Le commerce alimentaire intrarégional constitue l’un des principaux moteurs de l’activité économique et de la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest. Le présent rapport estime qu’environ 10 milliards USD de denrées alimentaires sont échangés chaque année entre les 15 pays de la région. Ces flux commerciaux représentent environ 68 000 milliards de kilocalories par an, soit suffisamment pour couvrir les besoins énergétiques d’un quart de la population.
La croissance démographique, l’urbanisation et l’augmentation des revenus génèrent de nouvelles opportunités pour le commerce alimentaire intrarégional en Afrique de l’Ouest. La demande régionale de denrées alimentaires devrait atteindre 480 milliards USD d’ici 2030, contre 126 milliards USD en 2010. Toutefois, le manque de données fiables et de statistiques harmonisées sur le commerce régional de denrées alimentaires compromet la capacité des décideurs à élaborer des politiques efficaces pour saisir ces opportunités et attirer les investissements. Seuls 15 % des échanges intrarégionaux sont aujourd’hui recensés par les statistiques officielles.
Pour combler ces lacunes, ce rapport propose l’analyse la plus complète à ce jour du commerce alimentaire intrarégional en Afrique de l’Ouest. En combinant les statistiques officielles avec des données régionales sur le commerce non enregistré, il apporte un éclairage nouveau sur la taille, la composition et la valeur des échanges alimentaires régionaux. Ces nouvelles données révèlent un système dynamique, pesant plusieurs milliards de dollars, caractérisé par des flux transfrontaliers alimentaires diversifiés, à forte valeur ajoutée, et profondément intégrés. Renforcer les investissements dans les données au niveau régional constitue une priorité essentielle.
Au-delà d’une meilleure disponibilité des données, ce rapport recommande de renforcer le commerce alimentaire pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et bâtir des systèmes alimentaires plus résilients. Cela implique d’éviter les mesures contre-productives, telles que les interdictions d’exportation, de promouvoir activement le commerce régional, d’améliorer la coordination des politiques au niveau régional, de réduire la fragmentation réglementaire, et de renforcer la transparence et la cohérence dans l’application des règles commerciales. Des infrastructures de transport et de logistique plus performantes sont nécessaires pour réduire les coûts et attirer de nouveaux investissements. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) peut jouer un rôle central en aidant les gouvernements à harmoniser les réglementations, réduire les obstacles au commerce et établir des partenariats, tout en renforçant les systèmes alimentaires nationaux.
Le commerce alimentaire intrarégional en Afrique de l’Ouest : Nouvelles données, nouvelles perspectives apporte ainsi des éléments nouveaux pour construire une économie alimentaire plus dynamique, résiliente et intégrée. En s’appuyant sur ces résultats, les décideurs et partenaires au développement peuvent pleinement exploiter le potentiel du commerce alimentaire intrarégional au service du développement durable dans la région.
Mathias CORMANN
Secrétaire général
Organisation de coopération et de développement économiques
Hadizatou Rosine SORI‑COULIBALY
Présidente
Club du Sahel et
de l’Afrique de l’Ouest
Massandjé TOURÉ-LITSÉ
Commissaire aux affaires
économiques et à l’agriculture
Communauté économique des
États de l’Afrique de l’Ouest