La désindustrialisation, le recul des performances à l’export et la vulnérabilité des économies aux chocs sur les chaînes de valeur justifient un renforcement de la politique industrielle. Les technologies numériques et les crises géopolitiques et sanitaires augmentent l’exposition des économies à la concentration des marchés et à la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement, tandis que la transition climatique exige investissements, innovation et coordination des politiques publiques. Dans un contexte budgétaire contraint, il est crucial d’évaluer l’efficacité des dispositifs existants de soutien aux entreprises (p. ex. : subventions, taxes, réglementations, avances remboursables ou autres mesures financières) et de réallouer les ressources là où elles sont le plus efficaces pour atteindre les objectifs de compétitivité et de résilience. Le renforcement de la politique industrielle française nécessite d’agir selon quatre axes prioritaires : i) maintenir la compétitivité-prix via une meilleure allocation des aides fiscales et des taxes ; ii) renforcer l’innovation industrielle et la compétitivité hors coûts par un soutien accru aux technologies émergentes et aux innovations de rupture ; iii) assurer la résilience aux chocs économiques et géopolitiques par la diversification des chaînes de valeur, le développement des infrastructures numériques et l’accompagnement à la décarbonation tout en préservant la compétitivité ; et iv) renforcer le capital humain et son alignement sur les besoins stratégiques.
4. Renforcer la compétitivité industrielle
Copier le lien de 4. Renforcer la compétitivité industrielleDescription
4.1. La montée des risques économiques et stratégiques a conduit à un regain de la politique industrielle
Copier le lien de 4.1. La montée des risques économiques et stratégiques a conduit à un regain de la politique industrielleL’attention croissante accordée depuis quelques années à la politique industrielle s’explique par les inquiétudes liées à l’érosion de la compétitivité des économies face à une concurrence considérée comme déloyale ainsi qu’à la mise en évidence de leur vulnérabilité accrue face aux chocs extérieurs. En particulier, les crises géopolitiques et sanitaires ont mis en évidence la vulnérabilité des chaînes de valeur mondiales et le risque que faisait peser une dépendance trop forte pour certains produits à un nombre réduit de fournisseurs ou de zones de production. Parallèlement, l’essor des technologies numériques, caractérisées par des rendements croissants et des effets de réseau, est susceptible d’accentuer le risque de position dominante conduisant à l’éviction des concurrents. Des subventions, implicites ou explicites, de certains pays à leur industrie font peser le même risque. Enfin, les enjeux climatiques imposent le développement rapide de technologies de décarbonation et d’adaptation, lesquelles nécessitent des investissements massifs, une accélération du rythme d’innovation et une coordination accrue des politiques publiques.
Dans ce contexte, de nombreux pays ont mis en œuvre des plans stratégiques ciblés visant à soutenir l’innovation, sécuriser les chaînes de valeur et renforcer la compétitivité et la résilience économique (p. ex. : Made in China 2025, Chine ; Society 5.0, Japon ; K-Strategy, Corée du Sud ; Chips Act, États-Unis ; Règlement européen sur les semi-conducteurs et Stratégie industrielle de la Commission européenne, Europe). La France figure parmi les pays offrant le soutien public aux entreprises le plus élevé. Les dépenses de politique industrielle en France, définies comme l’ensemble des soutiens directs accordés par le secteur public aux entreprises en vue de promouvoir leur développement économique et incluant les dépenses fiscales, les subventions et les aides au financement, sont estimées à près de 3 % du PIB en 2023, contre 2.5 % du PIB en moyenne dans les 17 pays de l’OCDE considérés dans la base de données OCDE sur la politique industrielle (OCDE, 2023[1]). Face aux enjeux de consolidation fiscale et aux besoins considérables de financement nécessaires pour relever les défis liés au développement de nouvelles technologies et à leur déploiement à grande échelle, il est essentiel d’évaluer le rapport coût-efficacité de ces dispositifs et d’orienter les ressources vers les usages les plus efficaces et prometteurs pour l’avenir de l’industrie française.
La première section examine les défis pour l’industrie en France, en rappelant les causes du recul manufacturier et les principaux enjeux pour l’action publique. Elle précise également les objectifs, les modalités d’intervention et le périmètre de la politique industrielle considérés dans ce chapitre. La section suivante examine les politiques de soutien à la compétitivité-coûts. La troisième section est consacrée aux politiques visant à renforcer la compétitivité hors coûts, en mettant l’accent sur l’innovation et les barrières à l’adoption technologique. La quatrième section examine les politiques visant à renforcer la résilience aux chocs autour de trois enjeux majeurs : la sécurisation des chaînes de valeur, le renforcement des capacités en intelligence artificielle et les enjeux de compétitivité industrielle liés au processus de décarbonisation. La dernière section analyse les enjeux liés à la formation et à l’adéquation des compétences.
4.2. Défis de la politique industrielle pour renforcer la résilience et la compétitivité
Copier le lien de 4.2. Défis de la politique industrielle pour renforcer la résilience et la compétitivité4.2.1. Relever les défis de la politique industrielle : fondements de l’action publique
Les objectifs de la politique industrielle sont multiples et s’inscrivent historiquement dans les enjeux de croissance, de compétitivité et de souveraineté économique (Encadré 4.1). Ils sont aujourd’hui complétés par des considérations liées à la résilience des chaînes de valeur, à la sécurité technologique et à la transition écologique (Millot et Rawdanowicz, 2024[2] ; Criscuolo et al., 2022[3]). Dans des secteurs caractérisés par des économies d’échelle, des effets d’apprentissage et de réseau, les avantages tendent à se concentrer chez les producteurs établis, ce qui peut limiter l’entrée et accroître la dépendance technologique. La politique industrielle vise alors le renforcement ou l’établissement de nouveaux avantages comparatifs, c’est-à-dire de capacités domestiques internationalement compétitives. Le soutien public aux technologies émergentes, telles que l’intelligence artificielle ou les biotechnologies, s’inscrit pleinement dans cette logique de renforcement de la compétitivité.
Dans certains cas, la compétitivité économique peut passer au second plan, l’objectif principal étant de renforcer la résilience et d’atteindre des objectifs d’ordre stratégique. La pandémie de COVID-19 et la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine ont mis en évidence la vulnérabilité de l’économie française face aux chocs perturbant les chaînes de valeur mondiales, en particulier en matière d’énergie et de biens stratégiques. La politique industrielle cherche alors à sécuriser les capacités de production et à diversifier les approvisionnements, face à des risques de rupture non pris en compte par le marché, sans forcément être à la frontière d’efficience. De même, les politiques de décarbonisation peuvent générer à court terme des coûts de production supérieurs qui s’avèrent inévitables au regard des objectifs pour réduire les émissions ou s’adapter au changement climatique. Le soutien public peut dans ce contexte s’avérer nécessaire à long terme, y compris sous la forme de réglementations (p. ex. : le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières).
Les modalités de l’intervention de la politique industrielle en France ont évolué au fil du temps (Encadré 4.1), reflétant une reconnaissance accrue de la nécessité de combiner plusieurs instruments et de limiter la sélection discrétionnaire des bénéficiaires. Elle s’oppose en ce sens aux politiques industrielles plus traditionnelles, fondées principalement sur des politiques sectorielles ciblées et, dans certains cas, sur un soutien direct à des entreprises spécifiques (« choix de champions »). À l’inverse, les aides directes sont désormais généralement conditionnées à des objectifs technologiques spécifiques, appuyées par des aides horizontales, c’est-à-dire sans critères sectoriels, visant à corriger les défaillances de marché (telles que les externalités de connaissance, les imperfections des marchés financiers ou les échecs de coordination), et sont encadrées par des règles de mise en concurrence des projets (Tirole, 2015[4]).
Encadré 4.1. Politiques industrielles : brève vue d’ensemble des justifications économiques et du cadre d’intervention
Copier le lien de Encadré 4.1. Politiques industrielles : brève vue d’ensemble des justifications économiques et du cadre d’interventionLa politique industrielle traditionnelle, mise en œuvre au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et jusqu’aux années 80, est dirigiste et vise principalement à construire un tissu productif national autour de champions industriels. Dans les pays émergents, elle cherche à infléchir les spécialisations productives lorsque les avantages comparatifs statiques conduisaient à une concentration dans des activités à faible contenu technologique et à rendements limités (Hausmann, Hwang et Rodrik, 2006[5]). L’objectif est alors de créer, notamment par la protection commerciale et des aides sectorielles ciblées, les conditions permettant aux entreprises domestiques d’atteindre une taille critique et de surmonter des coûts fixes initiaux élevés, dans un contexte de rendements croissants.
Dans la politique industrielle à partir des années 90, l’État a principalement un rôle facilitateur, ciblant de façon minimale les défaillances de marchés (liées à l’innovation, au financement ou à la coordination) et a pour objectif plus général de créer un environnement favorable à l’innovation pour l’ensemble du tissu productif, sans cibler explicitement certains secteurs. Elle repose principalement sur des outils horizontaux et met l’accent sur le rôle de la concurrence.
À partir de 2010, la nouvelle politique industrielle réhabilite le rôle de l’État et la nécessité d’interventions ciblées autour de défaillances de marché ou d’échecs de coordination, sans pour autant revenir au dirigisme ancien. Elle met l’accent sur les défaillances de marché spécifiques aux industries de réseaux et de plateforme qui conduisent naturellement les marchés vers une dynamique de position dominante, voire de type « winner takes all » caractérisée par une concentration accrue des parts de marché et des rentes associées. L’intervention publique vise à orienter l’économie sur des trajectoires spécifiques pour éviter le risque de dépendance et s’organise autour de technologies ou de mission spécifiques (par exemple la transition énergétique, les capacités numériques) dans un contexte de concurrence internationale accrue.
Le champ d’intervention de la politique industrielle s’est également étendu. Historiquement centrée sur le secteur manufacturier, la politique industrielle ne peut plus s’y limiter. Les services contribuent désormais de manière déterminante à la valeur ajoutée et à la compétitivité industrielle, notamment via les services aux entreprises, les activités liées aux technologies de l’information et plus récemment l’intelligence artificielle. La tertiarisation des activités industrielles, avec le maintien des fonctions de conception, de marketing ou de R-D dans les pays développés malgré la délocalisation de la production, renforce également l’effacement des frontières entre industrie et services (p. ex. : Adidas ou Apple où les activités de conception, de design et de marketing restent stratégiques alors que la production est largement externalisée) (Fontagné, Mohnen et Wolff, 2014[6]).
Ce chapitre analyse la politique industrielle française en se concentrant essentiellement sur ses effets sur la compétitivité, la résilience et la souveraineté économique. La compétitivité industrielle est comprise au sens large (c’est-à-dire qu’elle inclut l’industrie manufacturière, les services exportés ou les services aux entreprises) et porte sur l’ensemble des mesures améliorant la compétitivité prix et hors-prix (c’est-à-dire l’innovation, le capital humain, l’organisation du travail…) ainsi que les conditions-cadres tels que l’accès au financement et l’environnement concurrentiel. La souveraineté économique est comprise au sens de l’autonomie stratégique c’est-à-dire la capacité d’un État à réduire ses vulnérabilités face aux chocs extérieurs, tout en restant intégré dans une économie mondiale ouverte et fondée sur les règles du commerce international.
Il est important de noter que la politique industrielle nationale mise en œuvre en France s’inscrit dans un cadre européen plus large. Une étroite coordination est donc nécessaire avec les politiques de l’UE afin de garantir le respect des réglementations sur les aides d’État, du droit de la concurrence et des règles du marché unique. Assurer la cohérence des stratégies nationales avec les priorités européennes peut également contribuer à réaliser des économies d’échelle, à stimuler l’innovation au-delà des frontières et à renforcer la compétitivité. Il est également essentiel d’éviter les conflits ou doublons avec des initiatives d’autres États membres et de veiller à ce que les mesures nationales viennent renforcer les objectifs plus larges de l’UE plutôt que de nuire à leur réalisation. L’exploitation de ces synergies reste indispensable pour élaborer des stratégies industrielles cohérentes et efficaces, même si ces questions dépassent le cadre du présent chapitre.
4.2.2. La compétitivité industrielle de la France s’est dégradée
La désindustrialisation du secteur manufacturier a été plus marquée au cours des vingt dernières années en France, comparée à la moyenne des pays de l’OCDE (Graphique 4.1, partie A). Fin 2025, l’industrie manufacturière ne représentait plus que 11.2 % de la valeur ajoutée et 9.1 % des emplois salariés, soit une baisse de près d’un tiers par rapport au début des années 2000. Si cette tendance a pu être observée dans l’ensemble des pays de l’OCDE, la part de l’industrie manufacturière dans la valeur ajoutée et dans l’emploi y reste plus élevée en 2024, à 15 % et 13 % respectivement, et la baisse nettement moins importante. Cette désindustrialisation du secteur manufacturier s’est toutefois stabilisée depuis 2018, permettant de maintenir la part de l’industrie manufacturière dans l’emploi à un niveau relativement constant.
Le recul de l’activité manufacturière dans l’économie est devenu un enjeu majeur des politiques publiques du fait des bénéfices associés à une base industrielle large pour la productivité et l’innovation. Du fait de leur intensité capitalistique, les activités industrielles manufacturières sont en moyenne associées à une productivité du travail plus élevée et à des rémunérations supérieures des travailleurs peu qualifiés par rapport aux activités de services (Hausmann, Hwang et Rodrik, 2006[5]). Par ailleurs, ces activités peuvent avoir des effets multiplicateurs locaux sur l’emploi, en raison de la demande de services en amont et en aval (Duranton et Puga, 2004[7]). Dans ce contexte, la France a mis en œuvre un Plan d’action pour la réindustrialisation et un programme Territoires d’industrie, ayant permis de stabiliser la base industrielle, avec notamment la création nette de plus de 450 sites industriels depuis 2022 d’après le Baromètre industriel de l’État.
La capacité de la politique industrielle à inverser ce processus de désindustrialisation du secteur manufacturier reste toutefois limitée, en raison des facteurs structurels qui le sous-tendent, communs à l’ensemble des pays de l’OCDE, et qui ont résulté en une restructuration du tissu productif vers les services. Un modèle comptable du changement structurel permet de décomposer la valeur ajoutée manufacturière en trois sources de demande — la demande finale domestique, les exportations nettes et la demande de biens intermédiaires provenant des autres secteurs — en s’appuyant sur les tableaux d’entrées‑sorties de l’OCDE. Cette approche permet ainsi d’attribuer le recul du secteur manufacturier aux évolutions observables de ces différentes composantes de la demande (Encadré 4.2 ; Demmou (2010[8]) et Kalantzis et Thubin (2017[9])). Selon cette analyse, 80 % du déclin du secteur manufacturier depuis 1995 s’explique par des phénomènes structurels, en particulier les gains de productivité plus élevés dans l’industrie, les préférences des consommateurs et la transformation des frontières de l’industrie. Les gains de productivité plus élevés dans l’industrie et la demande plus forte de services liée à l’augmentation du niveau de vie, expliqueraient environ 24 % du phénomène. La redéfinition des frontières industrielles et l’importance croissante des services immatériels dans le processus de production, en expliqueraient 58 %. Cela suggère que la politique industrielle ne peut infléchir que marginalement les dynamiques de désindustrialisation et qu’elle doit s’inscrire dans des objectifs plus spécifiques.
Graphique 4.1. Un recul marqué de l’industrie et des performances extérieures
Copier le lien de Graphique 4.1. Un recul marqué de l’industrie et des performances extérieures
Note : Partie B : les exportations sont ajustées des réexportations. Partie C : les données issues de la classification internationale CTCI ont été agrégées de la manière suivante : « Agroalimentaire » = CTCI 0, 1 et 4 ; « Matières premières » = CTCI 2 et 3 ; « Produits chimiques » = CTCI 5, dont le solde est tiré principalement par les parfums et les produits pharmaceutiques ; « Biens manufacturés par matières (textiles, bois, fer, acier, etc.) » = CTCI 6 ; « Automobile » = CTCI 78 ; « Aéronautique et spatial, et industrie navale » = CTCI 792 et 793 ; « Autres machines et équipements de transports » = CTCI 7 moins CTCI 78 - CTCI 792 et 793.
Source : Calculs de l’OCDE à partir des données issues de la base de données de l’OCDE des Comptes nationaux annuels ; calculs de l’OCDE à partir des données issues de la base de données de l’OCDE sur les Échanges internationaux équilibrés de marchandise (BIMTS) et des données UN Comtrade ; et ensemble de données de l’OCDE des Échanges équilibrés de services (BaTIS).
Bien qu’il ne s’agisse pas du principal facteur de sa désindustrialisation, la dégradation de la position commerciale de la France explique une part notable de cette tendance par rapport à d’autres pays d’Europe (Graphique 4.2), ce qui met en évidence le rôle de la compétitivité industrielle. La montée des pays émergents explique une partie de ce recul, comme en témoigne la baisse de la part des exportations françaises dans les exportations mondiales, similaire à celle observée dans d’autres pays européens. Cependant, la France a également perdu du terrain par rapport à ses partenaires européens, avec une baisse de sa part dans les exportations de la zone euro (Graphique 4.1, partie B). Sur la dernière décennie, le déficit commercial s’élève en moyenne à 3.8 % du PIB. Ce déficit structurel provient surtout du secteur manufacturier, notamment des biens d’équipement et de l’automobile, tandis que les secteurs de l’aéronautique, la chimie, le luxe et, dans une moindre mesure, la pharmacie demeurent excédentaires. La progression des exportations de services, tirée par le tourisme, la finance et les transports maritime et aérien, n’a pas suffi à compenser les pertes enregistrées dans l’industrie, alors que la France présente également un déficit structurel dans les nouvelles technologies de l’information et des télécommunications (Graphique 4.1, Parties C et D).
Encadré 4.2. Analyse du changement structurel : une approche comptable
Copier le lien de Encadré 4.2. Analyse du changement structurel : une approche comptableUn modèle comptable du changement structurel, basé sur les travaux de l’OCDE et de la Banque de France, est développé et repose sur une décomposition de la valeur ajoutée manufacturière du côté de la demande. La production manufacturière domestique peut être destinée à trois principaux usages : la demande finale intérieure (consommation des ménages et investissement), la consommation intermédiaire des autres entreprises et la demande étrangère (exportations). L’évolution de la composition de la production manufacturière selon ces trois composantes est ensuite simulée sur la période 1980-2020 à partir des tableaux entrées-sorties de l’OCDE et permet de lier le changement du poids du secteur manufacturé aux mécanismes suivants :
Structure de la demande et productivité : la hausse du niveau de vie, à prix relatifs donnés, pousse les consommateurs à orienter une part croissance de leurs dépenses vers la satisfaction de besoins moins fondamentaux, et en particulier la consommation de services. Il en résulte une baisse du poids de l’industrie dans la valeur ajoutée qui ne reflète pas nécessairement un affaiblissement de l’industrie, mais une évolution naturelle liée aux préférences des ménages. Par ailleurs, une accélération des gains de productivité dans l’industrie entraîne mécaniquement une baisse de ses prix relatifs, ce qui affecte également sa part dans la valeur ajoutée totale de la production. De manière générale, la réduction corrélative du poids de l’industrie dans la valeur ajoutée n’est pas nécessairement un signe de recul industriel, mais reflète plutôt un ajustement naturel résultant du changement combiné des prix relatifs et du revenu.
Structure intersectorielle : l’externalisation des fonctions non productives (entretien, logistique, comptabilité, informatique, etc.) par les entreprises industrielles vers le secteur tertiaire fait apparaître statistiquement un recul de l’industrie mais qui reflète en fait une transformation organisationnelle, sans diminution réelle de l’activité productive. À cela s’ajoute une augmentation de la consommation intermédiaire de services liée à l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales.
Commerce : l’exposition accrue à la concurrence mondiale, notamment des pays émergents, réduit la compétitivité de certains secteurs industriels, et renforce la spécialisation de la France dans des segments moins intensifs en production manufacturière. Quel que soit le niveau de spécialisation et dans la mesure où les échanges internationaux restent dominés par les biens manufacturés, toute dégradation du solde commercial découlant du niveau de compétitivité et des décisions en matière d’épargne et d’investissement, contribue également à une baisse du poids de l’industrie dans la valeur ajoutée.
Graphique 4.2. Décomposition des principaux facteurs de la désindustrialisation
Copier le lien de Graphique 4.2. Décomposition des principaux facteurs de la désindustrialisationContributions au changement de la part de l'industrie manufacturière dans la valeur ajoutée totale entre 1995 et 2020
4.2.3. La perte de parts de marché à l’exportation de la France s’explique par des facteurs hors coût
Alors qu’il y a une décennie la détérioration des performances commerciales françaises s’expliquait en partie par une compétitivité-coût affaiblie liée à des coûts unitaires du travail relativement élevés, la croissance des coûts unitaires du travail a été parmi les plus faibles depuis 2015 (Graphique 4.3, partie B). Les travaux de la Banque de France montrent que les performances à l’export de la France vis-à-vis de l’Allemagne, de l’Espagne et du Portugal ont progressé depuis 2008 grâce à une amélioration de la compétitivité coût, mais que les pertes de compétitivité semblent désormais relever principalement de facteurs hors coût (Berthou et Gaulier, 2021[10]) (Graphique 4.3, partie A). Une enquête récente sur la compétitivité des exportations confirme que les importateurs étrangers perçoivent les produits français comme présentant un rapport qualité-prix défavorable (Rexecode, 2025[11]). Si la modération salariale et les allégements du coût du travail (voir section suivante) ont permis d’améliorer la compétitivité‑coût au cours des 15 dernières années, les industriels français restent soumis à une forte concurrence par les prix, notamment de la part des pays émergents et de certains partenaires européens. Les données du centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) indiquent qu’environ 60 % des exportations peuvent être classées dans des gammes de qualité moyenne ou basse (la gamme étant définie sur la base de l’écart à la valeur unitaire du produit à la médiane mondiale), soit un taux inférieur à l’Espagne mais supérieur à celui de l’Allemagne (50 %) (Voir Graphique 9 dans Cour des comptes (2024[12])).
Le renforcement de la compétitivité hors coûts pourrait alléger les pressions sur les coûts posées par l’émergence des nouveaux acteurs et permettre à la France de renforcer sa base industrielle. Cela nécessite de relever plusieurs défis, en particulier liés à l’innovation des entreprises, à la diffusion des technologies, aux obstacles à la croissance des PME et de chaînes de valeur reposant sur un tissu dense de PME, et à la valorisation du capital humain.
Graphique 4.3. La France ne souffre pas prioritairement d’un problème de compétitivité coûts
Copier le lien de Graphique 4.3. La France ne souffre pas prioritairement d’un problème de compétitivité coûts
Note : Partie A : les performances à l’exportation sont mesurées par le taux de croissance logarithmique annuel moyen en points de la France vis‑à‑vis du pays indiqué. Une valeur positive (négative) indique que les exportations françaises ont progressé plus (moins) rapidement. Mise à jour de la Banque de France à partir de Berthou et Gaulier (2021[10]).
Source : Banque de France ; et base de données des Perspectives économiques de l’OCDE.
La compétitivité industrielle repose sur la capacité du secteur à innover. À 1.4 % du PIB, l’effort en R-D des entreprises reste proche de la moyenne européenne, mais bien inférieur à celui des pays les plus performants, ce qui limite la capacité de la France à innover et à être compétitive sur les segments technologiques à forte valeur ajoutée (Graphique 4.4, partie A). Le taux de brevets des entreprises est également quatre fois plus faible en France que parmi les cinq pays les plus performants de l’OCDE. La France dispose toutefois d’atouts dans plusieurs technologies émergentes, dont l’intelligence artificielle, les technologies quantiques, la cybersécurité, la santé numérique et l’énergie décarbonée, soutenues par d’importants programmes publics (France 2030, les programmes d’investissement d’avenir, les initiatives européennes, etc.). Cet avantage reste néanmoins fragile face à la concurrence internationale et ne se traduit pas encore par des gains de productivité ou la structuration de filières compétitives. La France n’apparaît d’ailleurs pas parmi les pays les plus actifs en matière de brevets dans les technologies de rupture majeures, comme la robotique, les technologies quantiques ou l’intelligence artificielle, lesquelles sont dominées par les États-Unis, la Chine, le Japon et la Corée (Bellit et Charlet, 2023[13] ; Bock et al., 2025[14]).
Le recours aux technologies de l’information et de la communication (TIC) permet de dégager des gains de productivité qui sont indispensables pour pouvoir absorber les coûts plus élevés associés à l’innovation, à la qualité et à la différenciation. L’intelligence artificielle (IA) présente un potentiel considérable de croissance pour les entreprises industrielles, en particulier. En cas d’adoption rapide, atteignant 50 % en dix ans, comme pour les technologies de téléphonie mobile, l’OCDE estime que l’IA pourrait accroître la croissance annuelle de la productivité du travail de 1.1 point de pourcentage d’ici dix ans. Cet effet pourrait être plus fort avec une adoption plus rapide, comme celle anticipée au Royaume-Uni ou en Allemagne (d’environ 60 %) (Filippucci et al., 2025[15]) (Graphique 4.4, partie B).
L’adoption des technologies numériques reste relativement limitée en France. Alors que dans les pays de l’OCDE, près d’une entreprise sur deux (de 10 salariés ou plus) utilise déjà les technologies infonuagiques (cloud), la proportion d’entreprises utilisatrices en France est deux fois moins importante. La France se situe également en retrait pour l’internet des objets (IdO) et l’intelligence artificielle, en particulier dans les PME (Graphique 4.4, partie C). Les analyses de l’OCDE montrent que la diffusion limitée des technologies numériques s’explique d’abord par des freins à l’adoption (notamment en termes de compétences, de capacités organisationnelles et de contraintes financières) qui touchent plus fortement les PME. Ces obstacles génèrent une forte hétérogénéité entre un noyau d’entreprises technologiquement avancées (à la frontière technologique) et le reste du tissu productif, ce qui pèse sur les performances de productivité globale (Andrews, Criscuolo et Gal, 2016[16]). Ces obstacles font chacun l’objet d’une analyse approfondie dans le reste du chapitre.
Graphique 4.4. Le potentiel de croissance des actifs immatériels n’est que partiellement exploité
Copier le lien de Graphique 4.4. Le potentiel de croissance des actifs immatériels n’est que partiellement exploité
Note : Partie C : les boîtes à moustaches indiquent les valeurs minimale et maximale de l’indice parmi les pays de l’OCDE ; Partie D : le « capital organisationnel et autres actifs incorporels » couvrent les actifs qui n’ont pas encore été classés comme investissements dans les comptes nationaux.
Source : Base de données des Principaux indicateurs de la science et de la technologie de l’OCDE ; Filippucci et al., (2025[15]) ; OCDE (2024[17]) ; et calculs de l’OCDE à partir de la base de données de l’OCDE des Comptes nationaux et de la base de données Global INTAN-Invest, https://global-intaninvest.luiss.it/
La France figure toutefois parmi les pays où l’investissement dans les actifs immatériels est le plus élevé (16 % du PIB en 2023, un taux comparable à celui des États-Unis et bien au-dessus de la moyenne OCDE de 11 % du PIB), (OMPI, 2025[18]) et fait partie des pays les plus performants s’agissant de l’utilisation des données massives (big data) (Graphique 4.4, partie C) (OCDE, 2024[17]). Cette situation paradoxale peut s’expliquer par la composition de ces investissements, lesquels sont caractérisés par un effort plus important dans le capital organisationnel et moins marqué dans la R-D, ainsi que par une intégration insuffisante de TIC dans les processus productifs, limitant par là même leur contribution réelle à la croissance (Graphique 4.4, partie D). Des travaux récents confirment par ailleurs que l’écart de croissance de productivité entre la France et les États-Unis est en grande partie imputable aux secteurs intensifs en TIC ou producteur de ces technologies (Bunel et al., 2025[19] ; Bock et al., 2025[14]). Les pays qui affichent de meilleures performances de productivité, en particulier les États‑Unis, ont accumulé beaucoup plus de capital numérique par travailleur que de nombreux pays européens, dont la France, ce qui alimente un risque de divergence durable de productivité (Gal et al., 2026[20]) (Graphique 4.5).
Graphique 4.5. L’accumulation du capital numérique est moins forte que dans les pays les plus performants
Copier le lien de Graphique 4.5. L’accumulation du capital numérique est moins forte que dans les pays les plus performantsInvestissement réel brut par type d'actifs, indice 2007 = 100
Note : Le secteur des entreprises présenté dans ce graphique couvre l’ensemble des secteurs à l’exclusion de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche, du secteur immobilier, ainsi que des secteurs plus susceptibles d’être publics (secteurs O à U de la classification CITI Rév. 4).
Source : Gal et al., (2026[20]).
La France se distingue par un fort dynamisme entrepreneurial, figurant parmi les pays de l’OCDE comptant le plus grand nombre de créations d’entreprises et un taux de survie à trois ans, également supérieur à la moyenne de l’OCDE (OCDE, 2025[21]). Cependant, la croissance des start-ups demeure limitée et le nombre d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) reste significativement plus faible que dans d’autres pays européens, suggérant des obstacles à leur croissance (Graphique 4.6, partie A). En 2020, la France comptait environ 5 000 ETI, contre près de 11 000 en Allemagne ou 6 500 au Royaume-Uni (Ben Hassine et Fotso, 2025[22]). Le déficit d’ETI limite le développement de filières compétitives, freine l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales et se traduit par une contribution moins forte des PME à l’exportation ou à l’emploi, le tissu productif restant dominé par des grandes entreprises (Partie B).
Le déficit de compétences qualifiées freine l’adoption des nouveaux processus, notamment intégrant les technologies numériques, pourtant essentiels pour améliorer la productivité et la compétitivité industrielle. D’après les estimations de l’OCDE, la pénurie de capital humain expliquerait environ 20 % du ralentissement de la productivité en France (Andrews, Égert et de la Maisonneuve, 2024[23]) (Graphique 4.7, partie A). Les entrepreneurs signalent d’importantes difficultés à recruter les compétences adaptées, bien que les tensions sur le marché du travail se soient atténuées, après le pic observé en 2022-2023, lors de la crise sanitaire (Partie B). Selon l’Eurobaromètre des compétences, les problèmes de recrutement apparaissent comme la principale contrainte de croissance pour les entreprises (Commission européenne, 2023[24]).
Graphique 4.6. Les start-ups rencontrent des difficultés pour se développer
Copier le lien de Graphique 4.6. Les start-ups rencontrent des difficultés pour se développer
Note : Partie A : le graphique présente le taux de croissance cumulé sur trois ans de l’emploi dans les nouvelles entreprises comptant entre deux et neuf salariés au moment de leur création, qui sont toujours actives et qui font partie de la population d’entreprises cible trois ans après leur création (« entreprises survivantes », à l’exclusion de celles qui ont quitté le marché, de celles qui ne déclarent pas d’emploi et de celles qui comptent moins de deux salariés trois ans après leur création). La moyenne (8 pays de l’OCDE) comprend l’Allemagne, l’Espagne, la Finlande, la France, l’Italie, le Portugal, la Slovénie et le Royaume-Uni. Partie B : l’OCDE est une moyenne non pondérée des 31 pays de l’OCDE pour lesquels les données sont disponibles.
Source : OCDE (2025[21]) ; base de données de l’OCDE sur les Statistiques structurelles des entreprises par classe de taille et activité économique (CITI rev.4) et base de données de l’OCDE sur le Commerce international par caractéristiques économiques des entreprises.
Graphique 4.7. Les entreprises sont confrontées à un déficit de compétences
Copier le lien de Graphique 4.7. Les entreprises sont confrontées à un déficit de compétences
Note : Partie A : la moyenne est la moyenne non pondérée des pays du graphique. Le graphique présente la productivité entre 1987 et 2005 par rapport à la période 2005-2022. Partie B : les répondants devaient indiquer si leur entreprise avait eu des difficultés à recruter du personnel au cours des 24 derniers mois. Les pénuries de main-d’œuvre sont dites aiguës si la totalité ou la plupart (par opposition à quelques, un petit nombre ou aucune) des offres d’emploi dans l’entreprise étaient difficiles à pourvoir. OCDE correspond à la moyenne non pondérée.
Source : Andrews, Égert et de la Maisonneuve (2024[23]) ; Filippucci, Laengle et Marcolin (à paraître) à partir des données de l’enquête du Forum mondial de l’OCDE sur la productivité auprès des employeurs.
4.3. Repenser les politiques de soutien à la compétitivité coût de l’industrie
Copier le lien de 4.3. Repenser les politiques de soutien à la compétitivité coût de l’industrie4.3.1. Les allègements fiscaux, qui constituent l’une des pierres angulaires de la politique industrielle française, n’ont eu que des effets limités
À la suite du rapport Gallois (2012[25]) recommandant un choc de compétitivité face au décrochage de l’industrie française, la baisse des coûts du travail est devenue l’une des pierres angulaires de la politique industrielle française (Graphique 4.8, partie A). Initialement conçues pour lutter contre le chômage des travailleurs peu qualifiés, les allégements de cotisations sociales ont été élargis pour répondre à un objectif de compétitivité à partir de 2013. Partant des exonérations générales couvrant les travailleurs peu qualifiés en place depuis 1993 (jusque 1.6 SMIC), le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) instauré en 2013, puis le Pacte de responsabilité, instauré en 2015, ont élargi le champ des allègements jusqu’à 2.5 SMIC (appelé « bandeau maladie », s’agissant d’une réduction des cotisations d’assurance maladie), puis 3.5 SMIC (appelé « bandeau famille », s’agissant d’une réduction des cotisations d’allocation familiale), pour mieux couvrir les secteurs exportateurs et en particulier industriels (Graphique 4.8, partie B). Le taux de cotisation au niveau du SMIC s’élève ainsi à 6.7 %, n’incluant que les cotisations chômage et retraite, puis augmente progressivement, jusqu’au point de sortie.
Le coût fiscal de ces allégements est significatif et a presque doublé en dix ans, atteignant environ 80 milliards EUR (78.9 milliards EUR en 2023 (2.8 % du PIB), dont 27 milliards EUR pour le bandeau maladie et 10.3 milliards EUR pour le bandeau famille (DARES, 2025[26])) (Graphique 4.8, partie C). Ces mesures représentent aujourd’hui près de 11 % de la masse salariale du secteur privé (Cour des comptes, 2025[27]) et 41 % des dépenses totales en faveur de l’emploi et du marché du travail en 2023 (DARES, 2025[26]). Il en résulte un biais marqué des politiques industrielles en faveur des mesures de soutien à l’emploi, en particulier sous forme de baisses du coût du travail (Graphique 4.11, partie A).
Initialement parmi les plus élevés des pays de l’OCDE, les coûts unitaires du travail ont significativement diminué (voir le Graphique 4.3, partie B). Une modération salariale en moyenne plus marquée qu’en Europe combinée à d’importants allégements de cotisations sociales sur les bas salaires ont notamment eu pour effet de baisser les coûts du travail au salaire minimum en France, alors qu’ils ont augmenté partout ailleurs en Europe (Graphique 4.8, partie D). En moyenne, les allégements de cotisations ont permis de réduire le coût non salarial du travail de 46 % à 32 %.
L’impact de la réduction des cotisations de sécurité sociale sur les secteurs industriels et exportateurs a été limité. Les principaux bénéficiaires du dispositif sont les services peu exposés à la concurrence (restauration, commerce, avec respectivement 55 % et 35 % de leurs cotisations réduites), mais aussi l’agroalimentaire et la métallurgie (environ 40 % et 30 %) (Cour des comptes, 2025[27]). Les secteurs exportateurs, qui emploient en effet une plus grande proportion de professions moyennement et hautement qualifiées, bénéficient dans une moindre proportion des allégements qui se réduisent fortement pour les salaires intermédiaires. Les coûts du travail à ces niveaux restent relativement élevés, ce qui peut nuire à la compétitivité coût (Paris, 2019). Cependant, ces secteurs bénéficient de ces allégements par le biais de leurs consommations intermédiaires. Cette stratégie fait écho à celle adoptée en Allemagne après les réformes Hartz, qui a considérablement réduit les coûts des services et, par ricochet, rehaussé la compétitivité-coût nationale (L’Horty, Martin et Mayer, 2019[28]).
En théorie, et compte tenu de l’objectif de compétitivité des politiques en matière de cotisations sociales depuis 2015, la baisse des coûts unitaires aurait dû accroître la compétitivité-prix et les parts de marché. Cependant, les évaluations empiriques montrent des effets modestes et le plus souvent non significatifs sur les performances d’exportation, que ce soit via la reconstitution des marges, les prix ou l’entrée de nouveaux exportateurs (Malgouyres, 2019[29] ; Guillou et al., 2016[30] ; Malgouyres et Mayer, 2018[31] ; Carbonnier et al., 2017[32]). Ces constats sont cohérents avec la dégradation tendancielle du solde commercial malgré ces dispositifs.
Graphique 4.8. Des coûts du travail maîtrisés et soutenus par les politiques d’allégements de cotisations sociales
Copier le lien de Graphique 4.8. Des coûts du travail maîtrisés et soutenus par les politiques d’allégements de cotisations sociales
Note : Partie D : la moyenne non pondérée de l’OCDE exclut l’Autriche, la Belgique, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Danemark, la Finlande, l’Islande, Israël, l’Italie, le Japon, le Mexique, la Norvège, la Suède et la Suisse.
Source : Base de données de l’OCDE QuIS, Industrial policy grants and tax expenditures ; Groupe d’Experts SMIC (2025[33]) ; Cour des comptes (2025[27]) ; Barreto, C. et al. (2025[34]).
Compte tenu de l’impact limité des allégements sur la compétitivité, un recalibrage du montant de ces allégements de cotisations sociales serait souhaitable (voir également le chapitre 1). La loi de financement 2025 a déjà permis de fusionner les dispositifs actuels en une réduction dégressive jusqu’à 3 SMIC à partir de 2026. Abaisser davantage ce seuil en se concentrant sur les salaires relativement bas, par exemple jusqu’à 2 SMIC comme le propose le groupe d’experts SMIC, concentrerait le soutien sur les bas salaires, où les effets sur l’emploi sont le plus forts (Barreto et al., 2025[34] ; Groupe d'Experts SMIC, 2025[33]). Cette réorientation préserverait les emplois peu qualifiés tout en réduisant les aides inefficaces, les risques pour la compétitivité étant désormais plus limités, compte tenu du rattrapage des coûts du travail chez les partenaires européens (Graphique 4.8, partie D). Cela aurait aussi un impact très positif sur la réduction du déficit public puisque ce recalibrage du montant des allègements pourrait permettre de limiter leur coût de près de 7 à 9 milliards EUR (0.23 à 0.3 point de PIB) selon que le seuil est fixé au-dessus ou au-dessous de 2 SMIC. Pour éviter les effets de seuil et réduire les risques de trappe à bas salaires (Bozio et Wasmer, 2024[35]) , une partie des économies pourrait financer la formation et l’accompagnement des revalorisations salariales. Enfin, afin de limiter les destructions d’emplois, la réforme devrait idéalement intervenir en phase haute de cycle économique.
4.3.2. Poursuivre les efforts de réduction des taxes sur la production
Les entreprises françaises supportent des impôts sur la production sensiblement plus élevés que dans la plupart des pays comparables, la France se plaçant au deuxième rang européen derrière la Suède d’après les données Eurostat. Même après prise en compte des subventions, les impôts nets sur la production y demeurent les plus élevés d’Europe, soit près de deux fois plus élevés qu’en Italie et quatre fois plus qu’en Espagne, alors que l’Allemagne se caractérise même par des impôts nets négatifs (Bock et al., 2025[14]) (Graphique 4.9, partie A). Une réduction progressive des taxes sur la production pourrait compenser partiellement la baisse des allégements de cotisations sociales et du crédit d’impôt recherche (préconisée ci-après). Les mesures relatives aux allégements de charges, aux dépenses fiscales et aux impôts de production devraient être envisagées conjointement afin d’assurer la cohérence des réformes et d’éviter une charge excessive pour les entreprises tout en dégageant des marges budgétaires.
La réduction des prélèvements devrait cibler les taxes les plus distorsives, comme la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE), qui freine l’investissement, et la Contribution Sociale de Solidarité des Sociétés (C3S), assimilable à une taxe à l’export (Urvoy, 2019[36]). Depuis 2019, la baisse de la CVAE, de la Cotisation foncière des entreprises (CFE) et de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) a significativement réduit le poids de la fiscalité de production, mais celui-ci reste élevé (Rexecode, 2025[37]) (Graphique 4.9, partie A). La suppression totale de la CVAE (prévue mais non adoptée dans le budget 2026), permettrait de soutenir l’activité des entreprises et notamment de l’industrie dont la contribution à la CVAE et à la C3S est supérieure à son poids dans la valeur ajoutée (Goutebroze et Lapierre, 2025[38]).
Afin de réduire l’impact fiscal, notamment vis-à-vis des collectivités locales qui assurent 70 % de l’investissement public, l’introduction d’une nouvelle taxe intercommunale pourrait être envisagée afin de financer les besoins croissants de services au niveau local, tout comme une augmentation des recettes des impôts fonciers par une révision de l’assiette fiscale foncière (voir le chapitre 1).
4.3.3. Accompagner les entreprises industrielles face à la hausse des prix de l’énergie
En comparaison internationale, les entreprises industrielles françaises bénéficient d’un prix de l’électricité relativement faible (Graphique 4.9, partie B ; (Tournier, 2025[39])). La réforme du système de fixation des prix de l’électricité pourrait néanmoins peser sur la compétitivité industrielle. Conformément aux orientations européennes, la France met fin au mécanisme ARENH, qui offrait aux fournisseurs un accès à l’électricité nucléaire à 42 EUR/MWh. Remplacé par des contrats à long terme pour les grands industriels, ce dispositif vise à renforcer la rentabilité d’EDF, le premier fournisseur d’électricité français, tout en assurant une plus grande prévisibilité des coûts de l’énergie pour les entreprises. Cependant, l’augmentation associée des prix de l’énergie pourrait peser sur la productivité et la compétitivité des firmes industrielles. Des travaux empiriques suggèrent qu’une hausse des prix de l’énergie peut, après une dégradation initiale de la productivité à court terme, inciter les entreprises à investir davantage, à innover et, à moyen terme, à améliorer leur productivité et leur compétitivité (André et al., 2023[40] ; Fontagné, Martin et Orefice, 2024[41]). Toutefois, l’effet adverse serait plus marqué à court terme pour les firmes des secteurs électro-intensifs, et l’effet d’entraînement sur la productivité à moyen terme plus faible. Cela souligne la nécessité de mécanismes pour préserver la compétitivité de ces entreprises, dont les capacités d’ajustement sont plus faibles. Il est toutefois indispensable que ces dispositifs restent temporaires, afin de renforcer la transformation productive et de soutenir la compétitivité à moyen et long termes (voir également la section suivante sur la décarbonation et la compétitivité).
Graphique 4.9. Les impôts sur la production sont relativement élevés mais les coûts relatifs à l'électricité sont modérés
Copier le lien de Graphique 4.9. Les impôts sur la production sont relativement élevés mais les coûts relatifs à l'électricité sont modérés
Note : Partie A : Les données de valeur ajoutée pour la France se rapportent à 2024 au lieu de 2023.
Source : Rexecode (2025[37]) ; et Eurostat.
4.3.4. Renforcer la concurrence dans les services aux entreprises et réduire les formalités administratives pour les permis d’usine
La hausse des coûts des intrants constitue le principal déterminant de l’augmentation des coûts de production dans l’industrie manufacturière et les services en France, bien que ces coûts aient progressé en moyenne moins rapidement qu’en Allemagne, en Italie ou aux États-Unis (Bock et al., 2025[14]). Une réduction des barrières à l’entrée dans les secteurs de services aux entreprises pourrait freiner l’inflation incorporée dans les intrants de l’industrie et renforcer la compétitivité industrielle. En effet, si la France bénéficie globalement d’une réglementation favorable à la concurrence et d’obstacles à l’entrée relativement faibles, certains services restent confrontés à des obstacles importants (Graphique 4.10, partie A). L’assouplissement de la régulation dans certains services professionnels permettrait de mieux soutenir la croissance de nouvelles entreprises innovantes, ainsi que de réduire le coût des intrants intermédiaires et en améliorer la qualité (OCDE, 2025[42]). Les réformes pourraient porter sur l’obligation de passer des examens locaux pour les professionnels étrangers, les honoraires minimums obligatoires et proposer des alternatives à l’adhésion obligatoire à un organisme professionnel (pour les professions réglementées telles que les avocats, les notaires, les experts-comptables et les architectes), comme des certifications volontaires associées à des systèmes d’information des consommateurs (Chapitre 1).
La lenteur des procédures administratives peut freiner la compétitivité et le dynamisme industriel en retardant la mise en œuvre des projets d’investissement et augmentant les coûts d’opportunité. Depuis 2018, les autorités ont réduit les charges réglementaires et instauré un guichet unique électronique pour l’immatriculation des entreprises (OCDE, 2024[43]). Toutefois, les projets industriels connaissent encore des délais de mise en œuvre supérieurs aux standards européens, malgré les lois et mesures adoptées depuis 2020 (lois ASAP, énergies renouvelables, industrie verte) (Cour des comptes, 2024[12]). Par exemple, en France, le délai moyen de traitement administratif pour les installations industrielles, tel que suivi par la DGE, devait passer de 13.4 mois fin 2022 à 9 mois, mais il était resté inchangé fin 2023. Le renforcement des capacités administratives et techniques locales pourrait accélérer les procédures de permis pour les nouvelles usines. Renforcer la coordination entre les différents échelons administratifs intervenant dans les procédures d’octroi des autorisations est également essentiel dans un contexte de fragmentation administrative marquée (voir Chapitre 1). À cet égard, les principes de bonnes pratiques en matière de licences et d’autorisations élaborés récemment par l’OCDE pourraient constituer un point d’appui utile pour renforcer l’efficacité de ces procédures (OCDE, 2025[44]).
Graphique 4.10. Un environnement concurrentiel favorable, avec des marges d’amélioration et des risques liés à la concentration du marché
Copier le lien de Graphique 4.10. Un environnement concurrentiel favorable, avec des marges d’amélioration et des risques liés à la concentration du marché
Note : Partie A : plus l’indicateur est élevé, plus le cadre réglementaire est contraignant. Partie B : la concentration est mesurée par la part du chiffre d’affaires total détenue par les quatre principaux groupes d’entreprises sur un marché donné. Les données sont pondérées en fonction de la taille des marchés et exprimées en croissance cumulée (points de pourcentage).
Source : Ensemble de données de l’OCDE sur la réglementation des marchés de produits (RMP) ; Calligaris et al., (2025[45]).
4.4. Renforcer l’efficacité des politiques de soutien à l’innovation industrielle
Copier le lien de 4.4. Renforcer l’efficacité des politiques de soutien à l’innovation industrielle4.4.1. Recentrer les dispositifs fiscaux de soutien à la R-D
Les actifs immatériels et la R-D constituent un déterminant central de l’intensité d’exportation des firmes et leur intégration dans les segments les plus rentables des chaînes de valeur globale (Dimas, Stamopoulos et Tsakanikas, 2022[46]). La France dispose de quatre principaux dispositifs fiscaux de soutien à la R&D : le crédit d’impôt « CiCo » pour la recherche collaborative, l’amortissement accéléré des dépenses de R&D, les exonérations de charges en faveur des jeunes entreprises innovantes (JEI) et, surtout, le crédit d’impôt recherche (CIR), principal levier de soutien à l’effort de R&D des entreprises, notamment industrielles, conduisant à un des taux de subvention fiscale parmi les plus élevés de l’OCDE (Graphique 4.11, partie A) (OECD, 2026[47]).
La réforme de 2008 a significativement élargi le soutien fiscal accordé aux entreprises pour les dépenses de recherche admissibles (en passant d’un système incrémental à un système en volumes), accroissant le coût fiscal du CIR de 1.8 milliard EUR en 2007 à près de 8 milliards EUR en 2024. En dépit de ce soutien élevé, La croissance des dépenses de R-D des entreprises est restée très modérée en comparaison internationale (Graphique 4.11, partie B). Ce sont les grandes entreprises qui bénéficient le plus de ce crédit d’impôt, ce qui pourrait expliquer la faible incidence de ce dispositif sur l’augmentation des investissements des entreprises en R-D ainsi que le faible caractère additionnel du dispositif en comparaison internationale (Appelt et al., 2020). Plusieurs études suggèrent d’ailleurs des effets d’aubaine pour ces entreprises (Aghion, Chanut et Jaravel, 2022[48] ; Bach et al., 2021[49] ; Harfi et Lallement, 2021[50])). D’après les estimations du CAE, 1 million EUR d’aide génère environ 1.2 brevet dans une TPE, contre 0.5 dans une grande entreprise (Aghion, Chanut et Jaravel, 2022[48]). De façon similaire, les travaux de l’OCDE soulignent qu’1 EUR d’aide fiscale génère 1.4 EUR de R-D dans les petites entreprises, contre 0.4 EUR dans les grandes, le plus fort effet d’entraînement étant lié au plus faible volume d’activité en R-D des PME (Appelt et al., 2023[51]). Abaisser le seuil à partir duquel un taux réduit est appliqué (actuellement fixé à 100 millions EUR), permettrait d’améliorer le rapport coût-efficacité et de renforcer le caractère additionnel du dispositif tout en maintenant un soutien à l’effort global de R&D des grandes entreprises. Le Canada et les Pays-Bas font partie des pays qui appliquent un seuil contraignant dans un système à deux niveaux. Cette réforme participerait aussi à l’effort nécessaire de consolidation budgétaire (voir le chapitre 1) et pourrait être combinée avec une réorientation des dépenses vers des secteurs où des besoins accrus ont été identifiés, tels que le soutien au développement des nouvelles technologies dans le cadre de France 2030 (dont les dotations ont été réduites dans le cadre du budget 2026) ou le financement d’innovations de rupture (voir infra sections 4.4.2. et 4.4.3).
Graphique 4.11. L’incidence du crédit d’impôt recherche sur l’augmentation des investissements des entreprises en R-D reste limitée
Copier le lien de Graphique 4.11. L’incidence du crédit d’impôt recherche sur l’augmentation des investissements des entreprises en R-D reste limitée
Note : Partie A : le taux de subvention fiscale est défini comme étant égal à 1 moins l’indice-B, une mesure du revenu avant impôt nécessaire à une entreprise « représentative » pour atteindre le seuil de rentabilité avec 1 USD de dépenses de R-D (Warda, 2001).
Source : Base de données de l’OCDE sur les incitations fiscales en faveur des activités de R-D ; et base de données de l’OCDE des Principaux indicateurs de la science et de la technologie.
Par sa conception horizontale, ce dispositif bénéficie davantage aux grandes entreprises et par conséquent certains secteurs spécifiques, notamment les secteurs manufacturiers, conformément à la répartition sectorielle des efforts de R-D des entreprises dans l’économie (OCDE, 2024[52]) (Graphique 4.11, partie D). Dans ce contexte, un renforcement des incitations en matière de CIR pour les PME permettrait également de soutenir davantage les services innovants, vers lesquels se concentre 66 % de la R-D de ces entreprises, et dont l’importance est croissante pour la compétitivité industrielle (voir la section 4.1).
Un enjeu fréquemment souligné est que toute réforme du CIR pourrait réduire l’attractivité de la France pour les investissements R-D des entreprises étrangères. Les éléments disponibles ne permettent pas, à ce stade, d’évaluer l’existence d’un risque important, faute de travaux récents sur cette question. Une étude suggère toutefois que la réforme de 2008, n’a pas donné lieu à un afflux significatif d’investissements étrangers (Lhuillery et al., 2021[53]). Par ailleurs, bien que la France capte 44 % des IDE industriels européens, seuls 36 % sont des projets d’implantation nouvelle (greenfield), contre plus de 70 % au Royaume-Uni et en Allemagne (Cour des comptes, 2025[27]). Si ces éléments ne permettent pas d’écarter l’hypothèse selon laquelle la situation sans la réforme aurait été encore moins favorable, ils suggèrent néanmoins que la baisse du coût de la R-D n’a pas suffi à produire des effets significatifs forts sur l’attractivité du territoire. Cela indique que les risques d’une réforme sont vraisemblablement modérés et que d’autres leviers pourraient être activés pour renforcer l’attractivité de la France, notamment en lien avec l’intensité de la recherche des entreprises et la valorisation de la recherche publique (Siedschlag et al., 2013[54]). Les données disponibles au niveau international semblent indiquer que, si les incitations fiscales peuvent avoir une influence sur l’endroit où les multinationales localisent leurs activités de R-D, avec un certain risque de substitution entre juridictions, les décisions de localisation sont principalement motivées par l’accès à l’expertise scientifique, à une main-d’œuvre qualifiée, et à un haut niveau de protection de la propriété intellectuelle, en particulier pour la recherche fondamentale (Appelt et al., 2016[55]).
4.4.2. Optimiser les retombées économiques d’un soutien direct à l’innovation industrielle
Mieux cibler les aides directes à l’innovation industrielle
À 1.7% % du PIB, les aides aux politiques industrielles sont parmi les plus élevées de l’OCDE, dont une part significative est consacrée au soutien à l’innovation. Un peu moins de la moitié correspond à des aides directes, une proportion proche de la moyenne observée pour l’échantillon de pays de l’OCDE retenu (Graphique 4.12, partie A). Le soutien direct à l’innovation des entreprises s’inscrit dans le cadre du plan quinquennal France 2030, doté d’un budget global de 54 milliards EUR. Le plan France 2030 marque une rupture avec les programmes d’investissements d’avenir, à la fois par son ampleur budgétaire inédite et par son ambition d’adopter une approche stratégique axée sur des missions et des technologies stratégiques, largement centrée sur la résolution des grands défis sociaux. Le plan cible en particulier plusieurs secteurs dits stratégiques : énergie (nucléaire, hydrogène, décarbonation industrielle), transports (véhicules électriques, avion bas‑carbone), espace et technologies marines, santé et biomédicaments, agroalimentaire, électronique et télécommunications ainsi que culture et contenus créatifs.
Le plan France 2030 a été conçu pour limiter les risques classiques de l’intervention publique en matière de politique industrielle. Les choix sectoriels ont été élaborés en concertation avec les acteurs industriels, et la distribution des subventions passe majoritairement par des appels à projets. Ce mode de sélection, aligné sur les bonnes pratiques, ne cherche pas à prédéterminer les entreprises qui deviendront des chefs de file du secteur, mais favorise la concurrence dans l’allocation des aides, préserve une certaine neutralité technologique et repose sur l’évaluation d’experts indépendants (Alvarez et al., 2025[56] ; Tirole, 2015[4]). Cette gouvernance pourrait cependant être renforcée dans plusieurs domaines, comme décrit ci-dessous.
Une plus grande sélectivité des objectifs permettrait de concentrer les financements et d’optimiser l’impact de l’aide publique. La France présente actuellement une faible spécialisation technologique par rapport aux leaders mondiaux (États-Unis, Chine, Japon et Corée ; Graphique 4.12, partie B), ce qui pourrait limiter sa capacité à devenir leader dans des technologies clés (Bellit et Charlet, 2023[13] ; Bock et al., 2025[14]). Limiter à une vingtaine le nombre de champs d’intervention, contre une quarantaine aujourd’hui (Cour des comptes, 2024[12]) réduirait les risques de saupoudrage et devrait cibler les innovations de rupture, les innovations incrémentales étant déjà soutenues par le CIR.
L’efficacité-coût du programme pourrait également être améliorée en réorientant davantage d’aides vers des avances remboursables, encore minoritaires (environ 7 % des aides France 2030) (Cour des comptes, 2025[57]) et en réservant les subventions aux projets très risqués ou éloignés du marché. Les avances remboursables, en partageant mieux le risque avec le privé et en renforçant l’effet de levier public, réduisent la sélection adverse, surtout en phase de développement. Il faudra toutefois éviter que cette réorientation privilégie des projets moins risqués mais aussi moins innovants.
Le rendement des politiques de soutien à l’innovation industrielle pourrait être renforcé en consolidant les critères d’arrêt des projets. Les expériences internationales montrent que lier le soutien public à des objectifs clairs, comme les performances à l’export au Japon et en Corée ou les cibles technologiques aux États-Unis, renforce l’efficacité des politiques industrielles (OCDE, 2023[58] ; Alvarez et al., 2025[56] ; Cherif et Hasanov, 2025[59]). Une évaluation continue basée sur des indicateurs précis permettrait d’interrompre rapidement les projets peu prometteurs et de réallouer les ressources (Criscuolo et al., 2022[3] ; Millot et Rawdanowicz, 2024[2]). Fixer des objectifs clairs et mesurables de performances économiques serait donc souhaitable.
Graphique 4.12. Le soutien direct à l’innovation est solide, mais pourrait être davantage axé sur les technologies émergentes
Copier le lien de Graphique 4.12. Le soutien direct à l’innovation est solide, mais pourrait être davantage axé sur les technologies émergentes
Note : Partie B : la spécialisation est mesurée à l'aide des familles de brevets dans un ensemble de douze technologies de pointe sélectionnées, déposées auprès d'au moins deux offices nationaux ou internationaux de brevets. L'indice de spécialisation est défini comme le rapport entre la part mondiale des brevets d'un pays dans une technologie donnée et sa part mondiale globale dans les brevets. Le graphique présente les quatre pays les plus spécialisés. Par exemple, la France est fortement spécialisée dans une seule technologie, avec un indice de spécialisation de 1.1.
Source : calculs de l’OCDE basés sur la base de données OCDE QuIS ; Bellit et Charlet (2023[13]).
Réduire les échecs de coordination entre recherche publique et industrie
La valorisation de la recherche publique est un pilier central de la politique industrielle, permettant de transformer des avancées scientifiques en innovations commerciales. En facilitant le transfert des connaissances et de technologies des laboratoires publics vers l’industrie, la politique de valorisation de la recherche publique réduit les défaillances de coordination et accélère l’industrialisation des innovations. Malgré l’excellence de ses universités et la position de ses laboratoires parmi les premiers en Europe pour les brevets publics, la France présente encore des liens limités avec le secteur privé, en particulier en matière de partenariats avec les start-ups, de co-publications et de financement collaboratif.
La France a déployé plusieurs dispositifs pour lever les obstacles au transfert technologique de la recherche publique à l’industrie, mais leur efficacité globale pourrait être renforcée à plusieurs niveaux :
Le transfert technologique apparaît insuffisamment aligné sur les priorités stratégiques. La France pourrait s’inspirer de l’approche sud-coréenne, combinant priorités étatiques claires, feuilles de route à long terme et consortiums recherche-industrie pilotés conjointement.
L’évaluation économique de l’écosystème reste limitée, sans évaluation d’ensemble depuis 2018 (Commission des Finances, 2025[60]), alors que la multiplication des dispositifs présentant des objectifs proches pose des enjeux de coordination et des risques de doublons.
Depuis 2022, le crédit d’impôt « CiCo » soutient la recherche collaborative en offrant un taux de 50 % pour les PME (40 % pour les grandes entreprises) sur les dépenses liées à des contrats avec la recherche publique, dans la limite de 6 millions EUR par an (OECD, 2026[47]). Ce dispositif, encore récent, n’a pas fait l’objet d’une évaluation complète. Son efficacité en termes d’additionalité devra donc être étroitement suivie et, le cas échéant, ajustée ou interrompue dans le contexte budgétaire actuel.
4.4.3. Lever les obstacles au financement de l’innovation de rupture et des actifs immatériels
Des difficultés de financement pour l’innovation industrielle
Les entreprises de forte croissance, et notamment les licornes (start-ups valorisées à plus de 1 milliard EUR), sont un levier de la politique industrielle française, signe d’une capacité à passer à l’échelle et à participer à la concurrence internationale sur des technologies souvent stratégiques. Si des succès notables sont à souligner, le nombre de licornes, de l’ordre d’une trentaine, reste nettement inférieur à ce qu’il est au Royaume-Uni (environ 55) ou encore aux États-Unis (environ 708) (CB Insight, 2026[61]). La part des entreprises à forte croissance (c’est-à-dire de start-ups d’au moins 10 salariés dont le nombre d’employés croît de plus de 10 % par an) en proportion des entreprises de plus de 10 salariés, s’élève également à 9 % contre 12 % en Allemagne ou au Royaume-Uni (Eurostat). Plus généralement, la croissance limitée des start-ups en France (voir le Graphique 4.6) suggère l’existence d’obstacles. Une explication possible est liée aux difficultés d’accès au financement externe, notamment pour les entreprises innovantes en raison d’un risque perçu élevé et du manque de garanties, qui freinent la productivité de ces entreprises et leur croissance (Haskel et Westlake, 2017[62] ; OCDE, 2024[17] ; Demmou et Franco, 2021[63]). Le financement public aux jeunes entreprises innovantes, discuté dans les sections précédentes, atténue ces contraintes, mais un marché du capital solide reste essentiel.
L’approfondissement du capital‑risque est un enjeu clé pour améliorer le financement des entreprises innovantes. Malgré des progrès récents, l’écosystème français reste marqué par une forte dépendance aux financements publics et par un déficit de capitaux privés, notamment aux stades de croissance et d’industrialisation. Un marché du capital‑risque plus profond permettrait de mobiliser davantage d’investisseurs institutionnels, qui disposent de capacités d’investissement supérieures à celles des acteurs traditionnels du capital‑risque, d’apporter du capital patient sous la forme de financement en fonds propres de long terme ainsi qu’un accompagnement stratégique aux entreprises innovantes, et de faciliter le passage à l’échelle des innovations radicales. Les analyses comparatives de l’OCDE montrent à cet égard que la montée en puissance des investisseurs institutionnels constitue un facteur déterminant de l’approfondissement des marchés de fonds propres : en Suède, par exemple, les investissements en capital‑risque des fonds de pension nationaux ont presque doublé au cours de la dernière décennie, contribuant à la profondeur du marché et à la capacité de financement des entreprises innovantes sur l’ensemble de leur cycle de développement (OCDE, 2025[64]).
Sous notamment l’action de Bpifrance, le marché du capital-risque en France a été très dynamique sur les dix dernières années, les volumes levés (toutes sources confondues) ayant été multiplié par 9 entre 2013 et 2023 (BPI, 2025[65]), plaçant la France dans le peloton de tête des pays européens. Cependant, les volumes demeurent relativement modestes, en comparaison aux pays les plus performants, limitant le potentiel de financement de marché pour l’innovation industrielle (Graphique 4.13, partie A) (Hafied, Rachiq et Roulleau, 2021[66]). Ainsi, dix ans après leur création, les start-ups françaises ont en moyenne levé 40 % de capital en moins que leurs homologues américaines. Ce déficit de financement reste inférieur à la moyenne européenne (50 %), mais supérieur à celui observé en Allemagne, où il est inférieur à 30 % (Fratto et al., 2024[67]). Il se retrouve aussi dans les secteurs d’avenir comme l’IA, où les levées sont dix fois moindres qu’en Israël et cinq fois moindres qu’aux États-Unis (voir également le Graphique 4.15). Il en résulte un retard de financement des phases avancées, dites « vallées de la mort », qui freine la transformation des start-ups innovantes en entreprises de croissance, poussant certaines start-ups à s’expatrier pour accéder à des levées plus importantes (OCDE, 2025[64]).
Mieux mobiliser l’épargne des ménages et des investisseurs institutionnels
La forte épargne des ménages français, proche de 19 % du revenu disponible brut, pourrait jouer un rôle majeur dans l’expansion du capital-risque et le financement des start-ups industrielles. La France a historiquement encouragé l’investissement dans les PME par des dispositifs fiscaux tels que l’ISF-PME, qui permettait des déductions fiscales sur l’impôt sur la fortune, ou le dispositif Madelin, qui assurait une réduction de l’impôt sur le revenu. Si ces dispositifs ont permis de mobiliser des volumes importants de capitaux (Sénat, 2024[68] ; Midy, 2023[69]), l’ISF-PME a été supprimé en 2018 et le taux du dispositif Madelin a été réduit en 2024, passant de 25 % à 18 %, en raison des effets d’aubaine résultant d’un ciblage imparfait sur les défaillances de marché. À l’inverse, la nouvelle déduction fiscale de 50 % pour les investissements dans les jeunes entreprises d’innovation de rupture (JEIR, voir ci-dessus) constitue un levier prometteur pour orienter l’épargne vers les secteurs à forte défaillance de marché et mérite d’être pérennisée. Ce dispositif peut soutenir le crowdfunding pour de petits montants et renforcer le capital-risque, comme en Allemagne (programme INVEST), en Israel (Yozma fund) ou au Royaume-Uni (Seed Enterprise Investment Scheme, SEIS) (Encadré 4.3). Pour mobiliser davantage de capitaux, il serait pertinent, à l’instar d’autres pays, d’associer des mécanismes de sortie (exonérations partielles d’impôt sur les plus-values ou déductions partielles en cas de pertes).
Cependant, un tel dispositif de partage des risques devrait être accompagné d’un ensemble de mesures visant à limiter les risques d’aléa moral et l’exposition de l’État à des passifs contingents significatifs. En premier lieu, le partage des risques devrait s’accompagner d’un plafonnement des rendements afin de contenir les coûts budgétaires. Par ailleurs, ces garanties devraient être assorties de règles claires de gouvernance, notamment en matière de surveillance et de transparence sur les expositions aux risques. Elles devraient également être temporaires, ciblées sur des défaillances de marché clairement identifiées et poursuivre des objectifs d’additionalité explicites en soutenant des projets ou des entreprises qui n’auraient pas accès à un financement suffisant à des conditions de marché, sans se substituer au financement privé. À cet égard, il serait souhaitable de réserver ces garanties aux innovations radicales, c’est-à-dire des innovations reposant sur des ruptures technologiques ou caractérisées par une incertitude élevée et des risques difficilement finançables par le marché seul.
Les firmes industrielles innovantes pourraient bénéficier d’une mobilisation accrue des financements institutionnels, bien que ce marché reste plus restreint qu’outre-Atlantique ou en Scandinavie, où les fonds de pension et souverains sont plus importants. Lancée en 2019, l’initiative Tibi vise à mobiliser ces acteurs. La phase 1 (2020–2022) a engagé 6 milliards EUR dans des fonds de croissance avancée, plaçant la France en tête des levées de fonds en Europe (8.3 milliards EUR en 2023). La phase 2 cible davantage les projets industriels, les IPO et l’attraction d’investisseurs étrangers. Si l’initiative réussit à mobiliser des volumes significatifs, avec 12.5 milliards EUR levés depuis 2020, l’investissement a été principalement orienté sur les entreprises matures et certains projets financés sous label Tibi restent peu innovants (Sénat, 2024[68]). Un renforcement de la participation des fonds de fonds publics de capital-risque (comme le FNVI) dans les fonds agréés Tibi accroîtrait l’effet de levier public-privé et orienterait mieux le capital vers des projets à forte intensité technologique. Il contribuerait également à réduire le déficit de financement des phases avancées, dite « vallée de la mort ».
Des contraintes réglementaires, comme Solvabilité II, limitent l’engagement des investisseurs institutionnels dans le financement de l’innovation industrielle, en particulier de start-ups car elles imposent d’immobiliser davantage de fonds propres pour réduire le risque financier associé à ces investissements. Pour y remédier, dans le cadre réglementaire existant, une option serait de mettre en place des garanties publiques ciblées : une couverture partielle des pertes, combinée à un plafonnement des rendements, pourrait inciter ces investisseurs à financer des technologies à haut risque, à l’instar du modèle israélien. De même, les règles fiscales contribuent à freiner l’expansion du marché des capitaux. Comme dans de nombreux pays de l’OCDE, le système fiscal des entreprises en France continue de favoriser la dette par rapport aux fonds propres, la déductibilité des intérêts rendant le financement par emprunt plus attractif. Un rééquilibrage de la fiscalité entre dette et fonds propres est nécessaire, par exemple en limitant la déductibilité des intérêts ou en rendant partiellement déductibles les rendements sur capital.
Encadré 4.3. Exemples internationaux de dispositifs publics de soutien aux investisseurs providentiels
Copier le lien de Encadré 4.3. Exemples internationaux de dispositifs publics de soutien aux investisseurs providentielsLe dispositif INVEST en Allemagne
En Allemagne, le dispositif INVEST offre une subvention à l’entrée de 20 % pour les investissements de particuliers dans les start-ups innovantes, compris entre 10 000 EUR et 500 000 EUR, avec un plafond annuel de 100 000 EUR par investisseur et 3 millions EUR par entreprise. Les investisseurs doivent conserver leurs parts pendant au moins trois ans. Le dispositif inclut également une subvention à la sortie de 25 % des gains réalisés, sous forme d’exonération ou de compensation fiscale, à condition que l’investissement initial ait bénéficié de la subvention à l’entrée.
Le dispositif SEIS au Royaume-Uni
Mis en place en 1994, l’Enterprise Investment Scheme (EIS) est l’un des trois dispositifs britanniques de capital-risque basés sur des incitations fiscales, aux côtés du Venture Capital Trust (VCT) et du Seed Enterprise Investment Scheme (SEIS). L’EIS aide les petites entreprises en phase de croissance à lever des fonds en offrant des avantages fiscaux aux investisseurs achetant des actions ordinaires nouvelles. Lancé en 2012, le SEIS complète l’EIS en ciblant les entreprises en tout début de vie, offrant des avantages fiscaux renforcés (50 % contre 30 % pour l’EIS).
Yozma Fund en Israël
Lancé en 1993, le Yozma Fund a été déterminant dans le développement du capital-risque en Israël. Doté de 100 millions USD, ce fonds de fonds public a créé dix fonds privés, combinant capitaux publics et privés à parts égales, chaque fonds associant un investisseur local, un partenaire étranger et une institution financière israélienne. Un mécanisme innovant permettait aux investisseurs privés de racheter la part de l’État après cinq ans en cas de succès, facilitant la privatisation rapide du secteur. Une version allégée, Yozma Fund 2.0, a été relancée en 2023.
Source : OCDE (2025[64]).
Concentrer davantage les financements d’amorçage afin de maximiser leur impact
Les start-ups industrielles nécessitent des financements importants et patients dès la phase amont de leur développement, du fait de leurs besoins techniques spécifiques (machines, laboratoires, coûts des prototypes...). Le système de financement public couvrant l’ensemble de la phase amont de l’innovation s’est renforcé ces dernières années, reposant sur une structure hybride de capital-risque via des fonds tels que French Tech Seed ou le Fonds National d’Amorçage. Ces fonds interviennent principalement en fonds propres et certains combinent également un cofinancement privé, notamment avec des business angels (Investisseurs providentiels), favorisant ainsi l’effet de levier et le partage des risques. Bpifrance joue un rôle central, représentant plus d’un tiers du capital des fonds partenaires spécialisés en amorçage entre 2018 et 2021 (BPI, 2025[65]). Par ses co-investissements à horizon relativement long (7 ans contre 3-4 ans pour le privé (Cour des comptes, 2024[12]), Bpifrance mobilise un capital patient, essentiel pour accompagner le long cycle de rentabilisation des projets industriels innovants.
Les volumes levés par les investisseurs providentiels demeurent toutefois relativement faibles, entraînant une dispersion des financements et le risque qu’ils soient insuffisants pour assurer le potentiel de croissance des start-ups (Graphique 4.13, partie A). Par exemple, l’Allemagne dispose de 36 réseaux qui ont investi plus de 26.2 milliards EUR dans environ 670 entreprises (Tracxn, 2025[70]). En France, près de 74 millions EUR ont été investis dans environ 441 start-ups, illustrant une forte dispersion des financements (France Angel, 2024[71]). Tant que les volumes restent limités, il est nécessaire de concentrer le financement public sur un nombre restreint de projets pour maximiser l’impact, tout en s’assurant que ce ciblage reste effectué par des experts, notamment via des fonds de fonds.
Graphique 4.13. Un capital-risque dynamique mais encore insuffisant, et des garanties bancaires peu orientées vers les secteurs porteurs
Copier le lien de Graphique 4.13. Un capital-risque dynamique mais encore insuffisant, et des garanties bancaires peu orientées vers les secteurs porteursRenforcer le rôle des banques dans le financement des actifs incorporels des PME industrielles
L’investissement en actifs immatériels est essentiel aux entreprises industrielles pour monter en gamme, se positionner sur des segments à plus haute valeur ajoutée et faciliter l’intégration dans des chaînes de valeur complexes (Tsakanikas et al., 2022[74]). Cependant, seules 30 % des PME et ETI industrielles investissent chaque année dans des actifs immatériels, principalement parmi les entreprises exportatrices, les plus petites peinant à atteindre la masse critique d’investissement nécessaire pour que les bénéfices se matérialisent (Durand et Boulongne, 2021[75]). Cela suggère un sous-investissement et des opportunités de croissance de la productivité et de gains de compétitivité inexploitées.
Une explication possible au déficit de financement des PME en actifs immatériels réside dans la difficulté à financer ces prêts (Demmou et Franco, 2021[63]). Alors que les PME industrielles dépendent fortement de l’accès au crédit bancaire pour financer leurs activités, celui-ci est peu adapté au financement de leurs actifs immatériels, ce qui les contraint à recourir davantage à l’autofinancement, accentuant les tensions sur leur trésorerie. Ainsi, à l’instar des autres pays de l’OCDE, le crédit bancaire contribue fortement au financement des actifs tangibles en France (43 % des financements) mais significativement moins des intangibles (23 %) (Lé et Vinas, 2022[76]). Cette contrainte touche davantage les TPE qui reportent un taux de refus de 40 % des crédits bancaire pour leur investissement en intangibles, deux fois plus que pour leur investissement en actifs tangibles (BPI, 2020[77]).
Les garanties de prêts à l’innovation et les prêts sans garantie (PSG) de Bpifrance contribuent à adapter le modèle bancaire au financement des projets innovants industriels, en facilitant la mobilisation des actifs immatériels comme garanties. Les garanties de prêts (de l’ordre de 50 à 70 %) réduisent le risque bancaire et la délégation de garantie jusqu’à 200 000 EUR encourage les banques à approfondir leurs connaissances du financement de l’innovation (BPI, 2025[73]). Cependant, ces prêts profitent encore majoritairement aux secteurs traditionnels tels que la restauration, la construction, le commerce. Seuls 16 % de ces prêts bénéficient à l’industrie, 18 % au secteur des services et 6% au secteur de l’information et de la communication (Graphique 4.13, partie B). Ces prêts pourraient être davantage orientés vers les secteurs d’avenir, tout en maintenant leur soutien actuel aux microentreprises confrontées à un déficit de financement.
La croissance rapide de ces dispositifs, souhaitable pour combler le déficit de financement des PME innovantes, notamment industrielles, présente également certains risques macroéconomiques. Les PSG de Bpifrance pouvant évincer le financement privé, il conviendrait de privilégier le cofinancement public-privé pour assurer un partage du risque et réserver les PSG essentiellement aux projets très risqués. Par ailleurs, la sinistralité des PSG reste près de trois fois supérieure à celle des autres prêts (Cour des comptes, 2023[78]). Leur forte croissance la dernière décennie, atteignant 2.5 milliards EUR fin 2021, souligne la nécessité d’un suivi prudentiel renforcé et d’une meilleure modélisation du risque de défaut, la difficulté du dispositif à atteindre l’autofinancement imposant des transferts fiscaux réguliers.
L’adaptation du régime de faillite est complémentaire à la promotion de prêts bancaires pour les projets industriels innovants. Bien que performant en termes de dispositions favorables à la réallocation des ressources (OCDE, 2024[43] ; André et Demmou, 2022[79]), le système français pourrait mieux répondre aux défis d’une économie fondée sur les actifs immatériels. Des procédures accélérées pour la liquidation de ces actifs, ainsi que le développement d’un marché plus liquide de la propriété intellectuelle, réduiraient le risque bancaire. Seules 2 % des PME françaises détiennent des droits de propriété industrielle (contre 10 % dans l’UE) et 30 % citent un manque de connaissance comme frein (contre 19 % dans l’UE), illustrant leurs difficultés spécifiques. Des procédures de brevets simplifiées et des démarches de faillite allégées pourraient améliorer la collatéralisation des firmes intensives en intangibles.
4.4.4. Garantir un environnement concurrentiel favorable au dynamisme industriel
La concentration des activités industrielles en France, à l’instar d’autres économies de l’OCDE, s’est intensifiée, affectant la structure des marchés et la dynamique concurrentielle, avec des implications pour l’innovation et la diffusion technologique. Entre 2011 et 2022, la part des quatre plus grands groupes industriels dans les marchés de produits a augmenté de 4 points de pourcentage, contre 1.1 point en moyenne dans les 25 pays étudiés, atteignant désormais 60 %, un niveau toutefois proche de la moyenne OCDE (Calligaris et al., 2025[45]) (voir Figure 4.9, partie B). Une concentration élevée n’est pas problématique en soi, mais elle peut le devenir si elle limite l’entrée de nouveaux acteurs et affaiblit la concurrence. L’étude de l’OCDE montre par ailleurs une stabilité marquée des positions dominantes, légèrement supérieure à la moyenne européenne, ce qui suggère une contestabilité réduite. De façon similaire, le nombre de grandes entreprises investissant massivement dans la R-D reste dominé par des acteurs historiques (tels que Sanofi, Renault et PSA/Stellantis), avec un très faible renouvellement des leaders industriels (Bock et al., 2025[14] ; EU R&D Scoreboard, 2024[80]). Ces observations justifient une vigilance continue, notamment sur les pratiques anti-concurrentielles et les risques liés aux barrières à l’entrée ou aux opérations de fusions et acquisitions.
L’essor des industries numériques, de l’intelligence artificielle et des jeunes entreprises d’innovation de rupture (« deeptech ») soulève des enjeux spécifiques pour la concurrence et le maintien d’un environnement régulatoire propice à l’innovation. Les analyses de l’OCDE soulignent que les gains de productivité liés à l’intelligence artificielle dépendent de manière critique de la diffusion de la technologie et de la structure des marchés, et que des marchés de l’IA fortement concentrés en amont peuvent conduire à une captation disproportionnée de la valeur par les fournisseurs de technologies, au détriment d’une diffusion plus large des gains de productivité dans l’économie (Filippicci et al., 2025[81]). Les acquisitions fréquentes de jeunes entreprises par de grands groupes peuvent en effet réduire la diversité des acteurs et consolider les positions dominantes, parfois au détriment de l’innovation (acquisitions prédatrices) (Berger et al., 2025[82]). En France, ces acquisitions apparaissent minoritaires, et sont estimées à 6 % (Hafied, Rachiq et Roulleau, 2021[66]). L’Autorité de la concurrence souligne cependant des risques de barrières élevées à l’entrée dans le secteur de l’IA liées aux besoins en calcul, aux données et aux compétences, ainsi que les risques de concentration et de verrouillage, nécessitant entre autres une surveillance renforcée sur les risques de pratiques anticoncurrentielles (Autorité de la Concurrence, 2024[83]). L’OCDE recommande un contrôle plus proactif des fusions dans ces secteurs, incluant des analyses ex post pour vérifier la poursuite de l’innovation, des seuils de notification abaissés et des évaluations contrefactuelles ex ante (OCDE, 2020[84]). Ces mesures nécessitent de renforcer les moyens de l’Autorité de la concurrence pour protéger la dynamique concurrentielle dans l’économie de la connaissance.
4.5. Renforcer la résilience économique
Copier le lien de 4.5. Renforcer la résilience économique4.5.1. Renforcer la résilience du tissu industriel face aux chocs sur les chaînes de valeur
La France reste exposée aux chocs sur les chaînes de valeur mondiales
L’intégration croissante de la France dans des chaînes de valeur mondiales, associée à la fragmentation accrue des processus de production, a renforcé sa dépendance aux intrants étrangers. Depuis 2000, la part de ces intrants dans la production industrielle est passée de 29 % à 39 % (Bonneau et Nakaa, 2020[85]). Si cette évolution a soutenu les gains de productivité, elle a également accru l’exposition de l’économie aux catastrophes naturelles et aux chocs sanitaires ou géopolitiques, comme l’ont illustré la crise de la COVID-19 et les tensions commerciales récentes. Dans ce contexte, la France a recentré une partie de sa politique industrielle sur le renforcement de la résilience face aux chocs internationaux, notamment via France Relance et France 2030, qui soutiennent la relocalisation d’intrants stratégiques. Cet objectif est cohérent avec les autres priorités industrielles, notamment celui de promouvoir le secteur des batteries pour véhicules électriques, dont la production requiert des matières premières critiques telles que le lithium, le cobalt ou le nickel, concentrées dans un nombre limité de pays.
L’évaluation de la vulnérabilité de la France aux chocs extérieurs varie selon les indicateurs retenus. Les mesures fondées sur la concentration des flux commerciaux indiquent une exposition relativement limitée : la concentration des importations et des exportations françaises est nettement inférieure à la moyenne de l’OCDE, avec en moyenne 152 produits importés concentrés sur quelques partenaires, contre 256 produits en moyenne dans l’OCDE (OCDE, 2025[86]). Bien que marginale en volume, une perturbation affectant ces produits pourrait néanmoins entraîner des effets significatifs.
Les travaux de l’OCDE indiquent que la vulnérabilité de la France aux chocs mondiaux apparaît plus élevée lorsque l’on prend en compte, au-delà des relations commerciales directes, les liens indirects issus des chaînes de valeur mondiales. Sur la base du modèle d’équilibre général METRO, la France (comme l’Allemagne, le Canada ou le Royaume-Uni) présente une exposition accrue en raison de ses liens verticaux étroits avec de grandes économies étrangères (Arriola, Kowalski et van Tongeren, 2024[87]) (Graphique 4.14, partie A). Les secteurs manufacturiers apparaissent particulièrement vulnérables, car ils sont fortement intégrés à l’international, tant pour l’accès aux intrants que pour les débouchés. Un test de résistance réalisé par l’OCDE sur l’approvisionnement en produits technologiques avancés exportés par la Chine, incluant certains minéraux critiques, simule une baisse temporaire de 50 % de leurs exportations vers l’ensemble de leurs partenaires commerciaux. L’impact estimé sur la France serait d’environ 4 % de la production et, une fois pris en compte les mécanismes de transmission via les chaînes de valeur mondiales, il apparaît considérable à court terme (à environ 15 % de la production), même s’il reste plus faible que dans d’autres pays comme l’Allemagne ou la Corée. Par ailleurs, ce choc tend à s’estomper à moyen terme à mesure que les producteurs en aval s’adaptent (Berthou, Haramboure et Samek, 2024[88]).
Trouver l’équilibre entre relocalisation, diversification et agilité des firmes
Face aux risques associés aux dépendances aux chaînes de valeur mondiales et en particulier aux intrants stratégiques, réduire la vulnérabilité de l’économie française nécessite une réponse incluant relocalisation partielle, diversification et accroissement de l’agilité des entreprises face aux chocs.
Pour réduire sa dépendance aux minerais critiques, la France soutient la recherche et les projets industriels visant à optimiser l’économie circulaire, notamment par la récupération et la réutilisation des matières contenues dans les batteries en fin de vie. Elle finance également la relocalisation d’intrants stratégiques, en particulier des projets de production, de raffinage et de recyclage des matériaux critiques. Cette stratégie, portée par France 2030, s’inscrit dans la démarche européenne du Critical Raw Materials Act (CRMA), qui fixe pour 2030 un objectif de 25 % des besoins en matières stratégiques couverts par le recyclage.
Ces initiatives doivent être accélérées et coordonnées au niveau européen pour renforcer l’autonomie stratégique de la France et tirer parti de la sécurité économique offerte par le marché unique face à la montée du protectionnisme. En revanche, ces stratégies de relocalisation devraient rester d’ampleur limitée compte tenu des risques. Les simulations de l’OCDE comparant un régime commercial « interconnecté » à un régime « localisé » indiquent qu’une politique de relocalisation couplée à des tarifs plus élevés, des subventions et des restrictions sur les importations pourrait réduire le PIB de la France d’environ 5 points de pourcentage, un ordre de grandeur comparable à celui observé en moyenne pour l’OCDE (Arriola et al., 2020[89]).
La France a également mis en place un certain nombre de mesures pour favoriser la diversification des fournisseurs, sous la forme notamment du soutien de Bpifrance à l’exploration de nouveaux marchés. Cette stratégie comporte toutefois des limites, les fournisseurs alternatifs pouvant eux-mêmes dépendre de chaînes d’approvisionnement dominées par le pays que l’on souhaite éviter, déplaçant davantage la vulnérabilité qu’elle ne l’élimine. Cela est particulièrement vrai dans le cadre de la tendance actuelle visant à une relocalisation de proximité ou vers les pays partenaires (OCDE, 2025[86]). Les travaux de l’OCDE montrent que les politiques de diversification pour être pleinement efficaces doivent être accompagnées de mesures d’adaptation visant à accroître la substituabilité. Cela nécessite de progresser dans l’harmonisation et la certification d’intrants intermédiaires clés, des progrès qui devront être réalisés à l’échelle européenne (Berthou, Haramboure et Samek, 2024[88]).
Graphique 4.14. La France est exposée aux chocs sur les chaînes de valeur et les restrictions au commerce des services numériques réduisent l’agilité des entreprises
Copier le lien de Graphique 4.14. La France est exposée aux chocs sur les chaînes de valeur et les restrictions au commerce des services numériques réduisent l’agilité des entreprises
Note : Partie B : la moyenne OCDE est une moyenne simple. Les boîtes à moustaches montrent la valeur minimale et maximale de l’indice parmi les pays de l’OCDE.
Source : OCDE (2025[86]) ; base de données de l’Indice de restriction des échanges de services de l’OCDE.
La France accuse un certain retard dans l’adoption des technologies numériques, y compris l’intelligence artificielle (voir la section 4.1). Accélérer cette adoption peut renforcer la résilience des entreprises en permettant un suivi en temps réel des chaînes d’approvisionnement et une réaction plus rapide aux chocs (OCDE, 2025[86]). La réduction des barrières aux échanges de services peut aussi soutenir l’interconnexion digitale des chaînes d’approvisionnement. Selon l’indicateur STRI (Graphique 4.14, partie B), les restrictions françaises aux échanges de services informatiques et de télécommunications sont inférieures à la moyenne mondiale, mais restent supérieures à celles des pays les plus performants, en particulier au regard des mesures limitant la mobilité professionnelle liées aux exigences en matière de licences et de qualifications, suggérant des marges de progrès possibles (OCDE, 2025[90]).
4.5.2. Consolider les atouts en intelligence artificielle
L’Intelligence Artificielle (IA) constitue un levier potentiel majeur de compétitivité pour l’industrie au travers de ses effets sur la productivité des firmes, l’innovation et les chaînes de valeur (Filippucci et al., 2025[15]). Toutefois, la réalisation de ces gains dépendra de l’ampleur et du rythme de son adoption, ainsi que de la capacité des entreprises à intégrer efficacement l’IA dans leurs organisations et à la développer (Graphique 4.4, partie B). Le développement de l’IA peut par ailleurs favoriser des dynamiques de position dominante (“winner-takes-all”), où un petit nombre d’acteurs contrôlant les données, la puissance de calcul ou les modèles de base contrôlent l’accès aux technologies pour les autres entreprises, posant des défis en termes de souveraineté économique. Dans ce contexte, les plans France IA et France 2030 identifient l’intelligence artificielle comme une technologie clé pour la compétitivité industrielle française, avec une double ambition : favoriser sa diffusion et positionner la France parmi les leaders internationaux dans le développement de modèles d’IA innovants et compétitifs.
Selon l’indice de l’Observatoire des politiques relatives à l’IA, la France figure parmi les pays de l’OCDE les plus avancés en matière d’écosystèmes d’intelligence artificielle (Graphique 4.15, partie A). Avec la Finlande et la Suède, elle est parmi les premiers pays européens à avoir adopté une stratégie nationale en intelligence artificielle. Elle consacre des moyens importants à la R-D, notamment via le Programme national de recherche en IA lancé en 2018 (près de 700 millions EUR, soit 45 % du budget de la stratégie nationale) (OCDE, 2024[17]). Toutefois, les investissements américains restent plus de sept fois supérieurs, et significativement plus élevés une fois ajustés à la taille des économies, suggérant la nécessité pour la France de se spécialiser sur certaines briques de la chaîne de valeur (Fonteneau et al., 2025[91]) (Partie B).
Graphique 4.15. La France est un acteur de premier plan pour les écosystèmes d’IA mais les montants investis restent en retrait
Copier le lien de Graphique 4.15. La France est un acteur de premier plan pour les écosystèmes d’IA mais les montants investis restent en retrait
Note : Partie B : la moyenne UE est une moyenne simple.
Source : OECD (2026[92]), données relatives aux investissements en matière d’IA, mises à jour le 3 novembre 2025, consultées le 5 janvier 2026, https://oecd.ai/.
L’accès à une infrastructure de calcul (puissance de calcul, cloud…) est une condition au développement et à l’innovation en IA et, constitue de ce fait, un enjeu de souveraineté économique pour l’Europe. Avec 5 % des 500 plus grands supercalculateurs mondiaux, la France se positionne loin des États-Unis ou de la Chine, mais parmi les pays européens les plus performants (OCDE, 2024[17]). Cependant, les ressources et compétences calculatoires sont de façon croissante détenues par de grands acteurs privés, creusant un fossé avec le secteur public, et limitant sa capacité à développer et encadrer des systèmes d’IA avancés. Dans ce contexte, un consortium européen doté de 7 milliards d’euros sur la période 2021-2027 (The European High Performance Computing Joint Undertaking), mutualise les capacités calculatoires entre pays et les ouvre depuis 2023 aux start-up, PME et chercheurs (OCDE, 2024[17]). La compétitivité de la France pourrait bénéficier de la poursuite des investissements dans les supercalculateurs et du renforcement des partenariats public-privé, facilitant l’accès des acteurs privés aux infrastructures publiques et celui des chercheurs aux modèles avancés détenus par le secteur privé.
L’intégration de l’IA à la robotique offre également de nouvelles perspectives industrielles, notamment pour la production, la logistique, l’exploration et la santé. Ce marché connaît une forte croissance mondiale : la valeur de marché des robots mobiles autonomes devrait passer de 2.3 milliards EUR en 2020 à 10.5 milliards EUR en 2030 (OCDE, 2024[17]). En France, le programme « Robotique organique » (34 millions EUR sur huit ans, France 2030) vise à développer des robots interagissant avec l’humain, tandis que le projet Pendragon crée des robots terrestres pilotés par l’IA pour la défense. La hausse prévue des budgets militaires offre une opportunité de renforcer la compétitivité de ce secteur, en exploitant les synergies civil-défense et en finançant des projets à double usage à fort potentiel, à l’image des approches mises en œuvre par le passé aux États-Unis ou en Israël, notamment pour le GPS ou l’internet (voir aussi le chapitre 1). Cela nécessiterait de renforcer les efforts de recherche dans la défense, qui restent en retrait en comparaison internationale à 0.3 % du PIB (moins de 2 % des dépenses de défense) contre 12.2 % aux États-Unis (47 % des dépenses de défense), 5 % au Royaume-Uni et 2.3 % en Allemagne (environ 15 % des dépenses de défense) (OCDE, base de données « Dépenses publiques annuelles par fonction »). Il est par ailleurs important de veiller à ce que ces dépenses n’évincent pas d’autres secteurs de la recherche. Une analyse approfondie des complémentarités entre recherche militaire et civile permettrait d’optimiser les synergies, réaliser des économies d’échelle et limiter les risques d’éviction.
De façon plus générale, pour tirer pleinement parti des gains de productivité et renforcer la compétitivité industrielle, les entreprises doivent investir dans des actifs complémentaires, tels que les capacités numériques, les infrastructures numériques ainsi que les compétences en TIC et en management (Calvino et Fontanelli, 2024[93]). Ces questions sont discutées dans la section suivante.
4.5.3. Préserver la compétitivité industrielle dans le cadre de la transition vers la décarbonation
L’ampleur et la rigueur de l’action climatique en France (mesurées par l’indicateur Environnemental Policy Stringency de l’OCDE) est supérieure à la moyenne de l’OCDE et en hausse au cours des dix dernières années (voir le chapitre 3). L’action climatique peut peser sur la compétitivité des entreprises industrielles, responsables de 18 % des émissions nationales, accroître le risque de fuite de carbone (Graveda et Galle, 2025[94]), etmais etcela créer également des incitations à investir plus tôt dans les technologies bas carbone. Une étude de l’OCDE (à paraître) estime que 12 % des importations additionnelles de carbone s’explique par le cadre réglementaire environnemental (Hemmerlé, Kruse et Pisu, 2025[95]) (Graphique 4.16, partie A). Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), combiné à la suppression des quotas gratuits pour les produits assujettis au MACF, constitue une réponse partielle à ce risque, en introduisant un prix carbone aux frontières pour les importations de produits à forte intensité carbone relevant du dispositif, afin d’aligner les coûts du carbone entre production nationale et importations.
Toutefois, pour les entreprises fortement dépendantes de matières premières importées à forte intensité carbone, le MACF pourrait entraîner une hausse des coûts de production, détériorant la compétitivité de ces firmes à l’exportation sur les marchés hors Union Européenne. Les simulations de l’OCDE suggèrent que la France serait, au niveau agrégé, modérément affectée dans un scénario combinant MACF, hausse du prix du carbone et suppression des quotas gratuits de carbone, notamment du fait du poids des secteurs exposés au MACF relativement moindre dans la valeur ajoutée (Graphique 4.16, partie B). Toutefois, au sein des secteurs aval non couverts par le MACF, l’effet apparaît très hétérogène, avec les secteurs de l’équipement et des véhicules automobiles les plus affectés (Dechezleprêtre et al., 2025[96]). Cela suggère la nécessité de mettre en place des mécanismes compensatoires, comme un soutien ciblé à la décarbonation et à l’efficacité énergétique. La possible extension du MACF à d’autres industries souligne la nécessité d’accélérer les efforts en matière de décarbonation et d’efficacité énergétique, de sorte à préserver la compétitivité industrielle, dans la mesure où le MACF tend à réorienter la demande vers des pays affichant un prix du carbone plus élevé et une moindre intensité d’émissions (Dechezleprêtre et al., 2025[96]).
Graphique 4.16. Les risques élevés de fuite de carbone sont partiellement atténués par le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières
Copier le lien de Graphique 4.16. Les risques élevés de fuite de carbone sont partiellement atténués par le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières
Note : Partie A : le taux de fuite à l’échelle nationale est calculé comme une moyenne pondérée à partir des bases d’émissions sectorielles nationales et importées. Partie B : le scénario basé sur un assortiment complet de mesures inclut une augmentation des prix du SEQE-UE, la suppression des quotas gratuits et le MACF ; il est en outre comparé au scénario de base des secteurs soumis au MACF dans les pays de l’Union européenne. L’exposition au MACF est corrélée à la taille des points de données, calculée en tant que part du secteur soumis au MACF dans la valeur ajoutée totale pour le pays concerné. L’intensité des émissions est calculée comme le total des émissions des secteurs soumis au MACF par rapport à leur production.
Source : Hemmerlé, Kruse et Pisu (2025[95]) ; Dechezleprêtre et al. (2025[96]).
Une analyse récente de l’OCDE met en évidence une dispersion importante de l’efficacité énergétique dans les entreprises françaises à un niveau très désagrégé des produits (8 chiffres), avec des rapports d’efficacité de 1 à 9. Amener les entreprises les moins efficaces au 25e centile de leur secteur pourrait permettre de réduire la consommation d’énergie d’environ 35 %, tout en améliorant leur productivité. Parallèlement, les progrès réalisés en matière d’efficacité énergétique se traduisent par une augmentation de la productivité (De Lyon et Dechezleprêtre, 2025[97]). Cela met en évidence le rôle important des politiques d’efficacité énergétique en France, puisqu’elles pourraient renforcer la résilience et la compétitivité des entreprises grâce à une réduction de leur exposition aux chocs énergétiques. Une diminution des aides générales à la consommation d’énergie, y compris des subventions aux combustibles fossiles (voir le chapitre 3) et une réorientation du soutien au profit d’aides conditionnées à l’amélioration de l’efficacité énergétique permettraient de renforcer la compétitivité à long terme et la capacité des entreprises à s’adapter aux chocs.
La France a adopté plusieurs dispositifs visant à décarboner l’appareil productif et à développer une industrie des technologies vertes, notamment au travers de la Loi relative à l’industrie verte. Des contrats de transition écologique engagent les entreprises les plus émettrices à réduire leurs émissions de 45 % d’ici 2030. Les progrès en matière de transition verte industrielle reposeront également sur l’électrification des procédés et l’adoption de nouvelles technologies sobres en énergie, soutenues par le plan France 2030 dont la moitié du budget vise à développer des filières clés (batteries, hydrogène vert et capture du carbone). Par ailleurs, afin d’encourager les investissements dans ces secteurs, un crédit d’impôt au titre des Investissements dans l’Industrie Verte (C3V) a été instauré en 2024 ainsi que des garanties de crédit spécifiquement pour les PME, souvent confrontées à un coût du capital élevé. Ces dispositifs apparaissent pertinents et il est souhaitable de les maintenir compte tenu des difficultés d’accès au financement des firmes dans le processus de verdissement de leur capital productif. Les difficultés d’accès au financement peuvent être particulièrement élevées pour les investissements en technologies intégrées telles que l’électrification des processus productifs (c’est-à-dire des technologies incorporées aux processus productifs et nécessitant des adaptations organisationnelles ou techniques) comparé à des technologies « ajoutées » (add-on) telles que l’installation de filtres ou de panneaux solaires. Les premières nécessitent des investissements plus importants mais également des bénéfices plus élevés en termes d’efficacité énergétique et productive (Costa et al., 2024[98]). Un renforcement ciblé des aides en faveur de ce type d’investissement, par exemple sous la forme d’un taux majoré, serait donc souhaitable.
La France dispose de l’un des mix énergétiques les plus décarbonés de l’UE, en grande partie du fait de l’énergie nucléaire, qui constitue un atout majeur pour la décarbonation industrielle et la sécurité énergétique. Le secteur nucléaire est toutefois confronté à des difficultés croissantes, y compris des retards et des dépassements de coûts dans la construction de nouveaux réacteurs et des besoins d’investissement très élevés (près de 460 milliards EUR d’ici à 2040) (Cour des comptes, 2025[99]). Ces difficultés affaiblissent EDF, le premier fournisseur d’électricité français, et nuisent à sa capacité à participer à la concurrence internationale. Bien que la stratégie France 2030 vise à résoudre ces problèmes, les progrès restent limités par la pénurie de compétences, les contraintes reposant sur les chaînes d’approvisionnement et les difficultés liées à la gestion des projets. Par ailleurs, le déploiement des énergies renouvelables (en particulier de l’énergie solaire) reste insuffisant, notamment en termes d’intégration au réseau et de gestion de la variabilité.
Les institutions financières pourraient également jouer un rôle incitatif accru dans la décarbonation de l’industrie. En 2023, seuls 3 à 6 % des titres d’entreprises non financières détenus par des banques, des assureurs et des fonds étaient alignés sur la taxonomie européenne, alors que 30 à 45 % concernaient des entreprises potentiellement éligibles, sous réserve d’efforts effectifs de transition (Jourde, Piquard et Salakhova, 2024[100]). Les banques, particulièrement exposées aux secteurs de la construction et de l’immobilier, pourraient renforcer les incitations à décarboner ces filières via la décision d’octroi des prêts ou des taux d’intérêt associés, à l’instar de certains segments des marchés financiers, où les entreprises mieux notées selon la taxonomie RSE bénéficient d’un différentiel favorable de taux d’intérêt (D’Arcangelo et al., 2025[101]). Pour renforcer le rôle des institutions financières dans la décarbonation, les autorités françaises pourraient accélérer l’intégration de la taxonomie verte et rendre obligatoires les indicateurs d’alignement.
4.6. Mieux valoriser le capital humain
Copier le lien de 4.6. Mieux valoriser le capital humain4.6.1. Mieux intégrer les titulaires de doctorat dans le secteur des entreprises
Alors que le doctorat forme à des compétences clés pour la recherche appliquée et constitue un facteur essentiel du transfert de connaissances entre l’université et l’industrie (Afcha, García-Quevedo et Mas-Verdú, 2023[102]), le nombre de titulaires de doctorat a diminué sur la dernière décennie en France tandis qu’il a augmenté chez les principaux innovateurs. Ils représentent seulement 1 % des 25-64 ans, contre 1.1 % en moyenne dans l’Union européenne et près de 2.1 % aux États-Unis, 1.9 % en Allemagne et 1.7 % au Royaume-Uni (OCDE, 2025[103]). Par ailleurs, leur présence dans le secteur privé reste limitée, avec 11 % de titulaires de doctorat contre près de 57 % d’ingénieurs, lesquels ne sont généralement pas titulaires d’un doctorat en France (Graphique 4.17, partie A) (Pommier et Lazarus, 2024[104]). Cela reflète la structure spécifique du système d’enseignement supérieur français, qui fait que ce sont traditionnellement des diplômés d’écoles d’ingénieurs hautement sélectives qui occupent les postes techniques ou d’encadrement dans les entreprises, plutôt que des titulaires de doctorats. Cette situation résulte en partie du faible effort de R-D des entreprises et de leur orientation vers le développement plutôt que la recherche, et des liens limités avec les universités. Par ailleurs, la France se caractérise par une préférence historique pour les ingénieurs, qui peut s’expliquer par les choix de spécialités mais aussi par une perception négative des titulaires de doctorat, malgré leur productivité avérée et mesurée en termes de brevets (Riedinger et Zaiem, 2013[105]), suggérant une asymétrie d’information nécessitant une intervention publique (ANRT, 2023[106]).
Le levier principal pour l’insertion des titulaires de doctorat reste le dispositif CIFRE qui soutient chaque année plus de 2 000 doctorants en entreprise, sous la supervision conjointe d’un centre public de recherche. Les titulaires de doctorat CIFRE sont 17 % plus susceptibles d’obtenir un emploi stable trois ans après leur thèse, avec un gain salarial de 7 % et une meilleure insertion en R-D, malgré des perspectives de carrière moins favorables (Malgouyres, 2020[107]). Le dispositif Jeune docteur, supprimé en 2025, doublait temporairement l’assiette du CIR pour l’embauche en CDI de jeunes titulaires de doctorat (permettant aux entreprises de couvrir jusqu’à 120 % du coût salarial d’un jeune docteur grâce au crédit d’impôt recherche). Les évaluations existantes, bien que relativement anciennes, suggèrent que le dispositif contribuait à réduire partiellement l’écart de recrutement avec les ingénieurs (Bernela et al., 2018[108]). La qualité perçue des emplois restait toutefois faible, suggérant des effets d’aubaine qui justifient sa suppression. Un dispositif alternatif serait souhaitable pour corriger les asymétries d’information entre entreprises et titulaires de doctorat, et compléterait les autres initiatives visant à renforcer leur insertion, notamment la nouvelle agence France-PhD au sein de France Travail et la plateforme PhDTalent qui mettent en relation les entreprises et les titulaires de doctorat.
4.6.2. Attirer une main d’œuvre hautement qualifiée
La capacité à attirer des talents hautement qualifiés constitue un levier clé de la compétitivité industrielle, notamment dans les secteurs émergents (IA, biotechnologies ou énergies vertes), où les déficits de compétences peuvent entraver l’innovation. La France figure parmi les pays les plus attractifs pour les fondateurs de start-up, se classant au troisième rang des pays de l’OCDE. Elle dispose des politiques de visa et d’admission les plus favorables à cette catégorie, et se distingue par le soutien financier offert et l’existence de voies d’accès spécifiques pour les employés internationaux de start-ups (Andersson, 2025[109]). En revanche, son attractivité apparait plus faible pour les entrepreneurs et les travailleurs hautement qualifiés. En termes d’intégration sur le marché du travail, elle se situe en dessous de la moyenne de l’OCDE pour le taux d’emploi des immigrés hautement qualifiés et la proportion de contrats temporaires pour cette population (Graphique 4.17, partie B). Depuis 2019, la France a néanmoins progressé dans l’attraction des travailleurs et entrepreneurs étrangers, mais recule dans celle des étudiants internationaux.
Graphique 4.17. Les docteurs sont peu insérés dans le secteur privé et l’attractivité de la France pour les travailleurs hautement qualifiés est modérée
Copier le lien de Graphique 4.17. Les docteurs sont peu insérés dans le secteur privé et l’attractivité de la France pour les travailleurs hautement qualifiés est modérée
Note : Partie B : l'indice d'attractivité des talents de l'OCDE est un indicateur composite qui évalue l'attractivité des pays pour quatre profils de talents (travailleurs hautement qualifiés, entrepreneurs, étudiants internationaux, fondateurs de start-ups). Il agrège plusieurs indicateurs dans sept dimensions : qualité des opportunités, revenus et impôts, perspectives d'avenir, environnement familial, environnement professionnel, inclusivité et qualité de vie, ainsi que l'accessibilité des visas et des permis de séjour, avec une pondération égale appliquée à chaque dimension. La valeur pour l’OCDE est une moyenne simple.
Source : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (2024), État de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en France nº 17 ; OECD Dashboard Talent Attractiveness: How does your country compare in each dimension? (2024).
Lorsque l’on considère plus particulièrement les flux de travailleurs qualifiés en IA pour lesquels les pays entrent fortement en concurrence, la France en 2022, a perdu davantage de compétences en IA qu’elle n’en a gagné, perdant du terrain par rapport à 2019 ou la situation était inverse (OCDE, 2024[17]). La relative faible attractivité de la France s’explique notamment par des taux de refus de visa importants pour les travailleurs qualifiés, des lourdeurs administratives liées à une numérisation encore insuffisante des procédures de visa mais aussi une complexité des procédures et des exigences élevées de capital minimum pour les entrepreneurs. Les dispositions pour attirer les travailleurs qualifiés et faciliter le processus d’entrée devraient être renforcées y compris par une plus grande simplification administrative.
4.6.3. Renforcer la productivité et la compétitivité industrielle par le management
Les pratiques managériales solides favorisent l’innovation et l’adoption des technologies numériques, et constituent ainsi un levier essentiel de la compétitivité industrielle. Dans un monde en rapide mutation et face à l’IA, la performance dépend de la flexibilité, de la valorisation du savoir collectif et d’une culture d’apprentissage continu (Lassébie et Quintini, 2022[110]). Des estimations antérieures suggèrent que les différences dans les pratiques managériales pourraient représenter jusqu’à la moitié de l’écart de productivité entre la France et les États‑Unis (Bloom, Sadun et Van Reenen, 2016[111]). En France, 43 % des salariés travaillent dans une entreprise ayant adopté une organisation apprenante, soit une entreprise dont l’organisation du travail encourage l’autonomie du personnel, la coopération et la résolution de problèmes afin de soutenir l’innovation dans le temps. Si cette proportion est proche de la moyenne de l’UE, elle reste bien inférieure à celle des pays nordiques (54 à 62 %) (Benhamou et Lorenz, 2020[112]). L’autonomie reste faible : 40 % des travailleurs déclarent disposer d’une large autonomie contre plus de 50 % en Europe. (Commission européenne, 2020[113]). Du côté des entreprises, des lacunes persistent dans la fixation d’objectifs, la mobilisation des équipes et les systèmes d’incitation (Viganola et Yaya Diallo, 2025[114]) (Graphique 4.18).
Graphique 4.18. Les pratiques managériales verticales constituent un frein à la performance
Copier le lien de Graphique 4.18. Les pratiques managériales verticales constituent un frein à la performance
Note : Partie A : les moyennes OCDE et UE sont des moyennes simples.
Source : Calculs de l’OCDE à partir des données des enquêtes sur les entreprises conduites par la Banque mondiale (World Bank Enterprise Surveys, WBES) ; Eurostat.
Si les pouvoirs publics ne peuvent pas directement transformer le management, ils peuvent agir comme catalyseur, notamment en soutenant les PME, souvent peu équipées pour structurer leurs pratiques managériales. Le développement de réseaux d’apprentissage inter-entreprises peut y contribuer. Le Royaume-Uni, par exemple, finance des échanges entre mentors de grandes entreprises et dirigeants de PME et a lancé le « Small Business Leadership Programme » pour offrir aux dirigeants de petites entreprises un accès à des formations de haut niveau en leadership (Demmou et Franco, 2021[63]). Les autorités françaises pourraient s’inspirer de ces initiatives. Promouvoir de bonnes pratiques dans les administrations pourrait aussi avoir des effets d’entraînement sur le secteur privé.
Impliquer syndicats et représentants du personnel dans l’organisation du travail favorise l’autonomie, le travail en équipe, et l’auto-évaluation, des leviers essentiels pour l’innovation et la performance. Les pouvoirs publics pourraient renforcer les négociations obligatoires employeurs-employés en y intégrant davantage les questions d’encadrement comme facteur de performance et de bien-être (IGF-IGAS-IGERS, 2024[115]). Aujourd’hui centrées sur l’égalité professionnelle, la qualité de vie et le partage de la valeur, ces discussions pourraient inclure l’organisation du travail.
Une concurrence dynamique sur les marchés de produits (comme discuté dans la section 4.3) permet également de stimuler l’efficience managériale en poussant les dirigeants à optimiser leurs pratiques pour rester compétitifs, ce qui se traduit par une meilleure allocation des ressources, plus d’innovation et une gestion plus rigoureuse des processus internes (Roy et Chakraborty, 2023[116]). Selon les mêmes mécanismes, la baisse des protections tarifaires et la facilitation des échanges internationaux accroissent la pression concurrentielle sur les entreprises locales, incitant à l’amélioration continue du management (Bloom, Sadun et Van Reenen, 2016[111]).
4.6.4. Améliorer les compétences des adultes pour mieux accompagner les transitions industrielles
Assurer une meilleure adéquation entre les formations et les priorités stratégiques
Le maintien de la compétitivité industrielle repose sur la capacité à adapter ses compétences techniques face à l’intégration croissante des technologies numériques, dont l’intelligence artificielle et la robotique, ce qui appelle un renforcement de l’apprentissage tout au long de la vie. Un exercice de simulation de l’OCDE suggère que les écarts de compétences des adultes en France vis-à-vis des trois pays les plus performants, expliqueraient plus d’un tiers de l’écart de productivité sectorielle (Graphique 4.19, partie A) (Andrews, Egert et de la Maisonneuve, 2025[117]). Pourtant, d’après les données OCDE seuls 30 % des adultes participent à l’apprentissage tout au long de la vie, contre 40 % en moyenne dans l’OCDE et près du double dans les pays les plus performants (Finlande, Norvège et États-Unis), cette sous-participation s’observant à tous les niveaux d’éducation (OCDE, 2025[118]) (Partie B). Les données de la DARES indiquent toutefois un taux légèrement plus élevé, avec 36 % des adultes accédant à une formation professionnelle à finalité professionnelle, ainsi que les données Eurostat qui incluent la formation initiale. Au‑delà du nombre de bénéficiaires qui varie selon les enquêtes, ce qui souligne des différences de champ, l’enjeu central réside dans l’adéquation des formations proposées aux besoins du marché du travail. Alors que les dispositifs de formation professionnelle sont étendus et ont été renforcés dans le cadre du Plan d’investissement dans les compétences (PIC) et de l’appel à manifestation d’intérêt Compétences et métiers d’avenir du plan d’investissement France 2030, leur capacité à répondre aux besoins du marché du travail pourrait être améliorée à plusieurs niveaux.
La simplification en 2018 du Compte Personnel de Formation (CPF) a permis d’accroître l’accès à des formations courtes ; celles-ci demeurent toutefois insuffisamment alignées sur les besoins en compétences des entreprises et les priorités stratégiques, limitant leur impact sur la compétitivité, en particulier des PME industrielles. Environ la moitié des entrées en formation sont réalisées sur des métiers en tension (toutes causes confondues, telles que le manque d’attractivité lié aux conditions de travail, les faibles rémunérations ou le manque de compétences) et 20% sur des métiers en très forte tension (DARES, 2025[119]). Toutefois, moins d’une formation sur cinq conduit à un métier qui est en tension pour cause de manque de compétences (DARES, 2023[120]) et les formations liées aux métiers industriels ne représentent qu’environ 6 % des parcours, avec un faible abondement des entreprises pour financer des formations techniques plus chères (IGF-IGAS-IGERS, 2024[115]). Assurer une meilleure adéquation entre les dispositifs de formation et les besoins en compétences permettrait d’en renforcer l’efficacité, la formation n’étant pas toujours la réponse la plus adéquate lorsque les tensions résultent du manque d’attractivité des métiers. Par ailleurs, il est important d’assurer également l’adéquation avec les priorités du plan France 2030. À Singapour, par exemple, des critères d’éligibilité sont appliqués pour favoriser les formations s’inscrivant dans le cadre des priorités stratégiques du pays et correspondant aux besoins des entreprises dans les secteurs en croissance (OCDE, 2025[118]).
Les formations financées par le CPF demeurent majoritairement courtes (en moyenne 89 heures, et 66 heures pour les actifs occupés) et moins de 2% d’entre elles sont certifiantes (Caisse des dépôts et consignation, 2025[121]). Les enquêtes de l’OCDE suggèrent, en comparaison internationale, des durées encore plus courtes, avec une proportion de formations courtes (allant d’une journée à une semaine) supérieure à la moyenne de l’OCDE (OCDE, 2025[118]). Ces caractéristiques limitent la profondeur des apprentissages et, in fine, l’acquisition effective de nouvelles compétences. Par ailleurs, le développement de certifications modulaires et cumulables, mieux harmonisées et reconnues entre métiers, renforcerait leur adéquation aux besoins du marché du travail, notamment face à la diffusion de l’IA et aux évolutions technologiques rapides. Bien que les certifications du RNCP soient désormais structurées en blocs de compétences, leur harmonisation entre métiers reste limitée (Cour des comptes, 2023[122]). Le développement de micro-certifications reconnues transversalement et une meilleure articulation du CPF avec des parcours certifiants renforceraient l’adéquation des formations aux besoins du marché du travail.
La loi du 24 octobre 2025 portant transposition des accords nationaux interprofessionnels en faveur de l'emploi des salariés expérimentés et relatif à l'évolution du dialogue social inclut notamment des dispositions sur les transitions et reconversions professionnelles. Cette loi a simplifié l’architecture des dispositifs de reconversion en remplaçant les mécanismes distincts de mobilité interne et de montée en compétences (Pro-A) et de reconversion externe pour les salariés occupant des emplois menacés (Transco) par un dispositif unique, la période de reconversion. Celui-ci permet d’accompagner l’évolution ou la reconversion d’un salarié, soit au sein de l’entreprise, soit vers une autre entreprise. Par ailleurs, le projet de transition professionnelle permet à un salarié de s’absenter temporairement de son poste via un congé dédié pour suivre une formation certifiante afin de changer de métier. Cette réforme vise à rendre les transitions professionnelles plus lisibles et plus facilement mobilisables, alors que les dispositifs précédents étaient jugés complexes et peu utilisés.
Graphique 4.19. Les déficits de compétences des adultes constituent un frein à la croissance et les dispositifs d’apprentissage tout au long de la vie demeurent partiellement inadaptés
Copier le lien de Graphique 4.19. Les déficits de compétences des adultes constituent un frein à la croissance et les dispositifs d’apprentissage tout au long de la vie demeurent partiellement inadaptés
Note : Partie A : écart de productivité au niveau national expliqué par les différences PIAAC au niveau sectoriel, comparé aux trois pays les plus performants dans chaque secteur. La barre verticale correspond, pour chaque pays, à une moyenne pondérée (par la part de la valeur ajoutée) de la contribution de chaque secteur à la productivité globale selon le PIAAC. La moyenne globale est une moyenne simple des contributions de chaque pays. Les scores PIAAC utilisés pour les calculs sont des moyennes simples des scores en littératie, en numératie et en résolution de problèmes. Partie B : adultes âgés de 25 à 65 ans ; apprentissage formel et non formel lié à l’emploi au cours des 12 mois précédant l’enquête. La donnée pour l'OCDE est une moyenne simple.
Source : Andrews, Égert et de la Maisonneuve (2025[117]) ; OCDE (2025[118]).
Renforcer les dispositifs de soutien aux PME industrielles
La participation à l’apprentissage tout au long de la vie demeure bien plus faible dans les PME, notamment les petites entreprises industrielles : 15 % des salariés bénéficient d’une formation dans les entreprises de moins de 10 salariés, contre 61 % dans celles de 1 000 salariés et plus (IGF-IGAS-IGERS, 2024[115]). Cette disparité reflète des coûts d’opportunité plus élevés, liés à la difficulté à remplacer le personnel, au risque de débauchage des salariés formés et à un accès plus limité au financement externe. Les PME bénéficient d’un appui via France Compétences et les opérateurs de compétences (OPCO), qui consacrent 8 à 13 % de leurs fonds au développement des compétences dans les entreprises de moins de 50 salariés. Toutefois, les dispositifs d’accompagnement des ressources humaines restent restreints, avec moins de 5 000 PME accompagnées chaque année, sur plus de 55 000 dans le périmètre des 32 branches industrielles (IGF-IGAS-IGERS, 2024[115]). Un renforcement ciblé du soutien public vers les PME contribuerait à accompagner les transitions numérique et industrielle. Des mesures complémentaires, comme des dispositifs de mutualisation des remplacements, des clauses de remboursement en cas de départ rapide ou des prêts publics pourraient aussi réduire les freins à la formation. Progresser dans l’adoption des technologies numériques, notamment celles intégrant l’intelligence artificielle, est également essentiel, le développement de formats d’apprentissage modulaires et numériques offrant une flexibilité accrue, essentielle pour les salariés de PME.
Renforcer la montée en compétences des moins qualifiés et des seniors
Le déficit de compétences fondamentales (en littératie et numératie) limite la capacité de la main d’œuvre à accéder à des compétences plus techniques, freinant son adaptation aux transformations technologiques et la capacité de l’industrie à absorber l’innovation et les nouvelles technologies. Alors que près de 30 % des adultes en France présentent de faibles compétences en littératie, en numératie et en résolution de problèmes, moins de 20 % de ces individus accèdent à une formation (OCDE, 2025[118]). Cette proportion est encore plus faible pour les formations certifiantes, auxquelles participent moins de 4 % des adultes peu qualifiés (DARES, 2023[120]). À l’inverse, plus de 60 % des individus disposant du niveau de compétences le plus élevé (niveau 4) participent à une formation, un écart nettement plus marqué que dans la majorité des pays de l’OCDE (OCDE, 2025[118]). De même, l’écart de participation entre les diplômés de l’enseignement supérieur et les moins qualifiés est l’un des plus élevés des pays de l’OCDE (Graphique 4.19, partie B).
La participation des seniors à la formation figure parmi les plus faibles des pays de l’OCDE, avec un taux inférieur à 20 %. Cela constitue un enjeu majeur en France où l’enquête PIAAC de l’OCDE montre que l’érosion des compétences au cours du cycle de vie apparaît plus marquée que dans la moyenne de l’OCDE. Cela témoigne d’un accompagnement encore insuffisant tout au long de la vie professionnelle, en particulier pour soutenir l’adaptation aux évolutions du marché du travail et aux changements technologiques. L’Accord national interprofessionnel sur l’emploi des seniors, transposé dans la loi d’octobre 2025, prévoit plusieurs mesures de formation visant à renforcer l’employabilité des travailleurs âgés et à faciliter leurs transitions professionnelles, notamment via des entretiens de parcours professionnels renforcés, la création d’une période de reconversion certifiante et un accès élargi à la validation des acquis de l’expérience. Ces dispositions sont les bienvenues. Il est aussi important de proposer des formations de manière proactive, avant que les compétences ne se dégradent de façon importante, en particulier pour les travailleurs qui approchent le milieu de leur carrière. À Singapour, le dispositif SkillsFuture octroie une aide ciblée renforcée en milieu de carrière (pour les plus de 40 ans) afin de prévenir l’obsolescence des compétences, ce qui pourrait constituer une bonne pratique à adopter (OCDE, 2025[123]). Le développement de formations modulaires, telles qu’abordées précédemment, pourrait également contribuer à favoriser la participation des salariés.
4.6.5. Améliorer l’offre et la qualité des services d’orientation professionnelle dans les établissements scolaires
Les pénuries de main-d’œuvre en France demeurent élevées, notamment dans l’industrie même si elles ont diminué sensiblement (Graphique 4.20, Partie A), reflétant en partie une faible attractivité des filières professionnelles industrielles. Selon les projections de la DARES et de France Stratégie, environ 141 000 postes industriels pourraient rester non pourvus d’ici 2030, principalement aux niveaux techniciens, ingénieurs et ouvriers qualifiés, malgré une offre nette d’emplois modérée liée à la désindustrialisation et aux départs à la retraite. Or, la demande de formation pour ces métiers reste limitée. La proportion d’élèves et d’étudiants suivant une filière STIM au secondaire et au niveau bac+2, formant les techniciens, reste inférieure à la moyenne européenne, alors qu’elle dépasse la moyenne OCDE au niveau master. Cette désaffection s’explique en partie par un déficit d’orientation et des difficultés d’insertion, les diplômés de la voie professionnelle présentant un taux d’emploi plus faible que la moyenne OCDE (OCDE, 2025[103]).
Afin de mieux répondre aux besoins du marché du travail, en particulier de la filière industrielle, la France a engagé des réformes du lycée professionnel en 2023 et de l’apprentissage en 2018, renforçant les liens entre établissements et entreprises via l’alternance (OCDE, 2024[43]). En 2023, 33 % des élèves du second cycle étaient en alternance, un taux en progression depuis 2021 (28 %) mais toujours en retrait par rapport à la moyenne OCDE (45 %) (OCDE, 2025[103]) (Graphique 4.20, Partie B). Par ailleurs, la croissance de l’apprentissage a surtout profité aux niveaux supérieurs d’enseignement, dans la mesure où 44 % des apprentis étaient en Bac+5, contre 38 % au secondaire (Demongeot et Lombard, 2024[124]). La réforme de 2025, recentrant les soutiens financiers sur les niveaux inférieurs au Bac+3 et les métiers prioritaires, est bienvenue compte tenu du coût du dispositif et des effets d’aubaine. Il reste également essentiel de généraliser l’alternance dans les lycées et les BTS et de renforcer le contrôle de la qualité des formations. D’autres mesures non financières pourraient renforcer l’attractivité de l’apprentissage pour les employeurs, en particulier les PME, y compris un service d’accompagnement, de mentorat et d’ingénierie pédagogique (OCDE, 2022[125]).
Graphique 4.20. Les pénuries de main-d’œuvre restent élevées dans l’industrie et les faiblesses du système éducatif pèsent sur la productivité
Copier le lien de Graphique 4.20. Les pénuries de main-d’œuvre restent élevées dans l’industrie et les faiblesses du système éducatif pèsent sur la productivité
Note : Partie A : l’indicateur synthétique de tension développé par Dares et Pôle emploi rend compte, pour chaque profession et région géographique, des difficultés de recrutement anticipées par les employeurs, des offres d’emploi rapportées au nombre de demandeurs d’emploi, et de la facilité qu’ont les demandeurs d’emploi à sortir des listes de Pôle emploi. L’indicateur de tension calculé est normalisé, c’est-à-dire centré-réduit en prenant comme référence la période 2014-2018 et l’ensemble des métiers. La valeur 0 correspond à un niveau de tension identique à celui sur la période de référence pour l’ensemble des métiers ; une valeur positive/négative indique une tension plus/moins forte.
Source : Ducatel V., Villedieu P., Chartier F. et Lainé F. (2026), Les tensions sur le marché du travail en 2024, Dares Résultats, nº 5 ; et OCDE, Regards sur l’éducation 2025 (base de données).
La précédente Étude économique souligne également la nécessité de renforcer l’apprentissage tout au long de la vie pour les enseignants en STIM, qui apparaissent moins formés que la moyenne de l’OCDE, ce qui limite l’usage pédagogique des technologies (OCDE, 2024[126]). Par ailleurs l’enseignement des disciplines STIM est cloisonnée en France, alors que les approches intégrées sont associées à un renforcement de l’engagement des élèves, de la créativité et des compétences de résolution de problèmes, et pourraient contribuer à accroître l’attractivité des filières scientifiques et technologiques (OCDE, 2018[127]).
La France se caractérise par une forte corrélation entre origine socio-économique et performances scolaires, générant des pertes de croissance importantes et une allocation sous-optimale du capital humain (Andrews, Égert et de la Maisonneuve, 2024[23]) (voir le Graphique 4.7, partie A). Un vivier potentiellement important d’innovateurs n’est pas exploité ; à niveau équivalent, un enfant du top 1 % des revenus a sept fois plus de chances de devenir innovateur qu’un enfant dont les parents sont sous la médiane de revenu (Feng, Jaravel et Richard, 2022[128]). La concentration d’élèves défavorisés, plus élevée que dans la moyenne de l’OCDE, renforcée par la ségrégation résidentielle et le développement du privé sous contrat, est associée à des performances scolaires inférieures (OCDE, 2019[129] ; Claes et Moulin, 2025[130]).
La précédente Étude économique a présenté une analyse approfondie du système éducatif français et formulé plusieurs recommandations visant à en améliorer les performances et réduire les inégalités (Tableau 4.1). Elle recommande en particulier de renforcer la mixité, de mieux cibler l’allocation des ressources, d’améliorer l’attractivité du métier d’enseignant par une revalorisation salariale et une meilleure reconnaissance des parcours professionnels, d’attirer les enseignants expérimentés dans les établissements prioritaires et de renforcer l’autonomie des établissements. Par ailleurs, le système éducatif français reste en retrait dans le recours aux nouvelles pratiques pédagogiques d’activation cognitive permettant le développement des compétences transversales essentielles à l’apprentissage tout au long de la vie, appelant à renforcer la formation des enseignants dans ces domaines (OCDE, 2024[43]).
Tableau 4.1. Recommandations passées de l’OCDE pour améliorer les systèmes d’innovation et d’éducation
Copier le lien de Tableau 4.1. Recommandations passées de l’OCDE pour améliorer les systèmes d’innovation et d’éducation|
Recommandations |
Mesures prises depuis la dernière Étude économique |
|---|---|
|
Continuer de mettre en place des écosystèmes d’innovation dynamiques et de constituer un réservoir de main-d’œuvre ayant de solides compétences scientifiques et technologiques pour attirer les activités de R-D des entreprises multinationales. |
Mise en place d’un dispositif JEIR qui renforce le soutien aux innovations de rupture et soutient l’orientation de l’épargne dans ces entreprises. |
|
Cibler les aides financières à l’apprentissage sur les jeunes peu qualifiés et ayant des difficultés à s’intégrer par eux-mêmes sur le marché du travail. |
La réforme de 2025, recentre les soutiens financiers sur les niveaux inférieurs au bac + 3 et les métiers prioritaires |
|
Continuer à renforcer l’autonomie et la responsabilité des établissements scolaires. |
Aucune mesure n’a été prise. |
|
Améliorer l’attractivité du métier d’enseignant et envisager de réévaluer la rémunération des enseignants du primaire et en milieu de carrière. |
Dès 2026, les lauréats du nouveau concours à bac + 3 poursuivront leur formation dans un master avec des stages, des temps de mise en responsabilité et une rémunération. |
|
Poursuivre le développement des mesures permettant de combiner le dispositif des réseaux d’éducation prioritaires avec une répartition plus progressive des ressources. |
Le plan « Collège en progrès » lancé en 2026 vise à mieux accompagner 800 collèges qui concentrent le plus de difficulté scolaire et repose sur un diagnostic et une feuille de route précisant les objectifs à trois ans. |
|
Améliorer la qualité des conseils d’orientation aux élèves du secondaire, via des conseillers professionnels et des efforts ciblés auprès des élèves défavorisés |
Mise en œuvre du “Plan avenir” en 2025 pour améliorer l’orientation et offrir des opportunités en accord avec les besoins économiques ; généralisation d’AvenirPro, qui offre un suivi individuel et d’AvenirPro+, qui permet d’accompagner les élèves volontaires sans solution après le lycée professionnel. |
|
Renforcer l’utilisation d’approches pédagogiques modernes (pratiques d’activation cognitive) et la formation à la gestion des classes et comportement des élèves. |
Promotion de projets innovants dans le cadre du Fonds d’innovation pédagogique. Une réforme de la formation initiale prévoit un module portant sur l’analyse des caractéristiques des situations et des contextes d’enseignement et d’apprentissage. |
Tableau 4.2. Principales conclusions et recommandations pour renforcer la compétitivité industrielle
Copier le lien de Tableau 4.2. Principales conclusions et recommandations pour renforcer la compétitivité industrielle|
Principales conclusions |
Recommandations (principales recommandations en gras) |
|---|---|
|
Renforcer l’efficacité des politiques de compétitivité-coût |
|
|
Les allégements de cotisations de sécurité sociale sur les salaires intermédiaires sont coûteux, alors que leurs effets positifs sur l’emploi et l’investissement sont modestes. Les impôts sur la production sont élevés et certains d’entre eux peuvent induire des effets de distorsion, comme la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) et la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S). |
Envisager de cibler davantage les allégements de cotisations sociales sur les bas salaires, et utiliser les économies réalisées pour renforcer la formation, afin de réduire les risques de trappes à bas salaires et pour réduire parallèlement les impôts sur la production. |
|
Le coût des intrants reste le principal moteur de l’augmentation des coûts de production. La concurrence est vive dans le secteur des télécommunications, mais elle reste limitée dans les services professionnels notamment du fait l’obligation de passer des examens locaux pour les professionnels étrangers, les honoraires minimums obligatoires et l’obligation d’adhésion à un organisme professionnel. |
Abaisser les obstacles à l’entrée et alléger les réglementations dans les services aux entreprises aux entreprises, notamment en réduisant les obstacles à l’exercice de la profession de juriste, de notaires, et de comptable. |
|
Les délais d’approbation pour les nouvelles usines restent plus longs que la moyenne européenne. |
Renforcer les capacités locales afin d’accélérer les procédures de permis pour les nouvelles usines. |
|
Renforcer le soutien à l’innovation industrielle |
|
|
Le crédit d’impôt recherche (CIR) est un pilier essentiel de l’innovation industrielle, mais son impact est limité par les effets d’aubaine qui lui sont associés et son coût budgétaire élevé. |
Envisager d’abaisser le seuil à partir duquel un taux réduit est appliqué pour les crédits d’impôt en faveur de la recherche-développement (R-D) et renforcer les dispositifs ciblés. |
|
La sélection des aides directes, par Bpifrance est conforme aux bonnes pratiques mais les critères de sortie restent peu clairs. Le soutien est largement orienté vers les subventions, tandis que les avances remboursables restent limitées |
Établir des critères de sortie clairs fondés sur des indicateurs de performance (avancées technologiques, performances à l’exportation). Réserver les subventions pour la recherche amont et développer les avances remboursables pour les projets plus proches du marché. |
|
La France est insuffisamment spécialisée dans les nouvelles technologies et l’impact du plan France 2030 est affaibli par la dispersion des ressources sur un trop grand nombre de priorités. |
Maintenir un nombre réduit de priorités clés et concentrer le soutien sur l’innovation radicale. |
|
La France dispose d’un continuum dense d’instrument de transfert technologique de la recherche publique à l’industrie (SATT, fonds de maturation, IRT, incubateurs), mais le système apparait fragmenté et les évaluations transversales font défaut. |
Passer d’évaluations dispositif par dispositif à une évaluation globale du système afin d’identifier les possibilités de rationalisation et de consolidation. |
|
Les PME françaises dépendent principalement du financement bancaire, peu adapté au financement des actifs immatériels, ce qui freine l’adoption des technologies numériques et de l’intelligence artificielle (IA) par les PME. |
Réduire le risque supporté par les prêteurs pour les prêts finançant des actifs immatériels en accélérant les procédures d’insolvabilité et en améliorant la revente des actifs immatériels |
|
L’initiative Tibi a contribué à mobiliser des capitaux institutionnels mais l’épargne des ménages et le financement institutionnel restent sous-utilisés pour le financement de l’innovation radicale. |
Renforcer les dispositifs existants de mobilisation de l’épargne institutionnelle et des ménages au service de l’innovation via un mécanisme de partage des risques et de plafonnement des gains afin de maîtriser les risques budgétaires. |
|
La croissance des start-ups spécialisées dans le numérique, l’IA et la deeptech pose de nouveaux défis pour la concurrence, dont les acquisitions prédatrices qui pourraient freiner l’innovation industrielle. |
Renforcer les moyens de l’autorité de la concurrence pour faciliter son contrôle, y compris ex-ante, des fusions avec des seuils abaissés. |
|
Renforcer la sécurité et la souveraineté |
|
|
La France apparaît vulnérable aux chocs extérieurs du fait d’une intégration forte dans les chaines de valeur mondiale, notamment pour les intrants stratégiques disposant de peu d’alternatives nationales ou européennes. |
Cibler la relocalisation sur les intrants critiques. Soutenir la diversification via des mesures facilitant la réorganisation des chaines d’approvisionnement (certification plus rapide des intrants, adoption accrue du numérique et réduction des barrières aux échanges de services). |
|
Les avantages dont jouit la France dans le domaine de l’IA pourraient être menacés par la concentration croissante dans certains pays et par quelques acteurs privés. |
Poursuivre l’investissement dans les supercalculateurs, élargir les conditions d’accès partagées pour les PME et renforcer la spécialisation sur la chaîne de valeur. |
|
Des politiques environnementales plus strictes expliquent 12 % de la hausse des importations de carbone. |
Établir des mécanismes compensatoires temporaires pour les secteurs non couverts, sous réserve d’efforts en faveur de la décarbonation. |
|
Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) comporte des risques pour les secteurs non couverts, rendant une décarbonation plus rapide indispensable pour préserver la compétitivité industrielle future. |
Accélérer l’électrification des procédés industriels, soutenue par la suppression progressive des subventions aux combustibles fossiles et l’émergence de technologies décarbonées compétitives, et un soutien accru aux investissements de décarbonation des procédés de production. |
|
Mieux valoriser le capital humain |
|
|
Les titulaires de doctorat sont sous-représentés dans les activités privées de R-D, alors qu’ils jouent un rôle clé dans la diffusion des résultats de la recherche publique. |
Améliorer l’insertion des titulaires de doctorats dans les entreprises privées de R-D, notamment grâce à un nouveau dispositif ciblé sur les doctorants. |
|
L’attractivité de la France auprès des travailleurs hautement qualifiés et des entrepreneurs étrangers est relativement faible. La France perd davantage de talents en IA qu’elle n’en attire. |
Accélérer la numérisation des visas, réduire le taux de refus des travailleurs qualifiés dans les domaines stratégiques et abaisser le montant de capital minimum demandé aux entrepreneurs. |
|
Les entreprises ont tendance à adopter une gestion verticale et cloisonnée à faible autonomie, ce qui nuit à l’innovation et à la productivité. |
Promouvoir des bonnes pratiques de gestion d’entreprise dans les PME via des réseaux d’apprentissage et en tenir compte dans le cadre des négociations professionnelles. |
|
Les salariés de PME participent beaucoup moins à des formations que ceux des grandes entreprises en raison des coûts élevés d’opportunité et des difficultés de financement. |
Augmenter les aides publiques à la formation dans les PME, en particulier concernant les outils numériques, et proposer un accompagnement sous la forme de dispositifs de mutualisation des remplacements. |
|
Les formations restent courtes et peu adaptées aux besoins des entreprises, tandis que l’accès des travailleurs peu qualifiés à la formation est limité. |
Recentrer la formation sur les besoins du marché du travail et améliorer l’accès à la formation des travailleurs peu qualifiés, pour les aider à s’adapter aux transformations numériques. |
|
Les tensions observées sur le marché du travail dans le secteur industriel résultent d’un manque de techniciens qualifiés et du fait que la proportion de jeunes inscrits en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM) est inférieure à la moyenne de l’OCDE. |
Poursuivre le développement de l’apprentissage dans les filières industrielles, généraliser les programmes d’éducation en alternance dans le secondaire et les BTS, et renforcer l’accompagnement des entreprises, tout en encourageant les jeunes à s’inscrire dans les filières STIM en employant des approches intégrées d’enseignement. |
|
Les mauvais résultats scolaires au primaire, aggravés par une forte ségrégation éducative, nuisent à l’acquisition des compétences et à la productivité industrielle. |
Renforcer le soutien à l’enseignement, lutter contre les inégalités sociales et territoriales, notamment par la poursuite de la politique d’éducation prioritaire et la promotion de la diversité dans les établissements privés sous contrat, l’amélioration de l’attractivité du métier d’enseignants, et le développement de nouvelles approches pédagogiques. |
Bibliographie
[102] Afcha, S., J. García-Quevedo et F. Mas-Verdú (2023), « Gaining or losing PhDs: What are the effects on firms’ linkages with universities? », Technological Forecasting and Social Change, vol. 186, p. 122211, https://doi.org/10.1016/j.techfore.2022.122211.
[48] Aghion, P., N. Chanut et X. Jaravel (2022), « Renforcer l’impact du Crédit d’impôt recherche », Conseil d’analyse économique Focus 90, https://cae-eco.fr/static/pdf/cae_Focus090.pdf.
[56] Alvarez, B. et al. (2025), « Enseignements des politiques industrielles passées », Trésor Eco Direction Générale du Trésor 358, https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/c94a3af3-2a9b-4167-8f95-0105a5bf44bf/files/1effaa8d-cc75-4882-9bd4-4095af960921.
[109] Andersson, L. (2025), « Measuring and assessing talent attractiveness in OECD countries, second edition: Methodology paper », Documents de travail de l’OCDE sur les affaires sociales, l’emploi et les migrations, n° 318, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/133b6085-en.
[40] André, C. et al. (2023), « Rising energy prices and productivity: short-run pain, long-term gain? », Documents de travail du Département des affaires économiques de l’OCDE, n° 1755, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/2ce493f0-en.
[79] André, C. et L. Demmou (2022), « Enhancing insolvency frameworks to support economic renewal », Documents de travail du Département des affaires économiques de l’OCDE, n° 1738, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/8ef45b50-en.
[16] Andrews, D., C. Criscuolo et P. Gal (2016), The Best versus the Rest: The Global Productivity Slowdown, Divergence across Firms and the Role of Public Policy, OECD Productivity working papers, https://doi.org/10.1787/63629cc9-en.
[117] Andrews, D., B. Egert et C. de la Maisonneuve (2025), « Adult Skills and Productivity: New Evidence from PIAAC 2023 », OECD Economics Department Working Papers, vol. 1834, https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2025/06/adult-skills-and-productivity_5e9a03df/12ac6e8c-en.pdf.
[23] Andrews, D., B. Égert et C. de la Maisonneuve (2024), « From decline to revival: Policies to unlock human capital and productivity », Documents de travail du Département des affaires économiques de l’OCDE 1827, https://doi.org/10.1787/8d0d232c-en.
[106] ANRT (2023), « Pour un grand plan national pour le doctorat », https://www.anrt.asso.fr/sites/default/files/2024-start/ANRT_pour_un_grand_plan_national_pour_le_doctorat_oct.2023.pdf.
[51] Appelt et al. (2023), « The Impact of R&D Tax Incentives: Results from the OECD microBeRD+ Project », OECD Science, Technology and Industry Policy Papers 159, https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2023/10/the-impact-of-r-d-tax-incentives_bc42ab04/1937ac6b-en.pdf.
[55] Appelt, S. et al. (2016), « R&D Tax Incentives: Evidence on design, incidence and impacts », OECD Science, Technology and Industry Policy Papers, n° 32, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/5jlr8fldqk7j-en.
[89] Arriola, C. et al. (2020), « Efficiency and risks in global value chains in the context of COVID-19 », Documents de travail du Département des affaires économiques de l’OCDE, n° 1637, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/3e4b7ecf-en.
[87] Arriola, C., P. Kowalski et F. van Tongeren (2024), « Shocks in a highly interlinked global economy », Documents de travail de l’OCDE sur la politique commerciale, n° 283, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/4a2f0127-en.
[83] Autorité de la Concurrence (2024), « Avis relatif au fonctionnement concurrentiel du secteur de l’intelligence artificielle générative », https://www.autoritedelaconcurrence.fr/fr/avis/relatif-au-fonctionnement-concurrentiel-du-secteur-de-lintelligence-artificielle-generative.
[49] Bach et al. (2021), « Les impacts du crédit impôt recherche sur la performance économique des entreprises », Rapport IPP 33, https://www.ipp.eu/wp-content/uploads/2021/06/impact-credit-impot-recherche-performance-entreprises-juin-2021.pdf.
[34] Barreto et al. (2025), « L’emploi à bas salaire en France : Une perspective transnationale », Documents de travail de l’OCDE sur les affaires sociales, l’emploi et les migrations 313, https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2025/01/low-wage-employment-in-france_ac641c84/8b481c6b-fr.pdf.
[13] Bellit, S. et V. Charlet (2023), « L’innovation de rupture, terrain de jeu exclusif des start-up? », Les Notes de La Fabrique, https://www.la-fabrique.fr/wp-content/uploads/2023/12/n48-innovation-de-rupture_terrain-de-jeu-exclusif-des-start-up_web.pdf.
[22] Ben Hassine, H. et R. Fotso (2025), « Quelle dynamique des PME et des ETI en France depuis 1994 ? », Document de Travail France stratégie, https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/2025-06/FS-2025-DT-01-ETI_1.pdf.
[112] Benhamou, S. et E. Lorenz (2020), « Les organisations du travail apprenantes : enjeux et défis pour la France », Document de travail France Stratégie, https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/organisations-travail-apprenantes-enjeux-defis-france.
[82] Berger, M. et al. (2025), « Acquisitions and their effect on start-up innovation : Stifling or scaling? », Documents de travail de l’OCDE sur la science, la technologie et l’industrie, n° 2025/10, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/b4efd3ab-en.
[108] Bernela et al. (2018), « Une évaluation des effets du Dispositif Jeunes Docteurs sur l’accès aux emplois de R&D », Rapport France Stratégie, https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/Rapport/rapport_giret_et_al_djd_cir_version_octobre_2018%20%281%29.pdf.
[10] Berthou, A. et G. Gaulier (2021), « Quel bilan de la compétitivité prix et coût dans les exportations de la France depuis le début des années 2000 ? », Bulletin de la Banque de France, vol. 235/6, https://www.banque-france.fr/system/files/2023-01/bdf235-6_competitivite-prix-cout.pdf.
[88] Berthou, A., A. Haramboure et L. Samek (2024), « Mapping and testing product-level vulnerabilities in granular production networks », Documents de travail de l’OCDE sur la science, la technologie et l’industrie, n° 2024/02, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9bcde495-en.
[111] Bloom, N., R. Sadun et J. Van Reenen (2016), « Management as a technology? », NBER Working Paper 22327, https://www.nber.org/system/files/working_papers/w22327/revisions/w22327.rev0.pdf.
[14] Bock, S. et al. (2025), « L’Europe sous contraintes: des coûts maitrisés, des gammes maitrisées », OFCE Policy Brief, vol. 148, https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/pbrief/2025/OFCEpbrief148.pdf.
[85] Bonneau, C. et M. Nakaa (2020), « Vulnérabilité des approvisionnements français et européens » 274.
[35] Bozio, A. et E. Wasmer (2024), « Les politiques d’exonérations de cotisations sociales : une inflexion nécessaire », France Stratégie, https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/mission-bozio-wasmer-politiques-dexonerations-de-cotisations-sociales-une-inflexion.
[73] BPI (2025), « Action de BPI France en faveur des micro-entreprises, PME et ETI françaises », https://www.bpifrance.fr/sites/default/files/2025-03/2024_Impact%20de%20Bpifrance%20en%202023.pdf.
[65] BPI (2025), « Capital risque: 10 ans d’action de BPI France », Le Lab BPI France, https://lelab.bpifrance.fr/Etudes/capital-risque-en-10-ans-bpifrance-a-fortement-contribue-a-l-essor-du-tissu-de-financement-des-start-ups-francaises.
[77] BPI (2020), « Evaluation de l’impact économique des prêts sans garanties de BPI France », https://www.bpifrance.fr/sites/default/files/2021-08/2020%2006%2023%20-%20Rapport%20%C3%A9valuation%20pr%C3%AAts%20sans%20garantie%20Bpifrance%20VF%20%281%29.pdf.
[19] Bunel, S. et al. (2025), « Réexamen de l’écart de performance de l’Europe vis-à-vis des États-Unis », Bloc-notes Éco 391, https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/reexamen-de-lecart-de-performance-de-leurope-vis-vis-des-etats-unis.
[121] Caisse des dépôts et consignation (2025), Mon compte formation Rapport annuel 2024, https://politiques-sociales.caissedesdepots.fr/sites/default/files/Rapport-Annuel-MCF_2024-SA.pdf.
[45] Calligaris, S. et al. (2025), « Concentration and business dynamics in product markets », Documents de travail de l’OCDE sur la science, la technologie et l’industrie, n° 2025/04, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/d714066e-en.
[93] Calvino, F. et L. Fontanelli (2024), Ai Users are Not All Alike: The Characteristics of French Firms Buying and Developing Ai, Elsevier BV, https://doi.org/10.2139/ssrn.5010540.
[32] Carbonnier, C. et al. (2017), « Evaluation interdisciplinaire des impacts du CICE en matière de compétitivité internationale, d’investissement, d’emploi, de résultat net des entreprises et de salaires », Science Po Rapport, https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2017%20SP/2017-10-04%20-%20Rapport%202017%20du%20comit%C3%A9%20de%20suivi%20du%20CICE/liepp_rapport_final_25_septembre_2017_0.pdf.
[61] CB Insight (2026), The Unicorn list, https://www.cbinsights.com/research-unicorn-companies.
[59] Cherif, R. et F. Hasanov (2025), « Industrial Policy, Asian Miracle Style », Journal of Economic Perspectives, vol. 39/4, pp. 101-125, https://doi.org/10.1257/jep.20251448.
[130] Claes et Moulin (2025), « Private vs. Public Schooling: The Role of School Composition », Document de travail INED, https://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/35889/dt304.claes_moulin_compressed.fr.pdf.
[60] Commission des Finances (2025), « Les dispositifs de valorisation de la recherche et leur financement », Rapport d’information de l’Assemblée Nationale, https://www.abg.asso.fr/js/kcfinder/upload/files/Rapport_AN_Financement_dispositifs_TT.pdf.
[24] Commission européenne (2023), « PME et pénurie de compétences - France », Flash Eurobaromètre 537, https://europa.eu/eurobarometer/api/deliverable/download/file?deliverableId=89525.
[113] Commission européenne (2020), « Job autonomy and pressure at work », Statistics, https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Job_autonomy_and_pressure_at_work_-_statistics.
[98] Costa, H. et al. (2024), « Making the grass greener: The role of firm’s financial and managerial capacity in paving the way for the green transition », Documents de travail du Département des affaires économiques de l’OCDE, n° 1791, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/cdffe7eb-en.
[57] Cour des comptes (2025), « Analyse de l’exécution budgétaire 2024: Mission Investir pour la France de 2030 », Rapport, https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-04/NEB-2024-Investir-pour-France-2030.pdf.
[99] Cour des comptes (2025), « Le modèle économique d’Électricité de France », https://www.ccomptes.fr/fr/publications/le-modele-economique-delectricite-de-france-edf.
[27] Cour des comptes (2025), « Maîtriser la dynamique des allégements généraux de cottisations sociales », https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-05/20250526-RALFSS-2025-Maitriser-dynamique-allegements-generaux-de-cotisations-sociales.pdf.
[12] Cour des comptes (2024), « Dix ans de politiques publiques en faveur de l’industrie », https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2024-11/20241128-10-ans-de-politiques-publiques-en-faveur-industrie.pdf.
[78] Cour des comptes (2023), « BPI France », Rapport portant sur une entreprise publique, https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2023-10/20230612-RPEP-S2023-0494-1-BPIfrance.pdf.
[122] Cour des comptes (2023), « La formation professionelle des salariés », https://ccomptes.fr/system/files/2023-06/20230630-Formation-professionnelle-salaries.pdf.
[3] Criscuolo, C. et al. (2022), « An industrial policy framework for OECD countries: Old debates, new perspectives », OECD Science, Technology and Industry Policy Papers, n° 127, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/0002217c-en.
[101] D’Arcangelo, F. et al. (2025), « The effect of climate policies on firm financing and investment through the banking channel », Journal of Environmental Management, vol. 387, p. 125866, https://doi.org/10.1016/j.jenvman.2025.125866.
[26] DARES (2025), « Dépenses en faveur de l’emploi et du marché du travail en 2023 », DARES RESULTATS 14, https://dares.travail-emploi.gouv.fr/sites/default/files/6d34ddfb9e82cff1e65ef32725857f88/Dares_R%C3%A9sultats_D%C3%A9penses%20en%20faveur%20de%20l%27emploi%20et%20du%20march%C3%A9%20du%20travail%20en%202023.pdf.
[119] DARES (2025), Rapport final du comité scientifique de l’évaluation du Plan d’investissement dans les compétences, https://dares.travail-emploi.gouv.fr/sites/default/files/a18512b3397c9b05c9001f8f4d7e5e43/Rapport%20final%20du%20comit%C3%A9%20scientifique%20de%20l%27%C3%A9valuation%20du%20PIC_FINAL.pdf.
[120] DARES (2023), « Quatrième rapport du comité scientifique de l’évaluation du Plan d’investissement dans les compétences », Ministère de travail, de l’emploi et de l’insertion, https://dares.travail-emploi.gouv.fr/sites/default/files/d632851009ae84c3cd386c33ff6d1a16/4eme%20rapport_CS_PIC.pdf.
[97] De Lyon, J. et A. Dechezleprêtre (2025), « The great dispersion in energy productivity between firms », Documents de travail de l’OCDE sur la science, la technologie et l’industrie, n° 2025/24, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/0fa543ce-en.
[96] Dechezleprêtre, A. et al. (2025), « Carbon Border Adjustments : The potential effects of the EU CBAM along the supply chain », OECD Science, Technology and Industry Working Papers, n° 2025/02, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/e8c3d060-en.
[8] Demmou, L. (2010), Le recul de l’emploi industriel en France entre 1980 et 2007 - Ampleur et principaux déterminants : un état des lieux, Economie et Statistiques, https://www.insee.fr/fr/statistiques/1377172?sommaire=1377175.
[63] Demmou, L. et G. Franco (2021), « Mind the financing gap: Enhancing the contribution of intangible assets to productivity », Documents de travail du Département des affaires économiques de l’OCDE, n° 1681, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/7aefd0d9-en.
[124] Demongeot, A. et F. Lombard (2024), « L’apprentissage au 31 décembre 2023 », Note d’information DEPP, https://www.education.gouv.fr/l-apprentissage-au-31-decembre-2023-414743.
[46] Dimas, P., D. Stamopoulos et A. Tsakanikas (2022), « Intangibles and Participation in Global Value Chains in the EU: Evidence from the GLOBALINTO Input-Output Intangibles Database », Economic and Business Review, vol. 24/3, pp. 152-160, https://doi.org/10.15458/2335-4216.1303.
[75] Durand, R. et R. Boulongne (2021), « Investissement dans l’Immatériel pour l’Industrie », Rapport BPI France à la Ministre Déléguée Chargée de l’Industrie, https://presse.bpifrance.fr/bpifrance-presente-la-premiere-etude-a-grande-echelle-sur-le-lien-entre-investissement-immateriel-et-performances-des-entreprises-francaises.
[7] Duranton, G. et D. Puga (2004), « Micro-Foundations of Urban Agglomeration Economies », Handbook of Regional and Urban Economics: Cities and Geography, vol. 4, https://www.sciencedirect.com/handbook/handbook-of-regional-and-urban-economics/vol/4/suppl/C.
[76] Erel, I. (dir. pub.) (2022), « Firm Listing Status, Firm Size, and the Financing of Investment », The Review of Corporate Finance Studies, vol. 13/3, pp. 818-857, https://doi.org/10.1093/rcfs/cfac038.
[80] EU R&D Scoreboard (2024), « 2024 EU industrial R&D investment scoreboard », Office des publications de l’Union européenne, https://data.europa.eu/doi/10.2760/0775231.
[128] Feng, J., X. Jaravel et E. Richard (2022), « Pour une stratégie nationale d’innovation pour tous », Note du conseil d’analyse économique, https://cae-eco.fr/static/pdf/cae_Focus089.pdf.
[81] Filippicci, F. et al. (2025), Macroeconomic productivity gains from Artificial Intelligence in G7 countries, OECD rtificial Intelligence Papers Series, https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2025/06/macroeconomic-productivity-gains-from-artificial-intelligence-in-g7-economies_dcf91c3e/a5319ab5-en.pdf.
[15] Filippucci, F. et al. (2025), « Macroeconomic productivity gains from Artificial Intelligence in G7 economies », OECD Artificial Intelligence Papers, n° 41, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/a5319ab5-en.
[41] Fontagné, L., P. Martin et G. Orefice (2024), « The many channels of firm’s adjustment to energy shocks: evidence from France », Economic Policy, vol. 39/117, pp. 5-43, https://doi.org/10.1093/epolic/eiae011.
[6] Fontagné, L., P. Mohnen et G. Wolff (2014), « Pas d’industrie, pas d’avenir ? », Les notes du conseil d’analyse économique 13, https://cae-eco.fr/Pas-d-industrie-pas-d-avenir.
[91] Fonteneau, F. et al. (2025), « Advancing the measurement of investments in artificial intelligence », OECD Artificial Intelligence Papers, n° 47, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/13e0da2f-en.
[71] France Angel (2024), « Bilan de l’activité 2023 des Business Angels », https://actubusinessangels.com/2024/03/26/bilan-de-lactivite-2023-des-business-angels/.
[67] Fratto, C. et al. (2024), « The scale-up gap », Banque européenne d’investissement, https://www.eib.org/attachments/lucalli/20240130_the_scale_up_gap_en.pdf.
[25] Gallois, L. (2012), « Pacte pour la compétitivité de l’industrie francaise », Rapport pour le Premier Ministre, https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/124000591.pdf.
[20] Gal, P. et al. (2026), Business investment in the face of the digital transformation: Initial evidence, OECD Economics Department Working Papers, https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2026/03/business-investment-in-the-face-of-the-digital-transformation_e10f8cdd/4f89aa3e-en.pdf.
[38] Goutebroze, H. et A. Lapierre (2025), Compétitivité industrielle et prélèvements obligatoires, Conseil des Prélèvements Obligatoires, https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-09/20250922-Tracer-cadre-fiscal-et-social-pluriannuel%20pour-industrie-francaise-rapport-particulier-4_0.pdf.
[94] Graveda, M. et Q. Galle (2025), Garantir la compétitivité d’une industrie décarbonée par une tarification efficace du carbone, DGE Thema, https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/Publications/2025/Th%C3%A9mas/thema-35-tarification-carbone.pdf.
[33] Groupe d’Experts SMIC (2025), Salaire minimum interprofessionnel de croissance, https://www.vie-publique.fr/rapport/301429-rapport-du-groupe-dexperts-smic-25-novembre-2025.
[30] Guillou, S. et al. (2016), « L’impact du CICE sur la marge intensive des exportateurs », Rapport d’évaluation pour France Stratégie, https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf-articles/actu/rapport-de-recherche-de-ofce.pdf.
[66] Hafied, F., C. Rachiq et G. Roulleau (2021), « Capital-risque et développement des start-ups », Trésor-Eco Direction Général du Trésor, https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/f830eb26-dce7-4b50-91b9-3df5607fce17/files/59b4e67d-3fb6-47fb-9e6c-c43a6c8a5a97.
[50] Harfi, M. et R. Lallement (2021), « Evaluation du crédit d’Impot recherche », Avis de la CNEPI France Stratégie, https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2021/0601%20CNEPI/fs-2021-rapport-cnepi-cir-juin.pdf.
[62] Haskel, J. et S. Westlake (2017), Capitalism without Capital, Princeton University Press, https://doi.org/10.2307/j.ctvc77hhj.
[5] Hausmann, R., J. Hwang et D. Rodrik (2006), « What you export matters », Journal of Economic Growth, vol. 12/1, pp. 1-25, https://doi.org/10.1007/s10887-006-9009-4.
[95] Hemmerlé, Y., T. Kruse et M. Pisu (2025), « How different climate policies affect carbon leakage through trade : Cross-country evidence for the manufacturing sector », OECD Economics Department Working Papers, n° 1851, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/5819ce91-en.
[115] IGF-IGAS-IGERS (2024), « Tensions sur les effectifs et compétences dans l’industrie et dispositifs de formation associés », Rapport au Gouvernement, https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2023-11/22-23-130a-30270.pdf.
[100] Jourde, T., T. Piquard et D. Salakhova (2024), « Les acteurs financiers français face au défi de la transition climatique », Banque de France Bloc-notes Eco, https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/les-acteurs-financiers-francais-face-au-defi-de-la-transition-climatique.
[9] Kalantzis, Y. et C. Thubin (2017), Les causes de la désindustrialisation en France, Bloc-notes Éco Banque de France, https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/les-causes-de-la-desindustrialisation-en-france.
[110] Lassébie, J. et G. Quintini (2022), « What skills and abilities can automation technologies replicate and what does it mean for workers? : New evidence », Documents de travail de l’OCDE sur les affaires sociales, l’emploi et les migrations, n° 282, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/646aad77-en.
[28] L’Horty, Y., P. Martin et T. Mayer (2019), « Baisses de charges : stop ou encore ? », Notes du conseil d’analyse économiques 19, https://shs.cairn.info/revue-notes-du-conseil-d-analyse-economique-2019-1-page-1?lang=fr#s2n7.
[53] Lhuillery, S. et al. (2021), « La R&D des groupes francais et le CIR », Rapport CNEPI pour France Stratégie, https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2021/0601%20CNEPI/2021_rapport_final_neoma_bs_cir_et_rd_des_groupes.pdf.
[107] Malgouyres, C. (2020), « Évaluation des effets du dispositif Cifre sur les entreprises et les doctorants participants », Rapport de l’IPP 28, https://www.ipp.eu/wp-content/uploads/2020/10/evaluation-effets-cifre-entreprises-doctorants-ipp-octobre-2020.pdf.
[29] Malgouyres, C. (2019), « Coût du travail et exportations : analyses sur données d’entreprises », Rapport Instituts des Politiques Publiques 20, https://www.ipp.eu/publication/janv-2019-cout-du-travail-et-exportations-analyses-sur-donnees-dentreprises/.
[31] Malgouyres, C. et T. Mayer (2018), « Exports and labor costs: evidence from a French policy », Review of World Economics, vol. 154/3, https://sciencespo.hal.science/hal-03391928/document.
[69] Midy, P. (2023), « Soutenir l’investissement dans les startups, PME innovantes et PME de croissance », https://mission-midy.fr/assets/rapport.pdf.
[2] Millot, V. et Ł. Rawdanowicz (2024), « The return of industrial policies: Policy considerations in the current context », OECD Economic Policy Papers, n° 34, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/051ce36d-en.
[72] OCDE (2026), Le financement des PME et des entrepreneurs 2026 (synthèse) : Tableau de bord de l’OCDE, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/4e1ae8fa-fr.
[64] OCDE (2025), « Benchmarking government support for venture capital: A comparative analysis », OECD SME and Entrepreneurship Papers, n° 71, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/81e53985-en.
[86] OCDE (2025), Examen de l’OCDE sur la résilience des chaînes d’approvisionnement : Naviguer face aux risques, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/efc0e1c0-fr.
[44] OCDE (2025), Licences et permis : Comment maîtriser les risques tout en soutenant la croissance, Principes de bonne pratique de l’OCDE en matière de politique réglementaire, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/2d1c29d2-fr.
[21] OCDE (2025), « OECD insights on productivity and business dynamics: France country note », https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2025/06/oecd-insights-on-productivity-and-business-dynamics-country-notes_2e4ed11c/france_33355104/b18cf1cf-en.pdf.
[90] OCDE (2025), OECD Services Trade Restrictiveness Index: Policy Trends up to 2025, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9953845b-en.
[123] OCDE (2025), Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2025 : Pouvons-nous surmonter la crise démographique ?, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/79445578-fr.
[42] OCDE (2025), Perspectives économiques de l’OCDE, Volume 2025 Numéro 2 : Une croissance résiliente, mais de plus en plus fragile, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/62298503-fr.
[103] OCDE (2025), Regards sur l’éducation 2025 : Indicateurs de l’OCDE, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/b26d545c-fr.
[118] OCDE (2025), Trends in Adult Learning : New Data from the 2023 Survey of Adult Skills, Getting Skills Right, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/ec0624a6-en.
[126] OCDE (2024), « Building Competencies for Digital and Green Innovation in Higher Education », OECD Education Spotlights, n° 12, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/d3869c1f-en.
[43] OCDE (2024), Études économiques de l’OCDE : France 2024, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/a28c2090-fr.
[52] OCDE (2024), How do governments direct support for innovation? : Lessons from recent OECD measurement and impact analysis (MABIS) work, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/c1d93d1c-en.
[17] OCDE (2024), Perspectives de l’économie numérique de l’OCDE 2024 (Volume 1) : Cap sur la frontière technologique, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/e34abd55-fr.
[1] OCDE (2023), « France: Quantifying Industrial Strategy », OCDE, QUIS Project, https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/topics/policy-sub-issues/quantifying-industrial-strategies/QuIS-France.pdf.
[58] OCDE (2023), OECD Reviews of Innovation Policy: Korea 2023, Examens de l’OCDE des politiques d’innovation, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/bdcf9685-en.
[125] OCDE (2022), « Engaging employers in quality apprenticeships – making it happen locally », https://www.oecd.org/en/publications/engaging-employers-in-quality-apprenticeships-making-it-happen-locally_6725cbbc-en.html.
[84] OCDE (2020), « Start-ups, Killer Acquisitions and Merger Control », http://www.oecd.org/daf/competition/start-ups-killer-acquisitions-and-merger-control-2020.pdf.
[129] OCDE (2019), « Le renforcement de la mixité sociale à l’école a-t-il un impact sur l’équité des résultats d’apprentissage? », https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2019/06/does-greater-social-diversity-in-schools-have-an-impact-on-equity-in-learning-outcomes_fa8e55b8/1ce0ae6a-fr.pdf.
[127] OCDE (2018), « A Brave New World: Technology & Education », Spotlight 15, https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2018/06/a-brave-new-world_91aeb9d2/9b181d3c-en.pdf.
[47] OECD (2026), Tax incentives for R&D and innovation - Tax credit for collaborative research, https://stip.oecd.org/innotax/incentives/FRA4.
[92] OECD (2026), The OECD.AI Index, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/32c01014-en.
[18] OMPI (2025), Données essentielles sur l’investissement incorporel dans le monde 2025, https://www.wipo.int/web-publications/world-intangible-investment-highlights-2025/fr/world-intangible-investment-highlights-2025.html.
[104] Pommier, S. et X. Lazarus (2024), « Recommandations pour la reconnaissance du doctorat dans les entreprises et la société », Rapport Ministere de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Espace, https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/vers-une-meilleure-valorisation-du-doctorat-dans-le-monde-de-l-entreprise-et-de-l-industrie-le-97855.
[11] Rexecode (2025), « Etude Rexecode-SKEMA de la compétitivité des exportations françaises auprès des importateurs étrangers », Document de Travail Rexecode 96, https://www.rexecode.fr/media/documents/document-de-travail/2025/etude-competitivite-skema-rexecode-document-de-travail-n.96-juin-2025.
[37] Rexecode (2025), « La compétitivité française en 2024 », Document de travail 94, https://www.rexecode.fr/media/documents/document-de-travail/2025/la-competitivite-francaise-en-2024-document-de-travail-fevrier-2025.
[105] Riedinger, N. et M. Zaiem (2013), « Y a-t-il un problème d’insertion des titulaires de doctorat dans les centres de R&D des entreprises », Économie & prévision, vol. n° 197-198/1, pp. 177-184, https://doi.org/10.3917/ecop.197.0177.
[116] Roy, U. et I. Chakraborty (2023), « Market concentration, agency cost and firm performance: a case study on Indian corporate firms », Economic Change and Restructuring, vol. 56/4, pp. 2645-2693, https://doi.org/10.1007/s10644-023-09529-1.
[68] Sénat (2024), « Financer l’entreprise de demain », Rapport d’information 70, https://www.senat.fr/rap/r24-070/r24-0701.pdf.
[54] Siedschlag, I. et al. (2013), « What determines the location choice of R&D activities by multinational firms? », Research Policy, vol. 42/8, pp. 1420-1430, https://doi.org/10.1016/j.respol.2013.06.003.
[4] Tirole, J. (2015), « Market Failures and Public Policy », American Economic Review, vol. 105/6, pp. 1665-1682, https://doi.org/10.1257/aer.15000024.
[39] Tournier, L. (2025), L’électrification de l’industrie : un enjeu de décarbonation et de compétitivité, DGE Thema, https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/Publications/2025/Th%C3%A9mas/thema-36-electrification.pdf.
[70] Tracxn (2025), « Angel network in Germany », https://tracxn.com/d/investor-lists/angel-networks-in-germany/__j3f3F_tOJu_ILQI-CzVdnZyQOFYIihXVKKBDn30JdIs.
[74] Tsakanikas, A. et al. (2022), « Intangibles, innovation, and sector specialization in global value chains: A case study on the EU’s and the UK’s manufacturing industries », Technological Forecasting and Social Change, vol. 177, p. 121488, https://doi.org/10.1016/j.techfore.2022.121488.
[36] Urvoy, C. (2019), « Impôts sur la production quel impact sur la compétitivité ? Analyse de trois taxes sur données d’entreprises », Conseil d’analyse économique Focus 35, https://cae-eco.fr/static/pdf/cae-focus035v2.pdf.
[114] Viganola, D. et M. Yaya Diallo (2025), « How Management Practices Differ in the EU-27 », Management Practices Enterprise Note 42, https://espanol.enterprisesurveys.org/content/dam/enterprisesurveys/documents/research-1/IDU1b17303ed12bae141a219c5215d5795945e21.pdf.