Les groupes d’intérêts peuvent fournir aux pouvoirs publics des informations précieuses sur les politiques et réglementations en place ou envisagées. L’expérience montre cependant aussi qu’en l’absence de garde-fous, des activités de lobbying abusives – concentration de l’influence entre les mains de groupes de défense d'intérêts catégoriels, influence indue à travers la fourniture d'informations occultes ou trompeuses ou manipulation de l'opinion publique, par exemple – peuvent conduire, dans des domaines essentiels de l’action publique, à des décisions qui ont des effets pervers. Il peut s’ensuivre un mécontentement de la population à l'égard des institutions publiques et des mécanismes démocratiques.
De fait, l’idée que les décideurs et les mesures qu’ils prennent pourraient être influencés par des groupes défendant des intérêts catégoriels au détriment de l’intérêt général, est largement répandue. D'après l’Enquête de l’OCDE sur la confiance, en moyenne dans 22 pays de l’OCDE, 47.8 % des personnes estiment qu’un haut responsable politique accorderait une faveur politique en contrepartie d’une offre d’emploi bien rémunéré dans le secteur privé (graphique 4.7). La Recommandation de l’OCDE sur les Principes pour la transparence et l'intégrité des activités de lobbying fournit des orientations et des conseils quant aux règles ou mesures sur la transparence et l’intégrité qui peuvent être adoptées pour atténuer les risques d'influence indue et de captation de l’action publique.
Pour garantir la transparence, 12 pays de l’OCDE (41 %) parmi les 29 pour lesquels des données sont disponibles ont mis en place un registre des lobbyistes accessible au public. Dans 10 pays, ce registre contient des informations sur le nom du lobbyiste, son domaine d'intervention et la nature de ses activités de lobbying. Dans trois pays, le registre contient aussi des informations sur le budget et les dépenses consacrés aux activités de lobbying et sur le texte législatif ou réglementaire visé (graphique 4.8).
Dans 10 pays de l’OCDE sur 29 (34 %), le cadre réglementaire prévoit des sanctions contre les manquements aux normes de transparence et d’intégrité des activités de lobbying. Sept de ces pays ont conduit des enquêtes pour manquement aux règles relatives aux activités de lobbying ou parce que les informations déclarées étaient incomplètes ou fausses (graphique 4.9).