Le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest de l’OCDE (OCDE/CSAO) et le Greater Accra Passenger Transport Executive (GAPTE) ont organisé un webinaire sur la manière dont les données et la planification inclusive pouvaient soutenir des systèmes de transport urbain plus durables et sensibles aux questions de genre en Afrique.
Des experts y ont présenté les résultats d’un projet collaboratif mené au Ghana, montrant comment de nouvelles données avaient alimenté le Plan de mobilité urbaine durable d’Accra et offert des enseignements pour d’autres villes africaines œuvrant à construire une mobilité accessible et centrée sur les citoyens.
Contexte :
Les villes africaines connaissaient une expansion rapide et les systèmes de transport peinaient à suivre le rythme. À Accra, la majorité des déplacements quotidiens se faisait à pied ou en trotros — minibus informels qui desservaient la plupart des habitants. Pourtant, les voitures, utilisées par une petite minorité, dominaient l’espace routier et orientaient les priorités de planification.
Ce déséquilibre alimentait la congestion, limitait l’accès aux services essentiels et accroissait les émissions. L’empreinte urbaine d’Accra avait augmenté de plus de 400 % entre 1985 et 2020, laissant de nombreux quartiers déconnectés des marchés, écoles et centres de santé.
Ces écarts d’accès ne touchaient pas tout le monde de la même façon. Les données désagrégées par genre montraient que femmes et hommes vivaient la mobilité différemment, les femmes payant souvent un prix plus élevé, en temps comme en argent. Les lacunes dans la planification des transports et de l’aménagement du territoire renforçaient souvent ces inégalités.
Les choix faits à ce moment-là étaient déterminants : ils façonnaient l’avenir des villes, qui risquaient soit de s’enfermer dans des modèles à fortes émissions, soit de progresser vers des solutions inclusives et bas-carbone — à Accra comme ailleurs en Afrique.
Cette initiative collaborative — menée par l’OCDE/CSAO, GAPTE et l’Université du Ghana, avec la contribution du Forum international des transports de l’OCDE et le soutien de la Coopération suisse au développement — avait étudié ces défis en profondeur. Elle avait cartographié l’accès aux services essentiels, analysé les dynamiques de mobilité selon le genre et exploré les trajectoires de mobilité futures.
En évaluant des options telles que le bus à haut niveau de service, l’extension du réseau de trotros ou encore des infrastructures plus sûres pour la marche et le vélo, le projet avait généré des stratégies pour éclairer la planification des transports à l’échelle de la ville et inspirer des systèmes de mobilité plus inclusifs, accessibles et résilients à travers l’Afrique.
Objectifs :
Présenter les enseignements tirés de l’expérience ghanéenne afin de montrer comment l’analyse spatiale, les données désagrégées par genre et les scénarios de mobilité future pouvaient nourrir les décisions politiques et de planification, y compris le Plan de mobilité urbaine durable d’Accra.
Favoriser le dialogue entre acteurs locaux, nationaux et régionaux sur la manière dont les innovations locales pouvaient inspirer des stratégies de transport à plus grande échelle en Afrique, et mettre en lumière des pistes concrètes pour promouvoir un transport urbain accessible, inclusif et résilient face au climat.