Ce chapitre explique comment l'évaluation des risques liés au climat utilise la science et la réglementation pour fournir des informations pratiques aux décideurs immobiliers. Il détaille l'évaluation des risques climatiques physiques des actifs immobiliers à l'aide de données historiques et prospectives sur les aléas et d'outils numériques afin de produire des informations utiles au marché. Il examine le rôle des gouvernements pour la fourniture de données fiables et des acteurs privés qui développent des outils analytiques. Ce chapitre examine ensuite comment les risques de transition liés aux nouvelles normes et réglementations en matière de construction sont évalués, montrant comment les règles de d’information et les trajectoires fondées sur la science clarifient les coûts de mise en conformité et les pertes potentielles liées aux actifs échoués. Enfin, il décrit l'intégration croissante de l'analyse des risques physiques et de transition, aidée par les cadres internationaux, la numérisation et la planification de scénarios pour tester la résilience dans différents scénarios futurs.
2. Évaluation des risques liés au climat : normes, données et outils
Copier le lien de 2. Évaluation des risques liés au climat : normes, données et outilsDescription
Encadré 2.1. Points clés
Copier le lien de Encadré 2.1. Points clésL'évaluation des risques climatiques physiques repose sur des données granulaires et spécifiques à chaque lieu concernant les dangers, l'exposition et la vulnérabilité. Elle s'appuie de préférence sur des informations transparentes et vérifiables au niveau des actifs, telles que l'historique des dommages matériels et la publication de cartes des risques, complétées par des ensembles de données nationales, des initiatives de données ouvertes et des outils pratiques qui rendent les risques liés aux catastrophes naturelles plus exploitables pour les marchés immobiliers et les assureurs.
Les risques de transition, en revanche, découlent des changements réglementaires, technologiques et commerciaux. Ils sont mieux évalués à l'aide de trajectoires de décarbonisation fondées sur la science, telles que le Carbon Risk Real Estate Monitoring (CRREM), qui alignent les trajectoires au niveau du secteur ou des actifs sur les preuves scientifiques visant à limiter le réchauffement climatique. Les cadres de gouvernance locaux, tels que les règles de zonage, les codes de construction, les autorisations d'urbanisme et les pratiques d'application, sont également essentiels, car ils déterminent quand et comment les actifs peuvent devenir échoués ou des marchés perturbés.
Certaines initiatives du secteur privé répondent à la demande du marché en matière d'outils et de méthodologies d'évaluation des risques, souvent soutenues par des ensembles de données nationales, tandis que les organisations internationales contribuent à harmoniser les pratiques fragmentées. La numérisation peut permettre de surveiller en temps réel les performances des bâtiments et leur exposition aux risques, et l'analyse de scénarios fournit un langage commun pour tester à la fois les risques physiques et les trajectoires de transition dans les différents cadres alternatifs futurs.
Implications pour l'action
Renforcer la réglementation en matière d’informations sur les risques liés au climat, rendre obligatoire l'utilisation de cartes des risques et d'historiques des dommages, et veiller à ce que les ensembles de données climatiques soient interopérables, prospectifs et accessibles au public.
Intégrer les voies de transition vers la neutralité carbone dans les cadres réglementaires et investir dans les infrastructures numériques telles que les plateformes obligatoires de reporting énergétique et les jumeaux numériques en libre accès (modèles virtuels de bâtiments qui utilisent des données en temps réel pour tester différents scénarios).
Intégrer les risques physiques et de transition dans les stratégies d'investissement des ménages, des entreprises et des banques, utiliser des données transparentes et des analyses de scénarios, et éviter de trop s'appuyer sur des modèles propriétaires opaques en favorisant la transparence et l'audit dans la mesure du possible.
Voies d’approfondissement et prochaines étapes
On ne dispose pas d'une image claire de la part des actifs immobiliers mondiaux qui font actuellement l'objet d'une évaluation des risques liés au climat. Les travaux futurs devraient mesurer et rendre compte du volume des portefeuilles « évalués au regard des risques liés au climat » par rapport à l'ensemble des actifs, avec des résultats désagrégés par pays, segment de marché et type d'actif.
On comprend encore mal comment concilier dans la pratique les risques physiques et les risques de transition climatiques. Les analyses futures devraient explorer des méthodologies pratiques permettant de saisir les effets combinés et cumulatifs de ces risques et d'évaluer leurs implications pour la performance et la valeur des actifs.
Introduction
Copier le lien de IntroductionL'identification des risques liés au climat est une étape cruciale pour protéger les actifs immobiliers et maintenir la stabilité des investissements. Avec la fréquence croissante des phénomènes météorologiques extrêmes, des inondations et incendies de grande ampleur à l'élévation du niveau des mers et aux vagues de chaleur prolongées, les investisseurs, les promoteurs et les financiers sont désormais tenus d'évaluer rigoureusement l'impact du changement climatique sur les actifs physiques, tant en termes de dommages directs que de performance financière. Les effets de la chaleur sur les coûts énergétiques ou l'impact des conditions météorologiques extrêmes et des tarifs d'assurance sont des exemples de risques liés à l'immobilier qui sont complexes à identifier et à gérer. Dans le même temps, la transition vers une économie à faible émission de carbone entraîne des changements réglementaires, technologiques et commerciaux qui peuvent rendre certains biens immobiliers inutilisables ou inabordables pour les assurances (Banks, 2008[1]).
Une évaluation des risques liés au changement climatique (CCRA, Climate Change Risk Assessment) aide les parties prenantes à comprendre et à gérer les risques et les opportunités liés au climat. Ce processus structuré couvre généralement la gouvernance, la stratégie et la gestion des risques, ainsi que les indicateurs et les objectifs. Outre l'évaluation des risques physiques à l'aide d'outils et de données climatiques, une CCRA couvre également les risques de transition grâce à une analyse des politiques spécifiques au site et des cadres juridiques applicables aux bâtiments, ainsi qu'à une analyse des cadres, des obligations légales et des obligations de reporting (informations obligatoires). Une évaluation approfondie permettra également de tirer parti des opportunités de développement commercial, des avantages en termes de réputation, de marché et de compétitivité, ainsi que des économies potentielles. Ce processus facilite la prise de décision et la stratégie organisationnelle au niveau des actifs et à l'échelle des portefeuilles (Smithers, Gardner and Dworak, 2023[2]). Pour les ménages et les communautés, ce processus peut mettre en évidence les vulnérabilités en matière de logement, de consommation d'énergie et de disponibilité ou d'accessibilité financière des assurances, tout en identifiant les options d'adaptation telles que la rénovation, la diversification des sources d'énergie ou la planification de la résilience communautaire. Il permet aux particuliers et aux acteurs locaux de prendre des décisions éclairées qui protègent la santé, la sécurité et les finances des ménages face aux risques climatiques.
L'évaluation des risques liés au climat est passée d'un exercice académique de niche à une fonction commerciale et d'investissement essentielle pour les entreprises, les institutions financières, les gouvernements et les ménages. Le paysage actuel de l'évaluation des risques liés au climat se caractérise par une innovation rapide, une diversité méthodologique et un écosystème d'outils de plus en plus sophistiqué, souvent appliqué de manière inégale et manquant de transparence (Condon, 2023[3]). Une liste croissante de cadres et de normes régionaux et internationaux guide ce processus pour le secteur privé.
Ce chapitre établit un lien entre les cadres de divulgation et les données climatiques d'une part, et la prise de décision dans le domaine immobilier d'autre part. Il décrit les méthodes d'évaluation des risques physiques, notamment l'identification des dangers, l'estimation des pertes et l'information nécessaire à la prise de décisions en matière d'adaptation. Il donne également un aperçu des approches utilisées pour évaluer les risques de transition, de la cartographie réglementaire à travers le prisme du marché et des capacités jusqu'à l'impact sur les flux de trésorerie et l'évaluation. Il examine ensuite les scénarios, les calendriers de mise en conformité et les leviers financiers permettant de soutenir la conformité, ainsi que l'infrastructure de données nécessaire à l'analyse. Ce chapitre répertorie également les instruments et les méthodes d'évaluation des risques climatiques, notamment la manière dont la numérisation accélère le processus, tout en tirant des conclusions pour la pratique et les politiques.
Normes et cadres régissant l'évaluation des risques climatiques
Copier le lien de Normes et cadres régissant l'évaluation des risques climatiquesLes accords internationaux contribuent à fixer les objectifs et la méthodologie des signataires en matière d'action climatique et à orienter les normes et les cadres d'évaluation des risques liés au climat pour les entreprises et les institutions financières. L'accord de Paris a fixé les objectifs en matière de température et les engagements nationaux des pays signataires. D'autres initiatives, telles que les objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies et le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), fournissent un contexte plus large en matière de durabilité aux pays participants ainsi qu'au secteur privé et aux autres parties prenantes, en particulier grâce à l'objectif 13 des ODD sur l'action climatique. Le Protocole sur les gaz à effet de serre fournit un cadre technique, créant une méthodologie de mesure qui permet une comptabilisation cohérente des émissions dans toutes les initiatives ultérieures pour les pays signataires. Ces accords (Tableau 2.1) contribuent à créer le cadre fondamental sur lequel s'appuient toutes les autres initiatives climatiques.
Tableau 2.1. Aperçu des accords internationaux sur la neutralité carbone
Copier le lien de Tableau 2.1. Aperçu des accords internationaux sur la neutralité carbone|
Initiative |
Objectif principal |
Rôle dans la neutralité carbone |
Principaux résultats |
|---|---|---|---|
|
Protocole sur les gaz à effet de serre |
Tous les secteurs |
Établit une méthodologie fondamentale pour mesurer et déclarer les émissions de GES |
Normes de comptabilisation des émissions |
|
Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) |
Décideurs politiques |
Fournit une base scientifique sur le climat pour les politiques et les objectifs |
Rapports d'évaluation et scénarios |
|
Accord de Paris |
Gouvernements nationaux |
Fixation d'objectifs mondiaux en matière de température (1,5 °C) et encourage les contributions déterminées au niveau national |
Traité juridique avec des objectifs mondiaux |
|
Objectifs de développement durable (ODD) |
Cadre mondial de développement |
Fournit un contexte global en matière de durabilité, l’objectif 13 (Action pour le climat) traite directement des émissions |
17 objectifs et cibles |
Les cadres de divulgation d'informations climatiques contribuent à créer un écosystème structuré qui permet une évaluation systématique des risques liés au climat tout en soutenant les objectifs réglementaires de transparence du marché et de stabilité financière. Les principaux cadres de divulgation d'informations climatiques (Tableau 2.2) facilitent la mise en place de bases plus cohérentes pour la communication d'informations climatiques et le soutien continu à l'amélioration des pratiques sur l'ensemble des marchés.
Tableau 2.2. Informations et normes liées au climat
Copier le lien de Tableau 2.2. Informations et normes liées au climat|
Cadre / Norme |
Type |
Objectif |
Portée / Objectif |
Principales caractéristiques |
Relation avec les autres |
Public cible |
Principaux résultats |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
TCFD (Groupe de travail sur les informations financières liées au climat) |
Framework, recommandations obligatoires dans certaines juridictions |
Guider les entreprises vers une divulgation cohérente des risques et opportunités financières liés au climat |
Gouvernance, Stratégie, Risque Direction, Mesures et objectifs |
Volontaire, basée sur des principes ; ce qu'il faut divulguer et structure de rapports de risque climatique |
Base pour IFRS S2 ; De nombreuses plateformes (par exemple, CDP) s’alignent avec |
Entreprises, investisseurs, régulateurs |
Ensemble de recommandations sur la divulgation |
|
IFRS S1 & S2 (Normes de divulgation en matière de développement durable de l'ISSB) |
Normes (obligatoires lorsque adoptées) |
Fournir une base de référence mondiale pour les informations relatives à la durabilité et au climat intégrées aux rapports financiers. |
S1 = Durabilité générale ; S2 = spécifique au climat |
IFRS S2 élargit la TCFD avec des informations détaillées exigences ; interopérables avec les autorités règles |
S'appuie sur le TCFD ; peut s'aligner avec CSRD ; utile pour les rapports SFDR |
Entreprises, investisseurs, régulateurs, auditeurs |
Normes de divulgation faisant autorité |
|
CDP (Projet de divulgation des émissions de carbone) |
Plateforme de divulgation / Questionnaire |
Collecter des données environnementales pour les investisseurs, les clients et les parties prenantes. |
Climat, Eau, Forêts |
Questionnaires annuels, notation (A à D-), conforme à la TCFD et IFRS S2 |
Utilisations TCFD- approche harmonisée ; les données peuvent aider CSRD/SFDR conformité |
Entreprises, villes, les investisseurs, chaîne d'approvisionnement partenaires |
Notation publique et base de données des divulgations |
|
CSRD (Directive sur le reporting en matière de développement durable des entreprises) |
Directive européenne (obligatoire) |
Exiger des grandes entreprises et des sociétés cotées en bourse qu'elles rendent compte de leurs impacts, risques et opportunités en matière de développement durable. |
Environnement, Social, Gouvernance (ESG) |
Utilisations européennes durabilité Reporting Normes (ESRS) ; double importance relative ; couvre environ 50 000 entreprises |
Conforme aux normes IFRS S1/S2 ; peut utiliser Données CDP/TCFD |
Entreprises, investisseurs, régulateurs, société civile |
Rapport de développement durable obligatoire intégré au rapport de gestion |
|
SFDR (Règlement sur la publication d'informations en matière de finance durable) |
Règlement européen (obligatoire) |
Améliorer la transparence du marché des investissements durables ; prévenir le greenwashing |
ESG au niveau des produits financiers |
Oblige les acteurs des marchés financiers à divulguer les risques et les impacts liés au développement durable et à classer les produits (Art. 6/8/9) |
Utilise les données provenant de CSRD, TCFD, IFRS ; en lien avec la taxonomie de l'UE |
Actifs gestionnaires, financier institutions, investisseurs avec plus de 500 employés |
Informations à fournir au niveau des produits et des entités |
Note : La fonction TCFD a été intégrée à l'IFRS S2 et à l'ISSB en 2024.
Les cadres d’information climatique transforment les données climatiques en décisions financières. Le Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (TCFD) a fourni le plan d'organisation, structuré autour des éléments suivants : gouvernance, stratégie, gestion des risques, indicateurs et objectifs, et analyse de scénarios. Ses informations communiquées le sont au niveau de l'entité (portefeuille), avec une ventilation par zone géographique ou par segment lorsque cela permet d'améliorer la compréhension (TCFD, 2017[13]). Le Royaume-Uni a été le premier pays à rendre obligatoire la divulgation d'informations conformes au TCFD pour toutes les grandes entreprises et institutions financières (celles qui comptent plus de 500 employés et réalisent un chiffre d'affaires de 500 millions de livres sterling) d'ici 2025. Initialement volontaire, le TCFD a depuis été intégré (totalement ou partiellement) dans les régimes de reporting obligatoires de plusieurs juridictions, notamment l'UE, le Japon, la Nouvelle-Zélande, le Brésil, Hong Kong, Singapour et la Suisse (TCFD, 2021[14]; SGFIN, 2024[15]; Conseil fédéral suisse, 2022[16]).
Les normes internationales d'information financière (IFRS) S1 et S2 transposent la méthodologie du TCFD en normes comptables. En 2023, le Conseil international des normes de durabilité (ISSB International Sustainability Standards Board) a publié ses deux premières normes en matière de divulgation d'informations relatives au développement durable : IFRS S1 : Exigences générales pour la divulgation d'informations financières liées au développement durable et IFRS S2 : Informations à fournir relatives au climat (IFRS, 2023[17]; IFRS, 2023[18]). La norme IFRS S2 s'appuie sur la norme S1 en se concentrant spécifiquement sur les risques climatiques physiques et de transition, ainsi que sur les opportunités liées au climat. Elle intègre pleinement les recommandations du TCFD et incorpore des indicateurs spécifiques à l'industrie provenant du Conseil des normes comptables de durabilité (SASB, Sustainability Accounting Standards Board). La norme S2 exige des entreprises qu'elles divulguent leurs méthodologies, leurs hypothèses et leurs choix analytiques et qu'elles fournissent, dans la mesure du possible, des informations quantitatives telles que les effets financiers anticipés, leur calendrier et les émissions de gaz à effet de serre (scope 1, 2 et 3) (IFRS, 2023[17]). Les normes IFRS S1 et S2 convertissent l'architecture du TCFD en informations comptables à inclure dans le rapport financier général. La fonction du TCFD a été absorbée par l'IFRS (ISSB) en 2024 (IFRS, n.d.[19]).
La directive européenne sur le reporting extra-financier (CSRD, European Union’s Corporate Sustainability Reporting Directive) et les normes européennes de reporting extra-financier (ESRS, European Sustainability Reporting Standards) élargissent cette base de référence. Toutes les entreprises soumises à la CSRD doivent utiliser les ESRS. La double matérialité en est la caractéristique principale : les entreprises rendent compte à la fois de l'impact du climat sur elles (matérialité financière) et de leur impact sur les personnes et l'environnement (matérialité d'impact) (Commission européenne, 2022[20]). La CSRD s'appuie sur la taxonomie européenne des investissements verts, qui fixe des critères de transparence précis pour l'alignement sur le changement climatique en matière de construction, de rénovation et d'acquisition. Les ESRS n'imposent pas l'obligation de divulguer des informations pour chaque actif. Toutefois, si l'évaluation de la matérialité d'une entreprise détermine qu'un site ou un actif spécifique est une source importante d'impacts, de risques ou d'opportunités matériels, la désagrégation et la divulgation à ce niveau deviennent alors obligatoires (EFRAG, 2022[20]). Le cadre impose une assurance par un tiers, ce qui renforce la fiabilité des données pour la surveillance réglementaire. Le champ d'application de la CSRD, qui couvre environ 50 000 entités, permet une couverture systématique des risques liés au climat dans l'ensemble de l'économie de l'UE, ce qui permet aux régulateurs d'évaluer les expositions sectorielles et systémiques au climat (Commission européenne, 2025[21]).
Le règlement sur la publication d'informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (SFDR, Sustainable Finance Disclosure Regulation) s'applique à tous les acteurs et conseillers des marchés financiers, les obligations d'information variant en fonction de la taille de l'entreprise et du type de produit (Union européenne, n.d.[22]). Il impose les mêmes informations dans les modèles au niveau des entités et des produits, afin que les investisseurs puissent comparer les fonds sur la base d'indicateurs communs. En vertu du SFDR, les classifications de produits prévues aux articles 8 et 9 exigent la divulgation détaillée de l'intégration des risques environnementaux, ce qui permet aux autorités de surveillance de contrôler la concentration des risques climatiques dans les produits financiers. Les exigences du règlement en matière d'impacts négatifs principaux (PAI, Principal Adverse Impact) imposent la divulgation de 18 indicateurs de durabilité, notamment les émissions de gaz à effet de serre et les impacts sur la biodiversité, créant ainsi des mesures standardisées pour la surveillance réglementaire des expositions aux risques liés au climat dans l'ensemble du secteur financier (Union européenne, 2022[23]).
Le système de questionnaires du Projet de divulgation carbone (CDP, Carbon Disclosure Project) fournit l'infrastructure opérationnelle nécessaire à la collecte standardisée de données. Il permet ainsi d'évaluer les risques de manière comparative entre les secteurs et les zones géographiques. La plateforme recueille des données granulaires sur les émissions de gaz à effet de serre (scopes 1, 2 et 3), les risques liés à la sécurité de l'approvisionnement en eau, les risques de déforestation et les plans de transition climatique. La méthodologie de notation du CDP incite les entreprises à améliorer leur gestion des risques en les comparant à leurs pairs du même secteur. La base de données permet aux investisseurs et aux régulateurs d'identifier les risques systémiques dans les portefeuilles et les secteurs, ce qui facilite la surveillance macroprudentielle des risques financiers liés au climat (CDP, 2025[10]).
Ces cadres représentent une convergence mondiale vers une transparence standardisée et interconnectée des informations climatiques, créant ainsi l'infrastructure nécessaire pour aligner les systèmes financiers sur les objectifs climatiques afin de préserver la stabilité économique. La nature interconnectée de ces cadres permet une évaluation des risques liés au climat à plusieurs niveaux qui soutient à la fois les objectifs de politique microprudentielle et macroprudentielle. La divulgation d'informations par les entreprises via le TCFD/IFRS permet une identification ascendante des risques, tandis que les données du CDP permettent une comparaison intersectorielle des risques et une analyse des tendances. La couverture obligatoire de la CSRD garantit une cartographie complète des risques dans l'ensemble de l'économie de l'UE, tandis que les divulgations SFDR permettent de surveiller la transmission des risques climatiques par l'intermédiation financière. Cet écosystème de cadres aide les banques centrales et les autorités de surveillance à réaliser des tests de résistance climatique, à évaluer les vulnérabilités sectorielles et à mettre en œuvre des mesures prudentielles liées au climat.
L'enquête de l'OCDE sur les investissements immobiliers à l'épreuve du temps (2025) confirme l'adoption généralisée de cette approche à plusieurs niveaux. Les données de l'enquête montrent que l'ESRS/CSRD de l'UE est en tête, adopté par 25 organisations (58 %), suivi du GRESB et du TCFD, adoptés chacun par 17 organisations (40 %), et des normes IFRS/ISSB, utilisées par 8 organisations (19 %) (Graphique 2.1).
Graphique 2.1. Cadres et normes internationaux utilisés par les répondants à l'enquête
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Note : Question de l'enquête : « Cadres et normes internationaux utilisés ». Les personnes interrogées pouvaient sélectionner toutes les options applicables. Les cadres et normes auxquels l'enquête fait référence sont la Climate Bonds Initiative (CBI), les critères d'évaluation prudentiels de l'Espace économique européen et du Conseil international des normes d'évaluation (EEA/IVSC), l'International Sustainability Standards Board et les normes internationales d'information financière (ISSB & IFRS), le Carbon Disclosure Project (CDP), l'initiative Science Based Targets for Buildings (SBTi), Le Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (TCFD), le Global Real Estate Sustainability Benchmark (GRESB), ainsi que les normes européennes de reporting en matière de durabilité et la directive sur le reporting extra-financier (EU ESRS & CSRD).
Source : Enquête de l'OCDE sur les investissements immobiliers à l'épreuve du temps (2025)
Malgré la convergence, les acteurs immobiliers sont confrontés à des exigences qui se recoupent mais qui sont incohérentes entre les cadres volontaires et obligatoires. Chaque cadre a des définitions différentes de la matérialité, de la portée des émissions et des exigences en matière de données, ce qui entraîne des doublons, des coûts de conformité plus élevés et une comparabilité réduite pour les investisseurs (IIGCC, 2024[24]; GRESB, 2025[25]). Cette fragmentation nuit à la cohérence des données et entrave les flux de capitaux vers l'immobilier durable, car les investisseurs ont du mal à évaluer les risques et les opportunités.
Si des initiatives telles que le projet Harmonisation des indicateurs de durabilité immobilière (ARESI, Aligning Real Estate Sustainability Indicators) du Groupe des investisseurs institutionnels sur le changement climatique (IIGCC, The Institutional Investors Group on Climate Change) visent à harmoniser les indicateurs et à améliorer leur alignement, la convergence réglementaire et les normes interopérables restent essentielles pour surmonter les inefficacités du système actuel, qui reste disparate (IIGCC, 2024[24]).
Le secteur immobilier affiche des niveaux de transparence nettement inférieurs à ceux des autres grandes industries. À l'échelle mondiale, seuls 78 % de la capitalisation boursière du secteur immobilier communiquent des informations sur la durabilité, contre plus de 90 % dans des secteurs tels que l'énergie et la technologie. Les taux de transparence sont les plus faibles dans les pays émergents d'Asie, du Moyen-Orient et d'Afrique, avec respectivement 58 % et 50 %. La déclaration des émissions est tout aussi limitée, puisque 74 % des entreprises communiquent leurs émissions de scope 1 et 2 et seulement 55 % déclarent leurs émissions de scope 3. Compte tenu de l'exposition du secteur aux risques climatiques et à ses émissions élevées liées aux matériaux, ces lacunes réduisent la transparence et entravent l'évaluation efficace des risques (OECD, 2025[26]).
Les résultats de l'enquête de l'OCDE sur les investissements immobiliers à l'épreuve du temps (2025) montrent que le manque d'harmonisation entre les cadres réglementaires constitue le principal obstacle à la mise en place d'exigences mondiales cohérentes en matière de transparence dans le secteur immobilier, cité par 19 organisations (44 % des répondants). Les répondants ont également mentionné des défis liés au manque de données à l'échelle appropriée, à l'absence de méthodologie d'évaluation rentable et au manque de cadres ou de scénarios adéquats, cités dans 15 réponses chacun (Graphique 2.2). Ces résultats de l'enquête illustrent la complexité et le caractère gourmand en ressources de l'alignement sur des exigences de publication détaillée.
Graphique 2.2. Défis liés à l'alignement de l'immobilier sur les exigences mondiales en matière de communication d’informations
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Note : Question tirée de l'enquête : « Principaux défis liés à la mise en conformité avec les exigences mondiales en matière de communication d’informations ». Les participants à l'enquête pouvaient sélectionner toutes les options pertinentes.
Source : Enquête de l'OCDE sur les investissements immobiliers à l'épreuve du temps (2025)
Évaluation des risques physiques : des dangers aux pertes et adaptations
Copier le lien de Évaluation des risques physiques : des dangers aux pertes et adaptationsÉvaluation des risques pour l’immobilier : publication des risques historiques et futurs liés aux dommages matériels
L'évaluation des risques physiques commence par la compréhension des dommages passés et de l'exposition aux risques d'un bien immobilier, qui sont essentiels pour prendre des décisions éclairées. Pour les acheteurs et les locataires, la connaissance des événements passés tels que les inondations, les incendies ou les incidents sur les structures peuvent avoir une incidence non seulement sur la sécurité, mais aussi sur les coûts financiers à long terme. Aux États-Unis, dans le cadre d'un prêt hypothécaire classique sur 30 ans, l'acheteur d'une maison ayant déjà été inondée peut s'attendre à subir en moyenne plus de 55 000 USD de dommages (Milliman, 2025[27]). De plus, il est important que les acheteurs sachent si leur propriété se trouve dans une zone à risque, ce qui rend indispensable l’information sur les risques futurs.
Les exigences en matière de publication des dommages antérieurs subis par les biens immobiliers varient considérablement, ce qui crée des protections inégales et expose de nombreux ménages à des risques cachés. Aux États-Unis, par exemple, toutes les lois sur l’information diffèrent d'un État à l'autre. Plus de la moitié des États américains ne disposent actuellement d'aucune législation en matière d’information, ce qui signifie que des millions d'acheteurs immobiliers risquent de faire de leur plus gros investissement un investissement risqué (Milliman, 2025[27]). Dans le cas des inondations, des organisations de défense d’intérêts telles que le Conseil de défense des ressources naturelles (NRDC, Natural Resources Defence Council) s'efforcent de combler ces lacunes en mettant en évidence l'absence de lois sur l’information sur les inondations à l'aide de tableaux de bord par État, et en plaidant en faveur d'une réforme législative visant à mieux protéger les propriétaires et les locataires. Parmi les progrès récents, on peut citer l'abrogation par l'État de New York d'une faille juridique qui permettait aux vendeurs de s’acquitter d’une somme de 500 USD afin d’éviter de divulguer aux acheteurs potentiels les épisodes d’inondations passés. L'abrogation de cette possibilité de dissimulation intentionnelle de l'historique d’un bien est une étape importante vers une législation plus cohérente à l’échelle des États-Unis (NYSAPLS, 2023[28]). Une législation similaire en Caroline du Nord visant à mettre en place des formulaires standardisés obligatoires de divulgation des risques d'inondation pour les vendeurs de biens immobiliers a permis d'améliorer la note attribuée à cet État par le NRDC, passant de D en 2022 à A en 2025 (NRDC, 2023[29]). En 2023, l'Agence fédérale de gestion des urgences (FEMA, Federal Emergency Management Agency) a proposé une législation intitulée Divulgation des informations relatives aux risques d’inondation préalablement aux transactions immobilières – Proposition 5 (Disclosure of Flood Risk Information Prior to Real Estate Transactions), qui rendrait obligatoire la divulgation complète des dommages causés par les inondations passées ainsi que les demandes d'indemnisation antérieures au titre de l'assurance contre les inondations avant toute transaction immobilière, comme condition préalable à la participation au Programme national d'assurance contre les inondations (NFIP, National Flood Insurance Programme) (FEMA, n.d.[30]). Cette proposition s'est heurtée à une forte opposition de la part de l'Association nationale des agents immobiliers (NAR, National Association of Realtors), qui estime qu'elle alourdirait la charge administrative et ferait double emploi avec les initiatives menées au niveau des États (NAR, 2025[31]).
De nombreux pays appliquent le principe de l’« acheteur prudent » (« caveat emptor »), selon lequel la transparence sur les informations dépend de la diligence de l'acquéreur plutôt que de l'obligation du vendeur. En Angleterre et au Pays de Galles (Royaume-Uni), les acheteurs doivent se renseigner eux-mêmes sur les dommages passés auprès des autorités locales ou de leurs avocats/notaires afin de s'assurer que le bien n’a pas subi d’inondations antérieures ni fait l'objet de demandes d'indemnisation auprès des assurances. Les vendeurs sont toutefois soumis aux règles relatives aux fausses déclarations et doivent répondre de manière transparente si l'acquéreur ou ses représentants leur posent directement une question (Higgs, 2024[32]).
Contrairement au principe de l’acheteur prudent qui fait peser la responsabilité de la divulgation sur l'acquéreur, les gouvernements nationaux peuvent choisir de transférer cette responsabilité au vendeur. Par exemple, la France dispose d'une législation stricte dans son Code civil qui impose au vendeur l'obligation légale de divulguer toute information importante susceptible d'influencer une décision éclairée de l'acheteur. Cela inclut tous les dommages passés tels que les inondations, les incendies ou les défauts structurels qui peuvent affecter la sécurité ou la valeur d'un bien immobilier. Depuis 2016, les vendeurs sont également tenus de détailler les sinistres antérieurs ayant donné lieu à une indemnisation dans une déclaration écrite appelée « état des risques et pollutions », annexée au contrat de vente. Ces mesures, fondées sur l'ordonnance n° 2016-131 et ses décrets d’application, visent à corriger les asymétries d'information, à permettre aux acheteurs de prendre des décisions éclairées et à réduire les risques de contentieux (LegiFrance, 2016[33]). En rendant obligatoire une information proactive, le cadre juridique français garantit une plus grande responsabilité sur les marchés immobiliers tout en limitant les risques financiers et de sécurité à long terme liés à des transactions non transparentes.
Les gouvernements peuvent également mettre en place des dispositifs structurés permettant d'accéder aux archives relatives aux dommages matériels, mais leur efficacité dépend de leur mise en œuvre. En Corée, l'article 4-8 des règles d'application de la loi relative aux mesures contre les catastrophes naturelles (en coréen : 자연재해대책법 시행규) établit un système de certificats de dommages causés par les inondations, mis en place en février 2013. Dans le cadre de ce dispositif, tout citoyen peut demander aux autorités locales les informations relatives aux dommages causés par les inondations à un bien immobilier. Cependant, la mise en œuvre de ce dispositif dépend de l'initiative des autorités locales, la divulgation n'étant pas obligatoire (The Korean Law Information Center, 2024[34]). La ville de Siheung offre un exemple de mise en œuvre efficace. Après les graves inondations d'août 2022 qui ont endommagé 231 logements en semi-sous-sol, la municipalité s'est associée à la branche sud de Gyeonggi de l’Association coréenne des agents immobiliers afin de simplifier la procédure de demande. Un système simplifié par téléphone permet aux agents immobiliers de demander des informations sur l'historique des inondations directement au service du logement de la ville : celui-ci coordonne ensuite avec le service de sécurité civile pour délivrer les certificats par SMS. Les agents partagent ensuite ces informations avec leurs clients. Au cours des huit premiers mois suivant la mise en place du nouveau système, 44 certificats ont été délivrés, alors que leur utilisation était auparavant très limitée (Yonhap, 2023[35])
Les cartes des risques sont un autre outil essentiel qui permet de rendre les risques visibles au moment de la transaction. Au Japon, les agents immobiliers sont tenus de divulguer la localisation du bien immobilier sur une carte des risques d'inondation établie conformément à la loi sur la prévention des inondations et renforcée par un amendement de 2020 au règlement d'application de la loi sur les transactions immobilières. Cette disposition rend effectivement obligatoire la divulgation des risques d'inondation dans le cadre des transactions immobilières, y compris pour les zones côtières et inondables (MLIT, 2020[36]; MLIT, n.d.[37]). Les documents doivent provenir de sources municipales officielles, sous forme imprimée ou numérique, et doivent être la version la plus récente disponible. Les agents immobiliers sont également tenus d’éviter de laisser entendre qu'un bien immobilier est exempt de tout risque simplement parce qu'il ne se trouve pas dans une zone inondable désignée sur la carte. Il est également recommandé que la carte indique les abris d'évacuation. Des recherches empiriques menées à Osaka montrent que cette politique de divulgation a eu un impact significatif sur les prix de l'immobilier dans les zones à haut risque d'inondation, confirmant ainsi l'application concrète de la loi et son effet sur le marché. Cependant, cette obligation se limite à la localisation sur la carte des risques d'inondation ; elle n'impose pas la divulgation des incidents d'inondation passés, de l'historique des plaines inondables, des demandes d'indemnisation d’assurance ni des registres d'indemnisation dans le cadre de transactions immobilières. Les acheteurs restent donc tributaires des cartes officielles des risques d'inondation et de leur propre diligence raisonnable, ce qui peut laisser subsister des lacunes dans la compréhension des risques (Aiba, Hasegawa and Shirai, 2025[38]).
Infrastructures de données pour l'évaluation des risques physiques
Une évaluation fiable des risques physiques repose sur des données climatiques de haute qualité, dont les gouvernements sont les principaux fournisseurs. Des organismes publics tels que l’Administration nationale océanique et atmosphérique (NOAA, National Oceanic and Atmospheric Administration) et l’Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace (NASA, National Aeronautics and Space Administration ) aux États-Unis, l'Agence spatiale européenne (ESA), l'Agence météorologique japonaise (JMA, Japanese Meteorological Agency), ainsi que les services météorologiques nationaux, financent et exploitent de vastes réseaux de stations terrestres, de bouées océaniques et de satellites, ainsi que des observations physiques au sol permettant de collecter des informations climatiques essentielles. L'ampleur et les coûts de ces infrastructures nécessitent souvent une coordination intergouvernementale et des négociations souveraines, ce qui rend sa duplication par le secteur privé irréalisable (Büntgen et al., 2025[39]).
Les bases de données climatiques sont d’un volume exceptionnel, atteignant souvent des pétaoctets, voire des exaoctets, ce qui rend leur reproduction par des acteurs privés excessivement coûteuse. Par exemple, les archives EarthData de la NASA contiennent plus de 80 pétaoctets d'observations satellitaires, avec des missions telles que le spectroradiomètre imageur à résolution modérée (MODIS, Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer) ajoutant chaque jour des téraoctets de nouvelles données (NASA, 2025[40]). De même, l'ensemble de données de réanalyse atmosphérique mondiale ERA5 du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF, European Centre for Medium-Range Weather Forecasts) dépasse les 500 téraoctets pour un seul produit (Hersbach, H. et al., 2023[41]). De tels volumes nécessitent des infrastructures financées par les pouvoirs publics, car les solutions commerciales restent trop coûteuses en l’absence partenariats institutionnels (Büntgen et al., 2025[39]).
Le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF, European Centre for Medium-Range Weather Forecasts) est une organisation intergouvernementale indépendante soutenue et financée par 35 États. Les données qu'il produit sont mises à la disposition des services météorologiques de ses États membres. L’ECMWF vend également des licences commerciales et propose une sélection de données prévisionnelles qui peuvent être achetées à des fins commerciales dans le monde entier. En 2023, ces activités commerciales ont généré 13,7 millions GBP de recettes (ECMWF, 2024[42]). L’ECMWF est l'une des six Organisations, aux côtés de l'OCDE, et travaille en partenariat avec l'Agence spatiale européenne (ESA, European Space Agency) et l'Organisation européenne pour l'exploitation des satellites météorologiques (EUMETSAT, European Organisation for the Exploitation of Meteorological Satellites) dans le cadre de l'initiative « Destination Terre » de l'UE. Elle met également en œuvre le Service Copernicus de surveillance de l'atmosphère (CAMS, Copernicus Atmosphere Monitoring Service) et le Service Copernicus sur le changement climatique (C3S, Copernicus Climate Services) pour le compte de la Commission européenne (ECMWF, 2025[43]).
Ces ensembles de données publiques font l’objet d’un traitement et de contrôles de qualité assurés par des organismes publics de recherche et des institutions universitaires partenaires (Büntgen et al., 2025[39]). Ces organismes disposent des capacités nécessaires pour financer la collecte massive de données brutes et de gérer des processus complexes tels que le nettoyage et la normalisation des métadonnées. Ils procèdent également à des travaux de réanalyse, qui consistent à assimiler des données météorologiques et satellitaires passées aux modèles de prévision météorologique actuels. Ces « cartes sans lacunes » aident les acteurs à mieux comprendre le changement climatique et les phénomènes météorologiques extrêmes, tout en limitant les faux signaux de changement (ECMWF 50, 2023[44]).
Il n'existe pas de base de données climatiques universellement optimale pour toutes les applications. Chaque cas nécessite des points de données spécifiques, et il incombe aux parties prenantes de déterminer quelles données conviennent à leurs besoins spécifiques en matière de recherche, de politique ou d'exploitation. Les ensembles de données météorologiques et climatiques varient en termes de résolution spatiale et temporelle en fonction des sources de données (satellites ou stations), des périodes considérées et des bases de données de référence. D’importantes lacunes et asymétries dans les données relatives aux risques climatiques entravent la capacité à identifier, atténuer et gérer efficacement ces risques. Les données existantes liées au climat présentent en outre une grande hétérogénéité en termes de qualité, de disponibilité et de comparabilité (NGFS, 2022[45]). Les données provenant de sources tierces ne sont pas normalisées, ce qui rend les comparaisons difficiles. Les méthodologies, les hypothèses et les sources de données divergentes utilisées par les institutions financières et les fournisseurs de données, ainsi que les pratiques incohérentes en matière d'estimation des émissions et de périodes de reporting, nuisent également à la comparabilité (PNUE, 2024[46]). Ces lacunes se traduisent par de multiples défis liés aux données qui compromettent l'exactitude et l'efficacité des évaluations et des stratégies en matière de risques liés au climat.
La traduction des risques physiques liés au climat en valeur monétaire incite les investisseurs privés à changer leurs pratiques et aide à justifier l'utilisation des fonds publics par les gouvernements. L’École climatique de Columbia (Columbia Climate School), avec le soutien de la Fondation Rockefeller, a mis au point l'Indice de vulnérabilité financière climatique (CliF-VI, Climate Finance Vulnerability Index) afin d'évaluer l'exposition des pays aux risques climatiques et autres risques, ainsi que leur capacité à accéder à des financements pour l'adaptation et le relèvement. Cet indice couvre 188 pays et identifie 65 pays « en zone rouge » comme étant les plus exposés aux risques, dont les deux tiers se trouvent en Afrique. Il va au-delà des indicateurs traditionnels telles que le PIB en intégrant des éléments tels que les niveaux d'endettement, l'accès au financement et la gouvernance afin de donner une vision plus complète de la vulnérabilité (Columbia Climate School, 2025[47]). Le CliF-VI vise à améliorer l'évaluation des risques, à orienter le financement climatique et à aider à cibler l'aide vers les pays les plus vulnérables. Alors que les effets du changement climatique devraient entraîner 14,5 millions de décès supplémentaires et des pertes estimées à 12 500 milliards USD d'ici 2050, et que de nombreux pays à haut risque sont confrontés à une capacité d'emprunt limitée, l'indice met en évidence les domaines dans lesquels les investissements sont les plus urgents (WEF, 2024[48]). Son tableau de bord interactif modélise quatre scénarios futurs à l’horizon 2080. Dans tous les scénarios, 47 pays restent dans la « zone rouge », mettant en évidence la persistance du risque (The Rockefeller Foundation, 2025[49]). Les décideurs politiques et les bailleurs de fonds peuvent utiliser cet indice pour donner la priorité au financement des pays confrontés à la fois à des menaces climatiques sévères et à un accès limité au financement, contribuant ainsi à réduire l'écart entre vulnérabilité et investissement.
Afin de rendre ces risques climatiques mondiaux pertinents pour les investisseurs privés à l'échelle d'un bien immobilier ou d'un portefeuille, les entreprises sont encouragées à réaliser une évaluation quantitative des risques. L'un des indicateurs essentiels pour quantifier les risques physiques liés au climat au niveau d'un portefeuille est la perte annuelle moyenne (AAL, Average Annual Loss), qui exprime les pertes financières moyennes résultant des dommages matériels subis par un portefeuille chaque année. Les risques physiques liés au climat peuvent se traduire directement par une augmentation projetée de l'AAL. Par exemple, dans un scénario de réchauffement de 4 °C, les portefeuilles de prêts hypothécaires résidentiels au Royaume-Uni pourraient voir leur AAL presque doubler en raison des inondations, passant de 122 millions à 279 millions GBP dans les années 2050, soit une augmentation de 128 % dans ce scénario. En outre, le nombre de propriétés exposées à un risque élevé d'inondation pourrait augmenter de 40 %. Dans un scénario de réchauffement de 2 °C, les impacts sont plus limités : l’AAL augmenterait de 61 % et le nombre de propriétés exposées à un risque élevé d'inondation pourrait croître de 25 %. La quantification de ces pertes attendues permet aux investisseurs et aux prêteurs de traduire les variations prévues de l'AAL en impacts potentiels sur la valeur des actifs (CISL, 2019[50]).
Outils et instruments de mesure des risques liés au climat
Les méthodologies, les bases de données et les outils d'évaluation des risques liés au climat dans le secteur immobilier sont en constante évolution. Les outils d'évaluation des risques liés au climat ont rapidement gagné en ampleur et en sophistication, passant de simples cartes des risques à des plateformes intégrées combinant science du climat, données socio-économiques et modélisation financière, en s’appuyant sur les sources de données mentionnées précédemment. Cette prolifération reflète non seulement les progrès scientifiques et technologiques, mais aussi la demande des régulateurs et des investisseurs en faveur d’évaluations granulaires et prospectives, susceptibles d’éclairer les obligations d'informations, ainsi que l'adaptation et la planification de la résilience dans le secteur immobilier. Cette section présente un aperçu non exhaustif des types d'outils, d'instruments et de méthodologies fournis et utilisés par les divers acteurs du marché immobilier.
Instruments de gestion des risques fournis par les pouvoirs publics
Les gouvernements fournissent de plus en plus d'outils et de données en libre accès (open source) pour aider les autorités locales, les propriétaires individuels et les entreprises. Ces données sont essentielles à l'aménagement et la gestion du foncier. Par exemple, en mars 2025, la France a lancé son troisième Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC-3), marquant un tournant stratégique en prévoyant explicitement un scénario de réchauffement potentiel de +4 °C d'ici 2100 (Ministère de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, 2025[51]). Élaboré à l'issue de consultations nationales fin 2024 et validé par le Conseil national de la transition écologique en janvier 2025, le PNACC-3 définit 52 mesures stratégiques et près de 200 actions articulées autour de cinq priorités : protéger les populations, adapter les infrastructures et les services, renforcer la résilience économique, préserver le patrimoine naturel et culturel et mobiliser la société (Ministère de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, 2025[51]). Une innovation majeure est la création de la Trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation (TRACC), un scénario de référence à +4 °C désormais inscrit dans la législation nationale. D'ici 2027, tous les documents d'aménagement locaux et territoriaux devront intégrer la TRACC dans le cadre des prochaines réformes du code de l'environnement (Ministère de la Transition écologique, 2025[52]). Le plan alloue environ 1,5 milliard EUR de financement, dont 300 millions EUR pour le Fonds Barnier (prévention des risques naturels majeurs en 2025), 260 millions EUR via le Fonds vert, 1 milliard EUR pour les agences de l'eau et 30 millions EUR pour la prévention contre l'affaissement des sols dû au retrait des argiles (CITEGO, 2025[53]). Cette dernière allocation budgétaire a été conçue comme une expérimentation visant à soutenir les ménages touchés par ce phénomène dans onze départements, en accordant des subventions pour des services de diagnostic et des mesures préventives (Ministère de l’Aménagement du Territoire et de la Décentralisation & Ministère de la Transition Écologique., 2025[54]).
Les outils et applications d'analyse spatiale accessibles au public, qui combinent imagerie satellite, cartographie SIG, modèles de risques et données d'exposition à long terme, permettent aux gouvernements d'identifier les zones à haut risque et de suivre l'évolution des risques liés au climat au fil du temps. Cette base de données factuelles permet aux autorités d'adapter les réglementations de zonage, d'orienter plus efficacement les investissements dans les infrastructures et d'agir suffisamment tôt pour réduire l'exposition et la vulnérabilité (Banque mondiale, 2025[55]). Des cartographies des scénarios futurs pour les risques d'inondation et de chaleur sont mises à la disposition du public afin d'orienter les décisions en matière d'immobilier et d'urbanisme. La France a intégré dans sa stratégie nationale la mise à disposition de boîtes à outils et de conseils pour faire face aux risques liés au climat (voir Tableau 2.3). Par exemple, la plateforme Plus Fraiche Ma Ville géolocalise les zones sujettes aux îlots de chaleur urbains et propose des bonnes pratiques pour des solutions de refroidissement fondées sur la nature, ainsi que les impacts mesurables des interventions. Ces outils sont open source et s'appuient sur les ensembles de données européens Copernicus afin de donner aux planificateurs et aux décideurs du secteur public la capacité de visualiser leur région dans un scénario de réchauffement de 4 °C et de planifier en conséquence (ADEME, 2025[56]).
Tableau 2.3. Outils de cartographie de scénarios accessibles au public en France
Copier le lien de Tableau 2.3. Outils de cartographie de scénarios accessibles au public en France|
Outil |
Objectif |
Utilisateurs |
Fournisseur |
|---|---|---|---|
|
Vulnérabilité des bâtiments |
Ingénieurs, architectes |
OID |
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|
Guides pratiques |
Acteurs locaux |
ADEME (Agence de l'environnement et de la transition énergétique), |
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Aide à l'adaptation |
Intercommunalités |
Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'Aménagement) |
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|
Méthodes/outils d'adaptation |
Autorités, éducateurs |
ADEME, ministères |
|
|
Analyse des risques au niveau communal |
Maires, urbanistes |
ADEME |
|
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Données climatiques historiques |
Chercheurs, urbanistes |
Météo-France |
|
|
Outil d'urbanisme |
Urbanistes |
ADEME, Cerema |
|
|
Projections climatiques |
Planificateurs, scientifiques |
Météo-France |
|
|
Cartes des risques (inondations, glissements de terrain) |
Communes, citoyens |
Ministère de la Transition écologique |
|
|
Observatoire des impacts climatiques |
Gouvernement, chercheurs |
Ministère de la Transition écologique |
|
|
Refroidissement urbain |
Villes, architectes |
ADEME, AMF (Association des maires de France), ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine) |
|
|
Diagnostics locaux |
Collectivités locales |
Ministère de la Transition écologique |
|
|
Boîte à outils pour la transition locale |
Communes |
ADEME |
Source : (Meteo France, n.d.[57]; Meteo France, n.d.[58]; Ministère de la Transition écologique, n.d.[59]; Ministère de la Transition écologique, n.d.[60]; ADEME, n.d.[61]; ADEME, 2025[56]; ACTE, 2025[62]; Ministère de la Transition écologique, 2019[63]; Meteo France, n.d.[64]; MTECT, 2020[65]) (MTECT, 2016[66]; ADEME, n.d.[67])
Les scénarios climatiques nationaux contribuent à orienter les politiques d'adaptation et la gestion des risques. En Suisse, le scénario Changement climatique et la Suisse 2050 (CH2007), lancé au début des années 2000, a été suivi de scénarios actualisés en 2011 (CH2011) et 2018 (CH2018). La dernière version, Climat (Climate) CH2025, a été publiée fin 2025. Produits par l'Office fédéral de météorologie et de climatologie (MétéoSuisse) en collaboration avec l'ETH Zurich, l'Université de Berne et d'autres institutions, ces scénarios fournissent la base scientifique nécessaire à la compréhension de l'avenir climatique de la Suisse (NCCS, 2024[68]). Les scénarios CH2018, développés dans le cadre du Centre national pour les services climatiques (NCCS, National Centre for Climate Services), représentent une avancée méthodologique majeure. Ils s’appuient sur la dernière génération de simulations de modèles climatiques et sur des méthodes statistiques améliorées afin de fournir des estimations concrètes pour des risques tels que les vagues de chaleur, les sécheresses et les épisodes de précipitations extrêmes. Pour la première fois, les résultats ont été traduits en produits orientés vers l'utilisateur, notamment une brochure, un rapport technique, des ensembles de données et l'atlas web interactif CH2018. L'atlas web permet aux utilisateurs de visualiser des projections climatiques localisées pour différents indicateurs, tels que le nombre de jours estivaux, de nuits tropicales ou la durée des vagues de chaleur, selon différents scénarios d'émissions et horizons temporels. Par exemple, les projections pour Aadorf/Tänikon (Suisse) indiquent une augmentation du nombre de jours estivaux, qui passerait d'environ 40 par an en 1995 à plus de 80 d'ici 2085 dans un scénario à émissions élevées (RCP 8,5). Les résultats sont présentés sous forme de graphiques clairs avec des marges d'incertitude et peuvent être partagés ou téléchargés (Graphique 2.3) (NCCS, 2024[69]). Les scénarios CH2025 à venir actualiseront encore la base scientifique et intégreront les nouvelles exigences des utilisateurs afin de renforcer la gestion des risques climatiques à long terme (MeteoSwiss, n.d.[70]).
En parallèle, MétéoSuisse a lancé une initiative d’Open Data. Depuis mai 2025, les ensembles de données météorologiques et climatiques sont progressivement publiés sous forme de données gouvernementales ouvertes (OGD, Open Governmental Data), dans des formats lisibles par machine et gratuitement. Les premières publications comprennent des mesures au sol de la température, des précipitations, du vent, de l'ensoleillement, de l'humidité, du rayonnement et de la pression, avec des enregistrements allant d'intervalles de 10 minutes à des moyennes annuelles. D'autres ensembles de données disponibles portent sur les concentrations de pollen, les observations phénologiques, les séries climatiques homogènes et les prévisions météorologiques numériques à haute résolution. Les extensions prévues pour 2025-2026 comprennent les données climatiques de satellites et de radars, des produits radars relatifs à la grêle, des normales climatiques spatiales ainsi que les futurs scénarios CH2025, certains ensembles de données devant être accessibles via des requêtes API à partir de 2026 (MeteoSwiss, n.d.[71]).
En combinant des scénarios climatiques nationaux prospectifs avec des ensembles de données ouverts et continuellement mis à jour, la Suisse fournit une base factuelle transparente aux autorités publiques, aux chercheurs et aux acteurs privés. Ces ressources permettent aux municipalités de concevoir des stratégies d'adaptation, d'aider le secteur immobilier à évaluer l'exposition à long terme aux risques climatiques et de renforcer la planification de la résilience dans tous les secteurs.
Graphique 2.3. Modèles de scénarios climatiques nationaux dirigés par le gouvernement national : exemple de CH2018 en Suisse
Copier le lien de Graphique 2.3. Modèles de scénarios climatiques nationaux dirigés par le gouvernement national : exemple de CH2018 en SuisseLes données open source sur les inondations contribuent à garantir la transparence des dangers et à favoriser une compréhension cohérente des risques par toutes les parties prenantes. Aux Pays-Bas, plus de la moitié de la population vit dans une zone exposée aux risques d'inondation, ce qui fait de la limitation des dommages aux personnes et aux biens une priorité nationale. Le site internet et l’application publics et gratuits Overstroom ik? (Vais-je être inondé ?) indiquent la probabilité d'inondation pour chaque code postal aux Pays-Bas. L'application constitue un outil de communication utile sur les risques d'inondation, en particulier à destination des ménages. Pour obtenir des données plus détaillées au niveau des biens immobiliers, le gouvernement a créé la plateforme Klimaateffctsatlas (atlas des effets du climat) qui propose des cartes couvrant l’ensemble du territoire des Pays-Bas avec des superpositions de scénarios relatifs aux inondations, à la chaleur et aux précipitations. La fondation Services d'adaptation au changement climatique (Climate Adaptation Services), à l'origine de la plateforme Klimaateffctsatlas, est financée par le gouvernement en collaboration avec des instituts de recherche, des universités et des sociétés d'ingénierie. La plateforme s'adresse aux utilisateurs professionnels internationaux, y compris au secteur financier. Ces outils témoignent d'une culture de préparation aux risques. Des données et des outils de communication accessibles contribuent à aider la population néerlandaise à mieux comprendre les risques d'inondation pesant sur leurs biens et à se préparer à d'éventuels phénomènes météorologiques extrêmes (Rijkswaterstaat, 2025[72]; CAS, 2025[73]).
Instruments d'évaluation des risques développés par le secteur privé
Le marché mondial des outils d'évaluation des risques liés au climat et des cabinets de conseil spécialisés dans ce secteur connaît une croissance rapide en raison des pressions réglementaires croissantes, des exigences des investisseurs et de la prise de conscience des entreprises quant aux risques liés au climat. Si les gouvernements fournissent des outils open source, ceux-ci sont souvent spécifiques à un type d’aléa et ne permettent pas d’offrir une analyse complète au niveau des actifs couvrant différents cadres réglementaires et zones géographiques. Par conséquent, le secteur privé a développé des solutions sur mesure, en tirant parti des technologies modernes d'analyse climatique capables d’exploiter de vastes ensembles de données et d‘observations environnementales pour modéliser les relations dynamiques entre les risques. De nombreuses compagnies d'assurance et sociétés de courtage ont ainsi créé des outils internes d'évaluation et d'estimation des risques. Cette complexité a donné naissance à un marché dédié à la traduction de données et des codes complexes en informations lisibles et adaptées aux clients. De grandes entreprises aident désormais les sociétés, institutions financières et gouvernements à évaluer les risques physiques et de transition, certaines développant des outils internes ou explorant de nouvelles opportunités de marché dans l'analyse de données et le conseil. Sous l'impulsion de la conformité réglementaire, des rapports ESG et des besoins des clients, le secteur de l'analyse climatique évolue rapidement, avec une valeur estimée à 1,61 milliard USD en 2025 et qui devrait atteindre 5,65 milliards USD d'ici 2030 (MI, 2025[74]). Les prestataires se spécialisent notamment dans des domaines tels que l’analyse des risques physiques ou de transition, la modélisation prédictive combinant les projections climatiques et les tendances socio-économiques, ainsi que le développement de tableaux de bord numériques adaptés, autant d’activités nécessitant une forte capacité technique pour agréger, interpréter et communiquer efficacement les risques.
Les résultats de l'Enquête de l'OCDE sur les investissements immobiliers à l'épreuve du temps (2025) offrent un aperçu des instruments utilisés par 44 acteurs clés du secteur immobilier pour analyser les événements historiques et prévoir les défis futurs. Les instruments utilisés par les répondants à l'enquête varient selon le type de risque qu'ils souhaitent évaluer et selon leur rôle en tant que parties prenantes. Les instruments proviennent à la fois du secteur privé et du secteur public et, dans la plupart des cas, les répondants ont mentionné plusieurs instruments. Ils peuvent être open source et gratuits, accessibles moyennant paiement dans le cadre de prestations de services ou, dans certains cas, disponibles uniquement sur abonnement. Le Tableau 2.4 classe les instruments cités par les répondants du groupe de travail par type d'instrument et de risque couvert, de leur coût et de l’entité qui les développe.
Tableau 2.4. Instruments d'évaluation des risques liés au climat identifiés par l'enquête de l'OCDE sur les investissements immobiliers à l'épreuve du temps
Copier le lien de Tableau 2.4. Instruments d'évaluation des risques liés au climat identifiés par l'enquête de l'OCDE sur les investissements immobiliers à l'épreuve du temps|
Nom de l'instrument |
Description |
Type de risque |
Public/ Propriétaire/ Sur abonnement |
Développeur |
|---|---|---|---|---|
|
Système d'alerte d'adaptation (AWS, Adaptation Warning System) |
Plateforme destinée à aider les villes, les organismes immobiliers, les industries, etc., à anticiper et à gérer les risques liés au climat |
Physique |
Privé |
The Climate Company |
|
Outil permettant aux organisations d'identifier les sites exposés au climat, d'évaluer les impacts financiers potentiels et de définir des stratégies d'adaptation efficaces |
Intégré |
Sur abonnement |
AXA Climate |
|
|
Outil permettant de déterminer l'exposition aux risques climatiques à une adresse donnée et de la compléter par un score de vulnérabilité dérivé des caractéristiques du bâtiment |
Physique |
Public |
OID & R4RE |
|
|
Application de données chargée de centraliser toutes les données relatives aux incendies de forêt sur le territoire français depuis 2006 |
Physique |
Public |
France |
|
|
Une plateforme SaaS d'évaluation de l'impact climatique qui exploite le traitement automatisé des données pour fournir des études sur les impacts actuels et futurs du changement climatique |
Physique |
Public/Sur abonnement |
Callendar |
|
|
Plateforme qui fournit une méthodologie ascendante pour évaluer l'impact financier potentiel des risques liés au climat et intégrer ces risques dans la prise de décision mondiale |
Intégré |
Sur abonnement |
S&P Global |
|
|
Outil qui synthétise les derniers travaux des climatologues : messages clés et graphiques pour mieux comprendre le changement climatique et ses impacts |
Physique |
Public |
Météo France |
|
|
Portail de connaissances du changement climatique (Climate Change Knowledge Portal) |
Ensemble de données sur le climat, les risques de catastrophe et les données socio-économiques à l'échelle mondiale, régionale, infranationale etau niveau des bassins versants |
Physique |
Public |
Banque mondiale |
|
Outil d'excellence climatique (Climate Excellence0 |
Outil permettant d'identifier les risques et les opportunités liés au climat dans un portefeuille et de comprendre comment ils pourraient affecter les secteurs et sous-secteurs, les régions, les technologies, les entreprises et l'immobilier au fil du temps |
Intégré |
Sur abonnement |
PwC Solutions GmbH, Allemagne |
|
Valeur à risque liée au climat (Climate Value at Risk) |
Outil d'évaluation prospectiveet basée sur le rendement pour mesurer les risques liés au climat et opportunités dans un portefeuille d'investissement |
Intégré |
Sur abonnement |
MSCI |
|
Ensemble de données du programme d'observation de la Terre, conçu pour surveiller et évaluer l'état de la planète et de son environnement |
Physique |
Public |
UE |
|
|
Outil destiné aux propriétaires immobiliers, aux investisseurs et aux gestionnaires d'actifs : un moyen pratique d'évaluer l'exposition au risque carbone de leurs portefeuilles |
Transition |
Public |
CRREM |
|
|
Outil pour la plateforme d'intelligence des données ESG pour le secteur immobilier |
Intégré |
Sur abonnement |
Deepki |
|
|
Plateforme de projections et d'indicateurs climatiques régionalisés (températures, précipitations, jours de gel, vagues de chaleur, sécheresse, couverture neigeuse, etc.) pour la France |
Physique |
Public |
France |
|
|
Collecte, contrôle la qualité et publication des ensembles de données sur l'environnement, le climat et la durabilité provenant de 38 pays |
Physique |
Public |
AEE |
|
|
Plateforme fournissant des données historiques et en temps quasi réel sur les incendies de forêt |
Physique |
Public |
Groupe d'experts sur les incendies de forêt (Expert Group on Forest Fires) |
|
|
Ensemble de données sur les sols et informations pour l'Europe |
Physique |
Public |
CCR |
|
|
Base de données européenne sur les phénomènes météorologiques violents (European Severe Weather Database) |
Collecte et fournit des données détaillées et contrôlées sur leur qualité en ce qui concerne les tempêtes convectives sévères en Europe |
Physique |
Public |
Laboratoire européen des tempêtes violentes (ESSL, European Severe Storms Laboratory) |
|
Cinquième rapport d'évaluation (Fifth Assessment Report) Sixième rapport d'évaluation (Sixth Assessment Report) |
Le cadre du premier Rapport d’évaluation (AR1) a établi un consensus précoce sur le changement climatique induit par l'homme ; l’AR6 fournit la dernière analyse complète des impacts climatiques et de l'atténuation du changement climatique |
Intégré |
Public |
GIEC |
|
Plateforme de données sur les risques naturels et technologiques, notamment les inondations, les tremblements de terre, la pollution et les risques industriels |
Physique |
Public |
France |
|
|
Outil pour les bâtiments écologiques - CFP Bâtiments verts (Green Buildings Tool – CFP Green Buildings) |
Outil d'évaluation de la performance énergétique, des émissions de carbone et des risques climatiques des portefeuilles immobiliers |
Intégré |
Sur abonnement |
CFP Green Buildings |
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Évaluations du GRESB (GRESB Assessments) |
Cadre d'évaluation de la performance ESG des actifs immobiliers et d'infrastructure |
Intégré |
Sur abonnement |
GRESB |
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Renseignements sur les risques liés à la localisation (Location Risk Intelligence) |
Outil d'évaluation et de gestion des risques physiques liés au climat pour l'impact financier et le reporting |
Physique |
À l'abonnement |
MunichRE |
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Méthodologie pour intégrer les risques physiques liés au climat dans les décisions d'investissement |
Physique |
Public |
Coalition pour les investissements résilients au changement climatique (CCRI, Coalition for Climate Resilient Investment) |
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Plateforme permettant aux fournisseurs de logements sociaux de donner la priorité aux rénovations énergétiques en analysant la consommation énergétique, la performance thermique et le potentiel solaire |
Transition |
Public |
Caisse des dépôts |
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Outil permettant d'évaluer et de vérifier la résilience des bâtiments face aux risques naturels tels que les inondations et les tremblements de terre |
Physique |
Sur abonnement |
JREI, ERS & CTI ENG. CO. LTD |
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Facteur de risque (Risk Factor) |
Fournit des évaluations spécifiques à chaque propriété des risques environnementaux |
Physique |
À la souscription |
First Street |
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Fournit des évaluations physiques du climat au niveau des actifs et du portefeuille et des projections d'impact financier pour soutenir l'adaptation et la gestion des risques |
Physique |
À l'abonnement |
Climate X |
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Ensemble de données pour les indices critiques, les logiciels et les outils de trading du marché de transfert des risques climatiques |
Physique |
À l'abonnement |
Speedwell Climate Ltd |
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Initiative des objectifs fondés sur la science (Science Based Targets Initiative (STBi)) |
Cadre d'outils et de normes scientifiques pour les institutions financières afin d'aligner les flux financiers sur les objectifs de zéro émission nette d'ici 2050 |
Transition |
Via l'enregistrement |
Science Based Targets Initiative (STBi) |
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Boussole de durabilité (Sustainability Compass) |
Outil d'évaluation des risques climatiques, de modélisation des actifs numériques et de reporting réglementaire pour soutenir les stratégies d'adaptation |
Physique |
Sur abonnement |
SwissRE |
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Plateforme d’évaluations spécifiques aux sites des risques climatiques pour orienter les stratégies d'adaptation |
Physique |
Propriétaire |
Tardigrade AI |
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Recommandations du groupe de travail sur les informations financières liées au climat (Taskforce on Climate-Related Financial Disclosures) |
Cadre permettant aux entreprises publiques et autres organisations de divulguer plus efficacement les risques et opportunités liés au climat dans le cadre de leurs processus de reporting existants |
Intégré |
Public |
Conseil de stabilité financière |
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Cadre de référence français pour l'adaptation au changement climatique, fournissant des trajectoires de réchauffement pour orienter la planification et les politiques. |
Physique |
Public |
France |
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Directives d'évaluation du risque de transition (Transition Risk Assessment Guidelines) |
Méthodologie d'évaluation et de divulgation des risques liés à la transition climatique dans le cadre des évaluations immobilières |
Transition |
Public |
ULI |
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Centre de services climatiques urbains (Urban Climate Service Centre) |
Plateforme visant à améliorer l'adaptation au changement climatique et la gestion des risques de catastrophe dans les environnements urbains |
Physique |
Public |
JPI Climate & ERA-NET pour les services climatiques (ERA4CS, ERA-NET for Climate Services) |
Note : Les instruments sont classés par ordre alphabétique.
Source : Enquête de l'OCDE sur les investissements immobiliers à l'épreuve du temps (2025).
Les assureurs, réassureurs et courtiers s'appuient sur des outils avancés de modélisation des risques pour souscrire des couvertures d'assurance. De nombreux outils développés par des sociétés de modélisation spécialisées, des compagnies d'assurance, de réassurance et des sociétés de courtage sont de plus en plus intégrés dans des applications utilisées dans l'ensemble du secteur immobilier. Ces modèles fournissent des informations détaillées et spécifiques à chaque localisation, améliorant ainsi la précision de la souscription et la gestion du portefeuille. Par exemple, l'agence de notation Moody's a acquis RMS, un modélisateur du secteur de l'assurance, afin de développer les Modèles de tempêtes haute définition en Europe (Europe Windstorm High-Definition). Intégrés à la Plateforme intelligente de gestion des risques de Moody’s (Moody's Intelligent Risk Platform), ces modèles permettent d'évaluer les risques liés à de multiples dangers afin de faciliter le transfert des risques et la coordination des interventions d'urgence (Moody's, 2025[75]). La plateforme HWind de Moody's, une plateforme en temps réel sur les cyclones tropicaux, intègre des données satellitaires, aériennes et provenant de bouées pour générer des cartes haute résolution des champs de vent. Contrairement aux catégories traditionnelles d'ouragans, HWind fournit des évaluations spatialement précises de l'exposition au vent afin d'améliorer la précision des estimations des pertes et des réponses aux sinistres. La plateforme combine un ensemble de données historiques sur 25 ans, affiné par des observations post-événementielles pour une analyse rétrospective des risques, avec une analyse en temps réel, comprenant des instantanés du champ de vent toutes les six heures, des scénarios prévisionnels et des analyses des risques pour les tempêtes actives (AOML NOAA, n.d.[76]; Moody's, n.d.[77]).
Un nombre croissant de modèles de risques de catastrophes sont disponibles dans le secteur de l'assurance et de la réassurance, aidant les parties prenantes à quantifier et à cartographier l'exposition aux risques. La plateforme CatRisk Tools, développée par le Forum sur le développement de l'assurance (Insurance Development Forum), fournit un catalogue ouvert de modèles de catastrophes couvrant de multiples risques, régions et types de données, améliorant ainsi la transparence et l'accès aux informations sur les risques pour les gouvernements, les assureurs et les investisseurs (Insurance Development Forum, 2025[78]).
Le secteur émergent de l'intelligence des risques liés au climat évolue dans un environnement inégalitaire. Les institutions financières, les assureurs et les organisations à but non lucratif s'appuient de plus en plus sur des projections hyperlocales d’inondations, d’incendies de forêt et d’ouragans pour guider des décisions représentant des milliards de dollars, qu'il s'agisse d'investissements dans les infrastructures ou de relocalisations des habitants. Cependant, ces mêmes données, qui transforment les régions et les marchés, restent inaccessibles aux PME qui disposent de ressources limitées, aux municipalités (qui peuvent être confrontées à des coûts prohibitifs pour contester des primes d'assurance ou des notations obligataires contestées) ainsi qu’aux propriétaires et locataires individuels. Pour les acheteurs immobiliers, les analyses approfondies à l'aide d'outils spécialisés sont souvent indisponibles, obsolètes ou inabordables pour leurs biens (Condon, 2023[3]). Les fournisseurs de données commerciales peuvent offrir des ensembles de données plus fiables et plus complets à ceux qui peuvent se permettre ces services. Cependant, l'accès à ces sources de données de haute qualité est généralement très coûteux, ce qui favorise une dépendance à long terme envers un nombre limité de prestataires. Cette structure de marché semi-monopolistique réduit la transparence des méthodologies de collecte de données et la qualité des services fournis par ces entités commerciales (PNUE, 2024[46]).
Les pratiques de modélisation propriétaires et opaques obscurcissent la fiabilité des évaluations privées des risques climatiques. De nombreux algorithmes propriétaires fonctionnent comme des boîtes noires, masquant les défauts méthodologiques et amplifiant les incertitudes qui pourraient induire en erreur les efforts d'adaptation. Par ailleurs, certaines entreprises refusent de divulguer des prévisions critiques en matière de vulnérabilité, malgré leurs implications publiques profondes, notamment les prévisions qui signalent des menaces existentielles pour des régions entières (Condon, 2023[3]). De nombreux ensembles de données liées au climat sont basés sur des estimations ou des approximations et manquent de méthodologies transparentes, ce qui nuit à leur crédibilité (NGFS, 2022[79]). Les données fournies par les entreprises ou des sources tierces reposent souvent sur des hypothèses divergentes et des sources peu claires, ce qui rend leur vérification ou leur audit difficile (PNUE, 2024[46]). En conséquence, la qualité des données peut être problématique en raison de lacunes, d'audits limités et de méthodologies floues ou incohérentes (PNUE, 2024[46]).
Le manque de normalisation des données provenant des clients et de sources tierces peut nuire aux comparaisons. Les institutions financières et les fournisseurs de données appliquent souvent des méthodologies différentes, s'appuient sur des hypothèses et des sources variées et suivent des méthodes incompatibles, par exemple dans la manière dont les émissions sont estimées ou les périodes de reporting utilisées (PNUE, 2024[46]). En outre, les données liées au climat manquent souvent de repères pertinents, ce qui rend difficile l'évaluation des expositions au risque ou la réalisation de comparaisons significatives entre pairs (NGFS, 2022[79]). De même, la divulgation des risques liés au climat n'est pas uniforme entre les entreprises, les secteurs et les juridictions, ce qui complique encore davantage les efforts d'évaluation des risques (FSB, 2021[80]).
Le décalage temporel des données liées au climat compromet considérablement la capacité des institutions financières, des régulateurs et des investisseurs à réagir rapidement aux risques émergents liés au climat. Ce décalage inhérent est dû au fait que les entreprises ne déclarent généralement les informations liées au climat qu'une fois par an, et souvent plusieurs mois après la clôture de leur exercice financier. Les fournisseurs de données tiers ont ensuite besoin de temps supplémentaire pour collecter, vérifier et traiter les informations avant qu'elles ne deviennent utilisables (PNUE, 2024[46]). Ce décalage signifie qu'au moment où les données climatiques sont disponibles pour effectuer des évaluations des risques et prendre des décisions d'allocation de capitaux, elles peuvent déjà être obsolètes.
Les cas d'utilisation des évaluations des risques liés au climat présentent des lacunes importantes, notamment des données manquantes, des formats de données incohérents, des indicateurs incomplets et une couverture géographique ou sectorielle limitée (NGFS, 2022[79]). On constate un manque notable d'indicateurs prospectifs cohérents entre les entreprises et les juridictions, en particulier ceux qui reflètent l'incertitude et les risques extrêmes associés aux expositions climatiques (FSB, 2021[80]). Par exemple, le test de résistance climatique 2022 de la Banque centrale européenne a révélé que les banques s'appuyaient sur des modèles et des indicateurs très divergents en raison de lacunes dans les données, ce qui rendait les résultats non comparables et limitait leur capacité à saisir les risques extrêmes (BCE, 2022[81]). Cette absence de données et d'indicateurs fiables et prospectifs peut rendre difficile l'évaluation de la manière dont les risques liés au climat pourraient être amplifiés ou atténués par les mesures prises dans différents secteurs ou par les boucles de rétroaction au sein de l'économie réelle au sens large (FSB, 2021[80]).
De nouvelles méthodologies aident les acteurs du secteur immobilier à évaluer les avantages financiers de la résilience climatique. C'est le cas, par exemple, de la Méthodologie d'évaluation des risques climatiques physiques (PCRAM, Physical Climate Risk Assessment Methodology), développée en 2020/21 par la Coalition pour l'Investissement résilient au climat (CCRI, Coalition for Climate Resilient Investment) et Mott MacDonald. La PCRAM a été créée en réponse au manque d'outils cohérents permettant d'intégrer les risques physiques dans les évaluations financières. Elle vise à combler le déficit mondial de financement de l'adaptation au changement climatique en permettant aux propriétaires d'actifs et aux investisseurs d'évaluer les risques physiques liés au climat en termes financiers et d'identifier les mesures de résilience qui améliorent la performance des actifs et leur valeur à long terme (Mott MacDonald, 2022[82]). Il en résulte une approche structurée et open source qui soutient des stratégies d'adaptation fondées sur des données probantes pour divers types d'actifs. La méthodologie est un processus défini développé par des ingénieurs, gestionnaires d'actifs, investisseurs, fournisseurs de données climatiques et institutions multilatérales afin de soutenir la planification à long terme. Elle vise à fournir un langage commun à toutes les parties prenantes et à établir des Indicateurs clés de performance (KPI, Key Performance Indicators) pour mesurer les enjeux financiers dans différents scénarios futurs (OCDE, 2024[83]). Le processus PCRAM peut utiliser n'importe quel outil de données climatiques pour définir et collecter des données, évaluer la matérialité du risque et établir le dossier climatique, identifier les opportunités de renforcement de la résilience et réévaluer les actifs exposés aux risques liés au climat (Tableau 2.5). En améliorant l'analyse coûts-bénéfices des options d'adaptation, le PCRAM fournit les informations nécessaires pour allouer le capital de manière plus efficace (CCRI, 2021[84]). La publication de PCRAM 2.0 en 2025, sous la direction du Groupe des investisseurs institutionnels sur le changement climatique (IIGCC, Institutional Investors Group on Climate Change) a élargi la portée de cet outil. La version mise à jour intégrera la pensée systémique, les indicateurs de résilience, l'évaluation du risque de crédit et les solutions fondées sur la nature dans ses évaluations (Mott MacDonald, 2022[82]). Alors que les marchés mondiaux s'orientent vers un renforcement de l’application des obligations de divulgation des informations climatiques et de l'intégration des risques, la méthodologie PCRAM constitue un exemple de méthodologie qui sera essentielle pour combler le fossé entre la résilience de l'environnement bâti et la viabilité financière.
Tableau 2.5. Évaluation des avantages financiers de la résilience climatique : l'exemple de la méthodologie d'évaluation des risques climatiques physiques (PCRAM)
Copier le lien de Tableau 2.5. Évaluation des avantages financiers de la résilience climatique : l'exemple de la méthodologie d'évaluation des risques climatiques physiques (PCRAM)|
Étapes |
Définition du périmètre et collecte de données |
Évaluation de la matérialité |
Renforcement de la résilience |
Valorisation |
|---|---|---|---|---|
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Objectif |
Déterminer la suffisance des données |
Évaluer la vulnérabilité des actifs |
Identification des options d'adaptation |
Optimisation de la résilience avec transfert du risque résiduel |
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Sous-tâches |
Lancement du projet Définition du projet Collecte et suffisance des données |
Scénarios de risques Chaînes d'impact Sensibilités financières (rendement et endettement) Distinguer les dommages aigus vs. l'efficacité de performance chronique |
Options d'adaptation, coûts et disponibilité : Durables/structurels (Capex) Opérationnels / Systèmes |
Identifier les indicateurs de résilience Comparaisons des TRI (Taux de rendement interne) Assurabilité et qualité de crédit |
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Résultats |
Étude climatique initiale Composants critiques des actifs et des systèmes Sélection des indicateurs clés de performance Appétit pour le risque Prévisions de trésorerie dans le scénario de base |
Étude climatique détaillée Liste quantifiée des impacts et de leur gravité par composant Prévisions de trésorerie pour le(s) scénario(s) climatique(s) |
Évaluation répétée de la matérialité Coût/bénéfice des mesures appropriées Voies d'adaptation Prévisions de trésorerie pour le(s) scénario(s) de résilience |
Description du scénario d'investissement Implications en termes de valeur pour les acteurs de la chaîne de valeur de l'investissement, par exemple les investisseurs, les prêteurs, les assureurs |
|
Étapes décisionnelles |
Étape A : Quelles sont les limites du champ d'application et la suffisance des données selon la stratégie d'investissement ? |
Étape B : Les RCP risques climatiques physiques sont-ils significatifs pour le ou les actifs ? En examinant les indicateurs clés de performance des actifs, quels sont les facteurs qui influencent la matérialité ? |
Porte C : Quelles sont les options d'adaptation les plus efficaces pour cet actif, le moment optimal pour leur mise en œuvre et les parties responsables du financement et de l'exécution ? |
Porte D : Comment optimiser et encourager les investissements dans la résilience, tout en garantissant une répartition équitable des risques et des bénéfices entre les acteurs de la chaîne de valeur ? |
Source : (IIGCC, 2025[85])
Méthodologies d'évaluation des risques de transition
Copier le lien de Méthodologies d'évaluation des risques de transitionL'évaluation des risques de transition dans l'immobilier progresse grâce à de nouveaux outils et à des méthodologies standardisées. Ces méthodologies intègrent de plus en plus des scénarios climatiques prospectifs, tels que ceux du Réseau pour le verdissement du système financier (NGFS, Network for Greening the Financial System), afin de quantifier les impacts financiers potentiels sur les valorisations immobilières et les flux de trésorerie. En outre, des cadres spécifiques à chaque secteur voient le jour afin de traiter les vulnérabilités propres à chaque type de bien immobilier, allant des bureaux commerciaux aux bâtiments résidentiels, garantissant ainsi une analyse des risques plus fine et plus précise (UNEP FI, 2022[86]).
Les cadres scientifiques sont des outils essentiels pour évaluer la conformité des actifs immobiliers avec les trajectoires de décarbonation et pour identifier les actifs potentiellement bloqués (« stranded assets ») dans le cadre des objectifs mondiaux de neutralité carbone. Le Moniteur immobilier du risque carbone (CRREM, Carbon Risk Real Estate Monitor), développé par un consortium d'institutions de recherche européennes et de partenaires industriels avec le cofinancement du programme Horizon 2020 de l'Union européenne (CRREM, 2023[87]), en est un exemple phare. Le CRREM propose des trajectoires de décarbonation fondées sur des données scientifiques pour différents types de biens immobiliers et différents pays, conformément aux ambitions de l'Accord de Paris visant à limiter le réchauffement climatique à moins de 2 °C (CRREM, 2023[87]). Les trajectoires du CRREM sont recommandées pour fixer des seuils d'émissions des bâtiments, car elles traduisent les objectifs climatiques macroéconomiques en références au niveau des actifs, en définissant une consommation énergétique annuelle maximum et une intensité des émissions de carbone qui diminuent de manière prévisible chaque année jusqu'en 2050 (UNEP FI, 2022[86]). En comparant les performances actuelle et projetée d'un bâtiment à ces critères rigoureux, les investisseurs peuvent calculer son risque spécifique d'immobilisation (« stranding risk »), défini comme l'année où l'actif devrait dépasser son budget carbone, ce qui indique une forte probabilité d'augmentation des coûts et de sanctions réglementaires, une dépréciation de la valeur et une obsolescence potentielle (PNUE, 2024[46]). En conséquence, le CRREM est devenu une norme sectorielle pour répondre aux exigences de divulgation dans le cadre de référentiels tels que le Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (TCFD) et le Règlement européen sur la divulgation d'informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (SFDR, EU Sustainable Finance Disclosure Regulation). Il constitue une structure de base pour éclairer les méthodologies fondées sur les données afin de pérenniser les investissements immobiliers face aux risques futurs (Noels & Jachnik, 2022[88]).
Les rapports standardisés sur les risques de transition permettent au secteur immobilier de financer des bâtiments plus écologiques en justifiant clairement les investissements dans la rénovation des bâtiments et dans des nouveaux actifs durables. Les lignes directrices relatives à l'évaluation des risques liés à la transition, publiées par l'Urban Land Institute (ULI) en 2023, établissent une méthodologie en libre accès pour intégrer les risques liés à la transition climatique dans les modèles d'actualisation des flux de trésorerie et dans les décisions d'investissement au niveau des actifs afin de quantifier le coût de l'action et/ou de l'inaction. Douze risques matériels sont identifiés, dont neuf peuvent être quantifiés directement dans les modèles financiers. Il s'agit notamment du coût de la décarbonation, des fluctuations des coûts énergétiques, de la tarification du carbone appliquée aux émissions opérationnelles et aux émissions incorporées, de l'amortissement accéléré et de l'obsolescence, des vacances locatives résultant de perturbations liées à la rénovation ou de la non-conformité en matière de durabilité, des exigences réglementaires au titre des normes minimales de performance énergétique, de l'accès restreint à l'assurance, de la réduction de l’accès au capital de dette et des variations des taux de rendements à la sortie (exit yields) à mesure que les marchés réévaluent les actifs alignés sur le carbone par rapport à ceux qui ne le sont pas. Trois autres risques ne sont pas encore quantifiables dans les modèles de flux de trésorerie, mais restent importants : les contraintes internes en matière de ressources ; le risque réputationnel ; et le traitement du taux d'actualisation et de l'inflation. Les lignes directrices fournissent des modèles de divulgation permettant une communication cohérente de ces risques entre les propriétaires, les gestionnaires, les évaluateurs, les entités transactionnelles et les investisseurs institutionnels, et sont conçues pour compléter les pratiques d'évaluation et les cadres de reporting existants, tels que le groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (TCFD)Elles utilisent également les trajectoires du CRREM comme référence pour identifier le risque d'immobilisation des actifs et aligner les hypothèses d'investissement sur les trajectoires sectorielles de décarbonation (ULI Europe, 2023[89]; ULI Europe, 2025[90]).
Afin de soutenir l'adoption de ses lignes directrices, l'ULI développe actuellement Preserve, un outil Excel en libre accès dont la publication est prévue en 2026. Preserve automatisera l'intégration des risques de transition dans les modèles financiers, établira un lien direct entre l'analyse des investissements et les trajectoires du CRREM et permettra aux utilisateurs de réaliser des tests de scénarios réglementaires et de marché, des analyses de sensibilité ainsi que des quantifications du coût de l'inaction et du coût de la décarbonation. Ensemble, les lignes directrices et l'outil visent à fournir une base standardisée pour intégrer les risques de transition dans l'évaluation immobilière et les pratiques de divulgation (ULI Europe, 2024[91]).
Relier l'évaluation des risques physiques liés au climat à celle des risques de transition
Copier le lien de Relier l'évaluation des risques physiques liés au climat à celle des risques de transitionUne évaluation complète des risques liés au climats doit tenir compte à la fois des risques physiques et des risques de transition. Alors que les risques physiques découlent de phénomènes climatiques tels que les inondations, les tempêtes et les chaleurs extrêmes, les risques de transition résultent des changements réglementaires, technologiques et commerciaux liés à la transition vers une économie à faible intensité de carbone. En pratique, ces deux types de risques se recoupent et se renforcent mutuellement. Des évaluations utiles à la prise de décision nécessitent donc des infrastructures communes permettant de relier l'exposition aux aléas climatiques aux impacts financiers et aux objectifs de politique publique. Trois facteurs en particulier établissent un lien entre ces types de risques : les initiatives des organisations internationales, la numérisation et l'analyse de scénarios. Ces catalyseurs permettent l’intégration des données scientifiques, une surveillance en temps réel et des trajectoires prospectives.
Initiatives internationales
Les organisations internationales fournissent des instruments essentiels qui font le lien entre l'évaluation des risques physiques liés au climat et des risques de transition en sélectionnant, harmonisant et diffusant des données, des outils et des cadres. Contrairement aux gouvernements nationaux, leurs plateformes fonctionnent à l'échelle mondiale, garantissant la comparabilité entre juridictions tout en reliant les données sur les risques aux indicateurs financiers, politiques et d'émissions. Elles sont donc particulièrement précieuses pour les décideurs du secteur immobilier, qui doivent gérer à la fois l'exposition physique des actifs aux risques liés au climats et les pressions de transition résultant de la réglementation, de la technologie et des marchés.
L’Outil de suivi du climat et des conditions météorologiques de l'AIE-OCDE (IEA-OECD Climate and Weather Tracker) illustre ce rôle d’interface en intégrant les données sur les risques et la modélisation des systèmes énergétiques dans une seule plateforme open source. La plateforme intégrée combine deux outils open source. L’Outil de suivi de l'exposition aux risques liés au climats (Climate Hazard Exposure Tracker) fournit une analyse détaillée de la manière dont les populations et les infrastructures critiques sont affectées par les risques liés au climat tels que les épisodes de chaleur extrême, les risques d'incendies de forêt et les inondations côtières et fluviales, avec une couverture complète des données de 1979 à 2024. L’Outil de suivi météorologique pour l’énergie (Weather for Energy Tracker), développé en partenariat avec la Fondazione Euro-Mediterraneo Sui Cambiamenti Climatici (CMCC), fournit des données météorologiques précises adaptées aux applications du secteur énergétique. Il propose des ensembles de données à résolution quotidienne et mensuelle de 1979 à aujourd'hui, ainsi que des références climatologiques mensuelles et des calculs d'anomalies. Les capacités analytiques de la plateforme sont renforcées par l'intégration des données d'observation de la Terre du programme Copernicus de l'Union européenne, qui fournissent des couches supplémentaires d'informations sur la surveillance environnementale (AIE et OCDE, 2024[92]). L'Encadré 2.2 présente plus en détail les autres cadres et initiatives de l'OCDE en matière de résilience climatique.
Encadré 2.2. Instruments et publications de l'OCDE sur la résilience climatique
Copier le lien de Encadré 2.2. Instruments et publications de l'OCDE sur la résilience climatiqueLes contributions plus larges de l'OCDE au climat et à l'immobilier visent à traiter les risques physiques et de transition. L’OCDE a développé un large éventail d'outils de données, d'instruments financiers et de publications analytiques liés au climat qui aident les décideurs politiques dans la gestion des risques pesant sur l'environnement bâti.
Cadres politiques et stratégiques de l'OCDE pour aider à faire face au risque de transition
Un des travaux majeurs de l'OCDE en matière de gestion des risques est l'Approche territoriale de l'action climatique et de la résilience (TACAR, Territorial Approach to Climate Action and Resilience), qui aide les décideurs à élaborer des politiques d'action climatique et de résilience plus efficaces et adaptées au contexte local. Les bâtiments étant des actifs immobiliers dont l'exposition aux risques et aux pressions liées à la transition varie considérablement d'une région à l'autre, l'approche TACAR, qui consiste à prendre en compte les disparités territoriales, à renforcer la coordination entre les niveaux national et local de gouvernance et à améliorer l'accès au financement climatique infranational, est particulièrement pertinente (OCDE, 2023[93]).
Le Programme d'action international sur le climat (IPAC, International Programme for Action on Climate) vise à suivre les progrès mesurables réalisés à l’échelle mondiale vers la réalisation de l'objectif de neutralité des émissions nettes de gaz à effet de serre (GES) et la mise en place d'économies résilientes d'ici 2050, conformément à l'Accord de Paris. Cela est particulièrement pertinent pour le secteur immobilier, qui représente une part importante des émissions mondiales de gaz à effet de serre et qui est confronté à des risques de transition importants, notamment le risque de voir certains actifs devenir « immobilisés » en cas de retard dans la décarbonation. L'IPAC fournit un suivi macroéconomique essentiel et des indicateurs mesurables qui aident à évaluer à la fois les efforts collectifs de décarbonation et les vulnérabilités systémiques. Pour faire face aux risques de transition, il utilise les indicateurs Tendances et objectifs en matière de gaz à effet de serre (GETT, Greenhouse Gas Trends and Targets) pour évaluer les progrès par rapport aux objectifs d'émissions, ainsi que le Cadre de mesure des actions et politiques climatiques (CAPMF, Climate Actions and Policies Measurement Framework) pour évaluer l'efficacité des politiques. L'un des principaux éléments structurels de l'IPAC est le Tableau de bord des actions climatiques (Climate Action Dashboard) et le Moniteur des actions climatiques (Climate Action Monitor). Le Tableau de bord offre une vue d'ensemble des actions climatiques des pays et suit les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs climatiques. Le Moniteur propose ensuite un résumé annuel, sous la forme d'un rapport qui résume les progrès accomplis et identifie les bonnes pratiques en matière d'atténuation et d'adaptation (OCDE, n.d.[94]; OCDE, n.d.[95]; OCDE, n.d.[96]).
Le Forum inclusif sur les approches d'atténuation du carbone (IFCMA, Inclusive Forum on Carbon Mitigation Approaches) est l'initiative phare de l'OCDE en matière de climat. Il vise à optimiser les efforts mondiaux de réduction des émissions en améliorant le partage des données et des informations et en favorisant le dialogue sur les performances comparatives des politiques d'atténuation entre les différentes juridictions. La base de données sur les politiques climatiques de l'IFCMA classe systématiquement les instruments par type (économiques, réglementaires, internationaux) et utilise des critères standardisés pour permettre la comparaison entre les différentes approches d'atténuation des pays, soutenir les objectifs climatiques mondiaux et faciliter de nouvelles recherches empiriques (OCDE, 2024[97]; OCDE, n.d.[98]). Cela est particulièrement important pour le secteur immobilier, où l'incertitude quant aux évolutions futures des politiques et réglementations climatiques constitue un obstacle à l'évaluation des risques de transition.
Bases de données de l'OCDE pour traiter à la fois les risques physiques et les risques de transition
En outre, l'OCDE a développé des bases de données en ligne accessibles qui offrent un large accès à des données statistiques variées permettant d'évaluer à la fois les risques physiques et les risques de transition, comme indiqué dans le Tableau 2.6.
Tableau 2.6. Outils de données de l'OCDE
Copier le lien de Tableau 2.6. Outils de données de l'OCDE|
Outil de données |
Risque couvert |
Objectif principal |
|---|---|---|
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Outil de suivi de l’exposition aux risques liés au climats (qui fait partie de l'outil de suivi météorologique, du climat et de l'énergie de l'AIE-OCDE) (Climate Hazard Exposure Tracker) |
Risques physiques |
Analyse détaillée de l'impact des risques physiques tels que les chaleurs extrêmes, les incendies de forêt et les inondations sur les populations et les infrastructures critiques. |
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Outil de suivi météorologique pour l'énergie (qui fait partie de l'outil de suivi météorologique, climatique et énergétique de l'AIE-OCDE) (Weather for Energy Tracker) |
Risques physiques et risques liés à la transition |
L’Outil de suivi météorologique pour l’énergie (Weather for Energy Tracker) de l'AIE-CMCC fournit des données climatiques historiques quotidiennes et mensuelles de 1979 au dernier mois disponible, y compris les moyennes à long terme (climatologies) et les écarts (anomalies) au niveau des grilles, des pays et des régions. Pour le secteur immobilier, cet outil facilite l'évaluation des risques physiques en mettant en évidence la manière dont les phénomènes tels que les vagues de chaleur, les tempêtes ou les variations des précipitations affectent des lieux spécifiques au fil du temps. Il aide également à anticiper les risques de transition, car les variations de température et de précipitations influencent directement la demande énergétique pour le chauffage et la climatisation, ce qui a une incidence sur les coûts d'exploitation, les performances en matière d'efficacité énergétique et la conformité aux normes de construction en constante évolution. |
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Moniteur climatique (proposé par le portail de données locales de l'OCDE) (Climate Monitor) |
Risques physiques et de transition |
Surveille les indicateurs relatifs à l'atténuation du changement climatique, à ses impacts et à ses risques au niveau infranational. |
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Risques liés à la transition |
Statistiques détaillées sur l'adaptation au changement climatique et la résilience, l'atténuation du changement climatique et la transition vers la neutralité carbone, le financement et l'investissement pour les objectifs climatiques et environnementaux, les infrastructures, le financement infranational, l'investissement et le développement urbain et les villes. |
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Instruments politiques pour l'environnement PINE, Policy Instruments for the Environment) |
Risques physiques et de transition |
Base de données rassemblant des informations officielles quantitatives et qualitatives sur les instruments politiques pertinents pour la protection de l'environnement et la gestion des ressources naturelles, tels que l'atténuation du changement climatique et l'adaptation à celui-ci. |
Les organisations internationales jouent le rôle de curation, en orientant les utilisateurs parmi le nombre croissant d'outils émergents. La Veille climatique (Climate Watch) du World Resources Institute (WRI) recense plus de 100 plateformes de suivi des émissions, des financements et des stratégies d'adaptation, contribuant ainsi à aligner les efforts sur les objectifs climatiques mondiaux (WRI, 2025[102]). Pour des analyses spécifiques à une région, le Centre de prévision climatique de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (ICPAC, Intergovernmental Authority on Development) met à disposition des jeux de données centrés sur l'Afrique, tels que les estimations des précipitations issus du Climate Hazards Group InfraRed Precipitation with Station Data (CHIRPS), tout en établissant des liens vers des sources mondiales telles que NASA Earth Data et Copernicus (ICPAC, 2025[103]). Pour les analyses macroéconomiques, le Catalogue Mondial des Jeux de données de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) fournit des données rigoureusement vérifiées, notamment celles du Centre mondial de données sur le ruissellement (Global Runoff Data Centre) et de la Base de données océanographiques mondiales (World Ocean Database), évaluées à l'aide de la matrice de maturité de la gestion de l'OMM (WMO Stewardship Maturity Matrix) (OMM, 2025[104]). L’Explorateur des plateformes de données climatiques (Climate Data Platforms Explorer) de la Climateworks Foundation répertorie plus de 100 outils consultables par thématique (par exemple l’atténuation ou l’énergie) et par échelle (du niveau mondial au niveau des villes) (Climateworks Foundation, 2025[105]). Dataland, développée dans le cadre de l'Initiative financière du Programme des Nations unies pour l'environnement (United Nations Environment Programme Finance Initiative – UNEP FI), est une plateforme open source qui intègre des cartes des risques d'inondation, des données sur les îlots de chaleur urbains et des projections sur la vulnérabilité des infrastructures selon les scénarios du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Le tableau de bord des risques liés au climat liés au climat (Climate Risk Dashboard) de l'UNEP FI compile plus de 80 outils d’évaluation des risques, avec des descriptions de leurs fonctionnalités et de leurs usages. Une comparaison plus approfondie de ces outils est disponible dans les rapports ultérieurs du Paysage des risques liés au climat risques liés au climat (Climate Risk Landscape) de l’UNEP (UNEP, 2023, 24). À l’échelle des projets, la Boîte à outils d’adaptation M&E (Adaptation M&E Toolbox) offre un aperçu des outils développés par l'Agence allemande de coopération internationale (GIZ) pour le suivi et l'évaluation de l'adaptation, tandis que Climate Analytics compile des outils en libre accès destinés aux décideurs publics et aux chercheurs travaillant sur les impacts et les mesures climatiques (UCR GIZ, 2025[106]; Climate Analytics, 2025[107]).
Les coalitions pour des bâtiments durables fournissent des conseils essentiels et des outils pratiques pour aider leurs membres à évaluer les risques et à accélérer la transition vers un environnement bâti résilient et zéro émission. Fondée lors de la COP21 et hébergée par le PNUE, l'Alliance mondiale pour les bâtiments et la construction (GlobalABC) est la principale plateforme internationale qui rassemble plus de 380 membres, dont 71 pays, afin de promouvoir un environnement bâti zéro émission, efficace et résilient au changement climatique. En tant que porte-voix mondial du secteur, elle catalyse l'action de ses membres par le biais de forums internationaux sur le climat, soutient les gouvernements avec des feuilles de route politiques, mobilise les transitions du secteur privé et suit les progrès via son rapport sur la situation mondiale (Global Status Report) et son outil Climate Tracker (PNUE Global ABC, 2025[108]). Par l'intermédiaire de son groupe de travail sur l'adaptation, GlobalABC mène une révision complète des méthodologies d'évaluation de la résilience des bâtiments et des constructions, dans le but de renforcer la transparence, la comparabilité et l'innovation dans les approches d'adaptation au changement climatique. GlobalABC fournit notamment une base de données exploitable et en constante évolution, qui répertorie plus de 40 outils et méthodologies, permettant ainsi aux décideurs politiques, aux entreprises et aux dirigeants municipaux des ressources pratiques pour accélérer la transformation systémique du secteur (PNUE Global ABC, 2025[109]).
À mesure que les marchés et les cadres réglementaires évoluent, les décideurs comptent sur des cadres et sources internationaux afin de disposer d’options claires pour sélectionner les outils, cadres et scénarios liés aux risques liés au climat risques liés au climat les mieux adaptés à leurs besoins et à leur contexte. En pratique, cela signifie que les jeux de données relatifs aux aléas, aux conditions météorologiques et à la vulnérabilité des infrastructures alimentent directement les évaluations des risques physiques pesant sur les actifs, les populations et les chaînes d’approvisionnement. Parallèlement, les plateformes qui suivent les émissions, les financements climatiques et l’alignement des politiques mettent en évidence les risques de transition, notamment les évolutions réglementaires, les mutations de marché et les risques de réputation. En reliant ces deux dimensions, ces initiatives permettent aux décideurs d’anticiper et de relever le double défi consistant à s’adapter aux impacts physiques du changement climatique tout en menant la transition vers une économie à faibles émissions de carbone et à faible empreinte environnementale. En définitive, l’utilisation de ces outils ne constitue qu’une première étape : l’impact réel dépend de la capacité à traduire ces informations en décisions fondées sur des données, éclairant les stratégies d’investissement, la conception des politiques publiques et la gestion des risques.
La frontière technologique : BIM, jumeaux numériques et au-delà
La numérisation transforme l'évaluation des risques liés au climat en permettant la collecte, l'intégration et l'analyse en temps réel des données relatives aux bâtiments et à l'environnement. Contrairement aux règles de divulgation statiques ou aux jeux de données ponctuels, les plateformes numériques permettent aux décideurs de surveiller en continu la performance des bâtiments, de simuler les conditions climatiques et réglementaires futures et d'intégrer directement les résultats dans les décisions financières et politiques. La numérisation devient ainsi un levier essentiel pour lier l’évaluation des risques physiques à celle des risques de transition.
Des outils tels que la modélisation des informations du bâtiment modélisation des informations du bâtiment (BIM, Building Information Modelling) permettent aux acteurs du secteur de l’immobilier et de la construction de créer des représentations numériques détaillées des actifs physiques avant même le début des travaux. Ces modèles intègrent des attributs essentiels tels que la géométrie, les matériaux, l'intégrité structurelle et les systèmes énergétiques, ce qui favorise une construction plus efficace et une meilleure gestion sur l’ensemble du cycle de vie. Les plateformes de conception intègrent la conception paramétrique 3D et l'analyse des performances, ce qui permet aux promoteurs de tester des scénarios incluant la consommation d'énergie, l'accès à la lumière naturelle et la ventilation dans des conditions climatiques actuelles et prévues (Autodesk, 2025[110]). Le BIM facilite également la collaboration entre les architectes, les ingénieurs et les entreprises de construction en fournissant un espace de travail numérique partagé, ce qui améliore la réalisation des constructions et réduit les déchets de construction (AIE, 2017[111]).
Les jumeaux numériques prolongent cette approche en créant des répliques dynamiques et tridimensionnelles de bâtiments et de zones urbaines qui intègrent des flux de données en temps réel afin de constituer des systèmes de supervision omniscients (Yoon, 2023[112]). À l’échelle du bâtiment, les jumeaux numériques combinent des modèles BIM, des capteurs et des données climatiques pour évaluer la consommation d'énergie, la ventilation et la résilience à la chaleur ou aux inondations. Ces outils permettent aux concepteurs et aux gestionnaires d'actifs de prendre des décisions éclairées et plus résilientes au changement climatique, de la phase de planification jusqu’à l'exploitation. Dans le quartier de Belval au Luxembourg, des aciéries désindustrialisées ont été reconverties en établissements d'enseignement et en bâtiments publics. Des jumeaux numériques y ont été utilisés pour optimiser l’ensoleillement, les besoins de refroidissement et la gestion de l'eau, dans le cadre d’une collaboration entre l'Université du Luxembourg et le Centre d’innovation en jumeaux numériques de l’Institut de Sciences et de Technologie du Luxembourg (LIST, 2025[113]). Plus largement, les jumeaux numériques peuvent mobiliser des données géospatiales, des capteurs en temps réel, des modèles hydrodynamiques et des prévisions climatiques pour évaluer les risques à l’échelle de quartiers ou des bassins versants entiers. Dans le bassin de l'Alzette au Luxembourg, un jumeau numérique issu de la recherche combine l'imagerie satellitaire Sentinel-1, la modélisation hydraulique LISFLOOD-FP et les prévisions de débit du Système mondial de prévision et d’alerte aux inondations (GloFAS, Global Flood Awareness System) afin de produire des simulations quotidiennes d'inondations jusqu'à 30 jours à l'avance. Ces jumeaux numériques aident les services d'urgence, les gestionnaires d'infrastructures et les urbanistes municipaux en testant la robustesse des stratégies de protection contre les inondations et en facilitant une planification de l’usage des sols fondée sur des données (Nguyen et al., 2025[114]).
Les jumeaux numériques peuvent également contribuer à répondre aux défis urbains pressants, notamment les risques liés au climat risques liés au climat et rareté du foncier. En 2012, l’Autorité foncière de Singapour (SLA, Singapore Land Authority) a lancé Singapour Virtuel (Virtual Singapore), premier jumeau numérique à l'échelle nationale au monde, afin de relever ces défis dans cette cité-État densément peuplée. Le projet a mobilisé des avions et des véhicules terrestres équipés de scanners laser pour capter avec précision les caractéristiques du terrain et du bâti afin de produire une cartographie 3D complète. Ce modèle 3D dynamique, alimenté par la technologie 3DEXPERIENCE PLATFORM de Dassault Systèmes, combine une cartographie urbaine précise millimétrique avec des données environnementales en temps réel afin de transformer la planification immobilière et l'évaluation des risques (Dassault Systèmes, n.d.[115]). Le programme GPS Lands Singapore a ensuite intégré ces jeux de données au sein d’une plateforme unique, permettant une évaluation précise des risques d'inondation, une optimisation de l’usage des sols et une planification coordonnée des infrastructures pour l'ensemble des autorités publiques. Le modèle de surface du jumeau numérique soutient désormais les agences gouvernementales dans la gestion des actifs, notamment la surveillance de la canopée et l'attribution des espaces verts, tandis que la cartographie souterraine contribue à réduire la congestion des réseaux et les risques liés aux excavations grâce à l'initiative Souterrain Numérique (Digital Underground) (UTM, 2025[116]; IG, 2023[117]; SLA, 2025[118]).
La plateforme complémentaire Jumeau Climatique (Climate Twin) fournit une analyse microclimatique à l’échelle de l’îlot, en quantifiant l'impact des infrastructures vertes sur les températures et la valeur des actifs immobiliers. Les simulations avancées de la plateforme Jumeau Climatique permettent aux promoteurs immobiliers de Singapour de tester leurs bâtiments dans des scénarios météorologiques extrêmes. La modélisation des inondations intègre les marées et la capacité de drainage, tandis que l’analyse des flux de vent vise à garantir que les nouvelles tours contribuent à améliorer la ventilation urbaine. La cartographie solaire permet d’anticiper les besoins en refroidissement, ce qui influence directement la conception des façades et des systèmes énergétiques. Les analystes immobiliers utilisent désormais ses projections de stress thermique pour évaluer les primes de risque liées au climat, tandis que les architectes exploitent ses outils d'analyse des ombres pour optimiser l'orientation des bâtiments (The Straight Times, 2024[119]; experion, 2025[120]). Les systèmes Jumeau Climatique et Singapour Virtuel permettent aux parties prenantes de modéliser différents scénarios et de les tester en temps réel, contribuant ainsi aux objectifs 80-80-80 de Singapour pour 2030 : verdir 80 % des bâtiments, garantir que 80 % des nouvelles constructions soient à très faible consommation d’énergie et améliorer de 80 % l’efficacité énergétique des bâtiments les plus performants par rapport aux niveaux de 2005 (BCA, 2025[121]).
La numérisation des données relatives à la performance énergétique des bâtiments facilite la conception, la mise en œuvre et le suivi des politiques d'efficacité énergétique axées sur les résultats. L'utilisation de l'Internet des objets (Internet of Things – IoT) grâce à l'intégration de capteurs et de systèmes intelligents dans les bâtiments permet de créer des boucles de rétroaction en temps réel entre performance énergétique, conformité réglementaire et exposition aux risques liés au climat. Les compteurs intelligents, par exemple, peuvent faciliter la mise en œuvre de politiques fondées sur la performance. Par exemple, en France, la plateforme Observatoire de la Performance Énergétique, de la Rénovation et des Actions du Tertiaire (OPERAT), mise en place dans le cadre du décret tertiaire, impose aux propriétaires et exploitants de bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² des obligations juridiquement contraignantes visant à réduire la consommation d'énergie finale de 40 % d'ici 2030, de 50 % d'ici 2040 et de 60 % d'ici 2050. Elle contribue également à la constitution d'une base de données permettant d'évaluer les risques liés à la transition, notamment en termes d'efficacité énergétique et de conformité carbone (Legifrance, 2019[122]; OPERAT, 2025[123]). Des prestataires privés développent des solutions complémentaires. Par exemple, les plateformes Open Energy d'Egis utilisent les données de l'IoT pour modéliser la performance énergétique de portefeuilles immobiliers entiers, fournissant des tableaux de bord reliant la consommation opérationnelle aux scénarios climatiques et à la planification des rénovations (OpenEnergy, 2025[124]).
Analyse de scénarios : une base commune pour l'évaluation des risques physiques et des risques de transition
L'analyse de scénarios offre un cadre commun permettant d'évaluer de manière prospective les risques physiques et de transition, tout en éclaire la prise de décision. Contrairement aux données historiques ou aux analyses comparatives statiques, les scénarios permettent aux investisseurs, aux assureurs et aux décideurs publics d'explorer différents futurs possibles dans un contexte d'incertitude, de tester des stratégies de résilience et de quantifier le coût de l'inaction. Ils sont essentiels dans la mesure où les risques liés au climat se déploient sur le long terme, avec des interactions complexes entre les différents aléas, les trajectoires socio-économiques et les réponses politiques.
Plusieurs trajectoires peuvent conduire à un même scénario, selon l’approche retenue et les acteurs impliqués. Ces trajectoires sont orientées vers l'action : elles décrivent la séquence d'actions, de décisions politiques et de changements systémiques nécessaires pour atteindre un résultat ou un scénario spécifique. Les observations historiques ne suffisent pas à elles seules pour évaluer les futurs risques liés au climat risques liés au climat, car les conditions futures dépendent des émissions de gaz à effet de serre, elles-mêmes liées au développement socio-économique, aux progrès technologiques et aux choix de politiques publiques (GIEC, 2000[125]). Afin de tenir compte de cette incertitude, il est courant de mobiliser un ensemble de scénarios qui reflètent différentes trajectoires d'émissions. Ces scénarios permettent aux parties prenantes d'évaluer l’ampleur et la probabilité des futurs risques liés au climat sur des horizons temporels pertinents (UK Environment Agency, 2023[126]).
Plusieurs cadres de scénarios reconnus à l'échelle internationale sont actuellement utilisés pour soutenir la planification des investissements, la gestion des risques de portefeuilles et la conformité réglementaire relatifs à l'environnement bâti. Les scénarios climatiques sont élaborés par des institutions telles que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et le Réseau pour le verdissement du système financier (Network for Greening the Financial System NGFS), entre autres. Ensemble, ces institutions ont produit des dizaines de scénarios de référence.
Les trajectoires représentatives de concentration (RCP, Representative Concentration Pathways) du GIEC ont été élaborées en vue du cinquième rapport d'évaluation (AR5) du GIEC et présentés officiellement en 2014 par la communauté des modélisateurs climatiques, sous l’égide du Consortium d'évaluation intégrée (IAMC, Integrated Assessment Modeling Consortium) (GIEC, 2007[127]). Les RCP décrivent un ensemble de trajectoires de concentration de gaz à effet de serre et leurs niveaux associés de forçage radiatif à horizon 2100, mesurés en watts par mètre carré (W/m²). Ces scénarios vont du RCP1.9, un scénario d'atténuation très ambitieux (le forçage radiatif par mètre carré augmente de 2,6 watts en 2100), qui reflète les efforts d'atténuation importants alignés sur une politique climatique ambitieuse, au RCP8.5 (le forçage radiatif par mètre carré augmente de 8,5 watts en 2100), un scénario de réchauffement très élevé qui suppose des émissions importantes et une atténuation limitée. Les modélisateurs utilisent les RCP pour projeter les impacts physiques du changement climatique tels que l'augmentation des températures mondiales, l’élévation du niveau de la mer ou la fréquence des événements météorologiques extrêmes (IIAS, 2025[128]). Bien que les RCP fournissent des données climatiques essentielles, ils de décrivent pas les conditions économiques ou politiques qui conduisent à ces niveaux d'émissions et restent limités pour l’analyse des émissions à court terme. Cela limite leur application pour des investisseurs qui doivent évaluer des facteurs de risque plus larges dans le secteur immobilier (Peters, 2020[129]).
Pour remédier à cela, le GIEC a introduit les scénarios socio-économiques partagés (SSP, Shared Socioeconomic Pathways) comme cadre complémentaire. Les SSP décrivent des avenirs socio-économiques cohérents, intégrant des hypothèses sur la croissance démographique, l'urbanisation, le développement économique, les changements technologiques et les ambitions des politiques climatiques. Les cinq SSP vont du SSP1 (durabilité), qui modélise une croissance inclusive et respectueuse de l'environnement, au SSP5, qui suppose une forte croissance économique et une dépendance continue à l'égard des énergies à forte intensité carbone. Ces scénarios offrent plus de 30 combinaisons possibles fondées sur des données (Pirani, 2024[130]). Si les SSP permettent de contextualiser les trajectoires d'émissions, ils ne quantifient pas directement les impacts climatiques sans être associés à un RCP (GIEC, 2021[131]).
En combinant les SSP et les RCP, le GIEC a créé le cadre SSP-RCP, qui permet une analyse intégrée des scénarios climatiques. Ce cadre offre la possibilité aux utilisateurs d'évaluer à la fois les impacts physiques du changement climatique et les facteurs socio-économiques qui les sous-tendent. Par exemple, le SSP1-1.9 La voie verte (Taking the Green Road) correspond à un scénario axé sur la durabilité, compatible avec la limitation du réchauffement à 1,5 °C, tandis que le SSP5-8.5 reflète un monde caractérisé par des émissions élevées et une forte croissance (NZ Gov, 2024[132]). Ces combinaisons constituent pour les investisseurs immobiliers un outil opérationnel pour évaluer l'évolution des risques liés au climat selon différents scénarios mondiaux. Les investisseurs peuvent utiliser ces scénarios pour évaluer leur exposition aux événements extrêmes, les évolutions des dynamiques de croissance urbaine ou encore les implications économiques des politiques d'atténuation. Le cadre SSP-RCP alimente de nombreux modèles de risque immobilier et outils réglementaires visant à soutenir des décisions d'investissement résilientes et orientées vers l'avenir (UNEP FI, 2023[133]).
Les scénarios climatiques élaborés par le Réseau pour le verdissement du système financier (NGFS) offrent une approche centrée sur le secteur financier pour évaluer les risques liés au climat. Créé en 2017, le NGFS est une coalition mondiale regroupant 141 banques centrales et autorités de surveillance qui œuvrent à la gestion des risques liés au climat et au développement de la finance durable. Ses principaux scénarios climatiques, élaborés en collaboration avec des instituts de recherche de premier plan, proposent des trajectoires prospectives permettant aux institutions financières d’évaluer les risques et d’orienter leurs stratégies de transition, sans pour autant prédire des résultats précis. Ces scénarios intègrent des variables macroéconomiques, sectorielles et de risques physiques selon quatre trajectoires principales : ordonnée, désordonnée, monde à effet de serre et trop peu, trop tard (Graphique 2.4). Les scénarios climatiques à court terme du NGFS apportent en outre une perspective à plus brève échéance en modélisant les effets immédiats des chocs climatiques et politiques publiques sur la stabilité financière. Il s'agit d'un outil accessible au public destiné à orienter l'analyse des effets immédiats du changement climatique. Bien qu'initialement destinés à être utilisés par les autorités de régulation, ces scénarios sont de plus en plus utiles pour les investisseurs immobiliers qui cherchent à évaluer les risques à court terme tels que la réévaluation des primes d'assurance, la volatilité des marchés ou les effets sur la liquidité. Ils permettent de quantifier à la fois les risques liés à la transition (tels que les coûts liés aux politiques publiques, la tarification du carbone et les actifs échoués) et les risques physiques susceptibles d’avoir un impact sur la performance des actifs, leur valorisation et leur assurabilité (NGFS, 2025[134]).
Graphique 2.4. Les quatre scénarios climatiques du NGFS
Copier le lien de Graphique 2.4. Les quatre scénarios climatiques du NGFSLa documentation technique du NGFS (version 5.0, 2024) vient étayer ces cadres en détaillant l'utilisation de modèles d'évaluation intégrée (IAM, Integrated Assessment Models) tels que REMIND-MAgPIE, MESSAGE-GLOBIOM et GCAM. Ces modèles simulent des trajectoires d'émissions, des évolutions économiques et des changements d’usage des sols, produisant des résultats adaptés à l'analyse des risques liés au climat propres au secteur immobilier. La documentation fournit également des données spatialement désagrégées et des estimations des dommages macroéconomiques, permettant l’évaluation à l’échelle régionale de l'exposition et de la vulnérabilité des biens immobiliers (NGFS, 2025[134]). Les scénarios de la phase V du NGFS évaluent à la fois les risques physiques et les risques de transition à l'échelle mondiale, se distinguant des modèles de l'AIE et du GIEC par des horizons temporels plus longs (jusqu’en 2100), une granularité macroéconomique plus fine et l’intégration endogène de la tarification du carbone. Conçus pour l'analyse des risques financiers, ils sont largement utilisés par les banques centrales et les investisseurs pour tester la résilience des portefeuilles, éclairer les reporting climatique et aligner les stratégies sur les objectifs de neutralité carbone (NFGS, 2024[135]).
Les scénarios élaborés par l'Agence internationale de l'énergie (AIE), tels que le scénario « Zéro émission nette » (NZE, Net Zero Emissions) et le scénario « Mesures existantes » (STEPS, Stated Policies), offrent des projections de transition énergétique particulièrement pertinentes pour l'immobilier. Ils aident les investisseurs à évaluer l'impact des orientations politiques, des objectifs d'efficacité énergétique, des stratégies d'électrification et de la tarification du carbone sur la valeur des actifs immobiliers et leurs coûts d'exploitation. Dans le cas du scénario NZE, une trajectoire est proposée pour limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 °C d'ici 2030 (AIE, 2024[136]). Le scénario STEPS reflète la trajectoire actuelle du système énergétique mondial en n'intégrant que les politiques et mesures déjà en place ou en cours d'élaboration. Il constitue un scénario de référence prudent, offrant une lecture secteur par secteur de la manière dont les engagements existants pourraient influencer les tendances futures en matière d'énergie et d'émissions, sans supposer la mise en œuvre intégrale des engagements à long terme. Bien qu’il ne vise pas l’atteinte d’un résultat particulier, il prend en compte les politiques nationales en vigueur et prévues, ainsi que les contributions déterminées au niveau national, notamment celles prises dans le cadre de l'Accord de Paris (AIE, 2024[136]).
Le principal enjeu de l’analyse de scénarios climatiques réside dans leur mise cohérence et leur comparabilité. La multiplication des cadres d’analyse risque peut engendrer une certaine confusion, mais des initiatives crédibles telles que celles développées par le GIEC, l'AIE et le NGFS montrent qu’une convergence est possible. Ces institutions soulignent l'importance de relier les risques physiques aux dynamiques de transition, en proposant des données et des approches de modélisation standardisées qui peuvent être directement appliquées aux marchés immobiliers (NGFS, 2022[45]; AIE et OCDE, 2024[92]). L'intégration de ces outils permet aux acteurs immobiliers d'aligner leurs évaluations des risques sur les normes utilisées par les autorités de régulation, les prêteurs et les investisseurs institutionnels, et de s’assurer que leurs analyses de risques du secteur sont cohérentes avec les tests de résistance du système financier et les attentes réglementaires.
Si les participants à l'enquête de l'OCDE sur les investissements immobiliers à l'épreuve du temps (Future-proof Real Estate Investment Survey) reconnaissent l'importance des analyse fondées sur des scénarios pour comprendre et gérer les risques liés au climat, des progrès restent à faire en matière d’alignement et de renforcement des capacités afin de garantir des évaluations cohérentes et comparables dans l'ensemble du secteur. L'enquête suggère par exemple une forte dépendance à l'égard des scénarios RCP et SSP du GIEC, utilisés respectivement par 47 % (20 sur 43) et 44 % (19 sur 43) des participants. Viennent ensuite les scénarios de l'AIE utilisés par 21 % des répondants, tandis que d'autres sources telles que le NGFS, l'OECM, Greenpeace ou l'IRENA alimentent également certaines analyses, reflétant la diversité des approches sur le marché. En outre, une part notable de 23 % des répondants (10 sur 43) a déclaré ne pas savoir quels scénarios étaient utilisés par leur organisation, ce qui souligne la nécessité de renforcer les capacités, de clarifier les processus internes et, potentiellement, d’accroître l’harmonisation dans la sélection et l’application des scénarios au sein du secteur (Graphique 2.5).
Graphique 2.5. Scénarios de transition climatique utilisés par les participants à l'enquête
Copier le lien de Graphique 2.5. Scénarios de transition climatique utilisés par les participants à l'enquête
Note : Question tirée de l'enquête : « Scénarios de transition climatique utilisés ». Les répondants à l'enquête pouvaient sélectionner plusieurs réponses. La question de l'enquête utilise les scénarios suivants : Autres mesures efficaces de conservation par zone (OECM), Greenpeace, Réseau pour le verdissement du système financier (NGFS), Agence internationale de l'énergie (AIE) et Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) - Scénarios de trajectoires socio-économiques partagées (SSP) et trajectoires de concentration représentatives (RCP).
Source : Enquête de l'OCDE sur les investissements immobiliers à l'épreuve du temps (2025)
L'analyse des scénarios climatiques est précieuse car elle met en évidence l'éventail des tensions auxquelles l'immobilier pourrait être confronté dans des futurs radicalement différents. Cette connaissance aide l’ensemble des parties prenantes à garantir la protection possible des actifs de la manière la plus appropriée, qu'il s'agisse d’améliorations physiques ou de stratégies d'investissement. La connaissance des risques futurs constitue la première étape de toute évaluation des risques liés au climat.
En intégrant directement l'analyse de scénarios dans les stratégies d'investissement, les choix de conception et les dispositifs reporting climatique, le secteur immobilier peut considérer l'incertitude comme un cadre favorisant la résilience et la compétitivité. La priorité est désormais de passer de la disponibilité de ces outils à leur mise œuvre et à leur intégration plus approfondie dans la prise de décision. Cela implique d'utiliser les résultats des scénarios pour éclairer les stratégies d'investissement, la conception des actifs, l'allocation du capital et reporting climatique, de manière à se préparer activement aux chocs amenés par les politiques publiques, aux actifs échoués et aux réévaluations systémiques des prix (DNB, 2021[137]). En l’absence d’une intégration rapide et cohérente, les portefeuilles restent exposés à ces impacts financiers et à d'autres effets connexes (BCE, 2025[138]).
Références
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