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Les échanges agricoles

L’évolution des marchés et des échanges agricoles

Le commerce joue un role crucial pour l’accès à l’alimentation et à l’habillement des consommateurs du monde entier. Il élargit le choix des produits disponibles et contribue à réduire l’insécurité alimentaire à travers le monde.

Au cours de dix dernières années, le système agricole et alimentaire mondial à connu plusieurs changements qui ont rapproché les marchés nationaux et internationaux. Depuis 2000, les échanges de produits agroalimentaires ont augmenté plus vite qu’au cours des dix années précédentes, à un rythme de près de 8 % par an en volume entre 2001 et 2014, contre 2 % entre 1990 et 2000, dans un contexte marqué par le renforcement des règles commerciales, la baisse des droits de douane et le recul des mesures de soutien aux producteurs qui faussent les échanges. La production agricole mondiale a elle aussi continué d’augmenter, tirée par la croissance économique rapide de certaines régions en développement, en particulier l’Asie et l’Amérique latine.

Mais ce n’est pas tout. En plus de croître, les échanges agroalimentaires sont en train de se mondialiser. De plus en plus, les produits alimentaires et les vêtements proposés aux consommateurs sur leur marché local sont eux-mêmes constitués d’un large éventail d’autres produits fabriqués aux quatre coins du monde. Parmi les changements observés sur les marchés agroalimentaires, il faut citer l’expansion des échanges entre pays émergents et pays en développement, lesquels gagnent en importance à la fois comme fournisseurs et comme consommateurs de produits agroalimentaires. De plus, l’essor des échanges s’est accompagné d’une intégration plus poussée dans le système alimentaire mondial. Une part croissante du commerce agroalimentaire s’inscrit désormais dans des chaînes de valeur mondiales (CVM) – des chaînes de valeur plurinationales dans le domaine de la transformation agricole et alimentaire – qui relient les secteurs agroalimentaires et d’autres secteurs de l’économie dans le monde entier.

Les mesures commerciales et les mesures de soutien interne continuent d’entraver les échanges et la poursuite de l’intégration des marchés agroalimentaires

Les marchés agroalimentaires internationaux ont certes évolué, mais la plupart des pays continuent d’accorder des soutiens et d’imposer des restrictions au moyen de mesures qui faussent les échanges et limitent les retombées bénéfiques que les marchés agroalimentaires internationaux peuvent avoir pour les consommateurs. Ces mesures ont des effets négatifs importants sur le bien-être, la résilience et la sécurité alimentaire des consommateurs et des producteurs, ainsi que sur la viabilité de l’agriculture, tout en réduisant les échanges agricoles et alimentaires en volume. Et bien que beaucoup d’entre elles aient pour objectif d’accroître la production alimentaire, il n’y a guère lieu de penser qu’elles y parviennent réellement : sans les mesures de soutien et les distorsions qu’elles entraînent, la production agricole et alimentaire mondiale atteindrait un niveau plus élevé.

Les nouveaux liens qui se sont tissés entre les secteurs de l’agriculture et de la production alimentaire, ainsi qu’entre ceux-ci et d’autres secteurs de l’économie, ont pour conséquence que les effets des mesures commerciales et des mesures de soutien interne se propagent désormais plus largement. À l’échelle mondiale, environ 24 % de la valeur des exportations agroalimentaires correspond aux intrants importés : intrants industriels (machines et engrais) et services. Les mesures commerciales faisant obstacle aux importations, réduisent directement la compétitivité des exportations agroalimentaires du pays en augmentant le coût de ces intrants.

D’autres mesures affectant les flux de circulation transfrontaliers des produits agro-alimentaire réduisent aussi les échanges. Ainsi, les mesures non tarifaires (MNT) – celles qui ont trait à la réglementation et aux prescriptions comme les mesures sanitaires et phytosanitaires (MSP), les obstacles techniques au commerce (OTC) et les procédures douanières – ajoutent au coût des échanges. Les produits agroalimentaires peuvant désormais traverser plusieursfrontières avant d’atteindre le consommateur final, ces coûts se répercutent en cascade et deviennent particulièrement néfastes pour les petites entreprises. Les MNT répondent à des objectifs réglementaires légitimes, mais, selon la façon dont elles sont conçues et appliquées, elles peuvent avoir pour conséquence de restreindre les échanges.

Les réformes sont d’autant plus efficaces qu’elles sont appliquées de façon concertée

Avec l’interconnexion croissante des régions et des secteurs au niveau mondial, tous les pays, et ce quel que soit leur stade de développement, ont intérêt à ce que les marchés agroalimentaires internationaux soient exempts de distorsions.

Les réformes ont des effets particulièrement bénéfiques lorsque tous les pays – développés et en développement – agissent ensemble pour réduire les mesures de soutien interne et les mesures liées aux échanges. Dans les pays développés, les prix sont plus bas pour les consommateurs et la production se déplace vers des secteurs plus efficaces. Parfois, les avantages proviennent surtout des mesures de réforme prises par le pays pour supprimer les effets distortifs de ses propres politiques.

Dans les pays en développement, les gains de bien-être sont sensiblement plus importants lorsque tous les pays réforment de concert leurs politiques de soutien, l’efficacité des réformes dans un pays dépendant étroitement des mesures prises dans les autres – signe du poids croissant des échanges ‘Sud-Sud’.

Avec la reduction des distortions dues aux droits de douane et aux mesures de soutien interne, les potentiels effets negatifs des MNT sur le commerce deviennent plus apparents. Les impacts commerciaux de telles mesures peuvent être reduits en supprimant les coûts superflux resultants de problèmes relatifs à leur conception ou leur exécution.

Pour résumer, les politiques publiques scomptes pour les gains au commerce agroalimentaire

À l’OCDE, nous analysons l’impact des politiques commerciales et agricoles afin d’aider les pays à faire des choix éclairés qui aideront à mettre le commerce agroalimentaire au service de tous. Les pays qui restreignent les échanges ou qui augmentent inutilement leurs coûts pénalisent leur propre économie ainsi que celle de leurs partenaires en limitant le développement du secteur agroalimentaire.

Afin de renforcer les retombées positives des échanges sur leur secteur agroalimentaire, les pays devraient revoir à la baisse leurs propres mesures de soutien interne génératrices de distorsions et leurs propres mesures commerciales comme les droits de douane. En augmentant le coût des intrants, ces politiques pèsent sur la compétitivité des exportations et peuvent empêcher un pays de participer aux CVM dans le secteur agroalimentaire.

Des règles bien conçues contribuent à bâtir la confiance et soutiennent les échanges, aussi les pays devraient-ils s’assurer que les MNT qu’ils appliquent, y compris les MSP et les OTC, sont appropriées, transparentes et fondées sur des données scientifiques – tous moyens de garantir qu’elles ne restreignent pas inutilement les échanges.

Enfin, les politiques publiques ont un rôle important à jouer en instaurant un environnement propice à la croissance de la productivité agricole, à la compétitivité des exportations agroalimentaires et à la participation aux CVM par l’intermédiaire d’investissements appropriés dans des secteurs clés comme les infrastructures de transport, l’éducation et la recherche-développement.

Actualités

Emploi dans l'agriculture et le commerce alimentaire

Ce rapport explore l'impact de la participation dans les CVM dans les domaines du commerce et de l'agroalimentaire sur les retours de travail et, partant, sur l'emploi non seulement dans les secteurs agricoles, mais également dans d'autres secteurs de l'économie.

Lire la suite... (en anglais)

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