Le secteur de l'immobilier est composé de logements, d’espaces de travail et d’infrastructures économiques essentielles, tout en constituant un vecteur de stockage de richesse pour les ménages et les institutions. Cet investissement physique (réel) et financier majeur est cependant très vulnérable aux risques localisés liés au climat. Ces risques sont tout à la fois des risques physiques liés à des changements aigus ou chroniques qui compromettent l'intégrité physique de l'actif, et des risques de transition, c'est-à-dire les pertes financières potentielles résultant de changements réglementaires, technologiques ou commerciaux. En 2022, la valeur des actifs immobiliers des 34 pays de l'OCDE était évaluée à environ 111 000 milliards USD, soit 196 % de leur PIB combiné.
Les risques liés au climat sont principalement spécifiques à chaque territoire. L'impact des risques physiques liés au climat, tels que les inondations, les vagues de chaleur ou les incendies de forêt, dépend de la géographie locale, du niveau d'exposition et du degré de vulnérabilité. Dans la région parisienne, par exemple, la part des habitants résidant dans des zones inondables centennales varie considérablement d'une commune à l'autre, reflétant les différences de topographie, d'utilisation des sols et de dynamiques de développement. Les risques de transition liés au climat sont également influencés par des facteurs réglementaires locaux, tels que les codes de construction, les infrastructures et l'aménagement
du territoire.
Les aléas liés au climat affectent de plus en plus l'utilisation, la valorisation et l'accessibilité financière des actifs immobiliers, en particulier dans les zones fortement exposées aux risques physiques. Les chocs graves liés au climat peuvent engendrer des risques financiers en modifiant la valeur des actifs immobiliers, influencer les prêts immobiliers et les flux d'investissement et, dans le cas des aléas liés au climat, avoir une incidence sur le coût et la disponibilité des couvertures d'assurance. Ces effets peuvent se renforcer mutuellement, avec des implications potentielles pour les rendements des investissements, les pressions fiscales et la résilience du système financier dans son ensemble. À l’échelle mondiale, les pertes économiques liées au climat sont considérables, allant de 50 à 430 milliards USD par an.
Afin de soutenir l'élaboration de politiques fondées sur des données probantes dans ce domaine, l'OCDE a mené une enquête sur les investissements immobiliers à l'épreuve du temps (OECD Future-proof Real Estate Investment Survey,2025), qui a recueilli les réponses de 43 institutions et s’est accompagnée de l’organisation de trois réunions d'experts dans le cadre du groupe de travail de l'OCDE sur les investissements immobiliers pérennes entre février et octobre 2025. Ces réunions ont rassemblé des représentants de gouvernements, des investisseurs, des assureurs et des instituts de recherche afin de favoriser les échanges d’idées et d'identifier les nouvelles priorités dans le secteur immobilier. Les résultats de l'enquête, les discussions du groupe de travail et l'examen de la littérature existante constituent le socle des quatre conclusions principales suivantes et des recommandations correspondantes formulées à l’intention des gouvernements.