L’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022 a eu des conséquences dramatiques sur l’économie et la société ukrainiennes. Elle a fait plus de 15 000 victimes et plus de 41 000 blessés parmi les civils, entraîné le déplacement de millions de personnes et détruit d’innombrables infrastructures (Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, 2026[1]). Alors que la guerre se poursuit, le coût de la reconstruction et de la relance est d’ores et déjà estimé à près de trois fois le PIB nominal du pays (Banque mondiale, gouvernement de l'Ukraine, Union européenne et Nations Unies, 2026[2]).
Dans le cadre du Programme‑pays avec l’Ukraine, et compte tenu de l’objet des travaux relatifs aux politiques sociales (C/MIN(2023)/3[3]), le présent document examine certains aspects d’une question dont l’importance et l’ampleur sont inédites dans l’histoire européenne récente : comment offrir une aide ciblée répondant aux besoins des anciens combattants et de leurs familles ? Pour l’Ukraine, le défi sera d’autant plus grand que près de 5.5 millions d’Ukrainiens, familles incluses, pourraient obtenir le statut d’ancien combattant dans les années à venir (EED, 2025[4]).
Les besoins des anciens combattants diffèrent selon les situations. Certaines personnes auront peut-être besoin d’un soutien limité pour réintégrer la vie civile, tandis que d’autres auront de multiples besoins complexes et parfois interdépendants. Ces besoins peuvent également évoluer et des problèmes peuvent s’aggraver alors qu’ils n’étaient pas directement décelables au moment de la démobilisation.
La présente note s’intéresse plus particulièrement à la question du soutien aux anciens combattants durant la transition de la vie militaire à la vie civile, et aux différents aspects des politiques de santé mentale durant cette période, en donnant une vue d’ensemble des politiques en vigueur en Ukraine et dans certains pays de l’OCDE.