Ce chapitre s’intéresse aux marchés mondiaux de la viande : il en décrit l’évolution puis présente des projections à moyen terme pour la période 2025-34. Il passe en revue les évolutions prévues en matière de consommation, de production, d’échanges et de prix pour la viande bovine, la viande porcine, la volaille et la viande ovine. L’analyse finale expose les principaux risques et incertitudes susceptibles d’avoir une incidence sur les marchés mondiaux de la viande au cours de la prochaine décennie.
Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2025‑2034
5. Viande
Copier le lien de 5. ViandeDescription
5.1. Principaux éléments des projections
Copier le lien de 5.1. Principaux éléments des projectionsL’augmentation totale de la consommation de viande devrait atteindre 47.9 Mt au cours de la prochaine décennie. D’ici 2034, la consommation annuelle par habitant devrait s’accroître de 0.9 kg par habitant et par an en équivalent poids comestible au détail (epd). Dans les pays à revenu élevé, les consommateurs sont de plus en plus sensibles au bien-être animal, aux préoccupations environnementales et sanitaires, ce qui entraîne dans certains cas une stagnation de la consommation de viande par habitant.
La plus grande efficacité de la sélection et l’amélioration des rendements d’abattage devraient atténuer l’impact environnemental de la production de viande. À l’échelle mondiale, l’amélioration du poids d’abattage contribuera pour 8 %, 27 % et 19 % respectivement aux augmentations de la production de viande bovine, de viande porcine et de volaille. Ces gains de productivité et la part accrue de la volaille dans la production de viande devraient permettre de limiter à 6 % l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, un niveau bien en deçà de la croissance de 13 % de la production de viande qui est prévue au cours de la prochaine décennie.
Le rôle décroissant de la République populaire de Chine (ci-après « la Chine ») dans les importations de viande devrait modifier la structure des échanges mondiaux. La part de la Chine dans les importations mondiales de viande devrait tomber à 16 % en 2034, contre 20 % au cours de la période de référence. Sa moindre dépendance à l’égard des importations de viande porcine a entraîné une baisse de la production dans les principaux pays exportateurs. Les importations de volaille de la Chine ont manifestement suivi une tendance à la baisse similaire. Les importations mondiales de viande n’augmenteront que de 10 %, contre 37 % au cours de la décennie précédente, avec un risque considérable de dégradation de la situation si les pays se retranchent derrière des barrières commerciales.
Les prix réels de la viande retrouveront leur tendance à long terme. À court terme, les prix nominaux de la viande de ruminants, et en particulier ceux de la viande bovine, devraient connaître une hausse plus significative à mesure que les efforts de reconstitution du cheptel limiteront la croissance de l’offre. En revanche, les prix de la viande de non-ruminants devraient baisser en raison de l’expansion modérée de la production et de la diminution de la demande d’importations de la Chine. Même si le coût réel des aliments pour animaux devrait certes diminuer, les autres coûts réels d’exploitation resteront élevés, ce qui ralentira la croissance de l’offre de viande. À moyen terme, les prix réels de la viande devraient chuter, sous l’effet du ralentissement de la demande, de la baisse du coût réel des aliments pour animaux et de l’amélioration ininterrompue de la productivité.
Les récentes flambées épizootiques ont mis en évidence un besoin crucial de collaboration en matière de biosécurité dans le secteur de la viande. Les flambées épizootiques continuent de perturber considérablement le secteur de la viande, soulignant la nécessité d’une collaboration en matière de biosécurité pour garantir la durabilité de la filière. L’évolution et la propagation continuelles de maladies animales telles que la grippe aviaire hautement pathogène (GAHP), la peste porcine africaine (PPA) en cours, la résurgence de la fièvre aphteuse (FA) et la lucilie bouchère sont une source d’incertitude à moyen terme.
5.2. Tendances actuelles du marché
Copier le lien de 5.2. Tendances actuelles du marchéUne expansion tirée par la volaille et la viande bovine, avec des exportations record du Brésil
En 2024, d’après les estimations, la production mondiale de viande s’est accrue de 1.3 % pour atteindre 365 Mt. Cette croissance a été principalement tirée par la volaille, et elle a également bénéficié de l’augmentation de la production de viande bovine, tandis que celle de viande porcine et ovine est restée stable. L’Australie, le Brésil, l’Union européenne et les États-Unis ont connu une forte hausse de la production de viande. Parmi eux, c’est le Brésil qui a enregistré l’expansion la plus vigoureuse dans toutes les grandes catégories de viande, sous l’impulsion d’une forte demande mondiale, soutenue par une plus forte rentabilité nette attribuable à un taux de change favorable et à la baisse du coût des aliments pour animaux, ainsi qu’au maintien d’un statut indemne de maladie.
Les exportations mondiales de viande se sont redressées en 2024, augmentant d’environ 2 % pour atteindre 40.2 Mt après deux années de déclin. Cette croissance a été alimentée par l’augmentation de la demande d’importations aux États-Unis et dans les pays du Proche-Orient, encouragée par des approvisionnements intérieurs limités et par une demande accrue de viande bovine et de volaille. Des pays tels que les Philippines, les Émirats arabes unis et le Mexique ont également accru leurs importations, stimulées par une demande croissante de la part des consommateurs et par des ajustements des droits de douane qui ont permis un développement des importations. Les exportations de viande bovine du Brésil sont en passe d’atteindre un nouveau niveau record grâce à une forte demande internationale, à un taux de change favorable et à une offre abondante. Les exportations de viande australiennes sont également en expansion, aidées par des prix compétitifs et par la vigueur de la demande. La Chine a en revanche réduit ses importations du fait de l’augmentation de la production nationale et de la baisse de la demande intérieure, qui met en lumière la faiblesse des dépenses de consommation. L’indice FAO des prix de la viande a légèrement progressé de 2.8 % en 2024, s’établissant en moyenne à 117.3, les effets d’une demande d’importations en hausse ayant été dans une certaine mesure atténués grâce à des approvisionnements en provenance des principaux pays exportateurs de viande.
5.3. Projections relatives au marché
Copier le lien de 5.3. Projections relatives au marché5.3.1. Consommation
Place dominante de la consommation de volaille dans les diverses tendances régionales
La consommation mondiale de volaille, de viande ovine, de viande bovine et de viande porcine devrait s’accroître de 21 %, 16 %, 13 % et 5 %, respectivement, d’ici 2034. Du fait de l’augmentation rapide de la population et des revenus, 45 % de la croissance de la consommation mondiale se produira dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Par pays, si l’on fait abstraction de la Chine et de l’Inde eu égard à l’importance de leur population, la plus forte hausse de la consommation de viande devrait être observée au Brésil, en Indonésie, aux Philippines, aux États-Unis et au Viet Nam. La croissance rapide de la population africaine, qui passera de 1.5 milliard à 1.8 milliard d’habitants au cours de la prochaine décennie, entraînera une augmentation substantielle (+33 %) de la consommation de viande dans cette région.
Par habitant, la consommation totale de viande ne devrait progresser que de 3 % pour atteindre 29.3 kg epd par habitant/an. Cette augmentation est moitié moins élevée qu’au cours de la décennie précédente. Dans la plupart des pays à revenu élevé (qui représentaient 35 % de la consommation mondiale de viande, mais seulement 17 % de la population mondiale en 2024), la croissance de la consommation de viande par habitant continuera de ralentir (Graphique 5.1). Les préférences des consommateurs évoluent : leur demande de viande bovine ou porcine diminue bien souvent au profit de celle de volaille. Les consommateurs qui disposent de revenus élevés sont de plus en plus attentifs au bien-être animal, à l’environnement et à la qualité sanitaire des aliments, ce qui entraîne parfois une stagnation, voire un recul, de la consommation de viande par habitant. Au Canada et dans l’Union européenne, par exemple, les Perspectives prévoient que cette tendance à substituer la consommation de volailles à celle de viandes bovine, porcine et ovine se poursuivra et s’accompagnera d’une stagnation de la consommation totale de viande par habitant.
La consommation mondiale de volaille devrait atteindre 173 Mt en poids prêt à cuire (pac) en 2034, contribuant pour 62 % au surcroît de consommation de viande. Sa progression au cours des dix dernières années est le résultat d’une consommation en hausse dans les pays asiatiques, et plus particulièrement en Chine, en Inde, en Indonésie, au Pakistan et au Viet Nam. Cette tendance devrait se poursuivre, vu qu’une croissance rapide de la consommation est également prévue dans d’autres régions comme le Brésil, l’Égypte, le Mexique, les Philippines ou les États-Unis. L’augmentation de la part des protéines de volaille dans l’ensemble de la consommation mondiale de protéines carnées constitue depuis des décennies une caractéristique majeure de la croissance de la consommation de viande, et l’évolution dans ce sens devrait se poursuivre. À l’horizon 2034, la viande de volaille fournira 45 % de l’ensemble de la consommation de protéines carnées, toutes sources de viande confondues. Cela est dû à plusieurs facteurs, dont son faible coût (la volaille reste la viande la plus abordable) et son profil nutritionnel favorable grâce à un rapport protéines/matières grasses plus élevé que pour les autres viandes. Les considérations environnementales contribuent également au succès de la volaille, vu que la production de viande rouge implique une exploitation intensive des ressources naturelles et s’accompagne de plus fortes émissions de gaz à effet de serre. La volaille constitue donc une option plus attractive pour les consommateurs soucieux de durabilité.
La consommation de viande porcine devrait augmenter dans toutes les régions, sauf en Chine, dans l’Union européenne, au Japon et en Suisse, où la consommation est déjà élevée et où les préoccupations sanitaires, environnementales et sociétales influencent de plus en plus les choix alimentaires. Elle apportera la troisième plus grande contribution à l’augmentation totale de la consommation de viande et devrait représenter 130 Mt en équivalent poids carcasse (epc). La consommation mondiale de viande porcine par habitant devrait néanmoins diminuer de 4 % par rapport à la période de référence des Perspectives, en raison d’une croissance nulle de la consommation par habitant dans les régions à revenu élevé, parallèlement à une augmentation rapide de la population dans les régions où la viande porcine n’est pas couramment consommée. L’Amérique latine est la région où la consommation par habitant devrait enregistrer la plus forte progression, au taux de 1.3 kg/an epd, en raison de prix plus avantageux que ceux de la viande bovine. Dans les autres régions, la consommation par habitant devrait connaître une plus faible augmentation, voire une légère diminution, comme en Asie, en Amérique du Nord et dans l’Union européenne.
La consommation mondiale de viande bovine devrait atteindre 84 Mt epc au cours de la prochaine décennie, restant stable à environ 6 kg epd par habitant et par an. La plupart des régions devraient réduire leur consommation de viande bovine, à l’exception du Moyen-Orient et de l’Asie, où la consommation par habitant de ce type de viande devrait augmenter d’environ 0.62 et 0.61 kg/an epd, respectivement, d’ici 2034. Ces augmentations sont en partie dues à l’essor de la classe moyenne et à la hausse des revenus, qui ont favorisé une alimentation faisant une plus grande place à la viande bovine. En revanche, l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Océanie, qui ont enregistré par le passé des niveaux élevés de consommation de viande bovine, devraient connaître la baisse la plus importante de la consommation par habitant, du fait de la hausse des prix de ce type de viande par rapport à celui de ses substituts, ainsi que des préoccupations croissantes concernant les répercussions environnementales des élevages bovins, perçus comme un important facteur d’émissions de gaz à effet de serre.
La consommation de viande ovine ne représente qu’une part relativement modeste du marché mondial de la viande, mais elle demeure une source de protéines essentielle pour de nombreux consommateurs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où elle n’est pas concurrencée par la viande porcine. À l’échelle mondiale, la part de la viande ovine dans la consommation totale de protéines carnées devrait demeurer stable au cours de la période couverte par les Perspectives. La consommation de viande ovine tend à être un choix alimentaire traditionnel (culturel) et, dans de nombreux marchés, les consommateurs maintiennent cette préférence. Les consommateurs n’en préfèrent pas moins bien souvent la viande bovine ou de volaille lorsqu’elle est disponible et abordable, puisque ces viandes sont plus accessibles et généralement moins chères que la viande ovine.
5.3.2. Production
Une croissance de la production mondiale de viande tirée par l’Asie et par l’Amérique latine
La production mondiale de viande devrait progresser de 13 %, soit 46 Mt epc pour atteindre un chiffre estimé à 406 Mt epc d’ici 2034. Plus de la moitié (55 %) de la croissance de la production de viande aura lieu en Asie, sous l’effet d’une augmentation de 15 Mt de la production de volaille. Grâce à la relance de ses activités d’élevage après l’épidémie de PPA, la Chine participera pour près de 10 % à l’augmentation de la production mondiale de viande, qui bénéficiera également de contributions significatives de l’Inde (8 %), des États-Unis (8 %) et du Viet Nam (7 %). L’Amérique latine devrait accroître de manière régulière sa part de la production, grâce à ses avantages concurrentiels sous l’angle des superficies, des aliments pour animaux et de la génétique animale. L’Afrique contribue pour environ 6 % à la production mondiale de viande, dont elle détient une part importante dans certains secteurs, représentant 22 % de la production mondiale de viande ovine et 10 % de la production de viande bovine. La filière viande du continent est confrontée à plusieurs défis, dont une faible croissance économique, des investissements limités dans le développement agricole, la dégradation de l’environnement, des troubles civils dans certaines régions, une infrastructure médiocre et des services vétérinaires inadéquats. Malgré ces obstacles, la production de viande – de volaille en particulier – s’accroît progressivement.
La volaille renforcera sa position dominante dans le secteur de la viande, puisqu’elle représentera 62 % du volume total de viande supplémentaire produit dans les dix années à venir. Tirée par la demande intérieure, la production de volaille connaîtra une expansion très rapide dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. La volaille présente certains avantages par rapport aux autres viandes, tels que des cycles de production courts, un coefficient de conversion alimentaire élevé (c’est-à-dire une plus grande production de viande par unité d’aliments pour animaux), de plus faibles coûts globaux de production, ainsi que la possibilité de procéder aux activités d’élevage à proximité de marchés en cours d’urbanisation rapide.
Plusieurs facteurs restreindront toutefois l’expansion du secteur. Les flambées de GAHP ont en particulier une incidence croissante. L’augmentation des densités de production de la volaille accroît le risque d’épidémies et, bien qu’une surveillance et un confinement renforcés puissent en limiter les conséquences, ces mesures ont également pour effet d’alourdir les coûts supportés par la filière (investissements dans la biosécurité, campagnes de vaccination, etc.). La production de volaille se heurte par ailleurs à des problèmes environnementaux et sanitaires, liés notamment à l’utilisation d’antibiotiques et au bien-être animal.
Les pays asiatiques sont supposés se remettre des effets de la PPA au cours de la première moitié de la période couverte par les Perspectives, ce qui contribuera à relancer la production de viande porcine. La viande porcine devrait représenter environ 13 % des quantités supplémentaires de viande produites dans le monde à l’horizon 2034. La majeure partie de cette augmentation se produira dans les régions d’Asie touchées par la PPA, telles que le Viet Nam, où une conversion des petites exploitations, pour une large part familiales, en grandes entreprises commerciales respectant des normes plus strictes de biosécurité est en cours.
La production de viande bovine s’accroîtra à moyen terme à la faveur d’une augmentation des poids en carcasse, d’une commercialisation plus efficace, des améliorations génétiques, ainsi que d’une meilleure gestion des troupeaux. La production mondiale atteindra 84 Mt epc d’ici 2034. La Chine apportera la principale contribution à cette hausse de l’offre mondiale de viande bovine, pour répondre aux besoins de sa consommation intérieure, devant l’Inde, où des investissements dans les infrastructures de transformation de la viande, et notamment dans des usines de transformation intégrées tournées vers l’exportation, accroissent actuellement les capacités. La viande de buffle indienne est extrêmement demandée sur le marché international en raison de son prix peu élevé, et le pays tire parti de cet atout en améliorant la chaîne du froid et ses installations de transformation. La phase de réduction du cheptel de bovins à viande de l’Australie, du Canada et des États-Unis se poursuivra au début de la période couverte par les Perspectives, mais la hausse des prix entraînera une augmentation de la rentabilité et tirera vers le haut la production de viande bovine pour le reste de la période couverte par les Perspectives.
La production mondiale de viande ovine devrait atteindre 19 Mt epc d’ici 2034, ce qui équivaut à une augmentation de 15 % par rapport à la période de référence. Cette croissance sera une conséquence de la reconstitution des troupeaux et de l’augmentation des taux d’agnelage du fait des prix favorables. La Chine, en particulier, contribuera à hauteur de 17 % à cette hausse de la production, car elle se tourne de plus en plus vers l’élevage ovin et caprin pour répondre à la demande de viande (Wang et al., 2024[1]). Au sein de l’Union européenne, les quantités produites devraient diminuer en dépit du soutien des revenus couplé à la production et de prix à la production favorables dans les principaux États membres producteurs d’ovins. Certains pays d’Europe du Sud-Est sont actuellement aux prises avec une épidémie de variole ovine et caprine qui pourrait freiner la production au cours de la période couverte par les Perspectives. En Nouvelle-Zélande, la concurrence pour les terres et les efforts déployés pour réduire ses émissions de GES pourraient limiter la taille de son cheptel, auquel cas la croissance de la production reposera sur des gains de productivité. En Australie, la composition du cheptel ovin continue d’évoluer pour faire une plus grande place aux races optimisées pour offrir un plus haut rendement en viande (plutôt qu’en laine), car les incitations fournies par le marché favorisent la production de viande.
La croissance de la productivité est un facteur clé du développement durable du secteur de la viande
Le secteur mondial de la viande est confronté à des pressions croissantes sous de nombreux aspects. Ces dernières années, les producteurs du monde entier ont dû faire face au coût élevé des intrants, à des réglementations de plus en plus strictes en matière d’environnement et de santé animale, ainsi qu’à diverses épidémies. Le coût des aliments pour animaux, qui a grimpé au début des années 2020, est désormais plus modéré, mais les autres dépenses d’exploitation et de main-d’œuvre continuent d’augmenter. Face à cette situation, le secteur concentre de plus en plus ses efforts sur l’augmentation de la productivité par une amélioration des techniques d’élevage, une meilleure gestion des troupeaux, et des poids d’abattage plus élevés. Ces améliorations sont essentielles non seulement pour la gestion des coûts, mais aussi pour renforcer la durabilité face aux pressions concurrentielles exercées par les autres sources de protéines. Le Graphique 5.2 montre comment ces améliorations de la productivité prévues pour les différents types de viande et les divers groupes de revenu devraient accroître l’efficacité de la production et permettre des pratiques plus durables et conformes aux objectifs environnementaux. Dans les pays à revenu intermédiaire des tranches supérieure et inférieure en particulier, les gains de productivité auront des effets considérables sur la production de viande. Par exemple, pour la viande bovine, l’augmentation du poids des carcasses devrait représenter 24 % et 13 % du surcroît de production des pays à revenu intermédiaire des tranches supérieure et inférieure, respectivement. En outre, l’efficacité globale du système d’élevage, mesurée par le volume de production en fonction des effectifs du cheptel, devrait respectivement progresser de 10 % et de 17 % dans ces groupes de revenu. Des progrès similaires sont également prévus dans les secteurs de la volaille et de la viande porcine.
Le secteur de l’élevage est confronté à une surveillance croissante de son empreinte environnementale. Les émissions de GES du bétail devraient augmenter de 6 %, pour passer de 3.4 Gt éq. CO₂ au cours de la période de référence à 3.5 Gt éq. CO₂ à l’horizon 2034, sous réserve des hypothèses de base, qui supposent l’absence de toute évolution de l’intensité des émissions par animal. La plus forte croissance des émissions de GES de la filière viande, tant en termes absolus que relatifs, est attendue en Afrique, où elles seront de 18 % supérieures à celles de la période de référence. En Europe, les émissions liées à la production de viande devraient enregistrer une baisse de 7 % (Graphique 5.3). Cette augmentation des émissions de GES est inférieure à la progression de 13 % de la production de viande, du fait de la part plus importante de la volaille dans cette dernière, ainsi que des initiatives nationales visant à promouvoir des modes d’élevage sobres en carbone. Chose encore plus importante, les gains de productivité aident à ralentir la croissance des émissions en réduisant le nombre d’animaux nécessaires pour assurer un même niveau de production (voir Encadré 5.1). Les émissions sont étroitement liées à la taille du cheptel, de sorte que les gains d’efficacité de la production constituent un facteur essentiel de réduction des émissions de GES du secteur par unité de viande produite.
En outre, la réduction des pertes aux différents stades de la chaîne d’approvisionnement en viande pourrait également atténuer la nécessité d’augmenter la production et limiter l’utilisation des ressources. Les estimations des pertes et gaspillages alimentaires (PGA) dans le secteur de la viande varient selon la méthodologie utilisée, mais les hypothèses de base du modèle sur lequel s’appuient les Perspectives de l’OCDE et de la FAO suggèrent qu’environ 13.5 % de la viande (en epc) sont perdus au stade de la transformation, alors que 12.2 % (en epd) sont gaspillés à celui de la distribution et de la consommation. Les efforts pour restreindre ces pertes par une meilleure gestion de la chaîne du froid ou par une éducation des consommateurs en vue de limiter le gaspillage, par exemple, pourraient entraîner une réduction de la demande effective et donc du volume de production requis et du fardeau environnemental correspondant.
Encadré 5.1. Croissance de la productivité et émissions de GES de l’élevage
Copier le lien de Encadré 5.1. Croissance de la productivité et émissions de GES de l’élevageLe rapport « Pathways to Lower Emissions » (FAO, 2023[2]) décrit les principaux facteurs qui influent sur les émissions de GES dans le système d’élevage. Il souligne qu’en 2015, les systèmes d'élevage ont émis quelque 6,2 Gt de CO2eq, soit 12 % des émissions anthropiques totales de GES. Les bovins sont à l’origine d’environ 62 % des émissions de l’élevage, alors que les buffles, les moutons, les porcs et les poulets n’en représentent que 6.2 Gt éq. CO. Ce rapport suggère que des actions et des investissements ciblés pourraient permettre de réduire considérablement l’empreinte carbone du secteur de l’élevage. À titre d’exemple, la modification du rumen (grâce notamment à des additifs alimentaires réduisant la production de méthane) et la sélection sélective des animaux à l’origine de faibles volumes d’émission peuvent réduire sensiblement les émissions attribuables à la fermentation entérique, qui représentent les deux tiers des émissions liées à la production de viande. L’amélioration de la productivité est également cruciale, car elle augmente la quantité de viande produite par animal (grâce à une meilleure génétique, à un meilleur état de santé et à une meilleure alimentation), ce qui réduit le nombre total d’animaux requis, et par voie de conséquence les émissions globales. En effet, les volumes d’émission sont étroitement liés à la taille des troupeaux. L’augmentation de la productivité par animal permet d’accroître la production de viande tout en maintenant la taille des troupeaux (et donc les quantités d’émission) à un niveau plus modeste que ce ne serait autrement le cas. Il existe donc un potentiel important d'amélioration des pratiques de gestion, en particulier dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire où la productivité est faible et le cheptel important. Toutefois, il est important de faire la distinction entre les mesures qui peuvent être mises en œuvre immédiatement et celles qui nécessitent des investissements soutenus et un développement plus poussé. Dans bon nombre de ces pays, les conditions préalables de base, telles que l'accès à des aliments de qualité, peuvent faire défaut, ce qui limite l'applicabilité de certaines stratégies. Ainsi, bien que ces interventions soient prometteuses à long terme, leur mise en œuvre dépendra des capacités et des infrastructures locales.
Les tendances historiques et les projections des émissions de GES par kilo de protéines animales (selon le groupe de revenu et selon l’espèce) illustrent cette dynamique. Le Graphique 5.4 montre que dans presque tous les cas, sauf dans les pays à faible revenu, les émissions de GES par unité de protéines carnées ont suivi une tendance à la baisse. Au cours des deux dernières décennies, le volume des émissions par unité de protéines a enregistré une réduction au rythme de -0.6 % par an dans les pays à revenu élevé, de -0.3 % par an dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure et de -1.6 % par an dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, et cette tendance devrait se poursuivre. Les pays à faible revenu ont connu une augmentation (+0.6 % par an) des émissions par unité de protéines, ce qui met en évidence des possibilités d’amélioration qui pourraient se concrétiser au cours de la période couverte par les Perspectives. Les écarts considérables qui apparaissent entre les différents groupes de revenus indiquent dans quels domaines des améliorations de la productivité pourraient entraîner une baisse notable des niveaux d’émission, à condition que les conditions favorables soient remplies.
5.3.3. Échanges
Échanges mondiaux de viande : une dynamique en mutation, alors que la Chine aspire à une plus grande autosuffisance
Les échanges de viande diminueront légèrement au cours de la première année de la période couverte par les Perspectives du fait de la reprise de la production chinoise après l’augmentation de la demande d’importations pendant l’épidémie de PPA dont a été victime le pays. Dans le cadre de sa politique d’autosuffisance, la Chine soutiendra sa production de viande, réduisant ainsi les besoins en importations du pays. Après cette chute initiale, les échanges mondiaux de viande reprendront leur croissance, mais à un rythme deux fois inférieur à celui de la décennie précédente. Le Brésil, l’Union européenne et les États-Unis devraient compter pour plus de la moitié (54 %) des exportations mondiales de viande d’ici 2034, et leur part conjointe demeurera stable tout au long de la période couverte par les Perspectives. Parmi les principaux exportateurs, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, l’Inde, la Thaïlande et la Türkiye devraient connaître la plus forte croissance des exportations, grâce à des prix favorables et à des approvisionnements abondants en aliments du bétail. La part des exportations mondiales de viande de l’Union européenne poursuivra sa tendance à la baisse, entamée en 2021, tombant d’environ 19 % à 13 % à l’horizon 2034, les producteurs européens devant faire face à des coûts plus élevés pour se conformer aux réglementations environnementales.
L’Australie et la Nouvelle-Zélande continueront de dominer les marchés mondiaux de la viande ovine et se concentreront de plus en plus sur les marchés à forte valeur ajoutée d’Europe et d’Amérique du Nord. L’Australie devrait accroître ses exportations d’agneaux légers (de plus grande valeur et nécessitant moins de travail, puisqu’ils sont exportés sous forme de carcasses entières) pour répondre à la demande des restaurants haut de gamme, aux dépens de celles de viande de mouton, alors qu’en Nouvelle-Zélande les exportations diminueront peu à peu à mesure que les superficies consacrées à l’élevage ovin seront affectées à d’autres usages, ce qui devrait atténuer partiellement les gains de productivité réalisés dans le secteur. Une tendance similaire est observée en Australie-Occidentale, où les exportations d’ovins vivants par voie maritime diminuent régulièrement et devraient cesser en 2028 en raison de la législation australienne, qui met progressivement fin aux exportations d’ovins vivants. Les producteurs européens et britanniques de viande ovine sont confrontés à des problèmes tels que les maladies animales et la faible rentabilité de leurs activités. L’essor d’une classe moyenne de consommateurs au Moyen-Orient constitue le principal facteur à l’origine d’une augmentation de la demande d’importations.
5.3.4. Prix
Une évolution divergente des prix des ruminants et des non-ruminants imputable à la dynamique de la productivité et des marchés
Au début de la période de projection, les prix nominaux de la viande de ruminants devraient connaître une hausse en raison de la reconstitution des cheptels bovin et ovin, qui ralentit provisoirement l’expansion de l’offre et favorise l’augmentation des prix (Graphique 5.6)1. À l’inverse, les prix de la viande des non-ruminants devraient évoluer à la baisse du fait d’une croissance modérée de la production et d’une diminution des importations de la Chine. À moyen terme, après correction des effets de l’inflation, les Perspectives prévoient une baisse des prix réels de la viande par rapport à leurs niveaux actuels, alors même que les coûts d’exploitation réels, tels que ceux de main-d’œuvre, devraient rester stables. Cette diminution est due à la réduction des coûts réels des aliments pour animaux et à des améliorations constantes de la productivité. Dans le cas des viandes de ruminants, les prix réels devraient culminer vers 2027, grâce aux efforts de reconstitution des troupeaux dans les secteurs de la viande bovine et ovine. Après ce pic, les prix devraient baisser pour tomber en fin de période à des niveaux de 8 % inférieurs à leur valeur de départ. Les prix réels des non-ruminants devraient accuser un repli plus marqué, finissant à un niveau de près de 20 % plus bas que lors de la période de référence. Sur un plus long cours, la divergence entre les tendances suivies par les prix des ruminants et des non-ruminants lors des vingt dernières années mérite d’être notée et devrait se poursuivre pendant la période couverte par les Perspectives. Cette divergence découle d’un différentiel de croissance de la productivité qui porte à croire que les gains de productivité ont été plus importants dans les filières porcine et avicole et plus lents dans celles des viandes bovine et ovine2. La baisse prévue des prix des protéines fourragères entraînera également un recul des prix de la volaille et de la viande porcine, productions qui en font une utilisation plus intense. L’écart de prix croissant entre ces viandes favorise un déplacement de la demande des consommateurs vers les viandes de non‑ruminants, plus abordables.
5.4. Risques et incertitudes
Copier le lien de 5.4. Risques et incertitudesLa biosécurité constitue une préoccupation primordiale pour la filière de la viande
Le secteur de la viande doit faire face à une multitude d’incertitudes, dont les principales tiennent à l’évolution des épizooties, aux réformes des politiques environnementales, aux changements d’orientation des politiques commerciales, aux incertitudes économiques croissantes et aux modifications des préférences des consommateurs dans le domaine de l’alimentation et de la santé, ou encore en matière de bien-être animal.
En Europe, la récente réapparition de la fièvre aphteuse (FA), dont aucun cas positif n’avait été signalé depuis 2011, marque une résurgence de la maladie dans certains États membres de l’UE depuis le début de l’année. La fièvre aphteuse est l’une des épizooties les plus dévastatrices sur le plan économique et les plus difficiles à maîtriser. Cette résurgence souligne la vulnérabilité mise en évidence dans l’édition des Perspectives de cette année, qui débute dans un contexte caractérisé par de nombreuses épidémies de maladies animales telles que la GAHP. La dernière édition des EU Outlook 2024-2035 (EC, 2024[3]) va jusqu’à envisager que la GAHP puisse poser problème tout au long de l’année, ce qui remettrait en cause la viabilité des systèmes d’élevage de volailles en plein air. Aux États-Unis, les récentes épidémies de GAHP qui ont touché les élevages de volaille ont provoqué des pénuries d’œufs et ont porté leur prix à des niveaux record, ce qui montre à quel point les chocs sanitaires peuvent avoir des effets rapides sur les marchés. Les maladies peuvent perturber la production, déclencher des embargos commerciaux et freiner la demande des consommateurs du fait de préoccupations quant à l’innocuité des produits. Les conséquences sur les approvisionnements mondiaux peuvent certes être atténuées par une réorientation de la demande vers les exportateurs exempts de maladies ou par l’application du protocole de confinement des maladies à l’échelle régionale défini par l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA)3, mais les répercussions environnementales de la lutte contre les maladies, l’élimination des animaux et le coût des ressources gaspillées, par exemple, ajoutent une nouvelle couche de complexité à la gestion des épidémies. Le risque de pertes soudaines et d’interruption des échanges reste élevé.
Les chocs saisonniers, tels que les sécheresses et les inondations, peuvent réduire les récoltes de céréales fourragères ou les approvisionnements en eau, entraînant une hausse des coûts de production et limitant les volumes de production de viande. Les fluctuations météorologiques croissantes affecteront également la productivité des exploitations agricoles. En outre, des mesures telles que la tarification du carbone et les règles de gestion des effluents d’élevage, ou encore les restrictions visant à réduire les émissions de GES du bétail pourraient accroître les coûts de production. Le respect de ces réglementations pourrait nécessiter des investissements qui ralentiront la croissance de la production. Dans certains pays, les engagements de réduction des émissions peuvent délibérément limiter l’expansion de l’élevage en imposant par exemple un plafond à la taille des troupeaux ou en encourageant une agriculture sobre en carbone pour restreindre les volumes d’émission. De même, les politiques relatives à la déforestation peuvent avoir une incidence sur la disponibilité des pâturages et le coût des aliments pour animaux.
Dans le même temps, les préférences des consommateurs des marchés à revenu élevé évoluent peu à peu. De plus en plus de consommateurs décident de réduire leur consommation de viande rouge par souci de l’environnement. Cette sensibilisation croissante aux enjeux environnementaux pourrait se traduire par une réduction de la demande de produits carnés traditionnels sur les marchés les plus prospères, ou par une augmentation de la demande de viande produite de manière durable, ce qui aura des répercussions sur les producteurs et sur les exportateurs au cours de la prochaine décennie.
Une étude récente publiée dans la revue Nature Food (Springmann et al., 2025[4]) a examiné l’impact des taux d’imposition variables sur les denrées alimentaires afin d’encourager une modification de l’alimentation dans un sens plus conforme aux objectifs définis à l’échelle mondiale. Cette étude porte à croire qu’une hausse des taxes sur la viande et sur les produits laitiers assortie d’une baisse de leur montant sur les fruits et légumes pourrait modifier les habitudes alimentaires partout en Europe. Si elles sont mises en œuvre, de telles mesures pourraient freiner la croissance de la demande de viande.
De surcroît, les préoccupations de santé publique liées à la résistance aux antibiotiques gagnent en importance, et des pressions s’exercent en vue d’une réduction du recours aux antibiotiques dans le secteur de l’élevage. Le recours aux antimicrobiens pour stimuler la croissance était encore une pratique dont 20 % des membres de l’OMSA faisaient état4. Déjà en vigueur dans certains pays, les mesures réglementaires visant à en interdire ou en restreindre l’usage pourraient être plus largement adoptées, ce qui pourrait impliquer une transformation des systèmes de production animale (par exemple, une amélioration de la biosécurité et des modes d’élevage pour prévenir les maladies sans recours aux médicaments). La baisse du recours aux antibiotiques dans les élevages est certes une évolution dans le bon sens du point de vue de la santé publique, mais elle pourrait aussi augmenter les coûts de production ou avoir temporairement une incidence néfaste sur la productivité jusqu’à ce que de nouvelles pratiques permettant d’optimiser la productivité du bétail soient adoptées (Acosta et al., 2025[5]).
Enfin, les échanges internationaux jouent un rôle crucial dans le secteur de la viande, et les évolutions des politiques commerciales, concernant par exemple les droits de douane ou les mesures d’interdiction des échanges, peuvent également avoir d’importantes répercussions sur les marchés nationaux et mondiaux. Après plusieurs décennies de libéralisation croissante, les tendances récentes à un plus grand protectionnisme pourraient réduire le volume des échanges et exercer de manière générale une pression à la baisse des prix sur les marchés internationaux, puisque les obstacles aux échanges induisent une hausse des prix intérieurs.
Références
[5] Acosta, A. et al. (2025), « The future of antibiotic use in livestock », Nature Communications, vol. 16/1, https://doi.org/10.1038/s41467-025-56825-7.
[3] EC (2024), EU agricultural outlook, 2024-2035, European Commission, DG Agriculture and Rural Development, Brussels, https://doi.org/10.2762/2329210.
[2] FAO (2023), Pathways towards lower emissions, FAO, https://doi.org/10.4060/cc9029en.
[4] Springmann, M. et al. (2025), « A reform of value-added taxes on foods can have health, environmental and economic benefits in Europe », Nature Food, vol. 6/2, pp. 161-169, https://doi.org/10.1038/s43016-024-01097-5.
[1] Wang, X. et al. (2024), « How Food Consumption Trends Change the Direction of Sheep Breeding in China », Animals, vol. 14/21, p. 3047, https://doi.org/10.3390/ani14213047.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. En novembre 2024, l’indice FAO des prix de la viande, qui est la principale source utilisée pour mettre à jour les prix de référence de la viande dans les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO, a été révisé afin de rendre compte avec plus de précision des principaux produits carnés faisant l’objet d’échanges internationaux. Cette révision comporte des ajustements historiques concernant spécifiquement les prix suivants : les prix de la viande de volaille brésilienne ont été alignés sur les définitions fournies par les autorités nationales (source : COMEX Stat) ; les prix de la viande bovine australienne sont à présent estimés à partir des valeurs FAB déclarées par Meat and Livestock Australia (MLA) ; les prix de la viande ovine australienne ont été redéfinis pour être désormais axés sur l’agneau lourd (source : MLA), qui représente mieux le marché d’exportation ; et les prix de la viande ovine néo-zélandaise ont été revus de manière à rendre compte de la valeur moyenne des exportations d’agneau (source : AgriHQ).
← 2. Voir, par exemple, Zulauf, C. "Comparing Livestock Productivity Since 1993", Farmdoc Daily (9):96, Département d’économie agricole et de la consommation, Université de l’Illinois à Urbana-Champaign, 24 mai 2019. https ://farmdocdaily.illinois.edu/2019/05/comparing-livestock-productivity-since-1993.html.
← 3. En l’état actuel, un pays touché par la PPA n’est pas tenu de suspendre totalement ses exportations s’il prend les mesures recommandées par l’OMSA