sont des estimations.
← 11. L’absence de renseignements au sujet de la capacité et/ou de la taille des principales flottes de pêche, qui vient en partie du fait que les mesures de gestion des flottes reposent exclusivement sur le tonnage brut ou sur la longueur des navires dans quelques pays, ne permet pas de mener une analyse comparative plus poussée de la composition des flottes entre les pays et dans le temps.