L'Union européenne met en œuvre la recommandation du CAD sur l’égalité des genres et l’autonomisation de toutes les femmes et les filles dans le contexte de la coopération pour le développement et de l’aide humanitaire [OECD/LEGAL/5022]. Le troisième Plan d’action de l’UE sur l’égalité entre les hommes et les femmes (GAP III) constitue le cadre stratégique et opérationnel central pour promouvoir l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes et des filles. Il a été approuvé par 24 États membres en 2020. Il comporte trois volets : intégration de la problématique du genre, actions ciblées et législation. Le plan d’action GAP III fixe des objectifs ambitieux, notamment faire en sorte que 85 % des nouvelles actions extérieures tiennent compte de la problématique du genre et que 5 % d’entre elles aient l’égalité des genres comme objectif principal, cela s’appliquant également au financement du développement. Toutefois, en 2022‑23, seulement 59 % de l’APD bilatérale ventilable de l’UE poursuivaient des objectifs en matière d’égalité des genres, ce qui est supérieur à la moyenne du CAD (46 %).
L’UE a alloué 48 millions EUR à la lutte contre les violences fondées sur le genre dans les situations d’urgence et continue de promouvoir le programme en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité à travers des plans d’action nationaux et des initiatives de consolidation de la paix. L’UE continue également d’apporter son soutien à l’initiative Spotlight, qui vise à éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles.
À l’échelle multilatérale, l’UE demeure active au sein des enceintes des Nations Unies et a co-dirigé des initiatives du Forum Génération Égalité, en particulier les coalitions d’action sur les technologies et l’innovation au service de l’égalité des genres et sur la violence fondée sur le genre. Les plans de mise en œuvre au niveau national favorisent une approche « Équipe Europe », encourageant de vastes consultations avec les parties prenantes. En 2023, l’égalité des genres figurait parmi les thèmes des dialogues menés avec une centaine de pays partenaires et était le seul thème abordé dans 34 d’entre eux. L’égalité des genres est un élément central de l’engagement de l’UE auprès des pays candidats et candidats potentiels, notamment via l’enveloppe de l’Instrument d’aide de préadhésion (IAP). L’UE intègre également la problématique du genre dans ses politiques commerciales, climatiques et numériques. À titre d’exemple, les évaluations des accords commerciaux intègrent systématiquement une analyse de genre et des engagements juridiquement contraignants en matière d’égalité des genres sont inscrits dans les récents accords de facilitation de l’investissement conclus avec des pays comme l’Angola ainsi que dans les accords commerciaux signés avec le Chili, le Kenya et la Nouvelle-Zélande. L’UE collabore également avec l’Organisation internationale du travail (OIT) dans le cadre du projet « Le commerce au service du travail décent » afin d’améliorer les conditions de travail des femmes. Elle soutient également le rôle moteur des femmes dans la gouvernance et les négociations climatiques et finance des initiatives climatiques qui tiennent compte de la question du genre. Dans le domaine du numérique, l’UE s’emploie à faire en sorte que sa future législation sur l’intelligence artificielle prévoie des mesures de protection contre les discriminations fondées sur le genre dans les applications d’IA.
Bien qu’il ne soit pas approuvé par l’ensemble des États membres de l’UE, le plan d’action GAP III met l’accent sur l’intersectionnalité et les approches porteuses de transformations. Des programmes tels que WYDE (Women and Youth Democratic Engagement) et des partenariats régionaux (par exemple, avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, ASEAN) œuvrent à promouvoir une gouvernance inclusive. En 2025, ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’UE visant à protéger les personnes qui défendent les droits de la personne, a assisté plus de 5 450 femmes défenseures des droits humains.
L’analyse de genre sous-tend la conception des programmes européens : 85 % des délégations de l’UE ont réalisé au moins une analyse de genre sectorielle, mais seulement 48 % d’entre elles effectuent des analyses de genre sectorielles pour l’ensemble de leurs secteurs prioritaires. Une nouvelle méthodologie d’analyse de genre tenant compte des conflits a été introduite en 2024. Toutefois, il serait nécessaire de mettre davantage l’accent sur la qualité des retombées et la mise en œuvre. La flexibilité et la surveillance des risques sont essentielles, en particulier dans les contextes présentant des niveaux élevés de fragilité.
Les organisations de défense des droits des femmes sont des partenaires stratégiques de l’UE. Les financements destinés à ces organisations sont passés de 46.6 millions EUR (2022) à 121 millions EUR (2023) à la faveur de dons subsidiaires et de programmes mondiaux comme ACT (Advocacy, Coalition Building, and Transformative Feminist Action) et WYDE. Des outils de financement innovants, tels que le Fonds européen pour le développement durable plus (FEDD+), le programme « Investir dans les jeunes entreprises en Afrique » (Investing in Young Business in Africa, IYBA) et la Facilité pour l’égalité des genres dans les pays du groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), soutiennent l’entrepreneuriat et l’inclusion financière des femmes. L’UE collabore également avec les institutions de financement du développement en vue d’intégrer l’égalité des genres dans les stratégies d’investissement et d’atteindre son objectif visant à faire en sorte que 85 % des financements tiennent compte de la problématique du genre.
Le suivi et l’établissement de rapports font partie intégrante des systèmes de l’UE. L’UE utilise des indicateurs fondés sur le genre et ventilés par genre, mais seulement 53 % des interventions avaient communiqué des données suffisantes fin 2024. Le cadre MORE (Monitoring, Reporting and Evaluation) pour les initiatives de l’Équipe Europe (IEE) reprend des indicateurs du GAP III. L’UE soutient également les partenaires de mise en œuvre à travers des formations et des activités d’assistance technique visant à améliorer le suivi.
Sur le plan interne, l’UE s’efforce de promouvoir une culture organisationnelle sensible au genre. Le personnel de direction reçoit une formation à l’encadrement tenant compte de la problématique du genre et 99 % des délégations comptent en leur sein un point de contact pour les questions de genre.