Ce chapitre présente les risques thématiques et met en lumière les réponses couramment apportées par les pouvoirs publics pour les atténuer. Il recense également les mesures que les responsables de l’action publique, les organismes de réglementation et les autorités de surveillance pourraient envisager de prendre.
Observateur des risques pour les consommateurs dans le domaine financier 2026 (version abrégée)
7. Risques thématiques, réponses des pouvoirs publics et mesures envisageables
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Le présent chapitre met en lumière les domaines de risque actuels, ainsi que les tendances émergentes susceptibles de créer de nouveaux risques pour les consommateurs de produits et services financiers. Il expose les réponses couramment apportées par les pouvoirs publics face à ces risques, ainsi que les mesures que les responsables de l’action publique, les organismes de réglementation et les autorités de surveillance pourraient envisager de prendre.
Bien qu’il existe des risques spécifiques propres à certaines juridictions, les données recueillies cette année font apparaître plusieurs risques thématiques communs.
7.1. Risques thématiques actuels et émergents
Copier le lien de 7.1. Risques thématiques actuels et émergents7.1.1. Risques liés à l’accélération de la transformation numérique, dont escroqueries et fraudes financières, exclusion financière et canaux de service à la clientèle
La transformation numérique est une force majeure qui influe sur le paysage financier, amplifiant à la fois les possibilités et les risques pour les consommateurs.
L’incidence et la gravité croissantes des fraudes et escroqueries financières numériques tiennent à une évolution plus générale de cette activité vers des dispositifs très personnalisés et fondés sur la technologie. Ces dispositifs, qui s’appuient sur les paiements instantanés, les plateformes de médias sociaux et les outils sophistiqués d’IA générative, créent un environnement de plus en plus difficile pour les consommateurs, et dans certains cas, pour les autorités de réglementation et de surveillance. Cette tendance fait écho aux conclusions tirées dans l’édition 2024 de la présente publication et renforce la nécessité d’une action coordonnée des pouvoirs publics.
Parmi les menaces les plus courantes, on peut citer l’essor rapide et la sophistication des fraudes et des escroqueries numériques, telles que l’hameçonnage électronique, l’hameçonnage vocal et l’hameçonnage par SMS, les attaques d’ingénierie sociale, l’usurpation d’identité, l’hypertrucage et les contenus frauduleux générés par l’IA. Dans les juridictions à revenu faible et à revenu intermédiaire en particulier, aucun type de fraude spécifique n’apparaît comme menace prioritaire. Dans un grand nombre de juridictions, dont l’Australie, la Bulgarie, l’Espagne, l’Indonésie, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, la Libye, la Lituanie, Moldova, les Philippines, la Pologne, le Royaume-Uni et la Türkiye, la transformation numérique, les services bancaires mobiles et les activités financières fondées sur les médias sociaux élargissent le champ d’action des acteurs malveillants et sont exploités à des fins de fraudes de plus en plus complexes.
La transformation numérique comporte également le risque de créer de nouvelles formes d’exclusion financière, en particulier pour les groupes ayant un faible niveau de culture numérique ou financière. Nombre de juridictions indiquent que le passage à des canaux exclusivement en ligne et la fermeture des agences bancaires traditionnelles se font au détriment des consommateurs âgés, des populations rurales et des personnes dépourvues d’infrastructures ou de compétences numériques. Plusieurs juridictions, dont le Canada, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède, notent que les fermetures d’agences et les comptes bancaires entièrement numériques peuvent non seulement créer des obstacles pour les consommateurs qui comptent sur les interactions en face à face, mais aussi compliquer l’accès aux services essentiels ou la résolution des problèmes.
Si les interfaces numériques peuvent rendre les informations plus conviviales et plus accessibles, l’innovation numérique rapide peut aussi introduire de nouvelles sources d’opacité qui modifient les risques plus traditionnels liés au comportement. La conception des produits financiers numériques et les processus d’intégration des clients, en particulier dans les environnements privilégiant les appareils mobiles, peuvent obliger les consommateurs à prendre des décisions sur des interfaces restreintes, où les informations saillantes peuvent être moins visibles et les barèmes tarifaires pas suffisamment transparents. En outre, certains éléments de conception fondés sur le comportement peuvent inciter les consommateurs à faire des choix qui ne servent pas vraiment leurs meilleurs intérêts (OCDE, 2022[1]), tandis que les environnements de choix numériques hyperpersonnalisés peuvent amplifier ces risques en adaptant le contenu aux individus et en renforçant l’influence que les entreprises peuvent exercer sur les décisions des consommateurs (Authority for the Financial Markets, Pays-Bas, 2025[2]). Parallèlement, le recours croissant à des systèmes algorithmiques d’aide à la décision, que les consommateurs ne sont pas en mesure de comprendre facilement ou de contester, accroît le risque que des individus fassent des choix financiers inadaptés ou coûteux sans en saisir pleinement les conséquences.
Ces évolutions sont étroitement liées à l’émergence de nouveaux défis en matière de service à la clientèle. Étant donné que les établissements financiers recourent de plus en plus aux canaux numériques, les consommateurs sont souvent confrontés à des systèmes automatisés qui leur apportent une assistance limitée ou peu fiable, en particulier lorsqu’ils rencontrent des problèmes ou doivent résoudre des litiges. Les Émirats arabes unis et la Slovénie, par exemple, font observer que lorsque des services numériques transfrontaliers sont proposés, la fragmentation et la complexité des mécanismes de traitement des plaintes et de recours augmentent. La réduction des interactions humaines, conjuguée à l’utilisation croissante de robots conversationnels fondés sur l’IA, lesquels peuvent produire des informations inexactes ou incomplètes, est susceptible de compromettre la possibilité pour les consommateurs d’obtenir une assistance rapide, claire et personnalisée. Hong Kong (Chine) a insisté sur les risques d’hallucinations générées par les outils d’IA générative (lesquels peuvent produire des réponses qui paraissent réalistes mais qui sont incorrectes sur le plan factuel, incomplètes, dépourvues d’informations essentielles ou non pertinentes par rapport au contexte). En somme, toutes ces évolutions creusent un fossé : les consommateurs qui peinent déjà à utiliser les services financiers numériques sont confrontés à des produits plus opaques et à un nombre réduit de canaux d’assistance appropriés, ce qui risque d’accentuer leur vulnérabilité.
7.1.2. Niveaux élevés d’endettement des consommateurs
Les niveaux élevés d’endettement des consommateurs constituent un risque transversal important et largement reconnu, signalé par un grand nombre de juridictions participantes comme point de tension pour la résilience financière des ménages. Ainsi qu’il est indiqué dans le chapitre 3, les niveaux élevés d’endettement constituent, du côté de la demande, le deuxième risque le plus fréquemment sélectionné ; un nombre important de juridictions anticipent une augmentation de ce risque en 2026. D’après plusieurs participants, les consommateurs recourent de plus en plus au crédit pour couvrir leurs dépenses courantes, en raison de tensions plus généralisées liées au coût de la vie et, parfois, de revenus insuffisants pour couvrir leurs besoins essentiels. Dans des juridictions comme l’Afrique du Sud, la Bosnie-Herzégovine et l’Ukraine, certains ménages sont confrontés à des difficultés financières croissantes, dans la mesure où leurs dépenses essentielles augmentent plus vite que leurs revenus. Au Canada, 41 % des consommateurs ont fait état d’une hausse de leur niveau d’endettement entre janvier et mars 2025, et 55 % ont puisé dans leur épargne pour faire face à la situation économique actuelle. Ces tendances montrent que les pressions économiques peuvent grever le budget des ménages et limiter la capacité des consommateurs à gérer ou réduire leur endettement au fil du temps.
Outre les facteurs macroéconomiques, la conception et la distribution de certains produits financiers peuvent contribuer à un accroissement de l’endettement des consommateurs. Les juridictions participantes ont attiré l’attention sur l’essor rapide des solutions de prêt numérique, telles que les prêts en ligne et les produits assimilables à des crédits comme ceux de type « achetez maintenant, payez plus tard », qui offrent un accès rapide et pratique au crédit mais peuvent masquer le coût réel de l’emprunt ou contourner les évaluations robustes de la capacité de remboursement. Ainsi qu’il est indiqué dans les chapitres 3 et 5, des juridictions comme l’Autriche, l’Indonésie, l’Italie et les Pays-Bas ont fait part de leurs préoccupations quant au fait que le crédit numérique et les produits de type « achetez maintenant, payez plus tard » peuvent encourager des dépenses excessives, tandis que d’autres ont insisté sur les risques que posent les plafonds élevés des cartes de crédit, les pratiques commerciales agressives et les tests d’adéquation insuffisants. Plusieurs juridictions, dont la Finlande, la Jordanie et la Serbie, ont fait observer que lorsque les consommateurs remboursent leur dette sans réduire sensiblement le montant du principal, ils deviennent vulnérables à une hausse des taux d’intérêt ou à des chocs inattendus. L’opacité ou le manque de clarté des frais des prêts personnels, des cartes de crédit et des produits « achetez maintenant, payez plus tard » ont également été signalés comme un facteur accentuant le risque de surendettement.
Ces observations donnent à penser que le niveau élevé d’endettement des consommateurs tient à la fois aux pressions économiques structurelles et à l’évolution des pratiques du marché. Alors que les conditions financières demeurent restrictives dans de nombreuses économies et que le crédit numérique et les produits assimilables à des crédits deviennent plus accessibles, le risque que les consommateurs entrent dans des cycles d’endettement devient plus prononcé. D’où l’importance de cadres robustes en matière de prêt responsable, d’une surveillance proactive et d’une éducation financière ciblée pour prévenir le surendettement et renforcer la résilience financière des ménages.
7.1.3. Complexité accrue des produits et services financiers
La rapidité de l’innovation dans le secteur financier, notamment le développement de nouveaux types de produits et services financiers, offre un grand nombre d’avantages et de possibilités aux consommateurs de produits et services financiers qui cherchent à épargner, emprunter et investir.
Toutefois, l’innovation peut aussi amplifier la complexité des produits et services financiers et risquer de ce fait de creuser le déficit de connaissances entre les prestataires de services financiers et intermédiaires financiers et de nombreux consommateurs. Que ce soit dans le contexte des produits de type « achetez maintenant, payez plus tard », des cryptoactifs, du crédit numérique ou des plateformes d’investissement pour particuliers, de nombreux consommateurs peuvent avoir du mal à comprendre et à évaluer les risques ou à comparer les produits. Cette complexité est parfois accentuée par l’insuffisance ou le manque de fiabilité des informations communiquées, des pratiques commerciales agressives ou la présence d’acteurs non agréés, ce qui accroît le risque de préjudice. En outre, nombre de ces produits financiers sont relativement nouveaux sur le marché et sont parfois disponibles en dépit soit de l’absence de dispositifs de protection des consommateurs en matière financière soit de la présence de lacunes dans les cadres réglementaires ou de surveillance existants. L’essor de la prise de décision fondée sur l’IA, tant au sein des entreprises que dans les outils destinés aux consommateurs, soulève d’importantes questions relatives à l’équité, à la transparence, à l’explicabilité et à la surveillance. Bien que la pénétration des produits et des services sur le marché varie selon qu’il s’agit d’une juridiction à revenu élevé ou d’une juridiction à revenu faible ou intermédiaire, ces problèmes se manifestent dans tous les contextes. Des juridictions comme le Brésil, l’Indonésie, l’Italie, les Philippines, la République slovaque et la Serbie sont confrontées à des risques liés aux lacunes réglementaires, à la mécompréhension des produits financiers numériques complexes par les consommateurs et à la multiplication des prestataires non agréés ou partiellement réglementés.
7.1.4. Vulnérabilité des consommateurs
Il est de plus en plus admis que la vulnérabilité des consommateurs est déterminée par des facteurs structurels et démographiques, ainsi que par les conditions du marché, parmi lesquelles les pratiques des entreprises, ainsi qu’il est expliqué dans le document d’orientation intitulé Understanding and responding to financial consumer vulnerability (OCDE, 2025[3]). Dans un grand nombre de juridictions, certains groupes spécifiques de consommateurs sont susceptibles d’être vulnérables, notamment les consommateurs âgés, les populations rurales, les migrants ou les individus ayant des compétences financières numériques limitées. Souvent, ces groupes sont visés de manière disproportionnée par les escroqueries et les fraudes, exclus des services financiers numériques ou exposés à des produits inadaptés. Il est important de souligner que les pratiques des prestataires de services financiers et la conception des produits et services sont des facteurs qui contribuent aussi plus directement à la vulnérabilité, quelles que soient les caractéristiques ou la situation des consommateurs. Ainsi, une pratique irresponsable sur le marché expose davantage les consommateurs à des préjudices, via des pratiques déloyales ou abusives, des effets d’éviction et des choix de conception de produits ne favorisant pas l’obtention de résultats positifs pour le consommateur. Ces observations renforcent le message plus général selon lequel la vulnérabilité des consommateurs dans le domaine financier est pluridimensionnelle et liée à la fois aux caractéristiques et circonstances personnelles, aux structures de marché et aux pratiques des entreprises.
Un autre défi de taille tient aux risques liés au numérique et à l’IA qui sont susceptibles d’accroître la vulnérabilité financière de certains consommateurs, tels que l’opacité de la prise de décision automatisée, les biais algorithmiques, l’usage abusif de l’IA à des fins de marketing ou de conseil en investissement, et l’accélération générale de la désinformation financière en ligne. C’est notamment le cas en Afrique du Sud, en Autriche, en Espagne, en Nouvelle-Zélande, en Israël, au Luxembourg et aux Pays-Bas.
7.2. Réponses couramment apportées par les pouvoirs publics
Copier le lien de 7.2. Réponses couramment apportées par les pouvoirs publicsDans les juridictions qui s’efforcent de remédier aux risques actuels et émergents auxquels sont exposés les consommateurs dans le domaine financier, les réponses les plus courantes consistent à renforcer les cadres d’action, de réglementation et de surveillance, à tirer parti de l’innovation et des outils technologiques, à autonomiser les consommateurs au moyen d’initiatives de développement de la culture financière numérique, et à favoriser la coopération interinstitutionnelle.
7.2.1. Renforcer les cadres d’action et de réglementation conformément aux Principes de haut niveau G20/OCDE sur la protection financière des consommateurs
Des cadres d’action et de réglementation complets et efficaces sont essentiels pour assurer un degré approprié de protection financière des consommateurs et permettre aux responsables de l’action publique de combler les lacunes en matière de surveillance, par exemple pour ce qui est des produits numériques, des transactions transfrontalières et des nouveaux types de produits et services financiers susceptibles de présenter de nouveaux risques pour les consommateurs. Un grand nombre d’autorités, notamment dans l’Union européenne, en Bosnie‑Herzégovine et au Canada, s’emploient donc à renforcer leurs cadres d’action et de réglementation. Ces réformes portent souvent sur le crédit à la consommation et consistent, entre autres, à établir des critères de prêt responsable (évaluations de la capacité de remboursement, dispositions relatives aux emprunteurs, principes de conduite équitable, etc.), à revoir les pratiques de recouvrement des créances, ainsi qu’à appliquer ces mesures à de nouvelles formes de crédit et de produits assimilables à des crédits, dont ceux de type « achetez maintenant, payez plus tard ». Les politiques et les réglementations nouvelles ou renforcées portent également sur les actifs numériques, la finance ouverte et la prévention des fraudes et escroqueries financières.
7.2.2. Renforcer les capacités et les fonctions de surveillance des pratiques sur le marché
Plusieurs juridictions ont entrepris de renforcer leurs capacités de surveillance des pratiques sur le marché, notamment en utilisant les technologies numériques, dont l’IA, en approfondissant leur compréhension de ces technologies et en étoffant leur panoplie d’outils de surveillance. D’autres juridictions en sont à des stades plus précoces de développement ou de mise en place de fonctions spécifiques de surveillance des pratiques sur le marché et s’emploient tout d’abord à établir le cadre juridique et institutionnel, à renforcer les capacités de suivi et de mise en application de la loi, et à aligner progressivement leur cadre national sur les normes internationales nouvellement définies.
Les autorités financières de la Croatie, de l’Eswatini et de la Jordanie investissent dans des solutions SupTech (technologies de surveillance) pour leur permettre de mieux détecter les risques liés aux pratiques. Le Brésil, la Libye, la Malaisie et la Roumanie s’attachent à renforcer la surveillance fondée sur les données et l’IA, tandis que l’Italie et la Serbie ont choisi d’intensifier le recours aux enquêtes mystères en tant qu’outil de surveillance. L’Afrique du Sud, la Colombie, l’Espagne et le Royaume-Uni ont fait appel à des pôles d’innovation ou à des bacs à sable réglementaires pour faciliter la gestion des risques et le contrôle précoce des produits et services nouveaux et innovants entrant sur le marché, renforçant ainsi leurs capacités de surveillance à l’ère numérique. D’autres tiennent compte des évaluations des risques pour les consommateurs dans la surveillance prudentielle et les exigences de fonds propres, en s’appuyant sur les données relatives aux plaintes pour déterminer les profils de risque, mais aussi en établissant des profils de pratiques pour chaque intermédiaire. Ainsi, le Royaume-Uni a entamé auprès de multiples établissements un examen des produits complexes négociés en bourse vendus sans conseil (transactions dites « execution-only »), afin d’évaluer si les distributeurs respectent leurs obligations à l’égard du consommateur en matière de conception des produits, de prix et de valeur, de compréhension des consommateurs, de suivi des résultats et d’assistance. Dans de nombreux cas, le renforcement des capacités de surveillance passe également par une amélioration de la mise en application de la loi afin de garantir que les autorités de réglementation et de surveillance puissent agir de manière décisive, en cas de besoin, à l’aide de leur panoplie d’outils de réglementation et de surveillance.
7.2.3. Favoriser la coopération interinstitutionnelle
Les juridictions participantes reconnaissent de plus en plus que les risques tels que les escroqueries et les fraudes financières, la mésinformation et la cybercriminalité relèvent de tout un éventail de domaines, dont la finance, le numérique, la protection des consommateurs et l’application de la loi, et que pour lutter contre ces risques de manière plus globale, une coopération interinstitutionnelle efficace s’impose. À titre d’exemple, le Brésil, la Bulgarie, l’Italie, la Lituanie, la Macédoine du Nord et le Monténégro s’appuient sur la coopération interinstitutionnelle pour lutter contre les escroqueries et fraudes financières et d’autres activités illégales, par exemple.
7.2.4. Responsabiliser les consommateurs
De nombreuses juridictions s’attachent à améliorer les compétences financières et numériques de leur population, notamment en ciblant les groupes de consommateurs susceptibles d’être vulnérables. Par exemple, l’Arménie, la Bulgarie, le Canada, la Colombie, l’Italie, la Jordanie, le Lesotho, la Macédoine du Nord, Malte, le Monténégro et la Roumanie ont mis en œuvre des campagnes nationales de culture financière, des programmes de formation ciblés et des actions de sensibilisation adaptées à des groupes spécifiques comme les jeunes et les retraités. Parmi les mesures prises, on peut notamment mentionner des campagnes nationales de développement de la culture financière et numérique, des échanges directs avec les consommateurs, des campagnes de sensibilisation du public et des exigences renforcées en matière de communication d’informations.
Nombre de juridictions considèrent également ce type d’initiatives comme indispensables à la lutte contre les escroqueries et les fraudes financières dans des environnements numériques en mutation rapide. Hong Kong (Chine), l’Irlande, Malte et la Slovénie ont par exemple entrepris des campagnes de sensibilisation du public et des médias pour lutter contre les escroqueries et les fraudes financières, tandis que d’autres juridictions ont lancé des initiatives ciblées sur des groupes vulnérables, tels que les consommateurs âgés ou les utilisateurs peu aguerris au numérique. Un grand nombre de juridictions ont indiqué avoir recours à des campagnes de sensibilisation des consommateurs pour atténuer les risques liés aux comportements pouvant découlant de mauvais conseils et de pratiques de vente malhonnêtes (chapitre 4). Toutefois, pour remédier aux causes profondes de ces risques, il est nécessaire d’agir directement auprès des prestataires de services financiers afin de s’attaquer aux mesures d’incitation et aux cultures qui peuvent favoriser le risque de pratiques répréhensibles.
Les outils comme les sites de comparaison des prix ont un rôle important à jouer pour améliorer la capacité des consommateurs à comprendre, comparer et utiliser les produits financiers en toute sécurité. Afin d’aider les consommateurs à interagir avec les marchés en toute confiance, la Hongrie, l’Irlande, Israël, l’Italie et les Philippines, entre autres, s’appuient sur des outils destinés aux consommateurs, tels que des plateformes de comparaison, des robots conversationnels, des guides à l’intention des investisseurs et des applications mobiles destinées au traitement des plaintes. Dans certaines juridictions, des outils innovants tels que des calculateurs d’épargne (Pologne), des ateliers interactifs (Monténégro) et des réseaux de conseil (Hongrie) visent à modifier les comportements quotidiens des consommateurs et à réduire leur exposition aux escroqueries et aux fraudes financières, ainsi que le risque de surendettement.
Dans l’ensemble, les réponses montrent que les juridictions s’attaquent aux risques naissants en mettant en place un ensemble diversifié de mesures de surveillance préventive, d’innovation technologique, de coordination de l’application de la loi et de sensibilisation des consommateurs.
7.3. Mesures envisageables par les responsables de l’action publique et les autorités de réglementation et de surveillance
Copier le lien de 7.3. Mesures envisageables par les responsables de l’action publique et les autorités de réglementation et de surveillanceÀ la lumière des conclusions tirées dans la présente édition de l’Observateur des risques pour les consommateurs dans le domaine financier, les responsables de l’action publique, les organismes de réglementation et les autorités de surveillance pourraient envisager les actions suivantes :
Veiller à ce que des cadres efficaces et complets de protection financière des consommateurs soient en place à l’échelle nationale. Les Principes sur la protection financière des consommateurs définissent les éléments essentiels d’un cadre complet et efficace, et fournissent des orientations aux responsables de l’action publique et aux autorités publiques qui cherchent à élaborer ou à renforcer des politiques et des réglementations visant à protéger les consommateurs de produits et services financiers. Les juridictions qui n’ont pas encore mis en œuvre les Principes de haut niveau sur la protection financière des consommateurs (ou qui ne les ont que partiellement mis en œuvre) devraient donner la priorité à la mise en œuvre intégrale des douze principes. Il convient en outre d’envisager la possibilité de mener des examens périodiques pour évaluer le degré d’adéquation du cadre de protection des consommateurs dans le domaine financier, afin de déterminer les lacunes et les axes d’amélioration, s’agissant par exemple des nouveaux types de produit ou services financiers et canaux de distribution. La Recommandation de l’OCDE sur la protection des consommateurs dans le domaine du crédit à la consommation [OECD/LEGAL/0453] formule des recommandations à l’intention des pouvoirs publics et des autorités de réglementation, couvrant le cycle de vie des transactions de crédit à la consommation, y compris avant, pendant et après le point de vente. Compte tenu des préoccupations suscitées par les niveaux d’endettement élevés et par le risque de prêts inadaptés, cette norme internationale peut servir de référence essentielle.
Mettre en place et renforcer les fonctions et les capacités de surveillance des pratiques sur le marché et de mise en application de la loi. Les applications SupTech, l’analyse de données (ventilation des plaintes, par ex.), la surveillance fondée sur les risques et l’évaluation des résultats aideront les autorités de surveillance à mieux anticiper et détecter les pratiques répréhensibles et à y faire face, ainsi qu’à assurer une application rapide, proportionnée et efficace de la loi. Une surveillance et une application efficaces sont essentielles pour garantir que les cadres d’action et de réglementation sont bien respectés et atteignent leurs objectifs.
Définir des objectifs clairs et renforcer la mesure de l’efficacité et des résultats des activités de protection des consommateurs dans le domaine financier et de surveillance des pratiques sur le marché. La définition d’objectifs et le renforcement du cadre de mesure aideront les juridictions à assurer le suivi des résultats, à cibler leurs interventions et à déterminer si les mesures réglementaires ou de surveillance se traduisent par une amélioration des pratiques des entreprises et contribuent à améliorer les résultats pour les consommateurs, s’agissant notamment de la confiance, de l’équité de traitement et du bien-être financier. Ces mesures pourraient faire l’objet de travaux supplémentaires.
Renforcer les approches systémiques de la lutte contre les escroqueries et les fraudes financières, notamment les approches coordonnées qui rassemblent les organismes compétents, notamment les autorités financières, les organismes de cybersécurité, les autorités de régulation des télécommunications, les organismes chargés de l’application de la loi, les entreprises financières et technologiques et les associations de consommateurs.
Établir des politiques et des attentes réglementaires claires pour les nouveaux types de produits et services financiers, notamment les actifs numériques, le crédit numérique, les produits de type « achetez maintenant, payez plus tard » et les services financiers fondés sur l’IA. Il peut s’agir, par exemple, d’actualiser les politiques et réglementations existantes en matière de protection des consommateurs de produits et services financiers, de fournir des orientations sur la manière dont les cadres actuels de protection financière des consommateurs s’appliquent à ces produits, de définir des exigences minimales en matière de communication d’informations, de clarifier la responsabilité et de renforcer les activités de surveillance des nouveaux modèles économiques.
Responsabiliser les consommateurs grâce à des initiatives de renforcement de la culture financière et numérique, dont des programmes ciblés sur des groupes de consommateurs susceptibles d’être vulnérables, et à des outils qui aident les consommateurs à comprendre, comparer et utiliser les produits financiers en toute sécurité. Les programmes de renforcement de la culture financière et les campagnes de sensibilisation des consommateurs devraient être non seulement fondés sur des données probantes, mais aussi conçus à l’aide de données robustes sur les besoins et les comportements des consommateurs, et accompagnés d’indicateurs et de cadres d’évaluation clairs permettant de mesurer leur efficacité et leur impact au fil du temps. L’édition 2026 de l’enquête internationale OCDE/INFE sur la culture, l’inclusion et le bien-être financiers des adultes, ouverte à toutes les juridictions, mesurera les progrès réalisés au niveau national, recensera les besoins et les priorités, et fournira données comparatives à l’échelon international (OCDE, 2026[4]).
Favoriser des transitions numériques sûres et inclusives, par exemple à l’aide d’initiatives ciblées de renforcement de la culture financière numérique, de normes inclusives de conception des services financiers et de dispositifs visant à garantir l’accès des consommateurs qui dépendent des espèces ou des services en présentiel.
Encourager le partage de connaissances et la coopération à l’échelle internationale en matière d’action publique, de réglementation et de surveillance, en particulier en ce qui concerne les problèmes, les défis et les risques courants observés dans les différentes juridictions, ou les risques liés aux acteurs numériques internationaux, aux paiements transfrontières et aux dispositifs d’investissement en ligne.
Références
[2] Authority for the Financial Markets, Pays-Bas (2025), Hyperpersonalisation: a tailored online choice environment, https://www.afm.nl/~/profmedia/files/rapporten/2025/hyperpersonalisation-a-tailored-online-choice-environment.pdf.
[4] OCDE (2026), OECD/INFE Toolkit for Measuring Financial Literacy, Inclusion and Well-Being 2026, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/92f2d439-en.
[3] OCDE (2025), « Understanding and responding to financial consumer vulnerability », OECD Business and Finance Policy Papers, n° 83, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/111daec8-en.
[1] OCDE (2022), « Dark commercial patterns », Documents de travail de l’OCDE sur l’économie numérique, n° 336, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/44f5e846-en.
[5] OCDE (2022), G20/OECD High-Level Principles on Financial Consumer Protection 2022, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/48cc3df0-en.
[6] OCDE (2019), Recommandation du Conseil sur la protection des consommateurs dans le domaine du crédit à la consommation, https://legalinstruments.oecd.org/en/instruments/OECD-LEGAL-0453 (consulté le 29 novembre 2025).