L’année 2025 est une année charnière pour rendre l’action climatique mondiale compatible avec un profil d’évolution durable des émissions de gaz à effet de serre (GES), car elle devrait voir les pays soumettre leurs contributions déterminées au niveau national actualisées pour 2035 (CDN 3.0). L’Accord de Paris, qui prévoit de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C et de poursuivre l’action menée pour la limiter à 1.5 °C par rapport aux niveaux préindustriels d’ici à la fin du siècle, a donné une impulsion essentielle à la lutte mondiale contre le dérèglement climatique (UNFCCC, 2015[1]). Depuis la ratification de l’Accord de Paris, les engagements de la communauté internationale ont permis de réduire le réchauffement climatique mondial projeté d’ici la fin du XXIᵉ siècle de 3.7-4.8 °C à quelque 2.4-2.6 °C, selon les estimations (UNEP, 2024[2]). Néanmoins, les engagements actuels ne sont pas suffisamment ambitieux pour que les objectifs de température puissent être atteints et, de surcroît, ne sont pas pleinement concrétisés.
Les CDN 3.0 offrent aux pays une occasion unique de se montrer plus ambitieux et, surtout, de rendre leurs engagements compatibles avec les objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050. Cela étant, les pays ne doivent pas seulement redoubler d’ambition, ils doivent aussi veiller à traduire leurs engagements en actes. Or, force est de constater que même les engagements existants, insuffisamment ambitieux, ne sont pas en voie d’être tenus. Alors que les émissions mondiales continuent de progresser et que l’action climatique ralentit, le monde n’est pas parti pour atteindre les objectifs définis pour 2030, ni pour tenir les engagements de neutralité carbone à plus long terme.
Au niveau national, l’action en faveur du climat nécessite des approches sur mesure, car chaque pays doit relever des défis particuliers qui dépendent du profil de ses émissions sectorielles, de son niveau de revenus et de facteurs structurels. Il n’en reste pas moins que le changement climatique aura des répercussions potentiellement catastrophiques et, si les pays ne prennent pas conscience de l’urgence d’agir, de très lourdes conséquences pour les populations vulnérables, l’économie mondiale et les écosystèmes.