La part de la population âgée de 65 ans et plus devant atteindre 27 % d'ici 2050, les pays de l'OCDE doivent adapter leurs systèmes de santé pour offrir des soins plus efficaces et de meilleure qualité aux personnes atteintes de maladies chroniques, tout en évitant un recours inutile aux services hospitaliers et spécialisés. En constituant le principal point de contact pour les patients, en particulier pour ceux qui ont des besoins de soins complexes, des soins de santé primaires solides sont un moyen efficace d'améliorer la coordination des soins et les résultats sanitaires, et de réduire les dépenses inutiles en limitant les hospitalisations superflues et les coûts qui y sont associés dans les hôpitaux.
Soins de santé primaires
Les soins de santé primaires peuvent sauver des vies et économiser de l'argent tout en favorisant l'égalité d'accès aux traitements médicaux. Pour ce faire, les prestataires de soins de santé primaires doivent être la première source de soins pour les patients, être en mesure de répondre à la majorité de leurs besoins, connaître leurs antécédents médicaux et aider à coordonner les soins avec d'autres services de santé, le cas échéant.
Messages clés
Au cours de la première phase de la pandémie de COVID-19, l'accent a été mis sur le renforcement des capacités hospitalières. Cependant, la pandémie a aussi profondément affecté la santé de nombreuses personnes qui vivent avec des problèmes de santé sous-jacents. Les personnes souffrant de maladies chroniques sont non seulement très vulnérables aux complications et aux décès dus au COVID-19, mais elles souffrent également des perturbations de leur routine de soins.
Les efforts en matière de soins de santé primaires axés sur la prévention doivent être renforcés afin d'améliorer la détection précoce et la gestion à long terme des maladies chroniques, permettant ainsi aux personnes de mieux contrôler leur santé. Ce faisant, les sociétés et les systèmes de santé peuvent être mieux préparés à faire face aux futurs chocs sanitaires lorsqu'ils surviendront.
La pandémie de COVID-19 a eu un impact considérable sur les systèmes de santé des pays d'Amérique latine. Au Pérou et au Mexique, la surmortalité était plus élevée que dans n'importe quel autre pays du monde, deux à trois fois plus élevée que la moyenne de l'OCDE. Sept pays d'Amérique latine sont restés à la traîne des autres pays de l'OCDE en termes de soins préventifs et ont eu du mal à maintenir les soins de routine pendant la pandémie de COVID-19, ce qui révèle les limites des soins de santé primaires à absorber l'impact de la pandémie de COVID-19 et à s'en remettre. Une prévention plus efficace au niveau des soins de santé primaires permettra aux systèmes de santé d'être mieux préparés et plus résistants pour faire face à de futurs chocs à fort impact.
Contexte
Hospitalisations évitables
Les soins de santé primaires n'ont pas toujours réussi à éviter les hospitalisations. Les taux d'hospitalisation pour l'asthme et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), qui sont largement évitables grâce à un bon accès à des soins primaires de qualité, variaient de 15 fois dans les pays de l'OCDE en 2021. Le Mexique, l'Italie et le Chili affichaient les taux les plus bas, trois fois inférieurs à la moyenne de l'OCDE, tandis que l'Australie et le Danemark enregistraient les taux les plus élevés, plus de deux fois supérieurs à la moyenne de l'OCDE.
Ces résultats s'expliquent par le fait que l'accent n'est pas suffisamment mis sur la prévention. En proportion des dépenses totales de santé, les dépenses de prévention ont atteint 5 % en 2021, mais la plupart d'entre elles étaient liées à des mesures d'urgence limitées dans le temps en rapport avec la gestion du COVID-19 - comme les tests, la surveillance et les campagnes de vaccination - plutôt qu'à des investissements planifiés à long terme en faveur de la santé de la population.
L'impact du COVID-19 sur les soins primaires
En plus de présenter un risque plus élevé de symptômes graves liés au virus COVID-19, les personnes atteintes de certaines maladies chroniques ont été touchées par l'interruption des soins. En moyenne, 37 % des personnes ayant indiqué souffrir d'une maladie chronique grave ont déclaré avoir annulé ou reporté des soins, contre seulement 26 % des personnes ne souffrant pas d'une maladie chronique.
Le maintien des soins de routine a également posé d'autres problèmes. Par exemple, en Amérique latine, la couverture vaccinale a connu d'importants changements, les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche chez les enfants d'un an accusant une baisse de 8 % en 2020 par rapport à la moyenne 2015-2019. Les services de dépistage et de détection précoce du cancer ont également été fortement perturbés.
Accès aux médecins de premier recours
Les consultations avec les médecins de premier recours constituent pour beaucoup le contact le plus fréquent avec les services de santé et sont souvent le point de départ d'un traitement médical. La disponibilité d'un nombre suffisant de médecins généralistes ou de médecins de famille est un facteur crucial pour garantir que les gens puissent accéder aux soins dont ils ont besoin en temps voulu. Cependant, ils représentaient moins d'un quart (23 %) de l'ensemble des médecins en moyenne dans les pays de l'OCDE en 2021, allant d'environ la moitié au Portugal, au Chili et au Canada à seulement 6 % en Corée et en Grèce.
Les écarts importants entre les pays peuvent être partiellement attribués aux différences dans la manière dont les médecins sont classés. Par exemple, aux États-Unis et en Israël, les médecins généralistes en médecine interne jouent souvent un rôle similaire à celui des médecins généralistes dans d'autres pays, tout en étant classés parmi les spécialistes.
Sujets associés
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L'évaluation des performances des systèmes de santé est un élément essentiel pour garantir que ceux-ci répondent aux besoins et aux préférences des populations en matière de santé et fournissent des soins de santé accessibles et de haute qualité pour tous. Elle aide les décideurs politiques à identifier les domaines à améliorer, à allouer au mieux les ressources et à évaluer la réalisation des objectifs clés. Le cadre renouvelé de l'OCDE pour l'évaluation des systèmes de santé guide les travaux de l'OCDE en matière d'analyse comparative internationale. L'OCDE aide également les pays à élaborer des cadres d'évaluation des systèmes de santé adaptés à leur contexte et à leurs besoins spécifiques.En savoir plus
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Garantir la sécurité des patients pendant les soins médicaux reste une question urgente dont les coûts sociaux et économiques sont considérables. On estime que jusqu'à 13 % des dépenses de santé dans les pays de l'OCDE sont consacrées au traitement des patients qui ont subi un préjudice pendant les soins. Une grande partie de ces dommages peut être évitée grâce à une action coordonnée et à un investissement adéquat dans le développement de systèmes de santé plus sûrs.En savoir plus