Ce chapitre offre une vue d’ensemble de l’évolution des marchés de capitaux en Asie, et couvre les marchés des actions cotées et du capital-investissement, de la dette d’entreprise et des obligations souveraines. Nous y examinons la façon dont le durcissement des conditions financières ainsi que l’accentuation de l’incertitude liée à la politique commerciale et des tensions géopolitiques ont influé sur le financement des entreprises en 2025 et au début de 2026. Nous y étudions également l’impact de l’incertitude liée aux échanges sur les marchés de capitaux, notamment ses effets sur la volatilité, les flux de capitaux et les tendances observées en matière de financement dans la région. Sur la base de ces analyses, nous identifions des éléments clés à prendre en compte du point de vue de l’action publique pour renforcer la résilience des marchés et favoriser la poursuite du développement des marchés de capitaux dans la région.
Rapport sur les marchés de capitaux en Asie 2026 (version abrégée)
1. Évolution des marchés de capitaux asiatiques
Copier le lien de 1. Évolution des marchés de capitaux asiatiquesDescription
Principaux messages
Copier le lien de Principaux messagesLes marchés de capitaux asiatiques ont été affectés en 2025 et au début de 2026 par le regain d’incertitude liée aux droits de douane et par la montée des tensions géopolitiques liées au conflit au Moyen-Orient. L’intégration de l’Asie dans les réseaux de production, les courants d’échange et les routes maritimes à l’échelle mondiale a accentué l’exposition de la région aux chocs externes et aux évolutions des conditions financières.
La volatilité des marchés d’actions a fortement augmenté à la suite des annonces relatives aux droits de douane d’avril 2025 et des tensions géopolitiques du début de l’année 2026, tandis que les écarts de rendement obligataire se sont creusés pendant les périodes de tensions sur les marchés, en particulier sur les segments à haut rendement. Les flux d’investissement de portefeuille ont été déterminés par une réévaluation globale des risques, qui s’est traduite par des sorties de capitaux sous forme d’actions et un renforcement des flux entrants sur les marchés de la dette.
L’Asie a représenté approximativement 31 % du PIB mondial en 2025 et 29 % de la capitalisation boursière des marchés d’actions cotées à l’échelle mondiale, 56 % des sociétés cotées et 52 % de l’activité mondiale en matière de capital-risque. Néanmoins, la région est nettement sous-représentée sur l’ensemble des segments du marché de la dette par rapport à son poids économique dans le PIB mondial, en particulier sur les marchés du crédit privé et des prêts syndiqués.
Les conditions de levée de capitaux sont restées inégales sur les marchés asiatiques en 2025. En matière d’introductions en bourse, l’activité est demeurée faible dans une grande partie de la région par rapport à son niveau moyen des trois dernières années, tandis que les entreprises ont eu davantage recours aux émissions secondaires d’actions et aux émissions d’obligations d’entreprise. Malgré l’incertitude accrue, les retraits de la cote d’entreprises asiatiques sur les marchés des États-Unis sont restés globalement stables en 2025.
Les modes de levée de capitaux ont également divergé entre les secteurs exportateurs et les secteurs axés sur le marché intérieur. En Asie, l’activité d’introduction en bourse a diminué plus nettement dans les secteurs axés sur le marché intérieur, tandis qu’elles sont restées relativement résilientes dans les secteurs exportateurs, qui ont représenté une part plus importante des émissions d’obligations d’entreprise qu’à l’échelle mondiale ; cela tenait peut-être à la confiance plus forte inspirée aux investisseurs par les secteurs exportateurs et liés aux technologies, aux anticipations relatives à la diversification des chaînes d’approvisionnement, et à la préservation de l’accès aux marchés des entreprises exportatrices.
Les marchés d’obligations souveraines sont restés globalement résilients, compte tenu de la place importante occupée par les financements en monnaie locale et à taux fixe ainsi que d’échéances relativement longues, ce qui a contribué à limiter les vulnérabilités liées aux taux de change et aux opérations de refinancement, malgré les niveaux élevés des émissions et de la dette.
Les marchés de la dette d’entreprise sont aussi restés globalement résilients malgré l’incertitude exacerbée, grâce aux émissions d’obligations d’entreprise, tandis que les prêts syndiqués ont diminué et que l’activité de crédit privé est demeurée limitée. L’accès aux marchés d’obligations d’entreprise est resté assuré, y compris pour les petites entreprises dans plusieurs économies, même si les émetteurs ont opté de manière croissante pour des échéances plus courtes, accentuant leur vulnérabilité face l’éventualité de futures difficultés de refinancement.
Les tensions géopolitiques et les perturbations des approvisionnements énergétiques ont accentué les tensions inflationnistes dans certaines parties de l’Asie, ce qui pourrait limiter les possibilités de nouvel assouplissement monétaire. Toute nouvelle hausse des taux d’intérêt pourrait exacerber les risques de refinancement, compte tenu de la proportion importante de l’encours de la dette d’entreprise qui devra être refinancée au cours des trois prochaines années.
Les marchés du capital-investissement et du capital-risque restent sous pression, le niveau des levées de fonds ayant diminué pour la quatrième année consécutive, même si les actifs gérés ont continué d’augmenter, sous l’effet de la hausse des valorisations. Par ailleurs, la répartition des opérations de sortie a changé en valeur au profit des canaux traditionnels, les rachats sur le marché secondaire du capital-investissement ayant perdu de l’importance tandis que les ventes industrielles regagnaient du terrain.
1.1. Les marchés de capitaux face à l’incertitude liée à la politique commerciale et aux tensions géopolitiques
Copier le lien de 1.1. Les marchés de capitaux face à l’incertitude liée à la politique commerciale et aux tensions géopolitiquesLes marchés de capitaux asiatiques ont été touchés par deux évolutions majeures en 2025 et au premier semestre de 2026 : la nouvelle escalade de l’incertitude liée aux droits de douane à partir d’avril 2025 et la montée des tensions géopolitiques liées au conflit au Moyen-Orient en 2026. Les économies asiatiques restent particulièrement sensibles à ces évolutions compte tenu de leur intégration dans les réseaux de production mondiaux, de leur ouverture aux échanges internationaux et de leur dépendance à l’égard de l’énergie en provenance du Moyen-Orient. En outre, l’Asie est le principal acheteur de pétrole et de gaz transitant par le détroit d’Ormuz, environ 80 % des livraisons de gaz naturel liquéfié empruntant cette route lui étant destinées.
La vulnérabilité à l’incertitude liée à la politique commerciale est particulièrement importante compte tenu des liens économiques étroits entre l’Asie et les États-Unis, qui représentaient environ 15 % des exportations totales de la région et environ 4 % du PIB global en 2024, tandis que l’Asie était à l’origine d’environ 36 % des importations totales des États-Unis.
Toutefois, l’exposition à l’incertitude liée aux échanges varie considérablement d’une économie asiatique à l’autre, en fonction de la structure de ses exportations et de sa dépendance à l’égard du marché américain. Les petites économies tournées vers l’exportation, comme le Cambodge et le Viet Nam, sont particulièrement tributaires du marché américain, tant en pourcentage des exportations totales qu’en proportion de leur PIB (Graphique 1.1, parties A et B). La Malaisie, Singapour, le Taipei chinois et la Thaïlande affichent également une exposition particulièrement élevée par rapport à la taille de leur économie. À l’inverse, des économies plus grandes et plus diversifiées comme la Chine et l’Indonésie sont moins dépendantes du marché des États-Unis malgré leurs volumes d’échanges importants.
L’impact de l’incertitude liée aux échanges est également déterminé par les différences de taux de droits de douane effectifs appliqués par les États-Unis aux économies asiatiques. La Chine et l’Inde font face à des droits de douane effectifs relativement élevés, tandis que plusieurs économies d’Asie du Sud-Est continuent de faire face à des niveaux de droits de douane plus faibles.
Graphique 1.1. Sélection d’indicateurs de l’exposition des économies asiatiques aux échanges avec les États-Unis
Copier le lien de Graphique 1.1. Sélection d’indicateurs de l’exposition des économies asiatiques aux échanges avec les États-UnisLes différences d’exposition aux échanges et de taux de droits de douane ont contribué à modifier la structure des échanges régionaux dans les économies asiatiques
Note : Dans la partie A, les informations sur les exportations totales sont fondées sur les Statistiques équilibrées sur les échanges internationaux de marchandise de l’OCDE pour 2024.
Source : BEA (2025[1]) International Trade and Investment Country Facts, https://apps.bea.gov/international/factsheet/index.html ; FMI (2026[2]), données du World Economic Outlook – PIB, https://www.imf.org/en/publications/weo/issues/2026/01/19/world-economic-outlook-update-january-2026 ; OCDE (2025[3]), Statistiques équilibrées sur les échanges internationaux de marchandise, https://doi.org/10.1787/07518168-en.
À la fin de 2025, l’atténuation des incertitudes a renforcé la confiance des marchés. Toutefois, les différences d’exposition aux échanges et de taux de droits de douane avaient déjà contribué à modifier la structure des échanges régionaux. Les flux de production et d’échanges s’étaient de plus en plus déplacés vers d’autres sites en Asie, conformément à la dynamique « Chine+1 », qui désigne la diversification de la production et des chaînes d’approvisionnement de la Chine vers d’autres économies asiatiques. Dans le même temps, ces transformations pourraient aussi être en partie la conséquence d’ajustements commerciaux à plus court terme, notamment d’un réacheminement des exportations via des économies bénéficiant de droits de douane plus faibles et de l’anticipation des expéditions avant l’application des droits de douane. Par conséquent, si l’exposition globale de l’Asie aux exportations vers les États-Unis est restée relativement stable entre 2024 et 2025, baissant de seulement 0.4 %, l’exposition aux exportations a augmenté au Viet Nam, au Cambodge, en République démocratique populaire lao, au Taipei chinois et en Thaïlande, tandis qu’elle a diminué en Inde, en Chine, en Corée, au Japon, à Hong Kong (Chine), aux Philippines et à Singapour (Graphique 1.1, partie C).
Au-delà de leurs effets économiques plus larges, l’incertitude liée aux droits de douane et les tensions géopolitiques peuvent affecter les marchés financiers en augmentant l’aversion au risque, en érodant la confiance des investisseurs et en perturbant les flux d’échanges et d’investissement. Sur les marchés d’actions, ces évolutions peuvent se traduire par une baisse des valorisations, un fléchissement de l’activité de levée de capitaux et une réduction de l’activité de capital-investissement et de capital-risque en raison d’une hausse des primes de risque, d’une dégradation des conditions de sortie et d’une baisse des volumes de transactions. Sur les marchés obligataires, la détérioration des fondamentaux du crédit pourrait entraîner un élargissement des écarts de rendement, une hausse des coûts d’emprunt et une augmentation des risques de défaut. Plus généralement, l’incertitude entourant la politique commerciale peut freiner la croissance en retardant les investissements et la consommation jusqu’à ce que la situation globale s’éclaircisse, tandis qu’un ralentissement de la croissance pourrait fragiliser les finances publiques (Kohlscheen et al., 2025[4]).
Le niveau élevé d’incertitude liée à la politique commerciale et l’affaiblissement des perspectives de croissance se sont également reflétés dans les décisions d’investissement des entreprises dans l’ensemble de la région. En 2025, l’entreprise cotée médiane de la région a réduit ses investissements de 7 % par rapport à l’année précédente, tandis que les entreprises situées dans la partie inférieure de la distribution ont enregistré des baisses nettement plus importantes (Graphique 1.2, partie A).
Graphique 1.2. Évolution de l’investissement des entreprises parmi les sociétés cotées en Asie
Copier le lien de Graphique 1.2. Évolution de l’investissement des entreprises parmi les sociétés cotées en AsieL’investissement des entreprises s’est affaibli en Asie en 2025, avec des baisses plus marquées parmi les petites entreprises
Note : Le graphique couvre les 10 000 plus grandes sociétés cotées en Asie en termes de capitalisation boursière. Les entreprises pour lesquelles les données d’investissement pour 2024 ne sont pas disponibles sont exclues. La partie A présente la variation en pourcentage de l’investissement nominal par percentile entre 2024 et 2025.
Source : Ensemble de données de la série de l’OCDE sur les marchés de capitaux ; voir l’annexe A pour plus de détails.
Conformément à cette tendance, 44 % des sociétés cotées en Asie ont réduit leurs investissements de plus de 10 % en 2025 par rapport à 2024 (Graphique 1.2, partie B). Ces résultats indiquent que l’incertitude a pesé sur les décisions d’investissement d’un large éventail d’entreprises, les effets les plus marqués étant concentrés parmi les petites entreprises déjà confrontées à une dynamique d’investissement plus faible. Il est devenu essentiel de disposer de marchés de capitaux profonds et diversifiés pour surmonter les effets de l’incertitude liée aux droits de douane, des tensions géopolitiques et des restrictions à la consommation d’énergie imposées aux pouvoirs publics, aux banques centrales et aux entreprises. Des marchés de capitaux publics et privés profonds et diversifiés peuvent aider les entreprises à conserver un accès au financement, soutenir l’activité d’investissement et de refinancement, et faciliter le partage des risques dans l’ensemble de l’économie, ce qui, en définitive, renforce la résilience. De même, des marchés financiers bien développés peuvent aider les États à se financer et les banques centrales à mieux préserver la stabilité des prix. En revanche, les économies dont les marchés sont moins profonds ou moins diversifiés peuvent être plus vulnérables aux sorties de capitaux, à une baisse de la liquidité et à des conditions de financement plus restrictives.
Encadré 1.1. Vue d’ensemble des marchés de capitaux asiatiques
Copier le lien de Encadré 1.1. Vue d’ensemble des marchés de capitaux asiatiquesLes marchés de capitaux asiatiques sont de plus en plus intégrés aux marchés financiers mondiaux. Représentant environ 31 % du PIB mondial en 2025, l’Asie accueille 56 % du nombre total d’entreprises cotées. Les parts de marché de la région varient considérablement d’un segment de marché à l’autre, ce qui reflète les différences de développement des canaux de financement entre économies (Graphique 1.4). La région représente 29 % de la capitalisation boursière mondiale, soulignant l’importance des marchés d’actions asiatiques dans l’écosystème financier mondial. L’Asie représente également 52 % de l’activité mondiale de capital-risque et 20 % des marchés du capital-investissement, ce qui témoigne du rôle croissant des financements privés, en particulier pour les entreprises innovantes et à forte croissance.
En revanche, la présence de l’Asie sur les segments du marché de la dette est plus inégale. Alors que la région représente 30 % des marchés mondiaux des obligations d’entreprise, sa part dans les prêts syndiqués et le crédit privé reste relativement limitée, s’établissant à respectivement 15 % et 4 %, ce qui laisse penser que les canaux de crédit alternatifs restent moins développés dans de nombreuses économies. Sur les marchés des obligations souveraines, l’Asie représente environ 25 % de l’encours mondial des obligations d’État, soit moins que sa part dans le PIB mondial.
Graphique 1.3. Part de l’Asie dans les marchés financiers mondiaux par rapport à sa part dans l’économie mondiale, 2025
Copier le lien de Graphique 1.3. Part de l’Asie dans les marchés financiers mondiaux par rapport à sa part dans l’économie mondiale, 2025La part de l’Asie dans les segments des marchés financiers mondiaux ne correspond pas toujours à son poids économique
Note : La part du crédit privé est calculée à partir du total des actifs sous gestion, défini comme l’ensemble des actifs sous gestion dans des fonds de crédit privé dont l’Asie est le principal centre d’investissement, et les données se rapportent à septembre 2025. Les obligations souveraines incluent les bons du Trésor.
Source : Ensemble de données de la série de l’OCDE sur les marchés de capitaux ; Prequin, Enquête 2025 de l’OCDE sur les titres de dette négociables des administrations centrales ; LSEG ; voir l’annexe A pour plus de détails.
Graphique 1.4. Vue d’ensemble des marchés boursiers asiatiques, 2025
Copier le lien de Graphique 1.4. Vue d’ensemble des marchés boursiers asiatiques, 2025La taille et la profondeur des marchés boursiers asiatiques sont très variables
Note : Le taux de rotation correspond à la valeur totale des échanges rapportée à la capitalisation boursière à la fin de 2025. La taille de la bulle est proportionnelle au taux de rotation de chaque marché. Par exemple, le taux de rotation de Hong Kong (Chine) est de 130 % et celui du Viet Nam de 96 %. Pour le Sri Lanka, les données relatives au PIB de 2024 sont utilisées.
Source : Ensemble de données de la série de l’OCDE sur les marchés de capitaux ; LSEG ; rapports annuels/trimestriels/mensuels des bourses de valeurs respectives ; voir l’annexe A pour plus de détails.
Le développement des marchés de capitaux varie sensiblement d’une économie asiatique à l’autre, ce qui influe sur leur capacité à absorber les chocs externes et à soutenir le financement des entreprises en période de tensions (Graphique 1.4). Les marchés boursiers de Hong Kong (Chine) et du Taipei chinois se distinguent par une capitalisation boursière exceptionnellement élevée par rapport à leur PIB, une liquidité abondante et d’importants volumes d’échanges. La Corée et le Japon conjuguent également des marchés d’actions relativement vastes avec des taux de rotation élevés, ce qui traduit une participation active des investisseurs nationaux et internationaux. À l’inverse, plusieurs économies plus petites et à faible revenu, dont le Cambodge, la RDP lao et la Mongolie, conservent des marchés d’actions relativement peu profonds, caractérisés par une capitalisation boursière limitée, un moins grand nombre d’entreprises cotées et de faibles volumes d’échanges.
L’évolution du marché des obligations d’entreprise varie aussi sensiblement d’un pays à l’autre. En valeur absolue, la Chine, le Japon et la Corée représentent la majorité de l’encours des émissions d’obligations de sociétés non financières, ce qui reflète l’ampleur et la maturité de leurs marchés nationaux de la dette. En pourcentage du PIB, Hong Kong (Chine) est toutefois le plus grand marché d’obligations d’entreprise de la région, suivi de la Thaïlande et de la Corée (Tableau 1.1). La Thaïlande, en particulier, a connu un développement rapide de son marché à la suite des réformes engagées après la crise financière asiatique pour réduire sa dépendance à l’égard des emprunts en devises et renforcer les marchés obligataires en monnaie locale.
Si l’Asie représente environ 15 % de l’encours mondial des obligations de sociétés non financières, la taille du marché varie considérablement d’une économie à l’autre. À Hong Kong (Chine), en Thaïlande et en Corée, l’encours des obligations de sociétés non financières dépasse 15 % du PIB, tandis que dans des économies comme l’Indonésie, l’Inde, la Malaisie et le Viet Nam, il reste inférieur à 5 % du PIB. Au Cambodge, au Pakistan et au Bangladesh, la part de l’encours des obligations de sociétés non financières dans le PIB est pratiquement nulle, ce qui révèle la quasi-absence de financement sur le marché des obligations d’entreprises dans ces économies.
Tableau 1.1. Vue d’ensemble des marchés asiatiques d’obligations de sociétés non financières, 2025
Copier le lien de Tableau 1.1. Vue d’ensemble des marchés asiatiques d’obligations de sociétés non financières, 2025La profondeur et le développement du marché des obligations de sociétés varient considérablement selon les économies asiatiques
|
Encours des obligations de sociétés en pourcentage du PIB (%) |
Hong Kong (Chine) |
Thaïlande |
Corée |
Japon |
Chine |
Taipei chinois |
Singapour |
RDP lao |
Philippines |
|
Plus de 5 % |
22 % |
21 % |
19 % |
16 % |
14 % |
10 % |
8 % |
7 % |
5 % |
|
Indonésie |
Inde |
Malaisie |
Mongolie |
Viet Nam |
Cambodge |
Pakistan |
Sri Lanka |
Bangladesh |
|
|
Moins de 5 % |
4 % |
3.4 % |
2.2 % |
2 % |
0.4 % |
0.14 % |
0.12 % |
0.05 % |
0.01 % |
Note : Pour le Sri Lanka, les données relatives au PIB de 2024 sont utilisées.
Source : Ensemble de données de la série de l’OCDE sur les marchés de capitaux ; LSEG ; voir l’annexe pour plus de détails.
1.1.1. Volatilité des marchés, dynamique des flux de capitaux et valorisation des actions
L’incertitude entourant les politiques commerciales et les tensions géopolitiques ont eu des effets visibles sur les marchés de capitaux asiatiques en 2025 et au premier semestre de 2026. En ce qui concerne les politiques commerciales, l’incertitude a culminé au niveau mondial en 2025 et contribué à l’apparition de phases de volatilité accrue sur les marchés, de recomposition des portefeuilles et de revalorisation des actions dans toute la région, entraînant en même temps un creusement des écarts de rendement obligataire et un durcissement des conditions de financement (Graphique 1.5, partie A).
Les marchés d’actions ont globalement connu une progression en 2025, même si les performances ont été fortement affectées par les incertitudes liées aux échanges au début de 2025 (partie B). À la fin du mois de mars 2026 cependant, les actions se négociaient sur les marchés de plusieurs économies, dont l’Inde, à des niveaux inférieurs à ceux du début de 2025, signe d’un regain d’incertitude et d’un affaiblissement de la confiance des investisseurs à l’égard de l’évolution du conflit au Moyen-Orient et de ses répercussions sur les économies asiatiques.
Dans le même temps, les écarts de rendement agrégés des obligations d’État et d’entreprise se sont creusés pendant les périodes de tensions sur les marchés, indiquant un durcissement des conditions de financement et une plus grande aversion au risque de la part des investisseurs (partie C). Le segment à haut rendement et le segment de catégorie investissement ont été touchés, le creusement le plus prononcé des écarts ayant été observé sur le premier cité, en particulier au moment des annonces relatives aux droits de douane. Un élargissement des écarts de rendement s’est de nouveau produit au début de 2026, sur fond de tensions géopolitiques et de perturbations engendrées par le conflit au Moyen-Orient, même si le mouvement est resté plus modeste que lors des pics enregistrés pendant la phase d’incertitude autour des droits de douane en 2025.
Graphique 1.5. Performance, risque et incertitude entourant l'action publique sur les marchés asiatiques
Copier le lien de Graphique 1.5. Performance, risque et incertitude entourant l'action publique sur les marchés asiatiquesLe niveau élevé d’incertitude liée à la politique commerciale et les tensions géopolitiques ont entraîné une volatilité des marchés et une réévaluation des actifs
Note : Les indices représentés dans la partie B sont l’indice TOPIX de la Bourse de Tokyo pour le Japon, l’indice composite de la Bourse de Shanghai pour la Chine et l’indice BSE Sensex de la Bourse de Bombay pour l’Inde. Dans la partie C, les écarts de rendement son tirés de l’indice Bloomberg Asia USD Investment Grade Bond Index et de l’indice Bloomberg Asia USD High Yield Diversified Credit Index. Le premier englobe des titres de dette publique et de dette d’entreprise à taux fixe libellés en USD émis dans des pays d’Asie, à l’exclusion du Japon. Le second se compose d’obligations à haut rendement libellées en USD émises par des États asiatiques et des sociétés domiciliées en Asie.
Source : Caldara et al., (2020[5]), Trade Policy Uncertainty Index, https://doi.org/10.1016/j.jmoneco.2019.11.002; LSEG ; Bloomberg.
Les tensions sur les marchés se sont également traduites par une volatilité nettement plus élevée sur les marchés d’actions et d’obligations souveraines. La volatilité des rendements des obligations d’État asiatiques à 10 ans et des indices boursiers a connu deux pics distincts, coïncidant respectivement avec les annonces concernant les droits de douane aux États-Unis, en avril 2025, et l’escalade du conflit au Moyen-Orient, en mars et avril 2026. Après les annonces des États-Unis relatives aux mesures tarifaires, les plus fortes hausses ont été observées dans les économies tournées vers l’exportation, caractérisées par un secteur manufacturier dynamique et une forte exposition aux échanges avec les États-Unis. En revanche, le pic de volatilité constaté en 2026 a été plus marqué dans les économies fortement dépendantes des importations d’énergie en provenance du Moyen-Orient.
Graphique 1.6. Volatilité des rendements des obligations souveraines à 10 ans en Asie
Copier le lien de Graphique 1.6. Volatilité des rendements des obligations souveraines à 10 ans en AsieLes marchés des obligations souveraines ont reflété l’évolution de la perception des risques pendant les périodes d’incertitude accrue
Note : La volatilité mensuelle annualisée est calculée à partir des variations quotidiennes des rendements et exprimée en points de pourcentage. Les colonnes sont classées par ordre croissant selon les valeurs d’avril 2026. La dernière observation correspond au 17 avril 2026. On ne dispose pas de données pour le Bangladesh, le Cambodge, la RDP lao et la Mongolie. Les codes pays ISO sont indiqués. Les juridictions sont codées en couleur à l’aide d’une mise en forme conditionnelle fondée sur leurs propres valeurs sur la période indiquée. Les teintes les plus foncées indiquent les valeurs les plus élevées et les plus faibles observées pour chaque juridiction sur la période.
Source : LSEG ; Bloomberg ; et calculs de l’OCDE.
En même temps qu’une volatilité accrue, on a pu observer entre les marchés d’actions une synchronisation plus marquée pendant la période caractérisée par une plus grande incertitude autour de la politique commerciale, comme en témoignent les corrélations plus fortes entre les différents marchés et l’accroissement de l’exposition des marchés régionaux à des risques communs. Sur les 18 marchés d’actions asiatiques analysés, la distribution des corrélations des rendements par paire d’actifs s’est déplacée vers le haut en avril-mai 2025, la médiane passant d’environ 11 % sur la période juillet 2024-mars 2025 à environ 40 %, et 90 % à l’extrémité supérieure (Graphique 1.7). Les corrélations ont de nouveau diminué entre juin 2025 et février 2026, avant de rebondir durant la phase de tensions géopolitiques de mars-avril 2026, pendant laquelle la corrélation médiane s’est hissée aux alentours de 26 %. Cette configuration donne à penser que le choc lié aux droits de douane a entraîné une réaction synchronisée plus forte de la part des marchés régionaux que les tensions géopolitiques ultérieures découlant du conflit au Moyen-Orient.
Malgré un affaiblissement des corrélations après le choc initial lié aux droits de douane, certaines corrélations bilatérales sont restées durablement fortes. Les corrélations entre les marchés du Japon, de la Corée, de la Thaïlande, de l’Indonésie, du Taipei chinois, de Hong-Kong (Chine) et de Singapour ont atteint des chiffres trois fois supérieurs, en moyenne, aux niveaux d’avant l’escalade, et en ce qui concerne Hong Kong (Chine), les corrélations avec la Corée, Singapour et le Taipei chinois ont plus que doublé.
La persistance de ces fortes corrélations après le choc initial lié aux droits de douane reflète probablement l’importance plus grande que les investisseurs accordent aux expositions régionales communes, en particulier dans les chaînes d’approvisionnement intégrées en technologie et en électronique faisant intervenir la Chine. A mesure que les marchés se sont mis à réagir de plus en plus face à des risques commerciaux et géopolitiques communs, une synchronisation des mouvements des cours des actions s’est dessinée entre des économies présentant des structures d’exportation similaires et entretenant des relations similaires avec les chaînes d’approvisionnement. Les corrélations plus fortes avec Hong Kong (Chine) et Singapour peuvent également être imputables à leur rôle de plateformes financières régionales par lesquelles la confiance des investisseurs régionaux et mondiaux se propage d’un marché à l’autre.
Graphique 1.7. Distribution des corrélations entre les rendements des actions sur les marchés asiatiques, 2024-2026
Copier le lien de Graphique 1.7. Distribution des corrélations entre les rendements des actions sur les marchés asiatiques, 2024-2026La convergence entre les marchés d’actions de la région s’est affirmée pendant l’escalade des droits de douane appliqués par les États-Unis à partir d’avril 2025 et la montée des tensions géopolitiques
Note : Les coefficients de corrélation sont calculés selon la méthode de Pearson à partir des rendements logarithmiques naturels journaliers des indices boursiers de 18 juridictions asiatiques.
Source : LSEG.
Les fluctuations de la confiance des investisseurs et de la perception des risques se sont également fait sentir dans les flux d’investissements de portefeuille au sein de la région en 2025. Sur les marchés d’actions, la plupart des économies ont enregistré des sorties nettes de capitaux étrangers entre janvier et avril, en particulier la Corée, l’Inde, le Japon et la Chine, signalant un regain d'aversion au risque parmi les investisseurs étrangers (Graphique 1.8, partie A). À partir de mai, la dynamique des flux de capitaux a commencé à être différente au niveau des marchés. Les sorties de capitaux se sont poursuivies sur certains marchés, dont l’Inde et la Chine, tandis qu’en Corée, au Japon et aux Philippines, une reprise des flux entrants a été observée, ce qui pourrait s’expliquer par une confiance accrue des investisseurs dans les économies recueillant les fruits de la diversification de leurs chaînes d’approvisionnement et bénéficiant de conditions de marché relativement plus favorables. Au cours des derniers mois de 2025, les entrées de capitaux investis dans des prises de participation ont augmenté sur certains grands marchés, notamment le Japon et la Chine, alors que les sorties nettes de capitaux se sont poursuivies dans plusieurs autres économies, dont l’Inde et le Viet Nam.
Contrairement aux marchés d’actions, les marchés asiatiques de la dette souveraine et de la dette d’entreprise ont attiré des afflux massifs de capitaux étrangers en 2025 (Graphique 1.8, partie B). Ceux-ci s’expliquent en partie par l’abandon progressif des actifs libellés en USD et par l’augmentation de la demande sur les marchés asiatiques de titres à revenu fixe (Asian Development Bank, 2025[6]). En outre, la structure des marchés des obligations souveraines a peut-être aussi été un facteur de résilience pendant les phases de volatilité. Au Japon, une proportion notable de la dette publique est détenue par la banque centrale nationale tandis que le marché des obligations souveraines de la Chine est dominé par les banques commerciales nationales. Dans de nombreuses autres économies asiatiques, les compagnies d’assurance et les fonds de pension nationaux jouent également un rôle important sur les marchés des obligations d’État et peuvent contribuer à absorber les chocs et à réduire la sensibilité des marchés de la dette souveraine aux fluctuations de la confiance des investisseurs étrangers.
Entre janvier et avril 2025, toutes les économies de la région ont comptabilisé des entrées nettes de capitaux, le Japon et la Chine ayant reçu des afflux plus importants, en volume, à la hauteur de la profondeur et de la taille de leurs marchés d’obligations souveraines et d’entreprise. À partir de mai, les entrées de capitaux ont fléchi dans la plupart des économies ; les flux à destination de la Chine et de la Thaïlande sont devenus négatifs tandis que l’Indonésie, la Corée et les Philippines ont continué d’attirer des flux entrants. Au cours des derniers mois de 2025, la Chine n’a pas cessé d’enregistrer des sorties nettes de capitaux et la Corée a, pour sa part, connu une nouvelle accélération des entrées de capitaux, sans doute à l’image de son rôle central dans les chaînes mondiales d’approvisionnement en technologie. Les flux entrants massifs de capitaux sur les marchés de la dette japonais ont également coïncidé avec le resserrement relatif de la politique monétaire du pays.
Graphique 1.8. Flux d’investissements de portefeuille à destination des marchés d’actions et de la dette dans certaines économies d’Asie, 2025
Copier le lien de Graphique 1.8. Flux d’investissements de portefeuille à destination des marchés d’actions et de la dette dans certaines économies d’Asie, 2025En 2025, les flux d’investissements de portefeuille ont laissé transparaître des divergences dans les comportements des investisseurs sur les marchés d’actions et de dette asiatiques
Note : Les flux de dette englobent à la fois les souscriptions d’obligations d’entreprise et d’obligations souveraines. Les valeurs négatives correspondent à des sorties nettes de capitaux, et les valeurs positives à des entrées de capitaux.
Source : OCDE, ensemble de données sur les flux de capitaux mensuels ; De Crescenzio et Lepers, (2021[7]) Extreme Capital Flow Episode From the Global Financial Crisis to COVID-19 : An exploration With Monthly Data, https://doi.org/10.1787/d557b9c4-en.
Les fluctuations de la confiance des investisseurs, la recomposition des portefeuilles et l’évolution des anticipations relatives à l’exposition aux échanges ont également imprégné la dynamique de valorisation des actions sur les marchés asiatiques. Après les annonces relatives aux droits de douane en 2025, les valorisations ont baissé sur plusieurs marchés asiatiques. Les entreprises les plus exposées aux variations des droits de douane (celles appartenant aux secteurs exportateurs1) et celles tournées vers le marché intérieur ont dans une large mesure évolué dans la même direction, ce qui laisse penser qu’elles ont réagi, de façon générale, à la montée des incertitudes liées aux échanges (Graphique 1.9). Vers le mois d’avril, un fléchissement des valorisations a été observé dans des économies comme Hong Kong (Chine), la Malaisie et le Viet Nam, les entreprises exposées aux droits de douane ayant accusé des baisses plus nettes que celles orientées vers le marché intérieur.
Après le mois d’avril, la dynamique de valorisation a commencé à diverger d’un marché à l’autre. En Chine, en Indonésie, à Singapour, au Taipei chinois et en Thaïlande, les secteurs exportateurs se sont redressés plus nettement et ont terminé la période en affichant des valorisations plus élevées que les secteurs tournés vers le marché intérieur. En Corée, les entreprises exportatrices ont également enregistré une forte hausse en fin de période et surpassé les entreprises nationales. Le Japon, en revanche, est resté relativement résilient tout au long de l’année, les deux groupes d’entreprises ayant vu leur valorisation monter modérément, mais régulièrement, tandis qu’au Viet Nam, les gains cumulés ont été supérieurs pour les entreprises actives sur le marché intérieur. Vers la fin de 2025 cependant, les trajectoires de valorisation ont recommencé à converger sur plusieurs marchés, ce qui semble indiquer que l’impact initial du choc du relèvement des droits de douane s’était partiellement dissipé.
Graphique 1.9. Valorisation des actions sur certains marchés asiatiques, 2025
Copier le lien de Graphique 1.9. Valorisation des actions sur certains marchés asiatiques, 2025La valorisation des entreprises exposées aux droits de douane a diminué après l’annonce faite en avril 2025, avant de rebondir
Note : L’indice présenté dans les graphiques est calculé à partir des variations mensuelles du ratio cours/valeur comptable (P/B) moyen pondéré par la capitalisation boursière sur chaque marché. Les étiquettes de données indiquent le point le plus bas atteint par l’indice pour les entreprises exposées aux droits de douane dans chaque juridiction. Les entreprises exposées aux droits de douane sont définies à l’aide des codes de classification par activité (Industry Description) de Refinitiv Business Classification (TRBC) et comprennent les secteurs producteurs de biens fortement exposés aux échanges internationaux, qui sont plus susceptibles d’être touchés par les annonces de droits de douane. Cette classification est un indicateur simplifié de l’exposition aux droits de douane sachant que toutes les entreprises de ces secteurs ne sont pas exportatrices, et que des effets indirects peuvent également toucher les entreprises d’autres secteurs. Les observations du ratio cours/valeur comptable pour lesquelles les ratios sont manquants ou ne sont pas positifs sont exclues. Les sociétés financières sont exclues de l’analyse. Les ratios cours/valeur comptable sont « winsorisés » au seuil de 1 % aux extrémités de la distribution au niveau des juridictions.
Source : LSEG.
Dans l’ensemble, les tendances indiquent une différenciation croissante entre les marchés asiatiques en fonction de l’exposition attendue à la reconfiguration des échanges et aux évolutions dans les chaînes d’approvisionnement. Comme indiqué précédemment, si l’exposition globale de l’Asie aux exportations vers les États-Unis est restée dans l’ensemble stable entre 2024 et 2025, les flux d’échanges au sein de la région se réorientent de plus en plus vers d’autres sites de production. Ce constat est cohérent avec la dynamique « Chine+1 », selon laquelle les entreprises diversifient leur production et s’approvisionnent en se détournant de la Chine au profit d’autres économies asiatiques afin de réduire leur exposition aux droits de douane et aux risques liés aux chaînes d’approvisionnement. L’évolution de la valorisation des actions laisse entrevoir une tendance croissante, parmi les investisseurs, à différencier les économies censées bénéficier de ces changements de celles considérées comme plus vulnérables face à l’évolution des droits de douane et à un affaiblissement de la demande extérieure.
1.1.2. Recours aux marchés cotés
Malgré l’incertitude accrue liée à la politique commerciale et les tensions géopolitiques, les marchés financiers asiatiques ont continué de procurer des financements aux emprunteurs souverains et aux entreprises en 2025. Toutefois, les modes de financement des entreprises sur les différents segments du marché ont évolué, celles-ci recourant davantage aux émissions complémentaires d’actions (ou émissions d’actions supplémentaires) et aux obligations d’entreprise. Dans le même temps, le niveau des emprunts souverains est resté élevé dans la région, en raison des besoins de financement grandissants et du durcissement des conditions financières à l’échelle mondiale.
En 2025, les émissions d’obligations souveraines asiatiques ont atteint un niveau record d’environ 4 100 milliards USD, ce qui représente une hausse annuelle de 7 % en termes réels. De manière plus générale, les émissions sont restées relativement stables, s’établissant à environ 4 000 milliards USD par an depuis 2022 (Graphique 1.10, partie A). La part de l’Asie dans les émissions mondiales est toutefois tombée à un cinquième en 2025, contre environ un quart en 2022, ce qui s’explique par une croissance plus forte des émissions dans le reste du monde.
Dans le même temps, l’encours total de la dette souveraine négociable asiatique a atteint un niveau record d’environ 18 300 milliards USD (partie B). Le Japon affichait l’encours le plus élevé de la région en 2025 (environ 42 % du total), notamment en raison de la forte dépréciation du yen japonais vis-à-vis du dollar des États-Unis. Mesuré en monnaie nationale, l’encours de la dette a régulièrement augmenté dans la quasi-totalité des juridictions d’Asie. Alors que le ratio dette souveraine négociable/PIB a diminué au Japon sous l’effet de la forte croissance du PIB nominal, il s’est hissé de 20 % à 30 % en Chine entre 2022 et 2025, et il est resté globalement stable, à environ 35 %, dans les autres pays d’Asie.
Graphique 1.10. Activité sur les marchés des obligations souveraines, 2025
Copier le lien de Graphique 1.10. Activité sur les marchés des obligations souveraines, 2025Les marchés asiatiques de la dette souveraine ont continué de croître en 2025, enregistrant des niveaux record d’émission et d’encours
Note : Les émissions et l’encours d’obligations souveraines comprennent les bons du Trésor.
Source : Enquête 2025 de l’OCDE sur les titres de dette négociables des administrations centrales ; LSEG ; voir l’annexe A pour plus de détails.
Sur les marchés d’actions cotées, les entreprises asiatiques déjà admises à la cote y ont levé de nouveaux capitaux en 2025, dans un contexte d’incertitude accrue sur les marchés. Par rapport à la moyenne des trois dernières années, les entreprises de la région ont été moins nombreuses à recourir aux marchés d’actions cotées. En matière d’introductions en bourse, l’activité a diminué par rapport à la moyenne des trois dernières années (Graphique 1.11, parties A et B). Au total, les entreprises ont levé environ 76 milliards USD dans le cadre d’introductions en bourse, contre 85 milliards USD en moyenne au cours des trois années précédentes. En revanche, les émissions secondaires d’actions (SEO) ont atteint environ 274 milliards USD, soit plus que la moyenne de 177 milliards USD, sachant que les sociétés financières représentent environ 40 % du total de ces émissions.
Graphique 1.11. Activité sur les marchés d’actions cotées et les marchés d’obligations d’entreprise, 2025
Copier le lien de Graphique 1.11. Activité sur les marchés d’actions cotées et les marchés d’obligations d’entreprise, 2025Les sociétés asiatiques cotées en bourse ont continué d’émettre des actions supplémentaires et des obligations d’entreprise, tandis que le nombre d’introductions en bourse a diminué
Source : Ensemble de données issu de la série de l’OCDE sur les marchés de capitaux ; LSEG ; voir l’annexe A pour plus de détails. Le nombre d’introductions en bourse en Asie a légèrement diminué par rapport à la moyenne des trois années précédentes, passant de 882 à 854 en 2025, tout comme le nombre de transactions de grande ampleur. En revanche, les émissions complémentaires d’actions ont augmenté, leur nombre étant passé de 1 463 à 1 605. Malgré l’évolution des modes de levée de capitaux et l’incertitude accrue liée aux échanges, le nombre de radiations de la cote est resté globalement stable en 2025. Au total, huit entreprises ayant leur siège en Asie ont été radiées de la cote sur le marché des États-Unis, contre six en 2024 et sept en 2023.
Par ailleurs, les émissions d’obligations d’entreprise en Asie ont atteint un nouveau sommet de 2 770 milliards USD en 2025, soit une hausse de 20 % en termes réels par rapport à la moyenne annuelle des trois années précédentes. Ce chiffre dépasse le précédent record de 2 710 milliards USD enregistré en 2021 (partie C). L’encours des obligations d’entreprise a progressé à son rythme le plus rapide depuis 2021, augmentant de 3 % pour atteindre 10 800 milliards USD à la fin de 2025. Les sociétés financières représentent 58 % de l’encours des obligations d’entreprise, mais la forte croissance observée en 2025 s’explique principalement par une hausse de 2 % de l’encours d’obligations émises par des sociétés non financières. Cette évolution marque un tournant après trois années consécutives de baisse sur ce segment de marché (partie D).
Dans la plupart des juridictions, les entreprises ont davantage recouru aux émissions secondaires d’actions et au financement par l’emprunt dans un contexte d’incertitude accrue, ce qui concorde avec la tendance observée à l’échelle régionale. Par ailleurs, les émissions d’actions et d’obligations d’entreprise sont restées dominées par un petit nombre de grands marchés (Graphique 1.12).
En termes de volumes, la Chine était toujours à l’origine de la plus grande proportion d’introductions en bourse, d’émissions secondaires d’actions et d’obligations d’entreprise dans la région, même si l’activité d’introduction en bourse est restée bien plus faible que son niveau moyen de 2022-2024 (Graphique 1.11, parties A et B). Les émissions secondaires d’actions et les émissions d’obligations d’entreprise en Chine ont dépassé les moyennes récentes. À l’inverse, en Inde, au Japon et à Hong Kong (Chine), l’activité d’introduction en bourse est restée relativement dynamique, supérieure aux moyennes historiques. En revanche, les marchés de plus petite taille n’ont contribué que marginalement aux émissions réalisées sur tous les segments du marché, avec des volumes restant faibles et souvent inférieurs aux moyennes historiques.
Les émissions d’obligations d’entreprise sont restées dominées par un petit nombre de marchés de grande taille, en particulier la Chine, le Japon et la Corée (Graphique 1.12, partie C). Malgré une incertitude accrue, ces marchés, ainsi que l’Inde, Singapour et le Taipei chinois, ont continué de procurer des financements à des sociétés non financières. En revanche, en Thaïlande, en Indonésie et au Viet Nam, les émissions ont fortement diminué en 2025 par rapport aux niveaux moyens observés au cours des trois années précédentes.
Graphique 1.12. Capitaux levés par des sociétés asiatiques non financières sur les marchés cotés, 2025
Copier le lien de Graphique 1.12. Capitaux levés par des sociétés asiatiques non financières sur les marchés cotés, 2025L’activité d’émission révèle des niveaux de développement des marchés différents dans la région
Note : Le Bangladesh, la Mongolie et la RDP lao ne sont pas pris en compte dans le graphique.
Source : Ensemble de données issu de la série de l’OCDE sur les marchés de capitaux ; LSEG ; voir l’annexe A pour plus de détails.
En 2025, le montant des capitaux levés sur les marchés de capitaux asiatiques a progressé moins rapidement qu’à l’échelle mondiale. L’exception concerne les émissions d’obligations d’entreprise dans les secteurs exposés aux échanges en Asie, qui ont été relativement plus élevées. En Asie, l’activité d’introduction en bourse a fortement diminué dans les secteurs axés sur le marché intérieur, tandis que les secteurs exposés aux échanges sont restés résilients (Graphique 1.13). Ces entreprises ont probablement levé des capitaux avant une détérioration des conditions, afin de constituer des réserves de liquidité, tout en devant potentiellement réorganiser leurs chaînes d’approvisionnement et leur production.
Graphique 1.13. Évolution de l’activité sur les marchés cotés des sociétés non financières, sur les marchés cotés en 2025, par secteur
Copier le lien de Graphique 1.13. Évolution de l’activité sur les marchés cotés des sociétés non financières, sur les marchés cotés en 2025, par secteurLe montant des capitaux levés sur les marchés de capitaux asiatiques en 2025 a progressé moins rapidement qu’à l’échelle mondiale, à l’exception des émissions d’obligations d’entreprise dans les secteurs exposés aux échanges en Asie.
Note : L’évolution correspond à la variation en pourcentage par rapport à la moyenne des trois années précédentes.
Source : Ensemble de données issu de la série de l’OCDE sur les marchés de capitaux ; LSEG ; voir l’annexe A pour plus de détails.
La ventilation mensuelle de l’activité d’émission montre que les entreprises ont adapté leurs stratégies de financement en fonction de l’évolution des conditions du marché. L’activité d’introduction en bourse est restée en demi-teinte jusqu’aux alentours de septembre 2025, tant chez les sociétés tournées vers le marché intérieur que chez les entreprises les plus exposées aux variations des droits de douane (secteurs exportateurs), ce qui témoigne de conditions prudentes d’admission à la cote (Graphique 1.14, partie A).
Par ailleurs, l’activité d’émission complémentaire d’actions a été nettement plus faible au cours des trois premiers mois de l’année, avant de s’intensifier à partir du deuxième trimestre (partie B). Cette intensification plus tard dans l’année donne à penser que les entreprises déjà cotées ont largement conservé leur accès aux financements de marché malgré le climat d’incertitude accrue.
Le niveau relativement stable des émissions d’obligations d’entreprise tout au long de l’année souligne encore le rôle des marchés de la dette en tant que source importante de financement en période de forte incertitude. Les émissions ont été stables dans les deux groupes de secteurs, fluctuant généralement autour des moyennes historiques (partie C). Dans les secteurs exportateurs, les émissions ont sensiblement augmenté en mai et juin. De manière générale, le niveau relativement stable des émissions d’obligations d’entreprise met encore plus en évidence l’importance des marchés de la dette en tant que source de financement en période de tensions sur les marchés.
Les informations recueillies au niveau des marchés révèlent des divergences importantes dans les modes d’accès des entreprises asiatiques aux financements de marché en 2025. Au Japon, dans le Taipei chinois et en Inde, les entreprises des secteurs exposés aux échanges ont levé des volumes de capitaux plus importants que les valeurs moyennes historiques sur les trois segments du marché, à savoir les introductions en bourse, les émissions secondaires d’actions et les obligations d’entreprise, ce qui témoigne d’un accès généralisé aux marchés cotés malgré l’incertitude accrue qui entoure les échanges. Cela peut s’expliquer par des conditions de financement favorables dans les secteurs tournés vers l’exportation et ceux liés à la technologie, par le rôle de marchés de capitaux nationaux relativement développés et par la volonté des entreprises de renforcer leur situation de financement à l’heure où les échanges et les chaînes d’approvisionnement sont en pleine évolution. L’activité de financement s’est révélée relativement plus soutenue dans les secteurs exportateurs que dans ceux axés sur le marché intérieur dans six des 12 juridictions examinées pour ce qui est des introductions en bourse, cinq pour les émissions secondaires d’actions et six pour les obligations d’entreprise.
Graphique 1.14. Volumes mensuels de capitaux levés par des sociétés asiatiques non financières sur les marchés cotés, 2025
Copier le lien de Graphique 1.14. Volumes mensuels de capitaux levés par des sociétés asiatiques non financières sur les marchés cotés, 2025Les sociétés asiatiques non financières se sont financées au moyen d’émissions secondaires d’actions et d’émissions d’obligations d’entreprise
Note : Les secteurs exportateurs sont définis à l’aide des codes de classification par activité de Refinitiv (TRBC, The Refinitiv Business Classification) et comprennent les secteurs producteurs de biens fortement exposés aux échanges internationaux, qui sont plus susceptibles d’être touchés par les annonces de droits de douane. Les sociétés financières sont exclues de tous les secteurs.
Source : Ensemble de données issu de la série de l’OCDE sur les marchés de capitaux ; voir l’annexe A pour plus de détails.
1.1.3. Recours aux marchés des capitaux privés et aux prêts syndiqués
Les segments de marché non traditionnels, comme le capital-investissement, le capital-risque, les prêts syndiqués et le crédit privé, jouent un rôle grandissant dans le financement des entreprises sur tout le continent asiatique. Ils peuvent compléter les marchés publics en offrant d’autres sources de capitaux, en particulier aux entreprises qui se trouvent en phase de démarrage, affichent une forte croissance et/ou ne sont pas cotées en bourse. Ils peuvent également soutenir le financement en période de tensions sur les marchés en élargissant l’éventail des canaux disponibles et la base d’investisseurs ainsi qu’en procurant un accès rapide aux fonds tant nécessaires.
Capital-investissement et capital-risque
Les marchés du capital-investissement complètent les marchés d’actions cotées. Le capital-risque soutient les entreprises qui se trouvent en phase de démarrage, affichent une forte croissance et ne sont pas cotées en bourse, en leur procurant des fonds sur le long terme. Cela se vérifie tout particulièrement en Asie, où les entreprises tournées vers la croissance et les firmes entrepreneuriales sont légion dans un large éventail de secteurs. Par ailleurs, les fonds de capital-risque et de capital-investissement constituent un important vivier d’entreprises pour les marchés publics, tout en bénéficiant eux-mêmes de la fonction de ces marchés en tant que canal de sortie, ce qui met en évidence les fortes interdépendances entre ces marchés publics et privés.
En Asie, les marchés du capital-investissement évoluent de manière très disparate d’une économie à l’autre. L’activité reste concentrée sur un petit nombre de vastes marchés, compte tenu du caractère variable de la profondeur de marché, de la base d’investisseurs et de l’écosystème de financement à l’échelle de la région. La Chine, le Japon, l’Inde et la Corée ont représenté plus de 80 % des fonds levés au cours des deux dernières années.
En 2025, les montants sur les marchés asiatiques du capital-investissement et du capital-risque sont restés modestes. Pour la quatrième année consécutive, les fonds spécialisés dans les marchés asiatiques ont enregistré une baisse des mobilisations. Au total, ce sont 69 milliards EUR qui ont été levés en 2025 : soit 41 % de moins qu’en 2024 de la part des fonds de capital-investissement et 49 % de moins du côté des fonds de capital-risque (Graphique 1.15, partie A). En conséquence, la part des fonds asiatiques de capital-investissement et de capital-risque dans le total mondial a diminué de seulement 9 % en 2025, pour atteindre son plus bas niveau depuis 2010.
Les investisseurs locaux occupent une place grandissante depuis 2023, mais le tableau diffère grandement selon les juridictions. Au premier semestre de 2025, les commanditaires asiatiques ont représenté 96 % des capitaux souscrits, soit plus qu’en 2024 (90 %) et 2023 (94 %). Au total, en 2025, en Chine et au Japon, les investisseurs locaux ont représenté plus de 90 % des capitaux souscrits, contre 50 % à 60 % en Inde et en Corée et près de 25 % en Asie du Sud-Est. (HSFK [from Pitchbook], 2026[8]; HSFK [from Pitchbook], 2025[9])
Malgré la faiblesse des levées de fonds, la valeur des actifs sous gestion a continué de gonfler et sa part dans le volume des marchés mondiaux est restée globalement stable (partie B). Comme les montants levés ont diminué et que des capitaux ont continué d’être investis, les niveaux de « poudre sèche » ont baissé, même s’il restait 528 milliards EUR à libérer. Dans le même temps, les nouveaux investissements et les hausses de valorisation ont fait monter en flèche la valeur des investissements non réalisés, qui a franchi la barre des 3 000 milliards USD. En conséquence, la part de l’Asie dans les actifs sous gestion s’est maintenue à 29 % du total mondial, malgré la chute des levées de fonds.
Graphique 1.15. Activité sur les marchés de capital-investissement et de capital-risque, 2025
Copier le lien de Graphique 1.15. Activité sur les marchés de capital-investissement et de capital-risque, 2025En 2025, l’activité de levée de fonds et d’investissement est restée atone, alors que la valeur des actifs sous gestion a continué de croître
Source : Ensemble de données issu de la série de l’OCDE sur les marchés de capitaux ; Preqin, voir l’annexe A pour plus de détails.
L’activité d’investissement sur les marchés des capitaux privés et de capital-risque s’est fortement contractée au deuxième semestre 2025 suite à l’escalade des mesures tarifaires. Si la menace de droits de douane mondiaux a freiné la conclusion de transactions dans le monde entier, l’Asie en pâtit tout particulièrement, du fait de la double importance que les États-Unis revêtent pour le continent, en tant que partenaire commercial et marché de consommation final pour de nombreux biens d’origine asiatique. Entre le premier et le deuxième trimestre, la valeur totale des transactions de capital-investissement réalisées en Asie a diminué de 48 %, contre 27% aux États-Unis et 16 % en Europe. Cette contraction a été particulièrement prononcée au Japon, mais un net déclin a également été enregistré en Chine. En Inde, l’ajustement est intervenu avec un certain décalage, la baisse étant devenue plus visible au troisième trimestre seulement.
Portés par la confiance, du fait de la conclusion de règlements commerciaux temporaires et de l’atténuation de l’incertitude, les marchés de capitaux privés et de capital-risque ont réussi à rebondir relativement vite, dans la suite de l’année. Malgré la volatilité observée tout au long de l’année, les gestionnaires de fonds présents sur plusieurs grands marchés asiatiques sont demeurés comparativement confiants. Au Japon, un tiers des gestionnaires interrogés ont qualifié 2025 de « bien meilleure que l’année dernière », contre 13 % à l’échelle de la région. De même, en Chine, 87 % des personnes interrogées ont déclaré que les conditions du marché étaient au moins un peu meilleures que l’année précédente (Bain & Co, 2026[10]).
Dans l’ensemble, l’activité d’investissement est restée atone en 2025 (Graphique 1.15, partie C). Si la Chine a enregistré une reprise modeste et le Japon une croissance relativement forte, de nombreux autres marchés asiatiques ont continué de voir diminuer le volume des opérations dans un contexte de détérioration des conditions économiques, de hausse des valorisations sur certains marchés et d’élévation des coûts de financement qui a compromis les chances de renouer avec le niveau de la fin des années 2010 et du début des années 2020.
Le volume des opérations de sortie réalisées a légèrement augmenté par rapport à 2024, principalement sous l’effet du dynamisme du marché des introductions en bourse, mais il est resté en deçà de la moyenne enregistrée sur la période 2022-2024 (Graphique 1.15, partie D). La reprise tient en grande partie à l’activité observée sur le marché chinois, où la valeur des introductions en bourse a pour ainsi dire doublé par rapport à 2024. Dans l’ensemble, les introductions en bourse ont représenté 55 % de la valeur des opérations de sortie enregistrées en 2025. La valeur des cessions d’entreprise a augmenté par rapport à l’an dernier, tandis que celle des LBO secondaires a atteint son niveau le plus bas en cinq ans. Cela pourrait signifier que l’industrie renoue enfin avec les modes de sortie traditionnels au lieu de chercher à allonger les périodes de détention et à céder ses parts à d’autres sociétés de capital-investissement.
Crédit privé et prêt syndiqué
Au-delà des marchés de capital-investissement et de capital-risque, le crédit privé et le prêt syndiqué sont d’autres voies de financement des entreprises. Ces segments pourraient devenir particulièrement importants en période de durcissement des conditions financières, en particulier pour les sociétés qui recherchent des modalités de financement plus souples ou taillées sur mesure. Cependant, par comparaison avec les marchés des obligations d’entreprises cotées, les marchés du prêt syndiqué et du crédit privé restent relativement sous-développés dans la plus grande partie du continent asiatique. En 2025, le volume des prêts syndiqués s’est contracté, tandis que celui des crédits privés est resté limité.
Sur le marché asiatique du crédit privé, la valeur totale des actifs sous gestion s’élevait à 77 milliards EUR en juin 2025 (Graphique 1.16, partie A). En termes réels, le marché s’est fortement contracté, de 4 % par rapport à la moyenne des trois dernières années, ce qui représente le double de la baisse de 2 % enregistrée à l’échelle mondiale. Conformément aux tendances mondiales, la part des capitaux levés restant à investir (« poudre sèche ») dans la valeur totale des actifs sous gestion est tombée à 23 % – son plus bas niveau en 15 ans – dans la continuité de la tendance à la baisse observée depuis 2018, où elle avait atteint 43 % (OCDE, 2026[11]). Il y a donc lieu de penser que la pratique qui consiste à lever des fonds rapidement cède la place au déploiement de capitaux dans des investissements réels.
Graphique 1.16. Activité de crédit privé et de prêt syndiqué, 2025
Copier le lien de Graphique 1.16. Activité de crédit privé et de prêt syndiqué, 2025En 2025, le volume des prêts syndiqués s’est contracté, tandis que celui des crédits privés est resté limité.
Note : Dans la partie A, les valeurs indiquées pour 2025 se rapportent au mois de septembre.
Source : Ensemble de données issu de la série de l’OCDE sur les marchés de capitaux ; voir l’annexe A pour plus de détails.Preqin, voir Annex A pour plus de détails.
Le caractère limité et volatil des investissements réalisés dans la région témoigne également du faible niveau de développement du marché du crédit privé. En 2025, les opérations de crédit privé effectuées en Asie se sont élevées à 7.5 milliards USD : en termes réels, c’est 74 % de plus qu’en 2024, mais toujours moins de la moitié du pic enregistré en 2019 (Graphique 1.16, partie B). Comme sur les marchés des obligations d’entreprise, une poignée de pays se partagent l’essentiel de l’activité : la Corée, la Chine, le Japon et l’Inde ont représenté 91 % du volume total des opérations de crédit privé réalisées dans la région entre 2010 et 2025. L’activité de crédit privé apparaît relativement stable en Corée et en Inde. En Chine et au Japon, l’investissement est plus volatil, alternant entre des périodes de forte activité et des années marquées par un niveau d’investissement nul ou minime, comme en 2025.
Fin 2025, le marché asiatique des prêts syndiqués avait atteint une valeur de 3 600 milliards USD et représentait un quart de la dette des entreprises de la région (partie C). Cela témoigne d’un niveau moindre de développement par rapport aux marchés mondiaux, où le segment des prêts syndiqués représente 38 % de la dette totale. En 2025, l’encours des prêts syndiqués a diminué de 6 % en termes réels par rapport à la moyenne calculée pour 2022-2024, dans la continuité de la baisse amorcée en 2021 (Graphique 1.16, partie D).
1.1.4. Taux d’intérêt
L’évolution des taux d’intérêt sur les marchés des obligations souveraines est un déterminant important des conditions de financement dans l’ensemble de l’économie, car les rendements des obligations d’État servent de taux de référence pour les obligations d’entreprise et d’autres instruments financiers. Après le choc inflationniste mondial de 2022, les rendements des obligations souveraines ont nettement augmenté dans la plupart des économies asiatiques, même si les évolutions sont restées hétérogènes dans la région (Graphique 1.16).
Les juridictions à revenu élevé affichent systématiquement des rendements des obligations souveraines nettement inférieurs à ceux des juridictions à faible revenu. Au cours des cinq dernières années, les rendements des obligations d’État à long terme du Japon ont nettement augmenté sur fond de relance de l’économie nationale, tandis qu’en Chine, les rendements ont suivi une tendance à la baisse, ce qui s’explique par l’atténuation des tensions inflationnistes. En mars 2026, seuls le Sri Lanka et le Pakistan affichaient des rendements d’obligations d’État à 10 ans à deux chiffres.
Graphique 1.17. Rendements des obligations souveraines à 10 ans en Asie
Copier le lien de Graphique 1.17. Rendements des obligations souveraines à 10 ans en AsieDans un contexte de tensions inflationnistes persistantes, les rendements des obligations asiatiques ont eu tendance à augmenter (de nouveau) ces derniers temps
Note : Valeurs de fin de période pour les obligations libellées en monnaie locale. Dernières observations au 17 avril 2026. Les colonnes sont classées par ordre croissant de rendement en avril 2026. On ne dispose pas de données pour le Bangladesh, le Cambodge, la RDP lao et la Mongolie. Les codes pays ISO sont indiqués. es juridictions sont codées en couleur à l’aide d’une mise en forme conditionnelle fondée sur leurs propres valeurs sur la période indiquée. Les teintes les plus foncées indiquent la valeur la plus élevée et la plus faible observée pour chaque juridiction sur la période.
Source : LSEG ; Bloomberg.
Les récentes tensions géopolitiques liées au conflit au Moyen-Orient et les perturbations des voies d’approvisionnement en énergie qui en ont découlé ont accentué les tensions inflationnistes dans toute une partie de l’Asie, ce qui pourrait limiter les possibilités d’un nouvel assouplissement monétaire. L’Asie est le principal acheteur de pétrole et de gaz transitant par le détroit d’Ormuz, environ 80 % des livraisons de GNL empruntant cette route lui étant destinées. Si les anticipations d’inflation restent globalement ancrées dans la plupart des économies, un choc des prix de l’énergie qui se prolongerait pourrait affaiblir les monnaies et installer durablement l’inflation, ce qui pourrait conduire à une pause dans la baisse des taux d’intérêt (Pescatori and Srinvasan, 2026[12]).
La sensibilité des taux d’intérêt à ces grands événements mondiaux varie d’un marché asiatique d’obligations souveraines à l’autre, en raison des différences de fondamentaux économiques et d’exposition aux échanges et aux marchés de l’énergie mondiaux (Figure 1.18, partie A). L’annonce de mesures tarifaires par les États-Unis en avril 2025 a été généralement associée à une baisse des rendements des obligations souveraines sur les marchés à faible risque comme la Chine, le Japon, Hong Kong (Chine) et la Corée, ce qui semble indiquer des effets de fuite vers la qualité et les valeurs refuges. À l’inverse, les rendements des obligations souveraines ont augmenté sur les marchés à haut risque, notamment en Indonésie, au Sri Lanka et au Pakistan, ce qui indique une hausse des primes de risque et un durcissement des conditions de financement.
Les conséquences du conflit au Moyen-Orient ont été très différentes. À l’exception de la Chine, les rendements des obligations souveraines de tous les pays asiatiques ont très sensiblement augmenté. Cela indique probablement que cet événement a été principalement perçu comme un choc inflationniste lié à la hausse des prix de l’énergie, les anticipations de resserrement monétaire étant plus fortes que les effets de valeurs refuges potentiels.
Graphique 1.18. Exposition des rendements des obligations souveraines aux risques mondiaux
Copier le lien de Graphique 1.18. Exposition des rendements des obligations souveraines aux risques mondiauxL’accentuation de l’incertitude liée à la politique commerciale a eu des répercussions différentes sur les rendements des obligations souveraines selon les pays en Asie
Note : Le rendement des obligations souveraines correspond au rendement de référence à 10 ans. La fenêtre événementielle pour l’annonce de droits de douane est définie comme la période allant du 23 mars au 11 avril 2025, tandis que la fenêtre événementielle pour le conflit au Moyen-Orient s’étend du 27 février au 27 mars 2026. Les juridictions sont classées en fonction de l’évolution des rendements autour de l’annonce de droits de douane. La partie B repose sur des données hebdomadaires couvrant la période allant de janvier 2020 à avril 2026. Le « facteur commun » correspond à la première composante principale des variations hebdomadaires des rendements dans les 13 juridictions. La « perception mondiale du risque» est représentée par la variation hebdomadaire de l’indice de volatilité VIX du Chicago Board Options Exchange (CBOE). L’« incertitude liée à la politique commerciale » correspond à la variation hebdomadaire de l’indice d’incertitude liée à la politique commerciale. On ne dispose pas de données pour le Bangladesh, le Cambodge, la RDP lao et la Mongolie.
Source : LSEG ; Bloomberg ; Caldara et al., (2020[5]), Indice d’incertitude liée à la politique commerciale, https://doi.org/10.1016/j.jmoneco.2019.11.002 ; et calculs de l’OCDE.
La relation entre les rendements des obligations souveraines et la perception du risque à l’échelle mondiale laisse entrevoir une dynamique similaire de fuite vers la qualité (Figure 1.18, partie B). Les marchés souverains à faible risque ont généralement affiché des corrélations faibles ou négatives avec l’évolution de la perception du risque à l’échelle mondiale, tandis que les marchés à risque plus élevé ont affiché des corrélations plus positives, ce qui témoigne d’une plus grande sensibilité aux variations de l’appétence pour le risque des investisseurs. Le Pakistan et le Sri Lanka se distinguent par leurs corrélations relativement faibles à la fois avec la perception du risque à l’échelle mondiale et avec le facteur régional commun extrait des mouvements des rendements souverains, ce qui suggère que des facteurs intérieurs ont joué un rôle prépondérant dans l’évolution des marchés obligataires dans ces économies. En revanche, les corrélations avec le facteur commun étaient les plus fortes dans des centres financiers régionaux tels que Hong Kong (Chine) et Singapour, ce qui témoigne de leur intégration plus forte dans les marchés financiers régionaux et mondiaux. Dans l’ensemble, les corrélations relativement faibles avec l’indice d’incertitude liée à la politique commerciale donnent à penser que les risques liés aux politiques commerciales ont principalement eu un impact sur les marchés des obligations souveraines lors d’épisodes spécifiques de tensions sur les marchés et n’ont pas été un facteur persistant de hausse des rendements souverains au cours de la période.
Comme indiqué plus haut, les variations des rendements souverains et des conditions de la politique monétaire ont également influé sur les coûts d’emprunt des entreprises dans la région. Historiquement, le taux d’intérêt médian à l’émission pour les emprunteurs de catégorie investissement en Asie est resté inférieur au taux médian à l’échelle mondiale, même si les deux ont suivi des tendances globalement similaires. En 2022, l’inflation a dépassé les objectifs des banques centrales dans la plupart des économies asiatiques, sous l’effet de la hausse des prix mondiaux des produits alimentaires et de l’énergie, de la dépréciation des monnaies locales par rapport au dollar des États-Unis et de la réduction des écarts de production (Srinivasan and Peiris, 2022[13]). La Chine a constitué une exception à cette tendance, avec un niveau d’inflation relativement bas et une orientation plus accommodante de la politique monétaire.
Le relèvement des taux directeurs consécutif au choc inflationniste mondial de 2022 a contribué à ce que le taux d’intérêt médian à l’émission pour les entreprises asiatiques de catégorie investissement augmente de 219 points de base par rapport au point bas atteint en 2020, pour s’établir à 3.9 % en 2023 (Graphique 1.19, partie A). Malgré cette hausse, il est resté inférieur de 1 point de pourcentage à la médiane mondiale. Il s’agit en partie d’un effet de composition, car la note de crédit moyenne pondérée en fonction de la valeur des émetteurs asiatiques de catégorie investissement est plus élevée d'un cran que son équivalent mondial. Ce taux inférieur à la médiane mondiale peut aussi s’expliquer en partie par des tensions inflationnistes plus modérées en Asie, qui ont caractérisé le contexte de la politique monétaire au cours de la période.
En 2025, le taux d’intérêt à l’émission a baissé pour s’établir à 2.7 %, contre une médiane mondiale de 4.4 %. Les conditions financières se sont assouplies dans une grande partie de la région malgré l’incertitude accrue liée aux droits de douane, cet assouplissement ayant été soutenu par un dollar des États-Unis plus faible, des primes de risque moindres et une hausse des valorisations des actions. L’inflation étant inférieure à l’objectif dans de nombreuses économies, les banques centrales ont disposé d’une plus grande marge de manœuvre pour mettre en œuvre un assouplissement monétaire, ce qui a contribué à atténuer les chocs liés aux droits de douane, le cas échéant (Pescatori and Srinivasan, 2025[14]). La forte baisse des taux d’intérêt à l’émission a porté le coût d’emprunt à l’émission à un niveau inférieur de 23 points de base au coût effectif de l’encours de la dette. À l’échelle mondiale, en revanche, les taux d’intérêt à l’émission étaient supérieurs de 42 points de base au coût de l’encours de la dette (OCDE, 2026[11]).
Graphique 1.19. Charge d’intérêts à l’émission et coût effectif de l’encours de la dette en Asie
Copier le lien de Graphique 1.19. Charge d’intérêts à l’émission et coût effectif de l’encours de la dette en AsieLes conditions financières en Asie se sont assouplies malgré l’incertitude accrue liée aux droits de douane
Note : Ce graphique concerne les sociétés non financières. Les charges d’intérêts se fondent sur les coupons ou, en cas d’indisponibilité, sur le rendement à l’échéance à la date d’émission. Les lignes pleines représentent les médianes et les zones colorées l’intervalle entre le 25e et le 75e centiles. Le coût de l’encours de la dette est estimé pour la dette à taux fixe en pondérant chaque tranche de coupons (de 50 points de base) par le montant de l’encours correspondant.
Source : Ensemble de données issu de la série de l’OCDE sur les marchés de capitaux ; LSEG ; voir l’annexe A pour plus d’informations.
À l’inverse, les émetteurs asiatiques de catégorie spéculative ont généralement été confrontés à des taux d’intérêt supérieurs à la médiane mondiale. Jusqu’en 2021, les taux d’intérêt à l’émission étaient élevés, avant de devenir de plus en plus volatils dans un contexte de forte contraction des volumes d’émission sur ce segment. Une transmission monétaire plus limitée et l’augmentation des primes de risque sur ce segment ont contribué à une moindre amélioration des conditions d’emprunt. En 2025, les coûts d’émission des obligations d’entreprise de catégorie spéculative en Asie ont dépassé le coût effectif de l’encours de la dette de 178 points de base, soit plus de 100 points de base de plus que le chiffre comparable à l’échelle du monde (Graphique 1.19, partie B). À la fin de 2025, les obligations de catégorie spéculative représentaient 19 % de l’encours de la dette des sociétés non financières dans la région.
Des différences de conditions de financement sont également apparues entre les secteurs pendant la période d’incertitude accrue liée à la politique commerciale. Tout au long de l’année 2025, les charges d’intérêts médianes à l’émission pour les entreprises des secteurs exportateurs sont restées inférieures à celles des entreprises axées sur le marché intérieur en Chine, tandis qu’au Japon, les coûts d’emprunt pour les secteurs exportateurs ont légèrement augmenté immédiatement après les annonces tarifaires. Dans le reste de l’Asie, hors Chine et Japon, les entreprises des secteurs exportateurs ont généralement dû faire face à des coûts d’emprunt plus élevés. Même s’il peut sembler qu’il n’y a pas d’impact généralisé sur les coûts d’emprunt des entreprises dans les grandes économies, ce phénomène peut en partie s’expliquer par le fait que les entreprises planifient l’émission de dette à des périodes où les conditions de marché seront plus favorables (en choisissant de ne pas émettre du tout en période de tensions pour éviter des coûts d’emprunt plus élevés).
Graphique 1.20. Taux d’intérêt à l’émission par secteur en Asie, 2025
Copier le lien de Graphique 1.20. Taux d’intérêt à l’émission par secteur en Asie, 2025Les taux d’intérêt à l’émission se caractérisent par une dispersion accrue pour les secteurs exportateurs à la suite de l’annonce des droits de douane
Note : Ce graphique concerne les sociétés non financières. Les charges d’intérêts se rapportent à la dette à taux fixe et sont calculées sur la base des coupons à l’émission ou du rendement à l’échéance à la date d’émission, lorsque celui-ci est disponible. Les lignes pleines représentent les médianes et les zones colorées l’intervalle entre le 25e et le 75e centile.
Source : Ensemble de données issu de la série de l’OCDE sur les marchés de capitaux ; LSEG ; voir l’annexe A pour plus d’informations.
Cependant, les entreprises des secteurs exportateurs ont connu une plus grande dispersion des coûts d’emprunt, en particulier dans la partie supérieure de la distribution des taux d’intérêt dans les mois qui ont suivi les annonces tarifaires (Graphique 1.20). Cette tendance peut refléter les préoccupations des investisseurs relatives à l’affaiblissement de la qualité du crédit parmi les entreprises relativement risquées exposées à des perturbations des échanges. L’accroissement de la dispersion a été plus prononcé au Japon, en particulier entre mai et août, et dans une moindre mesure dans le reste de l’Asie hors Chine et Japon, où une dispersion plus importante entre les entreprises peut également s’expliquer par le fait que certains marchés régionaux d’obligations d’entreprise sont comparativement moins développés. En revanche, la dispersion des taux d’intérêt en Chine est restée relativement limitée, à l’exception d’un accroissement temporaire dans le quartile supérieur entre août et octobre.
1.1.5. Risques de refinancement
En Asie, la structure des marchés des obligations souveraines fait apparaître des risques relativement limités en matière de taux de change et de refinancement, par rapport à de nombreuses autres régions, ce qui a permis de limiter les effets de l’incertitude accrue engendrée par les tensions commerciales et géopolitiques sur la période 2025‑2026.
L’exposition à la dette en devises est demeurée relativement faible dans la région, tandis que les obligations à taux fixe libellées en monnaie locale représentaient la majeure partie de l’encours de dette négociable (Graphique 1.20, partie A). La réduction de l’exposition au risque de change constitue un élément clé de la gestion du risque souverain, en ce qu’elle permet de réduire la vulnérabilité aux variations des taux de change ainsi qu’aux chocs de financement extérieurs (OCDE, 2025[15]). La prédominance des instruments à taux fixe a par ailleurs contribué à atténuer les risques de refixation des taux dans un contexte de taux d’intérêt élevés.
Graphique 1.21. Structure et maturité de l’encours des obligations souveraines, 2025
Copier le lien de Graphique 1.21. Structure et maturité de l’encours des obligations souveraines, 2025L’Asie se caractérise par une forte proportion d’obligations libellées en monnaie locale, ainsi que par des échéances relativement longues des titres en circulation.
Note : Les marchés émergents incluent les économies en développement. Chiffre fondé sur les données de fin d’année exprimées en dollars des États‑Unis. La partie B ne comprend que les obligations et bons du Trésor libellés en monnaie nationale. La partie C ne comprend que les obligations à taux fixe libellées en monnaie nationale.
Source : Enquête 2025 de l’OCDE sur les titres de dette négociables des administrations centrales ; LSEG ; calculs de l’OCDE ; voir l’annexe A pour plus de détails.
Les risques de refinancement à court terme sont par ailleurs restés relativement contenus sur de nombreux marchés d’obligations souveraines en Asie. La durée moyenne jusqu’à l’échéance des titres de dette négociables en Asie demeure supérieure aux moyennes mondiales, tandis qu’une part relativement faible des obligations à taux fixe libellées en monnaie locale présente des échéances inférieures à trois ans (Graphique 1.20, parties B et C). Des échéances plus longues permettent généralement de renforcer la résilience budgétaire en limitant les besoins de refinancement en période de tensions sur les marchés et de hausse des rendements. En Asie, l’émission de dette à long terme est largement répandue sur les marchés avancés sur le plan institutionnel, comme le Japon et l’Inde. Dans ces pays, les autorités ont étendu les courbes de rendement des obligations souveraines par l’émission régulière de titres de référence, en s’appuyant sur une base solide d’investisseurs nationaux. La Chine a également augmenté ses émissions d’obligations souveraines à plus long terme ces dernières années (Bloomberg, 2025[16]).
Parallèlement, le recours accru à la dette à long terme s’explique également par le développement plus limité des marchés monétaires et des instruments à court terme, ce qui réduit la flexibilité en matière de gestion de trésorerie et restreint la disponibilité d’actifs de haute qualité mobilisables comme garanties à court terme. Cet arbitrage demeure particulièrement pertinent dans les pays où les marchés monétaires domestiques restent relativement peu profonds ou fragmentés.
Les caractéristiques et l’organisation des marchés des obligations d’entreprise ont également été un facteur majeur de résilience des conditions de financement en 2025. Bien que les marchés de la dette d’entreprise en Asie aient fait preuve de résilience, les entreprises et les investisseurs ont néanmoins adopté une approche plus prudente à l’égard des engagements de financement à long terme.
Parallèlement, les émetteurs asiatiques ont progressivement privilégié des échéances plus courtes. L’échéance moyenne des obligations dans la région était proche de sa moyenne sur trois ans, en cohérence avec les tendances observées à l’échelle mondiale (Graphique 1.22). En moyenne, les échéances des obligations ont légèrement diminué en 2025 par rapport aux niveaux historiques, conformément aux tendances globales. La baisse enregistrée en Asie est toutefois restée plus limitée que la moyenne mondiale, reflétant dans une large mesure les dynamiques constatées en Chine, à Hong Kong (Chine) et à Singapour, où les échéances moyennes ont augmenté par rapport aux niveaux historiques. Cela peut en partie s’expliquer par la situation financière relativement plus solide des grands émetteurs sur ces marchés, qui ont été en mesure d’accéder à des financements à plus long terme en dépit de conditions de marché plus incertaines.
Graphique 1.22. Échéance pondérée des émissions d’obligations d’entreprise
Copier le lien de Graphique 1.22. Échéance pondérée des émissions d’obligations d’entrepriseLes marchés asiatiques des obligations d’entreprise sont restés accessibles en 2025, mais les émetteurs se sont orientés vers des échéances plus courtes.
Note : Ce graphique concerne les obligations de sociétés non financières et inclut uniquement les marchés comptant au moins dix émissions d’obligations de sociétés non financières en 2025.
Source : Ensemble de données issu de la série de l’OCDE sur les marchés de capitaux ; LSEG ; voir l’annexe A pour plus de détails.
Les conditions de refinancement sur les marchés asiatiques des obligations d’entreprise pourraient se détériorer si de fortes tensions inflationnistes limitent l’assouplissement monétaire et entraînent de nouvelles hausses des taux d’intérêt. Ce point est d’autant plus important que 43 % de l’encours de la dette de catégorie investissement et 44 % de la dette de catégorie spéculative doivent être refinancés au cours des trois prochaines années (Graphique 1.23).
Graphique 1.23. Besoins de refinancement au cours des cinq prochaines années en Asie, par coût de l’encours de dette
Copier le lien de Graphique 1.23. Besoins de refinancement au cours des cinq prochaines années en Asie, par coût de l’encours de detteUne grande partie de la dette des sociétés non financières asiatiques doit être refinancée au cours des trois prochaines années.
Note : Ce graphique concerne les sociétés non financières.
Source : Ensemble de données issu de la série de l’OCDE sur les marchés de capitaux ; LSEG ; voir l’annexe A pour plus de détails.
1.1.6. Qualité du crédit et base d’investisseurs
Les caractéristiques structurelles des marchés obligataires asiatiques, notamment la qualité relativement élevée du crédit et une base d’investisseurs principalement nationale, ont contribué à amortir l’impact de l’accentuation de l’incertitude liée à la politique commerciale et des tensions géopolitiques en 2025-2026. Par ailleurs, des différences notables concernant les notations des emprunteurs souverains et la structure des marchés laissent entrevoir une résilience inégale dans la région.
Par rapport à ceux d’autres régions, les marchés d’obligations d’État asiatiques se caractérisent généralement par une proportion relativement faible d’actifs détenus par des investisseurs étrangers et une part relativement importante d’investisseurs nationaux (Graphique 1.24, partie A). Au Japon, une proportion notable de la dette publique est détenue par la banque centrale nationale, tandis que le marché des obligations souveraines de la Chine est dominé par les banques commerciales nationales. Dans de nombreuses autres économies asiatiques, les fonds de pension et les sociétés d’assurance nationaux jouent également un rôle important sur les marchés d’obligations d’État.
Du point de vue du risque, le fait qu’une faible proportion de la dette publique soit détenue par des investisseurs étrangers peut protéger les pays contre les chocs externes, et contribuer ce faisant à la stabilité économique interne. Des données empiriques indiquent qu’une présence accrue d’investisseurs étrangers sur les marchés d’obligations libellées en monnaie locale accentue à la fois la sensibilité des rendements obligataires et des écarts de cotation aux risques mondiaux (IMF, 2025[17]). Cela dit, une faible participation d’investisseurs étrangers peut laisser entrevoir une intégration limitée du système financier national aux marchés mondiaux, susceptible de se traduire par une plus faible capacité d’absorption de dette supplémentaire et une plus forte sensibilité aux chocs intérieurs. Les gestionnaires de la dette doivent donc soigneusement mettre en balance les avantages et les coûts d’un marché à dominante intérieure, d’une part, et d’une dépendance accrue à l’égard de la demande des investisseurs étrangers, d’autre part (OCDE, 2026[18]).
Les notations de la dette souveraine sont par ailleurs très hétérogènes dans les économies d’Asie (Graphique 1.24, partie B). Abstraction faite de la Chine et du Japon, les notations des emprunteurs souverains sont concentrées dans le segment inférieur de la catégorie investissement, la notation BBB représentant un groupe nombreux dominé par l’Inde et plusieurs économies d’Asie du Sud-Est. À l’extrémité supérieure de la distribution, Singapour demeure le seul emprunteur souverain de la région noté AAA. Cela dit, la présence persistance d’emprunteurs souverains dans les catégories B et CCC souligne que des vulnérabilités perdurent et que les risques de crédit sont élevés dans certaines parties de la région. Le Sri Lanka, bien qu’il ne soit plus officiellement en situation de défaut de paiement à la suite de la restructuration de sa dette, se trouve toujours dans la catégorie des emprunteurs à haut risque, sachant que la viabilité de sa dette est fragile et son accès aux marchés limité.
Graphique 1.24. Base d’investisseurs des obligations d’État et distribution des notations souveraines
Copier le lien de Graphique 1.24. Base d’investisseurs des obligations d’État et distribution des notations souverainesLes marchés d’obligations d’État asiatiques se caractérisent généralement par une faible part de la dette détenue par des investisseurs étrangers.
Note : La partie A montre la composition de la dette des administrations publiques, en valeur, en 2024, tandis que la partie B repose sur des données relatives à 2025. Les valeurs sont pondérées en fonction du montant en USD de l’encours total de la dette négociable.
Source : Estimations des bases d’investisseurs détenteurs de la dette souveraine d’Arslanalp et Tsuda (2014[19]) ; LSEG ; et calculs de l’OCDE. Voir l’annexe A pour obtenir de plus amples informations.
Sur longue période, les marchés d’obligations d’entreprise asiatiques se caractérisent par une qualité de crédit relativement élevée par rapport aux marchés mondiaux, imputable en partie au rôle important des émetteurs japonais, qui ont conservé des notations supérieures à la moyenne régionale jusqu’en 2022. Bien que la qualité globale du crédit se soit dégradée au cours des deux dernières décennies, en phase avec les tendances observées à l’échelle mondiale, la qualité des émissions s’est améliorée à partir de 2020. Néanmoins, il convient d’interpréter avec prudence les comparaisons entre régions, étant donné que la proportion des obligations d’entreprise évaluée par les agences internationales de notation est plus faible pour l’Asie que pour les marchés mondiaux (OCDE, 2025[20]).
En 2025, les émissions d’obligations d’entreprise asiatiques se caractérisaient par une proportion d’émetteurs notés AA- et BBB- plus élevée que la moyenne des 15 dernières années, accompagnée d’une diminution des émissions notées BB. Cette évolution pourrait tenir en partie à l’augmentation des coûts d’emprunt à laquelle ont été confrontés les émetteurs mal notés, qui est susceptible d’avoir dissuadé les entreprises les plus fragiles de recourir aux marchés obligataires en période de durcissement des conditions de financement.
1.2. Considérations relatives à l’action publique
Copier le lien de 1.2. Considérations relatives à l’action publiqueRenforcer la résilience des marchés et améliorer l’accès au financement. Dans un contexte marqué par une montée des incertitudes liées aux politiques commerciales et de tensions géopolitiques accrues, la volatilité des marchés s’est intensifiée et les conditions de financement se sont resserrées. Malgré tout, les marchés de capitaux ont continué de jouer un rôle déterminant, en soutenant le financement des entreprises et en agissant comme amortisseur, notamment pour les acteurs établis et les secteurs exportateurs. Ces évolutions rappellent une nouvelle fois l’importance du financement sur les marchés de capitaux en période de tensions. À l’avenir, la persistance des tensions géopolitiques pourrait accentuer les risques, en particulier sur les marchés émergents, où le renforcement des pressions extérieures, notamment sur l’offre et les coûts de carburants, pourrait peser sur les valorisations boursières, provoquer des sorties de capitaux et accroître la volatilité.
Il importe, dans ces conditions, que les responsables publics prennent en considération la diversité des marchés de capitaux asiatiques, marqués par des niveaux de développement disparates et une vulnérabilité plus forte des marchés les moins développés aux chocs externes. Dans ce contexte, le développement continu des marchés d’actions cotées, notamment par l’assouplissement des conditions d’admission à la cote, le renforcement de la transparence et de la protection des investisseurs, et la promotion de marchés de capitaux plus profonds et inclusifs dans l’ensemble des économies, peut favoriser un accès plus large au financement.
Favoriser le développement des marchés du capital-investissement et du capital-risque. En 2025, le capital-investissement et le capital-risque ont été pénalisés par l’évolution des conditions de marché : les levées de fonds et les transactions ont reculé dans un contexte d’incertitude accrue, contrairement aux marchés cotés qui ont continué à assurer le financement des entreprises. Compte tenu du rôle majeur de l’Asie dans l’activité mondiale de capital-risque, ainsi que de son importance pour le financement des entreprises innovantes et à forte croissance, la stabilité de ces marchés constitue un facteur clé de la croissance de long terme. Les responsables de l’action publique devraient renforcer la résilience des écosystèmes du capital-investissement et du capital-risque, notamment en développant les voies de sortie, en améliorant la lisibilité du cadre réglementaire et en favorisant des sources de financement stables à long terme, afin de soutenir l’investissement dans les entreprises en croissance tout au long du cycle économique.
Approfondir et diversifier les marchés de la dette d’entreprise. En 2025, les marchés de la dette d’entreprise en Asie ont poursuivi leur expansion, portés par de fortes émissions obligataires, alors que les prêts syndiqués ont reculé et que l’activité de crédit privé est restée à la fois limitée et volatile. Toutefois, les échéances des obligations d’entreprise se sont raccourcies, tandis que les besoins de refinancement restent importants, ce qui accroît la vulnérabilité face à de futures hausses de taux. L’accès au marché s’est également recentré sur les émetteurs les mieux notés, signalant un durcissement des conditions de financement pour les entreprises présentant un profil de crédit plus risqué.
Dans ce contexte, le développement continu des marchés de la dette d’entreprise reste essentiel, notamment par des mesures visant à améliorer leur profondeur et leur liquidité, à faciliter l’accès pour un éventail plus large d’émetteurs et à soutenir le développement de canaux de financement complémentaires, tels que le crédit privé. La diversification des sources de financement est particulièrement importante dans les économies où les marchés des obligations d’entreprise restent peu développés, car elle contribue à réduire la dépendance au financement bancaire et à élargir les options de financement offertes aux entreprises.
Favoriser l’investissement transnational et renforcer l’intégration régionale. Les tendances récentes montrent que la réorientation des échanges et le redéploiement des flux de capitaux, en particulier sous l’effet de la dynamique « Chine+1 », ont accentué la différenciation des trajectoires économiques en Asie. Si certains marchés ont bénéficié d’un afflux de capitaux et d’une relocalisation des activités de production, d’autres ont fait face à des sorties de fonds et à un ralentissement de l’activité, traduisant une fragmentation accrue en même temps qu’une intégration plus poussée. La montée des incertitudes entourant la politique commerciale, combinée aux tensions géopolitiques, a également renforcé l’aversion au risque et accentué la sensibilité des flux transnationaux aux chocs mondiaux.
Dans ce contexte, les responsables de l’action publique devraient poursuivre leurs efforts visant à lever les obstacles à l’investissement transnational, harmoniser les cadres réglementaires et de publication d’informations et renforcer la coopération financière régionale afin d’optimiser l’allocation des capitaux, d’approfondir les marchés et d’accroître la résilience face aux chocs externes.
Améliorer la résilience des marchés d’obligations souveraines en monnaie locale. Le bon fonctionnement des marchés d’obligations souveraines libellées en monnaie locale est crucial, tant pour assurer un financement public efficace en termes de coût que pour favoriser le développement global des systèmes financiers. La liquidité des marchés des obligations souveraines, associée à des courbes de rendement bien établies, favorise la croissance des marchés de la dette d’entreprise et des marchés d’actions. Si les marchés des obligations souveraines asiatiques ont fait preuve d’une certaine résilience, les crises récentes montrent que la structure de la dette, le fonctionnement des marchés et la composition de la base d’investisseurs jouent un rôle essentiel dans leur capacité à faire face aux risques mondiaux.
Pour renforcer la résilience des marchés des obligations souveraines libellées en monnaie locale, les pouvoirs publics devraient envisager plusieurs mesures. En premier lieu, en particulier sur les marchés moins développés, le renforcement des courbes de rendement de référence par des émissions régulières et des réouvertures est essentiel pour soutenir la liquidité et ancrer les anticipations des investisseurs. Deuxièmement, le développement de marchés monétaires profonds et liquides reste essentiel, notamment par des émissions régulières de bons du Trésor et la mise en place de mécanismes de pensions livrées, améliorant ainsi à la fois l’efficience du système financier et sa capacité de financement en période de tensions. Troisièmement, les émetteurs peuvent diversifier leur base d’investisseurs en adoptant des pratiques transparentes et en améliorant leurs relations avec les investisseurs, notamment par la communication d’informations en anglais et l’alignement sur les normes internationales.
Références
[19] Arslanalp, S. and T. Tsuda (2014), “Tracking Global Demand for Advanced Economy Sovereign Debt”, IMF Economic Review, Vol. 62/3, http://www.imf.org/external/pubs/ft/wp/2012/wp12284.pdf.
[6] Asian Development Bank (2025), Asia Bond Monitor, https://www.adb.org/sites/default/files/publication/1059781/asia-bond-monitor-june-2025.pdf.
[10] Bain & Co (2026), Asia-Pacific Private Equity Report 2026, Bain & Company, https://www.bain.com/globalassets/noindex/2026/bain_report_asia_pacific_private_equity_report_2026.pdf (accessed on 5 May 2026).
[1] BEA (2025), International Trade and Investment Country Facts, https://apps.bea.gov/international/factsheet/index.html.
[16] Bloomberg (2025), China to Issue Ultra-Long-Term Special Government Bonds in 2026, https://www.bloomberg.com/news/articles/2025-12-13/china-to-issue-ultra-long-term-special-government-bonds-in-2026 (accessed on 13 December 2025).
[5] Caldara, D. et al. (2020), “The economic effects of trade policy uncertainty”, Journal of Monetary Economics, Vol. 109: 38-59, https://doi.org/10.1016/j.jmoneco.2019.11.002.
[7] de Crescenzio, A. and E. Lepers (2021), “Extreme capital flow episodes from the Global Financial Crisis to COVID-19 : An exploration with monthly data”, OECD Working Papers on International Investment, No. 2021/05, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/d557b9c4-en.
[8] HSFK [from Pitchbook] (2026), Asia private capital: fourth-quarter data and trends, Herbert Smith Freehills Kramer, https://www.hsfkramer.com/insights/2026-01/asia-private-capital-fourth-quarter-data-and-trends (accessed on 5 May 2026).
[9] HSFK [from Pitchbook] (2025), Asia private capital: second-quarter data and trends, Herbert Smith Freehills Kramer, https://www.hsfkramer.com/insights/2025-07/asia-private-capital-second-quarter-data-and-trends (accessed on 5 May 2026).
[2] IMF (2026), World Economic Outlook Data - GDP, https://www.imf.org/en/publications/weo/issues/2026/01/19/world-economic-outlook-update-january-2026.
[17] IMF (2025), “Global Financial Stability Report - Shifting Ground beneath the Calm”, International Monetary Fund, https://www.imf.org/en/publications/gfsr/issues/2025/10/14/global-financial-stability-report-october-2025.
[4] Kohlscheen, E. et al. (2025), Macroeconomic impact of tariffs and policy uncertainty, BIS, https://www.bis.org/publ/bisbull110.pdf.
[11] OCDE (2026), Global Debt Report 2026 : Sustaining Debt Market Resilience Under Growing Pressure, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/e9d80efd-en.
[18] OCDE (2026), Global Debt Report 2026 : Sustaining Debt Market Resilience Under Growing Pressure, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/e9d80efd-en.
[20] OCDE (2025), Asia Capital Markets Report 2025, OECD Capital Market Series, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/02172cdc-en.
[15] OCDE (2025), Global Debt Report 2025 : Financing Growth in a Challenging Debt Market Environment, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/8ee42b13-en.
[3] OCDE (2025), The OECD Balanced International Merchandise Trade Dataset (BIMTS), Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/07518168-en.
[14] Pescatori, A. and K. Srinivasan (2025), Asia’s economic growth is weathering tariffs and uncertainty, https://www.imf.org/en/blogs/articles/2025/10/16/asias-economic-growth-is-weathering-tariffs-and-uncertainty.
[12] Pescatori, A. and K. Srinvasan (2026), Asia’s economic resilience is being tested by the energy shock, https://www.imf.org/en/blogs/articles/2026/04/16/asias-economic-resilience-is-being-tested-by-the-energy-shock.
[13] Srinivasan, K. and S. Peiris (2022), Asia sails into headwinds from rate hikes, war and China slowdown, https://www.imf.org/en/Blogs/Articles/2022/10/13/asia-sails-into-headwinds-from-rate-hikes-war-and-china-slowdown.
← 1. Les entreprises des secteurs exposées aux échanges sont définies à l’aide des codes de classification par activité de Refinitiv Business Classification (TRBC), au niveau Industry Description comprennent les secteurs producteurs de biens fortement exposés aux échanges internationaux, qui sont plus susceptibles d’être touchés par les annonces de droits de douane. Cette classification est un indicateur simplifié de l’exposition aux droits de douane sachant que toutes les entreprises de ces secteurs ne sont pas exportatrices, et que des effets indirects peuvent également toucher les entreprises d’autres secteurs.