D'après les prévisions de l’OCDE, l'aide publique au développement (APD) devrait enregistrer une baisse comprise entre 9 % et 17 % en 2025, qui viendrait s’ajouter à la diminution de 9 % observée en 2024. Les perspectives au-delà de 2025 restent pour leur part très incertaines.
Cette baisse prévue est essentiellement due aux réductions annoncées par quatre grands fournisseurs d’APD. Pour la première fois en près de 30 ans, l’Allemagne, les États‑Unis, la France et le Royaume‑Uni ont tous diminué leur APD en 2024. Si les baisses annoncées se concrétisent en 2025, on assistera pour la première fois de l'histoire à une réduction simultanée, et sur deux années consécutives, de l’APD consentie par ces quatre pays.
En 2027, l’APD devrait retomber aux niveaux de 2020. Or, les besoins continuent de croître et ce sont les pays les plus pauvres et les services essentiels qui pâtiront le plus lourdement de ce recul.
En 2025, les pays les moins avancés (PMA) devraient subir une diminution comprise entre 13 % et 25 % de l'APD bilatérale nette fournie par les pays du CAD. Cette baisse pourrait atteindre entre 16 % et 28 % pour les pays d'Afrique subsaharienne.
Dans le domaine de la santé, l’APD bilatérale devrait afficher une baisse pouvant aller de 19 % à 33 % en 2025 par rapport à 2023, poursuivant ainsi la tendance à la baisse qui a fait suite aux niveaux élevés liés au soutien apporté face au COVID‑19. En 2025, l’APD allouée à la santé devrait chuter en dessous des niveaux antérieurs au COVID-19.
Les baisses anticipées des dotations aux organisations multilatérales pourraient entrainer une seconde vague de diminutions des apports aux pays les plus pauvres et aux services essentiels. En 2023, près de la moitié de l’APD allouée aux PMA a été acheminée via les canaux multilatéraux. Les onze fournisseurs qui ont annoncé des baisses de leur APD représentent entre 62 % (OMS) et 87 % (PAM) des financements aux grandes organisations multilatérales intervenant dans le domaine de la santé ou de l'humanitaire.
Une action coordonnée s’impose pour éviter de léser profondément les pays et les populations dont les besoins sont les plus grands. Les fournisseurs pourraient ainsi :
Partager leurs plans prospectifs, leurs informations et leurs analyses sur les répercussions de l’évolution des niveaux et des dotations d’APD, étayés par des données et d’autres éléments factuels ;
Collaborer entre eux et avec les pays et territoires bénéficiaires de l’APD pour trouver des solutions permettant de combler les pénuries de financement, de préserver les programmes et les investissements à plus fort impact et de conserver leur caractère prioritaire, en particulier s’agissant de ceux qui bénéficient aux pays, aux secteurs et aux populations dont les besoins sont les plus importants ;
Diversifier les partenaires, mettre en commun les ressources, catalyser les investissements du secteur privé, le cas échéant, et soutenir la mobilisation des ressources intérieures.
Réductions de l'aide publique au développement
Principaux messages
Copier le lien de Principaux messagesQuels pays et secteurs les diminutions de l'aide publique au développement pourraient-elles toucher en 2025 et à court terme ? La présente Synthèse tente de répondre à cette question sur la base d’une enquête menée auprès des membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE et de leurs annonces publiques, en établissant des projections de l’APD pour la période allant de 2025 à 2027 (voir la méthodologie à l’Encadré 1). Ses projections reposent sur des calculs de l’OCDE et peuvent différer des chiffres définitifs. L'analyse qui y est exposée et les données qui la sous-tendent1 ont pour objectif de concourir aux efforts visant à coordonner, planifier et hiérarchiser les affectations de ressources plus limitées.
Si les tendances en matière d’affectation de l’aide observées ces dernières années se poursuivent, ce sont les PMA, les pays d'Afrique subsaharienne et le secteur de la santé qui devraient être particulièrement exposés à la diminution des financements concessionnels publics. Les projections n’ont toutefois rien d’inéluctable. Il est encore temps pour les fournisseurs de s’employer à inverser la tendance et à revoir leurs baisses au cours des années à venir, et de coopérer de manière plus efficace pour allouer l’APD disponible de manière à soutenir les plus pauvres et les plus vulnérables.
Quelle est la situation actuelle ?
Copier le lien de Quelle est la situation actuelle ?En 2024 (dernière année pour laquelle on dispose de données officielles), l’APD a chuté de 9 % en termes nets2 (OCDE, 2025[1]). L’OCDE prévoit un repli supplémentaire compris entre 9 % et 17 % en 2025. Les perspectives au-delà de 2025 restent incertaines, certains signes laissant présager de nouvelles baisses globales significatives.
Onze membres du CAD de l’OCDE3 ont annoncé publiquement des réductions de leur APD pour la période 2025-27. Ensemble, ces pays comptaient pour près des trois quarts de l’APD totale en 2024, ce qui explique le choc brutal que ces annonces représentent pour la coopération internationale pour le développement. Quatre d’entre eux - Allemagne, États-Unis, France et Royaume Uni - représentaient près des deux tiers cumulés de l’APD totale au cours de la dernière décennie, près d’un quart pour les seuls États-Unis. 2024 a été la première année depuis 1995 où ces quatre fournisseurs ont tous simultanément diminué leurs budgets d’APD. Les nouvelles baisses annoncées signifient que pour la première fois de l'histoire, une baisse de l’APD nette de ces quatre fournisseurs pourrait être enregistrée en 2025, pour la deuxième année consécutive.
En dépit des augmentations de l’APD prévues par la Corée, l’Espagne et l’Irlande4 – et des engagements d'autres membres de maintenir leurs niveaux élevés existants d’APD (Danemark, à 0.7% du RNB, Norvège et Luxembourg, à 1 % chacun du RNB) ou d'atteindre des objectifs spécifiques en matière de ratio APD/RNB5 – l’APD devrait en 2027 retomber aux niveaux inférieurs à 2020. Si les niveaux resteront au-dessus de ceux en vigueur en 2019, avant la pandémie, les baisses projetées risquent de mettre à mal les avancées accomplies récemment, à un moment où les besoins ne cessent de croître dans les pays et territoires bénéficiaires de l’APD6 (ci-après désignés les « bénéficiaires de l’APD »).
L’APD joue des rôles différents dans la combinaison de financements dont dispose chaque pays bénéficiaire. Dans les PMA et dans certains pays d’Afrique subsaharienne, les financements concessionnels comme l’APD représentent la plus grande partie des apports financiers internationaux lorsque l'investissement direct étranger est faible et volatile, et que le coût élevé du capital entrave l'accès à d'autres sources. Des recherches de l’OCDE ont montré que les financements privés mobilisés bénéficient jusqu'à présent en grande mesure aux pays à revenu intermédiaire (OCDE, 2023[2]). L’APD est par ailleurs souvent fortement concentrée dans les secteurs sociaux, tels que la santé et l’éducation, ainsi que d'autres services essentiels. Si les bénéficiaires de l’APD restent les principaux acteurs des résultats en termes de développement, l’APD, lorsqu’elle cesse brutalement, est difficile à remplacer rapidement par d'autres sources de financement - en particulier par des sources qui soient aussi flexibles, ciblées et axées sur la réduction de la pauvreté.
L’ampleur des baisses annoncées par les principaux fournisseurs en termes de volume, et le délai entre l'annonce et la mise en œuvre de ces baisses signifient également que leurs répercussions ne devraient pas se limiter à une chute de l’APD sur une année, mais que ces diminutions témoignent plutôt d’une évolution plus systémique qui pourrait se faire sentir jusqu’à au moins 2028 (Encadré 2).
Encadré 1. Méthodologie d'établissement des prévisions de l’APD de 2025 à 2027
Copier le lien de Encadré 1. Méthodologie d'établissement des prévisions de l’APD de 2025 à 2027Tous les montants ont été ajustés en estimations exprimées en USD pour une année de référence unique (2023) afin de permettre les comparaisons dans le temps. Les taux de change et déflateurs du PIB utilisés pour cet ajustement proviennent de la base de données des Perspectives économiques de l’OCDE no 116.
APD totale
Les projections de l’APD totale reposent sur trois approches :
Les réponses des membres du CAD à une enquête de l’OCDE consacrée à leurs budgets d’APD pour les trois prochaines années, menée en avril 2025. Vingt-six des trente-trois membres avaient répondu à cette enquête en juin 2025.
Les annonces officielles des membres du CAD concernant leurs futurs budgets d’APD.
Lorsque des informations n’ont pu être tirées d’aucune des deux sources précédentes, les projections ont été établies en multipliant les ratios APD/RNB préliminaires pour 2024, tels que publiés par l’OCDE en avril 2025, par les prévisions de RNB pour 2025-27. Les prévisions de RNB reposent sur l’application des taux de croissance prévus du produit intérieur brut (PIB) (publiés par le Fonds monétaire international dans ses Perspectives de l'économie mondiale d'avril 2025) aux estimations de RNB indiquées par les membres à compter de 2024.
Ces approches ont abouti à des projections de l’APD totale des pays membres du CAD en 2025-27 sur la base de deux scénarios : un scénario de « réduction la plus faible » et un scénario de « réduction la plus forte ». La principale différence entre ces deux scénarios a trait au calcul des projections d’APD pour les États‑Unis. Le scénario de « réduction la plus faible » rend compte d'une baisse de 38 % des dotations à USAID pour 2025 par rapport à 2024, sur la base d'une approche prudente publiée par le Center for Global Development concernant les baisses sur les engagements de l’exercice budgétaire 2024-25 (Sandefur et Kenny, 2025[3]). Le scénario de « réduction la plus forte » rend compte d'une baisse de 82 % des dotations à USAID pour 2025 par rapport à 2024, sur la base de l'annonce faite par le Secrétaire d'État des États-Unis en mars 2025 de la suppression de 82 % des programmes d’USAID.
Études de cas
Les projections au niveau désagrégé ont essentiellement fait fond sur trois études de cas relative à : l’APD bilatérale destinée aux PMA ; l’Afrique subsaharienne ; et aux activités relatives au secteur santé et population. Pour chaque pays fournisseur, l’OCDE a appliqué des projections de l’APD totale à la proportion que représente ce pays dans l’APD bilatérale nette aux PMA, à l’Afrique subsaharienne et au secteur de la santé, sur la base de données d’années antérieures. Pour les PMA et les pays d’Afrique subsaharienne, les proportions appliquées reposaient sur les moyennes dans l’APD bilatérale en 2023 et 2024 (chiffres préliminaires de l’APD). Pour ce qui est de la santé, les données préliminaires de l’APD de 2024 n'étant pas disponibles, seule la part de l’APD bilatérale en 2023 a été utilisée. Ces projections désagrégées reposent sur des projections de l’APD totale ; les scénarios de « réduction la plus faible » et de « réduction la plus forte » ont par conséquent été appliqués à chacune d’entre elles.
Sources : (Sandefur et Kenny, 2025[3]) ; (FMI, 2025[4]) ; (OCDE, 2025[5]). (2025[5])
Après avoir diminué de 9 % en 2024, l’APD nette devrait enregistrer une nouvelle baisse comprise entre 9 % et 17 % en 2025.
Copier le lien de Après avoir diminué de 9 % en 2024, l’APD nette devrait enregistrer une nouvelle baisse comprise entre 9 % et 17 % en 2025.L’APD devrait diminuer en 2025, et l’inversion de croissance entamée en 2020 devrait se poursuivre. L’OCDE prévoit une baisse comprise entre 9 % et 17 % en 2025, ce qui ramènerait l’APD nette entre 186 milliards USD (scénario de « réduction la plus faible ») et 170 milliards USD (scénario de « réduction la plus forte) (Graphique 1). En termes de volume, le scénario de « réduction la plus forte » représenterait un repli de 35 milliards USD par rapport à 2024 - en plus de la baisse de 21 milliards USD d’APD déjà observée en 2024, soit une diminution sur deux ans de 56 milliards USD par rapport aux niveaux de 2023.
Graphique 1. Après avoir augmenté afin de répondre aux demandes créées par les crises consécutives récentes, l’APD devrait poursuivre son recul en 2025 et à court terme
Copier le lien de Graphique 1. Après avoir augmenté afin de répondre aux demandes créées par les crises consécutives récentes, l’APD devrait poursuivre son recul en 2025 et à court termeÉvolution de l’APD totale des pays du CAD, 2000-24 (données officielles) et 2025-27 (projections), en milliards USD (prix constants de 2023)
Note : Les données concernant 2001-23 correspondent aux statistiques finales communiquées à l’OCDE. Les données relatives à 2024 sont préliminaires. Les estimations pour 2025-27 donnent une fourchette pour l’APD selon les projections – de plus amples informations sur la méthodologie sont disponibles à l’Encadré 1.
Source : OCDE (2025[5]), Explorateur des données de l’OCDE, CAD1 : Flux par fournisseur (APD+AASP+privé), http://data-explorer.oecd.org/s/od ; OCDE (2025[6]), Explorateur des données de l’OCDE, CAD2A : Versements d'aide (APD) vers les pays et régions, http://data-explorer.oecd.org/s/ob.
Les perspectives à l’horizon 2027 sont similaires et font état d'une diminution de l’APD comprise entre 10 % et 18 % au cours de la période allant de 2024 à 2027. Les projections pour la période 2024-27 témoignent d'une incertitude élevée après 2025, les budgets pour 2026 et 2027 n’ayant pas encore été arrêtés, et les calendriers et processus budgétaires nationaux variant entre les membres du CAD (OCDE, 2021[7]). Aux États‑Unis en particulier, le budget proposé et les mesures d'annulation de crédits pour l’exercice budgétaire de 2026 pourraient se traduire par une diminution plus prononcée de l’aide étrangère américaine en 2027 et au-delà (Encadré 2).
Projections pour 2025 au regard du RNB
L’APD en pourcentage du RNB constitue une mesure essentielle de l’effort budgétaire consenti par les fournisseurs. En 2025, selon les projections de l’OCDE, la part du RNB consacrée à l’APD7 va chuter à 0.30 % (scénario de réduction la plus faible) ou 0.27 % (scénario de réduction la plus forte), soit les niveaux les plus bas depuis, respectivement, 2019 et 2007. Si les membres du CAD avaient maintenu les mêmes ratios APD/RNB qu’en 2024, l’APD totale aurait augmenté de 1.2 % en volume, au lieu d’afficher un recul compris entre 9 % et 17 % en 2025.
Encadré 2. Perspectives de l’aide étrangère des États-Unis
Copier le lien de Encadré 2. Perspectives de l’aide étrangère des États-UnisEn 2025, les États‑Unis ont annoncé une baisse considérable de leur aide étrangère (Pamuk, 2025[8]). La demande de crédits budgétaires du Département d’État pour l’exercice 2026 prévoit :
Une diminution de deux tiers des financements des programmes bilatéraux en matière de santé mondiale, notamment une baisse de 50 % des fonds alloués au VIH/Sida et la suppression des dotations au Fonds mondial, au GAVI, l’Alliance du vaccin et à l’Organisation mondiale de la santé.
La suppression des financements au guichet concessionnel de la Banque africaine de développement, soit une diminution de 155 millions USD au cours de 2026-28 pour la 17e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-17).
Une diminution de 75 % des financements de la Millennium Challenge Corporation (dont bénéficient 51 pays en développement appartenant à divers groupes de revenu).
Des dotations à trois nouveaux comptes : 1.5 milliard USD pour le Fonds d’aide d’urgence du Président pour les réfugiés et les migrations ; 2.9 milliards USD pour le fonds America First Opportunities Fund1 ; et 2.5 milliards USD pour un compte d’aide humanitaire internationale qui regroupe deux entités (un compte et un fonds) et représente une baisse de 66 % par rapport aux niveaux de l’exercice 2025 (Département d’État américain, 2026[9]).
Au moment de la publication de la présente Synthèse, la demande de crédits budgétaires du Département d’État pour l’exercice 2026 était au Congrès pour auditions et approbation budgétaires. La plupart des fonds doivent être engagés dans un délai de 2 ans après leur approbation. Les dépenses et les versements ne peuvent commencer que lorsque les fonds ont été approuvés, soit généralement au cours d’une période de deux à quatre ans – parfois plus longue – suivant l’approbation. Cela signifie que la plupart des versements liés à l’exercice budgétaire 2026 devraient se concrétiser fin 2027 et au cours des années suivantes.
La demande de crédits budgétaires pour l’exercice 2026 propose également une annulation de 9.6 milliards USD en autorité budgétaire approuvée précédemment pour l’État et les affaires internationales (Département d’État américain, 2025[10]). Le 12 juin, la Chambre a approuvé l’annulation de 8.3 milliards USD d’aide étrangère approuvés précédemment (Chambre des représentants des États-Unis, 2025[11]). L’entrée en vigueur de ces mesures est soumise à l’approbation du Sénat avant la mi-juillet (Collinson et Hurley, 2025[12]). Si elles sont approuvées, ces baisses — qui touchent essentiellement la santé à l’échelle mondiale et l’aide en cas de catastrophe — entraîneraient une diminution des versements à compter de 2026, qui viendrait s’ajouter aux réductions prévues dans ces secteurs.
Depuis 2025, une petite proportion de crédits approuvés au titre de budgets précédents a été engagée par USAID ou le Département d’État, qui supervise désormais l’aide étrangère (Center for Global Development, 2025[13]). Le renforcement des capacités du Département d’État de gérer ces crédits prendra du temps après l'arrêt progressif de l’activité opérationnelle d’USAID. Les États-Unis pratiquent peu l’aide directe, de gouvernement à gouvernement. Ils s’appuient largement sur les OSC et sur des fournisseurs — qui sont pour la plupart désormais inactifs ou qui fonctionnement avec des capacités réduites (Professional Services Council, 2025[14]).
1. D’après la demande de crédits budgétaires, ce Fonds ciblerait les investissements stratégiques qui améliorent la sécurité, la solidité et la prospérité des États-Unis, et qui soutiennent certains de ses partenaires de longue date les plus importants, dont l’Inde et la Jordanie ; qui financent des activités essentielles pour préserver la sécurité des États-Unis, telles que les rapatriements ; qui permettent de faire face à la Chine et à d’autres rivaux ayant quasiment le statut de pair ; et qui financent de nouvelles activités portant notamment sur des priorités des États-Unis en matière de sécurité nationale (Bureau de la gestion et du budget, 2025[15]).
Source : Collinson et Hurley (2025[12]) ; Département d’État américain (2025[10]) ; Office of Management and Budget (2025[15]) ; Pamuk (2025[8]) ; Professional Services Council (2025[14]) ; Chambre des représentants (2025[11]) ; Center for Global Development (2025[13]).
Les PMA et les pays d’Afrique subsaharienne risquent d’être touchés de manière disproportionnée par les réductions d’APD en 2025
Copier le lien de Les PMA et les pays d’Afrique subsaharienne risquent d’être touchés de manière disproportionnée par les réductions d’APD en 2025Les PMA8 et les pays d’Afrique subsaharienne9 sont fortement exposés aux réductions d’APD annoncées. L’APD bilatérale destinée aux PMA pourrait enregistrer une baisse comprise entre 13 % (scénario de réduction la plus faible) et 25 % (scénario de réduction la plus forte) en 2025, après avoir déjà reculé de 3 % en 2024 (données préliminaires). Pour les pays d’Afrique subsaharienne, la baisse devrait s’établir dans une fourchette de 16 % à 28 % (Graphique 2), après un recul de 2 % en 2024. Dans le scénario de réduction la plus forte (réduction de 17 % de l’APD totale), ces pays pourraient perdre environ un quart de leur APD pour la seule année 2025.
D’après les projections, l’APD bilatérale fournie aux PMA et aux pays d’Afrique subsaharienne pour 2025 serait la plus basse depuis le milieu des années 2000. S’agissant des PMA, l’aide bilatérale diminue année après année depuis 2022 et devrait continuer de reculer (OCDE, 2025[16]).
Les principaux fournisseurs d’APD, aussi bien directe que transitant par des organisations multilatérales qu’ils financent, sont depuis toujours actifs dans les PMA et en Afrique subsaharienne. En outre, par comparaison aux autres apports financiers internationaux ciblant ces pays, l’APD y joue un rôle essentiel, puisqu’elle représente une part importante de leur RNB (1.6 % dans les PMA et 2.2 % dans les pays d’Afrique subsaharienne en moyenne en 2023) et du budget national (Desai et Carey, 2023[17]).
Les onze membres qui ont annoncé des réductions de leur APD avaient toujours été à l’origine d’une part substantielle de l’APD bilatérale reçue par les pays d’Afrique subsaharienne (Graphique 3). Entre 2015 et 2024, ils ont collectivement fourni aux PMA une contribution s’élevant en moyenne à 23.2 milliards USD par an (76 % de l’APD bilatérale destinée aux PMA), et à l’Afrique subsaharienne une contribution de 25.0 milliards USD (83 % de l’APD bilatérale destinée à cette région). Quatre de ces fournisseurs – Allemagne, États-Unis, France et Royaume-Uni – ont dispensé à eux seuls 20 milliards USD par an pour les PMA et 22 milliards USD par an pour l’Afrique subsaharienne sur la période 2015-24. Leurs financements représentent les deux tiers de l’APD totale reçue par chacun de ces groupes.
De surcroît, les dotations d’APD de ces quatre membres du CAD sont concentrées dans un petit nombre de pays au sein de ces deux groupes. Par exemple, la moitié de l’APD bilatérale nette combinée qu’ils ont fournie aux PMA sur la période 2014-23 a été dirigée vers sept pays, à savoir l’Afghanistan (12 % du total), l’Éthiopie (9 %), le Soudan du Sud, le Yémen et la République démocratique du Congo (6 % chacun), la Somalie et la Tanzanie (5 % chacun). Un tiers de l’APD combinée qu’ils ont apportée à l’Afrique subsaharienne a été dirigé vers cinq pays seulement : l’Éthiopie (qui est également un PMA, 8 %), le Nigéria (7 %), le Soudan du Sud (qui est également un PMA), le Kenya et la République démocratique du Congo (5 % vers chacun de ces trois pays).
Les organisations multilatérales sont également des fournisseurs importants pour les PMA et les pays d’Afrique subsaharienne et elles pourraient contribuer à compenser la baisse de l’APD bilatérale dont pâtissent les pays les plus pauvres (OCDE, 2024[18]). Ainsi, en 2023, alors que l’APD bilatérale nette dispensée par les pays du CAD aux PMA a diminué de 0.8 %, les apports concessionnels des organisations multilatérales ont augmenté de 7 %, atteignant 28 milliards USD. En outre, les financements multilatéraux représentaient 43 % des recettes totales des PMA et autres pays à faible revenu. L’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale, par exemple, qui verse 20 à 25 milliards USD par an, donne la priorité aux pays où la pauvreté et les inégalités sont fortes. La réduction des financements alloués aux organisations multilatérales pourrait donc également avoir des répercussions négatives sur les pays les plus pauvres.
Graphique 2. Les PMA et les pays d’Afrique subsaharienne pâtissent des réductions les plus marquées
Copier le lien de Graphique 2. Les PMA et les pays d’Afrique subsaharienne pâtissent des réductions les plus marquéesAPD bilatérale nette des pays du CAD en faveur de l’Afrique subsaharienne et des PMA, 2002-24 (données officielles) et 2025-27 (projections), en milliards USD (prix constants de 2023)
Note : Les données concernant 2002-23 correspondent aux statistiques finales communiquées à l’OCDE. Celles relatives à 2024 sont préliminaires. Les estimations pour 2025-27 donnent une fourchette pour l’APD ressortant des projections – de plus amples informations sur la méthodologie sont disponibles à l’Encadré 1.
Source : OCDE (2025[16]), « Données préliminaires de l’aide publique au développement en 2024 », https://one.oecd.org/document/DCD(2025)6/fr/pdf ; OCDE, (2025[6]), Explorateur des données de l’OCDE, CAD2A : Versements d’aide (APD) vers les pays et régions, https://data-explorer.oecd.org/vis?lc=fr&tm=cad2a&pg=0&snb=1&df[ds]=dsDisseminateFinalDMZ&df[id]=DSD_DAC2%40DF_DAC2A&df[ag]=OECD.DCD.FSD&df[vs]=1.3&dq=.DPGC.206.USD.Q&lom=LASTNPERIODS&lo=5&to[TIME_PERIOD]=false.
Graphique 3. Les 11 fournisseurs qui ont annoncé des réductions de leur APD ont une empreinte significative sur les PMA et l’Afrique subsaharienne, à travers leur aide bilatérale aussi bien que multilatérale
Copier le lien de Graphique 3. Les 11 fournisseurs qui ont annoncé des réductions de leur APD ont une empreinte significative sur les PMA et l’Afrique subsaharienne, à travers leur aide bilatérale aussi bien que multilatéraleAPD bilatérale nette des pays du CAD et APD multilatérale imputée aux PMA et à l’Afrique subsaharienne, en milliards USD (prix constants de 2023)
Source : OCDE (2025[6]), Explorateur des données de l’OCDE, CAD2A : Versements d’aide (APD) vers les pays et régions, https://data-explorer.oecd.org/vis?lc=fr&df[ds]=dsDisseminateFinalDMZ&df[id]=DSD_DAC2%40DF_DAC2A&df[ag]=OECD.DCD.FSD&df[vs]=1.3&dq=.DPGC.206.USD.Q&lom=LASTNPERIODS&lo=5&to[TIME_PERIOD]=false&pg=0.
Le Graphique 4 montre l’importance que revêtent les grands fournisseurs ayant annoncé des réductions de leur APD – ainsi que les organisations multilatérales qu’ils financent – pour les pays les plus pauvres du monde. Considérons les dix pays ayant enregistré les taux de pauvreté les plus élevés, mesurés par le taux d’extrême pauvreté (projections), en 2023 (Banque mondiale, 2024[19]) : les cinq premiers fournisseurs de chacun de ces pays ont représenté 85 % de leurs recettes totales d’APD. En 2023, les États-Unis et le guichet concessionnel de la Banque mondiale – l’IDA –, ont été les deux premiers fournisseurs d’aide dans huit de ces dix pays. Cette même année, les principaux bailleurs de fonds de l’IDA étaient, par ordre décroissant, le Royaume-Uni, le Japon, l’Allemagne, les États-Unis et la France – deux d’entre eux ayant fait savoir que leurs contributions au titre de la dernière reconstitution des ressources de l’IDA (IDA-21) allaient baisser10.
Graphique 4. Les principaux fournisseurs qui ont annoncé des réductions de leur APD et les organisations multilatérales qu’ils soutiennent figurent parmi les principaux fournisseurs de financements concessionnels aux pays les plus pauvres
Copier le lien de Graphique 4. Les principaux fournisseurs qui ont annoncé des réductions de leur APD et les organisations multilatérales qu’ils soutiennent figurent parmi les principaux fournisseurs de financements concessionnels aux pays les plus pauvresPart de l’APD totale reçue par les dix pays affichant le taux d’extrême pauvreté le plus élevé (2023, projections), cinq principaux fournisseurs et autres fournisseurs qui communiquent leurs statistiques d’aide à l’OCDE.
Note : IDA désigne l’Association internationale de développement de la Banque mondiale. « Autres » désigne les fournisseurs autres que les cinq premiers pour chaque pays.
Source : OCDE (2025[6]), Explorateur des données de l’OCDE, CAD2A : Versements d’aide (APD) vers les pays et régions, https://data-explorer.oecd.org/vis?lc=fr&df[ds]=dsDisseminateFinalDMZ&df[id]=DSD_DAC2%40DF_DAC2A&df[ag]=OECD.DCD.FSD&df[vs]=1.3&dq=.DPGC.206.USD.Q&lom=LASTNPERIODS&lo=5&to[TIME_PERIOD]=false&pg=0 ; Banque mondiale (2024[19]), « Poverty and Inequality Platform (PIP) », version 20240627_2017_01_02_PROD, https://pip.worldbank.org/.
Les projections sont différentes pour les PMA dans les régions autres que l’Afrique subsaharienne (laquelle compte 33 PMA). En Asie du Sud et en Asie centrale (4 PMA), en 2025, la diminution de l’APD bilatérale nette devrait se situer dans la fourchette 1-8 % par rapport aux niveaux de 2023 (dernière année pour laquelle des données officielles sont disponibles pour cette sous-région). En revanche, en Asie extrême-orientale (3 PMA)11, l’APD bilatérale nette devrait enregistrer une hausse comprise entre 4 % et 9 % entre 2023 et 2025. Cette tendance reflète probablement la relative stabilité de l’APD chez les principaux fournisseurs pour ces régions, comme le Japon, qui y est le principal bailleur de fonds.
L’APD bilatérale allouée à la santé devrait encore diminuer en 2025 par rapport à 2024
Copier le lien de L’APD bilatérale allouée à la santé devrait encore diminuer en 2025 par rapport à 2024Il ressort des projections que l’APD nette des pays du CAD consacrée à la santé et aux programmes en matière de population (ci-après « santé ») a diminué de 6 % en 2024 par rapport aux niveaux de 2023. Cela vient s’ajouter au recul de 40 % de l’APD nette allouée à la santé en 2023, laquelle avait culminé en 2022, les fournisseurs étant intervenus pour faire face aux répercussions de la pandémie de COVID-19 dans tous les pays, y compris les pays en développement. La baisse dont font état les projections était attendue, étant donné que les effets de la pandémie de COVID-19 s’amenuisent.
En 2025, l’APD bilatérale allouée à la santé devrait encore enregistrer une baisse, qui sera comprise entre 14 % et 29 % par rapport à 2024. Par comparaison aux niveaux de 2023 (dernière année pour laquelle des données officielles sont disponibles), la diminution prévue pour 2025 s’échelonne entre 19 % (scénario de réduction la plus faible) et 33 % (scénario de réduction la plus forte) (Graphique 5). Dans le scénario de réduction la plus forte, l’APD allouée à la santé en 2025 équivaudrait à trois cinquièmes de celle accordée en 2022 (point culminant de l’intervention des membres dans les pays en développement face à la pandémie de COVID-19).
Dans un scénario comme dans l’autre, l’APD allouée à la santé en 2025 correspondrait aux niveaux observés pour la dernière fois au milieu des années 2000. Ce recul marqué est préoccupant compte tenu de l’importance que revêt l’APD pour soutenir les systèmes de santé des bénéficiaires de l’APD, garantir l’accès aux soins de santé et renforcer la sécurité sanitaire et la préparation aux pandémies à l’échelle mondiale (Penn et al., 2025[20]).
Graphique 5. L’APD allouée à la santé devrait encore diminuer et retomber aux niveaux enregistrés au milieu des années 2000
Copier le lien de Graphique 5. L’APD allouée à la santé devrait encore diminuer et retomber aux niveaux enregistrés au milieu des années 2000APD bilatérale nette des pays du CAD allouée à la santé, 2002-23 (données officielles) et 2024-27 (projections), en milliards USD (prix constants de 2023)
Note : Les estimations pour 2024-27 donnent une fourchette pour l’APD ressortant des projections – de plus amples informations sur la méthodologie sont disponibles à l’Encadré 1.
Source : OCDE (2025[6]), Explorateur des données de l’OCDE, CAD2A : Versements d’aide (APD) vers les pays et régions, https://data-explorer.oecd.org/vis?lc=fr&df[ds]=dsDisseminateFinalDMZ&df[id]=DSD_DAC2%40DF_DAC2A&df[ag]=OECD.DCD.FSD&df[vs]=1.3&dq=.DPGC.206.USD.Q&lom=LASTNPERIODS&lo=5&to[TIME_PERIOD]=false&pg=0.
La relative volatilité des financements alloués à la santé est également problématique pour les bénéficiaires de l’APD. En 2020, les investissements dans ce domaine ont bondi de 34 % par rapport à 2019 pour aider les pays en développement à intervenir face à la pandémie mondiale de COVID-19. L’APD allouée à la santé a ensuite augmenté de 17 % en 2021 comme en 2022, atteignant 26 milliards USD en 2022, pour faire face à la pandémie de COVID-19. En 2023, la baisse des financements en lien avec le COVID-19 a entraîné un recul attendu de 40 % de l’APD allouée à la santé, qui a chuté de 10 milliards USD pour s’établir à 16 milliards USD au total. Si certains ont affirmé que la dépendance à l’égard de l’aide extérieure dans le domaine de la santé a pu inciter les bénéficiaires de l’APD à ne plus faire des dépenses nationales de santé une priorité, une transition non pas progressive mais brutale présente des risques considérables (Adeyi, 2023[21] ; OCDE, 2025[22]).
Très probablement, les réductions de financement anticipées seront réparties de manière inégale entre les pays et entre les sous-secteurs au sein du domaine de la santé. Si l’APD allouée à la prévention, à la préparation et à la riposte face aux pandémies a augmenté de 30 % par an en moyenne entre 2019 et 2022, le financement des soins de santé de base, de la nutrition de base et des programmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement a diminué sur cette même période, en partie à cause d’une réorientation des financements vers la riposte face à la pandémie. De nouvelles réductions dans ces domaines risquent d’inverser les progrès enregistrés sur la voie de la couverture sanitaire universelle et du renforcement de la résilience à plus long terme face aux pandémies (Penn et al., 2025[20]).
Les grands fournisseurs d’APD sont des bailleurs de fonds de premier plan dans le secteur de la santé (Graphique 6). En 2022, ils comptaient pour 73 % de l’APD bilatérale totale axée sur la santé, les États-Unis représentant à eux seuls 51 %. Ces proportions sont restées à des niveaux analogues en 2023. En outre, entre 2014 et 2023, en moyenne, environ 19 % de l’APD bilatérale totale fournie aux PMA ont été alloués à des activités dans les domaines de la santé et des programmes en matière de population, dont 60 % provenaient des États-Unis. De même, pour l’Afrique subsaharienne, environ 26 % des dépenses ont été consacrées à la santé et aux programmes en matière de population au cours de la même période, dont 69 % en provenance des États-Unis.
En 2025 et à court terme, l’APD allouée à la santé et aux programmes en matière de population dans les PMA et en Afrique subsaharienne devrait diminuer plus ou moins au même rythme que l’APD bilatérale totale destinée à ces groupes, si l’on compare 2025 à 2023 – c’est-à-dire baisse comprise entre 16 % et 27 % dans les PMA et comprise entre 17 % et 29 % dans les pays d’Afrique subsaharienne pour l’APD destinée à la santé, contre une baisse comprise, respectivement, entre 13 % et 25 % et entre 16 % et 28 % pour l’APD bilatérale totale. Les similitudes reflètent l’accent mis par certains fournisseurs sur le secteur de la santé au sein de ces groupes de pays, comme le montre le Graphique 6. Certains bénéficiaires de l’APD sont particulièrement exposés : l’Afrique du Sud, le Kenya, le Mozambique, l’Ouganda et la Tanzanie comptent parmi les principaux bénéficiaires de l’APD allouée à la santé. En outre, la santé représente plus de 25 % de l’APD totale reçue par chacun de ces pays, et elle provient essentiellement des principaux fournisseurs, parmi les membres du CAD, qui ont annoncé des réductions de leur aide.
Graphique 6. Les fournisseurs ayant annoncé des réductions de leur aide fournissent une part substantielle de l’APD dans le secteur de la santé et en Afrique subsaharienne
Copier le lien de Graphique 6. Les fournisseurs ayant annoncé des réductions de leur aide fournissent une part substantielle de l’APD dans le secteur de la santé et en Afrique subsaharienneAPD bilatérale enregistrée en 2023 provenant des onze pays qui ont annoncé des réductions d’APD entre 2025 et 2027, par région et par groupe de secteurs
Note : Pour de plus amples informations sur les régions et les secteurs utilisés dans ce graphique, veuillez consulter la base de données principale de l’OCDE sur les classifications du financement du développement : https://development-finance-codelists.oecd.org/Codeslist.aspx.
Source : OCDE (2025[23]), SNPC : Système de notification des pays créanciers (flux), https://data-explorer.oecd.org/vis?pg=0&snb=8&df[ds]=dsDisseminateFinalDMZ&df[id]=DSD_CRS%40DF_CRS&df[ag]=OECD.DCD.FSD&dq=DAC..1000.100._T._T.D.Q._T..&lom=LASTNPERIODS&lo=5&to[TIME_PERIOD]=false&lc=fr.
Les organisations multilatérales sont également des acteurs importants dans le secteur de la santé, à la fois de par les financements pré-affectés et les financements à leur budget central. Entre 2014 et 2023, si l’on prend en compte l’ensemble des fournisseurs, les organisations multilatérales ont représenté en moyenne 38 % des dépenses totales d’APD dans le secteur de la santé. Sur cette même période, ils ont déployé 20 % de l’APD bilatérale des pays du CAD affectée à la santé. Ces organisations dépendent fortement des contributions à leur budget central apportées par les fournisseurs d’APD qui ont prévu des réductions de leur aide (Graphique 7). Par exemple, la demande de crédits budgétaires des États-Unis pour l’exercice 2026 indique un financement nul pour le Fonds mondial et pour GAVI, ainsi que pour l’Organisation mondiale de la santé, dont ils sont en train de se retirer (Encadré 2).
Graphique 7. Les principaux fonds multilatéraux qui se consacrent à la santé et à l’action humanitaire sont exposés à des réductions de l’APD
Copier le lien de Graphique 7. Les principaux fonds multilatéraux qui se consacrent à la santé et à l’action humanitaire sont exposés à des réductions de l’APDPart supportée par les onze fournisseurs ayant annoncé des réductions, en % du total des versements des pays du CAD, moyenne sur 2022-231
Note : 1 À l’exception de ceux portant sur GAVI, les chiffres sont basés sur des moyennes sur deux ans des versements bruts au budget central et hors budget central. 2 Les chiffres portant sur GAVI incluent les contributions directes et les annonces de contributions pour 2021-25, y compris à la Facilité internationale de financement pour la vaccination, mais excluent les contributions au COVAX. 3 Les chiffres portant sur l’OMS incluent à la fois les contributions volontaires et obligatoires au budget central, mais excluent les contributions au Plan stratégique de préparation et de riposte de l’OMS.
Source : OCDE (2025[24]), Explorateur des données de l’OCDE, Utilisation du système multilatéral par les fournisseurs (SNPC), https://data-explorer.oecd.org/vis?df[ds]=dsDisseminateFinalDMZ&df[id]=DSD_MULTI%40DF_MULTI&df[ag]=OECD.DCD.FSD&dq=DAC.DPGC.1000...D.Q._T. &lom=LASTNPERIODS&lo=1&to[TIME_PERIOD]=false&lc=fr&pg=0 ; GAVI (2025[25]), Financement, https://www.gavi.org/fr/investissez-dans-gavi/financement.
Les réductions prévues pourraient également peser sur d’autres services essentiels dans les pays et territoires bénéficiaires de l’APD
Copier le lien de Les réductions prévues pourraient également peser sur d’autres services essentiels dans les pays et territoires bénéficiaires de l’APDPlusieurs autres secteurs et acteurs pourraient être concernés par les baisses projetées de l’APD, étant donné le nombre de fournisseurs, parmi ceux qui apportent le plus d’aide à ces secteurs et acteurs, qui ont annoncé des réductions en 2023 (année la plus récente pour laquelle des données officielles sont disponibles). (Graphique 6). Ainsi :
L’aide humanitaire devrait connaître une baisse comprise entre 21 et 36 %, ce qui représente, parmi tous les secteurs, le plus fort recul enregistré entre 2023 et 2025. Les États-Unis représentaient 58 % (correspondant à 15 milliards USD) de l’assistance humanitaire fournie par les pays du CAD en 2023, et toute réduction de l’APD américaine aurait des répercussions importantes sur les apports humanitaires acheminés par le canal multilatéral.
L’APD en faveur de l’éducation devrait enregistrer une baisse comprise entre 18 et 22% entre 2023 et 2025, cette fourchette allant de 13 à 26 % au niveau du primaire sur la même période. Trois fournisseurs d’APD ont alloué plus de 1 milliard USD chacun en faveur de l’éducation en 2023, représentant au total 65 % de l’APD allouée par les pays du CAD à ce secteur. Il s’agit de l’Allemagne (3.2 milliards USD, soit 32 % du total), de la France (1.7 milliard USD, soit 17 %) et des États-Unis (1.6 milliard USD, soit 16 %).
Le soutien au secteur de l’administration publique et de la société civile, qui englobe les droits de la personne, la participation démocratique et la société civile, ainsi que la réforme du secteur public, devrait connaître une régression comprise entre 21 et 36 % entre 2023 et 2025. La baisse de l’APD à destination de l’Ukraine est la cause principale de ce recul – le pays a reçu 44 % de l’APD bilatérale des pays du CAD à l’appui de ce secteur en 2023. Premier fournisseur parmi tous, les États-Unis ont représenté à eux seuls 50 % en 2022 et 59 % en 2023 de l’APD allouée à ce secteur. Les fonctions publiques telles que la collecte de données sont également confrontées à d’importantes réductions de l’APD (PARIS21, 2024[26]).
Les organisations de la société civile (OSC), qui ont reçu ou mis en œuvre 26.7 milliards USD en moyenne au titre de l’APD allouée par les membres du CAD en 2022 et 2023 (soit 13 % de l’APD totale), risquent également de perdre leurs principales sources de financement. Les États-Unis (10.3 milliards USD), les institutions de l’Union européenne (UE) (2.8 milliards USD) et l’Allemagne (2.1 milliards USD) sont les trois premiers fournisseurs d’aide aux OSC, apportant 57 % de l’aide totale : chacun a alloué plus de 2 milliards USD à ces acteurs en 2022 et 2023.
Principales considérations à prendre en compte par les fournisseurs
Copier le lien de Principales considérations à prendre en compte par les fournisseursLes baisses projetées de l’APD dans les pays et territoires bénéficiaires et dans des secteurs clés comme la santé appellent une action coordonnée des fournisseurs pour protéger les pays et les personnes ayant les plus grands besoins, ainsi que les programmes les plus efficaces. Cette coordination doit reposer sur des données et des analyses robustes12.
À l’heure où le système d’APD subit de profondes transformations, tous les fournisseurs – qu’ils réduisent ou non leurs budgets – devront faire des choix, ce qui est synonyme d’arbitrages à opérer et de répercussions à prendre à compte. Une analyse de réseau des dix principaux fournisseurs d’APD (en volume) et de leurs dix principaux bénéficiaires (Graphique 8) montre comment le changement d’orientation des dotations d’APD d’un fournisseur pourrait avoir des retombées à la fois sur les bénéficiaires et sur les autres fournisseurs. Les pays figurant parmi les dix premiers bénéficiaires des apports des fournisseurs, dont plusieurs réduisent leur aide, pourraient être davantage exposés. Toutefois, ce scénario ne se concrétisera pas automatiquement. En effet, les fournisseurs pourraient choisir de maintenir leurs niveaux de soutien ou de concentrer leurs financements sur les actuels principaux bénéficiaires de leur aide. Une analyse rigoureuse et coordonnée de la planification, des niveaux d’exposition et des lacunes sera nécessaire pour gérer les risques les plus importants, en particulier pour les pays ayant les plus grands besoins.
Graphique 8. Le paysage interconnecté de l’APD pourrait exposer certains bénéficiaires, plus que d’autres, à des baisses de l’aide
Copier le lien de Graphique 8. Le paysage interconnecté de l’APD pourrait exposer certains bénéficiaires, plus que d’autres, à des baisses de l’aideAnalyse de réseau des dix principaux bénéficiaires de l’APD fournie par les dix fournisseurs les plus importants, 2023
Note : Les nœuds représentent les fournisseurs d’APD et leurs bénéficiaires. L’épaisseur des lignes entre les nœuds représente le volume relatif des versements bruts d’APD du fournisseur au bénéficiaire.
Source : OCDE (2025[6]), Explorateur des données de l’OCDE, CAD2A : Versements d’aide (APD) vers les pays et régions, https://data-explorer.oecd.org/vis?lc=fr&df[ds]=dsDisseminateFinalDMZ&df[id]=DSD_DAC2%40DF_DAC2A&df[ag]=OECD.DCD.FSD&df[vs]=1.3&dq=.DPGC.206.USD.Q&lom=LASTNPERIODS&lo=5&to[TIME_PERIOD]=false&pg=0.
Les fournisseurs peuvent également s’intéresser à la manière dont les réductions de l’aide par région géographique et par secteur pourraient coïncider, ainsi qu’à leurs retombées relatives (Tableau 1). Les différentes conséquences possibles des baisses de l’aide soulignent la nécessité d’établir un dialogue avec les bénéficiaires de l’APD concernant leurs priorités et leurs options en matière de financement. Dans les pays où les principaux fournisseurs apportent une part importante de l’APD dans des secteurs spécifiques clés comme la santé ou l’éducation, la coordination avec les autres fournisseurs et avec les bénéficiaires de l’APD sera particulièrement importante.
Tableau 1. Un nombre relativement réduit de fournisseurs apportent une part importante des financements à l’appui de la santé, de la gouvernance et de l’éducation dans certains des pays les plus pauvres
Copier le lien de Tableau 1. Un nombre relativement réduit de fournisseurs apportent une part importante des financements à l’appui de la santé, de la gouvernance et de l’éducation dans certains des pays les plus pauvresVersements d’APD bilatérale des membres du CAD en 2023, la part de chaque fournisseur correspondant à l’APD de 2023
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Pays |
Santé |
Gouvernance |
Éducation |
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AFGHANISTAN 5 premiers fournisseurs |
Total : 214 millions USD États-Unis 37 %1 Allemagne 19 %1 Union européenne 18 % Japon 12% Suède 4 %1 |
Total : 184 millions USD États-Unis 25 %1 UE 23 % Allemagne 19 %1 Japon 13% Norvège 5 % |
Total : 127 millions USD États-Unis 26 %1 UE 15 % Japon 14% Allemagne 14 %1 Suède 8 %1 |
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ÉTHIOPIE 5 premiers fournisseurs |
Total : 397 millions USD États-Unis 57 %1 Pays-Bas 10 %1 France 8 %1 Royaume-Uni 4 %1 Italie 4 % |
Total : 157 millions USD UE 22 % États-Unis 11 %1 Suède 9 %1 Irlande 7 % Allemagne 7 %1 |
Total : 178 millions USD Royaume-Uni 34 %1 Allemagne 19 %1 États-Unis 15 %1 Norvège 7 % Italie 7% |
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SOUDAN DU SUD 5 premiers fournisseurs |
Total : 148 millions USD États-Unis 39 %1 Royaume-Uni 18 %1 Canada 17 % Suède 6 %1 Allemagne 4 %1 |
Total : 164 millions USD États-Unis 29 %1 UE 14 % Norvège 13 % Pays-Bas 10 %1 Allemagne 8 %1 |
Total : 71 millions USD États-Unis 20 %1 Norvège 19 % Allemagne 17 %1 UE 13 % Suède 12 %1 |
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YÉMEN 5 premiers fournisseurs |
Total : 81 millions USD Allemagne 51 %1 Pays-Bas 20 %1 États-Unis 12 %1 Japon 8% France 6 %1 |
Total : 108 millions USD UE 41 % Allemagne 17 %1 États-Unis 12 %1 Pays-Bas 12 %1 Royaume-Uni 5 %1 |
Total : 97 millions USD Allemagne 72 %1 UE 12 % États-Unis 10 %1 France 4 %1 Hongrie 1% |
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RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO 5 premiers fournisseurs |
Total : 391 millions USD États-Unis 59 %1 UE 9 % Belgique 8 %1 France 6 %1 Suède 3 %1 |
Total : 191 millions USD UE 28 % Suède 13 %1 Allemagne 11 %1 États-Unis 11 %1 Canada 9 % |
Total : 90 millions USD États-Unis 23 %1 France 19 %1 Belgique 15 %1 UE 11 % Allemagne 10 %1 |
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SOMALIE 5 premiers fournisseurs |
Total : 52 millions USD États-Unis 21 %1 Suède 15 %1 Finlande 12 %1 Royaume-Uni 10 %1 Suisse 10 %1 |
Total : 197 millions USD UE 24 % Royaume-Uni 14 %1 Norvège 12 % Danemark 11 % Suède 9 %1 |
Total : 64 millions USD États-Unis 37 %1 UE 17 % Allemagne 14 %1 Finlande 8 %1 Canada 7 % |
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TANZANIE 5 premiers fournisseurs |
Total : 563 millions USD États-Unis 86 %1 Corée 2 % Royaume-Uni 2 %1 Suisse 2 %1 Irlande 2 % |
Total : 95 millions USD UE 32 % États-Unis 11 %1 Suède 8 %1 Suisse 8 %1 Allemagne 7 %1 |
Total : 98 millions USD États-Unis 18 %1 Suède 18 %1 Royaume-Uni 14 %1 Canada 13 % Corée 9% |
1. Fournisseurs de coopération pour le développement ayant indiqué qu’ils réduiraient leur APD en 2025-27 : Allemagne, Autriche (l’Autriche a annoncé une augmentation de son APD en 2025, mais une baisse en 2026), Belgique, États-Unis, Finlande, France, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède et Suisse. L’« APD à l’appui de la santé » fait référence à l’APD consacrée à la santé et aux politiques en matière de population.
Source : OCDE (2025[6]), Explorateur des données de l’OCDE, CAD2A : Versements d’aide (APD) vers les pays et régions, https://data-explorer.oecd.org/vis?lc=fr&df[ds]=dsDisseminateFinalDMZ&df[id]=DSD_DAC2%40DF_DAC2A&df[ag]=OECD.DCD.FSD&df[vs]=1.3&dq=.DPGC.206.USD.Q&lom=LASTNPERIODS&lo=5&to[TIME_PERIOD]=false&pg=0.
Enfin, les fournisseurs devraient se pencher sur le rôle que jouent leurs financements, en particulier par secteur, dans les PMA et les pays d’Afrique subsaharienne, ainsi que sur le manque de financements découlant de l’éventuel retrait de l’APD. Parmi les principales considérations à prendre en compte figurent la capacité du pays bénéficiaire de combler les déficits de financement et la présence d’autres fournisseurs dans le pays ou de fournisseurs ayant une compétence sectorielle, qui pourraient intervenir pour contribuer à combler ces lacunes. Alors qu’ils s’efforcent de gérer les risques liés aux chocs actuels sur le financement, les fournisseurs devraient se concentrer sur les synergies, la cohérence et la coordination dans les domaines suivants :
avec les acteurs locaux, notamment les pouvoirs publics des pays, les autorités locales, la société civile locale et d’autres parties prenantes locales, qui sont les mieux à même de déterminer les priorités (OCDE, 2024[27] ; OCDE, 2021[28]) ;
avec les fournisseurs d’APD qui ont l’intention de réduire ou de réaffecter leurs apports, les fournisseurs de coopération pour le développement Sud-Sud et tous les autres fournisseurs publics de financement à l’appui du développement, ainsi que les organisations multilatérales, les fondations philanthropiques et les organisations de la société civile, y compris les organisations non gouvernementales internationales (ONGI) ;
au sein de leurs portefeuilles, les fournisseurs devraient rechercher la complémentarité, au niveau des dotations et des priorités, entre les apports bilatéraux et multilatéraux et les instruments du secteur privé ;
entre fournisseurs, afin de déterminer les secteurs et les régions géographiques exposés à un risque de baisses multiples à l’échelle du système et de mettre en place une réponse/stratégie d’atténuation efficace coordonnée.
La présente note de synthèse apporte de premiers éclairages. Des analyses complémentaires seront menées sur les aspects suivants :
l’élargissement de l’analyse aux pays et aux secteurs qui sont exposés aux baisses de l’APD ou qui reçoivent une aide insuffisante au regard de divers critères ;
l’étude plus approfondie du rôle que joue l’APD par rapport à d’autres apports de financement, y compris les ressources intérieures, dans les pays les plus exposés aux baisses de l’APD, afin d’éclairer les discussions sur la « substituabilité » des différents apports de financement ;
la cartographie des modalités de financement ou des liens entre les fournisseurs (bilatéraux et multilatéraux), les fondations philanthropiques et les bénéficiaires de l’APD, ce qui mettrait davantage en évidence les possibilités de coordination et de gains d’efficience dans l’affectation de l’APD à l’échelle mondiale.
Que peuvent faire les responsables publics ?
Copier le lien de Que peuvent faire les responsables publics ?Partager des informations, des données probantes et des analyses sur les conséquences des baisses de l’APD et de la transformation de la coopération pour le développement. L’établissement d’une communication et d’un dialogue clairs et en temps opportun avec les bénéficiaires au sujet de plans de financement qui soient en adéquation avec leurs processus de planification et de coordination budgétaires est essentiel pour mettre fin à la relation d’aide, ou la faire évoluer, en adoptant une démarche responsable.
Une attention particulière devrait être accordée aux pays, aux secteurs et aux populations qui ont les besoins les plus grands et subissent des baisses soudaines et importantes de financement. Pour assurer une fourniture efficace des services de base et consolider les institutions et les capacités de l’État, un soutien constant en faveur de la gouvernance et des systèmes de données est nécessaire. De même, les interventions d’urgence et de secours visant à mettre un terme aux crises à court terme ne peuvent pas se substituer à une orientation à plus long terme vers le développement durable.
Nouer un dialogue stratégique avec les autorités nationales et locales sur les moyens de combler les lacunes, de protéger les acquis et de maximiser l’efficacité et l’impact. S’appuyer sur de nombreuses données factuelles, issues notamment d’évaluations, pour déterminer les domaines ayant un besoin critique d’investissements, et examiner comment les ressources intérieures, privées et extérieures pourraient contribuer à combler les lacunes, notamment en concentrant les ressources en début d’intervention. Une telle approche suppose également de s’employer à renforcer le rôle catalyseur de l’APD pour mobiliser des recettes intérieures et des investissements du secteur privé.
La diversification des financements et instruments concessionnels et non concessionnels contribue à réduire les risques pour les bénéficiaires comme pour les fournisseurs d’APD et à mieux adapter le soutien aux spécificités des pays. Pour ce faire, il convient d’étendre les partenariats avec les fournisseurs bilatéraux et multilatéraux, les organisations philanthropiques, la société civile et le secteur privé. Le renforcement des synergies et des complémentarités entre les canaux de financement bilatéraux et autres – tels que les dispositifs de financement groupé, la coopération déléguée et la coopération triangulaire, et les organisations multilatérales – peut permettre d’assurer un impact plus fort, à condition que des efforts soient déployés pour éviter d’accroître la fragmentation.
Références
[21] Adeyi, O. (2023), In focus: Transitioning out of aid dependency in health, OCDE, https://www.oecd.org/en/publications/development-co-operation-report-2023_f6edc3c2-en/full-report/component-15.html#chapter-d1e7319-49100960c8.
[19] Banque mondiale (2024), Poverty and Inequality Platform (PIP) version 20240627_2017_01_02_PROD, https://pip.worldbank.org/home.
[15] Bureau de la gestion et du budget (2025), « President’s FY 2026 Discretionary Budget Request », https://www.whitehouse.gov/wp-content/uploads/2025/05/Fiscal-Year-2026-Discretionary-Budget-Request.pdf.
[13] Center for Global Development (2025), USAID Contracting has Shut Down. There’s Still Little Evidence State is Taking Up the Slack, https://www.cgdev.org/blog/usaid-contracting-has-shut-down-theres-still-little-evidence-state-taking-slack.
[11] Chambre des représentants des États-Unis (2025), (U.S. House of Representatives, H.R.) 4 – Border Security and Enforcement Act of 2025, https://www.govinfo.gov/content/pkg/BILLS-119hr4ih/pdf/BILLS-119hr4ih.pdf.
[12] Collinson, E. et J. Hurley (2025), « Redefining America’s Interests? Trump’s FY2026 Budget Proposes Sweeping Cuts to US Foreign Aid », CGD, https://www.cgdev.org/blog/redefining-americas-interests-trumps-fy2026-budget-proposes-sweeping-cuts-us-foreign-aid.
[9] Département d’État américain (2026), FY 2026 international affairs budget, https://www.state.gov/fy-2026-international-affairs-budget/.
[10] Département d’État américain (2025), « Congressional Budget Justification: Department of State, Foreign Operations, and Related Programs », https://www.state.gov/wp-content/uploads/2025/05/FY-2026-State-CBJ-.pdf.
[17] Desai, H. et E. Carey (2023), Maximising official development assistance, https://www.oecd.org/en/publications/development-co-operation-report-2023_f6edc3c2-en/full-report/component-18.html#chapter-d1e8577-2542ec4e6b.
[4] FMI (2025), World Economic Outlook (base de données, avril 2025), Fonds monétaire international, Washington D.C., https://www.imf.org/en/Publications/WEO/weo-database/2025/april.
[25] GAVI (2025), Funding, https://www.gavi.org/investing-gavi/funding (consulté le 19 juin 2025).
[5] OCDE (2025), CAD1 : Flux par fournisseur (APD+AASP+privé), Éditions OCDE, Paris, https://data-explorer.oecd.org/vis?df[ds]=DisseminateFinalDMZ&df[id]=DSD_DAC1%40DF_DAC1&df[ag]=OECD.DCD.FSD&dq=DAC...1160..V%2BQ._Z&lom=LASTNPERIODS&lo=10&to[TIME_PERIOD]=false&lc=fr&pg=0.
[6] OCDE (2025), CAD2A : Versements d’aide (APD) vers les pays et régions, Éditions OCDE, Paris, https://data-explorer.oecd.org/vis?df[ds]=DisseminateFinalDMZ&df[id]=DSD_DAC2%40DF_DAC2A&df[ag]=OECD.DCD.FSD&dq=.DPGC.206.USD.Q&lom=LASTNPERIODS&lo=5&to[TIME_PERIOD]=false&lc=fr&pg=0.
[16] OCDE (2025), Données préliminaires de l’aide publique au développement en 2024, Éditions OCDE, Paris, https://one.oecd.org/document/DCD(2025)6/fr/pdf.
[1] OCDE (2025), Données préliminaires de l’aide publique au développement en 2024 : Note de synthèse détaillée, https://one.oecd.org/document/DCD(2025)6/fr/pdf.
[24] OCDE (2025), Explorateur de données de l’OCDE, Utilisation du système multilatéral par les fournisseurs, Éditions OCDE, Paris, https://data-explorer.oecd.org/vis?df[ds]=dsDisseminateFinalDMZ&df[id]=DSD_MULTI%40DF_MULTI&df[ag]=OECD.DCD.FSD&dq=DAC.DPGC.1000...D.Q._T..&lom=LASTNPERIODS&lo=1&to[TIME_PERIOD]=false&lc=fr&pg=0.
[22] OCDE (2025), Le désengagement responsable : les leçons tirées par la Suisse de l’arrêt de la coopération bilatérale en Amérique latine et dans les Caraïbes, https://www.oecd.org/fr/publications/outils-enseignements-et-pratiques-de-la-cooperation-pour-le-developpement_97e9f347-fr/le-desengagement-responsable-les-lecons-tirees-par-la-suisse-de-l-arret-de-la-cooperation-bilaterale-en-amerique-latine-et-dans-les-caraibes_9ba52805-fr.html.
[23] OCDE (2025), SNPC Système de notification des pays créanciers (flux), Éditions OCDE, Paris, https://data-explorer.oecd.org/vis?lc=fr&df[ds]=dsDisseminateFinalDMZ&df[id]=DSD_CRS%40DF_CRS&df[ag]=OECD.DCD.FSD&df[vs]=1.4&dq=DAC..1000.100._T._T.D.Q._T..&lom=LASTNPERIODS&lo=5&to[TIME_PERIOD]=false&pg=0.
[27] OCDE (2024), « Country ownership over national development processes », https://www.oecd.org/en/publications/development-co-operation-tips-tools-insights-practices_be69e0cf-en/country-ownership-over-national-development-processes_1a0df804-en.html.
[18] OCDE (2024), Multilateral Development Finance 2024, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/8f1e2b9b-en.
[2] OCDE (2023), « Private finance mobilised by official development finance interventions », OECD Development Perspectives, n° 29, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/c5fb4a6c-en.
[7] OCDE (2021), Atteindre l’objectif d’un ratio APD/RNB de 0.7 % tout en préservant les engagements en matière de financement : Étude de cas, https://www.oecd.org/fr/publications/outils-enseignements-et-pratiques-de-la-cooperation-pour-le-developpement_97e9f347-fr/atteindre-l-objectif-d-un-ratio-apd-rnb-de-0-7-tout-en-preservant-les-engagements-en-matiere-de-financement_0507800a-fr.html.
[28] OCDE (2021), « Mesas país : coconstruire des solutions entre gouvernements et pays partenaires », https://www.oecd.org/fr/publications/outils-enseignements-et-pratiques-de-la-cooperation-pour-le-developpement_97e9f347-fr/mesas-pais-coconstruire-des-solutions-entre-gouvernements-et-pays-partenaires_52ece46b-fr.html.
[8] Pamuk, H. (2025), Trump administration scraps over 80% of USAID programs, top diplomat Rubio says, https://www.reuters.com/world/us/trump-administration-scraps-over-80-usaid-programs-top-diplomat-rubio-says-2025-03-10/?utm.
[26] PARIS21 (2024), Rapport de PARIS21 sur le soutien des partenaires à la statistique 2024 : Garantir la résilience des systèmes de données dans un environnement de financement en pleine évolution, https://www.paris21.org/sites/default/files/media/document/2024-12/press-rapport-des-partenaires-2024.pdf.
[20] Penn, C. et al. (2025), Smart spending to combat global health threats : Tracking expenditure on prevention, preparedness, and response, and other global public goods for health, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/166d7c57-en.
[14] Professional Services Council (2025), The U.S. government must pay its bills, https://www.pscouncil.org/a/News_Releases/2025/The%20U.S.%20Government%20Must%20Pay%20Its%20Bills.aspx.
[3] Sandefur, J. et C. Kenny (2025), USAID Cuts: New Estimates at the Country Level, Center for Global Development, Washington D.C., https://www.cgdev.org/blog/usaid-cuts-new-estimates-country-level.
Personnes à contacter
Yasmin AHMAD (yasmin.ahmad@oecd.org)
Emily BOSCH (emily.bosch@oecd.org)
Eleanor CAREY (eleanor.carey@oecd.org)
Harsh DESAI (harsh.desai@oecd.org)
Ida MCDONNELL (ida.mcdonnell@oecd.org)
Julie SEGHERS (julie.seghers@oecd.org)
Les auteurs remercient les collègues suivants pour leurs contributions : Elena Bernaldo de Quiros, Olivier Bouret, Gabrielle Germe, Renwick Irvine, Anthony Kiernan, Anjeza Llulla, Madeleine Lessard, Danielle Mallon et Lou Turroques.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. Pour des données supplémentaires sur les tendances de l’APD jusqu’en 2023, voir : « Aperçu synthétique de l’aide publique au développement » et « Aide publique au développement par objectif »
← 2. Sur la base de l’équivalent-don, qui est la mesure officielle des chiffres globaux de l’APD depuis 2018, l’APD a reculé de 7.1 % en 2024 pour s’établir à 212.1 milliards USD, ce qui équivaut à 0.33 % du RNB combiné des pays du CAD. Toutefois, les projections étant essentiellement établies sur la base des flux financiers, l’analyse contenue dans la présente synthèse fait référence aux versements nets d’APD, sauf indication contraire. Pour une analyse plus détaillée des chiffres préliminaires de l’APD en 2024 sur la base de l’équivalent-don, voir : https://one.oecd.org/document/DCD(2025)6/en/pdf.
← 3. En juin 2025, les membres suivants avaient annoncé des baisses de leur APD en 2025-27 : Allemagne, Autriche (l’Autriche a annoncé une augmentation de l’APD en 2025 mais une diminution en 2026), Belgique, États-Unis, Finlande, France, Nouvelle‑Zélande, Pays‑Bas, Royaume-Uni, Suède et Suisse.
← 4. Sur la base des informations recueillies à partir des réponses des membres et de leurs annonces officielles : le programme d'aide internationale au développement de l’Irlande augmentera de 35 millions EUR supplémentaires en 2025, ce qui portera le total à 810 millions EUR) – soit une augmentation de 4.5 % en 2024. Les estimations préliminaires font état d'une APD totale pour 2025 d’environ 2 milliards EUR. Des chiffres définitifs ne sont pas disponibles pour les années à venir, mais l’Irlande maintient son engagement à l’égard de son programme d’APD et de la réalisation de l'objectif de 0.7 % du RNB fixé par les Nations Unies. La Corée a augmenté son ratio APD/RNB de 50 % depuis 2018, pour atteindre 0.21 % en 2024, et devrait atteindre 0.25 % d’ici 2030. En Espagne, la loi 1/2023 sur la Coopération au service du développement durable et la solidarité mondiale énonce l’engagement du pays d'atteindre un ratio APD/RNB de 0.7 % d'ici 2030, et le Plan fondamental pour le développement durable et la solidarité mondiale 2024-2027 décrit trois trajectoires à suivre à cette fin.
← 5. Au cours de l’exercice 2025-26, l’Australie augmentera son APD de 2.7 % par rapport à l’exercice précédent (soit une hausse de 135.8 millions AUD). Le pays s’est également engagé à augmenter son APD de 2.5 % par an à compter de l’exercice 2026-27. Le Danemark a fixé son objectif de ratio APD/RNB à 0.7 % ; le Luxembourg à 1 % ; la Norvège à 1 % ; la Lettonie et la Lituanie ont indiqué dans leur réponse à l’enquête de l’OCDE qu’elles prévoyaient d’atteindre des niveaux d’APD/RNB de 0.33 % d’ici 2030, et l’Italie a indiqué son intention d'aligner ses tendances pluriannuelles sur les normes internationales d’APD, et de s'approcher progressivement de l'objectif de 0.7 % énoncé dans le cadre du Programme à l'horizon 2030.
← 6. Voir : https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/topics/policy-sub-issues/oda-eligibility-and-conditions/DAC-List-of-ODA-Recipients-for-reporting-2022-23-flows.pdf.
← 7. L’APD en pourcentage du RNB est généralement donnée sur la base de l’équivalent-don depuis 2018. Toutefois, comme les projections présentées dans cette synthèse sont fondées sur les flux nets, l’APD en pourcentage du RNB est présentée, pour l’ensemble de la période, sur la base des flux nets à des fins de comparaison.
← 8. Afghanistan, Angola, Bangladesh, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Comores, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Haïti, Îles Salomon, Kiribati, Lesotho, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Myanmar, Népal, Niger, Ouganda, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République démocratique populaire lao, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Tanzanie, Tchad, Timor-Leste, Togo, Tuvalu, Yémen, Zambie.
← 9. Afrique du Sud, Angola, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cabo Verde, Cameroun, Comores, Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Érythrée, Eswatini, Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Kenya, Lesotho, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Maurice, Mauritanie, Mayotte, Mozambique, Namibie, Niger, Nigéria, Ouganda, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Rwanda, Sainte-Hélène, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Tanzanie, Tchad, Togo, Zambie, Zimbabwe. Il convient de noter que 33 des 46 pays d’Afrique subsaharienne sont également des PMA.
← 10. Suite à la révision de l’annonce de contributions des États-Unis à l’IDA-21, celle-ci est passée de 4 milliards USD à 3.2 milliards USD, tandis que celle du Royaume-Uni est passée de 3 milliards GBP à 1.4 milliard GBP. Voir https://documents1.worldbank.org/curated/en/099042525174542121/pdf/Harnessing-Artificial-Intelligence-for-Development-A-New-Policy-and-Regulatory-Framework.pdf.
← 11. Les PMA suivants sont situés en Asie du Sud et en Asie centrale : Afghanistan, Bangladesh, Népal et Myanmar. Les PMA suivants sont situés en Asie extrême-orientale : Cambodge, République démocratique populaire lao et Timor-Leste.
← 12. À la Réunion à haut niveau du CAD tenue en mars 2025, les membres du CAD ont invité l’OCDE à les soutenir dans la définition de leurs priorités et leur planification budgétaire au moyen d’analyses et de projections, afin de leur permettre de déterminer les niveaux d’exposition, les risques et les lacunes et ainsi éclairer leurs stratégies.