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Projet « Going Digital » : Vers le numérique

Les technologies numériques et les données sont porteuses de transformations profondes. La vie, les interactions, la production et le travail des individus, des entreprises et des pouvoirs publics ont évolué, et le rythme des changements s’accélère rapidement. Un écosystème de technologies numériques interdépendantes sous-tend la transformation numérique, et son évolution constante continue de donner lieu à des mutations de l’économie et de la société. L’écosystème des technologies numériques exploite et produit des volumes considérables de données, qui sont devenues une importante source de valeur économique et sociale.

Le projet de l’OCDE « Vers le numérique » a pour objectif d’aider les décideurs à mieux appréhender la transformation numérique à l’œuvre et à mettre au point des politiques adaptées pour dessiner un avenir numérique positif.

Depuis 2017, le projet de l’OCDE « Vers le numérique » aide les responsables de l’action publique à mieux comprendre la transformation numérique et les effets des technologies numériques sur l’économie et la société, pour dessiner un avenir numérique positif. Il bénéficie de l’expertise de la quasi-totalité des spécialistes de l’élaboration des politiques et de la mesure de l’OCDE, du Forum international des transports et de l’Agence internationale de l’énergie. À la formulation de conseils ciblés dans des domaines particuliers – marchés du travail, échanges, finance, fiscalité, protection des consommateurs, PME, agriculture, santé, gouvernance publique, concurrence, environnement – s’ajoutent des analyses rassemblant tous ces domaines d’action distincts dans un ensemble cohérent.

Les phases du projet

Le Sommet de l’OCDE sur la transformation numérique organisé en mars 2019 a clôturé la phase I (2017-18) du projet, avec la publication des rapports Vers le numérique : Forger des politiques au service de vies meilleures et Mesurer la transformation numérique : Feuille de route pour l’avenir (en anglais).

La phase II (2019-20) s’est intéressée aux opportunités et aux défis nouveaux par le biais de l’analyse de technologies de pointe, dont l’intelligence artificielle et la technologie des chaînes de blocs, en portant une attention constante aux emplois, aux compétences et à l’inclusion sociale, ainsi qu’à la productivité, à la concurrence et aux structures de marché. L’une de ses principales réalisations a été le lancement de l’Observatoire des politiques relatives à l’IA (OECD.AI), en février 2020. Cet observatoire fournit des données et analyses pluridisciplinaires qui permettent d’échanger au sujet des politiques publiques, et de donner forme à ces politiques, dans l’optique d’une intelligence artificielle responsable et digne de confiance.

Le Cadre d’action intégré du projet « Vers le numérique » et la Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation numérique (Going Digital Toolkit) sont des réalisations phares qui fixent le cadre de tous les travaux de l’OCDE sur la transformation numérique. Entré dans sa troisième phase (2021-22), le projet vise à présent à faire progresser notre compréhension de la transformation numérique et de ses effets sur l’économie et la société, et des formes que son déploiement peut prendre, par le prisme de quatre modules traitant de sujets liés aux données :

  • la gestion responsable des données, l’accès aux données, le partage et le contrôle des données ;
  • promotion des flux transfrontières de données tout en préservant la confiance ;
  • l’utilisation des données et leurs incidences sur les entreprises et les marchés ;
  • la mesure des données et des flux de données.

Phase III (2021-22) : Gouvernance des données au service de la croissance et du bien-être

Les données sont apparues comme un puissant levier de la transformation numérique. Elles sont indispensables aux technologies numériques, dont l’intelligence artificielle, et sont des vecteurs clés de gains de productivité, d’innovation et d’amélioration de la prise de décisions, y compris en période de crise.

La crise du COVID-19 en a par exemple montré toute l’importance. Peu de pays disposaient des données en temps réel dont ils avaient besoin lorsque la pandémie a frappé, ce qui a rendu d’autant plus difficile le suivi de la situation de santé publique et le travail d’information de la population. La collecte et l’utilisation en temps réel des données médicales personnelles ont aussi mis au jour les faiblesses de longue date de la gouvernance des données – s’agissant notamment de la façon de partager les données nécessaires pour sauver des vies, tout en veillant aussi à protéger la vie privée et les libertés civiles.

Aujourd’hui, alors que les pays s’engagent sur la voie de la relance, tout en continuant à lutter contre la propagation du virus, il est plus vital que jamais de concevoir de meilleurs mécanismes de gouvernance des données, étayés par une meilleure compréhension de l’impact des données et de la mesure de leur valeur. C’est exactement cela que la phase « Gouvernance des données au service de la croissance et du bien-être » du projet « Vers le numérique » a pour objet d’aider les pays à faire : il s’agit de tirer partie du retour d’expérience dans tous les domaines de l’action publique pour produire des analyses, des orientations, des études de cas, des recommandations, et plus encore.

Pourquoi les données sont-elles importantes ?

Les données sont un moteur de la transformation numérique. Nombre de technologies numériques, dont l’intelligence artificielle, génèrent des quantités massives de données, dont elles sont également dépendantes. L’utilisation des données peut stimuler l’innovation et la productivité, ce qui signifie que les entreprises peuvent avoir davantage intérêt à collecter et stocker des données, y compris des informations sur les consommateurs. Cela se manifeste par exemple à travers l’augmentation des investissements de capitaux privés dans les entreprises axées sur les données ; les entreprises dont l’activité dépend des données, telles que les plateformes en ligne, sont à la croisée des marchés et des progrès technologiques.

Les pouvoirs publics eux aussi exploitent et collectent de plus en plus souvent des données pour prendre de meilleures décisions, déployer des services publics améliorés, notamment des applications pour la santé et l’éducation, et bâtir des systèmes statistiques nationaux plus fiables. Ailleurs, l’utilisation des données peut avoir une influence positive sur le bien-être individuel, par exemple en renforçant la coopération pour le développement pour aider les pays en développement à utiliser les données de façon plus efficace au service de l’amélioration du bien-être et de la lutte contre la pauvreté.

L’impact croissant des données dans tous les secteurs de l’économie et de la société devient un actif important et stratégique pour les populations, les administrations nationales et les entreprises. Cette évolution a conduit à modifier fondamentalement la façon dont nous collectons, enregistrons, utilisons, traitons et valorisons les données. Pourtant, malgré les avantages considérables des données, leur production et leur exploitation croissantes s’accompagnent de risques, notamment de violation de la vie privée, d’incidents de sécurité numérique ou même de discrimination. En réaction, les pouvoirs publics ont mis en place un nombre croissant de politiques et de réglementations, tant au niveau national qu’au niveau international, pour régir la collecte, le partage et l’utilisation des données. Cette phase du projet « Vers le numérique » de l’OCDE consacrée à la gouvernance des données au service de la croissance et du bien-être vise à mesurer, décrire et comprendre à la fois l’importance nouvellement accordée aux données, et l’évolution des politiques et réglementations liées aux données, en s’intéressant à la protection de la vie privée et des données à caractère personnel, à l’accès aux données, au partage et à l’utilisation de ces données, et aux flux transfrontières de données.

Comprendre les données

Dans le contexte de la transformation numérique, le terme « donnée » désigne une information enregistrée (en transit ou stockée) dans un format numérique structuré ou non structuré, qu’il s’agisse de texte, d’image, de son ou de vidéo. Cependant, bien qu’on les considère largement comme des ressources critiques, on ne comprend pas encore pleinement les données et leurs propriétés. Or, mieux appréhender ce que sont les données peut aider à en améliorer la mesure et à mieux informer les responsables de l’action publique, pour que les politiques publiques soient mieux conçues et que les avantages des données profitent à tous et toutes.

Contrairement aux ressources naturelles telles que l’eau, les données peuvent être copiées et réutilisées sans fin, transférées d’un bout à l’autre du monde en quelques millisecondes, et exploitées simultanément à des fins multiples et distinctes. L’OCDE examine les caractéristiques économiques et techniques clés des données, qui sont au cœur des politiques de gouvernance des données.

Les données sont également indispensables à de nombreuses technologies numériques, notamment la 5G, l’internet des objets, l’intelligence artificielle et les technologies de registres distribués. L’OCDE étudie les relations entre les données et les technologies numériques, notamment comment l’évolution des secondes influera sur le développement de politiques résilientes de gouvernance des données.

En fonction des caractéristiques, des usages, et des intérêts en jeu, différents types de données pourraient nécessiter différents types de politiques. Par exemple, les politiques qui régissent les données personnelles de santé seront différentes de celles qui s’appliquent aux données publiques ouvertes en libre accès. Mieux comprendre la typologie des données et les domaines d’action qu’elles concernent sera également un axe de travail clé du projet « Vers le numérique » de l’OCDE.

Comment l’OCDE soutient-elle l’élaboration de politiques de gouvernance des données ?

L’importance considérable des données et l’évolution de la façon dont on les utilise, évalue et comprend soulèvent des défis importants en matière de gouvernance des données qu’il convient de porter à l’attention des responsables de l’action publique. L’OCDE met à profit l’ensemble de son expertise pour aider les pays à recenser et résoudre ces problèmes stratégiques essentiels. Alors que les données sont utilisées dans un nombre croissant de secteurs, la gouvernance des données reste souvent confinée et peine à évoluer aussi vite que les technologies elles-mêmes. S’ils ne visent pas à trouver des solutions à ces questions, les cadres de gouvernance des données pourraient échouer à récolter tous les bénéfices des données, ne pas nous fournir les protections efficaces nécessaires, voire entraver l’innovation, la concurrence et les échanges fondés sur les données.

L’OCDE travaille à la réalisation de trois produits complémentaires, qui devraient être disponibles d’ici la fin de 2022 :

  • Son guide sur la gestion des défis inhérents à la gouvernance des données, à paraître, sera un outil concret permettant aux décideurs de mieux comprendre et traiter les problématiques en jeu, et proposera des solutions pour aider les pouvoirs publics à gérer la nouvelle réalité fondée sur les données. Ce guide encouragera à penser la gouvernance des données à l’échelle de l’ensemble de l’administration pour mieux tirer profit des données, avec un cadre d’analyse des opportunités des politiques de gouvernance des données et des arbitrages à faire, et avec une liste de contrôle destinée à aider les pouvoirs publics à évaluer et réviser leurs politiques de gouvernance des données.
  • Un rapport de synthèse regroupera les travaux d’analyse accomplis pendant cette phase du projet sous la forme d’un discours cohérent permettant de comprendre et d’évaluer les avantages et les risques potentiels des données et des flux de données, ainsi que les problèmes stratégiques associés et leurs solutions.
  • Étant donné l’importance des activités de mesure pour l’élaboration de politiques fondées sur des données concrètes, le troisième produit sera axé sur les évaluations existantes des données et des flux de données et les difficultés de mesure rencontrées.

   

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