1. L’Union européenne devrait garantir l’accès à des financements concessionnels pour les pays les moins avancés (PMA) et les contextes les plus exposés à la fragilité à mesure que le paradigme de coopération au développement évolue.
2. Alors qu’elle met en œuvre un changement de paradigme dans ses partenariats, et dans le contexte d’une diminution mondiale des budgets de l’aide publique au développement (APD), l’Union européenne devrait chercher à maintenir son avantage comparatif. Pour cela, elle devrait :
communiquer et mettre en œuvre son approche à 360 degrés qui inclue un soutien global à un environnement favorable afin de garantir que les investissements placent la réduction de la pauvreté et des inégalités au cœur de leurs objectifs ;
continuer à apporter un soutien prévisible au développement humain fondamental et au renforcement des institutions, y compris au-delà de la stratégie « Global Gateway ».
3. L’Union européenne devrait tirer parti de sa vaste gamme d’approches et d’outils complémentaires – tels les prêts à l’appui de réformes, le soutien budgétaire, l’assistance technique, les analyses de sensibilité aux conflits et de résilience – pour favoriser les réformes politiques dans toutes les zones couvertes par son action extérieure, notamment en continuant à partager les bonnes pratiques entre les directions générales chargées des relations extérieures.
4. Dans le cadre de la modernisation de sa présence dans le monde, l’Union européenne devrait :
continuer à accompagner les agents les plus touchés par le processus de modernisation ;
s’assurer que le personnel des nouvelles délégations renforcées dispose d’un mandat clair et des moyens nécessaires pour travailler dans l’ensemble des zones de leurs portefeuilles géographiques ;
nourrir sa présence dans les pays par une expertise en matière de développement afin de tirer parti des connaissances et du réseau des délégations et de maintenir l’engagement auprès des acteurs nationaux et locaux.
5. Tout en reconnaissant son rôle en matière de coordination et de promotion d’une coopération efficace au service du développement, l’Union européenne devrait :
Continuer à encourager et soutenir le suivi et l’évaluation des initiatives de l’Équipe Europe, notamment l’évaluation de leur valeur ajoutée ;
sélectionner les États membres chargés de la coopération déléguée sur la base de leur valeur ajoutée avérée, telle que leur présence dans le pays ou leur expertise technique, et analyser de façon systématique si un financement direct aux acteurs nationaux et locaux ne serait pas plus approprié.
6. Alors que la stratégie « Global Gateway » monte en puissance, l’adhésion des parties prenantes pourrait être renforcée. Pour cela, il conviendrait de :
sensibiliser les acteurs externes sur les objectifs, processus et critères de sélection de Global Gateway ;
publier des informations détaillées sur les projets (stade et partenaires de mise en œuvre, résultats attendus, impacts, montants des investissements par source de financement).
7. L’Union européenne devrait s’appuyer sur ses solides antécédents en matière de déliement de l’aide et continuer à agir conformément à la Recommandation du CAD sur le déliement de l’APD à mesure que le paradigme de la coopération au développement évolue.
8. Reconnaissant le rôle de premier plan de l’Union européenne en matière de cohérence des politiques et alors qu’elle s’appuie de plus en plus sur le secteur privé pour générer des impacts en matière de développement dans les pays partenaires, l’Union européenne devrait :
continuer à promouvoir des normes environnementales et sociales strictes dans les chaînes de valeur mondiales, en s’appuyant sur son leadership historique en matière de conduite responsable des entreprises ;
veiller à ce que ses réglementations soient conçues de manière à mieux prendre en compte leur impact sur les pays en développement et fournir à ces pays un soutien approprié pour les aider à s’adapter aux attentes en matière de durabilité.
9. L’Union européenne devrait renforcer son mécanisme de garanties afin d’optimiser son impact, notamment en :
simplifiant et accélérant ses procédures pour améliorer son attractivité ;
préservant son orientation vers le développement du secteur privé local ;
partageant des informations sur l’additionnalité de ses investissements ;
facilitant la mobilisation de financements privés.
10. L’Union européenne devrait s’appuyer sur sa solide expérience en matière de paix, de résilience, de réponse aux crises et de leadership humanitaire fondé sur des principes pour mettre en avant la valeur de la coopération pour le développement comme outil de prévention des crises et de maintien de la paix à travers l’articulation entre assistance humanitaire, développement et recherche de la paix, y compris dans des contextes plus stables, et utiliser sa panoplie d’outils pour s’assurer que son approche en matière d’investissement est adaptée à la fragilité.