Perspectives de l’administration numérique 2026 : Suisse
Table des matières
La présente note dresse une vue d’ensemble du paysage de l’administration numérique en Suisse à partir des résultats de l’édition 2025 de l’indice de l’administration numérique (DGI) et de l’indice OURdata de l’OCDE. Elle expose les principales évolutions de l’action publique observées dans le pays au cours de la période considérée. La note vise à éclairer le dialogue sur les politiques publiques et à aider la Suisse à promouvoir une approche de la transformation numérique dans le secteur public à l’échelle de l’ensemble de l’administration.
Édition 2025 de l’indice de l’administration numérique
Copier le lien de Édition 2025 de l’indice de l’administration numériqueD’après l’édition 2025 de l’indice de l’administration numérique de l’OCDE, la Suisse a obtenu un score global de 0.72, supérieur à la moyenne de l’OCDE (0.70) (Graphique 1).
La Suisse a enregistré des scores plus élevés que les moyennes de l’OCDE pour les dimensions Conception numérique (0.85 contre 0.75), Administration plateforme (0.78 contre 0.71), Fonctionnement axé sur l’usager (0.76 contre 0.71) et Secteur public fondé sur les données (0.75 contre 0.74). Ces résultats montrent que la Suisse réussit bien à intégrer les technologies numériques dans l’administration, à développer les plateformes partagées et à placer les besoins des usagers au cœur de la conception des services publics.
Si la dimension Ouverture par défaut dépasse la moyenne de l'OCDE en Suisse (0,65 contre 0,59), la Proactivité demeure un domaine comparativement plus faible (0,51 contre 0,67). La Suisse peut donc encore améliorer son anticipation des besoins des usagers grâce à des approches proactives de la conception et de la prestation des services publics.
Édition 2025 de l’indice OURdata (données publiques ouvertes, utiles et réutilisables)
Copier le lien de Édition 2025 de l’indice OURdata (données publiques ouvertes, utiles et réutilisables)D’après l’édition 2025 de l’indice OURdata de l’OCDE, la Suisse a obtenu un score de 0.58, supérieur à la moyenne de l’OCDE (0.53) (Graphique 2). Cela représente une augmentation de 0.10 par rapport à 2023.
Les scores obtenus par la Suisse en matière d’Accessibilité des données (0.69) et de Soutien des pouvoirs publics à la réutilisation des données (0.58) sont plus élevés que la moyenne de l’OCDE (0.67 et 0.40). Ces résultats témoignent des progrès notables accomplis par la Suisse pour garantir l’accessibilité des données et favoriser activement leur réutilisation au moyen de dispositifs spécifiques.
En revanche, la Suisse a obtenu un score inférieur à la moyenne de l’OCDE pour le pilier Disponibilité des données (0.46 contre 0.53), qui reste son principal point faible par rapport à la zone OCDE. Cela donne à penser que le pays pourrait accroître encore le volume et la portée des ensembles de données publiques mis à la disposition du public.
Principales évolutions de l’action publique en Suisse
Copier le lien de Principales évolutions de l’action publique en SuisseLa Suisse a élaboré un cadre complet de gouvernance de l’administration numérique. La Délégation du Conseil fédéral Transformation numérique et informatique assure la direction des questions stratégiques, avec le soutien du Conseil de la transformation numérique en tant qu’organe central de coordination entre les départements fédéraux. Le Comité consultatif « Suisse numérique » réunit des représentants des entreprises, des milieux universitaires, de la société civile et de la sphère politique aux côtés des conseillers fédéraux, afin de recueillir les points de vue de multiples parties prenantes sur la transformation numérique. La Stratégie Administration fédérale numérique fixe des objectifs regroupés en sept priorités, mis en œuvre dans le cadre de plans directeurs annuels.
Un ensemble complet de mesures a permis de renforcer les compétences de la main-d’œuvre fédérale en matière d’administration numérique. Le Centre de formation de l’administration fédérale (CFAF) propose des cours formels aux agents et cadres de l’administration fédérale, auxquels s’ajoutent des initiatives telles que la bourse ETH Policy Fellowship, qui promeut les échanges entre l’administration fédérale et le monde universitaire. L’association de deux communautés de pratique, l’une stratégique, l’autre technique, favorise le partage des connaissances au sein de l’écosystème de données suisse. Les méthodes agiles appliquées par l’Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication (OFIT) institutionnalisent le partage d’expériences.
Le cadre structuré d’évaluation des investissements numériques repose sur la méthode HERMES, dont l’application est obligatoire dans l’ensemble de l’administration fédérale suisse. La méthode HERMES prévoit des évaluations d’impact tout au long du cycle de vie des projets, dont une analyse des avantages lors de leur lancement, des examens par étapes pendant leur mise en œuvre, et une évaluation ex post à leur achèvement. Chaque projet doit faire l’objet d’une analyse coûts-avantages ex post conformément à la méthode HERMES et à la directive interne P051, et le secteur Transformation numérique et gouvernance de l'informatique (TNI) procède à des examens supplémentaires lorsqu’il s’agit de projets importants.
Bien que la Suisse affiche de bons résultats en matière d’éthique et de supervision de l’IA, certaines composantes plus générales de son cadre relatif l’IA pourraient être renforcées. Une stratégie nationale dédiée à l’IA dans le secteur public, des dispositifs visant à garantir la transparence des outils d’IA utilisés dans la prise de décision publique, et un processus de consultation publique sur les politiques en matière d’IA font encore défaut. Remédier à ces lacunes permettrait de définir une orientation stratégique plus claire et de renforcer la responsabilité liée à l’utilisation de l’IA par les pouvoirs publics.
Le cadre de services centrés sur l’humain de la Suisse présente en outre des perspectives de développement. On constate notamment l’absence des éléments suivants : une stratégie omnicanale, le principe de transmission unique des informations, des consultations sur l’impact du numérique, l’évaluation des coûts de transaction et des initiatives visant à associer un public plus large à la conception des services. Leur développement pourrait favoriser une prestation de services plus inclusive et plus cohérente à l’échelle de l’ensemble de l’administration.
À propos du rapport et des indices
Copier le lien de À propos du rapport et des indicesLes Perspectives de l’administration numérique de l’OCDE livrent une évaluation complète des politiques relatives à l’administration numérique mises en œuvre dans les pays Membres de l’OCDE et dans les pays candidats à l’adhésion. Le rapport s’appuie sur les résultats de l’édition 2025 de l’indice de l’administration numérique (DGI) et de l’indice OURdata (données publiques ouvertes, utiles et réutilisables) de l’OCDE pour évaluer les progrès accomplis et recenser les lacunes persistantes en matière de transformation numérique dans le secteur public.
L’indice DGI permet d’évaluer les fondements de la transformation numérique au regard de six dimensions, à savoir : la conception numérique, le secteur public fondé sur les données, l’administration plateforme, l’ouverture par défaut, le fonctionnement axé sur l’usager et la proactivité. Plutôt que de mesurer la transformation numérique de certains services, il s’intéresse aux stratégies, aux leviers d’action, aux pratiques de mise en œuvre et aux mécanismes de suivi qui concourent à une transformation numérique cohérente à l’échelle de l’ensemble de l’administration. La Suisse n’a pas participé à l’édition 2023 de l’indice DGI.
L’indice OURdata permet quant à lui d’évaluer la robustesse des politiques d’ouverture des données publiques à l’aune de trois piliers : la disponibilité des données, l’accessibilité des données et le soutien des pouvoirs publics à la réutilisation des données. Il aide les responsables de l’action publique à assurer un suivi de la conception et de la mise en œuvre des politiques nationales en matière d’ouverture des données publiques.
Ces deux indices ont été élaborés avec les pays Membres de l’OCDE dans le cadre du Groupe de travail des hauts responsables de l’administration numérique (E-Leaders) et approuvés par le Comité de la gouvernance publique de l’OCDE.
Notes relatives aux graphiques
Copier le lien de Notes relatives aux graphiquesGraphique 1 : La moyenne de l’OCDE calculée à partir de l’édition 2025 de l’indice DGI ne comprend pas l’Allemagne et les États-Unis. Les données couvrent la période comprise entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2024. Le score global correspond à la moyenne non pondérée des scores obtenus dans chacune des six dimensions.
Graphique 2 : La moyenne de l’OCDE calculée à partir des éditions 2025 et 2023 de l’indice OURdata ne comprend pas le Danemark, les États-Unis et la Hongrie. Les données de l’édition 2025 couvrent la période comprise entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2024. Les données de l’édition 2023 couvrent la période comprise entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2021. Le score global correspond à la moyenne non pondérée des scores obtenus pour chacun des trois piliers.
Cet ouvrage est publié sous la responsabilité du Secrétaire général de l'OCDE. Les opinions exprimées et les arguments utilisés ici ne reflètent pas nécessairement les opinions officielles des pays membres de l'OCDE.
Ce document, ainsi que toutes les données et cartes qu'il contient, ne préjugent en rien du statut ou de la souveraineté sur un territoire, de la délimitation des frontières internationales et du nom d'un territoire, d'une ville ou d'une région.
Les données statistiques relatives à Israël sont fournies et sont sous la responsabilité des autorités israéliennes compétentes. L'utilisation de ces données par l'OCDE ne préjuge en rien du statut du plateau du Golan, de Jérusalem-Est et des colonies israéliennes en Cisjordanie au regard du droit international.
L’ouvrage complet est disponible en français : OCDE (2026), Perspectives de l’administration numérique 2026: Des fondations à un impact transformateur, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/a2f7a6b4-fr.
© OCDE 2026
Attribution 4.0 International (CC BY 4.0)
Ce travail est mis à disposition sous la licence Creative Commons Attribution 4.0 International. En utilisant cette œuvre, vous acceptez d'être lié par les termes de cette licence (https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/).
Attribution – vous devez citer l'œuvre.
Traductions – vous devez citer l'œuvre originale, identifier les modifications apportées à l'œuvre originale et ajouter le texte suivant : En cas de divergence entre l'œuvre originale et la traduction, seul le texte de l'œuvre originale doit être considéré comme valable.
Adaptations – vous devez citer l'œuvre originale et ajouter le texte suivant : Il s'agit d'une adaptation d'un travail original de l'OCDE. Les opinions exprimées et les arguments utilisés dans cette adaptation ne doivent pas être rapportés comme représentant les opinions officielles de l'OCDE ou de ses pays membres.
Matériel de tiers – la licence ne s'applique pas au matériel de tiers contenu dans l'œuvre. En cas d'utilisation de ce matériel, vous êtes responsable de l'obtention de l'autorisation du tiers et de toute réclamation pour violation.
Vous ne devez pas utiliser le logo, l'identité visuelle ou l'image de couverture de l'OCDE sans autorisation expresse ni suggérer que l'OCDE approuve votre utilisation de l'œuvre.
Tout litige découlant de la présente licence sera réglé par arbitrage conformément au règlement d'arbitrage de la Cour permanente d'arbitrage (CPA) de 2012. Le siège de l'arbitrage se trouve à Paris (France). Le nombre d'arbitres est un.
Autres profils
- A - C
- D - I
- J - M