La présente publication constitue la première édition du Rapport sur les marchés de capitaux en Afrique. Le rapport examine le développement des marchés de capitaux sur le continent africain, apporte des éclairages sur la situation actuelle des marchés et les défis auxquels ils sont confrontés et présente des considérations relatives à l’action des pouvoirs publics. Il repose sur une base de données uniques de l’OCDE, ainsi que sur des analyses originales de données commerciales et librement accessibles. Compte tenu de la diversité des économies et de leurs stades de développement à travers le continent, le rapport se concentre principalement sur les économies à revenu intermédiaire, caractérisées par un certain niveau d’activité sur les marchés de capitaux et des structures de marché établies. Certaines sections du rapport pourront néanmoins s’avérer utiles à tout pays africain souhaitant renforcer et étendre le rôle des financements de marché dans son économie.
Le chapitre 1 examine le rôle croissant que les financements de marché peuvent jouer pour répondre aux défis du développement économique en Afrique. Il met en évidence le sous-développement relatif des marchés de capitaux dans la région, la dépendance au financement bancaire et les implications pour la viabilité de la dette et l’investissement climatique. Il s’intéresse également aux politiques en faveur des marchés de capitaux mises en place par les gouvernements africains, notamment les plans stratégiques nationaux, les initiatives régionales et les efforts visant à aligner les cadres financiers sur les normes internationales.
Le chapitre 2 traite de la situation des marchés d’actions et de la gouvernance d’entreprise en Afrique et expose les principaux obstacles à leur développement. Y sont analysés la taille des marchés, leur liquidité, les activités de négociation, les coûts, les structures actionnariales, ainsi que les pratiques de gouvernance d’entreprise en vigueur. Il s’achève en mettant en lumière cinq leviers majeurs que les pouvoirs publics peuvent actionner pour favoriser une croissance et un développement durables des marchés d’actions.
Le chapitre 3 analyse les marchés de la dette d’entreprise en Afrique, en mettant l’accent sur les obligations, les prêts syndiqués et le crédit privé. Il étudie leur évolution sur les vingt dernières années en replaçant ces tendances dans une perspective mondiale et met en évidence quatre domaines dans lesquels les pouvoirs publics doivent agir pour favoriser le développement du marché de la dette, en s’appuyant sur un examen des initiatives publiques existantes et des expériences internationales.
Le chapitre 4 s’intéresse au secteur de l’énergie en Afrique et souligne le rôle essentiel que jouent les marchés de la dette publique et privée pour atteindre les objectifs climatiques nationaux. Il présente plusieurs scénarios régionaux pour l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, ainsi que les défis liés à la mobilisation des marchés de la dette pour financer la transition bas carbone. Il examine également la croissance des marchés des obligations durables et passe en revue les politiques et les stratégies nationales pour diversifier les sources de financement des investissements climatiques.
Le chapitre 5 examine l’évolution de la dette souveraine négociable des pays africains, ainsi que les conditions macrofinancières sous-jacentes. Il analyse les difficultés rencontrées récemment, notamment la hausse des coûts d’emprunt, l’affaiblissement de la demande étrangère et les incertitudes géopolitiques susceptibles de peser sur les capacités d’emprunt des États. Il conclut en exposant les axes d’action prioritaires pour améliorer la liquidité des marchés obligataires en monnaie locale, réduire les vulnérabilités financières, renforcer l’efficacité de la politique monétaire et encourager l’investissement durable.
Le chapitre 6 étudie les cadres de gouvernance des entreprises publiques dans certains pays africains. Il passe en revue les principaux modèles d’actionnariat public et cadres juridiques, tout en soulignant l’importance d’un actionnariat public et d’une gouvernance efficaces comme fondements du développement des marchés de capitaux. Il présente enfin les priorités de l’action publique pour renforcer la transparence, la prévisibilité et le professionnalisme de l’État dans son rôle d’actionnaire, qui pourraient, par ricochet, soutenir la croissance et le développement des marchés de capitaux du continent.
Le chapitre 7 examine la situation de l’IA dans certains pays africains. Il passe en revue les applications de l’IA sur les marchés de capitaux et dans le secteur financier au sens large et recense les principaux obstacles à une adoption à grande échelle de cette technologie. Il présente également des considérations relatives à l’action des pouvoirs publics afin de faciliter un déploiement plus large, efficace et responsable de l’IA dans le secteur financier, en favorisant l’innovation et l’efficience dans l’ensemble des systèmes financiers africains.
Le chapitre 8 analyse le rôle des compagnies d’assurance et des fonds de pension sur les marchés de capitaux africains, dans leur fonction d’investisseurs institutionnels. Il met en lumière leur contribution à la croissance des marchés, examine les contraintes limitant leur participation et formule des recommandations visant à élargir leur rôle d’investisseurs et amplifier leur impact sur les marchés de capitaux du continent.
Ce rapport fait partie de la série de l’OCDE sur les marchés de capitaux, qui vise à faciliter la réflexion sur la manière dont les marchés de capitaux peuvent mieux orienter l’épargne des ménages vers l’investissement productif dans l’économie réelle. Ce rapport est produit dans le cadre d’un programme financé par la Commission des services financiers de Maurice visant à soutenir le développement des marchés de capitaux en Afrique.