Le marché sidérurgique mondial reste confronté à de fortes pressions. La demande mondiale d’acier s’est contractée pendant quatre années consécutives, le rythme du recul s’étant accéléré pour atteindre un niveau estimé à 2.6 % en 2025. Les projections pour 2026 font état d’une demande mondiale quasi stagnante, avant une reprise progressive qui porterait celle-ci à 1 885 millions de tonnes d’ici 2030. Alors que la demande en Chine devrait poursuivre son déclin tendanciel au cours des prochaines années, la zone OCDE devrait enregistrer une croissance modeste à court terme. À l’inverse, l’Inde, l’Asie du Sud-Est, la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), ainsi que d’autres économies en développement, continuent d’afficher des perspectives de croissance plus favorables. La croissance de la production sidérurgique demeure concentrée dans les économies émergentes, en particulier en Inde et dans certains pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), portée par les dépenses d’infrastructure, l’industrialisation et les nouvelles capacités de production. Dans le même temps, la rentabilité du secteur reste faible, reflétant les pressions exercées par les excédents de capacité et de production sur les prix de l’acier. Les échanges mondiaux d’acier connaissent d’importantes recompositions, dans la mesure où la Chine et d’autres régions confrontées à des excédents de capacité continuent d’inonder les marchés internationaux. Parallèlement, alors même que les mesures commerciales se multiplient, les signes de leur contournement se font de plus en plus nombreux.
2. Perspectives du marché et de l’industrie sidérurgiques
Copier le lien de 2. Perspectives du marché et de l’industrie sidérurgiquesDescription
La demande mondiale d’acier reste fragile en 2026 et au-delà
Copier le lien de La demande mondiale d’acier reste fragile en 2026 et au-delàLa demande mondiale d’acier devrait progresser de 0.4 % pour atteindre 1.8 milliard de tonnes en 2026, après une contraction estimée à 2.6 % en 2025, la reprise devant rester inégale et concentrée géographiquement (Tableau 2.1). Toutefois, les évolutions récentes au Moyen-Orient laissent entrevoir une plus grande incertitude quant aux perspectives régionales de demande, avec d’éventuelles répercussions à la baisse sur la demande mondiale d’acier en 2026 (Worldsteel, 2026[1]). À l’échelle régionale, l’Afrique devrait continuer d’afficher une forte croissance de la demande en 2026, tandis que la demande en Asie, de loin le plus grand marché régional de l’acier au monde, devrait légèrement progresser en 2026, après un net recul en 2025. Les pays Membres de l’OCDE devraient enregistrer une légère hausse de la demande en 2026, après un faible recul en 2025. D’ici 2030, la croissance de la demande mondiale pourrait se limiter à 0.9 % par an, portée principalement par l’Asie et l’Afrique.
Tableau 2.1. Demande mondiale d’acier par région, 2025 et projections pour 2026 et 2030
Copier le lien de Tableau 2.1. Demande mondiale d’acier par région, 2025 et projections pour 2026 et 2030|
Région |
2025 |
2026 |
2030 |
|||
|---|---|---|---|---|---|---|
|
|
Mt |
Variation, % |
Mt |
Variation, % |
Mt |
TCAC 2025-2030, % |
|
Chine (République populaire de) |
830.94 |
-6.9 |
826.22 |
-0.6 |
817.84 |
-0.3 |
|
Union européenne (27) et Royaume-Uni |
151.51 |
-1.2 |
153.65 |
1.4 |
157.01 |
0.7 |
|
Inde |
163.71 |
9.8 |
174.72 |
6.7 |
209.46 |
5.1 |
|
Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) |
144.33 |
-0.3 |
145.16 |
0.6 |
147.42 |
0.4 |
|
Japon et Corée |
100.98 |
-5.1 |
101.76 |
0.8 |
99.07 |
-0.4 |
|
Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) |
93.35 |
4.3 |
96.62 |
3.5 |
110.92 |
3.5 |
|
Communauté des États indépendants (CEI) |
58.06 |
-6.2 |
60.28 |
3.8 |
68.01 |
3.2 |
|
Moyen-Orient |
65.82 |
6.4 |
66.90 |
1.6 |
74.43 |
2.5 |
|
Amérique centrale et Amérique du Sud |
51.84 |
0.7 |
53.08 |
2.4 |
56.08 |
1.6 |
|
Autres Europe |
48.73 |
-0.7 |
50.26 |
3.1 |
54.18 |
2.1 |
|
Autres Asie |
36.12 |
-8.0 |
37.21 |
3.0 |
39.55 |
1.8 |
|
Afrique |
36.28 |
16.1 |
37.89 |
4.4 |
42.09 |
3.0 |
|
Océanie |
8.09 |
8.3 |
8.20 |
1.4 |
8.52 |
1.1 |
|
Monde |
1 804.87 |
-2.6 |
1 811.93 |
0.4 |
1 884.58 |
0.9 |
|
Monde hors Chine |
973.94 |
1.4 |
985.71 |
1.2 |
1 066.74 |
1.8 |
|
OCDE |
451.45 |
-1.5 |
456.94 |
1.2 |
464.09 |
0.6 |
|
Hors OCDE |
1 353.42 |
-2.9 |
1 354.98 |
0.1 |
1 420.50 |
1.0 |
|
Économies développées |
367.66 |
-2.1 |
371.06 |
0.9 |
372.12 |
0.2 |
|
Économies émergentes |
1 437.22 |
-2.7 |
1 440.86 |
0.3 |
1 512.46 |
1.0 |
|
Économies émergentes hors Chine |
606.28 |
3.7 |
614.65 |
1.4 |
694.62 |
2.8 |
Note : La demande d’acier est mesurée en équivalent acier brut. Le TCAC (taux de croissance annuel composé) correspond au taux de croissance annuel moyen attendu. Mt : millions de tonnes.
Source : Secrétariat du Comité de l’acier de l’OCDE.
Asie et Océanie
En Chine, la demande d’acier a fortement reculé en 2025, de 6.9 %, reflétant la poursuite du ralentissement du secteur immobilier. En janvier 2026, les pouvoirs publics ont officiellement abandonné la politique dite des « trois lignes rouges », qui visait à limiter l’endettement des promoteurs et à réduire les risques financiers. Ces restrictions avaient toutefois provoqué une crise de liquidité chez les promoteurs (Reuters, 2026[2]). Ce changement de politique est néanmoins considéré comme n’apportant qu’un soutien limité au secteur, la confiance des acheteurs restant faible et les prix des logements neufs poursuivant leur baisse. L’activité de construction demeure ainsi atone. La demande devrait encore se contracter de 0.6 % en 2026, traduisant un ralentissement prolongé des activités en aval, susceptible de se poursuivre jusqu’en 2030 (S&P Global, 2026[3]).
En 2025, l’Inde a enregistré une forte croissance de la demande d’acier de 9.8 %, portée par la poursuite des investissements dans les infrastructures et l’activité de construction (GMK Center, 2026[4]). La consommation devrait encore progresser de 6.7 % en 2026 et rester relativement soutenue jusqu’en 2030.
La demande d’acier dans les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) a progressé de 4.3 % en 2025 et devrait encore croître de 3.5 % en 2026, la croissance devant se maintenir à un rythme comparable jusqu’en 2030. Les perspectives régionales sont soutenues par les investissements dans les infrastructures et l’expansion du secteur manufacturier, les pouvoirs publics accordant la priorité au renforcement des réseaux de transport, aux systèmes énergétiques et au développement de zones industrielles (Kallanish, 2025[5] ; Yieh Corp, 2026[6]).
La demande combinée d’acier au Japon et en Corée a reculé de 5.1 % en 2025, reflétant la faiblesse de la consommation intérieure et le ralentissement de l’activité manufacturière. Elle devrait n’augmenter que légèrement de 0.8 % en 2026, avant de repartir progressivement à la baisse jusqu’en 2030. En Corée, la faiblesse de la demande sera partiellement compensée par l’activité des secteurs de la construction navale et des infrastructures. Par ailleurs, le gouvernement a annoncé un plan de soutien au secteur sidérurgique, qui vise toutefois principalement à renforcer la compétitivité des producteurs et à favoriser la modernisation du secteur, plutôt qu’à stimuler directement la demande d’acier (GMK Center, 2025[7]).
Amériques
Aux États-Unis, la demande d’acier a progressé de 0.7 % en 2025 et devrait encore s’apprécier de 0.6 % en 2026, soutenue par les dépenses d’infrastructures publiques et par une politique industrielle visant à renforcer la production manufacturière nationale. La construction navale pourrait constituer un moteur supplémentaire de la demande d’acier, stimulée par le Plan d’action maritime américain publié par la Maison-Blanche en février 2026, qui vise à revitaliser les capacités des chantiers navals américains au moyen d’investissements fédéraux et d’une réforme de la commande publique. Si ces mesures sont mises en place comme prévu, elles pourraient progressivement accroître la demande de produits à forte intensité d’acier, tels que les tôles et les profilés structurels (Maison Blanche, 2026[8]). Parallèlement, la poursuite des investissements dans le secteur manufacturier et les infrastructures numériques, notamment les centres de données, ainsi que les effets des programmes publics d’infrastructures, devrait également soutenir la demande d’acier (Worldsteel, 2026[1]).
Au Canada, la demande d’acier est estimée avoir progressé d’environ 2.7 % en 2025 et devrait augmenter modérément d’environ 0.9 % en 2026. Si les perspectives globales restent contraintes par les incertitudes commerciales, les récentes initiatives de politique publique témoignent d’un soutien continu aux secteurs consommateurs d’acier en aval. Ainsi, le gouvernement fédéral a annoncé en février 2026 une nouvelle stratégie automobile mettant l’accent sur la production nationale de véhicules, les chaînes d’approvisionnement des batteries et les investissements dans les technologies propres, soutenue par des financements industriels, des incitations fiscales et des mesures visant à renforcer la part de production réalisée au Canada dans les chaînes d’approvisionnement, notamment en acier et en aluminium (Gouvernement du Canada, 2026[9]).
Au Mexique, la demande d’acier a fortement reculé en 2025, de l’ordre de 4.6 %, tandis que les importations d’acier asiatique à bas prix ont fortement augmenté. La reprise à court terme devrait être progressive, dans un contexte où l’activité en aval demeure atone. Une amélioration plus marquée supposerait toutefois un redressement plus soutenu de l’activité industrielle ainsi qu’une normalisation des flux commerciaux régionaux. À mesure que l’activité économique devrait progressivement se redresser, la demande d’acier devrait atteindre son point le plus bas avant d’amorcer une reprise en 2026 (OCDE, 2026[10]).
En Amérique centrale et en Amérique du Sud, la demande d’acier devrait avoir enregistré une légère hausse de 0.7 % en 2025 et de 2.4 % en 2026, reflétant des dynamiques contrastées au sein des secteurs en aval. Les secteurs de la construction et de l’automobile en Amérique latine ont affiché une croissance modeste, la production de machines progressant plus fortement, tandis que les biens d’équipement domestiques ont reculé (ALACERO, 2026[11]). La région a par ailleurs enregistré des niveaux record d’importations en raison des excédents mondiaux de capacité. La demande d’acier devrait progressivement se redresser, avec une croissance attendue de 2.4 % en 2026.
Europe
La demande d’acier dans l’UE-27 et au Royaume-Uni a reculé de 1.2 % en 2025, reflétant la faiblesse de l’activité industrielle et de la construction, ainsi que les pressions persistantes sur les secteurs manufacturiers à forte intensité énergétique. Si la demande d’acier devrait connaître un redressement modéré de 1.4 % en 2026, les perspectives restent incertaines. Elles dépendront en grande partie de la compétitivité des secteurs en aval, qui est elle-même affectée par les coûts de l’énergie et d’autres intrants.
La France a enregistré l’une des plus fortes baisses en Europe, la demande d’acier ayant reculé de 12.6 % en 2025, sous l’effet de la faiblesse de l’activité de construction et du ralentissement de l’activité manufacturière. En 2026, la demande ne devrait que très légèrement progresser, de 0.3 %. Les conditions de marché restent incertaines, l’activité de construction restant en retrait et les analystes n’attendant pas d’amélioration significative avant le second semestre de l’année. Par ailleurs, le volume des projets d’infrastructures financés par l’UE, qui avaient contribué à la demande en 2025, devrait diminuer en 2026, ce qui limitera le soutien apporté à la demande d’acier en aval (Eurometal, 2026[12]).
En Allemagne, la demande d’acier a fortement reculé de 6.1 % en 2025, sous l’effet de la faiblesse de l’activité industrielle, du ralentissement de la construction et de la perte de compétitivité des produits allemands sur les marchés étrangers. En 2026, la pression élevée des importations, le faible dynamisme de la demande intérieure et les difficultés persistantes en matière de compétitivité devraient limiter toute amélioration significative (Kallanish, 2026[13]). Dans ce contexte, la demande ne devrait se redresser que modestement en 2026, de 1.1 %.
Afrique et Moyen-Orient
La demande d’acier en Afrique et au Moyen-Orient s’est fortement renforcée en 2025, avec des croissances respectives de 16.1 % et 6.4 %. Cette croissance devrait toutefois ralentir en 2026, à 4.4 % en Afrique et à 1.6 % au Moyen-Orient, à mesure que les cycles d’investissement arrivent à maturité et que certaines contraintes macroéconomiques réapparaissent. Dans l’ensemble, la demande reste sur une trajectoire positive, mais la dynamique devrait devenir de plus en plus inégale et dépendre davantage de projets spécifiques. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient devraient également peser sur la demande dans les prochains mois, sans que leur ampleur puisse être précisément déterminée à ce stade.
L’Égypte, première économie consommatrice d’acier en Afrique, a enregistré une contraction de 1.1 % en 2025, reflétant un net ralentissement de l’activité de construction et du secteur immobilier. Les principaux producteurs, dont Ezz Steel, ont fortement réduit les prix des barres d’armature en novembre 2025 après une baisse d’environ 20 % des ventes locales en glissement annuel, la consommation intérieure ayant fortement diminué (Manassa News, 2025[14]). La réduction des marchés publics et la stagnation des ventes de logements ont également pesé sur les ventes d’acier. La demande devrait rebondir de 3.5 % en 2026, suggérant une reprise cyclique partielle.
L’Afrique du Sud a enregistré une baisse de 1.5 % de la demande d’acier en 2025. Ce recul se reflète dans les performances des producteurs, ArcelorMittal South Africa ayant signalé une baisse de 12 % de sa production et de ses ventes d’acier brut, et ayant fermé ses activités de produits longs afin de limiter ses pertes face à une demande intérieure qui reste faible (Reuters, 2026[15]). Une reprise modérée de 2.3 % est attendue en 2026, mais les perspectives demeurent fragiles et dépendantes d’une amélioration de l’activité intérieure ainsi que des efforts de restructuration en cours, y compris d’éventuelles opérations soutenues par l’État visant à stabiliser le secteur.
L’Arabie saoudite a enregistré une forte croissance de 11.5 % en 2025, portée par de vastes projets de construction pilotés par l’État, des politiques de localisation industrielle et des investissements dans les infrastructures énergétiques dans le cadre de la Vision 2030, une initiative de plusieurs milliers de milliards de dollars destinée à diversifier l’économie. La croissance de la demande devrait ralentir à 4.1 % en 2026, tout en demeurant robuste par rapport aux autres pays de la région, soutenue par un portefeuille de projets en cours de réalisation dans les domaines des transports, du développement urbain et des zones industrielles (Mark & Spark Solutions, 2026[16]).
En République islamique d’Iran (ci-après l’« Iran »), la production d’acier brut a augmenté de 3.7 % en 2025, soutenue par la demande intérieure émanant des secteurs manufacturier et de la construction, l’industrie sidérurgique ayant enregistré une forte progression de sa production en fin d’année (Tehran Times, 2026[17]). Toutefois, les évolutions récentes pourraient entraîner un effondrement du marché, en fonction de l’ampleur des dommages liés aux conflits militaires dans la région.
Les prix de l’acier ont évolué de manière divergente à travers le monde
Copier le lien de Les prix de l’acier ont évolué de manière divergente à travers le mondeLes turbulences que traverse le commerce de l’acier ont contribué à une divergence des prix entre les différents marchés. Les prix ont nettement augmenté aux États-Unis et dans l’Union européenne au début de l’année 2025, puis se sont maintenus à des niveaux élevés, quoique différenciés, pendant le reste de l’année, contrairement aux évolutions observées dans d’autres régions.
Les prix de deux produits représentatifs, les bandes laminées à chaud et les barres d’armature, ont fortement augmenté aux États-Unis et dans l’Union européenne au début de l’année 2025 (Graphique 2.1 et Graphique 2.2). À l’inverse, les prix en Chine et dans les autres économies concernées sont restés stables, à des niveaux faibles. En janvier 2026, les prix de ces deux produits étaient plus de deux fois plus élevés aux États-Unis qu’en Chine, et supérieurs de 50 % dans l’Union européenne par rapport à la Chine.
Le ralentissement de l’activité de construction en Chine a pesé sur les prix intérieurs de l’acier chinois, en particulier sur ceux des barres d’armature, qui ont fortement chuté. Cette évolution a comprimé les marges des producteurs sidérurgiques chinois et les a conduits à se détourner des produits longs liés à la construction, tels que les barres d’armature, au profit des produits plats (Lv et Jackson, 2026[18]). Ce basculement de la production vers les produits plats destinés à l’exportation a accru la pression sur l’offre sur les marchés des pays tiers, où les prix se sont affaiblis, rendant peu probable toute hausse durable des prix de l’acier à court et moyen terme.
Graphique 2.1. Les prix des bandes laminées à chaud sont nettement plus élevés aux États-Unis et en Europe
Copier le lien de Graphique 2.1. Les prix des bandes laminées à chaud sont nettement plus élevés aux États-Unis et en EuropePrix des bandes laminées à chaud, en USD par tonne métrique, 2020-2026
Graphique 2.2. Les prix des barres d’armature augmentent aux États-Unis, tandis qu’ils restent stables (bien qu’à des niveaux élevés) dans l’Union européenne
Copier le lien de Graphique 2.2. Les prix des barres d’armature augmentent aux États-Unis, tandis qu’ils restent stables (bien qu’à des niveaux élevés) dans l’Union européennePrix des barres d’armature, en USD par tonne métrique, 2020-2026
L’examen des prix à terme de l’acier, qui constituent souvent un indicateur avancé des évolutions à court terme des prix au comptant, suggère que les acteurs du marché s’attendent à ce que les écarts de prix actuels entre marchés perdurent plutôt qu’ils ne se résorbent à court terme. La récente hausse modérée des prix en Chine semble par ailleurs se répercuter sur les marchés des économies avancées, de sorte que les écarts relatifs de prix demeurent globalement inchangés.
Les prix des matières premières ont récemment augmenté davantage que ceux de l’acier
Copier le lien de Les prix des matières premières ont récemment augmenté davantage que ceux de l’acierLes prix des matières premières sidérurgiques sont restés relativement stables au cours du premier semestre 2025, avant d’amorcer une hausse progressive qui s’est poursuivie jusqu’au début de l’année 2026. Sur l’ensemble de l’année 2025, les prix du minerai de fer ont augmenté de 9 %, ceux du charbon à coke de 17 % et ceux de la ferraille de 2 % (Graphique 2.3). Le prix d’un panier représentatif de matières premières utilisées dans la sidérurgie a ainsi progressé de 10 % en 2025. L’écart entre les prix de l’acier et ceux des matières premières diminue progressivement depuis le printemps 2025, accentuant les pressions sur la rentabilité du secteur sidérurgique (voir ci-après).
Graphique 2.3. Les prix du minerai de fer, du charbon métallurgique et de la ferraille sont en hausse
Copier le lien de Graphique 2.3. Les prix du minerai de fer, du charbon métallurgique et de la ferraille sont en haussePrix du minerai de fer, du charbon métallurgique et de la ferraille, en USD par tonne métrique, 2024-2026
Production mondiale d’acier
Copier le lien de Production mondiale d’acierLa production et la consommation mondiales d’acier ont tendance à évoluer en parallèle. Toutefois, des changements structurels sont observés, reflétant les évolutions des conditions de compétitivité et des capacités nationales et régionales (Tableau 2.2). Comme pour la consommation, l’Asie domine la production, avec 73 % du total mondial, une part supérieure à celle de la région dans la consommation mondiale (68 %). La Chine conserve sa position de premier producteur mondial, bien que sa part soit appelée à diminuer, tant en volume absolu qu’en termes relatifs par rapport aux autres producteurs au cours des prochaines années. Des baisses de production sont également attendues en Corée et au Japon d’ici 2030. À l’inverse, l’Inde devrait accroître significativement sa production, avec une hausse de 40 millions de tonnes (Mt) à l’horizon de cette même période. Les pays de l’ASEAN devraient également augmenter leur production de 30 Mt, tandis que les producteurs nord-américains et européens verront leur production progresser, mais dans une moindre mesure.
Tableau 2.2. Production mondiale d’acier par région, 2025 et projections pour 2026 et 2030
Copier le lien de Tableau 2.2. Production mondiale d’acier par région, 2025 et projections pour 2026 et 2030|
Région |
2025 |
2026 |
2030 |
|||
|---|---|---|---|---|---|---|
|
|
Mt |
Variation, % |
Mt |
Variation, % |
Mt |
TCAC 2025-2030, % |
|
Chine (République populaire de) |
961.3 |
-4.3 |
958.2 |
-0.3 |
930.9 |
-0.6 |
|
Union européenne (27) et Royaume-Uni |
130.6 |
-2.4 |
132.4 |
1.3 |
136.3 |
0.9 |
|
Inde |
164.4 |
10.0 |
174.9 |
6.4 |
208.3 |
4.8 |
|
Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) |
107.5 |
1.3 |
108.3 |
0.6 |
111.7 |
0.8 |
|
Japon et Corée |
141.9 |
-3.8 |
143.3 |
0.9 |
132.8 |
-1.3 |
|
Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) |
60.2 |
5.4 |
61.5 |
2.1 |
90.6 |
8.5 |
|
Communauté des États indépendants (CEI) |
82.2 |
-4.9 |
85.0 |
3.4 |
97.0 |
3.4 |
|
Moyen-Orient |
57.0 |
5.1 |
57.4 |
0.8 |
73.1 |
5.1 |
|
Amérique centrale et Amérique du Sud |
42.4 |
-0.2 |
43.2 |
1.9 |
47.0 |
2.1 |
|
Autres Europe |
42.4 |
2.1 |
43.6 |
2.8 |
49.9 |
3.3 |
|
Autres Asie |
25.9 |
-8.7 |
26.6 |
2.6 |
26.5 |
0.4 |
|
Afrique |
26.9 |
-4.4 |
28.6 |
6.3 |
29.7 |
2.0 |
|
Océanie |
5.8 |
11.1 |
5.9 |
1.7 |
6.3 |
1.8 |
|
Monde |
1 850.8 |
-1.9 |
1 869.4 |
1.0 |
1 940.6 |
1.0 |
|
Monde hors Chine |
889.4 |
0.7 |
911.1 |
2.4 |
1 009.6 |
2.6 |
|
OCDE |
426.1 |
-1.3 |
431.3 |
1.2 |
434.8 |
0.4 |
|
Hors OCDE |
1 424.6 |
-2.1 |
1 438.0 |
0.9 |
1 505.7 |
1.1 |
|
Économies développées |
375.5 |
-2.1 |
379.4 |
1.0 |
372.1 |
-0.2 |
|
Économies émergentes |
1 475.2 |
-1.9 |
1 489.9 |
0.9 |
1 568.4 |
1.2 |
|
Économies émergentes hors Chine |
513.9 |
2.8 |
531.6 |
3.4 |
637.4 |
4.4 |
Note : Le TCAC (taux de croissance annuel composé) correspond au taux de croissance annuel moyen attendu. Mt : millions de tonnes.
Source : Secrétariat du Comité de l’acier de l’OCDE.
Amériques
Aux États-Unis, la production d’acier brut a augmenté d’environ 3.1 % en 2025 et devrait encore progresser de 0.7 % en 2026. Cette hausse s’explique principalement par un durcissement des politiques d’importation, qui a réduit la pénétration des importations et permis aux aciéries nationales de fonctionner à des taux d’utilisation plus élevés, ainsi que par une demande soutenue liée à la construction de centres de données, aux installations énergétiques et aux investissements dans les infrastructures. En 2025, les principaux producteurs ont fait état de taux d’utilisation d’environ 85 % pour les aciéries produisant des produits plats (Kallanish, 2026[20]). Selon l’American Iron and Steel Institute (AISI), le taux d’utilisation des capacités a atteint 80 % le 18 avril 2026 (AISI, 2026[21]).
Au Canada, la production d’acier brut devrait croître d’environ 1.0 % en 2026. Cette amélioration modeste est soutenue par de nouvelles mesures à l’importation et une mise en œuvre renforcée des règles commerciales, instaurées dans le cadre d’un plan de soutien adopté fin 2025 visant à répondre à la pression des importations et aux excédents de capacité mondiaux (ACPA, 2025[22]). Parallèlement, les récents accords énergétiques entre le gouvernement fédéral et les provinces, visant à développer de nouvelles infrastructures de transport par pipelines, ont explicitement mis l’accent sur le développement des chaînes d’approvisionnement canadiennes en acier et en tuyaux. Les principaux producteurs nationaux de tuyaux ont enregistré une production record en 2025, soutenue par l’activité du secteur pétrolier et gazier. Cette dynamique devrait se poursuivre en cas de projets énergétiques de grande envergure (Canadian Energy Centre, 2026[23]). Bien que la hausse globale reste limitée, ces mesures contribuent à stabiliser le taux d’utilisation des capacités des aciéries tout en protégeant le secteur des excédents de capacité mondiaux et des distorsions commerciales.
Dans l’ensemble, les perspectives de production du Canada restent stables, la croissance reposant principalement sur un appui stratégique et une demande intérieure soutenue.
Au Mexique, la production d’acier brut a reculé d’environ 6 % en 2025, principalement en raison de la faiblesse de la demande intérieure et de l’impact du relèvement des droits de douane américains sur l’acier, qui a réduit l’accès du pays à son principal marché d’exportation (Argus Media, 2026[24]). En décembre 2025, le Congrès mexicain a approuvé des amendements à la loi sur les taxes générales à l’importation et à l’exportation, augmentant les droits de douane sur les importations d’acier en provenance de pays ne disposant pas d’accords commerciaux avec le Mexique, dans le cadre de sa stratégie plus large « Plan México ». Ces mesures visent à contrer les pratiques commerciales déloyales et à favoriser la substitution des importations en renforçant la production nationale (Canacero, 2025[25]). Malgré ces ajustements de politique commerciale, la production ne devrait se redresser que légèrement en 2026, de 0.6 %, avant de se renforcer plus nettement à l’horizon 2030.
Au Brésil, la production d’acier brut a reculé d’environ 1.6 % en 2025, tandis que les exportations ont fortement augmenté, les expéditions vers l’Europe ayant doublé à la suite du relèvement des droits de douane américains. Dans le même temps, les prix intérieurs ont été affectés par la hausse des importations à bas coût en provenance d’Asie, incitant les producteurs à réorienter leur production vers les marchés d’exportation (Argus Media, 2026[26]).
Europe
La production d’acier dans l’Union européenne (27) et au Royaume-Uni a reculé de 2.4 % en 2025, reflétant la faiblesse de l’activité industrielle et la persistance des pressions exercées par les importations. Un rebond modéré de 1.4 % est attendu en 2026, soutenu par une amélioration progressive de la demande manufacturière. En avril 2026, la présidence du Conseil et le Parlement européen sont parvenus à un accord provisoire sur un nouveau règlement visant à protéger le marché européen de l’acier contre les effets négatifs des surcapacités mondiales. Le dispositif prévoit notamment l’introduction d’un système révisé de contingents tarifaires, réduisant d’environ 47 % les volumes globaux de quotas d’importation par rapport à 2024, une hausse des droits hors contingent de 25 % à 50 %, ainsi qu’une nouvelle règle « fusion et coulé ». Ce règlement remplacera les mesures de sauvegarde en vigueur à compter du 1er juillet 2026 (Conseil de l'Union européenne, 2026[27]). Toutefois, les coûts élevés de l’énergie et les besoins d’investissement croissants liés à la décarbonation continuent de limiter le potentiel de reprise, ce qui devrait se traduire par une production globalement stable à court terme.
En Allemagne, la production d’acier a fortement reculé en 2025, enregistrant une baisse de 8.8 % en raison de la faiblesse de la demande intérieure, des coûts élevés de l’énergie et des pressions exercées par les importations (SteelOrbis, 2026[28]). Le secteur est en cours de restructuration, Thyssenkrupp ayant notamment annoncé des suppressions d’emplois et des réductions de la production (Reuters, 2025[29]). En 2026, la production d’acier devrait légèrement augmenter et rester globalement stable jusqu’en 2030.
L’Italie se distingue parmi les grands producteurs européens, ayant enregistré une croissance positive de la production d’acier de 2.4 % en 2025. Cette hausse s’explique par un fort rebond en fin d’année 2025, la production d’acier brut ayant fortement augmenté en décembre, parallèlement à une hausse de la production de produits plats et de produits longs, ce qui suggère une reprise généralisée en fin d’année après plusieurs années de contraction (Kallanish, 2026[30]). La production devrait progresser modestement en 2026, de 1.2 %, puis augmenter progressivement jusqu’en 2030.
En République de Türkiye (ci-après « Türkiye »), la production d’acier brut a augmenté de 2.3 % en 2025 et devrait encore progresser d’environ 2.9 % en 2026, avant de se renforcer à l’horizon 2030. Cette croissance a été portée par une activité intérieure plus vigoureuse et par un rebond des exportations, les expéditions à l’étranger ayant augmenté de plus de 12 % en 2025. Les producteurs d’acier turcs anticipent également une nouvelle hausse de la production et de la consommation en 2026, dans un contexte d’amélioration des conditions de marché (GMK Center, 2026[31]).
Afrique et Moyen-Orient
En Égypte, la production d’acier brut a reculé de 1.1 % en 2025, en raison de tensions conjoncturelles sur la demande et d’un affaiblissement des exportations. La production devrait progresser de 3.2 % en 2026 et continuer de croître jusqu’en 2030, confortant la position de l’Égypte comme principal moteur de croissance de la région. Dans cette perspective, le principal producteur du pays, Ezz Steel, a annoncé un plan d’investissement d’environ 1.16 milliard USD sur les deux prochaines années afin d’accroître ses capacités de production, avec une réorientation stratégique vers le marché intérieur dans un contexte de multiplication des mesures commerciales sur l’acier à l'échelle internationale. L’entreprise met en avant la construction et les infrastructures comme principaux moteurs de la demande future, tandis que les récentes mesures de soutien public visant à développer la production locale de produits laminés renforcent les perspectives de croissance à moyen terme (GMK Center, 2026[32]). Par ailleurs, le groupe chinois XinFeng Steel prévoit d’investir environ 10 milliards USD dans la création d’un vaste complexe sidérurgique intégré dans la zone économique du canal de Suez, avec pour objectif une capacité annuelle d’environ 10 Mt de produits sidérurgiques automobiles et industriels à forte valeur ajoutée (SteelOrbis, 2026[33]). Ce projet s’inscrit dans la stratégie égyptienne de localisation industrielle et de montée en gamme des chaînes de valeur.
En Afrique du Sud, la production d’acier brut a reculé de 4.7 % en 2025 et demeure bien en deçà de ses niveaux historiques : environ un quart en dessous des niveaux d’avant la pandémie et proche de la moitié du pic atteint par le secteur au milieu des années 2000. La faiblesse observée en 2025 témoigne des difficultés structurelles auxquelles l’industrie est confrontée, notamment les coûts élevés de l’électricité, les goulets d’étranglement logistiques, la hausse des coûts des intrants, la faiblesse de la demande intérieure et les pressions persistantes exercées par les importations à bas prix. Ces facteurs ont limité le taux d’utilisation des capacités et réduit la marge de manœuvre des producteurs pour répondre à la reprise de la demande. Bien que la production se soit stabilisée depuis 2022, l’absence de reprise significative en 2025 souligne la fragilité persistante du secteur (SAISI, 2026[34]). Dans ce contexte, la production devrait rebondir de 2.2 % en 2026, avant de se renforcer plus nettement à l’horizon 2030, ce qui laisse entrevoir une reprise progressive dépendant d’une amélioration des conditions d’exploitation et d’un soutien public ciblé.
La production d’acier au Moyen-Orient a augmenté de 5.1 % en 2025 et devrait progresser légèrement en 2026, de 0.8 %, soutenue par d’importants projets d’infrastructures et des stratégies industrielles menées par les États. Toutefois, les conflits militaires dans la région auront un impact profond sur les producteurs d’acier locaux.
En Arabie saoudite, la production d’acier brut a augmenté de 11 % en 2025 et devait encore progresser de 3.8 % en 2026 avant de s’accélérer plus nettement d’ici 2030. Les données sectorielles indiquent que cette forte dynamique est principalement portée par d’importants projets nationaux d’infrastructures et industriels liés aux efforts de diversification de l’économie, lesquels ont soutenu la demande d’acier et les taux d’utilisation des capacités (Fastmarkets, 2026[35]).
En Iran, la production d’acier brut a augmenté de 3.7 % en 2025, soutenue par la demande intérieure du secteur de la construction et de l’industrie manufacturière, avec des niveaux de production particulièrement élevés en fin d’année (Tehran Times, 2026[17]). Toutefois, cette dynamique devrait s’interrompre à court terme, le conflit dans la région ayant endommagé d’importantes infrastructures sidérurgiques et énergétiques, perturbé l’approvisionnement en électricité et en gaz et limité les capacités d’exportation, ce qui devrait entraîner une baisse de la production d’acier en 2026.
Situation financière du secteur
Copier le lien de Situation financière du secteurEn 2024, la rentabilité du secteur de la sidérurgie de base est restée faible, sous l’effet des pressions exercées par les excédents de capacité sur les prix. Les aciéristes situés dans les économies partenaires ont néanmoins légèrement amélioré leurs performances, tandis que la situation s’est encore détériorée dans les pays Membres de l’OCDE (Graphique 2.4). Parallèlement, les producteurs mondiaux d’acier ont accru leur niveau d’endettement, inversant la tendance de désendettement observée au cours de la dernière décennie. Le ratio dette/actifs de l’entreprise médiane représentative dans les économies partenaires est supérieur de plus de 50 % à celui observé dans les pays Membres de l’OCDE, ce qui constitue un écart significatif. Dans ces mêmes économies, le secteur a bénéficié d’une poursuite de l’expansion des mesures de soutien, les entreprises recevant des volumes croissants de subventions directes et un accès accru à des financements à des taux inférieurs aux conditions du marché. Ces dispositifs sont analysés plus en détail au chapitre 4 du présent rapport.
Commerce mondial de l’acier
Copier le lien de Commerce mondial de l’acierLe commerce mondial de l’acier s’est replié en 2025, mais la Chine fait exception à la tendance baissière en portant ses exportations à un niveau record
Alors que les exportations mondiales d’acier ont reculé de 6.2 % en 2025, celles de la Chine ont bondi de 13.8 %, atteignant un niveau record de 131.2 Mt. Les exportations chinoises ont plus que doublé entre 2019 et 2025 et la part du pays dans les exportations mondiales a grimpé en flèche, passant de 19 % en 2019 à 41 % en 2025. Les pays exportateurs de l’ASEAN ont également vu leurs exportations plus que doubler sur la période 2019-2025, atteignant 20.8 Mt en 2025.
Le commerce mondial de l’acier a connu des fluctuations ces dernières années, les exportations annuelles (hors échanges intra-UE et intra-ASEAN) se situant entre 308 et 353 Mt depuis 2019 (Tableau 2.3). Toutefois, d’importants changements sont intervenus dans les flux commerciaux, les économies de l’OCDE productrices d’acier voyant leur position se détériorer à l’échelle mondiale. Les exportations européennes ont chuté de 53 % par rapport à leur niveau de 2019 pour atteindre 50 Mt en 2025, dont une baisse de 19 % entre 2024 et 2025 seulement. Dans le même temps, les exportations de l’Amérique du Nord et de l’Amérique du Sud ont diminué, s’établissant respectivement à 14 Mt et 12 Mt, soit des baisses de 20 % et 18 % par rapport aux niveaux de 2019.
Graphique 2.4. Rentabilité des aciéristes dans les pays Membres de l’OCDE et les économies partenaires, 2006-2024
Copier le lien de Graphique 2.4. Rentabilité des aciéristes dans les pays Membres de l’OCDE et les économies partenaires, 2006-2024EBITDA rapporté au chiffre d’affaires, en %
Note : La rentabilité est définie comme le rapport de l’EBITDA (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) au chiffre d’affaires, en pourcentage. Les courbes représentent les valeurs médianes des entreprises de l’échantillon.
Source : Base de données MAGIC de l’OCDE.
Tableau 2.3. Exportations mondiales d’acier par région, 2019-2025
Copier le lien de Tableau 2.3. Exportations mondiales d’acier par région, 2019-2025En millions de tonnes
|
Région |
2019 |
2020 |
2021 |
2022 |
2023 |
2024 |
2025 |
Variation, 2019-2025 (%) |
Variation, 2024-2025 (%) |
Part dans le commerce mondial en 2025 (%) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
Asie |
183.9 |
178.5 |
207 |
191.4 |
219.6 |
240.8 |
238.5 |
29.7 |
-1.0 |
74.3 |
|
Chine (République populaire de) |
62.7 |
52 |
64.9 |
67.2 |
92.6 |
115.3 |
131.2 |
109.3 |
13.8 |
40.8 |
|
Inde |
13.4 |
17.3 |
20.4 |
12.1 |
9.9 |
9.7 |
9.9 |
-26.1 |
2.1 |
3.1 |
|
Japon et Corée |
63.1 |
59.6 |
60.5 |
57.2 |
59.2 |
59.2 |
57.8 |
-8.4 |
-2.4 |
18 |
|
Moyen-Orient |
22.5 |
19.9 |
25.4 |
25.7 |
27 |
22.1 |
8.6 |
-61.8 |
-61.1 |
2.7 |
|
ASEAN |
9.5 |
17.3 |
23.2 |
17.6 |
19.7 |
23.9 |
20.8 |
118.9 |
-13.0 |
6.5 |
|
Autres Asie |
12.7 |
12.4 |
12.5 |
11.7 |
11.3 |
10.6 |
10.2 |
-19.7 |
-3.8 |
3.2 |
|
Europe |
107.4 |
97.1 |
104.4 |
76.5 |
66.5 |
62 |
50 |
-53.4 |
-19.4 |
15.6 |
|
UE27 + Royaume-Uni |
37.1 |
29.6 |
29 |
25.9 |
25.6 |
25.1 |
22.8 |
-38.5 |
-9.2 |
7.1 |
|
Türkiye |
19.7 |
18.7 |
22.1 |
17.6 |
12.7 |
17 |
17.5 |
-11.2 |
2.9 |
5.4 |
|
Russie |
29.5 |
28.7 |
32.6 |
24.2 |
21.6 |
12.2 |
4.5 |
-84.7 |
-63.1 |
1.4 |
|
Ukraine |
15.6 |
15.2 |
15.7 |
4.8 |
3.3 |
4.7 |
3.3 |
-78.8 |
-29.8 |
1 |
|
Autres Europe |
5.6 |
4.9 |
5.1 |
4 |
3.3 |
3.1 |
1.9 |
-66.1 |
-38.7 |
0.6 |
|
Amérique du Nord |
18.1 |
17 |
21.6 |
21.5 |
18.7 |
18.9 |
14.4 |
-20.4 |
-23.8 |
4.5 |
|
Amérique du Sud et Caraïbes |
14.2 |
11.8 |
13.8 |
13.4 |
13.6 |
11.9 |
11.6 |
-18.3 |
-2.5 |
3.6 |
|
Afrique |
4.5 |
4.1 |
5.6 |
4.1 |
8.2 |
7.7 |
5.1 |
13.3 |
-33.8 |
1.6 |
|
Océanie |
1.3 |
1.1 |
0.8 |
1.3 |
1.2 |
1.1 |
1.6 |
23.1 |
45.5 |
0.5 |
|
Monde |
329.5 |
309.6 |
353.3 |
308.3 |
327.9 |
342.5 |
321.2 |
-2.5 |
-6.2 |
100 |
|
Monde (hors Chine) |
266.8 |
257.6 |
288.4 |
241.1 |
235.3 |
227.2 |
190 |
-28.8 |
-16.4 |
59.2 |
|
OCDE |
137 |
123.7 |
131.1 |
121.2 |
115.7 |
119.8 |
112.7 |
-17.7 |
-5.9 |
35.1 |
Note : Les exportations excluent les échanges intra-UE27 et intra-ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est).
Source : OCDE, d'après les données de l’Iron and Steel Statistics Bureau (ISSB), la base de données statistiques des Nations Unies sur le commerce des marchandises (COMTRADE) et les données de la World Steel Association.
L’augmentation des exportations chinoises s’explique en partie par la faiblesse de la demande intérieure d’acier, les exportations servant alors de débouché à une production nationale excédant les besoins domestiques. L’intensification des subventions constitue également un facteur déterminant, dans la mesure où celles-ci peuvent réduire les coûts et ainsi favoriser les ventes à l’étranger. Les bas prix ont également pu contribuer à l’accroissement des volumes exportés. Dans un contexte de forte baisse des valeurs unitaires à l’exportation, la croissance de la valeur des exportations chinoises est restée très en deçà de celle des volumes (Graphique 2.5). Une dynamique comparable est observée dans l’ASEAN, où la progression de la valeur des exportations est également inférieure à celle des volumes. La Chine, l’ASEAN et, dans une moindre mesure, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MENA) ont ainsi gagné des parts de marché sur les principaux marchés importateurs (Graphique 2.6).
À l’exception de la Chine, la part de la production d’acier destinée à l’exportation a généralement reculé. En Europe, par exemple, 26 % de la production ont été exportés en 2025, contre 47 % en 2019. En Amérique du Sud, les exportations représentent désormais environ un tiers de la production, contre 41 % auparavant. Dans les pays asiatiques, hors Chine, la part des exportations de l’acier a également connu un déclin régulier, passant d’un pic de 42 % au début de la décennie à 30 % en 2025.
Les importations d’acier ont également connu des évolutions significatives en 2025. En Amérique du Nord, elles ont reculé de 15.8 %, dans un contexte de renforcement des mesures commerciales dans la région. De fortes baisses à deux chiffres ont également été enregistrées en Asie, les importations chinoises passant de 40.2 Mt en 2020 à seulement 7 Mt en 2025. Des diminutions annuelles marquées ont aussi été observées au Moyen-Orient (–52.4 %), ainsi qu’en Inde, au Japon et en Corée. À l’inverse, les niveaux d’importation ont augmenté en Europe, notamment dans la zone UE27–Royaume-Uni, où des mesures de sauvegarde étaient également en vigueur. Les produits semi-finis, qui n’étaient pas couverts par ces mesures, ont représenté près de la moitié de cette hausse.
Graphique 2.5. Les exportations chinoises d’acier ont fortement augmenté en volume, mais dans une moindre mesure en valeur
Copier le lien de Graphique 2.5. Les exportations chinoises d’acier ont fortement augmenté en volume, mais dans une moindre mesure en valeurÉvolution de la valeur et du volume des exportations d’acier par région, 2019-2025, 2019 = 100
Note : Les échanges intra-UE27 et intra-ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) sont exclus.
Source : OCDE, d'après les données de l’Iron and Steel Statistics Bureau (ISSB) et la base de données statistiques des Nations Unies sur le commerce des marchandises (COMTRADE).
Graphique 2.6. Les importations d’acier en provenance de Chine et de l’ASEAN augmentent, tandis que celles issues des économies de l’OCDE productrices d’acier reculent
Copier le lien de Graphique 2.6. Les importations d’acier en provenance de Chine et de l’ASEAN augmentent, tandis que celles issues des économies de l’OCDE productrices d’acier reculentÉvolution des importations par origine et par région de marché, 2019-2025, en millions de tonnes
Note : Les pays sélectionnés incluent les membres du Comité de l’acier de l’OCDE figurant parmi les 30 principales économies productrices d’acier.
ASEAN : Association des nations de l’Asie du Sud-Est ; CEI : Communauté des États indépendants ; MENA : Moyen-Orient et Afrique du Nord.
Source : OCDE, d'après les données de l’Iron and Steel Statistics Bureau (ISSB) et de la base de données statistiques des Nations Unies sur le commerce des marchandises (COMTRADE).
Références
[22] ACPA (2025), L’ACPA salue le soutien renouvelé à l’industrie sidérurgique canadienne, Association des producteurs d’acier du Canada, https://aciercanadien.ca/media/release/2025/11/cspa-applauds-refreshed-support-for-the-domestic-steel-industry (consulté le 16 février 2026).
[21] AISI (2026), Weekly Raw Steel Production, American Iron and Steel Institute, https://www.steel.org/industry-data/ (consulté le 5 mai 2026).
[11] ALACERO (2026), The Latin American steel industry ended 2025 with production down for the fourth consecutive year and record-high import levels, Latin American Steel Association, https://alacero.org/en/figures-december-2025/.
[26] Argus Media (2026), « Brazil’s steel exports to Europe double in 2025 », Latest Market News, https://www.argusmedia.com/en/news-and-insights/latest-market-news/2777940-brazil-s-steel-exports-to-europe-double-in-2025 (consulté le 16 février 2026).
[24] Argus Media (2026), « Mexican steel output, demand down in 2025 », Latest Market News, https://www.argusmedia.com/en/news-and-insights/latest-market-news/2783750-mexican-steel-output-demand-down-in-2025 (consulté le 16 février 2026).
[25] Canacero (2025), CANACERO celebra reforma arancelaria que fortalece la industria nacional frente a prácticas de comercio desleal, Cámara Nacional de la Industria del Hierro y del Acero, https://canacero.org.mx/wp-content/uploads/public/Comunicado_CANACERO_11Diciembre_2025.pdf.
[23] Canadian Energy Centre (2026), West Coast pipeline push sparks optimism for Canadian steelmakers, https://www.canadianenergycentre.ca/west-coast-pipeline-push-sparks-optimism-for-canadian-steelmakers/ (consulté le 18 février 2026).
[27] Conseil de l’Union européenne (2026), Le Conseil et le Parlement européen parviennent à un accord visant à protéger l’industrie sidérurgique de l’UE contre la surcapacité mondiale, https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2026/04/13/council-and-european-parliament-strike-deal-to-protect-eu-s-steel-industry-from-global-overcapacity/ (consulté le 17 avril 2026).
[12] Eurometal (2026), French longs prices edge higher despite weak demand, https://eurometal.net/french-longs-prices-edge-higher-despite-weak-demand/ (consulté le 18 février 2026).
[35] Fastmarkets (2026), Saudi Arabia-Turkey steel scrap correlation sinks in 2025, highlighting local pricing need, https://www.fastmarkets.com/insights/saudi-arabia-turkey-steel-scrap-correlation-sinks-2025-local-pricing-need/ (consulté le 17 février 2026).
[4] GMK Center (2026), Demand for steel in India will grow by 8% in FY2025/2026 – ICRA, https://gmk.center/en/news/demand-for-steel-in-india-will-grow-by-8-in-fy2025-2026-icra/ (consulté le 17 février 2026).
[32] GMK Center (2026), Ezz Steel to invest over $1 billion in production expansion over two years, https://gmk.center/en/news/ezz-steel-to-invest-over-1-billion-in-production-expansion-over-two-years/ (consulté le 17 février 2026).
[31] GMK Center (2026), Turkish steelmakers expect steel production in the country to grow by 7% in 2026, https://gmk.center/en/news/turkish-steelmakers-expect-steel-production-in-the-country-to-grow-by-7-in-2026/ (consulté le 17 février 2026).
[7] GMK Center (2025), South Korea launches large-scale support for steel industry, https://gmk.center/en/news/south-korea-launches-large-scale-support-for-steel-industry/ (consulté le 16 février 2026).
[9] Gouvernement du Canada (2026), Le premier ministre Carney dévoile la nouvelle stratégie automobile du Canada afin de protéger les emplois et de positionner notre pays comme chef de file mondial de la fabrication de véhicules de prochaine génération, https://www.canada.ca/fr/innovation-sciences-developpement-economique/nouvelles/2026/02/le-premier-ministre-carney-devoile-la-nouvelle-strategie-automobile-du-canada-afin-de-proteger-les-emplois-et-de-positionner-notre-pays-comme-chef-.html (consulté le 18 février 2026).
[13] Kallanish (2026), Germany sees another year of declining steel production, https://www.kallanish.com/en/news/steel/market-reports/article-details/germany-bemoans-another-year-of-declining-steel-production-0126/ (consulté le 18 février 2026).
[30] Kallanish (2026), Italian crude steel output bucks trend in 2025, https://www.kallanish.com/en/news/steel/market-reports/article-details/2025-italian-crude-output-increases-0226/ (consulté le 17 février 2026).
[19] Kallanish (2026), Long products, https://www.kallanish.com/en/prices/list/all-prices/#long-products.
[20] Kallanish (2026), US overtakes Japan in 2025 steel production, https://www.kallanish.com/en/news/steel/market-reports/article-details/us-advances-over-japan-in-crude-steel-production/ (consulté le 16 février 2026).
[5] Kallanish (2025), Vietnam’s development plans to boost steel rail demand, https://www.kallanish.com/en/news/steel/market-reports/article-details/vietnam-to-boost-steel-rail-demand-1225/ (consulté le 17 février 2026).
[18] Lv, A. et L. Jackson (2026), « China crude steel output hits seven-year low in 2025 despite record exports », Reuters, https://www.reuters.com/world/asia-pacific/china-crude-steel-output-hits-seven-year-low-2025-despite-record-exports-2026-01-19 (consulté le 27 janvier 2026).
[8] Maison Blanche (2026), Restoring America’s Maritime Dominance, Maison Blanche, https://www.whitehouse.gov/maritimemight/ (consulté le 18 février 2026).
[14] Manassa News (2025), « Egypt’s top steelmakers cut prices as domestic demand slumps », Al Manassa, https://manassa.news/en/news/28584 (consulté le 18 février 2026).
[16] Mark & Spark Solutions (2026), Saudi Structural Steel Market to $6.1B by 2033, https://marksparksolutions.com/reports/saudi-arabia-structural-steel-market (consulté le 18 février 2026).
[10] OCDE (2026), OECD Economic Surveys: Mexico 2026, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/8a7c0ac4-en.
[15] Reuters (2026), ArcelorMittal South Africa narrows loss after shutting long steel operations | Reuters, https://www.reuters.com/world/africa/arcelormittal-south-africa-narrows-loss-after-shutting-long-steel-operations-2026-02-05/ (consulté le 18 février 2026).
[2] Reuters (2026), China reportedly drops rules that sparked property crisis, developer shares surge | Reuters, https://www.reuters.com/world/asia-pacific/china-dropping-red-lines-policy-that-sent-property-sector-into-crisis-report-2026-01-29/ (consulté le 17 février 2026).
[29] Reuters (2025), Thyssenkrupp, workers agree on job cuts in steel division | Reuters, https://www.reuters.com/business/world-at-work/thyssenkrupp-reduce-steel-production-cut-or-outsource-11000-jobs-2025-12-01/ (consulté le 17 février 2026).
[3] S&P Global (2026), 2026 Outlook--China Commodities Watch: Downstream | S&P Global Ratings, https://www.spglobal.com/ratings/en/regulatory/article/2026-outlook-china-commodities-watch-downstream-pressure-persists-s101649276 (consulté le 16 février 2026).
[34] SAISI (2026), 2025 Confirms Structural Weakness in South Africa’s Crude Steel Production, South African Iron and Steel Institute, https://www.saisi.org/news/2025-confirms-structural-weakness-in-south-africas-crude-steel-production/ (consulté le 17 février 2026).
[33] SteelOrbis (2026), « Egypt discusses $10 billion steel complex investment with China’s Xinfeng Steel », https://www.steelorbis.com/steel-news/latest-news/egypt-discusses-10-billion-steel-complex-investment-with-chinas-xinfeng-steel-1432567.htm (consulté le 5 mai 2026).
[28] SteelOrbis (2026), WV Stahl: German steel output remains at crisis levels in 2025, capacity use below critical 70%, https://www.steelorbis.com/steel-news/latest-news/wv-stahl-german-steel-output-remains-at-crisis-levels-in-2025-capacity-use-below-critical-70-1430850.htm (consulté le 17 février 2026).
[17] Tehran Times (2026), Iran’s steel output rises 16% in December 2025: WSA, https://www.tehrantimes.com/news/523037/Iran-s-steel-output-rises-16-in-December-2025-WSA (consulté le 17 février 2026).
[1] Worldsteel (2026), Worldsteel Short Range Outlook April 2026, https://worldsteel.org/media/press-releases/2026/worldsteel-short-range-outlook-april-2026/ (consulté le 17 avril 2026).
[6] Yieh Corp (2026), Krakatau Steel targets 2026 capacity expansion for Indonesia’s strategic projects-Yieh Corp Steel News, https://www.yieh.com/en/News/krakatau-steel-targets-2026-capacity-expansion-for-indonesias-strategic-projects/158689 (consulté le 17 février 2026).