Les droits antidumping et compensateurs continuent d’être largement utilisés pour lutter contre le dumping d’acier subventionné et vendu à des prix déloyaux sur les marchés mondiaux. Un nombre croissant de pays ont également mis en place, ou s’apprêtent à instaurer, des mesures plus larges pour protéger plus efficacement leurs industries sidérurgiques contre les flots d’importations provenant, notamment, de pays affichant des excédents de capacité. Malgré ces initiatives, la Chine et d’autres pays en situation de surcapacité continuent d’inonder les marchés d’acier excédentaire, souvent en redirigeant leurs expéditions vers des marchés moins protégés et en trouvant de nouveaux moyens de contourner les mesures commerciales. Parallèlement, les restrictions à l’exportation de certaines matières premières sidérurgiques indispensables se multiplient, ce qui accentue la pression sur les aciéristes à l’échelle mondiale.
5. Les mesures commerciales se multiplient à mesure que la crise de l’acier s’aggrave
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Enquêtes récentes en matière de mesures commerciales correctives sur les produits sidérurgiques
Copier le lien de Enquêtes récentes en matière de mesures commerciales correctives sur les produits sidérurgiquesLes droits antidumping et compensateurs (AD/CVD) continuent d’être largement utilisés pour lutter contre le dumping d’acier subventionné et vendu à des prix déloyaux sur les marchés mondiaux. Outre ces mesures, de plus en plus de pays ont mis en place, ou s’apprêtent à instaurer, des mesures commerciales d’ampleur pour répondre aux inquiétudes croissantes que suscitent les flots d’importations d’acier provenant , notamment, de pays affichant des excédents de capacité.
Si la croissance du nombre d’enquêtes sur les mesures AD/CVD s’est légèrement modérée en 2025, leur total est resté relativement élevé : 75 enquêtes, contre 90 en 2024. La Chine est demeurée la cible principale de ces enquêtes, totalisant 27 d’entre elles, bien plus que tout autre pays. Dix-huit pays ont engagé des procédures, en tête desquels le Canada (20) et le Brésil (9). Le Japon a également rejoint le groupe des plaignants en ouvrant des enquêtes à l’encontre de la Chine, du Taipei chinois et de la Corée. Au total, 27 pays ont été visés par ces procédures pour pratiques commerciales déloyales.
Toutes les enquêtes menées en 2025, sauf une, ont abouti à des déterminations préliminaires positives. Les pays se sont montrés plus efficaces dans l’instruction des dossiers, le délai moyen nécessaire pour rendre les déterminations préliminaires étant passé de 200 jours ces dernières années à 144 jours en 2025. Les enquêtes en matière de droits compensateurs étaient souvent lancées parallèlement aux procédures concernant les droits antidumping. Au cours de l’année, les États-Unis ont aussi ouvert des enquêtes conjointes en matière de droits AD et de CVD pour les barres d’armature en provenance d’Algérie, d’Égypte et du Viet Nam.
L’impact global des procédures pour commerce déloyal sur les marchés doit toutefois s’apprécier sur plusieurs années, car les mesures prises les années précédentes continuent d’influer sur les échanges jusqu’à l’expiration des droits de douane. Il convient de souligner que depuis quelques années, les pays sont de plus en plus nombreux à déposer de nouvelles plaintes contre un nombre croissant de partenaires commerciaux et pour des produits de plus en plus variés. Le nombre de mesures AD/CVD en vigueur, si l’on comptabilise les procédures ouvertes depuis 2016, a atteint un niveau record de 395 en 2025, contre 321 en 2024. Actuellement, 113 mesures commerciales visent la Chine, 41 la Corée et 33 le Viet Nam (Graphique 5.1). Les États-Unis arrivent en tête avec 77 mesures en vigueur, suivis du Canada (64), de l’Australie (46) et de l’Union européenne (32). Ensemble, ces quatre juridictions concentrent environ la moitié des mesures commerciales AD/CVD au niveau mondial.
Autres mesures affectant le commerce de l’acier
Copier le lien de Autres mesures affectant le commerce de l’acierSi les mesures AD/CVD décrites ci-dessus sont particulièrement adaptées pour traiter les problèmes liés à des produits spécifiques en provenance de pays déterminés, elles se sont avérées insuffisantes pour remédier aux difficultés de plus grande envergure attribuables à la surcapacité mondiale qui frappe l’ensemble des produits sidérurgiques. Les pays sont donc de plus en plus nombreux à avoir instauré des mesures de portée générale visant à traiter de manière plus efficace et rationnelle l’ampleur et l’impact de la surcapacité mondiale croissante sur les marchés de l’acier (voir le Tableau 5.1 pour quelques exemples). Toutefois, dans bien des cas, ces mesures touchent également des importations en provenance de pays qui ne sont pas à l’origine de ces excédents de capacité, perturbant ainsi les chaînes de valeur régionales. Ces mesures ont été prises compte tenu de l’importance de cette industrie pour les économies et pour la sécurité nationale, notamment la sécurité économique. Les mesures les plus récentes présentent certaines caractéristiques, notamment :
la reconnaissance de la menace que la surcapacité mondiale de l’industrie sidérurgique fait peser sur la viabilité de leurs industries nationales de l’acier et, parallèlement, de l’importance de ce secteur pour la sécurité économique et la défense nationales ;
l’application de droits de douane compensatoires mondiaux pouvant atteindre 50 % sur de nombreux produits sidérurgiques ;
une durée d’application indéterminée pour ces mesures ;
la mise en œuvre ou l’examen de mesures visant à décourager ou à empêcher les détournements en exigeant que l’acier importé soit accompagné d’informations sur l’origine de la fonte brute utilisée pour fabriquer les produits importés, quel que soit le lieu où la transformation finale a été effectuée ;
l’inclusion des produits en aval dans les droits de douane, afin de décourager les tentatives des producteurs et négociants d’acier étrangers qui cherchent à contourner les mesures en se réorientant vers des produits plus élaborés.
Graphique 5.1. Nombre de mesures en vigueur en matière de droits antidumping et compensateurs, par pays imposant et pays défendeur, 2025
Copier le lien de Graphique 5.1. Nombre de mesures en vigueur en matière de droits antidumping et compensateurs, par pays imposant et pays défendeur, 2025Nombre de mesures engagées, en cours d’enquête ou en vigueur, décembre 2025
Note : Les enquêtes visant plusieurs pays sont comptabilisées séparément dans le graphique ci-dessus. Les enquêtes en cours sont définies comme celles ayant été ouvertes mais pour lesquelles aucune date provisoire n’a été fixée en mars 2026, et qui n’ont pas abouti à une conclusion négative. Les mesures en vigueur sont celles pour lesquelles une date d’application provisoire, définitive ou de prorogation a été établie. Seules les enquêtes et les mesures ayant débuté en 2016 ou après sont prises en compte. Seuls les pays totalisant au moins cinq enquêtes sont représentés sur le graphique. Les données relatives à l’Australie ont été complétées par des dossiers de la Commission australienne antidumping.
Source : OCDE, d’après les données sur les mesures commerciales correctives de la Fédération japonaise du fer et de l’acier et de la Commission australienne antidumping
Tableau 5.1. Mesures commerciales, y compris celles prises pour remédier à la surcapacité mondiale sur les marchés de l’acier, en 2025 et début 2026 : évolutions dans une sélection d’économies
Copier le lien de Tableau 5.1. Mesures commerciales, y compris celles prises pour remédier à la surcapacité mondiale sur les marchés de l’acier, en 2025 et début 2026 : évolutions dans une sélection d’économies|
Brève description des mesures |
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|---|---|
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Brésil |
Le contingent tarifaire (CT) introduit en juin 2024 a été prorogé d’un an en mai 2025, et certains produits ont été ultérieurement intégrés au champ d’application. En février 2026, les droits de douane ont été portés à 25 % (sans CT) sur certaines tôles, certains fils et certains produits tréfilés. |
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Canada |
En juin 2025, le Canada a mis en place des contingents tarifaires sur les importations d’acier afin de contribuer à stabiliser le marché canadien et d’empêcher les détournements préjudiciables d’acier étranger provenant de pays tiers vers le Canada, tout en minimisant les répercussions sur les importateurs et les utilisateurs en aval canadiens. La mesure couvre une large gamme de produits sidérurgiques semi-finis, plats, longs et tubulaires, mais exclut les produits pour voies ferrées ainsi que d’autres produits spécialisés. Les importations dépassant les niveaux de contingent, initialement fixés à 100 % des niveaux de 2024 pour les pays n’ayant pas conclu d’accord de libre-échange avec le Canada, sont soumises à une surtaxe de 50 %. Au cours des mois qui ont suivi, le niveau des contingents a été ramené à 50 % des niveaux de 2024, puis à 20 % en décembre. En août, les contingents tarifaires ont été étendus aux pays signataires d’un accord de libre-échange (ALE) (à l’exception du Mexique et des États-Unis), sur la base de 100 % de leurs niveaux d’importation de 2024. En décembre, le contingent tarifaire pour les pays signataires d’un ALE a été ramené à 75 %. Dans le même temps, les mesures sur l’acier ont été étendues aux constructions préfabriquées, fils, câbles, chaînes et fixations ; ces produits dérivés (en aval) sont désormais soumis, sauf exception, à un droit de douane de 25 %. Toujours en 2025, le Canada a imposé une surtaxe de 25 % sur les importations d’acier contenant de l’acier fondu et coulé en Chine. Cette surtaxe a été appliquée au regard du large éventail de mesures et pratiques non fondées sur le marché omniprésentes en Chine, et de la propagation des distorsions commerciales qui en résulte dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, en vertu de la réglementation douanière du pays. Lorsqu’un article importé est soumis à cette surtaxe et au contingent tarifaire mentionné ci-dessus, seul ce dernier est actuellement appliqué. |
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Chine (République populaire de) |
En décembre 2025, le ministère chinois du Commerce, en collaboration avec l’Administration générale des douanes de la République populaire de Chine, a annoncé l’ajout des produits sidérurgiques à la liste des produits soumis à des licences d’exportation, avec effet au 1er janvier 2026. Les permis d’exportation obligatoires couvrent tous les produits sidérurgiques. |
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Union européenne |
La mesure de sauvegarde introduite en 2018, sous la forme d’un contingent tarifaire, a été renforcée en 2025, notamment par : 1) la réduction à 0.1 % par an de la clause de libéralisation du contingent, qui était initialement de 1 % par an ; 2) l’interdiction pour les pays d’utiliser l’intégralité des volumes de contingents non utilisés par d’autres pays ; et 3) la suppression, pour les catégories de produits soumises à une forte pression des importations et caractérisées par une faible consommation, d’un mécanisme de report qui permettait aux pays de reporter les contingents non utilisés sur le trimestre suivant. En mars 2026, l’Union européenne a mis en place une mesure de sauvegarde concernant certains produits laminés plats à grains orientés en acier au silicium à usage électrique. Le Plan d’action pour l’acier et les métaux annoncé en mars 2025 comprenait des mesures visant à promouvoir et à protéger l’industrie au-delà de 2026, compte tenu des pressions persistantes attendues de la surcapacité mondiale sur les marchés de l’acier. En avril 2026, un accord stratégique a été conclu, portant sur une nouvelle mesure destinée à remplacer la mesure de sauvegarde de l’UE, qui expirera le 30 juin 2026. Cette nouvelle mesure s’appuiera sur un système de contingent tarifaire révisé, assorti d’un examen semestriel, et les importations dépassant le contingent seront soumises à un droit de douane ad valorem de 50 %. La mesure comprend également une disposition exigeant que les produits sidérurgiques importés mentionnent le pays où l’acier a été initialement fondu et coulé, afin d’accroître la transparence de la chaîne d’approvisionnement. Le 1er janvier 2026, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’Union européenne est entré dans sa phase définitive, après une période de transition allant de 2023 à 2025. Le MACF est conçu à la fois pour garantir un prix équitable pour le carbone émis lors de la production de biens à forte intensité de carbone importés dans l’Union européenne et pour encourager une production industrielle plus propre dans les pays non membres de l’UE. |
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Inde |
En 2025, le système de surveillance des importations d’acier a été renforcé, obligeant les importateurs à démontrer le respect des obligations fiscales liées aux normes indiennes applicables et aux spécifications du Bureau indien de normalisation (BIS) comme condition d’entrée, sauf exemption. Ces exigences s’appliquent à tous les produits sidérurgiques relevant des chapitres 72 et 73 du Système harmonisé (SH) pour lesquels il existe des arrêtés de contrôle de la qualité du BIS. Toujours en 2025, l’État a renforcé sa politique accordant un traitement préférentiel aux produits sidérurgiques de fabrication nationale dans le cadre de la passation des marchés publics, et une mesure de sauvegarde a été mise en œuvre concernant certains produits laminés plats ; en vertu de cette mesure, un droit de douane supplémentaire initial de 12 % est appliqué aux importations dont la valeur CAF (coût, assurance, fret) est inférieure à un seuil fixé. |
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Mexique |
Fin 2025, le Mexique a augmenté les droits de douane appliqués aux pays non signataires d’un ALE sur une gamme plus large de produits, dont de nouveaux produits sidérurgiques. En ce qui concerne l’acier, le code SH 7207 (demi-produits en brames ou en billettes) était le seul code à quatre chiffres exclu de ces mesures. Les droits de douane sont entrés en vigueur le 1er janvier 2026, sans durée déterminée. Les produits sidérurgiques visés sont désormais généralement soumis à un droit de douane de 35 %. |
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Royaume-Uni |
En juillet 2025, les dispositions de sauvegarde ont été renforcées. En mars 2026, le gouvernement britannique a publié un document exposant sa stratégie pour le secteur dans les mois et les années à venir. Sur le plan commercial, cette stratégie vise à se prémunir contre la surcapacité mondiale dans le secteur de l’acier à partir du 30 juin 2026, date d’expiration de la mesure de sauvegarde actuelle. Ce plan introduira une nouvelle série de contingents tarifaires avec des taux inférieurs de 60 % à ceux fixés par la mesure de sauvegarde actuelle, et portera le droit de douane hors contingent à 50 %. Le pays a l’intention d’engager une procédure au titre de l’article XXVIII de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce de 1994, afin de porter ses taux consolidés à 50 % au lieu du niveau actuel de franchise de droits. De plus, le périmètre de la nouvelle mesure sera élargi pour inclure d’autres produits sidérurgiques fabriqués au Royaume‑Uni, mais qui ne sont pas actuellement couverts par la mesure de sauvegarde sur l’acier. La nouvelle mesure s’appliquera à tous les pays, y compris ceux qui ont conclu des accords de libre-échange avec le Royaume-Uni. En outre, on explorera la possibilité d’introduire des exigences visant à identifier le lieu où l’acier utilisé dans les importations a été fondu et coulé. |
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États‑Unis |
Les mesures prévues à l’article 232 de la loi de 1962 sur l’expansion des échanges ont été modifiées en 2025. Les principales mesures prises au début de l’année 2025 comprenaient : 1) la suppression des exemptions et du traitement spécial accordés à un certain nombre de pays afin que tous les partenaires commerciaux soient soumis au régime de l’article 232 sur l’acier ; 2) la suppression des exclusions générales approuvées (GAE), qui constituaient un ensemble d’exclusions spécifiques à certains produits préalablement approuvées, et l’arrêt des demandes d’exclusion de nouveaux produits ; 3) l’exemption de droit de douane pour les produits dérivés lorsqu’ils sont fabriqués à l’étranger exclusivement à partir d’acier fondu et coulé aux États-Unis ; et 4) l’extension de la liste des produits sidérurgiques soumis aux droits de douane stipulés à l’article 232. En juin 2025, le droit de douane a été porté à 50 % ad valorem, sauf pour le Royaume‑Uni, qui est resté soumis au taux de 25 % en vertu de l’Accord de prospérité économique entre les États-Unis et le Royaume‑Uni. En avril 2026, le régime de droits de douane a été à nouveau modifié. Les principaux changements introduits dans la Proclamation présidentielle sont les suivants : 1) les articles composés entièrement ou presque entièrement d’acier acquitteront un droit de douane de 50 % sur leur valeur totale ; 2) les articles dérivés composés en grande partie d’acier seront soumis à un droit de douane de 25 % sur leur valeur totale ; 3) certains équipements industriels à forte intensité de métal et les équipements de réseau électrique acquitteront un droit de douane de 15 % jusqu’à la fin de l’année 2027, afin d’accélérer le déploiement de la base industrielle actuellement en cours aux États-Unis ; 4) les produits fabriqués à l’étranger entièrement composés d’acier américain acquitteront un droit de douane de 10 % ; et 5) les produits composés à 15 % ou moins d’acier ne seront plus soumis aux droits de douane imposés au titre de l’article 232. La proclamation renforce également les pouvoirs de mise en œuvre effective de l’Agence des douanes et de la protection des frontières, en accordant une attention particulière au transbordement illégal, à la sous-évaluation et aux autres problèmes d’évasion tarifaire. |
Source : Secrétariat du Comité de l’acier de l’OCDE.
Détournement des échanges et contournement des mesures commerciales
Copier le lien de Détournement des échanges et contournement des mesures commercialesSi les mesures AD/CVD introduites limitent les importations de l’acier visé, elles peuvent également conduire à un détournement de cet acier vers d’autres marchés (OCDE, à paraître[1]), lesquels subissent alors les effets des produits subventionnés et/ou faisant l’objet d’un dumping. Les pays moins stricts dans la mise en œuvre des règles commerciales ou dont les systèmes de mesures commerciales correctives sont moins développés sont souvent touchés.
Dans de nombreux cas, les producteurs et les négociants d’acier tentent de contourner les mesures commerciales auxquelles ils sont soumis. Leur recours à ces pratiques témoigne de la facilité avec laquelle les producteurs peuvent modifier leurs produits et/ou gérer leurs échanges, par exemple en modifiant la composition chimique, la forme, l’épaisseur, la finition et d’autres caractéristiques d’un produit sidérurgique de manière à le faire sortir du champ d’application d’une mesure commerciale, ou simplement en réorientant les expéditions vers des produits en amont ou en aval. Ce phénomène revêt une importance particulière dans le cadre des procédures en matière de droits AD et de CVD, car ces affaires portent sur des produits aux définitions très étroites, pour lesquels la largeur, l’épaisseur, la composition chimique et la finition constituent des paramètres clés de classification. De plus, les affaires AD/CVD sont propres à chaque pays ; le fait d’expédier des produits visés par une ordonnance AD/CVD vers des pays intermédiaires non soumis à cette ordonnance pour y subir une transformation limitée pourrait modifier la désignation du pays d’origine du produit. Le produit transformé échapperait alors au champ d’application des droits AD ou des CVD dans le pays d’importation final.
De nombreux pays disposent toutefois d’instruments pour lutter contre les contournements, ou sont en train d’en mettre en place. Ces outils comprennent : 1) l’extension des mesures AD/CVD aux produits ayant subi de légères modifications ou utilisés comme composants dans la fabrication d’autres biens ; 2) l’extension aux produits ayant été transformés dans un pays tiers ; et 3) la possibilité d’étendre les mesures à l’ensemble des producteurs d’un pays. Dans le cas des États-Unis, de l’Union européenne, de l’Australie et du Canada (entre autres), des enquêtes formelles sont requises pour déterminer si le périmètre des mesures peut être élargi.
Les efforts décrits précédemment, consentis par les pays pour imposer des exigences de déclaration de l’acier « fusion et coulé » afin d’accroître la transparence de la chaîne d’approvisionnement, pourraient également avoir des répercussions sur la lutte contre le contournement, car ces informations obligatoires suivraient l’acier tout au long de son parcours, depuis la poche de coulée jusqu’à sa destination finale, sapant ainsi les tentatives des producteurs et des négociants pour masquer son origine par le biais de transbordements dans des pays tiers.
Soulignons que des possibilités de contournement peuvent également apparaître lorsque des pays membres d’un accord de libre-échange (ALE) ou bénéficiant d’exemptions accordées aux pays en développement transforment l’acier soumis à des mesures de sauvegarde en produits qui sont eux-mêmes exemptés au titre de l’ALE et/ou des dérogations relatives aux pays en développement.
En 2025, l’OCDE a lancé un axe de travail visant à évaluer l’ampleur et la portée des efforts déployés par les aciéristes et les négociants pour contourner les mesures AD/CVD applicables à l’acier (OCDE, à paraître[2]). Une attention particulière est accordée à l’évolution de la situation en Asie du Sud-Est, qui constitue une zone majeure de production, d’importation et d’exportation d’acier. Il est prouvé que les producteurs et les négociants en Chine, pays le plus souvent visés par des procédures AD/CVD, ont réagi à l’imposition de droits AD et de CVD à titre punitif en adaptant leurs stratégies commerciales. Ils cherchent à éviter les mesures commerciales correctives AD/CVD en augmentant leurs exportations d’acier vers les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) qui ne sont pas soumis à de telles mesures, où l’acier est ensuite transformé ou modifié d’une autre manière. Dans de nombreux cas, le produit transformé est alors considéré comme un produit originaire du pays de l’ASEAN ; cela lui permet d’être exporté librement vers le pays où les mesures commerciales correctives sont en vigueur sans qu’un droit de douane punitif ne soit imposé, ce qui, dans les faits, revient à contourner ces mesures.
Parallèlement, la forte augmentation des exportations chinoises vers la région de l’ASEAN au cours des cinq dernières années, souvent à bas prix, a amené les pays d’Asie du Sud-Est à prendre un nombre croissant de mesures commerciales. Certains d’entre eux ont notamment mis en place des outils pour lutter contre les contournements. De 2020 à 2024, le groupe des pays de l’ASEAN a ouvert 35 enquêtes AD, dont 10 à l’encontre de la Chine.
Les travaux préliminaires examinent la manière dont les contournements sont traités en Asie du Sud-Est (OCDE, à paraître[2]). Ils se sont notamment intéressés à la situation de l’industrie sidérurgique en Thaïlande et au Viet Nam, ainsi qu’aux mesures prises par ces deux pays pour lutter contre les contournements. La Thaïlande a jusqu’à présent ouvert six procédures anti-contournement, toutes liées à des produits sidérurgiques ; le Viet Nam compte une procédure de ce type en cours concernant l’acier. La Chine était la partie visée dans les sept affaires.
L’analyse de l’OCDE examine également comment les flux commerciaux ont évolué à la suite de l’ouverture d’enquêtes en matière de droits AD/CVD sur l’acier dans les pays Membres de l’OCDE, en vue d’identifier des courants d’échanges susceptibles d’être liés à des pratiques de contournement. Ces travaux initiaux étudient comment les flux commerciaux d’acier au sein de l’ASEAN ont été réorientés suite à l’ouverture d’une procédure AD/CVD par un pays Membre de l’OCDE à l’encontre de la Chine. L’analyse révèle que les produits soumis à des mesures commerciales correctives de l’OCDE ont pu continuer à atteindre les marchés de l’OCDE de manière indirecte via des intermédiaires non Membres de l’OCDE, tels que les pays de l’ASEAN.
Le rapport constate également qu’à la suite de la mise en œuvre de mesures commerciales à l’encontre de la Chine, les exportations chinoises d’acier semi-fini vers les pays de l’ASEAN ont augmenté ; parallèlement, les exportations d’acier fini de l’ASEAN vers la zone OCDE se sont accrues, ce qui semble indiquer que les mesures AD/CVD ont pu être contournées par la transformation de l’acier semi-fini en produits qui auraient autrement été soumis à des droits AD/CVD s’ils avaient été exportés directement de Chine.
Restrictions à l’exportation des matières premières utilisées dans la sidérurgie
Copier le lien de Restrictions à l’exportation des matières premières utilisées dans la sidérurgieCes dernières années, le commerce de certaines matières premières critiques utilisées dans la sidérurgie a fait l’objet d’un nombre croissant de mesures visant à restreindre les exportations. Les minerais et les minéraux, notamment le nickel et le chrome, ont vu les restrictions augmenter à une vitesse record ; celles-ci sont souvent destinées à promouvoir la transformation locale, mais aussi à soutenir les aciéristes dans les pays qui les appliquent en augmentant l’offre et en baissant le prix de ces matières sur le marché intérieur (OCDE, 2025[3]). De telles restrictions commerciales risquent non seulement de perturber les chaînes de valeur mondiales de l’acier, mais ont également des répercussions en chaîne sur les industries en aval qui fabriquent des produits à base d’acier, avec des conséquences potentiellement lourdes pour l’activité économique au sens large. Compte tenu de l’utilisation généralisée de l’acier dans des secteurs clés, les perturbations dans la disponibilité des matières premières peuvent entraîner des goulots d’étranglement dans la production, une augmentation des coûts et des risques pour la sécurité économique, tant pour les économies industrialisées que pour les économies en développement.
La ferraille fait face à des restrictions croissantes à l’exportation
La ferraille est une matière première essentielle pour l’industrie sidérurgique car elle alimente une production rentable et économe en énergie tout en favorisant l’utilisation circulaire des ressources. Elle constitue un intrant indispensable à la fabrication de l’acier selon le mode de production du four à arc électrique (EAF), et elle est également utilisée dans les convertisseurs à oxygène (BOF), mais dans une bien moindre mesure. S’il s’agit d’un matériau rentable et pratique qui garantit la circularité de la production, il est également important pour la production d’acier à faibles émissions. À ce titre, la ferraille est de plus en plus considérée comme un matériau stratégique par les pays.
Les zones à forte consommation d’acier, telles que l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Asie de l’Est et la Chine, disposent de réserves de ferraille relativement abondantes, tandis que les marchés émergents peuvent être confrontés à des pénuries chroniques. Cette hétérogénéité géographique peut alimenter des tensions commerciales, en particulier si les principaux fournisseurs imposent des restrictions à l’exportation pour préserver leurs approvisionnements intérieurs.
Au cours des dernières années, on a observé une augmentation des restrictions à l’exportation de ferraille, ce qui témoigne de l’importance croissante de la ferraille pour certaines économies en tant qu’intrant pour leurs activités sidérurgiques. Selon l’inventaire de l’OCDE des restrictions à l’exportation de matières premières industrielles, en 2023, 42 économies appliquaient une forme de restriction sur la ferraille (OCDE, 2025[3]). Parmi celles-ci figurent plusieurs grandes économies productrices d’acier, telles que la Chine, l’Égypte, l’Indonésie et l’Inde, ainsi qu’une grande variété de marchés plus modestes. Cependant, lorsque l’on compare ces mesures aux volumes d’exportation au niveau à 6 chiffres du Système harmonisé (SH), seulement 15.2 % environ des échanges mondiaux de ferraille ont réellement été soumis à des restrictions. Parmi les principaux exportateurs mondiaux, seule l’Inde maintient actuellement une mesure en vigueur (India Code, 2023[4]), ce qui indique que si les restrictions sont nombreuses, elles ne couvrent encore qu’une part assez limitée des flux mondiaux du commerce de ferraille (voir Tableau 5.2).
Tableau 5.2. Restrictions en vigueur à l’exportation de ferraille (principaux exportateurs) dans certaines économies, 2025
Copier le lien de Tableau 5.2. Restrictions en vigueur à l’exportation de ferraille (principaux exportateurs) dans certaines économies, 2025|
Exportations de ferraille (Mt) |
Part des exportations mondiales (%) |
Nombre de restrictions à l’exportation actuellement en vigueur |
|
|---|---|---|---|
|
Union européenne |
22.9 |
17.2 |
0 |
|
États‑Unis |
21.4 |
16.0 |
0 |
|
Türkiye |
19.0 |
14.3 |
0 |
|
Inde |
11.8 |
8.8 |
1 |
|
Royaume-Uni |
7.5 |
5.7 |
0 |
|
Japon |
7.0 |
5.2 |
0 |
|
Canada |
5.6 |
4.2 |
0 |
|
Viet Nam |
5.2 |
3.9 |
1 |
|
Corée |
4.2 |
3.1 |
0 |
|
Mexique |
3.7 |
2.8 |
0 |
|
Taipei chinois |
3.5 |
2.6 |
0 |
|
Pakistan |
2.5 |
1.9 |
0 |
|
Australie |
2.2 |
1.6 |
0 |
|
Thaïlande |
1.9 |
1.4 |
0 |
|
Suisse |
1.1 |
0.9 |
0 |
|
Indonésie |
1.1 |
0.9 |
2 |
|
Brésil |
1.1 |
0.8 |
0 |
|
Hong Kong (Chine) |
1.1 |
0.8 |
0 |
|
Russie |
1.1 |
0.8 |
1 |
|
Maroc |
1.0 |
0.8 |
1 |
|
Chine (République populaire de) |
0 |
0 |
1 |
Note : Les données relatives au commerce de la ferraille proviennent du Bureau des statistiques sur le fer et l’acier (ISSB) et couvrent les codes du Système harmonisé (SH) à 6 chiffres suivants : 720410, 720421, 720429, 720430, 720441, 720449, 720450. Les données relatives aux restrictions à l’exportation proviennent de la base de données de l’OCDE sur les restrictions à l’exportation de matières premières critiques et sont complétées par des recherches documentaires menées par le Secrétariat de l’acier. Les données de l’UE n’incluent pas les échanges intracommunautaires.
Source : OCDE (2025[3]).
Bien que les restrictions à l’exportation de ferraille ne touchent qu’une faible part du commerce mondial, leur nombre croissant est une source de préoccupation. La multiplication de ces mesures, en particulier dans les économies en développement, indique que la ferraille fait l’objet d’une concurrence croissante ; cela pourrait réduire sa disponibilité à moyen terme pour les pays producteurs d’acier qui dépendent de ces importations.
Les restrictions sur le chrome suscitent des inquiétudes pour les chaînes d’approvisionnement en acier inoxydable
Le chrome est une matière première essentielle dans l’industrie sidérurgique, en particulier pour la production d’aciers inoxydables et d’aciers alliés, dont il constitue un composant incontournable. Il améliore la résistance à la corrosion, augmente la dureté et permet à l’acier de résister à des températures élevées.
La chaîne de valeur du chrome commence par le minerai de chrome, qui subit un enrichissement pour augmenter sa teneur. Le minerai est ensuite fondu pour obtenir du ferrochrome, la principale forme sous laquelle le chrome est introduit dans la fabrication de l’acier. Environ 90 % à 95 % du minerai de chrome extrait est transformé en ferrochrome, et le secteur de l’acier inoxydable représente 80 % à 90 % de l’utilisation mondiale de ferrochrome (du Preez et al., 2023[5]). Les ressources mondiales de chromite sont géographiquement concentrées au Zimbabwe, au Kazakhstan et en Afrique du Sud, qui détiennent ensemble environ 90 % des ressources mondiales. La Chine a dépassé l’Afrique du Sud en tant que premier producteur mondial de ferrochrome en 2012 et, dès 2014, elle s’est imposée comme le leader mondial (IADC, 2025[6]). Cette évolution a été favorisée non seulement par la croissance rapide des capacités de fusion nationales, mais aussi par des investissements soutenus à l’étranger avec, notamment, l’acquisition par les entreprises chinoises – souvent soutenues par l’État et opérant dans le cadre de l’Initiative des nouvelles routes de la soie – d’actifs de chromite et de ferro-alliages au Zimbabwe et en Afrique du Sud afin de garantir leur accès à long terme aux matières premières.
La forte concentration des ressources de chromite dans un petit nombre de pays, combinée au rôle dominant de la Chine dans la production de ferrochrome à partir de minerais importés, suscite des inquiétudes quant aux dépendances en matière d’approvisionnement. Les contraintes récurrentes associées à l’alimentation électrique et aux infrastructures en Afrique du Sud, ainsi que les mesures appliquées au Zimbabwe, telles que les restrictions à l’exportation et les exigences d’enrichissement, augmentent encore l’exposition des chaînes d’approvisionnement mondiales en acier inoxydable aux risques du marché et de la réglementation.
Les récentes évolutions commerciales et politiques concernant le chrome soulèvent des préoccupations stratégiques pour les chaînes d’approvisionnement en acier inoxydable. Selon les données de l’OCDE (OCDE, 2025[3]), les exportations de minerai de chrome en provenance de l’Afrique du Sud et du Zimbabwe sont soumises à certaines formes de restrictions à l’exportation. Ces deux pays représentent ensemble environ 88 % des exportations mondiales de minerai de chrome. Ces mesures ont été introduites dans l’objectif déclaré de promouvoir l’enrichissement national en montant en gamme dans la chaîne de valeur et en transformant le minerai de chrome sur place, plutôt que de l’exporter à l’état brut. Il n’existe aucune restriction sur le ferrochrome.
Au-delà des restrictions elles-mêmes, la source profonde de vulnérabilité réside dans la forte concentration géographique de la production de ce matériau en Afrique australe, associée à l’importance des investissements chinois et à la prédominance de la Chine dans les relations commerciales, tant avec l’Afrique du Sud qu’avec le Zimbabwe.
Les principaux fournisseurs de minerai de nickel maintiennent une forme de restriction à l’exportation
Le nickel est un métal de base qui trouve de nombreuses applications industrielles. Pourtant, globalement, plus de 70 % de la demande de nickel est liée à des applications sidérurgiques. Dans le même temps, les batteries représentent une part plus modeste mais croissante de l’utilisation de nickel, même si l’acier inoxydable devrait continuer de dominer la consommation globale.
Ces dernières années, le ralentissement du marché de l’acier inoxydable, conjugué à une demande plus faible que prévu du secteur des batteries, deuxième marché du nickel, a entraîné une offre excédentaire et une baisse des prix. De nombreux producteurs de nickel, en particulier dans les pays Membres de l’OCDE, ont eu du mal à maintenir leur activité et certains ont été contraints de quitter le marché. Entre 2020 et 2024, l’Indonésie a accru ses capacités d’approvisionnement en nickel d’environ 1.5 Mt, tandis que la production en dehors de l’Indonésie s’est contractée d’environ 500 000 tonnes. Par conséquent, la part de l’Indonésie dans la production mondiale de nickel raffiné est passée de 6 % en 2015 à 61 % en 2024, et devrait atteindre environ 74 % d’ici 2028, ce qui suscite des inquiétudes parmi les économies consommatrices, qui craignent une accentuation de leur dépendance en matière d’approvisionnement et les risques associés pour la stabilité du marché. (Financial Times, 2025[7])
Du côté de l’offre, l’Indonésie impose depuis 2020 une interdiction totale des exportations de minerai de nickel afin de promouvoir la fusion locale et l’investissement dans le domaine des batteries. D’autres producteurs ont également cherché à limiter les sorties de minerai non transformé : les Philippines, sans imposer d’interdiction absolue, ont introduit des mesures fiscales et administratives, telles que des règles relatives à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et des exigences strictes en matière d’autorisations d’exportation, qui augmentent le coût d’expédition du minerai brut à l’étranger. Actuellement, quatre des principaux fournisseurs mondiaux de minerai de nickel, à savoir l’Indonésie, les Philippines, la Nouvelle‑Calédonie et la Fédération de Russie, maintiennent une forme ou une autre de restriction sur les exportations de minerai de nickel. En revanche, le ferronickel et le sinter d’oxyde de nickel, deux produits intermédiaires transformés indispensables dans la production d’acier inoxydable, ne sont pas touchés par les restrictions à l’exportation.
La principale préoccupation réside donc dans le renforcement du contrôle sur le segment du minerai brut, qui est essentiel pour alimenter la production d’acier inoxydable. En limitant la négociabilité du minerai de nickel, ces mesures accentuent la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales face aux changements de politique dans une poignée de juridictions.
Références
[5] du Preez, S. et al. (2023), « An overview of currently applied ferrochrome production processes and their waste management practices », Minerals, vol. 13/6, p. 809, https://doi.org/10.3390/MIN13060809.
[7] Financial Times (2025), ‘The Opec of nickel’: Indonesia’s control of a critical metal, https://www.ft.com/content/0bbbe7c7-12a1-43ba-8bef-c5c546367a0e (consulté le 13 septembre 2025).
[6] IADC (2025), Market Insights: chromium market overview and analysis, Association internationale pour le développement du chrome, https://www.icdacr.com/market-insights (consulté le 15 septembre 2025).
[4] India Code (2023), The Second Schedule - Export Tariff, https://upload.indiacode.nic.in/schedulefile?aid=AC_CEN_2_2_00039_197551_1554713855359&rid=791 (consulté le 29 septembre 2025).
[3] OCDE (2025), OECD Inventory of Export Restrictions on Industrial Raw Materials 2025 : Monitoring the Use of Export Restrictions Amid Growing Market and Policy Tensions, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/facc714b-en.
[1] OCDE (à paraître), Évolution des échanges d’acier et des politiques commerciales, Éditions OCDE, Paris.
[2] OCDE (à paraître), Steel trade circumvention, Éditions OCDE, Paris.