Ce chapitre s’intéresse aux questions de l’expression et de la représentation dans la sphère politique, mais aussi dans les arts, les médias et en ligne. Dans les démocraties du monde entier, la participation électorale recule, en particulier chez les jeunes, signe du désaveu croissant des processus politiques traditionnels. Pourtant, leur mobilisation toujours plus forte autour des grands enjeux de notre temps donne au contraire à voir une jeunesse qui, loin d’être apathique, s’affirme en quête de nouvelles formes d’expression. Différents mouvements ont ainsi vu le jour à travers le monde qui, libérant la parole sur les inégalités d’expression et de représentation, remettent en question des déséquilibres historiques. Dans le même temps, la montée des populismes témoigne d’une polarisation croissante des valeurs, tandis que la prolifération de la désinformation et le recul de la liberté de la presse rappellent avec force l’importance d’une éducation aux médias et à une citoyenneté numérique responsable. La digitalisation comporte certes son lot de défis, mais est aussi source d’autant d’opportunités, pouvant notamment favoriser la diversité linguistique et renforcer les expressions culturelles locales, tout en soutenant diverses formes d’expression personnelle. C’est ici que l’éducation a un rôle essentiel à jouer, en donnant à chacun les moyens d’aborder les enjeux qui les animent et en promouvant ainsi une citoyenneté pleinement active. Sans oublier la sphère virtuelle, où elle peut contribuer à promouvoir une culture de citoyenneté numérique responsable, conciliant liberté d’expression et devoir de vérité et de respect, et veiller à ce que chacun soit en mesure de bien faire la distinction entre réalité et fiction.
Les grandes mutations qui transforment l’éducation 2025
4. Voix et narratifs
Copier le lien de 4. Voix et narratifsInfographie 4.1. Voix et narratifs – Points forts du chapitre
Copier le lien de Infographie 4.1. Voix et narratifs – Points forts du chapitre
La démocratie et ses malaises
Copier le lien de La démocratie et ses malaisesDans les démocraties du monde entier, la participation électorale ne cesse de reculer depuis les années 1960, en particulier chez les jeunes, signe de l’insatisfaction croissante face aux processus démocratiques existants. Ce désaveu de l’expression par les urnes s’accompagne toutefois d’une mobilisation toujours plus forte autour de sujets comme la justice économique, les changements climatiques et les droits civiques, emmenée par une jeunesse qui s’avère donc loin d’être apathique. Comment l’éducation peut-elle alors donner à chacun, quel que soit son âge, les moyens d’aborder efficacement les enjeux qui les animent ?
Graphique 4.1. Le déclin de la démocratie ?
Copier le lien de Graphique 4.1. Le déclin de la démocratie ?Taux de participation aux élections législatives par région du monde (1960-2023)
Note : Chaque point de données représente la moyenne lissée de toutes les élections de la région concernée au cours des cinq années entourant l’année indiquée. L’année 2020 comprend les données des années 2015-23.
Source : International IDEA (2024), « Voter Turnout Database » (base de données), https://www.idea.int/data-tools/data/voter-turnout-database.
La participation électorale n’a cessé de diminuer dans toutes les régions depuis les années 1960. Elle a ainsi chuté, en moyenne mondiale, de quelque 12 points de pourcentage entre le début des années 1960 et 2020, année où elle s’établissait à environ 65 %. L’Europe et l’Océanie enregistrent les baisses les plus marquées, avec un recul moyen de plus de 21 points de pourcentage1. Aux côtés des niveaux de revenu et d’éducation, l’âge reste l’un des facteurs prédictifs les plus fiables de cette participation, avec une jeunesse moins encline à voter. En 2020, moins de la moitié des jeunes de 15 à 29 ans ayant le droit de vote, interrogés dans 37 pays européens, déclaraient ainsi l’avoir exercé lors des élections nationales, contre 72 % de leurs aînés âgés de 50 ans et plus2.
Ce recul de la participation électorale s’accompagne d’une insatisfaction croissante à l’égard de la démocratie. D’après les données d’enquête de 77 pays, la proportion de personnes se disant « insatisfaites » de l’état de la démocratie a ainsi fait un bond de près de dix points de pourcentage entre 1996 et 2020, passant de 48 % à 58 %. Cette insatisfaction est par ailleurs plus marquée chez les jeunes générations que parmi leurs aînés, un fossé générationnel faisant écho à celui de la participation électorale3.
Plusieurs sources font néanmoins état d’une récente montée en puissance de la mobilisation citoyenne à travers le monde, nuançant donc le tableau précédemment brossé4. Un ensemble de données confirme ainsi la hausse du nombre annuel de grandes manifestations, de 73 en 2006 à 251 en 2020, autour d’enjeux variant au fil du temps : à la suite de la crise financière mondiale de 2008, ce sont ainsi la justice économique et la lutte contre l’austérité qui deviennent les thèmes dominants, sur fond de malaise généralisé face aux inégalités ; depuis 2016, la défense des droits des indigènes, des minorités et des femmes prend de plus en plus d’ampleur ; et plus récemment encore, les données pointent la montée de la cause climatique5. Les technologies de communication numérique sont devenues un outil essentiel de l’organisation de ces mobilisations, leur permettant en outre d’élargir leur portée au monde entier6.
La multiplication des mobilisations citoyennes et le recul de la participation électorale semblent signer l’incapacité de la politique traditionnelle, dans son fonctionnement actuel, à accomplir sa mission d’accompagnement. De ce point de vue, le désengagement apparent des jeunes pourrait donc moins résulter de leur apathie que de leur manque de confiance dans le système ou de leur conviction que les élections n’ont pas de réel impact. La proportion de mobilisations menées par des groupes de jeunes et d’étudiants est d’ailleurs passée de 9 % entre 2006 et 2010 à 15.5 % entre 2016 et 2020, attestant bien du réel intérêt de la jeunesse pour de nombreuses causes7. Il est établi que les personnes qui ont le sentiment d’avoir voix au chapitre dans les décisions publiques tendent à faire davantage confiance aux institutions. Les formes participatives et délibératives de démocratie, qui permettent une contribution concrète des citoyens aux décisions, pourraient donc aider à inverser la baisse de confiance observée ces derniers temps8. Un enseignement formel des grands enjeux civiques, un climat scolaire ouvert encourageant l’esprit critique, ainsi que la possibilité de prendre part à l’évolution de son établissement d’enseignement et de sa communauté, peuvent en outre contribuer à prouver que le processus politique n’est pas vain et qu’il est bel et bien possible pour chacun de nous d’apporter sa pierre à l’édifice9.
Graphique 4.2. Nous vaincrons !
Copier le lien de Graphique 4.2. Nous vaincrons !Principales mobilisations dans le monde, par grief/revendication (2006-20)
Source : Ortiz et al (2021), « An Analysis of World Protests 2006-2020 », https://doi.org/10.1007/978-3-030-88513-7_2.
Quelles conséquences pour l’éducation ?
Copier le lien de Quelles conséquences pour l’éducation ?Comment l’éducation peut-elle promouvoir une citoyenneté active et éclairée, tout en prenant acte des préoccupations légitimes concernant le fonctionnement démocratique ? Au-delà de leur mission d’enseignement, comment les structures éducatives peuvent-elles faire vivre pleinement la démocratie en leur sein et au niveau local (en encourageant par exemple le dialogue intergénérationnel et interculturel) ?
Comment l’éducation peut-elle aider chacun à comprendre la relation entre les processus politiques formels et les mobilisations ou contestations populaires ? Comment, du côté des enseignants, donner une vision équilibrée des différentes formes de participation civique tout en s’appuyant sur les intérêts citoyens de leurs élèves ?
Dans quelle mesure l’accès à l’éducation civique et les possibilités d’expression et d’engagement citoyen des élèves varient-ils en fonction de leur milieu socio-économique, de leur sexe, de leur statut au regard de l’immigration et du fait qu’ils aient ou non un handicap ou des besoins éducatifs particuliers ? Comment améliorer l’inclusivité de ces activités ?
Défier les canons : des voix diverses dans un monde globalisé
Copier le lien de Défier les canons : des voix diverses dans un monde globaliséFace à l’essor des technologies numériques et des industries culturelles mondialisées, nombreux sont ceux à s’inquiéter de la survie des identités locales. Cependant, il semblerait aussi que la digitalisation favorise la diversité linguistique en ligne et renforce les expressions culturelles locales dans des domaines comme la musique. Des mouvements comme #MeToo et Black Lives Matter ont libéré la parole sur les inégalités d’expression et de représentation dans notre monde globalisé, remettant en question des déséquilibres historiques, notamment dans la sphère culturelle et les plus hautes distinctions comme le prix Nobel de littérature. L’éducation a ici un rôle clé à jouer : celui d’encourager la diversité de ces voix, dans toute leur richesse culturelle et linguistique.
Graphique 4.3. Défier les canons
Copier le lien de Graphique 4.3. Défier les canonsRépartition des prix Nobel de littérature, par sexe et région du monde (1900-2024)
Source : Calculs de l’OCDE à partir de The Nobel Prize (2024), « All Nobel Prizes in Literature », https://www.nobelprize.org/prizes/lists/all-nobel-prizes-in-literature/.
Dans le paysage culturel mondial actuel, s’assurer de la bonne représentation de chacun, dans toute sa diversité, reste un défi de taille. Des mouvements comme #MeToo ou Black Lives Matter, et l’essor des perspectives décoloniales, libèrent toutefois la parole sur ces inégalités d’expression et de représentation. Parmi les nombreuses remises en question, celle par exemple du manque de diversité des lauréats du prix Nobel de littérature : depuis 1900, 71 % sont originaires d’Europe, cinq seulement d’Afrique et un d’Océanie ; les hommes y sont par ailleurs encore presque six fois plus nombreux que les femmes, même si des progrès ont été faits depuis les années 1970 et 1980, où aucune femme ne se voyait accorder cet honneur, et même plus encore depuis 2020, avec deux femmes parmi les lauréats de ces quatre dernières années10.
La mondialisation des arts et des divertissements, ainsi que l’essor d’Internet, font craindre un affaiblissement des cultures locales sous l’influence des géants de la culture. Divers éléments semblent toutefois indiquer que la diversité linguistique en ligne progresse et que la digitalisation pourrait, loin de les détruire, renforcer les cultures locales. Ces dernières années, les internautes préfèrent ainsi les éditions nationales de Wikipédia à celles anglaise, russe ou française dans 14 pays. Une évolution qui, dans certains cas, reflète le déclin de l’influence des puissances historiquement dominantes. Parallèlement, la proportion de rédacteurs dans les dix langues les plus populaires de Wikipédia est en baisse, tandis que celle de rédacteurs dans les « autres » langues est en plein essor. L’anglais reste toutefois dominant, comptant encore pour environ 40 % des contributions à Wikipédia11.
Dans l’industrie musicale, la domination mondiale des artistes anglophones est remise en question par ceux qui se produisent en langues locales. Ainsi, alors qu’en 2013, tous les artistes de la liste des dix ayant vendu le plus de disques, établie par la Fédération internationale de l’industrie phonographique, se produisaient en anglais, en 2022, cette proportion avait diminué de moitié12. Dans plusieurs pays européens, le nombre d’artistes nationaux en tête des hit-parades de fin d’année a également augmenté entre 2012 et 2022, tandis que celui des artistes anglophones diminuait13.
Parmi les raisons de cette évolution pourrait figurer l’essor du streaming musical, qui offre aux consommateurs un plus grand choix et incite les maisons de disques internationales à investir dans les talents locaux14. Toutefois, le paysage du streaming reste dominé par de grandes sociétés d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Nord, et les modèles de rémunération des artistes avantagent les plus célèbres, nombre des autres peinant donc à gagner un revenu viable. Se pose alors l’importante question de la création de plateformes de streaming et de modèles de rémunération qui soutiendraient les artistes moins célèbres ou nouveaux sur la scène musicale15.
La langue anglaise continue d’exercer une influence considérable : les gens voudront donc toujours l’utiliser, que ce soit pour apprendre, consommer ou créer. Néanmoins, les consommateurs font aussi preuve d’un net attrait pour les contenus dans leur propre langue et, de plus en plus, pour une expression mondiale plus diversifiée. Face à cette demande, l’éducation artistique et linguistique joue un rôle clé, elle qui peut veiller à nourrir la flamme des cultures locales dans notre monde de plus en plus globalisé.
Graphique 4.4. Faire vivre sa langue
Copier le lien de Graphique 4.4. Faire vivre sa langueRépartition des rédacteurs de Wikipédia par langue (2001-24)
Source : WikiMedia Commons (2024), « Wikipedia editors by language over time », https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Wikipedia_editors_by_language_over_time.png.
Quelles conséquences pour l’éducation ?
Copier le lien de Quelles conséquences pour l’éducation ?L’enseignement des arts, de la littérature et de la musique est souvent vu comme un maillon essentiel de la conservation du patrimoine culturel, lui qui assure la transmission des langues, des cultures et des identités. Comment lui permettre d’assurer cette mission tout en remédiant aux déséquilibres historiques, en reflétant les perspectives des minorités et en incluant des voix de tous horizons ?
Quel est l’impact des activités en ligne et de la consommation culturelle des élèves sur leur créativité, leur expression personnelle, leur choix de langues étrangères et leur façon d’apprendre ? Comment les enseignants peuvent-ils capitaliser sur ces centres d’intérêt ?
Comment les progrès de l’IA et des technologies de traduction pourraient-ils transformer l’enseignement et l’apprentissage des langues étrangères ? Comment garantir alors que l’apprentissage des langues reste pertinent ?
Diviser pour mieux régner ? Populisme et polarisation
Copier le lien de Diviser pour mieux régner ? Populisme et polarisationCertains pensaient que la mondialisation favoriserait la diffusion des valeurs libérales et progressistes dans le monde entier. Et pourtant, un fossé grandissant se creuse entre les pays sur des questions de société comme l’orientation sexuelle, l’avortement ou encore l’importance de l’obéissance des enfants. Une polarisation de plus en plus marquée des valeurs s’observe en outre au sein même des pays, les partis populistes, d’extrême gauche et d’extrême droite récoltant toujours plus de voix aux élections. Si l’éducation civique peut contribuer à rétablir la confiance dans la démocratie, il sera en revanche bien plus complexe de s’attaquer aux facteurs sociaux et économiques à l’origine de la montée du populisme et, pour les éducateurs, de s’atteler à leur mission de promouvoir la cohésion sociale dans des sociétés de plus en plus divisées.
Graphique 4.5. Un « fossé des valeurs » grandissant
Copier le lien de Graphique 4.5. Un « fossé des valeurs » grandissantAdhésion moyenne exprimée aux « valeurs émancipatrices », par région du monde (1981-2022)
Note : Les valeurs émancipatrices privilégient la liberté individuelle par rapport à la conformité au groupe. Ce graphique représente la moyenne normalisée de l’adhésion à sept items de l’Enquête mondiale sur les valeurs en sept points temporels distincts. Tous les items sont codés de sorte qu’un score plus élevé sur l’indice des valeurs émancipatrices reflète un degré d’adhésion plus élevé.
Source : Jackson and Medvedev (2024), « Worldwide divergence of values », https://doi.org/10.1038/s41467-024-46581-5.
Alors que certains prédisaient que la mondialisation amènerait les habitants des quatre coins de la planète à adopter des positions de plus en plus similaires sur les questions de société, les enquêtes montrent au contraire que le fossé se creuse entre les régions du monde concernant l’adhésion aux « valeurs émancipatrices ». Ces valeurs, qui privilégient la liberté individuelle par rapport à la conformité au groupe, guident le positionnement sur des questions comme l’orientation sexuelle, l’avortement ou encore l’importance de l’obéissance des enfants. D’après les données d’enquête, si l’adhésion à ces valeurs émancipatrices est en hausse en Océanie, en Europe et dans les Amériques, elle reste en revanche relativement stable en Asie, et recule en Afrique16.
L’évolution des soutiens aux partis politiques met en évidence une polarisation également croissante au sein des pays. Dans 31 démocraties européennes, la part cumulée de voix recueillies par les partis populistes, d’extrême gauche et d’extrême droite est ainsi passée d’environ 12 % au début des années 1990 à 30 % en 2022. Pour les partis populistes, la société se divise en deux camps antagonistes, par exemple le « peuple pur » et « l’élite corrompue », et la politique doit être l’expression générale de la volonté du « peuple ». Depuis la crise des réfugiés de 2015, on observe une augmentation notable des votes en faveur des partis populistes d’extrême droite, qui conjuguent populisme et hostilité envers les migrants et les minorités. Les partis populistes d’extrême gauche ont également le vent en poupe et combinent, eux, populisme et critique des structures économiques dominantes17. Deux formes de populisme qui séduisent de plus en plus de jeunes électeurs, en particulier dans les pays où la jeunesse fait part d’une plus grande insatisfaction à l’égard de la démocratie18.
Or, l’éducation a le potentiel de rétablir la confiance dans la démocratie en donnant à chacun les moyens de peser dans les prises de décision au sein de sa communauté et au-delà. S’attaquer à certains des autres facteurs qui sous-tendent la montée du populisme peut en revanche s’avérer plus complexe. Dans de nombreux pays, les inégalités intergénérationnelles en matière de logement, d’emploi et de rémunération ont ainsi renforcé le soutien des jeunes aux populistes, qui promettent de solutionner tous ces problèmes. Si le secteur de l’éducation a bel et bien un rôle crucial à jouer, nul ne pourra relever ces défis complexes sans agir également dans d’autres domaines. À court terme, toutefois, cette polarisation croissante met aussi au défi les éducateurs de promouvoir la cohésion sociale et de créer un consensus au-delà des clivages, tout en respectant la diversité des points de vue et en évitant toute forme d’endoctrinement.
Graphique 4.6. Une vague populiste
Copier le lien de Graphique 4.6. Une vague populisteParts de voix des partis par catégorie, dans 31 pays européens (1993-2022)
Note : Les parts de voix sont pondérées en fonction de la taille de la population.
Source : Rooduijin et al. (2023), « The PopuList: A Database of Populist, Far-Left, and Far-Right Parties Using Expert-Informed Qualitative Comparative Classification (EiQCC) », https://doi.org/10.1017/S0007123423000431.
Quelles conséquences pour l’éducation ?
Copier le lien de Quelles conséquences pour l’éducation ?Comment les éducateurs peuvent-ils promouvoir la cohésion sociale dans un contexte où les élèves et leurs familles peuvent avoir des convictions sociales, politiques ou religieuses radicalement opposées ? Quelles pratiques peuvent favoriser une écoute et des échanges bienveillants en classe sur différentes visions du monde ?
Quelles sont, en toute objectivité, les limites de l’éducation pour s’attaquer au problème de la polarisation politique et de ses causes sous-jacentes ? Comment les décideurs politiques et les responsables de l’éducation peuvent-ils aider les enseignants à réfléchir à l’incidence de leurs propres convictions sur leur enseignement ?
Quel impact a la montée des polarisations sur l’enseignement de thématiques comme le genre et la sexualité, l’immigration ou l’action climatique ? Et quelles répercussions pourrait avoir l’arrivée au pouvoir de partis populistes sur la manière dont ces sujets sont abordés dans les programmes scolaires nationaux ?
Libertés et fake news à l’ère du numérique
Copier le lien de Libertés et fake news à l’ère du numériqueLes récentes avancées des technologies numériques ont ouvert le débat démocratique à de nouvelles voix, une évolution toutefois pas toujours synonyme de plus grande liberté d’expression. La liberté de la presse est ainsi en recul dans certains pays, et journalistes et organisations de médias font face à un environnement de plus en plus hostile. L’explosion des médias sociaux a en outre permis la propagation de la désinformation et l’émergence de formes de journalisme plus polarisées. Des tendances qui, en plus d’attiser les divisions dans certaines sociétés, menacent aussi le fonctionnement même de nos démocraties. S’ils peuvent certes exacerber ces défis, les progrès de l’intelligence artificielle (IA) pourraient toutefois aussi faire partie de la solution. Comment l’éducation peut-elle alors doter chacun des compétences critiques indispensables pour distinguer le vrai du faux et le fait de l’opinion dans un paysage informationnel en pleine mutation ?
Graphique 4.7. Le pouvoir de la plume en danger : une liberté de la presse de plus en plus menacée
Copier le lien de Graphique 4.7. Le pouvoir de la plume en danger : une liberté de la presse de plus en plus menacéeÉvolution des scores obtenus au Classement mondial de la liberté de la presse, pays de l’OCDE (2015-21)
Source : OCDE (2022), The Protection and Promotion of Civic Space, https://doi.org/10.1787/d234e975-en.
Si l’essor des technologies numériques ouvre le débat démocratique à de nouvelles voix, cette expansion n’est toutefois pas toujours synonyme de plus grande liberté d’expression. La proportion de pays de l’OCDE obtenant un « bon » score au Classement mondial de la liberté de la presse a ainsi chuté de moitié entre 2015 et 2021. Un recul en partie imputable à la perte de confiance du public dans les médias et à la multiplication des attaques contre les journalistes par les politiciens. Parallèlement, la popularité des réseaux sociaux favorise l’essor du journalisme d’opinion et la propagation de la mésinformation et de la désinformation. Autant d’évolutions qui exacerbent la polarisation de nos sociétés démocratiques19.
Alors que la mésinformation désigne un contenu faux ou trompeur créé ou partagé sans mauvaise intention, la désinformation est en revanche délibérément conçue et diffusée dans le but de tromper. Toutes deux sont, quoi qu’il en soit, devenues d’importantes menaces pour les processus démocratiques20. Une étude dévoile ainsi la progression constante de la désinformation ciblant les élections dans 53 pays entre 2016 et 2021, notamment sous forme d’informations fausses ou trompeuses sur les procédures de vote, d’allégations de fraude électorale, ou encore de tentatives de remise en cause du vote par correspondance ou à l’étranger. Dans la plupart des cas, la source de cette désinformation est attribuée à un utilisateur de médias sociaux lambda, son profil révélant toutefois souvent une obédience politique ou la participation à une campagne coordonnée. Dans environ 17 % des cas, cependant, ce sont des candidats ou des personnalités politiques qui sont directement impliqués dans ces campagnes de désinformation21.
Les progrès de l’IA risquent d’exacerber les défis liés à la désinformation et de donner aux régimes autoritaires encore plus de moyens de surveiller leurs citoyens et de réprimer leur liberté d’expression. En 2023, l’IA avait ainsi déjà été mise au service de campagnes de désinformation dans au moins 16 pays. Dans certains États, les cadres juridiques encouragent même l’utilisation de l’apprentissage automatique pour supprimer des plateformes numériques les contenus jugés défavorables22. Pour autant, de nouvelles données semblent aussi indiquer que la mise en place de dialogues personnalisés avec une IA générative pourrait aider à lutter contre les théories du complot23.
Face à la marée d’informations qui nous submerge chaque jour, l’éducation a un rôle essentiel à jouer en encourageant chez chacun la maîtrise des médias et les compétences d’esprit critique permettant de démêler le vrai du faux et d’éviter toute manipulation. Elle peut en outre promouvoir un usage responsable de l’IA et des autres technologies, prévenant ainsi leur utilisation abusive lors des élections et des débats politiques. Des compétences plus importantes que jamais à l’heure où presque tout le monde crée et consomme des contenus numériques.
Graphique 4.8. Désinformation et démocratie
Copier le lien de Graphique 4.8. Désinformation et démocratieCas de désinformation ciblant des élections dans 53 pays (2016-22)
Note : Données pour au moins 101 scrutins nationaux dans 53 pays de tous les continents. Les données de 2022 n’étaient disponibles que pour 17 pays.
Source : Reproduit avec l'autorisation d’International IDEA à partir d’International IDEA (2023), « The Information Environment Around Elections », https://www.idea.int/theme/information-communication-and-technology-electoral-processes/information-environment-around-elections
© International Institute for Democracy and Electoral Assistance.
Quelles conséquences pour l’éducation ?
Copier le lien de Quelles conséquences pour l’éducation ?Comment l’évolution du paysage de l’information influe-t-elle sur les connaissances civiques et l’engagement politique des jeunes ? Et comment l’éducation peut-elle favoriser une culture de citoyenneté numérique responsable, où l’expression s’équilibre entre liberté, pertinence et respect ?
Dans de nombreux pays de l’OCDE, les élèves maîtrisent de moins en moins des compétences fondamentales comme les mathématiques, la lecture et l’écriture, pourtant essentielles pour la mobilisation de compétences plus complexes comme celles de maîtrise des médias et d’esprit critique. Comment les systèmes éducatifs peuvent-ils alors enseigner ces deux types de compétences en veillant à ce qu’ils se complètent plutôt que de se faire concurrence ?
Quelles stratégies mettre en place pour permettre aussi à ceux qui ne sont plus dans le système éducatif formel d’avoir accès aux compétences dont ils ont besoin pour pouvoir distinguer le vrai du faux et le fait de l’opinion ?
Le grand théâtre numérique : mettez en scène votre moi virtuel !
Copier le lien de Le grand théâtre numérique : mettez en scène votre moi virtuel !Dans notre monde où Internet et les appareils numériques sont devenus omniprésents, de nouvelles formes d’expression font leur apparition. Influenceurs, podcasteurs et auteurs auto-édités étendent ainsi leur portée à travers le monde, autant de nouvelles voix pouvant se joindre au débat. Cependant, avec la persistance de fractures numériques au sein des pays et entre eux, tout le monde est loin d’être sur un pied d’égalité pour la création de contenus en ligne. Quel rôle peut alors jouer l’éducation pour favoriser une expression numérique plus inclusive et démocratique ?
Graphique 4.9. Le monde en un clic
Copier le lien de Graphique 4.9. Le monde en un clicAbonnements actifs au haut débit mobile pour 100 habitants, dans le monde, par catégorie de revenu (2009-22)
Source : Calculs de l’OCDE à partir d’UIT (2024), « Abonnements actifs au haut débit mobile » (indicateur), https://datahub.itu.int/data/?i=11632.
Le nombre de personnes disposant d’une connexion à Internet est en plein essor et des progrès ont été réalisés pour réduire les écarts, au sein des pays et entre eux. Le nombre d’abonnements au haut débit fixe pour 100 habitants dans le monde est ainsi passé de 3.7 en 2005 à 17.8 en 2021, tandis que les abonnements actifs au haut débit mobile grimpaient même de 8.3 pour 100 habitants à 83.5 entre 2009 et 2022, une envolée reflétant la diffusion des smartphones et autres appareils personnels24.
Avec la généralisation de l’accès à Internet, de plus en plus de personnes ont aussi accès à la création de contenus en ligne. En moyenne, dans les pays de l’OCDE pour lesquels on dispose de données, la proportion de personnes déclarant avoir utilisé Internet pour télécharger des contenus créés par elles-mêmes a ainsi bondi de 10.3 % en 2008 à 38.3 % en 202025. Parmi ces contenus, les podcasts, qui connaissent une croissance exponentielle depuis leur apparition en 2003, avec la multiplication par douze entre 2009 et 2019 du nombre de podcasts lancés chaque année, puis un nouveau pic de lancements et d’auditeurs les premières années de la pandémie de COVID-1926. Le nombre de livres auto-édités a également explosé, s’envolant de 264 % entre 2017 et 2022 grâce à la disponibilité de services d’édition bon marché27.
La création de contenus devient en outre plus lucrative, les entreprises rémunérant les influenceurs des réseaux sociaux pour promouvoir leurs produits et services. La valeur de l’industrie mondiale du marketing d’influence était ainsi chiffrée à 16.4 milliards USD en 2022, soit près de dix fois plus qu’en 201628. Les rendements florissants de ce secteur pourraient bien influencer les aspirations professionnelles des jeunes, comme aux États-Unis, où environ 57 % des 13-26 ans disent vouloir devenir influenceurs s’ils en ont l’opportunité29.
Cependant, ce boom des influenceurs et autres créateurs de contenus suscite aussi son lot d’inquiétudes, avec potentiellement la diffusion d’informations fausses et trompeuses, la promotion de modes de vie totalement irréalistes, des impacts sur la santé mentale et l’exposition des jeunes à des risques financiers, sanitaires et d’atteinte à la vie privée. Des préoccupations qui s’avèrent tout à fait légitimes compte tenu de l’importance de l’audience concernée et de l’absence de vérification de la part des contrôleurs d’accès traditionnels. Et qui se sont d’ailleurs accrues au sujet de la désinformation depuis la pandémie de COVID-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, une étude ayant par exemple révélé que 65 % des contenus anti-vaccins sur Facebook et Twitter provenaient d’une poignée d’influenceurs, 12 plus précisément, que l’on a surnommés « la douzaine de désinformateurs »30.
De plus, étant donné la persistance de fractures numériques, tout le monde n’a pas accès à la création de contenus en ligne. En 2022, le nombre moyen d’abonnements au haut débit mobile pour 100 habitants était ainsi plus de trois fois supérieur dans les pays à revenu élevé que dans ceux à faible revenu31. Au sein même des pays, les populations rurales, isolées et défavorisées pâtissent aussi souvent d’un manque de connectivité. Des disparités s’observent en outre dans l’utilisation des technologies numériques, les plus jeunes, les plus riches et les plus diplômés étant plus susceptibles de télécharger des contenus qu’ils ont créés eux-mêmes. L’éducation peut toutefois contribuer à combler ces écarts en dotant chacun, quel que soit son âge et son milieu, des compétences nécessaires pour s’exprimer et créer en ligne, mais aussi de stratégies pour trouver le juste équilibre entre monde numérique et réel.
Graphique 4.10. Écarts d’accès à la création
Copier le lien de Graphique 4.10. Écarts d’accès à la créationProportion d’individus ayant utilisé Internet pour télécharger des contenus créés par eux-mêmes au cours des trois derniers mois, moyenne de l’OCDE (2008-23)
Source : OCDE (2024), Accès et utilisation des TIC par les ménages (base de données), https://doi.org/10.1787/b9823565-en.
Quelles conséquences pour l’éducation ?
Copier le lien de Quelles conséquences pour l’éducation ?Quel est l’impact de l’essor de la création de contenus sur les aspirations professionnelles des jeunes ? Comment l’éducation peut-elle s’adapter à ces évolutions et aider les jeunes à se fixer des objectifs professionnels réalistes et pertinents ?
Comment les systèmes éducatifs peuvent-ils aider les enseignants et les autres personnels éducatifs à rester informés des évolutions du monde numérique et des opportunités et risques qu’elles présentent pour leurs élèves ?
Comment les systèmes éducatifs peuvent-ils s’adapter à l’évolution rapide des technologies d’IA et à leur impact sur l’utilisation et la création d’informations ? Quelles mesures prendre pour préparer les élèves à appréhender les contenus générés par IA avec esprit critique ?
Objets connectés : quand la technologie entre dans la conversation
Copier le lien de Objets connectés : quand la technologie entre dans la conversationAujourd’hui, les smartphones et les ordinateurs portables ne sont plus les seuls appareils connectés à transformer notre façon d’interagir et de communiquer. De plus en plus d’objets de notre quotidien sont désormais connectés à Internet, partageant des données en continu : du téléviseur intelligent à l’assistant vocal, en passant par le robot industriel. Les progrès de la connectivité et de l’IA portent cet essor, avec la promesse d’optimiser notre façon de vivre, de travailler et d’apprendre. Ces technologies ne vont toutefois pas sans poser des problèmes de confidentialité, en particulier pour les plus jeunes. Comment parents et éducateurs peuvent-ils alors tirer parti de leurs avantages, tout en respectant et en protégeant la vie privée des enfants ?
Graphique 4.11. Le prochain incontournable
Copier le lien de Graphique 4.11. Le prochain incontournableCréation d’entreprises dans le domaine de l’Internet des objets (IdO), dans le monde (1980-2020)
Note : Calculs de l’OCDE basés sur les données de Crunchbase, base de données commerciale sur les entreprises innovantes.
Source : OCDE (2023), Measuring the Internet of Things, https://doi.org/10.1787/021333b7-en.
L’Internet des objets (IdO) désigne la connexion d’objets du quotidien à Internet, qui leur permet de transmettre et de recevoir des données sans intervention humaine. De plus en plus courant dans les foyers, ce type d’appareils y est souvent utilisé pour les divertissements (console de jeux ou téléviseurs intelligents, par exemple) ou la domotique (assistants virtuels, notamment). L’essor de ce secteur se traduit également par la vague de créations de nouvelles entreprises spécialisées dans les biens et services IdO, dont le nombre a triplé chaque année entre 2009 et 2015, pour ensuite toutefois diminuer32. Dans le même temps, les investissements en capital-risque dans l’IdO continuent de croître, tandis que les nouvelles normes de connectivité permettront à encore plus d’appareils de différents types et marques de fonctionner en réseau33. D’ici 2025, ce sont ainsi plus de 41 milliards d’appareils qui devraient collecter des données auprès de particuliers et de ménages de manière quasi continue34.
Avec les progrès technologiques, notamment de l’IA, les robots font aujourd’hui partie de plus en plus d’aspects de notre vie. Une tendance manifeste dans le monde du travail, où le nombre de robots industriels installés chaque année a triplé entre 2012 et 2022. Ils sont en outre de plus en plus nombreux à être collaboratifs. Ces « cobots » sont spécialement conçus pour travailler aux côtés des humains35, capacité que les technologies d’IA telles que l’apprentissage automatique viennent encore renforcer. Les algorithmes de curiosité, qui permettent aux robots d’apprendre et de développer de nouvelles compétences de manière indépendante, sont par exemple utilisés dans les robots humanoïdes de divertissement. Les progrès de l’IA en matière de détection des émotions pourraient, par ailleurs, considérablement élargir le rôle des robots dans des domaines comme la santé et l’éducation, à l’instar de ces robots expérimentaux déjà utilisés pour traiter des problèmes de santé mentale comme la solitude et améliorer les compétences sociales des jeunes souffrant de troubles du spectre autistique36. Les technologies immersives, comme la réalité virtuelle (RV) qui utilise le suivi corporel pour offrir des expériences 3D interactives, présentent un potentiel similaire. Permettant notamment de rentrer dans la peau d’un autre et d’adopter son point de vue, la RV est par exemple utilisée pour promouvoir l’empathie et améliorer les attitudes envers les groupes exposés au risque de marginalisation (comme les personnes âgées ou les réfugiés)37.
La place de plus en plus centrale des objets connectés dans notre routine et notre environnement quotidiens suscite toutefois des inquiétudes grandissantes concernant les questions de sécurité et de confidentialité, en particulier pour les enfants. Car, contrairement aux smartphones ou aux ordinateurs, ces appareils, toujours connectés, partagent en permanence de grandes quantités de données, et pourraient donc le faire au sujet des enfants, sans leur consentement ou celui de leurs parents38. La réalité virtuelle amplifie et étend ces risques, en collectant de manière systématique des données sur le corps, les réactions et l’environnement de ses utilisateurs39. Si elles peuvent contribuer à la santé, à la sécurité et aux apprentissages des plus jeunes, ces technologies risquent donc également de porter atteinte à leur vie privée et de nuire à leur autonomie. Comment les adultes peuvent-ils alors les utiliser au mieux, au profit des enfants tout en les protégeant ? Et comment faire évoluer l’éducation dans un monde où il est désormais possible d’interagir avec un assistant vocal avant même de savoir lire ou écrire, et où la collaboration avec un robot sur son lieu de travail n’a plus rien de la science-fiction ?
Graphique 4.12. Moi, robot
Copier le lien de Graphique 4.12. Moi, robotNombre de robots industriels installés chaque année dans le monde (2012-22)
Note : Les données relatives à la proportion de robots collaboratifs n’étaient pas disponibles pour les années 2012-16.
Source : Maslej et al. (2024), The AI Index 2024 Annual Report, https://aiindex.stanford.edu/report/.
Quelles conséquences pour l’éducation ?
Copier le lien de Quelles conséquences pour l’éducation ?Comment le secteur de l’éducation peut-il mettre à profit les avantages potentiels des innovations technologiques tout en assurant son devoir de protection des élèves ? Comment les décideurs politiques peuvent-ils alors impliquer les apprenants, les parents, les éducateurs et le secteur technologique dans l’élaboration de cadres réglementaires qui soient le gage de cet équilibre ?
Nous sommes nombreux à manquer de connaissances sur les questions de confidentialité et à accepter les conditions d’utilisation sans même les lire. Comment les éducateurs peuvent-ils alors faire équipe avec les parents pour améliorer la culture numérique et relever ces défis, en classe comme à la maison ?
Quelles sont les compétences nécessaires pour exploiter pleinement le potentiel des robots au travail, et dans quelle mesure l’éducation et la formation répondent-elles actuellement à ces besoins ? Quelles en sont alors les implications pour les programmes d’enseignement primaire et secondaire, mais aussi pour les filières plus spécialisées et professionnelles ?
Voix et narratifs : à quoi ressemblera demain ?
Copier le lien de Voix et narratifs : à quoi ressemblera demain ?Les démocraties sont aujourd’hui aux prises avec une participation électorale en berne, un mécontentement croissant et une polarisation toujours plus exacerbée. De leur côté, les technologies numériques révolutionnent la communication et l’expression culturelle, mais attisent aussi les inquiétudes concernant les risques de désinformation, d’atteinte à la vie privée et de surveillance. Ces grandes tendances sont-elles amenées à s’inscrire sous le signe de la continuité, de la transformation ou de la rupture ? Quelle incidence pourraient-elles avoir sur l’avenir de l’éducation dans chacune de ces éventualités ? Pour tenter d’y répondre, cette section présente plusieurs hypothèses d’avenir à l’horizon 2040 sous la forme de trois scénarios. Ceux-ci s’accompagnent de témoignages fictifs de différentes catégories d’acteurs de l’éducation mettant en lumière les opportunités, défis et tensions qu’ils rencontrent dans chacun d’eux. Les scénarios présentés ici n’ont pas valeur de prédiction ; ils se veulent une invitation à une réflexion sur l’avenir afin de permettre une action en conscience, dès à présent.
De la réflexion à l’action
Notes et sources
Copier le lien de Notes et sourcesNotes
Copier le lien de Notes← 1. International IDEA (2024), Voter Turnout Database (base de données), https://www.idea.int/data-tools/data/voter-turnout-database.
← 2. Dezelan, T. (2023), « Young people’s participation in European democratic processes », https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2023/745820/IPOL_STU(2023)745820_EN.pdf.
← 3. Foa, S. et al. (2020), Global Satisfaction with Democracy 2020, Centre for the Future of Democracy, https://www.cam.ac.uk/system/files/report2020_003.pdf ; Foa, R. et al. (2020), Youth and Satisfaction with Democracy: Reversing the Democratic Disconnect, Centre for the Future of Democracy, https://www.cam.ac.uk/system/files/youth_and_satisfaction_with_democracy.pdf.
← 4. OCDE (2021), Perspectives on Global Development 2021: From Protest to Progress?, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/405e4c32-en.
← 5. Carnegie (n.d.), Carnegie Endowment for International Peace’s Climate Protest Tracker, https://carnegieendowment.org/features/climate-protest-tracker?lang=en.
← 6. Ortiz, I. et al. (2021), « An Analysis of World Protests 2006–2020 », in World Protests, Springer International Publishing, Cham, https://doi.org/10.1007/978-3-030-88513-7_2.
← 7. Ortiz, I. et al. (2021), « An Analysis of World Protests 2006–2020 », in World Protests, Springer International Publishing, Cham, https://doi.org/10.1007/978-3-030-88513-7_2.
← 8. OCDE (2024), Enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques – résultats 2024 : Instaurer la confiance dans un contexte complexe, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9a20554b-en.
← 9. Schultz, W. et al. (2023), Education for Citizenship in Times of Global Challenge: IEA International Citizenship Education Study 2022 International Report, AIE, https://www.iea.nl/sites/default/files/2024-02/ICCS-2022-International-Report-Revised.pdf.
← 10. The Nobel Prize (2024), « All Nobel Prizes in Literature », https://www.nobelprize.org/prizes/lists/all-nobel-prizes-in-literature/.
← 11. Dusseaux, A. (2021), « The Rise of the Rest », https://www.adssx.com/p/the-rise-of-the-rest ; WikiMedia Commons (2024), « Wikipedia editors by language over time », https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Wikipedia_editors_by_language_over_time.png.
← 12. IFPI (2023), Global Music Report 2023, IFPI, https://www.ifpi.org/wp-content/uploads/2020/03/Global_Music_Report_2023_State_of_the_Industry.pdf.
← 13. Page, W. et C. Dalla Riva (2023), « ‘Glocalisation’ of Music Streaming within and across Europe », London School of Economics, https://www.lse.ac.uk/european-institute/Assets/Documents/LEQS-Discussion-Papers/EIQPaper182.pdf.
← 14. Page, W. et C. Dalla Riva (2023), « ‘Glocalisation’ of Music Streaming within and across Europe », London School of Economics, https://www.lse.ac.uk/european-institute/Assets/Documents/LEQS-Discussion-Papers/EIQPaper182.pdf.
← 15. UNESCO (2022), Revenue distributions and transformation in the music streaming value chain, https://www.unesco.org/creativity/sites/default/files/medias/fichiers/2023/01/2-policy_perspectives_music_en-web.pdf.
← 16. Jackson, J. et D. Medvedev (2024), « Worldwide divergence of values », Nature Communications, vol. 15/1, https://doi.org/10.1038/s41467-024-46581-5.
← 17. Le concept de populisme fait l’objet d’un intense débat théorique. Les définitions utilisées ici sont tirées de Rooduijn, M. et al. (2023), « The PopuList: A Database of Populist, Far-Left, and Far-Right Parties Using Expert-Informed Qualitative Comparative Classification (EiQCC) », British Journal of Political Science, vol. 54/3, pp. 969-978, https://doi.org/10.1017/s0007123423000431.
← 18. Foa, R. et al. (2020), Youth and Satisfaction with Democracy: Reversing the Democratic Disconnect, Centre for the Future of Democracy, https://www.cam.ac.uk/system/files/youth_and_satisfaction_with_democracy.pdf.
← 19. Reporters sans frontières (2024), Classement mondial de la liberté de la presse, https://rsf.org/en/index.
← 20. OCDE (2024), « The OECD Truth Quest Survey: Methodology and findings », Documents de travail de l’OCDE sur l’économie numérique, n° 369, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/92a94c0f-en.
← 21. International IDEA (2023), The Information Environment Around Elections, https://www.idea.int/theme/information-communication-and-technology-electoral-processes/information-environment-around-elections.
← 22. Funk, A., A. Shahbaz et K. Vesteinsson (2023), Freedom on the Net 2023: The Repressive Power of Artificial Intelligence, Freedom House, https://freedomhouse.org/report/freedom-net/2023/repressive-power-artificial-intelligence.
← 23. Costello, T. et al. (2024), « Durably reducing conspiracy beliefs through dialogues with AI », Science, vol. 385, n° 6714, https://doi.org/10.1126/science.adq1814.
← 24. UIT (2024), « Abonnements actifs au haut débit mobile » (indicateur), https://datahub.itu.int/data/?i=11632.
← 25. OCDE (2024), Accès et utilisation des TIC par les ménages (base de données), https://doi.org/10.1787/b9823565-en.
← 26. Listen Notes (2024), « Podcast Stats: How many podcasts are there? », https://www.listennotes.com/podcast-stats/ (consulté le 14 octobre 2024).
← 27. Dollwet, S. (2024), « Capitalizing On Self-Publishing In Today’s Market », https://www.forbes.com/councils/forbesbusinesscouncil/2024/02/02/capitalizing-on-self-publishing-in-todays-market/.
← 28. Influencer Marketing Hub (2024), The State of Influencer Marketing 2024, https://influencermarketinghub.com/influencer-marketing-benchmark-report/.
← 29. Briggs, E. (2023), « Gen Zers Still Really Want to Be Influencers », https://pro.morningconsult.com/analysis/gen-z-interest-influencer-marketing.
← 30. CCDH (2021), « The Disinformation Dozen: Why Platforms Must Act on Twelve Leading Online Anti-Vaxxers », Centre for Countering Digital Hate, https://pro.morningconsult.com/analysis/gen-z-interest-influencer-marketing.
← 31. UIT (2024), « Abonnements actifs au haut débit mobile » (indicateur), https://datahub.itu.int/data/?i=11632.
← 32. Parmi les explications possibles de la diminution observée de la création d’entreprises IoT : la consolidation du marché par fusions et acquisitions, les inquiétudes croissantes concernant la sécurité et les défis liés à l’interopérabilité entre les plateformes et les écosystèmes. Voir OCDE (2023), Measuring the Internet of Things, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/021333b7-en.
← 33. OCDE (2023), Measuring the Internet of Things, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/021333b7-en ; La Fors, K. (2022), Why the future of connected IoT in homes is child-centric, https://www.weforum.org/agenda/2022/08/why-the-future-of-connected-iot-in-homes-is-children-centric/.
← 34. La Fors, K. (2022), Why the future of connected IoT in homes is child-centric, https://www.weforum.org/agenda/2022/08/why-the-future-of-connected-iot-in-homes-is-children-centric/.
← 35. Maslej, N. et al. (2024), The AI Index 2024 Annual Report, AI Index Steering Committee, Institute for Human-Centered AI, Stanford University, https://aiindex.stanford.edu/wp-content/uploads/2024/05/HAI_AI-Index-Report-2024.pdf.
← 36. Nolan, A. (2021), « Making life richer, easier and healthier: Robots, their future and the roles for public policy », OECD Science, Technology and Industry Policy Papers, n° 117, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/5ea15d01-en.
← 37. OCDE (2024), Perspectives de l’économie numérique de l’OCDE 2024 (Volume 1) : Cap sur la frontière technologique, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/e34abd55-fr.
← 38. Haber, E. (2020), « The internet of children: Protecting children’s privacy in a hyper-connected world », University of Illinois Law Review, vol. 2020/4 ; La Fors, K. (2022), Why the future of connected IoT in homes is child-centric, https://www.weforum.org/agenda/2022/08/why-the-future-of-connected-iot-in-homes-is-children-centric.
← 39. OCDE (2024), Perspectives de l’économie numérique de l’OCDE 2024 (Volume 1) : Cap sur la frontière technologique, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/e34abd55-fr.