L’OCDE apporte son concours à la 30e Conférence des Parties (COP30) à Belém, par ses analyses techniques qui doivent aider à obtenir des avancées, par la participation active de certains de ses hauts responsables aux travaux de la Conférence et aux manifestations organisées en marge de celle-ci, ainsi que via son Pavillon virtuel.
L’OCDE à la Conférence des parties (COP) à la CCNUCC
En vertu de son statut d’observateur auprès de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), l’OCDE contribue à l’action climatique mondiale et aux progrès en ce domaine lors de la conférence annuelle des Nations Unies sur le climat – la Conférence des Parties (COP) – en apportant ses analyses et éclairages stratégiques fondés sur des données probantes et en ménageant un espace de coopération et de dialogue à l’échelle multilatérale.
Coup de projecteur sur l’OCDE à la COP30, 10-20 novembre 2025 | En ligne et à Belém
Principaux thèmes portés par l’OCDE à la COP de cette année
Le Forum inclusif sur les approches d’atténuation des émissions de carbone (Forum inclusif) s’attache à optimiser l’impact global des efforts de réduction des émissions déployés dans le monde, et ce grâce à un meilleur partage des données et des informations, à l’apprentissage mutuel fondé sur des données probantes et à un dialogue multilatéral inclusif. Le Forum réunit 60 pays et territoires pour dresser un état des lieux des stratégies d’atténuation, évaluer leur efficacité et étudier les solutions qui permettraient de mesurer l’empreinte carbone des produits. Sa Base de données sur les politiques climatiques permettra des comparaisons détaillées entre pays et secteurs d’activité et offrira ainsi aux décideurs de précieux éclairages sur le champ couvert par ces politiques et les interactions qui existent entre celles-ci.
Le Groupe d’experts OCDE-AIE sur le changement climatique (CCXG) offre un espace unique en son genre, où des représentants des pouvoirs publics et des experts du monde entier peuvent nouer un dialogue constructif autour de questions clés et mettre en commun des analyses techniques afin de faciliter les négociations internationales ouvertes sous les auspices de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Les réunions tenues cette année sont venues étayer le cycle 2025 de Contributions déterminées au niveau national (CDN), ont éclairé le choix des indicateurs associés à l’Objectif mondial en matière d’adaptation (OMA) et ont permis de réfléchir à la marche à suivre en ce qui concerne le Nouvel objectif chiffré collectif pour le financement de l’action climatique.
L’OCDE contribue à la coordination internationale des stratégies de tarification du carbone par l’intermédiaire de la Plateforme du G7 sur les marchés du carbone en produisant des données factuelles et des analyses sur les marchés des crédits carbone dans le cadre d’efforts d’atténuation de plus vaste portée. L’OCDE cherche à aider les pouvoirs publics à améliorer la qualité de ces droits d'émission et à susciter la confiance autour des marchés du carbone, conditions requises pour que les volumes et les prix soient atteints.
Une analyse conjointe de l’OCDE et du PNUD montre que l’action climatique est clairement bénéfique sur le plan économique.
À l’heure où l’économie mondiale parvient à mieux découpler émissions et croissance (le PIB mondial a progressé de 22 % entre 2015 et 2022, contre 7 % seulement pour les émissions), nos analyses montrent que les contributions déterminées au niveau national (CDN) renforcées pourraient faire augmenter le PIB mondial de 3 % d’ici 2050 et de 13 % d’ici 2100 en réduisant les risques de dommages causés par les aléas climatiques.
L’intégration des priorités climatiques et des priorités en matière de développement, aussi bien au niveau national que local, peut avoir des retombées bénéfiques qui vont au-delà de la croissance du PIB. Il faut pour cela une participation effective du secteur privé, ainsi que l’optimisation de l’utilisation des finances publiques et le renforcement des institutions financières internationales. L’intégration de mesures propices au développement dans les CDN permettrait de sortir 175 millions de personnes supplémentaires de l’extrême pauvreté d’ici 2050 tout en renforçant la résilience et l’équité énergétique. Les mesures visant à réduire les émissions dans des secteurs tels que le transport et l’énergie améliorent la qualité de l’air et la santé des individus et par là même abaissent les taux de morbidité, réduisent le coût des soins de santé et accroissent la productivité. Le renforcement de la sécurité des approvisionnements énergétiques grâce à un bouquet énergétique équilibré permet de maîtriser la volatilité des prix et de les rendre plus abordables.
Par ses recommandations d’action fondées sur des éléments probants, l’OCDE aide les pouvoirs publics à passer des paroles aux actes en matière d’atténuation du changement climatique, d’adaptation à ses effets et de tarification carbone.
Mesurer les progrès accomplis au regard des engagements dans le domaine du climat :
L’analyse, faite par l’OCDE, de l’évolution et de la rigueur des mesures climatiques dans 96 pays ainsi que dans l’UE montre que l’action climatique ralentit et que la transposition en droit des objectifs de neutralité carbone piétine elle aussi. (plus de précisions dans L’Observateur de l’action climatique 2025).
Suivre les politiques de tarification carbone :
La part des émissions de GES assujettie à une taxe carbone ou couverte par un système d’échange de droits d’émission progresse depuis quelques années dans 79 pays représentant 82 % des émissions mondiales, d’après une analyse de l’OCDE à paraître au cours de la COP30. L’édition 2025 de la publication Taux effectifs sur le carbone s’intéresse à la manière dont l’élargissement de cette couverture coïncide avec la mise en œuvre, par les pays, de politiques de tarification du carbone toujours plus diversifiées et souples, qui tiennent compte de considérations telles que la sécurité énergétique, l’accessibilité de l’énergie et la compétitivité, ainsi que le coût de la vie. Les données et les analyses de l’OCDE sur les taxes sur l’énergie et la tarification des émissions peuvent aider les responsables de la formulation des politiques à dégager des priorités et bâtir des stratégies équilibrées de réduction des émissions.
Soutenir la conception de politiques efficaces en matière d’adaptation au changement climatique :
Le coût économique des sécheresses a augmenté de 7.5 % par an depuis l’an 2000 et pourrait encore doubler d’ici 2035, d’après les Perspectives mondiales des sécheresses de l’OCDE. Depuis 1900, la superficie terrestre mondiale touchée par les sécheresses a doublé et, à présent, 40 % des terres de la planète subissent des épisodes de plus en plus fréquents et intenses. Chaque dollar investi dans la résilience face à la sécheresse peut rapporter jusqu’à 10 dollars de gains économiques.
D’après les estimations de l’OCDE relatives aux coûts du changement climatique pour les entreprises, dix jours supplémentaires de forte chaleur feraient perdre, en moyenne, 0.3 % de productivité. L’adaptation peut atténuer une partie de ces pertes, mais elle est encore insuffisante à l’heure actuelle.
Lier les politiques climatiques à l’action en matière de biodiversité, d’utilisation des terres et de pollution :
Le changement climatique, le recul de la biodiversité et la pollution sont autant de problèmes apparentés, qui sont issus des mêmes causes, exercent des pressions aux effets réciproques et procèdent de dynamiques qui s’entretiennent mutuellement. Exploiter les interactions qui existent entre eux et entre des secteurs comme l’agriculture, la foresterie et les autres affectations des terres et les systèmes alimentaires ouvre de vastes horizons à l’atténuation du changement climatique et à l’adaptation à ses effets. Les mesures prises en conséquence par les pouvoirs publics doivent être mieux intégrées, tenir compte des arbitrages nécessaires et être mieux alignées.
L’analyse réalisée par l’OCDE montre que les incitations positives en faveur de la biodiversité, comme les paiements au titre de services écosystémiques, la compensation des atteintes à la biodiversité et les impôts et taxes peuvent servir à la fois des objectifs environnementaux et des objectifs budgétaires, à travers la mobilisation de financements publics et privés et la création de recettes fiscales. Les taxes liées à la biodiversité, par exemple, représentent 10.6 milliards USD de recettes par an dans les pays de l’OCDE, et ce montant pourrait encore croître.
Les pays peuvent accélérer les progrès en direction des objectifs climatiques en renforçant, élargissant et coordonnant davantage leurs mesures de politique publique, notamment dans le secteur de l’agriculture, de la foresterie et des autres affectations des terres (AFAT). L’Inventaire OCDE des politiques favorables à l’atténuation dans le secteur AFAT (PIMA-AFOLU, Policy Inventory for Mitigation Actions in Agriculture, Forestry and Other Land Use Sectors) doit les aider les pays à suivre les progrès accomplis dans le domaine de l’élaboration des politiques, à concevoir des politiques meilleures et à coordonner leur action à l’échelle internationale.
Financer l’action climatique :
Il faut, pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, mobiliser des moyens financiers en conséquence et aligner l’ensemble des flux financiers sur les objectifs climatiques. L’OCDE s’attache à suivre les progrès au regard de l’engagement pris de mobiliser 100 milliards USD par an jusqu’en 2025, à contribuer au suivi du nouvel objectif chiffré collectif et à évaluer la climato-compatibilité du système financier mondial.
Ses analyses révèlent que les pays développés ont dépassé leur engagement en 2022, puisqu’ils ont fourni et mobilisé 115.9 milliards USD au titre de l’action climatique dans les pays en développement. Les données préliminaires donnent à penser que cet objectif a sans doute été de nouveau atteint en 2023. L’OCDE publiera en 2026 son prochain rapport sur l’engagement de fournir 100 milliards USD, et ce rapport contiendra des données chiffrées sur les années 2023 et 2024. Dans la perspective du nouvel objectif chiffré collectif, une analyse du Groupe d’experts sur le changement climatique (CCXG) de l’OICDE et de l’AIE souligne combien il est important que toutes les parties intéressées aient une même compréhension de ce qu’il faut faire pour atteindre l’objectif de mobiliser au moins 300 milliards USD par an d’ici 2035 et répondre à l’appel à porter l’aide financière à pas moins de 1 300 milliards USD par an d’ici 2035. Cette analyse entend y contribuer en mettant en relief des solutions propres à accroître la transparence, mieux délimiter le champ d’action et renforcer la mobilisation de capitaux privés.
Aligner la finance sur les objectifs climatiques :
La diffusion d’informations en matière de durabilité par les entreprises cotées en bourse progresse puisqu’elle concernait 91 % de la capitalisation boursière mondiale en 2024, contre 86 % en 2022, d’après le Rapport mondial sur la durabilité des entreprises publié par l’OCDE en 2025. Le secteur le plus exemplaire de ce point de vue est celui de l’énergie, où les entreprises qui se plient à cet exercice représentent 94 % de la capitalisation boursière. Dans la mesure où les entreprises utilisent des normes et des cadres comptables différents pour communiquer ces informations, des améliorations sont nécessaires en ce domaine pour répondre aux Principes de gouvernance d’entreprise du G20 et de l’OCDE.
Il reste encore beaucoup à faire pour mobiliser des investissements privés alignés sur les objectifs climatiques et réorienter les financements traditionnels au service de la transition et au détriment d’activités qui compromettent la résilience au changement climatique. La seconde édition de l’Examen OCDE de l’alignement de la finance sur les objectifs climatiques – à paraître en juin 2026 – fournira de nouvelles données et de nouveaux éclairages sur les flux et les stocks financiers, ainsi que sur les politiques liées au climat applicables au secteur financier, au niveau mondial et national.
Compte tenu du rythme de croissance actuel, le déficit d’investissement en faveur de la transition climatique dans les MEED, à l’exclusion de la Chine, devrait atteindre 10 000 milliards USD, à l’horizon 2050, au regard des objectifs énoncés dans l’Accord de Paris. Cela représente environ 400 milliards USD par an entre maintenant et 2050. Si le secteur privé doit assumer l’essentiel de la charge financière, il faudra que, sur les marchés émergents, les marchés obligataires des entreprises du secteur de l’énergie quadruplent d’ici 2035.
Accompagner les individus durant les transitions climatiques :
Il est essentiel, pour susciter l’adhésion des populations et mener une action climatique efficace, de veiller à ce que chacun ait les meilleures chances de tirer parti des nouvelles possibilités ouvertes par la transition climatique, tout en aidant les individus qui pourraient avoir à pâtir des bouleversements occasionnés.
L’OCDE met actuellement à l’essai la grille d’évaluation de la culture climatique des élèves devant être utilisée dans le cadre du PISA 2029 pour sensibiliser le grand public au changement climatique et influencer les comportements à l’égard de l’action climatique. La plupart des pays de l’OCDE ont pris des mesures afin d’accompagner les changements attendus sur le marché du travail, mais des ajustements pourraient se révéler nécessaires pour mieux protéger les travailleurs peu qualifiés des conséquences de la transition vers la neutralité carbone et atténuer les répercussions à l’échelle régionale ainsi que les effets redistributifs.
Groupes d’activation de l’Agenda d’action de la COP30
L’OCDE contribue activement à plusieurs des 30 groupes d’activation créés pour constituer une force motrice de l’Agenda d’action de la COP30 sous la présidence du Brésil. L’Agenda d’action est guidé par le Bilan mondial et conçu pour mobiliser des acteurs extérieurs aux négociations de la COP, mais essentiels pour transformer les accords en actions.
Les groupes d’activation contribueront à la mise en place d’un « grenier de solutions » – une plateforme ouverte d’actions climatiques concrètes et reproductibles à grande échelle. L’OCDE participe directement aux groupes d’activation à Belém par le biais d’initiatives et d’événements de longue date, dans des domaines tels que le renforcement de la résilience économique face au changement climatique, la mobilisation de financements pour l’énergie propre, la gestion de l’eau, la suppression des incitations aux combustibles fossiles et le développement de marchés du carbone efficaces.
Regardez notre vidéo : La COP30, une occasion de relancer les progrès
Pavillons virtuels de l’OCDE à la COP
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