Les administrations publiques évoluent dans un environnement de plus en plus exigeant, marqué par des changements rapides et façonné par l’incertitude économique, les pressions démographiques, les attentes grandissantes du public et les évolutions technologiques rapides, notamment les avancées de l’intelligence artificielle (IA). Dans le même temps, les contraintes budgétaires, le vieillissement des effectifs de la fonction publique et les procédures internes contraignantes limitent leur capacité de réaction.
L’utilisation efficace des technologies numériques et des données est un levier essentiel pour faire face à une grande partie de ces pressions. Néanmoins, la confiance que la population accorde à ses administrations pour utiliser à bon escient les données et les nouvelles technologies reste fragile : seuls 52 % des citoyens de 30 pays Membres de l’OCDE pensent que leurs institutions publiques utilisent leurs données à caractère personnel « à des fins légitimes ». Cela montre que les progrès dans le domaine de l’administration numérique ne dépendent pas seulement de la technologie, mais aussi de l’existence d’une gouvernance solide, d’un personnel qualifié et de garanties crédibles.
Cette première édition des Perspectives de l’administration numérique de l’OCDE évalue les progrès effectués en matière d’administration numérique dans les pays Membres de l’OCDE et les pays candidats à l’adhésion, et détermine les aspects sur lesquels des efforts supplémentaires sont nécessaires, en s’appuyant sur les résultats de l’indice de l’administration numérique 2025 et de l’indice OURdata (données publiques ouvertes, utiles et réutilisables).
Ce rapport révèle que, depuis le dernier état des lieux en 2023, les pouvoirs publics ont nettement progressé dans la construction des fondations de l’administration numérique, notamment des infrastructures partagées, des systèmes interopérables et des cadres en matière de données ouvertes. L’enjeu est désormais d’aller plus loin, en passant de ces fondations à une transformation ayant un réel effet sur la population et les entreprises. Il faut pour cela combler les lacunes importantes constatées dans plusieurs domaines, notamment les capacités institutionnelles, les mécanismes de gouvernance et les compétences des agents.
Le présent rapport identifie quatre domaines prioritaires pour la prochaine phase de l’administration numérique :