Les entreprises publiques ont une forte assise mondiale, même si leur taille, leur distribution sectorielle et leur importance varient d’une économie à l’autre. À partir de la Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ce chapitre présente un panorama des entreprises publiques dans le monde et présente les dynamiques récentes propres au secteur des entreprises publiques non financières. Il examine leurs performances, leurs structures de financement et leurs pratiques d’investissement, tout en les comparant avec les entreprises privées afin d’évaluer leur position relative sur le marché, leurs résultats financiers et leur contribution à l’activité économique.
Actionnariat et gouvernance des entreprises publiques 2026 (version abrégée)
1. Le paysage mondial des entreprises publiques
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Les entreprises publiques jouent un rôle essentiel dans de nombreuses économies, et leur empreinte mondiale s’est sensiblement accrue au cours de la dernière décennie. Entre 2013 et 2024, le nombre d’entreprises publiques ainsi que la valeur totale de leurs actifs ont pratiquement doublé en termes réels, ce qui montre l’ampleur et l’importance croissantes de ce secteur et souligne la nécessité de mieux comprendre l’évolution du rôle des entreprises publiques dans l’économie mondiale. Ce chapitre examine le paysage mondial des entreprises publiques, analyse les tendances relatives à leur taille et à la composition du secteur, les performances, la structure de financement et les investissements de ces entreprises, ainsi que leur importance économique dans différentes régions et dans la durée. En outre, ce chapitre compare les entreprises publiques aux entreprises privées à l’aune de plusieurs critères qui peuvent apporter un éclairage utile sur les liens plus généraux entre entreprises publiques et productivité, compétitivité et croissance. En s’appuyant sur la Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, l’analyse aboutit à plusieurs conclusions.
Les entreprises publiques représentent une composante importante et croissante de l’économie mondiale. La Base de données mondiale de l’OCDE sur les entreprises publiques couvre 33 834 entreprises publiques financières et non financières dans le monde, détenant des actifs combinés de 141 000 milliards USD, soit l’équivalent de 126 % du PIB mondial, et employant 43 millions de personnes au total en 2024. Entre 2013 et 2024, le nombre de grandes entreprises publiques non financières est passé de 9 584 à 26 068, tandis que leurs actifs ont presque doublé en valeur réelle.
Les marchés émergents représentent la majorité des entreprises publiques et une part encore plus importante de leur empreinte économique. En 2024, 62 % des entreprises publiques financières et 72 % des entreprises publiques non financières étaient domiciliées dans des marchés émergents, et elles représentaient plus de 80 % de l’emploi et des actifs de l’ensemble de entreprises publiques. C’est en République populaire de Chine (ci-après « Chine ») que le secteur des entreprises publiques est le plus développé, puisqu’il y représente 56 % des entreprises publiques non financières dans le monde, 61 % de leurs effectifs et 62 % de leurs actifs. Dans la plupart des régions, le secteur minier, les services d’utilité publique et l’industrie manufacturière génèrent la majeure partie du chiffre d’affaires des entreprises publiques.
La rentabilité des entreprises publiques s’est améliorée en Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes (ALC), mais elle a reculé en Chine. Les entreprises publiques en Afrique et dans la région ALC sont celles dont les performances se sont améliorées le plus, parallèlement à une baisse de la proportion d’entreprises déficitaires, bien que cette hausse-ci soit principalement imputable aux secteurs miniers. À l’inverse, la rentabilité s’est dégradée en Chine, où le nombre d’entreprises déficitaires a augmenté, tandis que le reste de l’Asie, hors Chine, affiche des tendances contrastées. Par rapport aux entreprises privées parmi six secteurs (construction, industrie manufacturière, secteur minier, commerce de gros, services et immobilier), les entreprises publiques restent globalement moins rentables, le rendement médian des capitaux propres s’établissant en moyenne à 4.7 % entre 2013 et 2024, contre 6.4 % pour les entreprises privées. Le secteur minier constitue une exception notable, puisque les entreprises publiques de ce secteur réalisent systématiquement de meilleures performances que les entreprises privées.
Les entreprises publiques sont de plus en plus endettées et recourent massivement à des passifs hors dette. L’endettement a augmenté dans toutes les régions à l’exception de la Chine, avec des hausses particulièrement marquées en Afrique et dans la région ALC, tandis que plus d’un tiers des entreprises publiques en Asie, hors Chine, et dans d’autres juridictions affichent des ratios de levier supérieurs à 75 % de leurs actifs. Les passifs hors dette demeurent la principale composante du bilan des entreprises publiques dans la plupart des régions, ce qui souligne des différences dans les structures de financement et dans l’accès aux marchés de dette formels. Par rapport aux entreprises privées parmi six secteurs (voir le paragraphe précédent), les entreprises publiques sont également plus endettées en moyenne, puisque leur ratio de levier médian avoisine 62 % du total des actifs, contre 58 % pour les entreprises privées. Elles recourent davantage aux passifs hors dette, tandis que l’Europe est la seule région où la dette financière représente ne part plus importante du passif des entreprises publiques que de celui des entreprises privées.
Les entreprises publiques chinoises arrivent en tête concernant l’intensité des activités de recherche-développement (R-D), bien que les entreprises publiques investissent généralement moins que les entreprises privées. Entre 2013 et 2023, les entreprises publiques chinoises affichaient le plus haut niveau d’intensité de R-D, tandis que l’industrie manufacturière demeurait le principal contributeur aux dépenses de R-D des entreprises publiques au niveau mondial. Toutefois, de nombreuses entreprises publiques maintiennent un niveau d’investissement inférieur à celui de l’amortissement de leurs actifs existants, ce qui risque d’éroder leur capacité de production. La Chine est globalement parvenue à préserver le niveau de son stock de capital, y compris pour les entreprises publiques qui investissent le moins, tandis que l’Europe a enregistré les niveaux d’investissement net les plus élevés. Comparativement aux entreprises privées parmi les six secteurs étudiés (voir le point correspondant plus haut), les entreprises publiques investissent généralement moins dans la R-D et dans les actifs immobilisés. La Chine constitue la principale exception, puisque l’intensité de R-D des entreprises publiques chinoises est deux fois plus élevée que celle des entreprises privées, tandis que les entreprises publiques surperforment également dans les secteurs de la construction et des industries minières. Dans la plupart des autres secteurs, les entreprises privées investissent davantage et accumulent davantage de capital, le déficit d’investissement le plus marqué étant observé en Europe.
1.1. Le paysage mondial des entreprises publiques
Copier le lien de 1.1. Le paysage mondial des entreprises publiquesLes entreprises publiques sont des acteurs importants de l’économie mondiale et sont fortement présentes dans de nombreux pays et secteurs. Elles opèrent dans des secteurs d’importance stratégique, notamment l’énergie, les transports, la finance, les télécommunications et les infrastructures, où leurs activités peuvent avoir de profondes répercussions sur le développement économique, la productivité et la fourniture de biens et de services essentiels. Compte tenu du rôle de premier plan qu’elles jouent sur de nombreux marchés, la gouvernance, les performances et les décisions d’investissement des entreprises publiques peuvent influer sur les finances publiques, la concurrence et l’économie dans son ensemble. Ce chapitre donne une vue d’ensemble de la taille, de la composition sectorielle et de la répartition géographique des entreprises publiques à l’échelle mondiale, afin d’évaluer leur rôle dans l’économie mondiale et de faciliter l’élaboration de politiques efficaces en matière d’actionnariat et de gouvernance.
D’après la Base de données mondiale de l’OCDE sur les entreprises publiques, on dénombrait en 2024 33 834 grandes entreprises publiques dans le monde, qui employaient environ 43 millions de personnes et détenaient près de 141 000 milliards USD d’actifs combinés.1 Les entreprises publiques non financières représentaient 77 % du nombre d’entreprises publiques, contre 23 % pour les entreprises publiques financières, mais leur importance relative varie considérablement en termes d’emploi et d’actifs. Les entreprises publiques non financières employaient en 2024 33.7 millions de personnes, contre 9.7 millions dans les entreprises publiques financières. À l’inverse, les entreprises publiques financières détiennent 102 000 milliards USD d’actifs, contre 38 900 milliards USD pour les entreprises publiques non financières. Aussi, les entreprises publiques financières représentent moins d’un tiers des effectifs des entreprises publiques non financières, alors qu’elles détiennent 2.6 fois plus d’actifs (Graphique 1.1) (Arikan, Medina et Ruiz Casas, 2026[1]).
La répartition géographique des entreprises publiques est inégale, puisqu’elles se concentrent en Chine. En 2024, la Chine comptait 17 588 entreprises publiques, soit plus que le total cumulé en Europe, en Asie hors Chine, en Amérique latine et dans les Caraïbes (ALC) et en Afrique. L’Europe arrivait en deuxième position, avec 9 290 entreprises publiques, suivie de l’Asie hors Chine (3 279), d’autres juridictions (2 795), de la région ALC (490) et de l’Afrique (392). Dans l’ensemble, les marchés émergents abritent environ 70 % des entreprises publiques dans le monde, et représentent une part encore plus importante de l’emploi (83 %) et des actifs (80 %) des entreprises publiques.
Graphique 1.1. Vue d’ensemble des entreprises publiques
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Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
En termes de concentration, les trois premiers pays d’Europe et de la région ALC concentrent des parts comparables de nombre d’entreprises publiques, d’emploi et d’actifs. En revanche, on observe une divergence plus marquée entre la concentration des entreprises publiques et leur poids économique dans d’autres régions (Graphique 1.2). En Afrique, les trois premiers pays, à savoir la Libye, le Maroc et l’Afrique du Sud, représentent 54 % des entreprises publiques et 70 % de l’emploi, mais seulement 42 % des actifs, ce qui indique que les entreprises publiques de ces pays ont une intensité de main-d’œuvre comparativement plus forte, tandis qu’une part relativement plus importante des actifs est détenue par d’autres pays de la région. On observe un schéma similaire dans la catégorie « Autres », où les trois premiers pays représentent 61 % des entreprises mais 79 % de l’emploi et 59 % des actifs. L’Europe est la région la moins concentrée en nombre d’entreprises publiques et en termes d’emploi. L’Allemagne, la France et l’Italie regroupent 43 % des entreprises publiques, 47 % de l’emploi et 48 % des actifs. Dans la région ALC, l’Argentine, le Brésil et la Colombie, les trois pays qui comptent le plus grand nombre d’entreprises publiques, totalisent 72 % de toutes les entreprises publiques de la région, 73 % de l’emploi régional et 69 % des actifs.
Graphique 1.2. Concentration du nombre d’entreprises publiques, de l’emploi et des actifs dans les trois premiers pays par région
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Note : Le ratio de concentration mesure la part du total régional détenue par les trois premiers pays en fonction du nombre d’entreprises publiques.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
1.2. Évolution des entreprises publiques non financières
Copier le lien de 1.2. Évolution des entreprises publiques non financièresCompte tenu de la spécificité des entreprises du secteur financier et de la comparabilité limitée de leurs bilans et autres indicateurs financiers avec ceux des sociétés non financières, cette section porte exclusivement sur les entreprises publiques non financières.
Les entreprises publiques non financières ont connu une forte croissance, à la fois en nombre et en actifs détenus (Graphique 1.3). À l’échelle mondiale, le nombre de grandes entreprises publiques non financières est passé de 9 584 en 2013 à 26 068 en 2024, tandis que leurs actifs ont quasiment doublé en termes réels. La croissance du nombre total d’entreprises publiques a été plus marquée que celle du nombre de grandes entreprises non financières à l’échelle mondiale. La part des entreprises publiques dans le nombre total de grandes entreprises non financières a plus que doublé au cours de la même période, tandis que leur part dans le total des actifs est restée globalement inchangée. Cette croissance a eu pour principal moteur la Chine : alors que sa part des actifs des entreprises publiques non financières était déjà la plus importante en 2013 (34 %), elle a augmenté de près de 30 points de pourcentage, pour atteindre 62 % en 2024. L’Europe, en revanche, a vu sa part des actifs totaux reculer de 32 % à 17 %. Les parts de l’Asie (hors Chine), de la région Amérique latine et Caraïbes (ALC), de l’Afrique et des autres régions sont restées relativement faibles. Ces changements sont susceptibles de refléter en partie l’élargissement de l’échantillon au fil du temps et les variations de couverture régionale, et pas uniquement les changements de composition du secteur des entreprises publiques (Arikan, Medina et Ruiz Casas, 2026[1]).
Graphique 1.3. Évolution du nombre d’entreprises publiques non financières et de leurs actifs
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Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
La répartition sectorielle des entreprises publiques a également évolué au fil du temps. Dans les différentes régions, le secteur minier, les services d’utilité publique et l’industrie manufacturière continuent de représenter une part importante du chiffre d’affaires des entreprises publiques, mais leur poids relatif a changé (Graphique 1.4).
En Afrique, la part du secteur minier dans le chiffre d’affaires des entreprises publiques a chuté de 83 % en 2013 à 41 % en 2024, compte tenu de l’absence de certaines grandes sociétés minières dans l’échantillon de 2024 et d’une contraction des chiffres d’affaires due aux perturbations ayant affecté la production de pétrole en Afrique du Nord (U.S. Energy Information Administration (EIA), 2024[2]). Dans le même temps, la part des services d’utilité publique s’est hissée de 8 % à 24 % et celle de l’industrie manufacturière de 5 % à 16 %.
En Asie (hors Chine), la composition sectorielle du chiffre d’affaires des entreprises publiques est demeurée relativement stable. La part des services d’utilité publique est passée de 31 % à 38 %, tandis que celle de l’industrie manufacturière a reculé de 37 % à 29 % et celle du secteur minier de 25 % à 18 %. La progression des services d’utilité publique est dans une large mesure imputable à l’inclusion de gestionnaires d’infrastructures existant de longue date qui n’étaient précédemment pas pris en compte, de groupes liés à l’État se développant à l’international, ainsi que d’entreprises intégrées dans les statistiques en raison de l’évolution de la structure de leur capital (PSA International, 2026[3] ; Kim, 2022[4]). Le commerce de gros a également contribué à l’augmentation de la part de la catégorie « Autres secteurs », qui est passée de 8 % à 15 %.
La Chine est un cas à part. L’industrie manufacturière y est demeurée le premier secteur en termes de proportion du chiffre d’affaires des entreprises publiques, même si celle-ci a reculé de 40 % à 34 %, tandis que la part de la construction a atteint 14 % en 2024. Ce dernier élément concorde avec le rôle prédominant joué par les entreprises publiques chinoises dans le domaine des infrastructures et de la construction, étayé par l’investissement public et les activités liées à l’initiative « la ceinture et la route » (Mordor Intelligence, 2025[5]). Les projets liés à cette initiative sont en effet souvent exécutés par des entreprises publiques chinoises (Patel, 2025[6]). Les industries minières sont sorties du trio de tête des secteurs en Chine et font désormais partie de la catégorie « Autres secteurs », ce qui, avec le commerce de gros, contribue à expliquer la progression de cette catégorie.
En Europe, la part prédominante du chiffre d’affaires des entreprises publiques représentée par les services d’utilité publique a encore augmenté, passant de 55 % à 65 %, tandis que celle de l’industrie manufacturière a progressé de 16 % à 21 %. Les industries minières, qui représentaient 21 % du chiffre d’affaires des entreprises publiques en 2013, sont sorties du trio de tête des secteurs, même si cela tient dans une large mesure à des changements de classification de grandes entreprises dans l’échantillon. Dans la région ALC, les industries minières sont restées le premier secteur en termes de proportion du chiffre d’affaires des entreprises publiques, bien que celle-ci ait reculé de 73 % à 55 %, tandis que la part des services d’utilité publique s’est hissée de 11 % à 23 %, et celle de l’industrie manufacturière de 9 % à 13 %.
Globalement, ces évolutions tiennent à la conjonction de changements concernant les activités des entreprises publiques, la composition de l’échantillon, la couverture de la base de données et l’actionnariat public, et ne doivent donc pas être interprétées uniquement comme des changements des performances économiques des différents secteurs.
Graphique 1.4. Principaux secteurs d’activité des entreprises publiques non financières en termes de chiffres d’affaires dans une sélection de régions
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Note : Ce graphique se rapporte aux entreprises publiques non financières. Les données relatives à la catégorie « Autres » doivent être interprétées avec prudence compte tenu de la couverture limitée des données sur le chiffre d’affaires.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
Au-delà de la mesure de l’importance économique du secteur des entreprises publiques, l’analyse de l’emploi dans ces entreprises permet d’éclairer leur empreinte économique et sociale, et notamment leur rôle en tant qu’employeurs et leur contribution aux marchés du travail nationaux. Les contributions des entreprises publiques à l’emploi varient nettement selon les pays (Graphique 1.5). Les effectifs des entreprises publiques non financières représentent plus de 16 % de l’emploi intérieur total dans le pays le mieux classé, contre environ 3 % à l’extrémité inférieure du groupe des 20 premiers pays. Singapour et le Qatar se distinguent par le fait que les entreprises publiques y représentent respectivement 16 % et 12 % des emplois. À Singapour, cela tient en partie au fait que la population active est relativement modeste et à la présence dans le portefeuille du fonds souverain Temasek de grandes entreprises liées à l’État dans les secteurs du transport aérien, de l’exploitation portuaire et des services d’utilité publique (U.S. Department of State, 2024[7]). Au Qatar, cette proportion élevée tient à un petit nombre de grandes entreprises publiques à forte intensité de main-d’œuvre, notamment Qatar Airways qui emploie des personnes dans le monde entier (Qatar Airways, 2026[8]). Les effectifs des entreprises publiques peuvent en effet inclure les salariés de filiales étrangères, tandis que l’emploi total utilisé comme dénominateur est mesuré sur le territoire national sur la base de l’emploi formel.
Les contributions des entreprises publiques à l’emploi sont plus uniformes dans le reste du groupe constitué par les 20 premiers pays du classement. Dans chacun des 5 pays suivants (qui sont le Luxembourg, la France, la Norvège, la Chine et les Émirats arabes unis), les entreprises publiques représentent 6 % à 7 % de l’emploi intérieur, puis cette proportion diminue pour s’établir aux alentours de 3 % dans les autres pays. La Chine, quant à elle, offre un tableau contrasté : alors que les entreprises publiques chinoises représentent 61 % des effectifs des entreprises publiques à l’échelle mondiale, leur part de l’emploi total en Chine n’est que de 6 %.
Graphique 1.5. Top 20 des pays par part de l’emploi dans les entreprises publiques non financières
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Note : Les chiffres figurant sur ce graphique doivent être interprétés avec prudence, dans la mesure où la part de l’emploi total représentée par les entreprises publiques dans chaque juridiction peut également intégrer des postes occupés à l’étranger, correspondant à leurs filiales étrangères ou à leurs activités directes.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails; Organisation internationale du travail (OIT) (2025[9]), https://ilostat.ilo.org/fr/data/bulk/ ; Banque mondiale (2025[10]), https://databank.worldbank.org/metadataglossary/world-development-indicators/series/SL.EMP.WORK.ZS.
Toutes régions confondues, les entreprises publiques non cotées sont nettement plus nombreuses que celles cotées en bourse, puisqu’on dénombre à l’échelle mondiale 23 844 entreprises publiques non financières non cotées et 2 224 qui le sont (Graphique 1.6). Les entreprises publiques cotées sont en règle générale de plus grande taille, sauf en Afrique, où le niveau médian de leurs actifs est similaire à celui des entreprises publiques non cotées. La proportion d’entreprises publiques cotées varie de 3 % en Europe à 31 % en Afrique, sachant qu’elle s’établit à 22 % dans la région ALC, à 23 % dans la catégorie « Autres », à 16 % en Asie (hors Chine) et à 8 % en Chine. C’est en Chine que le nombre d’entreprises publiques cotées est le plus élevé (1 133), de même que le niveau médian de leurs actifs (1.77 milliard USD). Les écarts de taille tendent à être plus marqués lorsque la cotation en bourse est moins répandue, la taille des entreprises publiques cotées étant près de huit fois supérieure à celle de leurs homologues non cotées en Europe, contre 1.2 fois en Afrique. Toutefois, il convient d’observer qu’en Afrique, la couverture est très concentrée parmi les grandes entreprises, ce qui explique à la fois la part plus élevée d’entreprises cotées et la différence de taille relativement faible entre les entreprises publiques cotées et non cotées.
Graphique 1.6. Nombre et taille des entreprises publiques non financières cotées et non cotées
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Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
Parmi les entreprises publiques non financières, celles qui sont cotées représentent une part majoritaire de l’emploi en Afrique, en Asie (hors Chine), en Chine et dans la région ALC. Les entreprises publiques cotées représentent 88 % des effectifs de l’ensemble des entreprises publiques en Afrique, 81 % en Asie (hors Chine) et 69 % dans la région ALC. L’Europe se trouve à l’autre extrémité du spectre, puisque 31 % des personnes employées par les entreprises publiques travaillent dans des sociétés cotées (Graphique 1.7).
En termes absolus, la Chine arrive de loin en tête du classement des effectifs des entreprises publiques, puisque 10.7 millions de personnes y sont employées par les entreprises publiques cotées et 10 millions par leurs homologues non cotées, soit davantage que le total cumulé des cinq autres régions. Vient ensuite l’Europe, où 2 millions de personnes travaillent pour les entreprises publiques cotées et 4.2 millions pour leurs homologues non cotées. Ces effectifs sont nettement moins nombreux en Afrique, en Asie (hors Chine) et dans la région ALC, puisqu’ils s’établissent dans une fourchette approximative de 60 000 à 2 millions.
Graphique 1.7. Effectifs des entreprises publiques non financières cotées et non cotées
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Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
1.3. Performances, structure de financement et investissements des entreprises publiques non financières
Copier le lien de 1.3. Performances, structure de financement et investissements des entreprises publiques non financièresCette rubrique analyse la rentabilité des entreprises publiques et leurs écarts de performances selon les régions du monde et les secteurs ; les modalités de leur financement ; et l’ampleur de leurs investissements. Collectivement, ces dimensions permettent de dresser un portrait plus complet du secteur des entreprises publiques, au-delà de sa taille.
1.3.1. Performances des entreprises publiques
Il peut être difficile d’évaluer les performances des entreprises publiques, lorsqu’elles sont tenues de poursuivre des objectifs de politique publique tels que la fourniture de services publics, la préservation de l’emploi ou la sécurisation d’approvisionnements stratégiques, qui peuvent ne pas toujours être compatibles avec les objectifs d’efficience ou de rentabilité. Les performances financières peuvent aussi être influencées par des différences dans la structure des marchés, les cadres réglementaires et l’exposition à la conjoncture économique.
L’implantation sectorielle des entreprises publiques n’étant pas la même dans les différentes régions du monde, leurs performances varient selon ces régions et au fil du temps. C’est en Afrique que les entreprises publiques enregistrent l’amélioration la plus prononcée de leurs performances. On y constate notamment une augmentation du taux médian de rendement des capitaux propres et une baisse de la proportion d’entreprises publiques déficitaires (partie A du Graphique 1.8). Cette tendance est renforcée par l’augmentation, entre 2013 et 2024, de la rotation des actifs, qui mesure les recettes générées par les entreprises publiques par rapport à leur niveau d’actifs (partie B). On constate une tendance similaire dans la région ALC, où le pourcentage d’entreprises publiques déficitaires a baissé, passant de 25 % en 2013 à environ 21 % en 2024, tandis que, sur la même période, le rendement médian des capitaux propres a doublé, passant de 5 % à environ 10 %. La tendance est également positive sur le plan de la rotation des actifs. Les bonnes performances des entreprises publiques de la région ALC et d’Afrique sont fortement tirées par les sociétés minières (Arikan, Medina et Ruiz Casas, 2026[1]). En parallèle, dans la région ALC, les autorités se sont employées, au moyen de réformes, à renforcer les dispositifs de gouvernance, de surveillance et d’actionnariat public afin d’améliorer les performances financières et économiques des entreprises publiques (OCDE, 2021[11] ; Inter-American Development Bank, 2015[12]).
En Chine, en revanche, les entreprises publiques affichent une dégradation de leurs performances et du ratio de rotation de leurs actifs. La proportion d’entreprises publiques déficitaires y est passée de 17 % en 2013 à 27 % en 2024 ; le taux médian de rendement des capitaux propres a baissé, passant de 6 % à 4 % ; et la rotation des actifs est passée de 67 % à 43 %. C’est cohérent avec d’autres éléments probants montrant, plus largement, une baisse de la rentabilité des entreprises en Chine et la persistance, pour les entreprises publiques, de sources de vulnérabilité financière liées, entre autres, à un chiffre d’affaires moins important par rapport à leurs actifs et à une intensification de la concurrence sur les marchés (International Monetary Fund, 2024[13]). Dans le reste de l’Asie, la situation est plus contrastée : la proportion d’entreprises publiques déficitaires a légèrement baissé, mais le rendement des capitaux propres et la rotation des actifs se sont dégradés. Les entreprises publiques d’Europe et de la catégorie « Autres » affichent des performances plus stables mais une rotation faible des actifs pour les deux années considérées, ce qui est cohérent avec leur forte intensité de capital. Les écarts de performances des entreprises publiques deviennent plus prononcés quand on compare les secteurs et les régions du monde [pour plus de précisions, voir (Arikan, Medina et Ruiz Casas, 2026[1])].
Graphique 1.8. Performances des entreprises publiques
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Note : Les performances sont mesurées par le rendement médian des capitaux propres (points sur l’axe de droite), qui correspond au résultat net divisé par le total des capitaux propres. Les rectangles (axe de gauche) représentent le pourcentage d’entreprises publiques déclarant un résultat net négatif.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
1.3.2. Structure de financement des entreprises publiques
La structure de financement des entreprises publiques correspond aux poids respectifs des passifs et des capitaux propres dans le financement de leurs actifs. Un ratio d’endettement plus élevé peut favoriser l’investissement, mais il accroît aussi la vulnérabilité financière, surtout quand les bénéfices ou les entrées de trésorerie fléchissent.
Globalement, le ratio d’endettement (rapport entre les passifs et les actifs) des entreprises publiques s’est légèrement accru, dans toutes les régions du monde, entre 2013 et 2024. Les ratios globaux d’endettement des entreprises publiques d’Afrique et d’Amérique latine ont augmenté de respectivement 16 et 18 points de pourcentage (Graphique 1.9). En Asie hors Chine, en Europe et dans la catégorie « Autres », les ratios globaux d’endettement ont connu une progression comprise entre 3 et 6 points de pourcentage. En Chine, en revanche, le ratio global d’endettement des entreprises publiques a baissé de 1 point de pourcentage au cours de la période analysée, ce qui signifie que les niveaux d’endettement sont restés globalement stables.
Graphique 1.9. Ratio d’endettement des entreprises publiques non financières
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Note : Ce graphique illustre le ratio global d’endettement, qui correspond au total des passifs divisé par le total des actifs.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
Si le ratio d’endettement a augmenté dans la plupart des régions du monde entre 2013 et 2024, c’est généralement sous l’effet de l’accroissement des passifs non financiers (tels que les dettes fournisseurs, les dettes fiscales et les produits constatés d’avance) plutôt que des emprunts financiers. Dans la région ALC, par exemple, l’augmentation du ratio d’endettement est presque entièrement due à celle des passifs non financiers, qui représentaient 33 % de l’actif en 2013 mais 47 % en 2024. En Afrique, la situation est différente, puisque l’augmentation du ratio d’endettement découle principalement de l’accroissement de la dette financière à long terme, qui représentait 2 % de l’actif en 2013 mais 14 % en 2024. L’Asie (hors Chine) se distingue en étant la seule région où la dette financière a acquis le plus grand poids au sein des passifs ; elle représentait 31.7 % de l’actif en 2024, même si cette proportion n’était que légèrement supérieure au poids des passifs hors dette (qui représentaient 30 % de l’actif).
Les ratios d’endettement varient aussi fortement d’une entreprise à l’autre. Dans la catégorie « Autres » et en Asie hors Chine, on constate une forte dispersion des ratios d’endettement des entreprises publiques. Dans 36 % des entreprises, les passifs représentent plus de 75 % de l’actif, alors que, dans 15 % des entreprises, le ratio d’endettement est faible. En Chine et dans la région ALC, les entreprises sont plus nombreuses à se trouver dans la tranche des ratios d’endettement compris entre 50 et 75 %, et c’est en Afrique que la proportion d’entreprises à fort ratio d’endettement est la plus faible (20 % des entreprises). En Europe, 62 % des entreprises ont un ratio d’endettement supérieur à 50 % (Graphique 1.10).
Graphique 1.10. Ventilation des entreprises selon leur ratio d’endettement
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Note : Le ratio d’endettement correspond au total des passifs divisé par le total des actifs.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
1.3.3. Investissement des entreprises publiques
L’investissement détermine l’aptitude des entreprises publiques à assurer des services essentiels, à gagner en productivité et à appuyer la réalisation d’objectifs plus généraux sur le plan de l’innovation. Les entreprises publiques investissent dans des actifs incorporels tels que la recherche-développement (R-D) pour développer de nouvelles technologies et accumuler des connaissances, et elles investissent aussi dans des actifs physiques à long terme tels que des équipements et des infrastructures.
Entre 2013 et 2024, le montant global des dépenses de R-D des entreprises publiques a augmenté de façon nette en Chine, et de façon moins marquée en Afrique, en Europe et dans la catégorie « Autres ». En 2024, ce sont les entreprises publiques chinoises qui enregistraient le niveau le plus élevé d’investissement dans la R-D, puisque celui-ci représentait 0.34 % de leur actif total ; venaient ensuite les entreprises publiques de la région ALC et d’Europe, pour lesquelles ces pourcentages s’établissaient à 0.23 % et 0.17 %, respectivement (partie A du Graphique 1.11). Ce sont les entreprises publiques d’Afrique qui affichaient l’investissement le plus bas dans la R-D, puisqu’elles y consacraient environ 0.03 % de leur actif. L’investissement des entreprises publiques dans la R-D a nettement baissé dans la région ALC ainsi que dans la région Asie hors Chine, alors que ces deux régions affichaient en 2013 les niveaux les plus élevés d’investissement dans la R-D.
L’augmentation rapide de l’investissement dans la R-D des entreprises publiques chinoises s’explique en partie par les efforts déployés par la SASAC (Commission d'administration et de supervision des actifs publics) pour favoriser cet investissement dans le cadre de son dispositif d’évaluation des performances des gestionnaires d’entreprises publiques. Depuis 2019, dans le cadre de sa grille d’évaluation, un nouveau système de mesure permet de traiter les dépenses de R-D comme des bénéfices (SASAC, 2019[14]). Parmi les autres actions menées, on peut citer le système « Un bénéfice et cinq ratios » (One Profit and Five Ratios), qui a instauré une approche plus globale de l’évaluation des performances des entreprises publiques et reconnu l’intérêt des dépenses de R-D en en faisant l’un des principaux indicateurs à évaluer (Ashare Insights, 2026[15]).
S’agissant de la composition sectorielle des dépenses de R-D, ce sont les entreprises publiques industrielles qui ont effectué la plus grande part des investissements dans la R-D réalisés entre 2013 et 2024 ; leur poids dans ces investissements a augmenté progressivement, passant de 48 % en 2013 à 53 % en 2024. Ce constat reflète l’importance de la R-D dans l’industrie, y compris dans des secteurs tels que l’automobile, l’aérospatiale, les semi-conducteurs, les produits pharmaceutiques et la chimie. C’est dans les entreprises publiques du secteur de la construction que l’investissement dans la R-D a le plus augmenté ; leur poids au sein des dépenses de R-D est passé de 13 % en 2013 à 29 % en 2024. Dans ce secteur, les dépenses de R-D peuvent porter sur le développement et la mise à l’essai de nouveaux matériaux et de nouvelles méthodes de construction, sur des technologies numériques et d’automatisation, sur des solutions économes en énergie et bas carbone, sur des innovations au niveau des structures et des infrastructures et sur des technologies visant à améliorer la sécurité, la résilience et l’économie circulaire.
Graphique 1.11. Investissement dans la R-D des entreprises publiques non financières
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Note : La partie A contient les dépenses de R-D par région. La partie B fait apparaître les dépenses totales de R-D des entreprises publiques non financières, par secteur.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
L’investissement est plus important dans les entreprises publiques d’Europe et de la catégorie « Autres », mais avec des variations au fil du temps. Globalement, les volumes d’investissement dans le capital fixe montrent que de nombreuses entreprises publiques investissent peu. Le niveau d’investissement des entreprises publiques situées dans la partie inférieure de la distribution des investissements (25e centile) est inférieur à l’amortissement des actifs existants, ce qui indique que les nouveaux actifs fixes acquis ne suffisent pas à remplacer intégralement le capital amorti et, par conséquent, que ces entreprises s’exposent à un risque de dégradation progressive de la qualité ou de la capacité de production de leurs actifs. Il convient de souligner qu’en raison de la faible qualité des informations relatives aux dépenses d’investissement – habituellement utilisées comme indicateur de l’investissement —, ce dernier est ici estimé à partir de la variation annuelle du rapport entre les immobilisations et la valeur totale de l’actif à la fin de la période (Graphique 1.12).
Graphique 1.12. Investissements des entreprises publiques non financières, selon les régions
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Note : On utilise comme variable indicatrice de l’investissement l’évolution en glissement annuel des immobilisations, exprimée en pourcentage de la valeur totale de l’actif en fin de période. Le graphique présente l’investissement net médian, la zone ombrée représentant les 25e et 75e centiles.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
1.4. Comparaison entre les entreprises publiques et les entreprises privées
Copier le lien de 1.4. Comparaison entre les entreprises publiques et les entreprises privéesSouvent, les entreprises publiques côtoient des entreprises privées sur les mêmes marchés. Toutefois, des différences au niveau de leurs objectifs, de leur gouvernance et de leurs structures de financement peuvent influer sur la façon dont ces deux catégories d’entreprises prennent leurs décisions. Du fait de la présence importante des entreprises publiques dans l’ensemble des pays et des secteurs, les différences entre ces entreprises et les entreprises privées sur les plans de leur fonctionnement et de leurs performances peuvent aussi avoir des répercussions plus larges sur la concurrence, le fonctionnement du marché et la répartition du capital au sein de l’économie.
Au-delà de leurs objectifs commerciaux, les entreprises publiques peuvent être tenues de poursuivre des objectifs non commerciaux tels que la fourniture de biens et services essentiels, l’implantation dans des secteurs intensifs en capital ou moins attractifs sur le plan commercial, la création ou le maintien de l’emploi et la correction des défaillances du marché. Ces missions plus larges peuvent s’accompagner d’avantages spécifiques tels que des garanties octroyées par l’État, un accès préférentiel aux financements ou d’autres formes de soutien public (OCDE, 2024[16]). Dans le même temps, leur actionnariat public peut exposer ces entreprises à des influences politiques ou fournir moins d’incitations à leurs dirigeants, ce qui peut peser sur leur efficience et leurs résultats financiers (OCDE, 2024[17]).
L’analyse ci-dessous s’appuie sur un échantillon d’entreprises incluses dans la Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ainsi que sur un échantillon correspondant d’entreprises privées intervenant dans des conditions de marché globalement comparables. Afin que des comparaisons pertinentes puissent être effectuées entre les entreprises publiques et les entreprises privées étudiées, l’analyse porte sur des entreprises non financières intervenant dans six secteurs non réglementés (construction, industrie manufacturière, secteur minier, commerce de gros, services et immobilier) pour lesquels une couverture internationale suffisante est disponible. Le même nettoyage des données et les mêmes critères de sélection ont été appliqués aux entreprises des deux groupes, y compris la réalisation d’ajustements pour tenir compte de l’inflation et des écarts de taux de change, l’exclusion des entités à but non lucratif et l’application d’un seuil minimal d’actif [conformément à (Arikan, Medina et Ruiz Casas, 2026[1])]. L’ensemble de données ainsi obtenu rassemble 17 441 entreprises publiques et 64 807 entreprises privées et porte sur la période 2013-2024. De manière générale, le groupe des entreprises publiques et celui des entreprises privées sont globalement comparables sur les plans de la taille des entreprises, de leur chiffre d’affaires et de leurs effectifs (Graphique 1.13).
Graphique 1.13. Vue d’ensemble des entreprises publiques et privées
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Note : Le graphique présente les valeurs médianes des actifs, du chiffre d’affaires et de l’emploi dans chaque secteur. La comparaison entre les entreprises publiques et les entreprises non publiques est effectuée pour six secteurs : construction, industrie manufacturière, industries extractives, commerce de gros, services et immobilier. Les pays comptant moins de 30 entreprises publiques ou moins de 50 entreprises non publiques ne sont pas pris en compte, en raison de la petite taille de l’échantillon.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
Les entreprises publiques sont plus ou moins présentes selon les secteurs et selon les régions du monde, ce qui peut influer sur la concentration du marché et la concurrence. Les données recueillies en Europe semblent indiquer que la présence plus forte d’entreprises publiques au sein d’un secteur est généralement associée à une productivité plus faible des entreprises privées. En revanche, quand des entreprises publiques sont présentes dans le secteur des services d’utilité publique tels que l’électricité, le gaz et le transport, les entreprises privées peuvent bénéficier d’externalités positives liées à l’existence de services plus abordables ou plus fiables (Merlevede et Muylle, 2026[18]). Une forte concentration d’entreprises publiques peut aussi créer des barrières à l’entrée pour les entreprises privées, surtout quand un accès préférentiel aux financements ou d’autres formes de soutien public avantagent les entreprises publiques (World Bank, 2023[19] ; OCDE, 2024[16]).
Graphique 1.14. Présence des entreprises publiques dans différents secteurs
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Note : L’Afrique et la région ALC ne sont pas prises en compte dans l’analyse en raison de l’insuffisance des données disponibles.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
En Chine, les entreprises publiques représentent une part importante du chiffre d’affaires total dans la plupart des secteurs. Dans les autres régions du monde, leur présence est particulièrement marquée dans le secteur des industries minières (Graphique 1.14). En 2023, dans le secteur minier, les entreprises publiques représentaient 81 % du chiffre d’affaires total en Chine, contre 52 % pour l’Asie hors Chine et 52 % dans la zone « Autres ». Ces chiffres reflètent l’importance stratégique du secteur des industries minières et le rôle de premier plan que jouent traditionnellement les États dans la détention et l’exploitation des ressources naturelles. L’Europe fait figure d’exception : les entreprises publiques n’y représentent que 20 % des ventes du secteur des industries minières, et il n’existe pas d’autre secteur où les entreprises publiques soient davantage présentes. Si l’on exclut le secteur minier, on constate une présence relativement limitée des entreprises publiques dans les pays d’Asie autres que la Chine et, dans la zone « Autres », une présence importante des entreprises publiques dans les secteurs de l’industrie manufacturière (37 %) et de la construction (33 %).
1.4.1. Performances des entreprises publiques et des entreprises privées
L’actionnariat public peut influer sur les performances des entreprises en raison de facteurs liés aux incitations données aux dirigeants, à la gouvernance d’entreprise et à l’existence d’objectifs de politique publique qui leur sont attribués. Les données relatives aux entreprises publiques européennes montrent que celles-ci tendent à avoir davantage d’employés que leurs homologues privées, tout en supportant des coûts plus élevés pour chaque employé (Merlevede et Muylle, 2026[18]). L’influence politique et une moindre discipline de marché peuvent elles aussi peser sur l’efficience et la rentabilité des entreprises publiques.
Les données de l’OCDE montrent que les entreprises publiques affichaient, entre 2013 et 2024, une rentabilité plus faible que les entreprises privées (Graphique 1.15). Au cours de cette période, le rendement médian des capitaux propres des entreprises publiques s’est établi, en moyenne, à environ 4.7 %, contre environ 6.4 % pour les entreprises privées, et l’écart entre ces deux valeurs a oscillé entre 1 et 3 points de pourcentage sur l’ensemble de la période. On constate une dynamique similaire pour les autres indicateurs de rentabilité. En 2024, la marge bénéficiaire nette médiane était de 2.7 % pour les entreprises publiques contre 4.5 % pour les entreprises privées, et le bénéfice net médian des entreprises privées (6.8 millions USD) était plus de deux fois supérieur à celui des entreprises publiques (2.8 millions USD).
Graphique 1.15. Indicateurs de performances des entreprises publiques et privées
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Note : La comparaison entre les entreprises publiques et privées est effectuée pour six secteurs : construction, industrie manufacturière, industries extractives, commerce de gros, services et immobilier. Les pays comptant moins de 30 entreprises publiques ou moins de 50 entreprises privées ne sont pas pris en compte, en raison de la petite taille de l’échantillon.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
Dans la plupart des secteurs, le rendement des capitaux propres est lui aussi moins élevé dans les entreprises publiques que dans les entreprises privées. Les écarts de rentabilité les plus importants se constatent dans les secteurs des services et de la construction, où le rendement médian des capitaux propres des entreprises privées dépasse en moyenne d’environ trois points de pourcentage celui des entreprises publiques (Graphique 1.16). Les entreprises, publiques comme privées, du secteur immobilier présentent la rentabilité la plus faible, avec un rendement médian des capitaux propres s’établissant, sur l’ensemble de la période, à environ 2.4 % pour les entreprises publiques et 3.8 % pour les entreprises privées.
Graphique 1.16. Performances des entreprises publiques et privées par secteur
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Note : La comparaison entre les entreprises publiques et privées est effectuée pour six secteurs : construction, industrie manufacturière, industries extractives, commerce de gros, services et immobilier. Les pays comptant moins de 30 entreprises publiques ou moins de 50 entreprises privées ne sont pas pris en compte, en raison de la petite taille de l’échantillon.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
À l’inverse, dans le secteur minier, les entreprises publiques ont systématiquement fait mieux que leurs homologues du secteur privé, et le rendement médian de leurs capitaux propres s’est établi à 10 % en 2024, contre 7 % pour les entreprises privées. C’est dû, pour partie, au caractère stratégique du secteur des industries extractives, où l’actionnariat public et la concentration des entreprises publiques restent importants (voir Graphique 1.14), ce qui permet aux entreprises publiques de travailler à plus grande échelle et de bénéficier d’un accès privilégié aux réserves et aux licences. Dans le secteur du commerce de gros, les entreprises publiques affichent également un rendement des capitaux propres supérieur à celui des entreprises privées, même si la tendance s’est inversée en 2024. Les entreprises publiques de ce secteur peuvent bénéficier de dispositifs préférentiels, y compris des droits d’exclusivité sur l’importation ou l’exportation de certains produits (WTO, 2026[20]). Ces avantages peuvent renforcer leur position sur le marché par rapport à celle de leurs concurrents privés et favoriser une plus grande rentabilité.
En général, les entreprises privées sont plus rentables que les entreprises publiques en Europe et dans les zones appartenant à la catégorie « Autres » (Graphique 1.17). En effet, les entreprises privées y enregistrent des rendements des capitaux propres supérieurs d’environ 4 et 3 points de pourcentage, respectivement, à ceux des entreprises publiques. En Asie, l’écart de performances est faible et, certaines années, les entreprises publiques font mieux que leurs homologues privées. L’écart de performances est plus marqué et plus fluctuant en Afrique et dans la région ALC, en raison du poids important des industries minières ainsi que d’une exposition accrue aux cycles macroéconomiques et politiques. Il convient également de souligner que, pour ces régions, la taille relativement restreinte de l’échantillon d’entreprises publiques et privées peut aussi contribuer à une plus grande volatilité des tendances observées.
Graphique 1.17. Écarts de performances entre les entreprises publiques et privées selon les régions
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Note : Le graphique illustre l’écart de rendement médian des capitaux propres. La comparaison entre les entreprises publiques et les entreprises non publiques est effectuée dans six secteurs : construction, industrie manufacturière, industries extractives, commerce de gros, services et immobilier. Les pays comptant moins de 30 entreprises publiques ne sont pas pris en compte, en raison de la petite taille de l’échantillon.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
1.4.2. Structures de financement des entreprises publiques et des entreprises non publiques
La structure de financement des entreprises publiques diffère souvent de celle des entreprises privées, traduisant des différences quant à leurs objectifs et à leur accès aux financements. En général, les entreprises publiques ont tendance à être plus endettées que les entreprises privées, en partie parce que les garanties implicites (et parfois explicites) accordées par l’État peuvent faciliter leur accès au financement par l’emprunt. Leur recours limité aux capitaux propres renforce encore cette tendance. Le taux d’endettement médian des entreprises publiques avoisine 62 % du total des actifs, contre 58 % pour les entreprises privées, les chiffres de 2024 s’établissant respectivement à 61 % et 52 % (partie A, Graphique 1.18).
Par rapport aux entreprises privées, les entreprises publiques tendent à recourir davantage aux « autres passifs » qu’à la dette financière (à court ou à long terme). Contrairement aux emprunts classiques sur les marchés, les autres passifs découlent des activités opérationnelles de l’entreprise et comprennent les paiements différés, les crédits commerciaux, les impôts dus ou les emprunts intra-groupe. Ces formes de financement peuvent offrir aux entreprises publiques une plus grande souplesse et un meilleur accès aux financements, mais le recours important aux autres peut également s’expliquer par un accès limité à des sources de financement de marché ou à une accumulation d’engagements envers d’autres parties.
C’est en Afrique que le recours des entreprises publiques aux autres passifs est le plus élevé, ceux-ci représentant 82 % de leur endettement total et la dette financière seulement 18 % ; à titre de comparaison, ces proportions sont respectivement de 45 % et 55 % pour les entreprises privées (partie B). L’Europe est la seule région où la proportion de la dette financière dans le total des passifs des entreprises publiques (49 %) est plus élevée que celle des entreprises privées (45 %). Cette situation tient en partie à la plus grande profondeur des marchés européens de la dette et à l’accès plus large des entreprises de services d’utilité publique au financement par l’emprunt.
Graphique 1.18. Endettement des entreprises publiques et privées
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Note : Le taux d’endettement correspond au total des passifs divisé par le total des actifs. La comparaison entre les entreprises publiques et privées est effectuée dans six secteurs : construction, industrie manufacturière, industries minières, commerce de gros, services et immobilier. Les pays comptant moins de 30 entreprises publiques ne sont pas pris en compte, en raison de la petite taille de l’échantillon. Les entreprises ayant des capitaux propres négatifs sont également exclues de l’analyse.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
La plupart des années, les entreprises publiques enregistrent un taux d’endettement plus élevé que celui des entreprises privées, sauf dans le groupe des autres juridictions. Entre 2013 et 2024, la Chine et l’Europe affichaient les niveaux médians d’endettement des entreprises publiques les plus élevés, ceux-ci s’établissant en moyenne à environ 64 % et 62 % du total des actifs (Graphique 1.19). Dans le groupe des autres juridictions, les entreprises publiques sont les moins endettées, avec un taux d’environ 53 % du total des actifs, tandis que les entreprises privées affichent, en moyenne, un niveau d’endettement supérieur de 9 points de pourcentage à celui des entreprises publiques.
Graphique 1.19. Endettement des entreprises publiques et des entreprises privées, par région
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Note : L’Afrique est exclue de l’analyse en raison de la petite taille de l’échantillon. Le taux d’endettement correspond au total des passifs divisé par le total des actifs. La comparaison entre les entreprises publiques et privées est effectuée dans six secteurs : construction, industrie manufacturière, industries extractives, commerce de gros, services et immobilier. Les pays comptant moins de 30 entreprises publiques ne sont pas pris en compte, en raison de la petite taille de l’échantillon. Les entreprises ayant des capitaux propres négatifs sont également exclues de l’analyse.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
1.4.3. Investissement des entreprises publiques et des entreprises privées
Les investissements des entreprises publiques peuvent différer de ceux des entreprises privées par leur volume, leur coût, leur horizon temporel et leurs objectifs sous-jacents, notamment lorsque ces investissements visent à servir des objectifs stratégiques ou de politique publique. Leur lien avec l’État peut également faciliter leur accès au financement des investissements : souvent, les entreprises publiques peuvent bénéficier d’aides publiques, de financements préférentiels ou d’un traitement réglementaire particulier (Bortolotti et al., 2019[21] ; OCDE, 2024[16]). En revanche, les entreprises privées sont davantage incitées à saisir des occasions d’investissement intéressantes sur le plan commercial et sont généralement plus sensibles au taux de rentabilité attendu et à l’évolution des conditions du marché, même si elles sont parfois plus limitées par des contraintes de financement.
D’après la Base de données mondiale de l’OCDE sur les entreprises publiques, les entreprises publiques investissent moins dans la R-D que les entreprises privées, et ce dans la plupart des régions sauf en Chine (Graphique 1.20). En 2023, ce sont les entreprises publiques d’Asie, hors Chine, qui accusaient le plus grand déficit d’investissement par rapport à leurs homologues privées. Les entreprises publiques européennes investissent également moins dans la R-D que les entreprises privées, même si elles affichent le niveau global d’investissement le plus élevé de toutes les régions (0.5 % du total des actifs en 2023). Dans le groupe des autres juridictions, les entreprises publiques et les entreprises privées affichent des niveaux d’investissement globalement comparables, ces dernières investissant légèrement plus. La Chine fait figure d’exception. En 2023, l’investissement total des entreprises publiques chinoises dans la R-D représentait 0.4 % de leurs actifs totaux, soit le double de la proportion observée pour les entreprises privées.
Graphique 1.20. Investissement des entreprises publiques et des entreprises privées dans la R-D, par région
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Note : Le graphique présente les dépenses totales de R-D rapportées aux actifs totaux dans chaque région. L’Afrique et la région ALC ne sont pas prises en compte en raison de l’insuffisance des données disponibles. La comparaison entre les entreprises publiques et les entreprises privées est effectuée dans six secteurs : construction, industrie manufacturière, industries extractives, commerce de gros, services et immobilier. Les pays comptant moins de 30 entreprises publiques ne sont pas pris en compte, en raison de la petite taille de l’échantillon.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
Le comportement d’investissement des entreprises publiques et des entreprises privées varie aussi considérablement d’un secteur à l’autre et dans le temps, traduisant des différences liées à leurs rôles respectifs au sein de l’économie et aux besoins d’investissement sectoriels. Dans le secteur de la construction, les entreprises publiques affichent des niveaux d’investissement en R-D nettement plus élevés en pourcentage du total des actifs que les entreprises non publiques, l’écart moyen étant de 0.5 point de pourcentage entre 2013 et 2024 (Graphique 1.21). Cet écart pourrait s’expliquer par la participation des entreprises publiques à des projets d’infrastructure de grande ampleur et aux activités technologiques et d’ingénierie qui y sont liées. De même, les entreprises publiques du secteur minier investissent systématiquement une proportion plus élevée de leurs actifs totaux dans la R-D que les entreprises privées, même si l’écart est nettement plus faible.
À l’inverse, les entreprises privées investissent une part plus importante de leurs actifs totaux dans la R-D dans tous les autres secteurs, les niveaux les plus élevés étant observés dans le secteur manufacturier. Entre 2013 et 2024, les entreprises privées du secteur manufacturier ont investi en moyenne 1.3 % de leurs actifs dans la R-D, contre 0.6 % pour les entreprises publiques. Cette situation s’explique principalement par les différences entre les types d’activités manufacturières exercées par les deux groupes : les entreprises privées sont plus concentrées dans les segments à forte intensité de R-D, tandis que les entreprises publiques sont surtout présentes dans des industries matures de transformation, dans lesquelles la modernisation technologique tient beaucoup aux dépenses d’investissement plutôt qu’à la R-D. Ainsi, le raffinage du pétrole représente 24 % des ventes totales des entreprises publiques dans le secteur manufacturier, contre seulement 5 % pour les entreprises privées. Le raffinage du pétrole est considéré comme un secteur ayant une intensité de R-D faible à moyenne (Galindo-Rueda et Verger, 2016[22]). À l’inverse, les entreprises publiques sont beaucoup moins présentes dans le secteur pharmaceutique, qui est un secteur à forte intensité de R-D, et leurs ventes dans ce dernier sont environ deux fois plus faibles que celles des entreprises privées.
Graphique 1.21. Investissement des entreprises publiques et privées dans la R-D, par secteur
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Note : Le graphique présente l’investissement total en R-D rapporté aux actifs totaux dans chaque secteur.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
On observe une tendance similaire dans le secteur des services, dans lequel les entreprises privées investissent davantage dans la R-D que les entreprises publiques, l’écart s’étant creusé surtout après 2021. C’est dans le secteur de l’immobilier et du commerce de gros que l’investissement en R-D est le plus faible, tant parmi les entreprises publiques que parmi les entreprises privées. Ces secteurs sont considérés comme étant à faible intensité de R-D, car les besoins des entreprises en matière de recherche et d’innovation sont généralement moins importants (Galindo-Rueda et Verger, 2016[22]).
Comme évoqué à la section 1.3, l’investissement dans les immobilisations correspond à la variation annuelle des immobilisations rapportée au total des actifs. Les entreprises publiques ont tendance à investir moins que les entreprises privées. En d’autres termes, les entreprises publiques investissent moins que les entreprises privées pour maintenir leur base d’actifs. C’est en Europe que l’écart entre les entreprises publiques et les entreprises privées est le plus marqué. Dans le quartile inférieur, où l’investissement net ne suffit pas à compenser les amortissements, l’investissement des entreprises publiques européennes est inférieur de 5.4 points de pourcentage à celui des entreprises privées (Graphique 1.22). Un écart comparable, quoique plus faible, est observé dans la région Asie hors Chine. Dans le quartile supérieur, les entreprises privées, toutes régions confondues, enregistrent un accroissement net de leur stock de capital, le niveau d’investissement net le plus élevé étant observé en Chine (1.6 % du total des actifs).
Graphique 1.22. Investissements des entreprises publiques et privées
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Note : La comparaison entre les entreprises publiques et privées est effectuée dans six secteurs : construction, industrie manufacturière, industries extractives, commerce de gros, services et immobilier. Les pays comptant moins de 30 entreprises publiques ne sont pas pris en compte, en raison de la petite taille de l’échantillon. P désigne le percentile.
Source : Base de données mondiale de l'OCDE sur les entreprises publiques, ORBIS, voir l’annexe pour plus de détails.
Références
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[7] U.S. Department of State (2024), Investment Climate Statement: Singapore, https://www.state.gov/report/custom/1e4f969e62/.
[2] U.S. Energy Information Administration (EIA) (2024), Country Analysis Brief: Libya, https://www.eia.gov/international/analysis/country/LBY.
[10] World Bank (2025), DataBank, https://databank.worldbank.org/metadataglossary/world-development-indicators/series/SL.EMP.WORK.ZS (consulté le 2 octobre 2025).
[19] World Bank (2023), The Business of the State, https://www.worldbank.org/en/publication/business-of-the-state.
[20] WTO (2026), State Trading Enterprises, https://www.wto.org/english/tratop_e/statra_e/statra_e.htm (consulté le 31 août 2026).
← 1. L’ensemble de données mondiales de l’OCDE sur les entreprises publiques recense les grandes entreprises publiques à partir des données ORBIS sur l’actionnariat et des classifications de l’OCDE en la matière, en rendant compte des entreprises d’importance économique significative détenues directement ou indirectement par l’État dans l’ensemble des secteurs commerciaux. L’Annexe A du rapport contient des définitions détaillées, les seuils d’actionnariat, la couverture sectorielle et la liste des grandes entreprises publiques au niveau des juridictions. Pour plus d’informations, voir également Arikan, G., A. Medina et A. Ruiz Casas (2026), « Building a global dataset on state-owned enterprises », Documents de travail de l’OCDE sur la gouvernance d’entreprise, n° 29.