Choisir les outils appropriés pour inciter au respect des textes. Les outils positifs tels que les incitations financières, les allègements fiscaux et la reconnaissance publique permettent de récompenser les comportements respectueux des règles et d’encourager les entités encadrées à mener une démarche volontaire pour satisfaire ou dépasser les exigences réglementaires. Pour leur part, les outils négatifs (tels que les amendes, les sanctions, l’inscription sur une liste noire et/ou les recours juridiques) produisent un effet dissuasif sur les acteurs indélicats ainsi que sur les entités encadrées qui, par négligence, pourraient provoquer des risques. La complémentarité entre ces outils positifs et négatifs permet de veiller à ce que les entités encadrées soient motivées à la fois par les avantages du respect des règles et par les risques qu’entraînerait leur non-respect, ce qui favorise une culture de redevabilité et une démarche proactive de respect des textes.
Évaluer les obstacles et les facteurs propices au respect des textes par les individus et les entreprises. Il convient que les autorités chargées des L&P mettent en place des stratégies pour évaluer aussi bien les obstacles au respect des textes (c’est-à-dire les raisons pour lesquelles les entités encadrées ne s’y conforment pas) que les facteurs susceptibles de favoriser ce respect (c’est-à-dire ceux qui peuvent aider les entités encadrées à se plier à la réglementation). L’analyse des obstacles et des facteurs propices au respect des textes permet aux autorités chargées des L&P de comprendre et d’adopter les méthodes, les outils et les mécanismes qui peuvent faciliter le respect des exigences et y inciter. Cette analyse peut aussi les aider à repérer et à rectifier les dispositions réglementaires qui sont difficiles à respecter. Il peut s’agir de remédier aux processus manquant de légitimité ou de repérer les cas de figure où les entités encadrées sont mal informées et où il conviendrait de mener des actions de sensibilisation par les canaux appropriés.
Appliquer des mesures et des sanctions proportionnées. Les sanctions en cas de non-respect des conditions attachées aux L&P doivent être infligées en dernier ressort, et de façon pertinente et proportionnée. Il convient de tenir compte du profil de l’entité encadrée exposée aux sanctions, et notamment de ses antécédents et des risques qu’entraîne son non-respect de la réglementation. Pour les manquements mineurs, la formulation de directives et d’avertissements est généralement suffisante. Les manquements plus graves, ou réitérés, peuvent justifier des sanctions importantes pouvant aller jusqu’à la suspension de la licence ou de l’activité, voire, dans certains cas, jusqu’à des sanctions pénales.
Donner aux autorités réglementaires le pouvoir d’exclure les opérateurs des secteurs où ils ont commis de graves manquements. Dans certains pays, les pouvoirs réglementaires sont définis de telle façon que le retrait ou l’annulation d’une licence ou d’un permis par l’autorité réglementaire représente le seul moyen d’infliger une sanction à la hauteur des faits quand une entreprise multiplie les manquements, commet des manquements flagrants, provoque des risques ou des préjudices importants ou commet des infractions pénales. Dans un tel cas, sans système de L&P, l’autorité réglementaire se retrouve privé de son plus puissant instrument d’action face aux acteurs indélicats. De fait, de manière générale, il faudrait que la loi donne aux autorités réglementaires le pouvoir d’exclure de tels acteurs des secteurs dans lesquels ils ont commis de graves manquements, qu’un système de L&P existe ou non. Un tel pouvoir permet d’assurer une mise en application plus rapide et plus efficace des textes, tout en évitant de devoir recourir à un système de L&P pour des activités qui ne s’y prêtent pas.
Par ailleurs, en cas de manquements répétés à la réglementation ou de manquements s’apparentant ou menant à la commission d’infractions pénales, le simple retrait d’une licence ou d’un permis peut ne pas suffire à mettre fin aux agissements incriminés. Puisque ces agissements se situent en dehors du cadre réglementaire, il faut donner aux autorités des moyens différents et efficients de prévenir de nouveaux manquements.
Le fait de favoriser une culture de l’amélioration continue et de la redevabilité permet d’accroître la crédibilité et la fiabilité du système de L&P. Une telle culture permet aussi de donner confiance aux parties prenantes et au grand public, en montrant que le système est conçu et géré de façon à assurer le respect d’exigences élevées en matière de sécurité, de qualité et d’équité. Elle favorise, au bout du compte, le bon fonctionnement des systèmes de L&P et les aide ainsi à promouvoir l’innovation et la croissance économique tout en réduisant les risques.