Ce document d’orientation examine une partie des défis que l’Ukraine doit actuellement relever pour pouvoir apporter, en temps utile, un soutien efficace au nombre croissant d’anciens combattants dans le pays. L’Ukraine n’est toutefois pas seule, de nombreux acteurs internationaux étant également concernés par l’élaboration de politiques relatives aux anciens combattants. Le présent document, complété par un événement virtuel d’échange de connaissances tenu le 19 décembre 2025, recense deux éléments – le soutien précoce au cours de la transition et l’accompagnement psychologique opportun – essentiels à prendre en compte dans les politiques relatives aux anciens combattants, car i) ils sont déterminants pour la réussite des autres volets de ces politiques et ii) ils semblent moins prioritaires dans les discussions nationales que bien d’autres aspects de l’action des pouvoirs publics.
L’expérience et les mesures mises en œuvre par d’autres pays peuvent aider l’Ukraine à élaborer ses politiques. Bien que les problèmes actuels et à venir de l’Ukraine soient par leur ampleur et leur nature bien différents de ceux auxquels les pays servant d’éléments de comparaison (Australie, Canada, États-Unis, France et Royaume‑Uni) ont été confrontés ces dernières décennies, lorsque leurs politiques ont été conçues avant de prendre la forme que nous leur connaissons aujourd’hui, l’expérience de tous ces pays montre qu’il importe d’assurer un soutien précoce lors de la transition de la vie militaire à la vie civile et un accompagnement psychologique précoce et continu.
Il existe au moins deux raisons de poids pour que l’OCDE intensifie ses travaux dans ce domaine :
Tout d’abord, le monde évolue très vite ; il devient plus instable et moins prévisible. Si pendant des décennies, les politiques relatives aux anciens combattants ne semblent pas avoir été une question centrale pour les pays de l’OCDE, il se pourrait que dorénavant, cela ne soit plus le cas. Des pays ont d’ores et déjà décidé d’accroître considérablement leurs dépenses militaires dans les années à venir. Il serait logique et naturel que l’étape suivante consiste à engager une réflexion sur la capacité à assurer un soutien effectif aux anciens combattants et les politiques à mener en la matière.
Par ailleurs, la politique en faveur des anciens combattants est, par nature, une question politique horizontale et intersectorielle, qui couvre des domaines tels que la politique sociale, les services à la famille, la politique en matière de compétences, la politique de l’emploi, la politique du logement, les programmes de réadaptation et d’éducation, la politique de santé et la politique en matière de santé mentale. Les principaux enseignements tirés de ces domaines d’action peuvent être transposés à la politique en faveur des anciens combattants, notamment et avant tout la nécessité i) d’une identification précoce des besoins, ii) de la prévention et de l’intervention précoce, et iii) de politiques et de prestations de services intégrées, trois éléments clés qui sous-tendent l’ensemble des travaux de l’OCDE.