Le rapport de 2020 intitulé Administration fiscale 3.0 : La transformation numérique de l’administration de l’impôt (OCDE, 2024[1]) présente la vision de l’avenir de l’administration de l’impôt : plutôt que d’utiliser les systèmes informatiques de l’administration fiscale pour calculer l’impôt dû selon les règles fiscales en vigueur, l’idée est d’intégrer ces règles ainsi que les informations nécessaires à l’établissement de l’impôt dans les systèmes naturels des contribuables. De nombreuses juridictions ont déjà adopté cette approche, notamment en intégrant leurs procédures fiscales aux logiciels de paie utilisés par les employeurs dans le cadre des systèmes de retenue à la source.
Face à la complexité des systèmes fiscaux, les administrations fiscales font de plus en plus appel à la technologie pour rationaliser les processus et en améliorer la précision. Ainsi, elles sont désormais plus nombreuses à s’appuyer sur des textes lisibles par la machine. Cela permet de coder la législation dans un format numérique structuré, exploitable par les logiciels intégrés aux systèmes naturels des contribuables. Cette évolution facilite l’automatisation des calculs de l’impôt, la réalisation des contrôles de conformité en temps réel et permet une parfaite intégration dans les systèmes opérationnels et financiers des entreprises.
L’adoption de règles fiscales lisibles par la machine dans les cas appropriés peut renforcer la transparence, réduire les erreurs et améliorer les services rendus aux contribuables, tout en accélérant la mise à jour de la législation et des politiques. Elle permet également d’éviter les risques d’interprétations incertaines ou incohérentes de la législation fiscale. Comme le montre le Tableau 5.1., les pays n’en sont pas tous au même stade en ce qui concerne l’utilisation de la législation fiscale lisible par machine : environ 30 % d’entre eux indiquent publier l’ensemble de leur législation fiscale dans un format exploitable, tandis que 15 % le font pour une partie seulement.