L’Observateur de l’action climatique est la publication phare du Programme international de l’OCDE pour l’action sur le climat (IPAC). Il apporte des éclairages sur l’action climatique et les progrès réalisés sur la voie de la neutralité carbone dans 52 pays membres et partenaires de l’OCDE. L’édition 2025 fait le constat que les engagements de réduction des émissions à l’horizon 2030 pris par les pays dans leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) sont insuffisants pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Alors que les risques liés au climat s’amplifient, la réalisation de ces objectifs nécessitera que les pays redoublent d’ambition dans le cadre du prochain cycle de CDN (à 2035) et renforcent notablement une action climatique nationale qui marque sérieusement le pas depuis 2021.
Introduction
Chiffres clés
30 seulement
C’est le nombre de pays qui ont pris l’engagement juridiquement contraignant de parvenir à la neutralité carbone. Ces pays sont à l’origine de 17.7 % des émissions territoriales mondiales.
63 % environ
C’est dans ces proportions que les émissions de GES des pays devront baisser d’ici à 2035 pour être alignées sur l’objectif de limitation du réchauffement à 1.5 °C.
1 % seulement
C’est la progression de l’action climatique en 2024, dont le ralentissement observé depuis 2021 se confirme.
L’évolution des émissions de GES des pays n’est pas en phase avec l’objectif de neutralité carbone à 2050
Les émissions cumulées des pays sont supérieures de 8 % (soit d’environ 2.5 gigatonnes d’équivalent dioxyde de carbone, ou Gt éq. CO2) au niveau nécessaire pour atteindre les objectifs d’émission à 2030. Qui plus est, elles n’évoluent pas actuellement selon une trajectoire compatible avec la réalisation des CDN et des objectifs à plus long terme de neutralité carbone. Il existe au contraire à la fois un écart de réalisation par rapport aux CDN à 2030 et un important écart de cohérence par rapport à l’objectif à 2050. Les prochaines CDN à 2035 sont l’occasion de renforcer l’ambition et la crédibilité de l’action climatique.
Sans une ambition accrue, le réchauffement climatique va s'accentuer
Les aléas climatiques s’intensifient : les canicules, inondations et sécheresses record enregistrées en 2024 soulignent que le risque de franchir des points de basculement climatique augmente. Les projections réalisées selon plusieurs scénarios d’émissions indiquent que la température moyenne mondiale pourrait augmenter sensiblement avec un écart d’environ 6 °C de la température moyenne mondiale entre les scénarios d’émissions très faibles et très fortes, et mettent en exergue les coûts d’une action tardive.
L’action climatique s’essouffle
Il ressort du Cadre de mesure des actions et politiques climatiques (CMAPC) de l’OCDE que l’action climatique, telle que mesurée par le nombre de nouvelles mesures climatiques et la rigueur des politiques publiques, a progressé de seulement 1 % en 2024. Ce ralentissement ne peut plus s’expliquer par la pandémie de COVID-19 ou les chocs économiques, mais témoigne au contraire d’un essoufflement de l’action climatique. De plus, les disparités entre les pays en matière d’action climatique pourraient amplifier le phénomène de délocalisation d’émissions de carbone et compromettre ainsi l’efficacité des efforts d’atténuation déployés à l’échelle mondiale. Pour atteindre les objectifs climatiques, une action internationale coordonnée et plus résolue reste indispensable.
Que peuvent faire les pouvoirs publics ?
La présentation des plans nationaux climat à 2035 est l’occasion de relever le niveau d’ambition et de gagner en crédibilité. Les objectifs de réduction des émissions figurant dans les CDN actuelles ne sont pas alignés sur des trajectoires d’évolution compatibles avec la réalisation de la neutralité carbone d’ici au milieu du siècle, d’où un important écart de cohérence par rapport à l’objectif à 2050. Le nouveau cycle de CDN devrait combler cet écart et renforcer la crédibilité à long terme.
Actuellement, 17.7 % seulement des émissions territoriales sont concernées par des engagements de neutralité carbone juridiquement contraignants. À mesure que les pays relèvent leurs ambitions, il est crucial qu’ils inscrivent leurs objectifs à long terme dans la législation pour signifier clairement et de façon crédible que les émissions devront fortement diminuer.
L’action climatique s’essouffle. Même si les stratégies publiques doivent tenir compte de la situation de chaque pays, il est indispensable de renforcer la coordination internationale pour rehausser le niveau d’ambition et faire converger les efforts nationaux, de façon à prévenir la délocalisation d’émissions de carbone et à obtenir de meilleurs résultats en matière d’atténuation au niveau mondial.
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Rapport
Information sur le chemin parcouru vers la neutralité carbone
17 novembre 2023111 Pages
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