Ce chapitre explore l’exacerbation des tensions géopolitiques et des crises écologiques au début des années 2020, ainsi que leurs profondes répercussions sur les dépenses publiques, les migrations, la sécurité énergétique, les dynamiques commerciales, la santé mondiale et les priorités stratégiques nationales. Si les conflits et les persécutions restent des facteurs prédominants de migration, les changements climatiques font, eux aussi, peser la menace de nombreux nouveaux déplacements forcés. Le développement des migrations de travail pourrait aider les économies avancées à pallier leurs pénuries de main-d’œuvre, mais la montée de l’hostilité à l’égard de l’immigration complique ce choix politique. La coopération internationale, bien qu’imparfaite et de plus en plus menacée, nous a permis de mieux comprendre les défis systémiques complexes de notre monde et ses crises interdépendantes, tout en renforçant notre capacité à y faire face. Les implications de ces grands enjeux mondiaux sont multiples dans le domaine de l’éducation, soulignant le rôle que celle-ci peut jouer dans la promotion de la paix, de la solidarité et de la coopération, mais aussi l’impératif de développer les capacités de résilience et d’adaptabilité des apprenants et des systèmes éducatifs.
Les grandes mutations qui transforment l’éducation 2025
2. Conflit et coopération dans le monde
Copier le lien de 2. Conflit et coopération dans le mondeInfographie 2.1. Conflit et coopération dans le monde - Points forts du chapitre
Copier le lien de Infographie 2.1. Conflit et coopération dans le monde - Points forts du chapitre
Le lourd coût des conflits mondiaux
Copier le lien de Le lourd coût des conflits mondiauxLa montée des conflits armés et des tensions géopolitiques pourrait bien sonner le glas du « dividende de la paix », qui avait permis à de nombreux pays de l’OCDE de réduire leurs dépenses de défense après la Guerre froide. Les conflits directs entre États restent rares mais se multiplient, et les gouvernements sont de plus en plus nombreux à apporter leur soutien militaire dans des conflits étrangers. L’éducation peut promouvoir les compétences nécessaires à l’avènement d’un monde plus pacifique à long terme et joue un rôle essentiel dans la résilience des victimes de la guerre. L’augmentation des dépenses de défense met toutefois les budgets publics sous pression, au détriment probable du financement d’autres domaines, comme l’éducation.
Graphique 2.1. Multiplication des conflits mondiaux
Copier le lien de Graphique 2.1. Multiplication des conflits mondiauxConflits armés étatiques dans le monde, par type (1946-2022)
Source: Davies, Pettersson, and Oberg (2023), Organized violence 1989-2022 and the return of conflicts between states?, https://doi.org/10.1177/00223433231185169.
L’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 a déclenché la première guerre inter-étatique à grande échelle depuis l’invasion de l’Irak par les États-Unis en 2003. Bien qu’encore rare, ce type de conflit entre États se multiplie, avec autant de conflits inter-étatiques les trois premières années des années 2020 que durant toute la décennie 2000. Même si les États ne sont pas « en guerre » au sens traditionnel du terme, leurs armées peuvent participer à des conflits étrangers, comme en atteste la forte augmentation des conflits intra-étatiques internationalisés, dans lesquels des pays étrangers soutiennent l’une des parties d’un conflit intérieur entre un État et des acteurs non étatiques1.
La montée des conflits armés et des tensions géopolitiques n’est pas sans répercussions sur les dépenses publiques. Après la Guerre froide, de nombreux gouvernements ont réduit la part de leurs dépenses de défense, dégageant alors une marge de manœuvre budgétaire pour d’autres priorités. Dans les pays de l’OCDE, les dépenses moyennes de défense en pourcentage du PIB sont ainsi passées de 3.07 % en 1985 à 1.49 % en 2021. Certains signes indiquent toutefois déjà une inversion de cette tendance face à l’évolution du climat géopolitique. Les dépenses militaires mondiales ont ainsi atteint un niveau record en 2023, plusieurs pays de l’OCDE s’engageant même à les augmenter encore2. Si les tensions continuent de s’aggraver, les pays seront donc confrontés au défi de trouver un compromis entre le financement de leur défense et de leur sécurité, et celui d’autres postes de dépenses publiques de plus en plus sous pression, comme l’éducation.
Le coût des conflits mondiaux est loin de se résumer aux seules dépenses publiques. En plus des pertes de vies humaines et de moyens de subsistance qu’elle inflige, la guerre a également un impact profond et durable sur la santé mentale et le bien-être, en particulier parmi les groupes vulnérables, comme les enfants. Elle met en outre à mal la fourniture de services publics tels que l’éducation, endommageant les infrastructures et forçant les populations à quitter leur foyer. Les lacunes d’apprentissage qui en résultent chez les jeunes peuvent avoir un impact durable sur leur développement personnel et scolaire. Dans notre monde hyperconnecté, les répercussions des conflits se font en outre souvent sentir bien au-delà des régions directement touchées, attisant les tensions dans les communautés de la diaspora de par le monde. La vague de protestations sur les campus en réaction à l’évolution du conflit au Moyen-Orient depuis 2023 illustre bien l’impact indirect que peuvent avoir des guerres lointaines sur les institutions éducatives, mais aussi l’exacerbation des tensions que peuvent alimenter les médias sociaux.
Autant de défis qui mettent en lumière le rôle de l’éducation pour renforcer la résilience des apprenants et leur procurer un sentiment de sécurité. Un constat qui vaut bien sûr pour les jeunes directement victimes de la guerre, mais aussi pour tous ceux qui grandissent dans un monde de plus en plus miné par les conflits. L’éducation peut, qui plus est, promouvoir les connaissances, compétences, attitudes et valeurs propices à la coopération interculturelle et à un avenir plus pacifique.
Graphique 2.2. La fin du dividende de la paix ?
Copier le lien de Graphique 2.2. La fin du dividende de la paix ?Dépenses moyennes de défense en pourcentage du PIB, pays de l’OCDE (1988-2023)
Source : Calculs de l’OCDE à partir de SIPRI (2024), SIPRI Military Expenditure Database, https://doi.org/10.55163/CQGC9685.
Quelles conséquences pour l’éducation ?
Copier le lien de Quelles conséquences pour l’éducation ?Quelles pourraient être les répercussions de la multiplication des conflits armés intérieurs ou extérieurs sur la santé des élèves, leur bien-être, leur sentiment d’espoir et leurs aspirations pour l’avenir ? Mais aussi sur leur expérience éducative et l’usage des bâtiments et des infrastructures (par exemple, augmentation de la fréquence des exercices de sécurité, apprentissage en ligne durant les conflits, utilisation des bâtiments scolaires comme abris d’urgence) ?
Comment l’éducation peut-elle contribuer à l’instauration d’une paix durable, ainsi qu’au processus de relèvement et de réconciliation après un conflit ? Quelles en sont les implications pour les programmes scolaires et la formation des enseignants ?
L’augmentation des dépenses de défense pourrait s’accompagner d’une hausse des investissements dans des domaines stratégiques tels que la science, la technologie et la cybersécurité. Quelles en seraient alors les répercussions pour les disciplines qui ne sont pas perçues comme stratégiques ?
Une démographie en mouvement
Copier le lien de Une démographie en mouvementAprès un ralentissement pendant la pandémie de COVID-19, les flux migratoires à destination des pays de l’OCDE sont repartis à la hausse, avec une augmentation des demandes d’asile et des migrations de travail. Tandis que les conflits et les persécutions restent des facteurs prédominants de migration humanitaire, les changements climatiques font, eux aussi, peser la menace de nombreux nouveaux déplacements forcés. Le développement des migrations de travail pourrait aider les économies avancées à faire face à leurs pénuries de main-d’œuvre et leurs défis démographiques, mais la montée de l’hostilité à l’égard de l’immigration complique ce choix politique. Si les flux migratoires actuels se poursuivent, les politiques d’éducation et de formation seront alors centrales pour s’assurer que ces nouveaux arrivants disposent des compétences dont ils ont besoin pour participer pleinement à la vie de la société. Sans oublier le rôle clé de l’éducation, en parallèle d’autres politiques publiques, dans la promotion de la cohésion sociale et du respect de la diversité.
Graphique 2.3. Hausse des migrations de travail et des demandes d’asile
Copier le lien de Graphique 2.3. Hausse des migrations de travail et des demandes d’asileA. Migrations de travail permanentes ; B. Nouvelles demandes d’asile, pays de l’OCDE (2013-22)
Note : Consulter le StatLink pour de plus amples informations.
Source : OCDE (2023), Perspectives des migrations internationales 2023, https://doi.org/10.1787/87c79978-fr.
Le nombre de nouvelles demandes d’asile enregistrées dans les pays de l’OCDE a atteint un niveau record en 2022, poursuivant sa tendance à la hausse amorcée dans les années 2000. En moyenne, les demandes par an sont ainsi plus de deux fois plus nombreuses dans les années 2010 que dans les années 2000, en hausse de 134 %. Les trois premières années de la décennie 2020 (2020-22) ont, elles aussi, vu le nombre de demandes bondir de 39 % par rapport aux années 2010, l’invasion de l’Ukraine par la Russie entraînant le plus grand déplacement de population en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, tandis que les conflits et les crises politiques en cours dans des pays comme l’Afghanistan, le Soudan, la Syrie et le Venezuela viennent aussi gonfler le nombre de déplacés3. En outre, alors que les catastrophes naturelles forcent déjà des millions de personnes à quitter leur foyer chaque année, les changements climatiques sont vraisemblablement amenés à devenir un facteur majeur de déplacement4.
L’immigration de travail à caractère permanent à destination des pays de l’OCDE, qui exclut les statuts temporaires et non renouvelables, affiche une évolution similaire, avec un bond de 56 % entre 2019 et 2022. Dans des pays comme l’Australie, le Japon et la Corée, les migrations de travail ont augmenté entre 2021 et 2022 pour retrouver leur niveau d’avant la pandémie ; tandis que dans la plupart des pays européens et de l’OCDE, ainsi qu’aux États-Unis, elles ont atteint en 2022 leur niveau le plus élevé depuis 15 ans. Plusieurs pays de l’OCDE, comme le Japon et la Corée, ont revu à la hausse leurs objectifs d’immigration pour pallier leurs pénuries de main-d’œuvre, certains signant des accords bilatéraux pour compenser le manque de bras dans des secteurs comme l’agriculture, les soins et l’hôtellerie. D’autres, comme le Canada, commencent en revanche à revoir leurs objectifs à la baisse, après l’accueil de flux record5.
La mise en place de politiques ciblées en matière de migrations de travail pourrait contribuer à atténuer les pressions démographiques liées au vieillissement des sociétés. Dans les pays de l’OCDE, le ratio personnes âgées dépendantes/population en âge de travailler a ainsi doublé, passant de 14 personnes dépendantes pour 100 habitants en 1960 à 28 en 2022, une hausse particulièrement marquée dans des pays comme le Japon et l’Italie6. Les migrants, généralement plus jeunes que la population née dans le pays, pourraient aider à ralentir cette tendance, allégeant la pression sur les systèmes de retraite et stimulant la croissance, même si eux-mêmes vieillissent bien sûr aussi. Pourtant, de nombreux pays soumis à de fortes pressions démographiques sont confrontés à une hostilité croissante à l’égard de l’immigration, certains d’entre eux cherchant à réduire le nombre d’étrangers qu’ils accueillent7. Si l’immigration n’est pas amenée à augmenter dans tous les pays de l’OCDE, pour nombre d’entre eux, l’une des priorités restera toutefois de donner aux migrants et aux réfugiés de tous âges l’accès à une éducation et une formation répondant à leurs besoins. Qui plus est, l’éducation peut promouvoir l’ouverture à la diversité au sein de la population d’accueil, facilitant ainsi l’intégration des nouveaux arrivants dans les systèmes éducatifs nationaux et contribuant à faire évoluer les mentalités à l’égard des immigrés.
Graphique 2.4. Des taux de dépendance variables
Copier le lien de Graphique 2.4. Des taux de dépendance variablesTaux de dépendance des personnes âgées, OCDE et sélection de pays (1960-2022)
Note : Consulter le StatLink pour de plus amples informations.
Source : Banque mondiale (2024), « Ratio de la population inactive à la population active, personnes âgées », https://data.worldbank.org/indicator/SP.POP.DPND.OL.
Quelles conséquences pour l’éducation ?
Copier le lien de Quelles conséquences pour l’éducation ?Que peuvent faire les systèmes éducatifs pour répondre aux besoins des enfants migrants ? Comment peuvent-ils aussi reconnaître les aspirations et les expériences antérieures des migrants adultes, tout en répondant à la demande locale de main-d’œuvre et en offrant des possibilités de reconversion et de perfectionnement ?
Quel rôle l’éducation peut-elle jouer dans la promotion du respect de la diversité et la lutte contre les stéréotypes ? Comment les établissements d’enseignement peuvent-ils favoriser des attitudes inclusives et combattre les préjugés ?
Les migrations internationales sont de plus en plus multidirectionnelles, de nombreux migrants étant amenés à séjourner dans plusieurs pays. Comment les gouvernements peuvent-ils alors collaborer afin de soutenir l’éducation de ces personnes marquées par les déplacements (par exemple, en améliorant l’harmonisation des systèmes, en mobilisant les technologies numériques) ?
Un commerce mondial en mutation
Copier le lien de Un commerce mondial en mutationLes années 1990 ont marqué le début d’une nouvelle ère, celle de l’« hypermondialisation », avec une croissance rapide du commerce mondial, portée par l’essor des chaînes de valeur mondiales. En 2008, la crise financière mondiale vient toutefois porter un coup à cet élan : on commence alors à parler d’une tendance à la « démondialisation ». Ces dernières années sont également celles d’une multiplication des restrictions commerciales dans un contexte géopolitique tendu, tandis que la montée des mouvements populistes et nationalistes se nourrit du mécontentement croissant face aux conséquences de la mondialisation. Dans le même temps, le commerce des services continue, lui, de prospérer, à la faveur de la digitalisation. Comment l’éducation peut-elle alors contribuer à bâtir et mettre en œuvre un ordre économique mondial profitable à tous dans le monde, tant sur le plan individuel que collectif ?
Graphique 2.5. Ralentissement du commerce mondial, hausse des restrictions
Copier le lien de Graphique 2.5. Ralentissement du commerce mondial, hausse des restrictionsPart moyenne du commerce mondial dans le PIB ; restrictions commerciales mondiales (2009-22)
Note : Consulter le StatLink pour de plus amples informations.
Source : Banque mondiale (2024), Indicateurs du développement dans le monde, https://data.worldbank.org/indicator/NE.TRD.GNFS.ZS ; Global Trade Alert (2024), Global Trade Alert, https://www.globaltradealert.org/global_dynamics/day-to_0515/flow_all.
Après une phase d’« hypermondialisation », amorcée dans les années 1990, le commerce international a ralenti dans le sillage de la crise financière mondiale de 2008. La part du commerce mondial dans le PIB connaît ainsi une croissance rapide entre 1990 et 2008, portée par l’essor des chaînes de valeur mondiales (CVM : décomposition du processus de production en plusieurs étapes et réalisation de chacune d’elles dans différents pays)8. Depuis 2009, toutefois, la croissance du commerce marque le pas et les restrictions se multiplient, comme en atteste la hausse du nombre de politiques désavantageant les intérêts commerciaux étrangers par rapport à ceux nationaux, passées de 136 en 2010 à 364 en 2023, en partie sous l’effet des tensions géopolitiques9.
Dans le même temps, la mondialisation des échanges reste florissante dans certains secteurs. Le commerce des services s’est par exemple développé pendant les crises récentes et l’activité des CVM demeure forte. La digitalisation a permis la réduction des coûts du commerce et la mise en lien d’entreprises et de clients du monde entier. L’un des secteurs les plus dynamiques est le commerce numérique, notamment la fourniture de biens et de services en ligne (musique et films en streaming, apprentissage en ligne, par exemple), ainsi que la vente et l’achat en ligne de biens et de services physiques. Avec une croissance annuelle moyenne de 8.1 % entre 2005 et 2022, les services numériques représentent ainsi aujourd’hui 54 % des exportations totales de services10.
Si le commerce international a favorisé la prospérité et permis la baisse des prix à la consommation, il a aussi bouleversé de nombreux secteurs et causé des suppressions d’emplois, alimentant un sentiment antimondialisation (souvent exploité par les mouvements nationalistes et populistes) et soulevant des questions de fond sur son avenir11. La nécessité de lutter contre les changements climatiques et de réduire notre empreinte carbone pourrait en outre inciter certains pays à prioriser la production locale et un commerce plus régionalisé.
Face à l’impact des fluctuations des dynamiques du commerce mondial sur la demande de main-d’œuvre et de compétences, les systèmes d’éducation et de formation sont mis au défi d’intégrer ces évolutions dans leurs programmes, qualifications et parcours. Car si l’amélioration de la connectivité promet d’étendre les avantages du commerce digital, les consommateurs ont néanmoins besoin de compétences numériques pour naviguer sur Internet et les entreprises, de compétences techniques et entrepreneuriales pour innover. Garantir un accès équitable à une éducation de qualité peut alors permettre aux personnes de tous âges et horizons d’acquérir les connaissances et compétences dont elles ont besoin pour s’adapter aux évolutions du marché du travail. Plus largement, l’éducation a aussi un rôle crucial à jouer afin de doter chacun des moyens de combattre les inégalités et d’imaginer un ordre économique mondial qui puisse être profitable à tous.
Graphique 2.6. Évolution numérique du commerce
Copier le lien de Graphique 2.6. Évolution numérique du commerceCroissance du commerce numérique et non numérique (1995-2020)
Note : Les mesures commerciales préjudiciables, telles que définies par le Global Trade Alert, désavantagent les intérêts commerciaux étrangers par rapport aux intérêts nationaux.
Source : López, Sorescu et Kaynak (2023), « Of bytes and trade: Quantifying the impact of digitalisation on trade », OECD Trade Policy Papers, n° 273, https://doi.org/10.1787/11889f2a-en.
Quelles conséquences pour l’éducation ?
Copier le lien de Quelles conséquences pour l’éducation ?Quel impact peut avoir le ralentissement continu du commerce de biens au profit du commerce numérique de services sur la demande de main-d’œuvre et de compétences ? Comment l’éducation pourrait-elle alors s’adapter afin de garantir que les personnes de tous âges et horizons disposent des compétences nécessaires ?
Qu’apprennent les jeunes sur le commerce et la mondialisation à l’heure où les deux font l’objet d’une contestation croissante ? Comment l’éducation pourrait-elle les aider à imaginer un ordre économique mondial qui convienne à tous ?
Parler de véritable « démondialisation » est peut-être prématuré, mais l’évolution des dynamiques commerciales et les mesures de réduction des émissions semblent bien aller dans le sens d’une production et d’une consommation plus locales. Comment l’éducation peut-elle alors doter les communautés des compétences et ressources nécessaires à la gestion et la satisfaction de leurs besoins essentiels, comme l’énergie et l’alimentation ? À quoi pourrait ressembler un enseignement professionnel davantage axé sur le local ?
La sécurité énergétique
Copier le lien de La sécurité énergétiqueDifférents chocs mondiaux, dont la pandémie de COVID-19 et l’invasion de l'Ukraine par la Russie, ont eu de profondes répercussions sur l’approvisionnement en énergie. Les prix ont notamment flambé entre 2021 et 2022, et restent aujourd’hui supérieurs à ceux du début des années 2000. Les ménages, entreprises et services publics, éducation comprise, pourraient donc avoir à composer avec cette hausse des coûts de l’énergie dans les années à venir. Puissant rappel de l’impératif de systèmes énergétiques résilients, ces crises ont incité les pays à accroître leurs investissements dans les énergies propres avec le double objectif de se protéger contre les chocs futurs et d’atteindre les objectifs climatiques. L’éducation a un rôle clé à jouer dans la réussite de cette transition énergétique en donnant accès aux compétences adéquates, en encourageant l’innovation technologique et en créant de nouvelles opportunités pour toutes celles et tous ceux qui doivent quitter l’industrie des combustibles fossiles.
Graphique 2.7. Un choc énergétique
Copier le lien de Graphique 2.7. Un choc énergétiqueIndice mondial des prix de l'énergie (1992-2024)
Note : Juillet 2016 = 100. Valeurs pour chaque mois entre janvier 1992 et décembre 2023.
Source : FMI (2024), Indice des prix des matières premières, https://data.imf.org/?sk=471dddf8-d8a7-499a-81ba-5b332c01f8b9.
Le début des années 2020 a été marqué par une forte hausse des prix de l’énergie. La pandémie de COVID-19 a causé des perturbations persistantes de la chaîne d’approvisionnement, tandis que la levée des restrictions de confinement s’est suivie d’une envolée de la demande. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a entraîné de nouvelles limitations de l’approvisionnement, notamment en pétrole et en gaz. Les prix du gaz et de l’électricité en Europe et en Asie ont atteint des sommets historiques en 2022, et ceux du gaz aux États-Unis ont, à leur niveau le plus élevé, triplé. Un choc énergétique qui a entraîné une poussée d’inflation et alimenté une crise du coût de la vie pénalisant le plus lourdement les bas salaires12. Malgré une baisse depuis leur pic de 2022, les cours de l’énergie restent plus élevés qu’avant la pandémie et avant la crise financière mondiale de 200813. Les prix inférieurs des années 1990 et du début des années 2000 appartiennent-ils donc définitivement au passé ?
Les crises récentes ont mis en évidence les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement énergétique et accéléré les efforts de diversification des sources d’énergie. Déjà en hausse avant 2020, les investissements dans les énergies propres ont ainsi dépassé les investissements dans les combustibles fossiles dès 2016. Cette évolution reflète une prise de conscience de plus en plus forte de la nécessité d’agir face aux changements climatiques, mais aussi d’autres facteurs, comme la compétitivité croissante des énergies renouvelables par rapport aux combustibles fossiles. Le soutien des pouvoirs publics joue en outre un rôle clé, avec par exemple l’adoption de plans de relance post-COVID-19 et d’initiatives de croissance verte dans des économies telles que les États-Unis, l’Union européenne (UE), la Chine et le Japon, qui ont insufflé un nouvel élan à l’investissement. En atteste la hausse des investissements mondiaux dans les énergies propres, de près de 30 % entre 2020 et 2022. Cette dynamique est toutefois portée par les économies avancées et la Chine, et les investissements dans les combustibles fossiles restent supérieurs à ceux dans les énergies propres dans certaines régions du monde14.
La fin de l’ère de l’énergie bon marché, si elle se confirme, va mettre à rude épreuve les budgets des établissements d’enseignement et autres lieux d’apprentissage, qui n’auront d’autre choix que de sacrifier des dépenses de personnel et de matériel pour payer leurs factures d’énergie. Si plusieurs gouvernements ont apporté à ces établissements un soutien à court terme afin de les aider à amortir le récent choc énergétique, l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments scolaires reste le seul gage d’une réduction de leurs dépenses à long terme et d’une progression sur la voie de la durabilité. L’éducation a par ailleurs un rôle clé à jouer dans la réussite d’une transition énergétique rapide et équitable en veillant à l’adéquation de l’offre de compétences et d’innovations face à la diversification du secteur énergétique, tout en donnant aux travailleurs de l’industrie des combustibles fossiles des possibilités de perfectionnement ou de reconversion.
Graphique 2.8. La transition énergétique
Copier le lien de Graphique 2.8. La transition énergétiqueInvestissements mondiaux dans les énergies propres et les combustibles fossiles (2015-23)
Note : Prix aux taux de change du marché de 2023.
Source : AIE (2024), World Energy Investment 2024, https://www.iea.org/reports/world-energy-investment-2024.
Quelles conséquences pour l’éducation ?
Copier le lien de Quelles conséquences pour l’éducation ?Comment améliorer la résilience des infrastructures éducatives face à la hausse des coûts de l’énergie et aux futurs chocs de la chaîne d’approvisionnement ? Quels mécanismes pourraient assurer les financements suffisants pour moderniser les infrastructures éducatives, améliorer leur efficacité énergétique et assurer leur durabilité ?
La crise du coût de la vie touche aussi bien les professionnels de l’éducation que leurs élèves. Quelles mesures pourraient atténuer l’impact des chocs futurs sur leur qualité de vie ?
Quels programmes d’éducation et de formation mettre en place pour doter les apprenants des compétences indispensables à la transition énergétique ? Quelles mesures ciblées pourraient accompagner la reconversion ou le perfectionnement de celles et ceux contraints de quitter l’industrie des combustibles fossiles ?
La coopération contre les changements climatiques
Copier le lien de La coopération contre les changements climatiquesÀ l’heure où vagues de chaleur, inondations, incendies de forêt et autres phénomènes météorologiques extrêmes sont de plus en plus fréquents et violents, les impacts des changements climatiques se font plus que jamais sentir sur nos vies et les ressources de la planète. Face à ce défi mondial, une coopération internationale s’impose et se met peu à peu en place dans le cadre de traités multilatéraux comme l’Accord de Paris. Cependant, les politiques et engagements actuels sont loin d’être suffisants pour éviter les pires conséquences des changements climatiques. Certaines de leurs répercussions sont d’ailleurs déjà inévitables. Le secteur de l’éducation doit donc s’adapter à un monde où les conditions météorologiques extrêmes sont désormais la norme.
Graphique 2.9. Surchauffe
Copier le lien de Graphique 2.9. SurchauffePourcentage de la population exposée à des températures maximales dépassant 35°C, selon le nombre de semaines par an, pays membres et partenaires de l’OCDE (1979-2022)
Note : Consulter le StatLink pour de plus amples informations.
Source : OCDE (2023), L'Observateur de l'action climatique 2023, https://doi.org/10.1787/c9afa06c-fr.
Les changements climatiques modifient déjà notre mode de vie, avec des phénomènes météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents et dévastateurs. Dans les pays membres et partenaires de l’OCDE, la proportion de personnes ayant subi plus de deux semaines de canicule par an a par exemple bondi de 45 % au cours de la période 2013-22 par rapport à 1983-9215. Début 2024, chaque mois de l’année écoulée avait établi un nouveau record de température, les vagues de chaleur, inondations et ouragans provoquant des perturbations et dégâts généralisés16. Le coût des changements climatiques ne cesse ainsi de croître, comme en attestent les pertes économiques quotidiennes moyennes dues aux conditions météorologiques, climatiques et hydrologiques extrêmes, qui se chiffraient dans les années 2010 à près de huit fois celles enregistrées dans les années 197017.
Les changements climatiques font peser une menace mondiale sur les vies humaines, les moyens de subsistance et la stabilité sociale et économique. Ils impactent chaque pays de manière différente, mais tous y contribuent, à des degrés divers. La lutte contre cette crise climatique impose donc une action internationale coordonnée, qui semble prendre forme et se renforcer. L’adoption de politiques climatiques internationales est ainsi en hausse sur la période 2013-22 dans les pays membres et partenaires de l’OCDE, nombre d’entre elles devenant même plus strictes. Citons ainsi des traités comme l’Accord de Paris, qui créent une compréhension commune du problème et identifient des solutions concrètes, mais aussi le financement public international de l’action climatique, ainsi que des cadres communs de collecte et de communication des données qui permettent de mesurer les progrès accomplis18.
Cette action climatique diffère toutefois d’un pays à l’autre. Les chocs géopolitiques et économiques ont ainsi conduit certains gouvernements à revenir sur leurs engagements environnementaux, tandis que d’autres, dotés de politiques climatiques plus solides, ont au contraire intensifié leurs efforts19. Parallèlement, le débat public sur les changements climatiques se politise de plus en plus et les mouvements climato-sceptiques compliquent la réalisation de l’objectif de neutralité carbone. Faisant certes l’objet d’une attention considérable dans les médias, ces mouvements restent toutefois nettement moins importants que ceux en faveur d’une action climatique, plus de 70 % des adultes des pays du G20 estimant aujourd’hui que le monde doit prendre des mesures fortes de réduction immédiate des émissions durant la prochaine décennie20.
Face à l’inéluctabilité de certains impacts climatiques, les gouvernements, les ménages et les services publics tels que l’éducation doivent s’adapter aux conditions météorologiques extrêmes et aux autres risques. Car les inondations, incendies de forêt et tempêtes peuvent endommager les bâtiments scolaires et nécessiter leur fermeture, tandis que la hausse des températures rend plus difficile l’apprentissage. L’évaluation des risques climatiques propres à chaque région, ainsi que la préparation des infrastructures éducatives et des communautés, peuvent alors contribuer à limiter ces dommages et perturbations.
Graphique 2.10. Un pour tous, tous pour un
Copier le lien de Graphique 2.10. Un pour tous, tous pour unMise en œuvre de politiques climatiques internationales, pays membres et partenaires de l’OCDE (2010-22)
Note : Consulter le StatLink pour de plus amples informations.
Source : Nachtigall et al (2022), « Climate actions and policies measurement framework », OECD Environment Working Papers, n° 203, https://doi.org/10.1787/2caa60ce-en.
Quelles conséquences pour l’éducation ?
Copier le lien de Quelles conséquences pour l’éducation ?Comment le rôle de l’éducation est-il pris en compte dans les politiques climatiques nationales et internationales ? Quel alignement existe-t-il entre ces politiques et les objectifs et programmes éducatifs ?
Quel rôle les apprenants et le personnel éducatif peuvent-ils jouer en faveur de l’adaptation et de la résilience climatiques ? Quelles formations et autres ressources pourraient les aider dans cette démarche ?
Quels investissements infrastructurels sont nécessaires pour garantir la résistance des établissements d’enseignement aux impacts climatiques et leur contribution à la résilience des communautés qui les entourent ? Comment les gouvernements peuvent-ils prioriser le financement des établissements d’enseignement des zones les plus vulnérables aux phénomènes météorologiques extrêmes ?
La collaboration scientifique mondiale et l’innovation technologique
Copier le lien de La collaboration scientifique mondiale et l’innovation technologiqueLes avancées scientifiques et technologiques peuvent contribuer à relever tout un ensemble de défis sociaux, économiques et environnementaux mondiaux, mais ne peuvent se concrétiser sans l’échange international de connaissances, de ressources et de talents. Or, malgré le développement de la collaboration scientifique, les tensions géopolitiques et les dépendances commerciales à l’égard de matières premières critiques menacent l’innovation et la durabilité. La pandémie de COVID-19 a pourtant montré l’importance des partenariats scientifiques mondiaux, mais les inquiétudes autour de la sécurité de la recherche se font de plus en plus pressantes. L’éducation a ici un rôle crucial à jouer en mettant en place les cadres éthiques, les objectifs communs et les compétences gages de progrès scientifiques et technologiques au profit de l’humanité et de notre planète, mais aussi de collaboration et de sécurité préservées.
Graphique 2.11. Essor de la collaboration dans le domaine de la recherche
Copier le lien de Graphique 2.11. Essor de la collaboration dans le domaine de la recherchePourcentage de publications scientifiques impliquant des auteurs de différents pays, OCDE (2008 et 2022)
Note : Consulter le StatLink pour de plus amples informations.
Source : OCDE (2024), Science, technologie et innovation : Tableau de bord de l'OCDE (base de données), https://www.oecd.org/en/data/datasets/science-technology-and-innovation-scoreboard.html.
Les découvertes scientifiques et technologiques indispensables pour relever les défis mondiaux que posent les changements climatiques, la santé publique et la sécurité alimentaire, entre autres, ne peuvent se faire sans l’échange mondial de connaissances, de talents, de ressources et d’infrastructures. La pandémie de COVID-19 nous en a apporté la preuve irréfutable : ce sont les plateformes ouvertes de partage de données et les partenariats de recherche qui ont permis d’accélérer les progrès en matière de diagnostic, de traitement et de vaccination. Entre 2008 et 2022, le pourcentage de publications scientifiques impliquant une collaboration internationale a d’ailleurs augmenté dans la plupart des pays de l’OCDE, pointant le rôle clé de la coopération mondiale dans l’avancement des connaissances humaines21.
De nombreuses économies de l’OCDE sont en outre tributaires des importations pour atteindre leurs objectifs stratégiques dans des domaines clés comme la sécurité, la santé et les transitions numérique et verte. Les matières premières indispensables aux technologies vertes, par exemple, se concentrent en effet dans certaines régions : la Chine fournit ainsi environ 60 % du graphite mondial, essentiel pour les batteries des véhicules électriques, en plus de dominer la transformation de nombreux matériaux critiques ; et la République démocratique du Congo fournit de son côté environ 70 % du cobalt mondial, matériau incontournable de la production des batteries, des piles à combustible et de l’énergie éolienne. Or, les restrictions à l’exportation de ces matériaux sont en forte hausse depuis 2009, faisant grimper les coûts et limitant l’accès, tandis que les tensions géopolitiques exacerbent ces problématiques22.
Une évolution des dynamiques géopolitiques qui n’est en outre pas sans conséquences sur la collaboration internationale pour la recherche. Pendant la crise du COVID-19, les chercheurs de différents pays avaient collaboré indépendamment des positions géopolitiques et idéologiques de leurs gouvernements respectifs. Mais, depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, plusieurs instituts de recherche des pays de l’OCDE ont coupé les liens avec leurs homologues russes et proposé d’accueillir les scientifiques ukrainiens réfugiés23.
On s’inquiète par ailleurs de plus en plus des risques d’ingérence de gouvernements étrangers ou d’acteurs non étatiques dans la recherche (vol de propriété intellectuelle, violation de confidentialité lors d’examens par les pairs, ou encore coercition de chercheurs étrangers, par exemple), qui menaceraient la sécurité économique ou nationale. Le défi se pose alors d’assurer la sécurité de la recherche par des mesures de protection des écosystèmes de recherche et des intérêts nationaux, tout en permettant le bon développement d’une collaboration scientifique ouverte et d’une véritable liberté académique24. L’éducation a également ici un rôle crucial à jouer en promouvant les cadres éthiques, les objectifs communs et les compétences gages de progrès scientifiques et technologiques profitables tant à l’humanité dans son ensemble qu’à notre planète.
Graphique 2.12. Hausse des restrictions à l’exportation de matières premières critiques
Copier le lien de Graphique 2.12. Hausse des restrictions à l’exportation de matières premières critiquesRestrictions mondiales à l’exportation de matières premières indispensables à une transition verte (2009-20)
Note : Consulter le StatLink pour de plus amples informations.
Source : Kowalski et Legendre (2023), « Raw materials critical for the green transition: Production, international trade and export restrictions », OECD Trade Policy Papers, n° 269, https://doi.org/10.1787/c6bb598b-en.
Quelles conséquences pour l’éducation ?
Copier le lien de Quelles conséquences pour l’éducation ?La science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques sont essentielles pour faire face à la crise climatique et à bien d’autres défis mondiaux, mais ne peuvent, à elles seules, impulser les transformations sociales et économiques également indispensables. Quelles autres compétences et connaissances sont alors nécessaires, et comment l’éducation dans toutes les disciplines peut-elle accompagner ces transformations ?
Les tensions géopolitiques mettent les établissements d’enseignement supérieur sous pression pour qu’ils limitent les collaborations de recherche et l’entrée d’étudiants étrangers. Quelles en sont les répercussions sur leur financement ? Comment, du côté des gouvernements, trouver le juste équilibre entre collaboration ouverte et réglementations protectrices mais restrictives ?
Comment l’éducation peut-elle permettre de développer l’esprit critique et l’éthique indispensables pour aborder les enjeux environnementaux et sociaux des progrès technologiques, tels que les déchets électroniques et la dépendance aux ressources ?
Conflit et coopération dans le monde : à quoi ressemblera demain ?
Copier le lien de Conflit et coopération dans le monde : à quoi ressemblera demain ?Les conflits mondiaux se multiplient, tandis que les dynamiques du commerce international, de la mobilité et de la collaboration sont en pleine mutation. Dans le même temps, les impacts des changements climatiques et l’impératif d’éviter les catastrophes futures et d’y résister façonnent déjà notre présent. Ces grandes tendances sont-elles amenées à s’inscrire sous le signe de la continuité, de la transformation ou de la rupture ? Quelle incidence pourraient-elles avoir sur l’avenir de l’éducation dans chacune de ces éventualités ? Pour tenter d’y répondre, cette section présente plusieurs hypothèses d’avenir sous la forme de trois scénarios. Ceux-ci s’accompagnent de témoignages fictifs de différentes catégories d’acteurs de l’éducation mettant en lumière les opportunités, défis et tensions qu’ils rencontrent dans chacun d’eux. Les scénarios présentés ici n’ont pas valeur de prédiction ; ils se veulent une invitation à une réflexion sur l’avenir afin de permettre une action en conscience, dès à présent.
De la réflexion à l’action
Notes et sources
Copier le lien de Notes et sourcesNotes
Copier le lien de Notes← 1. Davies, S., T. Pettersson et M. Öberg (2023), « Organized violence 1989–2022, and the return of conflict between states », Journal of Peace Research, vol. 60/4, pp. 691-708, https://doi.org/10.1177/00223433231185169.
← 2. SIPRI (2024), SIPRI Military Expenditure Database, Stockholm International Peace Research Institute, https://doi.org/10.55163/cqgc9685.
← 3. OCDE (2023), Perspectives des migrations internationales 2023, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/87c79978-fr.
← 4. IDMC (2024), Global Internal Displacement Database, https://www.internal-displacement.org/database/displacement-data/.
← 5. OCDE (2023), Perspectives des migrations internationales 2023, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/87c79978-fr.
← 6. Banque mondiale (2024), « Ratio de la population inactive à la population active, personnes âgées » (indicateur), https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SP.POP.DPND.OL?locations=OE-XM-EU-US-JP-XP.
← 7. Peri, G. (2020), Immigrant Swan Song, https://www.imf.org/en/Publications/fandd/issues/2020/03/can-immigration-solve-the-demographic-dilemma-peri.
← 8. Banque mondiale (2024), « Commerce de marchandises (% du PIB) » (indicateur), https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NE.TRD.GNFS.ZS (consulté le 27 septembre 2024).
← 9. Global Trade Alert (2024), Global Trade Alert (base de données), https://www.globaltradealert.org/global_dynamics/day-to_0515/flow_all (consulté le 15 octobre 2024).
← 10. FMI et al. (2023), Digital Trade for Development, Publications de l’OMC, https://www.wto.org/english/res_e/booksp_e/dtd2023_e.pdf.
← 11. Mansfield, E. et J. Pevehouse (2022), « Nationalism, Populism, and Trade Agreements », International Studies Review, vol. 24/2, https://doi.org/10.1093/isr/viac016.
← 12. Hemmerlé, Y. et al. (2023), « Aiming better: Government support for households and firms during the energy crisis », OECD Economic Policy Papers, n° 32, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/839e3ae1-en.
← 13. FMI (2024), Indice des prix des produits de base (indicateur), https://data.imf.org/?sk=471dddf8-d8a7-499a-81ba-5b332c01f8b9 (consulté le 30 septembre 2024).
← 14. AIE (2024), World Energy Investment 2024, AIE, https://www.iea.org/reports/world-energy-investment-2024.
← 15. OCDE (2023), L'Observateur de l'action climatique 2023 : Information sur le chemin parcouru vers la neutralité carbone, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/c9afa06c-fr.
← 16. Copernicus (2024), May 2024 marks 12 months of record-breaking global temperatures, https://climate.copernicus.eu/may-2024-marks-12-months-record-breaking-global-temperatures.
← 17. OMM (2021), Atlas de la mortalité et des pertes économiques dues à des phénomènes météorologiques, climatiques et hydrologiques extrêmes, OMM, Genève, https://library.wmo.int/records/item/55396-atlas-de-la-mortalite-et-des-pertes-economiques-dues-a-des-phenomenes-meteorologiques-climatiques-et-hydrologiques-extremes-1970-2019?language_id=13&back=&offset=.
← 18. Nachtigall, D. et al. (2022), « The climate actions and policies measurement framework: A structured and harmonised climate policy database to monitor countries’ mitigation action », OECD Environment Working Papers, n° 203, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/2caa60ce-en.
← 19. OCDE (2023), L'Observateur de l'action climatique 2023 : Information sur le chemin parcouru vers la neutralité carbone, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/c9afa06c-fr.
← 20. OCDE (à paraître), Empowered Citizens, Informed Consumers and Skilled Workers: Designing Education and Skills Policies for a Sustainable Future, Éditions OCDE, Paris.
← 21. OCDE (2022), « Intégrité et sécurité dans l’écosystème mondial de la recherche », OECD Science, Technology and Industry Policy Papers, n° 130, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/39ee9438-fr ; OCDE (2024), Science, technologie et innovation : Tableau de bord de l'OCDE (base de données), https://www.oecd.org/fr/data/datasets/science-technology-and-innovation-scoreboard.html.
← 22. Kowalski, P. et C. Legendre (2023), « Raw materials critical for the green transition: Production, international trade and export restrictions », OECD Trade Policy Papers, n° 269, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/c6bb598b-en.
← 23. OCDE (2022), « Intégrité et sécurité dans l’écosystème mondial de la recherche », OECD Science, Technology and Industry Policy Papers, n° 130, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/39ee9438-fr.
← 24. OCDE (2022), « Intégrité et sécurité dans l’écosystème mondial de la recherche », OECD Science, Technology and Industry Policy Papers, n° 130, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/39ee9438-fr.