Mieux investir dans les enfants est non seulement un impératif social, mais aussi un choix économique judicieux. Les enfants qui grandissent dans des familles pauvres ou défavorisées sont plus susceptibles d’enregistrer, tout au long de leur vie, de moins bons résultats en matière de santé, d’éducation et d’emploi, avec à la clé des coûts considérables pour les individus, la société et les finances publiques. Pour les pouvoirs publics, l’enjeu n’est donc pas seulement de déterminer combien dépenser, mais aussi comment répartir les dépenses sociales et les concevoir de manière à améliorer le bien-être des enfants sans nuire à la viabilité budgétaire.
En s’appuyant sur un cadre d’analyse des bénéfices des dépenses sociales pour les enfants et les finances publiques, ce rapport étudie comment le niveau des dépenses sociales, leur répartition entre les différents domaines de la politique sociale et leur ciblage à l’égard de certains types de ménages influencent la pauvreté, la privation matérielle, les résultats scolaires et la santé des enfants, et il tire des enseignements pour les dépenses sociales à long terme. Ses conclusions montrent combien il est important de privilégier des panoplies de mesures cohérentes plutôt que des interventions isolées. Les politiques axées sur l’emploi, comme l’éducation et l’accueil des jeunes enfants (EAJE), les mesures visant à concilier travail et vie de famille et les politiques actives du marché du travail (PAMT), peuvent accroître les revenus des familles et favoriser le développement des enfants. Une aide au revenu adaptée et prévisible est également essentielle, particulièrement lorsqu’elle est complétée par des services de santé, de logement, d’éducation et de garde des enfants accessibles, qui permettent de remédier à de multiples facteurs d’inégalité interdépendants. Le rapport souligne en outre l’importance d’investissements réguliers tout au long de l’enfance, des actions menées dès les premières années de la vie jusqu’à l’accompagnement continu pendant l’enfance et l’adolescence. En définitive, pour optimiser l’utilisation des ressources, il convient d’adopter des panoplies de mesures qui conjuguent efficacité, équité et viabilité budgétaire.
Le rapport a été préparé par le Centre de l’OCDE sur le bien-être, l’inclusion, la soutenabilité et l’égalité des chances (Centre WISE), sous la direction de Romina Boarini (Directrice du Centre WISE) et sous la supervision d’Olivier Thévenon (Chef de l’Unité Bien-être des enfants du Centre WISE). Il a été rédigé par Nora Brüning et Olivier Thévenon, avec l’aide précieuse de Théophile Mulot pour les travaux de recherche pendant son stage au sein de l’Unité Bien-être des enfants. Anne-Lise Faron (Centre WISE) a mis en forme le manuscrit, et Taylor Kelly et Martine Zaïda (Centre WISE) ont apporté un soutien et des conseils précieux sur la communication et la publication.
Le rapport a bénéficié des observations constructives formulées au sujet des versions antérieures du rapport par les délégations des pays membres participant au Groupe de travail de l’OCDE sur la politique sociale. Les auteurs les remercient sincèrement pour leurs éclairages et leurs contributions, et espèrent que ce rapport leur sera utile dans le cadre de leurs travaux. Le rapport a également bénéficié des commentaires et des observations de Willem Adema et Herwig Immervoll (Direction de l’emploi, du travail et des affaires sociales de l’OCDE), des conseils de Romina Boarini, et des remarques de Fabrice Murtin et Gabriel Chaves Bosch (Centre WISE de l’OCDE). Les auteurs tiennent également à remercier Mathis Porchez et Olivier Bontout, de la Commission européenne, pour leurs précieux commentaires à toutes les étapes du projet.
Le présent rapport n’aurait pu voir le jour sans le soutien financier et la participation déterminée d’Emploi et développement social Canada, du ministère du Développement social et de l’agence d’investissement social de la Nouvelle-Zélande, du Ministère du Travail et des Affaires Sociales de l'Autriche et de la Commission européenne. Les auteurs tiennent en outre à remercier le Secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, pour avoir soutenu ce projet au titre du FASG (Fonds d’affectation du Secrétaire général).