Ce chapitre examine la croissance des actifs de retraite et le rôle que les cotisations, les revenus d’investissement et les paiements de prestations de retraite jouent dans cette dynamique. Il s’intéresse à l’évolution des actifs de retraite au fil du temps en analysant l’interaction entre les cotisations, les revenus d’investissement et les versements de prestations aux niveaux individuel et national. Le chapitre se termine par une discussion sur les situations dans lesquelles les actifs de retraite pourraient augmenter, se stabiliser ou diminuer.
Perspectives de l’OCDE sur les pensions 2026 (version abrégée)
1. Le point sur les marchés des pensions
Copier le lien de 1. Le point sur les marchés des pensionsDescription
Les actifs de retraite, c’est-à-dire ceux destinés à garantir le versement futur des pensions, ont augmenté dans la plupart des pays membres et non membres de l’OCDE depuis 20001. La série de l’OCDE intitulée Pension Markets in Focus (Le point sur les marchés des pensions) rend compte de cette évolution au fil du temps.
Ce chapitre examine les facteurs qui sous-tendent la croissance des actifs de retraite dans la durée afin de déterminer si cette expansion peut se poursuivre. En premier lieu, il s’intéresse à l’évolution des actifs de retraite en 2025 et au cours des deux dernières décennies. Il présente ensuite un cadre permettant de comprendre l’évolution des actifs de retraite au fil du temps en analysant l’interaction entre les cotisations, les revenus d’investissement et les versements de prestations aux niveaux individuel et national. Les sections suivantes décrivent l’évolution de ces facteurs dans différentes juridictions afin d’évaluer à quel stade de l’accumulation d’actifs elles peuvent se trouver. Le chapitre se termine par une discussion de l’évolution possible des actifs de retraite, fondée sur des tendances potentielles des entrées et des sorties de fonds.
1.1. Une croissance mondiale des actifs de retraite
Copier le lien de 1.1. Une croissance mondiale des actifs de retraiteLa croissance des actifs de retraite s’est poursuivie en 2025, dans le prolongement de la tendance à la hausse observée depuis 2000. Fin 2025, les actifs de retraite totalisaient 78 000 milliards USD dans la zone OCDE, soit 11.3 % de plus que fin 2024 et entre 4 et 5 fois plus qu’au début des années 2000 (Graphique 1.1). Dans les pays de l’OCDE, les actifs de retraite ont progressé plus vite que l’économie au cours des dernières décennies et ont dépassé la taille du PIB fin 2024 (104.5 % du PIB) et 2025 (105.6 %). Bien que des baisses aient été enregistrées certaines années, comme en 2008 et 2022, les actifs de retraite ont toujours renoué avec la croissance par la suite. L’augmentation des actifs de retraite tient principalement aux plans de retraite gérés par des prestataires. Ces actifs sont passés de 15 300 milliards USD (56.7 % du PIB des pays de l’OCDE) fin 2001 à 70 400 milliards USD (95.7 % du PIB) fin 2025. Les actifs des fonds de réserve pour la retraite publique sont moindres et ont connu une expansion plus modérée.
Graphique 1.1. Actifs de retraite dans la zone OCDE, 2001-2025
Copier le lien de Graphique 1.1. Actifs de retraite dans la zone OCDE, 2001-2025En milliers de milliards USD et en % du PIB
Note : Le graphique indique les volumes d’actifs à la fin de chaque année, de fin 2001 à fin 2025, sur la base de données annuelles. Le montant total des actifs à la fin d’une année donnée est calculé en tenant compte de tous les pays de l’OCDE et des fonds de réserve pour la retraite publique pour lesquels des données sont disponibles. Aussi, le nombre de pays et de fonds de réserves inclus dans les totaux peut varier d’une année à l’autre. Les totaux en milliers de milliards USD sont exprimés en prix courants. Les totaux en pourcentage du PIB correspondent au ratio entre les actifs de retraite dans les pays de l’OCDE (exprimés en USD) et la somme des PIB de tous les pays de l’OCDE, en USD.
Source : Statistiques de pensions de l’OCDE au niveau mondial et autres sources.
En 2025, les actifs de retraite ont augmenté dans presque toutes les juridictions, et n’ont diminué que dans deux pays de l’OCDE : le Luxembourg (-7.4 %), en raison de la liquidation d’un fonds de retraite professionnel, et les Pays-Bas (-3.1 %), en raison des performances négatives des fonds de pension en 2025. Cette tendance est cohérente avec la croissance à long terme des actifs dans toutes les juridictions qui sous-tend l’essor mondial des actifs de retraite au cours des deux décennies (Graphique 1.2). Les actifs détenus par les fonds de réserve pour la retraite publique ont eux aussi augmenté dans la plupart des pays de l’OCDE en 2025 et sur longue période, à l’exception des États-Unis. Aux États-Unis, les réserves s’inscrivent en baisse depuis 2021, ce qui contrebalance en partie l’accroissement des actifs des fonds de réserve dans les autres pays, car les États-Unis détiennent le plus grand fonds de réserve pour la retraite publique.
Graphique 1.2. Taux de croissance nominal des actifs de retraite, en 2025 et en moyenne sur longue période
Copier le lien de Graphique 1.2. Taux de croissance nominal des actifs de retraite, en 2025 et en moyenne sur longue périodeEn pourcentage
Note : Ce graphique indique le taux de croissance nominal des actifs en 2025 et le taux de croissance annuel moyen géométrique (exprimé en prix courants locaux) sur la plus longue période possible (depuis 2001, 2005 ou 2010 en fonction des données disponibles). Partie C : Les données relatives à Israël se rapportent au Fonds de l’Institut national d’assurance (NII), qui finance le système de sécurité sociale dans son ensemble et sert à payer un large éventail de prestations (y compris les pensions de retraite).
Source : Statistiques de pensions de l’OCDE au niveau mondial et autres sources.
La croissance des actifs de retraite est inégale entre les pays. La Grèce et la République de Türkiye (ci-après la « Türkiye ») comptent parmi les pays de l’OCDE qui ont enregistré le plus fort taux de croissance en 2025 et sur plus longue période. Dans ces deux pays, le système de retraite par capitalisation est relativement récent et le montant des actifs de retraite était faible dans les années 2000, ce qui s’est traduit par des taux de croissance annuels plus élevés que dans les juridictions qui ont mis en place des régimes de retraite par capitalisation plus tôt (comme au Canada, au Danemark, aux États-Unis, au Japon et au Royaume-Uni). L’inflation élevée a selon toute vraisemblance aussi joué un rôle dans certaines des juridictions affichant les taux de croissance les plus forts (Türkiye et Zimbabwe, par exemple).
Les actifs de retraite n’ont pas progressé au même rythme que l’économie dans tous les pays. Examiner leur niveau par rapport à la taille de l’économie, mesurée par le PIB, permet de tenir compte de l’effet de l’inflation. Par exemple, les actifs de retraite ont connu une croissance modérée par rapport au PIB et demeuraient à des niveaux modestes fin 2025 en Türkiye (3.4 % du PIB), malgré des taux de croissance élevés en monnaie locale. En revanche, l’expansion des actifs a été particulièrement soutenue au Danemark et en Islande, pour ce qui est des pays membres de l’OCDE, et au Liechtenstein et en Namibie pour les juridictions non-membres de l’OCDE, par exemple (Graphique 1.3). Les actifs détenus par les fonds de réserve pour la retraite publique ont eux aussi progressé plus rapidement que le PIB dans la plupart des pays, surtout le Fonds d’investissement des retraites du gouvernement au Japon et le Fonds de pension national en Corée. À l’inverse, les réserves détenues aux États-Unis ont reculé, passant de 10.1 % du PIB fin 2001 à 7.6 % du PIB fin 2025.
Graphique 1.3. Évolution des actifs des prestataires de retraite et des fonds de réserve pour la retraite publique
Copier le lien de Graphique 1.3. Évolution des actifs des prestataires de retraite et des fonds de réserve pour la retraite publiqueEn % du PIB
La répartition géographique des actifs de retraite était inégale fin 2025. La plupart des actifs étaient détenus en Amérique du Nord (Canada et États-Unis), en Europe occidentale (Pays-Bas, Royaume-Uni et Suisse), en Australie et au Japon. À titre d’exemple, la valeur des actifs détenus aux États-Unis s'établissait à 51 800 milliards USD (dont 2 300 milliards USD de réserves pour le régime de retraite publique), ce qui représente près des deux-tiers de la totalité des actifs de retraite dans le monde. Le Canada, le Danemark, les États-Unis, l’Islande et la Suisse sont les pays qui détiennent les portefeuilles d’actifs les plus importants par rapport à leur PIB. Le montant des actifs de retraite varie aussi au sein des régions, avec des différences marquées entre pays en Amérique latine, en Afrique et en Europe (Graphique 1.4).
Graphique 1.4. Actifs destinés à la retraite fin 2025 ou dernière année disponible
Copier le lien de Graphique 1.4. Actifs destinés à la retraite fin 2025 ou dernière année disponible
Note : Les données correspondent à la somme des actifs des prestataires de retraite et des fonds de réserve pour la retraite publique.
Source : Statistiques de pensions de l’OCDE au niveau mondial.
Les différences entre juridictions ne font que s’amplifier. Fin 2025, dans certaines juridictions, le volume des actifs de retraite rapporté au PIB était toujours faible, tandis que dans d’autres, où le montant des actifs était déjà important au début des années 2000, leur forte croissance se poursuit (Graphique 1.3). De même, les réserves pour les régimes de retraite publique sont relativement importantes dans certaines juridictions, puisqu’elles dépassent le montant des actifs gérés par les prestataires de retraite, comme en Corée et au Japon.
Le moment auquel les pays ont mis en place un régime de retraite par capitalisation explique aussi la différence de montant des actifs de retraite fin 2025. Dans les juridictions qui ont mis en place un régime de retraite par capitalisation récemment, le montant des actifs de retraite reste relativement faible par rapport à celles qui s’en sont dotées plus tôt (Graphique 1.5), dans lesquelles les actifs se sont accumulés depuis plus longtemps. Pourtant, certaines juridictions qui ont mis en place un régime de retraite par capitalisation à peu près au même moment affichaient des volumes d’actifs différents fin 2025 (Allemagne et États-Unis, par exemple), ce qui montre que d’autres facteurs, tels que l’accès à un plan de retraite, la participation, les taux de cotisation et le rendement des investissements, jouent également un rôle dans l’accumulation d’actifs.
Graphique 1.5. Montant d’actifs atteint depuis la mise en place du plan principal, fin 2025
Copier le lien de Graphique 1.5. Montant d’actifs atteint depuis la mise en place du plan principal, fin 2025En % du PIB
1.2. Mécanismes de l’augmentation des actifs de retraite
Copier le lien de 1.2. Mécanismes de l’augmentation des actifs de retraitePour analyser l’augmentation des actifs de retraite, il faut s’intéresser à l’interaction entre les montants perçus et versés par les plans de retraite, aussi bien au niveau de l’individu qu’au niveau national. La compréhension des mécanismes à l’origine de ces flux permettrait d’évaluer si la croissance des actifs de retraite observée depuis vingt ans est susceptible de se poursuivre, et dans quels cas de figure. L’analyse qui suit explique, dans un premier temps, comment les individus accumulent puis liquident des actifs de retraite au cours de leur vie et, dans un deuxième temps, comment ces phénomènes individuels se cumulent pour façonner l’évolution des actifs au niveau national. Enfin, l’analyse se termine par un examen des montants perçus et versés par les fonds de réserve pour la retraite publique.
L’évolution des actifs de retraite découle de l’interaction entre les cotisations perçues, les revenus de placement encaissés et les prestations de retraite payées. Au niveau de l’individu, les actifs de retraite commencent par augmenter, parce que les individus épargnent pour leur retraite et obtiennent des rendements sur leurs placements. Le montant accumulé est donc influencé par des facteurs tels que les taux de cotisation et la composition du portefeuille de placements. Par la suite, les actifs de retraite décroissent, parce que les individus puisent dans leur épargne pour financer leur retraite.
Au niveau national, les actifs de retraite évoluent en fonction du nombre d’individus en train d’épargner pour leur retraite et du nombre d’individus en train de retirer des fonds pour financer leur retraite. Le nombre d’individus en train d’épargner pour leur retraite dépend de la couverture des plans d’épargne retraite et de la participation à ces plans, c’est-à-dire du nombre d’individus ayant accès à ces plans, y prenant part et cotisant. Le nombre d’individus effectuant des retraits dépend, pour sa part, du nombre de retraités, ainsi que du nombre de retraités ayant accumulé des actifs au cours de leur carrière. La composition de la population, l’ancienneté du régime de retraite par capitalisation et les réformes intervenues au niveau de la participation, des cotisations, des placements et des versements de prestations influent elles aussi sur l’évolution du total des actifs de retraite.
1.2.1. Accumulation puis liquidation des actifs de retraite par les individus
Au fil du temps, les individus accumulent des actifs en consacrant une partie de leurs revenus à des cotisations à des plans d’épargne retraite. Les prestataires qui proposent ces plans placent ces cotisations, qui, au fil du temps, produisent un rendement net de frais. Il existe bien sûr des périodes pendant lesquelles le rendement des actifs est négatif (tel a été le cas, par exemple, pendant la crise financière de 2008). Les sommes cotisées et les rendements nets s’accumulent tout au long de la carrière du cotisant. À son départ à la retraite, des prestations de retraite commencent à lui être versées, ce qui aboutit à une liquidation progressive des actifs antérieurement accumulés (Partie A du Graphique 1.6)2.
Graphique 1.6. Évolution des actifs d’un individu au sein d’un plan de retraite à cotisations définies
Copier le lien de Graphique 1.6. Évolution des actifs d’un individu au sein d’un plan de retraite à cotisations définies
Note : Ce graphique illustre la façon dont les actifs d’un plan de retraite à cotisations définies peuvent évoluer au fil de la vie active et de la retraite d’un individu, et le rôle que jouent les cotisations, les revenus de placement, les frais et les paiements de prestations dans l’évolution des actifs. La partie A présente, à gauche, les cotisations annuelles, les revenus de placement, les frais et les prestations versées (montants reçus et versés par le plan) et, à droite, le montant total des actifs (stock d’actifs). Les montants perçus par le plan de retraite apparaissent comme des valeurs positives, et les montants versés par le plan de retraite comme des valeurs négatives. La partie B illustre, pendant la phase d’accumulation, les poids respectifs des cotisations et des revenus de placement dans les montants cumulatifs perçus par le plan de retraite. Les résultats dépendent des hypothèses retenues.
L’évolution des actifs n’est pas nécessairement linéaire. Les individus peuvent suspendre et reprendre leurs cotisations, subir des pertes sur leurs placements en raison de replis des marchés financiers ou bien encore débloquer leur épargne si la législation ou les règles du plan de retraite le permettent. Le stock d’actifs peut aussi baisser brutalement au moment du départ à la retraite, si ce départ donne lieu au versement d’un montant forfaitaire unique.
Les revenus de placement jouent un rôle grandissant au fil du temps, sous l’effet de l’augmentation du volume d’actifs produisant un rendement. En fonction des hypothèses, ces revenus peuvent, au bout d’un certain temps, jouer un plus grand rôle que les cotisations dans la constitution des actifs de retraite (Partie B du Graphique 1.6). Le rôle croissant des revenus de placement au sein des actifs de retraite résulte de l’effet des intérêts composés. Les intérêts composés sont le résultat des intérêts acquis à la fois sur les cotisations versées et sur les intérêts déjà perçus (Batsman, 2026[1] ; Hartmann, s.d.[2]). L’effet des intérêts composés se poursuit même quand les cotisations cessent, puisque, si des actifs restent placés au sein du plan, les cotisations antérieures continuent de produire des revenus de placement3. Pendant la phase de liquidation, les actifs de retraite déclinent d’autant que les paiements de prestations de retraite dépassent le montant des revenus de placement produits par les actifs restants.
1.2.2. Évolution des actifs de retraite au niveau national
Au niveau national, l’accumulation d’actifs de retraite dépend de paramètres multiples, parmi lesquels la maturité du plan de retraite et la composition de la population. Quand le régime de retraite par capitalisation existe depuis longtemps et qu’il est arrivé à sa pleine maturité (c’est-à-dire que tous les individus ont accumulé des actifs, tout au long de leur carrière, selon les mêmes règles édictées pour le plan), les montants perçus et versés par le plan peuvent rester constants si la composition de la population reste inchangée, ce qui se traduit par un niveau stable d’actifs de retraite (Partie A du Graphique 1.7)4,5.
Graphique 1.7. Évolution des actifs de retraite d’un plan à cotisations définies au niveau national
Copier le lien de Graphique 1.7. Évolution des actifs de retraite d’un plan à cotisations définies au niveau national
Note : Ce graphique illustre la façon dont les actifs de retraite peuvent évoluer au niveau national après la création d’un plan à cotisations définies, ainsi que le rôle que jouent les cotisations, les revenus de placement, les frais et les paiements de prestations dans l’évolution des actifs. Cette illustration repose sur plusieurs hypothèses. La partie A montre, à gauche, les niveaux agrégés des montants annuels perçus (cotisations et revenus de placement) et versés (prestations de retraite et frais) par le plan de retraite à cotisations définies et, à droite, les actifs accumulés au niveau national depuis la création du plan, en % du PIB. La partie B illustre, depuis la création du plan à cotisations définies, les poids respectifs des cotisations et des revenus de placement dans les montants cumulatifs totaux perçus par le plan.
Au fil du temps, les revenus de placement occupent une place croissante dans le financement de la retraite par capitalisation, aussi bien au niveau national qu’au niveau des individus. Dans les années qui suivent la création d’un plan de retraite, les cotisations constituent la principale source des montants qu’il perçoit. Le placement des cotisations sur les marchés de capitaux produit des revenus de placement qui s’accroissent au fil du temps grâce à l’effet des intérêts composés (Partie B du Graphique 1.7).
Le volume des montants perçus et des montants versés par un plan de retraite détermine à la fois le rythme d’accumulation des actifs de retraite et le niveau de ces actifs. Par exemple, un nouveau plan de retraite ne couvrant qu’une partie de la population enregistrera un volume moindre de cotisations, et les actifs de retraite progresseront moins vite qu’avec un plan ouvert à tous. Quand les cotisations sont plus élevées, les placements plus rentables ou les frais moins lourds, les montants perçus sont plus importants, ce qui entraîne une augmentation plus rapide des actifs de retraite et, par conséquent, un volume d’actifs plus élevé (Partie A du Graphique 1.8). Les individus peuvent avoir la possibilité de cotiser au-delà des niveaux de cotisation obligatoires ou minimaux, ce qui peut accélérer l’accumulation d’actifs et accroître les futures prestations de retraite, comme c’est analysé plus en détail au Chapitre 2. Les revenus de placement contribuent davantage à l’augmentation des actifs de retraite quand les placements sont plus rentables, quand les frais sont moins élevés ou quand l’horizon de placement est plus lointain (Partie B du Graphique 1.8). La courbe de l’augmentation des actifs de retraite s’aplatit à mesure qu’un nombre croissant de retraités perçoivent des prestations de retraite basées sur une période de cotisation complète (Partie A du Graphique 1.8). La nature des prestations de retraite influe elle aussi sur le montant total des actifs de retraite, puisque les versements sous forme de capital réduisent davantage les actifs de retraite totaux que les autres options de liquidation, dans lesquelles des actifs restent placés pendant la phase de liquidation (dans l’option des retraits programmés, par exemple).
Graphique 1.8. Analyses de sensibilité de l’accumulation des actifs au niveau national
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Note : Les chiffres sont donnés à titre indicatif, et ils ne correspondent à la situation d’aucun pays en particulier. Le scénario de référence est le même que pour le Graphique 1.7. Le graphique illustre le résultat de différentes analyses de sensibilité (AS), en modifiant une hypothèse à la fois par rapport au scénario de référence : une adhésion progressive de la population active (seuls les nouveaux entrants sur le marché du travail âgés de 22 ans adhérant au régime lors de sa création) au lieu de l’adhésion de tous les travailleurs (AS 1) ; des niveaux de cotisation 50 % plus élevés (en raison d’un taux de cotisation 50 % plus élevé) (AS 2) ; un taux de rendement nominal plus élevé (5 % de rendement réel au lieu de 2.5 %, soit un rendement nominal de 7.1 % au lieu de 4.5 %, avec un taux d’inflation de 2 %) (AS 3) ; des frais moins élevés (de moitié) (AS 4) ; un départ avec un versement unique en capital à 65 ans (au lieu de retraits programmés) (AS 5). La Partie A illustre l’évolution des actifs en fonction de ces différentes hypothèses. La Partie B illustre le poids des revenus de placement dans le total des montants cumulatifs perçus par le plan, en fonction du temps écoulé depuis la création du plan de retraite.
Une multiplicité de facteurs peut influer sur le volume des montants perçus et versés par les plans de retraite. Il s’agit de facteurs liés à la conception du plan de retraite ; de facteurs démographiques, macroéconomiques, financiers et liés au marché du travail ; ainsi que de facteurs cognitifs et comportementaux (Graphique 1.9). Les deux premières catégories de facteurs influent sur les montants perçus et versés par les plans et sur l’accumulation des actifs au niveau national, et elles touchent l’ensemble des individus, collectivement. Par exemple, les responsables publics peuvent décider de fixer un taux de cotisation obligatoire quand ils conçoivent le plan de retraite. Ce taux déterminera l’effort supporté par les employés ou les employeurs. De même, des facteurs tels que la situation des marchés financiers influent sur le montant des revenus de placement que les adhérents peuvent obtenir. Quant aux facteurs cognitifs et comportementaux, ils influent sur la façon dont les individus épargnent, ce qui a une incidence sur les actifs accumulés au niveau national.
Graphique 1.9. Facteurs influant sur le rythme et le niveau d’accumulation des actifs, aux niveaux individuel et national
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Au moment de la conception d’un système de retraite, les responsables publics déterminent un certain nombre de paramètres (tels que les taux de cotisation et les frais). Toutefois, ils peuvent par la suite lancer des réformes qui modifient certains de ces paramètres. Ils peuvent, par exemple, décider d’augmenter les taux de cotisation. Les réformes peuvent influer sur les montants perçus et versés par les plans de retraite et sur la croissance des actifs de retraite, qui évoluent en fonction des nouveaux paramètres définis (Partie A du Graphique 1.10). Les réformes peuvent aussi influer sur le poids relatif des revenus de placement dans le financement des retraites, du moins temporairement, le temps qu’une génération entière de retraités ait cotisé selon les nouvelles règles pendant l’intégralité d’une période d’accumulation (Partie B du Graphique 1.10). À plus long terme, l’effet d’une réforme sur le poids des revenus de placement dépend des conséquences qu’elle aura produites sur le rendement des placements, le niveau des frais ou l’horizon de placement.
Graphique 1.10. Évolution au niveau national des actifs d’un plan de retraite à cotisations définies après une réforme
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Note : Ce graphique illustre la façon dont les actifs de retraite peuvent évoluer au niveau national après la création d’un plan de retraite à cotisations définies, en reprenant les hypothèses du scénario de départ pendant les 79 premières années. À partir de la 80e année, une réforme accroît les cotisations de 50 % (sous l’effet d’une augmentation de 50 % des taux de cotisation) (comme dans la deuxième analyse de sensibilité précédemment évoquée). La partie A montre, à gauche, les montants annuels perçus (cotisations et revenus de placement) et versés (prestations de retraite et frais) par le plan de retraite à cotisations définies et, à droite, les actifs accumulés au niveau national depuis la création du plan et après la réforme, en % du PIB. La partie B illustre les poids respectifs des cotisations et des revenus de placement dans les montants cumulatifs totaux perçus par le plan de retraite, à partir de la création du plan puis à compter de la réforme.
La composition de la population influe elle aussi sur les montants perçus et versés par le régime de retraite par capitalisation et, par conséquent, sur le montant des actifs de retraite. Les montants perçus par le plan dépendent du nombre de cotisants, tandis que les montants versés dépendent du nombre de bénéficiaires. Tout changement dans les poids respectifs de ces deux catégories d’individus influe sur l’équilibre entre les montants perçus et versés. Par exemple, toute baisse du nombre de personnes entrant sur le marché du travail aura pour effet, toutes choses étant égales par ailleurs, de réduire les cotisations perçues par le plan de retraite. À taux de rendement constants, les revenus de placement seront également moindres, et l’on aboutira à un stock moindre d’actifs de retraite. De la même façon, à mesure que le nombre de retraités augmentera par rapport au nombre d’actifs épargnant pour leur retraite, les montants versés augmenteront par rapport aux montants perçus, ce qui produira un effet négatif sur la croissance des actifs de retraite.
1.2.3. Évolution des actifs des fonds de réserve pour la retraite publique
Certains systèmes de retraite publique accumulent aussi des actifs au sein de fonds de réserve pour la retraite publique. Souvent, ces fonds sont alimentés par des excédents de cotisations par rapport aux prestations versées par les régimes de retraite par répartition, mais leur financement peut aussi provenir d’autres sources, telles que des recettes tirées de privatisations ou des recettes fiscales générales (OCDE, 2021[3]). Ces montants perçus peuvent produire des revenus de placement quand ils sont investis sur les marchés financiers, et ils bénéficient de l’effet des intérêts composés. Les montants versés par les fonds dépendent des facteurs déclenchants que les pays ont définis à cette fin, tels que l’arrivée à un certain niveau de déficit du régime de retraite par répartition.
Les facteurs qui influent sur l’évolution des actifs des fonds de réserve pour la retraite publique tiennent aussi à la conception du système de retraite (par exemple sa date de création, les sources de financement, les types de liquidation) et à des facteurs socioéconomiques, démographiques et financiers (par exemple les tendances démographiques, la croissance du PIB et l’évolution des marchés financiers).
Pour compléter cette analyse des mécanismes d’augmentation des actifs de retraite, les sections qui suivent se concentrent sur l’évolution au fil du temps des cotisations, des revenus de placement et des paiements de prestations de retraite. Elles permettent d’apprécier l’ampleur des montants perçus et versés et seront utiles pour évaluer l’évolution potentielle des actifs de retraite et de ces montants.
1.3. Les cotisations ont augmenté dans la plupart des juridictions
Copier le lien de 1.3. Les cotisations ont augmenté dans la plupart des juridictionsLes cotisations aux plans de retraite ont augmenté en 2025 et au cours des dernières décennies dans la plupart des 53 juridictions examinées, parmi lesquelles figurent 25 pays de l’OCDE. Cette augmentation explique en partie la croissance des actifs de retraite observée dans la plupart des juridictions. Certaines juridictions ont connu une baisse des cotisations en 2025, malgré une croissance positive en moyenne sur longue période (Graphique 1.11). L’Espagne, en revanche, a enregistré un recul des cotisations sur longue période, mais il est possible que cette tendance soit en train de s’inverser, dans la mesure où les cotisations versées aux fonds de pension ont augmenté en 2023 (de 9 %), en 2024 (de 10.9 %) et en 2025 (de 3.3 %).
Graphique 1.11. Taux de croissance nominal des cotisations, en 2025 et en moyenne sur longue période
Copier le lien de Graphique 1.11. Taux de croissance nominal des cotisations, en 2025 et en moyenne sur longue périodeEn pourcentage
Note : Ce graphique indique le taux de croissance nominal des cotisations en 2025 et le taux de croissance annuel moyen géométrique des cotisations (exprimées à prix courants en monnaie locale) sur la plus longue période possible (depuis 2001, 2005 ou 2010 en fonction des données disponibles).
Source : Statistiques de pensions de l’OCDE au niveau mondial.
Les cotisations aux plans d’épargne retraite peuvent augmenter lorsque davantage d’individus y ont accès, y participent et cotisent, ou lorsque des individus versent des cotisations plus importantes.
1.3.1. Accès
Davantage d’individus ont accès aux plans de retraite lorsque la population en âge de travailler et la population en emploi augmentent, lorsque de nouveaux plans d’épargne retraite sont mis en place, ou lorsque les règles d’affiliation à des plans de retraite existants s’assouplissent et permettent à davantage de personnes d’y participer.
Le nombre d’individus en âge de travailler qui peut accéder à un plan d’épargne retraite a augmenté au cours des dernières décennies. La population en âge de travailler (c’est-à-dire le nombre de personnes âgées de 15 à 64 ans) est passée de 816 millions en 2005 à 884 millions en 2024 dans la zone OCDE (OCDE, 2026[4]). Environ deux tiers des pays de l’OCDE ont vu s’accroître le nombre de personnes âgées de 15 à 64 ans depuis le début des années 2000, ce qui a élargi la base d’individus susceptibles d’adhérer à un plan de retraite et d’y cotiser. Certaines des plus fortes hausses enregistrées depuis le début des années 2000 ont eu lieu en Australie (39 %), en Islande (42 %), en Israël (47 %) et au Luxembourg (55 %). En revanche, d’autres juridictions ont vu diminuer le nombre de personnes âgées de 15 à 64 ans et, par conséquent, la base d’affiliés potentiels aux plans de retraite, ce qui peut ralentir la croissance des cotisations. Ces juridictions se caractérisent par de faibles taux de fécondité (comme le Japon) ou un solde migratoire négatif, dû au nombre plus important de personnes quittant le pays que le nombre de personnes y entrant (comme dans les pays baltes et dans plusieurs pays d’Europe centrale et orientale) (Banque mondiale, 2026[5]).
La progression de l’emploi et le recul du chômage peuvent permettre à une proportion plus importante de la population en âge de travailler d’accéder à un plan de retraite en travaillant. Les taux de chômage ont fluctué depuis le début des années 2000, puisqu’ils ont augmenté pendant la crise financière de 2008 et la pandémie de COVID-19, mais sont revenus à des niveaux plus bas après ces chocs et sont demeurés relativement stables dans l’ensemble depuis 2022 (OCDE, 2026[6]). Les évolutions observées en 2025 ont varié suivant les pays, et dans environ la moitié des pays de l’OCDE, le chômage a augmenté entre décembre 2024 et décembre 2025, tandis que dans l’autre moitié, il est resté stable ou a diminué. Il est possible que la hausse des taux de chômage en 2025 ait entravé la croissance des cotisations dans ces pays, tandis que la baisse constatée dans d’autres a peut-être permis à davantage de personnes d’avoir accès à un plan de retraite en travaillant, et étayé du même coup la croissance des cotisations.
Par ailleurs, de nombreuses juridictions ont facilité l’accès aux plans de retraite. Certaines ont amélioré cet accès en mettant en place de nouveaux plans de retraite, en assouplissant les conditions d’affiliation à des plans de retraite existants, ou en réduisant les obstacles auxquels se heurtent les employeurs qui veulent offrir un plan de retraite à leurs salariés (Tableau 1.1). Certaines juridictions (comme le Kenya) ont élaboré des plans spécifiquement destinés à certaines catégories de la population. L’élargissement de la base de personnes pouvant accéder à un plan de retraite peut donc favoriser la croissance des cotisations si de nouveaux adhérents s’y affilient et cotisent.
Tableau 1.1. Mesures facilitant l’accès à un plan de retraite
Copier le lien de Tableau 1.1. Mesures facilitant l’accès à un plan de retraite|
Mesures |
Juridictions |
|---|---|
|
Mise en place de nouveaux plans de retraite |
Grèce (2002), Israël (2008), Malawi (2011), Norvège (2006) et Philippines (2021) |
|
Assouplissement des critères d’accès aux plans de retraite |
Australie (2022), Corée (2017), Inde (2025), Japon (2017) et Norvège (2022) |
|
Simplification de l’offre de plans de retraite |
Espagne (2022), États-Unis (2022) et France (2019) |
|
Plans de retraite spécifiquement conçus pour certaines catégories de population |
Kenya, Nigéria, Ouganda et Rwanda |
Note : Ce tableau ne recense pas de manière exhaustive les mesures adoptées, ni les juridictions qui les ont mises en œuvre.
1.3.2. Participation
Les cotisations augmentent lorsque davantage de personnes participent à un plan d’épargne retraite. Les responsables publics peuvent imposer soit aux employeurs, soit aux individus de participer à un plan, demander aux employeurs ou à une institution publique d’affilier automatiquement les personnes à un plan, ou laisser celles-ci choisir parmi les plans de retraite auxquels elles ont accès.
Le taux de participation aux plans de retraite a augmenté dans de nombreuses juridictions, en particulier lorsque cette participation est devenue obligatoire ou que des personnes ont été automatiquement affiliées. Ainsi, le taux de participation de la population en âge de travailler a augmenté de plus de 40 points de pourcentage en Arménie, en Bulgarie, en Estonie, en Israël et en Nouvelle-Zélande, pays qui ont tous rendu obligatoire l’affiliation à un plan de retraite ou instauré un principe d’adhésion automatique depuis le début des années 2000 (Graphique 1.12)6. En Islande, aux Pays-Bas et en Suède, les taux de participation sont restés relativement constants au cours des 10 à 20 dernières années, étant donné que l’affiliation aux plans de retraite était déjà généralisée au début de cette période. Les programmes d’adhésion automatique ont entraîné une envolée du taux de participation des salariés en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni, mais le succès de ces programmes a été plus modéré jusqu’ici en Italie, en Pologne et en Türkiye, pour des raisons spécifiques à chaque pays. Le taux de participation aux plans de retraite facultatifs est resté relativement stable en règle générale (au Canada, par exemple), malgré des exceptions (comme la Hongrie). En Hongrie, le taux de participation aux fonds de pension a chuté après la réforme des retraites de 2010/2011, qui a suspendu les versements aux dispositifs obligatoires de retraite individuels et donné aux adhérents la possibilité de transférer leurs actifs au système public de retraite par répartition. À Hong Kong (Chine), la baisse du taux de participation aux régimes de retraite professionnels ORSO (Occupational Retirement Schemes Ordinance) pourrait être due au fait que davantage d’employeurs ont choisi d’offrir en lieu et place une affiliation aux régimes du Fonds de prévoyance obligatoire (MPF, Mandatory Provident Fund), mis en place en 2000.
Graphique 1.12. Proportion de la population en âge de travailler participant à un dispositif de retraite, par type de dispositif, à deux moments distincts
Copier le lien de Graphique 1.12. Proportion de la population en âge de travailler participant à un dispositif de retraite, par type de dispositif, à deux moments distinctsEn pourcentage de la population en âge de travailler
Note : Les juridictions où il existe plusieurs types de plan de retraite (par exemple des plans de retraite professionnels obligatoires et des plans de retraite individuels facultatifs) figurent sur plusieurs graphiques lorsque les données correspondantes sont disponibles. La première année (de même que la dernière) varie selon les juridictions. La série chronologique des taux de participation est disponible par juridiction et par type de plan de retraite dans l’annexe statistique.
Source : Statistiques de pensions de l’OCDE au niveau mondial.
Outre l’adhésion automatique et l’obligation d’affiliation, les responsables publics ont adopté d’autres mesures pour favoriser la participation aux plans de retraite. Elles ont notamment consisté à offrir des incitations financières, à mener des campagnes de communication ou à mettre en œuvre des programmes d’éducation financière (Tableau 1.2). La France a accru la participation aux plans de retraite en mettant en œuvre une réforme des retraites – dans le cadre de la loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) – qui a simplifié l’offre de plans de retraite en la réduisant à trois principaux types de plan d’épargne retraite (PER) (DREES, 2022[7]), accompagnés d’incitations financières. La République slovaque a également vu augmenter la participation aux plans de retraite individuels facultatifs, qui ont bénéficié des initiatives d’éducation financière de la banque centrale (5 peňazí) (NBS, s.d.[8]). Les campagnes de communication et l’éducation financière peuvent contribuer à amener les individus à préparer leur retraite et à solliciter des conseils financiers si nécessaire (Chapitre 4).
Tableau 1.2. Mesures destinées à promouvoir la participation aux plans de retraite
Copier le lien de Tableau 1.2. Mesures destinées à promouvoir la participation aux plans de retraite|
Mesures |
Juridictions |
|---|---|
|
Adhésion obligatoire à un plan de retraite |
Chili (2019), Grèce (2022), Israël (2008), Malawi (2011) et Norvège (2006) |
|
Adhésion automatique |
Canada (2012), États-Unis (2025), Italie (2007), Lituanie (2019 à 2025), Nouvelle-Zélande (2007), Pologne (2019), République slovaque (2023), Royaume-Uni (2012) et Türkiye (2017) |
|
Incitations financières |
Nombreux pays |
|
Campagnes de communication et programmes d’éducation financière |
Ghana (2022) et République slovaque (2020) |
Note : Ce tableau ne recense pas de manière exhaustive les mesures adoptées, ni les juridictions qui les ont mises en œuvre. En 2019, le Chili a adopté une loi obligeant les travailleurs indépendants qui émettent des factures pour leurs services de payer des cotisations de retraite. Au Canada, l’adhésion automatique est spécifique à un type de plan de retraite, les régimes de pension agréés collectifs (RPAC). Aux États-Unis, la loi pour l’amélioration de la retraite de tous 2.0 (SECURE Act 2.0, Setting Every Community Up for Retirement Enhancement Act 2.0) oblige les employeurs qui ouvrent de nouveaux plans de retraite professionnels 401(k) à y affilier automatiquement leurs salariés remplissant les conditions requises (depuis 2025). La loi SECURE 2.0 permet également aux employeurs de plus petite taille d’intégrer des plans de retraite existant déjà.
1.3.3. Cotisations
Les cotisations versées par les individus à leurs plans d’épargne retraite peuvent s’accroître lorsque leur salaire augmente, lorsque les taux de cotisation obligatoires sont revus à la hausse, ou lorsque ces individus versent volontairement des cotisations complémentaires.
L’augmentation des salaires nominaux a probablement contribué à la croissance des cotisations. Les salaires nominaux ont progressé dans tous les pays de l’OCDE depuis le début des années 2000 (OCDE, 2026[9]). Cette augmentation a été relativement modérée au Japon, alors qu’elle a figuré parmi les plus fortes observées dans les pays baltes (8 % par an en moyenne en Estonie et en Lituanie, et 9 % en Lettonie depuis 2001). La hausse des salaires se traduit par une augmentation des cotisations nominales prélevées sur ces salaires, toutes choses égales par ailleurs.
L’évolution des taux de cotisation obligatoires et minimaux a également joué un rôle dans la croissance des cotisations. Les taux de cotisation ont augmenté dans plusieurs pays, notamment en Australie, en Islande et au Royaume-Uni (Graphique 1.13). L’Australie et l’Islande ont revu à la hausse les cotisations patronales obligatoires. L’Islande a également relevé les cotisations salariales obligatoires. L’Islande a enregistré une des plus fortes augmentations de taux de cotisation des deux dernières décennies, puisqu’il est passé de 10 % en 2006 à 15.5 % en 2025, ce qui explique probablement pourquoi elle a connu une croissance relativement rapide des cotisations au cours de la période considérée (9.9 % par an en moyenne, Graphique 1.11). En revanche, les taux de cotisation obligatoires et minimaux sont restés stables dans d’autres juridictions (notamment en Arménie, en Croatie, à Hong Kong (Chine) et au Kazakhstan)7 ou ont fluctué (comme en Lettonie, en Lituanie et en République slovaque)8. Certaines de ces fluctuations ont eu lieu en période de crise (notamment pendant la crise financière et la pandémie de COVID-19). La récente baisse du taux de cotisation observée en République slovaque (où il est passé de 5.5 % en 2023 à 4 % en 2024 et 2025) explique peut-être en partie la relative faiblesse de l’augmentation des cotisations en 2025 (2.5 %) comparée au taux de croissance annuel moyen sur longue période (Graphique 1.11).
Graphique 1.13. Évolution des taux de cotisation obligatoires/minimaux aux plans de retraite
Copier le lien de Graphique 1.13. Évolution des taux de cotisation obligatoires/minimaux aux plans de retraite
Note : Au Chili, une réforme des retraites a instauré en août 2025 une nouvelle cotisation patronale de retraite, prélevée initialement à hauteur de 1 % du salaire et qui doit augmenter. Une fraction (0.1 % du salaire) a alimenté les comptes individuels de retraite au second semestre de 2025. S’agissant de la Corée, les taux de cotisation se rapportent aux plans de retraite professionnels à cotisations définies. Dans le cas du Costa Rica, les taux de cotisation se rapportent au régime de retraite complémentaire obligatoire (ROP, Régimen Obligatorio de Pensiones Complementarias). Pour Hong Kong (Chine), les taux de cotisation correspondent au système du Fonds de prévoyance obligatoire (MPF, Mandatory Provident Fund). Dans le cas de l’Ouganda, les taux de cotisation correspondent à la Caisse nationale de sécurité sociale (NSSF, National Social Security Fund). En Roumanie, le taux de cotisation au deuxième pilier du système de retraite a été recalculé en 2018 de manière à ce que le niveau des cotisations demeure constant en termes nominaux, ce qui s’est traduit par un taux de cotisation de 3.75 %.
Les cotisations facultatives aux plans de retraite peuvent aussi influer sur le niveau global des cotisations. Ainsi, l’augmentation globale de 27 % des cotisations aux plans de retraite observée au Portugal en 2025 (Graphique 1.11) tient à l’accroissement des cotisations aux plans de retraite individuels utilisés comme instruments de placement à long terme, qui bénéficient d’un régime d’imposition relativement favorable. Les responsables publics peuvent utiliser des incitations financières afin d’amener les individus à épargner pour leur retraite, mais ils peuvent aussi les encourager à mettre de l’argent de côté en facilitant les versements facultatifs de cotisations (Tableau 1.3). Les responsables publics peuvent exploiter à cet effet les outils numériques, par exemple en permettant aux individus de verser directement des cotisations à partir de leur smartphone. Ainsi, au Mexique, l’autorité de surveillance des retraites a créé une appli (AforeMóvil), lancée en 2017, qui permet aux individus d’ouvrir un plan de retraite, de vérifier leur épargne et de verser des cotisations facultatives (IOPS, 2018[10]).
Tableau 1.3. Mesures destinées à accroître les cotisations
Copier le lien de Tableau 1.3. Mesures destinées à accroître les cotisations|
Mesures |
Juridictions |
|---|---|
|
Augmentation des taux de cotisation obligatoires, minimaux ou par défaut |
Australie, Islande, Nouvelle-Zélande et Royaume-Uni |
|
Incitations financières destinées aux individus et aux employeurs |
Nombreux pays |
|
Information et incitation douce |
Mexique, Suisse |
Note : Ce tableau ne recense pas de manière exhaustive les mesures adoptées, ni les juridictions qui les ont mises en œuvre. Un plus large éventail de mesures est décrit et examiné dans le chapitre 2.
1.3.4. Apports aux fonds de réserve pour la retraite publique
Différentes règles peuvent entraîner des apports aux fonds de réserve pour la retraite publique. Les fonds de réserve pour la retraite publique sont financés dans de nombreux cas par les excédents de cotisations par rapport aux prestations versées par les régimes de retraite publique – on peut citer à titre d’exemples le Fonds d’investissement des retraites du gouvernement du Japon, le Fonds national de retraite de la Corée, ou encore le fonds d’assurance vieillesse et survivants (OASI, Old-Age and Survivors Insurance) des États-Unis. Les fonds de réserve pour la retraite publique peuvent aussi être alimentés par des recettes de privatisation, comme le Fonds pour l’avenir (Future Fund) australien, par des recettes fiscales, comme le Fonds de réserve pour les retraites de Nouvelle-Zélande (NZSF, New Zealand Superannuation Fund), ou par des transferts budgétaires, comme le Fonds de réserve des retraites (FRP, Fondo de Reserva de Pensiones) du Chili (OCDE, 2021[3]).
Ces différentes règles de financement des fonds de réserve pour la retraite publique peuvent expliquer en partie les différences d’apports dont ils ont bénéficié selon les pays. Ainsi, les apports au Fonds de réserve pour les retraites (FRR) français – abstraction faite des revenus de placement – ont cessé depuis 2010. Au Chili, le fonds de réserve n’a bénéficié d’aucun apport en 2025. Dans de nombreux pays où ces réserves sont financées à partir des excédents de cotisations par rapport aux prestations versées, cet excédent dépend de nombreux paramètres, tels que le taux de cotisation au régime de retraite publique, la formule de calcul des prestations et la structure démographique de la population. Aux États-Unis, les apports au fonds OASI ont diminué au fil des ans par rapport à la taille de l’économie, puisqu’ils sont passés de 4.9 % du PIB en 2001 à 4.1 % en 2025. En Espagne, le fonds de réserve a atteint son niveau le plus bas en 2020 et 2021, mais il a été récemment reconstitué, ce qui explique la récente augmentation des apports dont il a bénéficié.
1.4. Les revenus de placement des plans d’épargne retraite ont augmenté
Copier le lien de 1.4. Les revenus de placement des plans d’épargne retraite ont augmentéLes revenus générés par le placement des cotisations de retraite influent également sur l’évolution des actifs de retraite. Les plans de retraite investissent les cotisations qu’ils reçoivent et dégagent un rendement. Les revenus de placement augmentent avec les taux de rendement positifs et constituent une source supplémentaire de financement de la retraite par capitalisation. La performance des investissements dépend de l’allocation du portefeuille d’actifs et de l’évolution des marchés financiers.
1.4.1. Les prestataires de retraite ont enregistré des taux de rendement positifs en 2025
Les prestataires de retraite ont affiché des taux de rendement positifs dans la plupart des juridictions en 2025, ce qui a contribué à la croissance des actifs cette même année. Pour la troisième année consécutive, les prestataires de retraite ont enregistré de manière générale des gains sur les placements, favorisées par la solide performance des actions à l’échelle du monde en 2025. L’indice MSCI monde a progressé d’environ 20 % en 2025, soit une performance proche de celles de 2023 et 2024 (MSCI, 2026[11]). En conséquence, en 2025, les prestataires de retraite de la plupart des juridictions ont affiché un taux de rendement des placements, net des frais d’investissement, supérieur à la moyenne à long terme (Graphique 1.14). Les Pays-Bas sont l’un des rares pays de l’OCDE à enregistrer un rendement réel des placements, net des frais d’investissement, négatif en 2025 (-5.4 %). Ces performances plus faibles pourraient s’expliquer par des pertes sur les portefeuilles d’obligations à la suite de la hausse des rendements de certaines obligations d’État à long terme et par des pertes de change sur les portefeuilles libellés en USD, compte tenu de la dépréciation du dollar des États-Unis par rapport à d’autres grandes devises en 2025. Le rendement des placements a été positif en valeur nominale dans toutes les juridictions sauf aux Pays-Bas (-2.8 %).
Graphique 1.14. Taux de rendement annuel réel moyen des placements des prestataires de retraite, net des frais d’investissement
Copier le lien de Graphique 1.14. Taux de rendement annuel réel moyen des placements des prestataires de retraite, net des frais d’investissementEn pourcentage
Note : Le taux de rendement annuel réel moyen des prestataires de retraite au cours des 10 dernières années n’est pas indiqué pour le Zimbabwe (-49.2 %) à des fins de lisibilité. Les taux de rendement annuels des placements et d’autres notes par pays sont disponibles dans l’annexe statistique de ce chapitre.
Source : Statistiques de pensions de l’OCDE au niveau mondial.
Sur le long terme, les prestataires de retraite de la plupart des juridictions ont obtenu des rendements moyens positifs, nets des frais d’investissement. Le taux de rendement des placements, net des frais d’investissement, a été positif en valeur nominale dans toutes les juridictions sur les 20 dernières années. En termes réels, il a été positif dans la plupart des juridictions déclarantes, sauf en Bulgarie, en Estonie, en Lettonie, en République tchèque (ci-après « Tchéquie ») et en Türkiye. Les rendements ont été positifs malgré la volatilité et des années au cours desquelles les placements ont été moins performants (par exemple en 2008 et 2022, périodes de vents contraires sur les marchés boursiers et obligataires (OCDE, 2023[12])).
Les frais d’investissement réduisent le montant total des revenus perçus par les plans de retraite. Les frais d’investissement comprennent les coûts liés à la gestion des placements, tels que les frais de gestion versés aux gestionnaires d’actifs externes et les droits de garde. Les affiliés aux plans de retraite à cotisations définies peuvent se voir facturer d’autres frais qui réduisent encore les montants perçus par les plans de retraite (encadré 1.1), ce qui ralentit l’accumulation d’actifs.
Encadré 1.1. Frais facturés aux affiliés aux plans de retraite à cotisations définies
Copier le lien de Encadré 1.1. Frais facturés aux affiliés aux plans de retraite à cotisations définiesLa gestion de plans de retraite à cotisations définies génère des coûts d’exploitation pour les prestataires de retraite, que ces derniers peuvent couvrir en facturant des frais aux affiliés. Ces frais peuvent être prélevés sur les cotisations, les actifs ou les revenus de placement. De nombreuses juridictions n’autorisent les prestataires de retraite à prélever des frais que sur les actifs, mais d’autres structures de frais existent, comme les frais prélevés uniquement sur les cotisations ou les frais prélevés sur les actifs et les résultats. Les frais réduisent le montant des actifs de retraite, et donc aussi les revenus de placement futurs, car des actifs moins élevés génèrent des revenus de placement moindres pour un rendement donné, toutes choses égales par ailleurs.
Tableau 1.4. Frais facturés aux affiliés de plans à cotisations définies
Copier le lien de Tableau 1.4. Frais facturés aux affiliés de plans à cotisations définiesEn % du total des actifs
|
Juridiction |
2018 |
2019 |
2020 |
2021 |
2022 |
2023 |
2024 |
2025 |
Différence entre la première et la dernière année disponible |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
A. Juridictions dans lesquelles les frais ne sont prélevés que sur les actifs |
|||||||||
|
Slovénie |
.. |
.. |
0.8 |
0.8 |
0.8 |
0.7 |
0.7 |
0.8 |
0.0 |
|
Maldives |
.. |
0.4 |
0.4 |
0.4 |
0.4 |
0.4 |
0.4 |
0.4 |
0.0 |
|
Espagne |
1.3 |
1.2 |
1.2 |
.. |
1.3 |
1.2 |
1.2 |
1.2 |
-0.1 |
|
Costa Rica |
0.5 |
0.4 |
0.3 |
0.3 |
0.4 |
0.3 |
0.3 |
0.3 |
-0.1 |
|
Mexique |
1.0 |
0.9 |
0.8 |
0.7 |
0.5 |
0.5 |
0.5 |
0.5 |
-0.5 |
|
Lituanie |
1.0 |
0.5 |
0.6 |
0.4 |
0.5 |
0.5 |
0.4 |
0.4 |
-0.5 |
|
Albanie |
2.6 |
2.5 |
2.4 |
2.2 |
2.0 |
2.1 |
1.9 |
1.7 |
-0.9 |
|
B. Juridictions dans lesquelles les frais ne sont prélevés que sur les cotisations |
|||||||||
|
Colombie |
0.9 |
0.8 |
0.6 |
0.6 |
0.5 |
0.5 |
0.3 |
0.3 |
-0.6 |
|
C. Juridictions ayant des structures de frais mixtes |
|||||||||
|
République dominicaine |
0.4 |
.. |
1.2 |
1.2 |
.. |
1.0 |
1.7 |
1.5 |
1.1 |
|
Tchéquie |
0.8 |
0.9 |
0.9 |
0.9 |
0.9 |
1.0 |
1.4 |
1.2 |
0.4 |
|
Pérou |
0.8 |
0.7 |
0.6 |
0.8 |
1.1 |
0.9 |
1.1 |
1.0 |
0.2 |
|
République slovaque |
0.6 |
0.9 |
0.7 |
1.2 |
0.5 |
0.5 |
0.7 |
.. |
0.1 |
|
Hongrie |
0.6 |
0.7 |
0.5 |
0.7 |
0.7 |
0.7 |
0.7 |
0.7 |
0.1 |
|
Serbie |
1.3 |
1.3 |
1.4 |
1.4 |
.. |
1.4 |
1.3 |
1.4 |
0.0 |
|
Chili |
0.8 |
0.7 |
0.8 |
0.9 |
0.9 |
0.9 |
0.9 |
0.8 |
0.0 |
|
Liechtenstein |
0.6 |
0.5 |
0.5 |
0.5 |
0.6 |
0.2 |
0.6 |
0.5 |
-0.1 |
|
Bulgarie |
1.2 |
1.1 |
1.0 |
1.1 |
1.1 |
1.1 |
1.1 |
1.1 |
-0.1 |
|
Australie |
0.5 |
0.4 |
0.4 |
0.4 |
0.4 |
0.4 |
0.4 |
0.4 |
-0.1 |
|
Macédoine du Nord |
0.7 |
0.6 |
0.6 |
0.5 |
0.6 |
0.5 |
0.5 |
0.5 |
-0.2 |
|
Pologne |
0.6 |
0.6 |
0.5 |
0.5 |
0.6 |
0.4 |
0.5 |
0.4 |
-0.2 |
|
Kazakhstan |
.. |
0.5 |
0.3 |
0.3 |
0.2 |
0.2 |
0.3 |
0.2 |
-0.3 |
|
Estonie |
1.0 |
0.8 |
0.7 |
0.7 |
0.6 |
0.5 |
0.5 |
0.5 |
-0.5 |
|
Türkiye |
2.0 |
1.8 |
.. |
.. |
2.0 |
2.4 |
1.6 |
1.4 |
-0.6 |
|
Roumanie |
1.0 |
0.5 |
0.6 |
0.7 |
0.4 |
0.3 |
0.3 |
0.3 |
-0.7 |
Note : Les données pour l’Australie se rapportent aux frais facturés par les entités comptant plus de quatre/six affiliés. Pour la Colombie, les frais de gestion des fonds d’indemnités de licenciement ne sont pas inclus. Les données pour le Costa Rica se rapportent au régime de retraite complémentaire obligatoire (ROP, Régimen Obligatorio de Pensiones Complementarias). Les données relatives à la République dominicaine et au Mexique concernent les plans de retraite individuels. Les données pour l’Espagne concernent les fonds de pension individuels. Les données relatives à la Hongrie concernent les fonds de pension privés facultatifs. Les données pour la Pologne concernent uniquement les fonds de pension ouverts.
Source : Statistiques de pensions de l’OCDE au niveau mondial.
La plupart des juridictions plafonnent les frais que les prestataires de retraite peuvent facturer. Bien que le plafond varie d’une juridiction à l’autre, certaines l’ont abaissé, modifiant parfois la méthodologie utilisée pour le calculer (le Mexique et la Roumanie, par exemple). Certains pays ont utilisé d’autres outils pour tenter de réduire les frais facturés. Par exemple, l’autorité australienne de contrôle des retraites a mis au point un « Comprehensive Product Performance Package » (CPPP), ensemble complet d’indicateurs chiffrés relatifs aux produits, qui regroupe son test de performance des plans de retraite et ses cartes « thermiques » examinant les frais et les performances, afin d’inciter les administrateurs de ces plans à améliorer les résultats pour leurs affiliés et à accroître la transparence. Le Chili et la Nouvelle-Zélande ont mis en place des mécanismes d’enchères pour que les personnes admissibles à un système de retraite soient affiliées au prestataire remportant l’enchère. Ces enchères sont fondées sur les frais (ainsi que sur d’autres critères en Nouvelle-Zélande), dans le but de les maîtriser ou d’améliorer le rapport qualité-prix.
Les frais versés par les affiliés ont eu tendance à diminuer ces dernières années. Les frais exprimés en pourcentage des actifs étaient moins élevés en 2025 qu’en 2018 dans la plupart des juridictions (Tableau 1.4). Cette baisse peut permettre aux plans de retraite d’atteindre des niveaux plus élevés d’actifs accumulés à long terme.
1.4.2. L’allocation d’actifs des prestataires de retraite explique en partie les différences de performance des placements
La performance des placements des prestataires de retraite dépend de la manière dont les actifs de retraite sont investis. Les juridictions qui détenaient le plus grand volume d’actifs de retraite sous forme d’actions en 2025 sont celles qui ont le plus bénéficié de l’évolution positive des marchés d’actions en 2025. C’est notamment le cas de l’Estonie, de la Lituanie, de la Pologne et de la République slovaque, où les prestataires de retraite détenaient plus de 70 % des actifs sous forme d’actions à la fin de 2025 (Graphique 1.15). La Pologne a obtenu un taux de rendement des investissements plus élevé (30.7 %) que les autres pays, car les fonds de pension ouverts du pays investissent principalement sur le marché intérieur, tandis que les prestataires de retraite d’autres pays ont pu enregistrer des gains plus faibles en monnaie locale sur leurs actions libellées en USD compte tenu de la dépréciation du dollar.
Les obligations et les actions représentent généralement la plus grande part du portefeuille des prestataires de retraite, mais leur répartition varie d’une juridiction à l’autre. À la fin de 2025, les obligations et les actions représentaient plus de 50 % des investissements des prestataires de retraite dans 71 des 81 juridictions déclarantes. Alors que les prestataires de retraite investissent principalement en actions dans certaines juridictions (la Pologne, la République slovaque, les pays baltes, par exemple), les obligations constituent la plus grande part des portefeuilles des prestataires de retraite dans plusieurs autres (l’Albanie et la Tchéquie, par exemple). La forte proportion d’obligations peut s’expliquer par un manque d’opportunités sur le marché intérieur, par la préférence ou la nécessité d’un revenu fixe garanti, ou par des règles d’investissement.
Par exemple, le sous-développement des marchés financiers locaux ou leur absence peut contribuer à la forte proportion d’actifs investis en dette publique dans certains pays d’Amérique latine (comme le Costa Rica, la République dominicaine et l’Uruguay) (Mesa-Lago, 2020[13]). Dans d’autres pays, les prestataires de retraite peuvent rechercher un flux de revenus garanti, comme en Tchéquie où les fonds de pension transformés investissent dans des bons et obligations pour tenir la promesse d’une garantie nominale annuelle non négative à leurs membres. Les règles d’investissement peuvent également imposer aux prestataires de retraite que les obligations représentent au moins un certain pourcentage de leurs actifs, comme au Maroc pour le fonds de pension des salariés du secteur privé (au moins 35 %) et en Indonésie pour les fonds de pension facultatifs et obligatoires (30 % ou 50 % selon le fonds).
Graphique 1.15. Allocation d’actifs de retraite entre différentes catégories de placement à la fin de 2025
Copier le lien de Graphique 1.15. Allocation d’actifs de retraite entre différentes catégories de placement à la fin de 2025En pourcentage de l’investissement total
Note : Les données relatives à la répartition des actifs comprennent à la fois les investissements directs en actions, bons et obligations, numéraire et dépôts, et les investissements indirects réalisés par les organismes de placement collectif (OPC) lorsque la ventilation des placements de ces derniers est connue. Dans le cas contraire, les investissements dans les OPC sont présentés dans une catégorie distincte. Les valeurs négatives ont été exclues des calculs de l’allocation d’actifs.
Source : Statistiques de pensions de l’OCDE au niveau mondial.
Compte tenu de l’exposition traditionnelle des prestataires de retraite aux obligations et aux actions, l’évolution des marchés d’actions et d’obligations a généralement été déterminante pour les performances de leurs placements au fil des ans. Les obligations et les actions représentent en moyenne plus de 60 % des actifs détenus par les prestataires de retraite dans les juridictions déclarantes depuis le début des années 2000, même si cette proportion varie d’une juridiction et d’une année à l’autre (Graphique 1.16). Compte tenu de leur exposition aux obligations et aux actions, les prestataires de retraite de nombreuses juridictions ont enregistré des pertes sur leurs investissements en 2008, en raison de la chute des marchés d’actions, et en 2022, lorsque les valeurs des actions et les prix des obligations ont chuté simultanément. En revanche, les marchés d’actions mondiaux ont enregistré de solides performances depuis 2023, les indices mondiaux ayant progressé d’environ 20 % ou plus trois années de suite (MSCI, 2026[14]), ce qui a eu un effet positif pour les prestataires de retraite qui investissent dans des actions.
Graphique 1.16. Allocation d’actifs moyenne des prestataires de retraite entre catégories d’actifs et instruments de placement dans 14 juridictions, 2001-2025
Copier le lien de Graphique 1.16. Allocation d’actifs moyenne des prestataires de retraite entre catégories d’actifs et instruments de placement dans 14 juridictions, 2001-2025En % du total des investissements
Note : L’allocation d’actifs des plans de retraite correspond à la moyenne de 14 juridictions : Allemagne, Autriche, Danemark, États-Unis, Japon, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Slovénie (à partir de 2003), Suède et Tchéquie, pour les pays de l’OCDE ; et Bulgarie, Hong Kong (Chine) (à partir de 2002) et Pérou, pour les autres juridictions. La série chronologique complète de la répartition des actifs dans les 14 juridictions est disponible dans l’annexe statistique.
Source : Statistiques de pensions de l’OCDE au niveau mondial.
La composition des actifs des prestataires de retraite a évolué au fil du temps, avec une exposition accrue aux actions dans plusieurs juridictions, en particulier depuis 2008. Par exemple, la proportion d’actifs investis en actions a augmenté en Colombie, en Estonie, en Lituanie, en Nouvelle-Zélande, en Pologne et en République slovaque9. Les responsables publics ont encouragé une diversification accrue des actifs par le biais de différentes mesures, notamment en assouplissant la réglementation en matière d’investissement, en introduisant des stratégies de gestion pilotée en fonction de l’âge – en vertu desquelles les jeunes travailleurs investissent dans des actifs plus risqués – et en rendant les stratégies d’investissement par défaut moins prudentes (Tableau 1.5). En République slovaque, par exemple, la proportion d’actifs investis en actions s’est envolée en 2024 avec la mise en place d’une stratégie de gestion pilotée en fonction de l’âge par défaut, qui prévoit une forte exposition aux actions jusqu’à des âges avancés. Des stratégies d’investissement par défaut bien conçues peuvent permettre de faire prendre davantage de risques d’investissement aux personnes et résoudre le problème d’accès limité aux conseils financiers (chapitre 4).
Tableau 1.5. Mesures visant à renforcer les taux de rendement des placements à long terme
Copier le lien de Tableau 1.5. Mesures visant à renforcer les taux de rendement des placements à long terme|
Mesures |
Juridictions |
|---|---|
|
Stratégies d’investissement par défaut moins prudentes |
Croatie (2019), Nouvelle-Zélande (2021) |
|
Assouplissement réglementaire de l’investissement |
Estonie (2019), Inde (2025), Lettonie (2021), Mexique (sur plusieurs années), Pérou (sur plusieurs années), Türkiye (2007) |
|
Introduction de stratégies de gestion pilotée en fonction de l’âge |
Lituanie (2019), République slovaque (2023), Slovénie (2016) |
Note : Ce tableau donne des exemples de mesures visant à renforcer les taux de rendement des investissements à long terme et de juridictions qui les ont mises en œuvre. La liste des mesures et celle des juridictions ne sont pas exhaustives.
1.4.3. Performance des investissements et allocation d’actifs des fonds de réserve pour la retraite publique
Les fonds de réserve pour la retraite publique ont enregistré une performance positive en matière d’investissement en 2025 et à plus long terme. La plupart d’entre eux ont affiché des taux de rendement réels positifs en 2025, les rendements les plus élevés étant observés en Corée (16.1 %), au Japon (14.8 %) et en Nouvelle-Zélande (11 %) (Graphique 1.17, partie A). La performance des investissements des fonds de réserve pour la retraite publique a été solide en 2025 et positive dans la plupart des juridictions sur les 10 dernières années, et dans toutes sur les 20 dernières années.
Graphique 1.17. Performance des investissements et allocation d’actifs des fonds de réserve pour la retraite publique
Copier le lien de Graphique 1.17. Performance des investissements et allocation d’actifs des fonds de réserve pour la retraite publique
Note : Les données se rapportent aux fonds de réserve suivants : Australie - Future Fund ; Canada (partie B) - Fonds de réserve du RPC ; Chili - Pension Reserve Fund ; Corée - National Pension Fund ; Costa Rica - Social Security Fund ; Espagne - Social Security Reserve Fund ; États-Unis - Old-Age and Survivors Insurance (OASI) Trust Fund ; Finlande - Keva, VER et autres fonds combinés (partie B) ; France - FRR (Fonds de réserve pour les retraites) (partie A) ; Japon - Government Pension Investment Fund (GPIF) ; Luxembourg - FDC (Fonds de compensation) ; Mexique - Labour Fund ; Norvège - Government Pension Fund - Norway (GPFN) ; Nouvelle-Zélande - New Zealand Superannuation Fund ; Pologne - Demographic Reserve Fund ; Portugal - Social Security Financial Stabilisation Fund (FEFSS) ; Suisse - Fonds de compensation de l’AVS.
Source : Statistiques de pensions de l’OCDE au niveau mondial et sites web des fonds de réserve pour la retraite publique.
Les fonds de réserve pour la retraite publique fortement exposés aux actions ont bénéficié de l’évolution positive des marchés d’actions en 2025. En Corée, au Japon et en Nouvelle-Zélande, où les rendements ont été les plus élevés en 2025, au moins 50 % des actifs des fonds de réserve pour la retraite publique étaient investis en actions (Graphique 1.17, partie B). Ces fonds de réserve ont accru leur exposition aux actions au fil du temps (Guardians of New Zealand Superannuation, 2026[15] ; NPS, 2025[16] ; GPIF, 2025[17]). À l’inverse, au Portugal, en Espagne et aux États-Unis, les fonds de réserve pour la retraite publique sont relativement moins exposés aux actions, voire ne le sont pas du tout, et le sont davantage aux obligations, ce qui s’est traduit par des revenus de placement plus faibles pour ces derniers en 2025.
1.5. Les versements de prestations de retraite et autres sorties ont également augmenté
Copier le lien de 1.5. Les versements de prestations de retraite et autres sorties ont également augmentéLes versements de prestations de retraite influent également sur l’évolution des actifs de retraite au fil du temps. Les sorties qui réduisent le montant des actifs de retraite comprennent les prestations de retraite versées, les déblocages anticipés de l’épargne retraite et les décaissements visant à financer les plans de retraite par répartition dans le cas des fonds de réserve pour la retraite publique.
1.5.1. Prestations de retraite versées
Sur fond d’augmentation du nombre de personnes atteignant l’âge de la retraite, les versements de prestations de retraite ont augmenté dans toutes les juridictions déclarantes à l’exception d’une seule depuis le début des années 2000 (Graphique 1.18, partie A). Le niveau des pensions versées restant relativement modeste dans de nombreuses juridictions, toute variation peut sembler importante compte tenu du faible niveau de départ (au Kazakhstan, en Roumanie, en Tchéquie et en Lituanie, par exemple). En Tchéquie, la baisse enregistrée en 2025 s’explique par un retour à un niveau normal après une augmentation des versements sous forme de capital aux bénéficiaires éligibles en 2023 et 2024 due à l’annonce de modifications législatives. En Lituanie, la baisse des versements en 2025 pourrait tenir au fait que des retraités aient reporté leur sortie du plan jusqu’à l’entrée en vigueur du relèvement prévu du seuil applicable aux versements en capital en 2026.
Graphique 1.18. Prestations versées, tendances et niveaux
Copier le lien de Graphique 1.18. Prestations versées, tendances et niveaux
Note : * 49 juridictions : Albanie, Allemagne, Angola, Arménie, Autriche, Brésil, Bulgarie, Costa Rica, Croatie, Égypte, Espagne, Estonie, France, Géorgie, Ghana, Guyana, Hongrie, Indonésie, Israël, Italie, Kenya, Kosovo, Lesotho, Lituanie, Luxembourg, Macao (Chine), Maldives, Maroc, Maurice, Mexique, Mozambique, Macédoine du Nord, Norvège, Ouganda, Pakistan, Pérou, Pologne, République slovaque, République dominicaine, Roumanie, Rwanda, Serbie, Slovénie, Suriname, Tchéquie, Thaïlande, Türkiye, Zambie, Zimbabwe.
Source : Statistiques de pensions de l’OCDE au niveau mondial.
Les prestations de vieillesse peuvent être versées sous forme de capital, de versements à durée déterminée ou de rentes viagères. Les versements en capital constituent la principale forme de versement par les prestataires de retraite dans plusieurs juridictions, notamment en Australie (55 % des prestations versées) et en Belgique (près de 100 %) (Graphique 1.19, partie B). Dans d’autres juridictions, une proportion importante des prestations est payée sous la forme de versements à vie (au Chili, au Kazakhstan, en Norvège et aux Pays-Bas, par exemple) ou à durée déterminée (aux Maldives, par exemple).
Les différences observées entre les juridictions quant au niveau des prestations versées sous différentes formes peut tenir aux modalités de versement autorisées, aux conditions d’accès à certaines formes de versement, et aux préférences des affiliés. Par exemple, les versements en capital sont découragés au Chili, en Norvège et aux Pays-Bas10. Certaines juridictions n’autorisent qu’une seule forme de versement. C’est notamment le cas de la Finlande, de la Lettonie et des Pays-Bas, où les affiliés peuvent uniquement percevoir un revenu à vie sur les actifs accumulés dans le cadre des plans de retraite professionnels. Lorsqu’une juridiction autorise plusieurs formes de versement, elle peut déterminer des conditions à remplir pour en bénéficier. En Autriche, par exemple, les affiliés ne peuvent percevoir un versement en capital que si les actifs accumulés dans leur fonds de pension sont inférieurs à un certain seuil. Le Mexique a ajusté les critères d’ouverture des droits à pension en 2021 en réduisant le nombre de semaines de cotisations requises, avant de les relever progressivement à nouveau par la suite. Lorsque plusieurs options s’offrent à eux, les affiliés peuvent en préférer certaines à d’autres. En Australie, les retraités qui optent pour un versement en capital ont souvent un solde de compte faible (The Australian Government the Treasury, 2020[18]).
Graphique 1.19. Prestations versées en 2025
Copier le lien de Graphique 1.19. Prestations versées en 2025
Note : Les versements sous forme de capital correspondent à des sommes versées en une seule fois. Les versements à durée déterminée comprennent les retraits programmés et les versements temporaires (fixes ou variables) sur une période prédéfinie (par exemple, les rentes à durée déterminée). Les rentes viagères sont des prestations versées à vie, jusqu’au décès du souscripteur (telles que les rentes versées par des compagnies d’assurance ou les rentes viagères versées par des fonds de pension). Les données relatives au Japon englobent les plans de retraite professionnels à prestations définies (pour l’exercice 2023), les plans de retraite professionnels à cotisations définies et les plans de retraite individuels.
Source : Statistiques de pensions de l’OCDE au niveau mondial.
La forme de versement a une incidence sur le montant global des actifs de retraite. Les versements en capital se traduisent par une sortie immédiate de fonds du système, sauf si les retraités décident d’acheter eux-mêmes un produit de rente avec ce capital. En revanche, dans le cas d’autres formes de versements, comme les retraits programmés ou les rentes viagères, les actifs restent investis plus longtemps dans le système de retraite par capitalisation et génèrent des revenus de placement. Toutefois, l’entité chargée de la gestion des actifs après le départ à la retraite et du versement de prestations régulières peut être différente de celle responsable de la gestion des actifs pendant la phase d’accumulation. Ainsi, les actifs peuvent être transférés à une compagnie d’assurance-vie lorsque les affiliés optent pour une rente (comme au Chili). En Lituanie, un prestataire de rentes unique assure de manière centralisée le versement des prestations dues au titre du deuxième pilier du système de retraite. Les actifs peuvent rester chez les mêmes prestataires de retraite, mais ces derniers peuvent disposer d’un fonds dédié aux retraits programmés (à l’image des fonds de retraits programmés gérés par les administrateurs de fonds de pension en Colombie). Dans certaines juridictions, les individus peuvent choisir de transférer leurs actifs vers le système public de retraite par répartition, qui est ensuite chargé de convertir ces actifs en versements périodiques (comme en Croatie et en Lettonie)11. Lorsque des actifs sont transférés vers le système public par répartition, ils sortent du système de retraite par capitalisation (comme dans le cas d’une sortie en capital). Les actifs ne génèrent donc plus de revenus de placement permettant de financer les pensions pendant la phase de retraite, ce qui réduit la possibilité d’atteindre des niveaux d’actifs plus élevés.
1.5.2. Versements avant le départ à la retraite
Les individus peuvent percevoir des prestations de leur plan de retraite avant leur départ à la retraite, et ce sous la forme de retraits anticipés. Les versements pouvant être obtenus par un affilié avant la retraite comprennent les retraits anticipés, les transferts d’actifs vers d’autres plans de retraite lors d’un changement d’emploi, et les transferts consécutifs à la liquidation d’un fonds intervenant avant le départ à la retraite. Les retraits anticipés sont ceux qui ont une incidence directe sur les flux sortant d’actifs de retraite.
De nombreuses juridictions autorisent les affiliés à puiser dans leur épargne avant leur départ à la retraite, mais généralement sous certaines conditions. La Recommandation du Conseil pour la bonne conception des plans de retraite à cotisations définies [OECD-LEGAL-0467] préconise de n’autoriser le déblocage anticipé de l’épargne retraite qu’en dernier recours et en fonction de situations personnelles particulièrement difficiles spécifiques. Cela étant, les conditions d’accès à ces fonds varient considérablement d’une juridiction à l’autre. Plusieurs juridictions autorisent couramment les affiliés à débloquer leur épargne pour des raisons médicales ou en cas de maladie grave. Parmi les autres motifs de déblocage figurent l’acquisition d’un logement, le financement des études, une situation de difficulté financière ou le chômage. Les conditions de retrait de l’épargne retraite facultative peuvent être plus souples que pour l’épargne retraite obligatoire, dont l’objectif peut être d’offrir des prestations de retraite importantes. C’est le cas en Croatie, où les affiliés n’ont pas le droit de retirer leur épargne retraite obligatoire, mais peuvent débloquer dans une certaine mesure leur épargne retraite facultative. De même, en Bulgarie, seule l’épargne accumulée dans des fonds de pension à adhésion facultative peut être débloquée de manière anticipée.
L’ampleur des retraits effectués avant la retraite varie d’une juridiction à l’autre. Si les retraits effectués en 2025 ont été minimes par rapport au montant des actifs de retraite au Chili et au Costa Rica (moins de 0.1 % des actifs à la fin de 2025), ils ont été plus importants dans d’autres pays, notamment au Portugal (3 %), au Kazakhstan (5.1 %) et en Zambie (6.9 %) (Graphique 1.20). Au Kazakhstan et en Nouvelle-Zélande, les affiliés ont surtout puisé dans leur épargne pour financer l’acquisition d’un logement, tandis qu’au Nigéria, à Macao (Chine) et au Malawi, ces retraits visaient principalement à faire face au chômage ou à des difficultés financières. À Hong Kong (Chine), les retraits anticipés les plus importants ont été effectués par des affiliés ayant quitté la juridiction, notamment des travailleurs non-résidents qui, au terme de leur contrat de travail, sont retournés dans leur pays de résidence.
Graphique 1.20. Montant des actifs retirés avant le départ à la retraite en 2025
Copier le lien de Graphique 1.20. Montant des actifs retirés avant le départ à la retraite en 2025En pourcentage des actifs à la fin de 2025
Plus les retraits anticipés sont importants, plus ils peuvent empêcher l’accumulation d’actifs. À titre d’exemple, au Pérou, les affiliés ont été autorisés à débloquer leur épargne sans condition à plusieurs reprises après la pandémie de COVID-19. Par conséquent, des montants importants d’actifs ont été retirés par plus de sept millions d’affiliés, soit la majorité12, et une baisse des actifs de retraite (de 22.5 % du PIB à la fin de 2020 à 9.5 % à la fin de 2025) a été observée au niveau national. En cas de retraits anticipés, la réduction du montant des actifs pouvant être accumulés à terme est plus importante que le montant débloqué lui-même, puisque les sommes retirées cessent de générer des revenus de placement. Les retraits anticipés raccourcissent en outre l’horizon sur lequel les actifs peuvent générer des revenus de placement et limitent l’effet des intérêts composés.
Toutefois, la possibilité de procéder à des retraits anticipés – dans le cadre de systèmes facultatifs – peut inciter les personnes réticentes à immobiliser leurs économies jusqu’à la retraite à commencer à épargner. Les retraits anticipés n’ont donc pas un effet univoque sur les actifs, en particulier dans les systèmes facultatifs.
1.5.3. Sorties des fonds de réserve pour la retraite publique
Les sorties des fonds de réserve pour la retraite publique dépendent des conditions établies dans le mandat de ces derniers. Il peut s’agir d’une date à partir de laquelle des versements peuvent être effectués (Fonds pour l’avenir australien) ou, au contraire, d’une date avant laquelle ils ne peuvent pas débuter (Fonds de réserve pour les retraites de Nouvelle-Zélande) (OCDE, 2021[3]). Le seuil de déclenchement peut être atteint lorsque les prestations dues aux retraités du système de retraite par répartition dépassent les cotisations payées par les actifs.
En 2025, les décaissements de certains fonds de réserve pour la retraite publique ont continué d’augmenter, notamment au Chili (10 %), en Suède (>5 %) et aux États-Unis (9 %). Dans ces trois pays, le montant des sorties a dépassé celui des entrées en 2025. En Suède, les sorties des fonds de réserve pour la retraite publique ont dépassé les entrées pour la septième année consécutive (AP2, 2026[19]). Aux États-Unis, les sorties dépassent les entrées depuis 2021.
1.6. Évolution possible des actifs de retraite
Copier le lien de 1.6. Évolution possible des actifs de retraiteOn observe depuis le début des années 2000 une progression des actifs de retraite gérés par des prestataires de retraite, qui se chiffrent au total à 70 400 milliards USD, soit l’équivalent de 95.7 % du PIB, dans la zone OCDE. Cette tendance est observée dans la quasi-totalité des juridictions examinées. L’analyse des principaux facteurs à l’origine de cette évolution peut aider à repérer les situations pouvant induire une augmentation, ou au contraire une diminution, voire une stabilisation des actifs de retraite dans les juridictions.
La croissance de ces actifs résulte de la conjugaison de trois tendances : des cotisations en hausse, des rendements de placement positifs et des paiements de prestations inférieurs aux cotisations et rendements additionnés. L’augmentation des cotisations s’explique par celle des adhésions à des plans d’épargne retraite et celle des salaires nominaux et, dans certaines juridictions, par le relèvement des taux de cotisation. Dans toutes les juridictions, les prestataires de retraite ont obtenu, sur le long terme, des revenus de placement positifs, en termes nominaux, sur les montants investis au titre de cette épargne retraite. Les versements de prestations de retraite ont progressé au fil du temps, mais restent inférieurs aux montants perçus du fait que les régimes de retraite par capitalisation sont encore en phase de maturation dans la plupart des juridictions (c’est-à-dire qu’ils ont été institués récemment, et que la plupart des personnes n’ont pas épargné sur ces plans tout au long de leur carrière selon les mêmes règles). Le montant des prestations versées est plus élevé dans les pays où ces plans sont en place depuis plus longtemps, où l’adhésion à ces régimes est une pratique généralisée, où les taux de cotisation sont élevés et où la plupart des adhérents qui partent à la retraite ont été soumis aux mêmes règles pendant toute leur vie professionnelle.
De ce fait, l’évolution des actifs de retraite dans chaque juridiction dépend de la date à laquelle le régime de retraite par capitalisation a été mis en place ainsi que des réformes engagées pour agir sur les adhésions, les cotisations, les investissements et les prestations versées. Elle dépend également du nombre de personnes qui atteignent l’âge de la retraite et perçoivent des prestations de retraite, ainsi que de l’évolution de la structure démographique résultant, par exemple, du vieillissement de la population.
Dans les juridictions où la mise en place de régimes de retraite par capitalisation est récente, ainsi que dans celles qui ont pris des mesures pour accroître les adhésions à ces régimes, relever les taux de cotisation et favoriser l’adoption de stratégies d’investissement moins prudentes, les actifs de retraite pourraient continuer de croître. Les mesures mises en œuvre se sont notamment concrétisées par l’instauration d’une adhésion automatique en Irlande (instituée à partir de 2026), un renforcement du programme d’adhésion automatique en Italie, la mise en place d’un accès facilité à un plan de retraite individuel aux États-Unis (Benefits Canada, 2026[20]), une hausse en cours des taux de cotisation par défaut aux plans KiwiSaver en Nouvelle-Zélande, des relèvements en cours des cotisations obligatoires au Chili et au Mexique, l’application de nouvelles règles visant à améliorer les rendements en Norvège et en Finlande13, et la création d’un nouveau produit d’épargne retraite individuelle en Allemagne (European Pensions, 2026[21]).
Dans les juridictions qui ont opté pour des initiatives potentiellement préjudiciables à la croissance des actifs, l’évolution future des actifs de retraite est plus incertaine. Des mesures consistant par exemple à autoriser un accès anticipé à l’épargne retraite non assorti de conditions, ou à permettre à des individus de réduire leurs taux de cotisation, auraient un effet négatif sur l’accroissement des actifs.
Dans les juridictions où les adhésions, les taux de cotisation et l’allocation d’actifs de retraite sont stables depuis relativement longtemps, les actifs de retraite pourraient augmenter modérément ou se stabiliser. Ces juridictions s’approchent peut-être du stade de la maturité de ces régimes, à savoir du stade auquel les retraités perçoivent des prestations provenant d’actifs qu’ils ont eu la possibilité d’accumuler pendant l’intégralité de leur carrière en étant soumis à des règles relativement stables. La croissance des actifs dépendrait principalement des performances des investissements réalisés avec les fonds placés sur les plans de retraite.
L’évolution de la structure démographique due au vieillissement de la population peut, selon toute probabilité, avoir des effets sur les montants entrants et sortants des plans d’épargne retraite. Une diminution de la taille des cohortes entrant sur le marché du travail se traduirait par une diminution de celle de la population en âge de travailler, ce qui réduirait le volume du montant des cotisations aux plans de retraite, toutes choses égales par ailleurs. Le passage à la retraite de cohortes plus nombreuses et vivant plus longtemps entraînerait une augmentation du volume du montant des versements de prestations de retraite et ferait fléchir la croissance des actifs de retraite. On pourrait donc assister à un ralentissement de l’accroissement des actifs de retraite dû au vieillissement démographique dans l’ensemble des pays, et même observer, selon le niveau des revenus de placement, une croissance négative de ces actifs dans les pays avec des régimes de retraite par capitalisation qui arriveraient déjà à maturité.
Les réserves que les systèmes de retraite publique ont constituées pour honorer leurs engagements évolueront vraisemblablement selon des trajectoires différentes. Tous les fonds de réserve pour la retraite publique investissent et perçoivent des revenus de placement qui bénéficient de l’effet des intérêts composés. Or cet effet est plus puissant lorsque les taux de rendement des placements sont plus élevés et les horizons d’investissement plus lointains. L’horizon d’investissement dépend toutefois du délai qui s’écoulera avant l’épuisement des réserves, lequel varie selon les fonds. Certains fonds de réserve sont censés ne se tarir à aucun moment sachant qu’ils doivent servir de mécanisme permanent de lissage entre les montants perçus et versés par le système de retraite publique, et dans certains cas, procurer une partie des financements (comme le fait notamment l’OIRPC du Canada). Dans d’autres cas, les réserves devraient arriver à épuisement à un moment donné, mais elles sont encore dans une phase d’expansion pendant laquelle les actifs continuent de croître (comme dans le cas du Fonds de pension national coréen). Ces fonds de réserve n’ont pas encore atteint le niveau maximum d’actifs qu’ils sont censés atteindre. Il existe également des fonds de réserve qui, parce que les montants versés excèdent déjà les montants perçus (y compris les revenus de placement), seront bientôt épuisés (par exemple, le fonds d’assurance vieillesse et survivants (OASI) aux États-Unis). Les actifs du fonds de réserve de l’Espagne avaient atteint leur plus bas niveau en 2020 et 2021, mais ce fonds a été ré-alimenté récemment. L’évolution des actifs des fonds de réserve pour la retraite publique est donc tributaire des choix stratégiques qui sont faits concernant leur financement et leur vocation.
Références
[19] AP2 (2026), Annual Report 2025, https://ap2.se/wp-content/uploads/2026/04/Annual-Report-2025.pdf.
[29] Asset Management Association (2025), 3ème cotisant : une affaire de stratégie d’investissement, https://www.am-switzerland.ch/fr/services/donnees-et-rapports/rapports-le-3e-cotisant/rapport-2025-3eme-cotisant-une-affaire-de-strategie-dinvestissement.
[5] Banque mondiale (2026), Migration nette - Pays membres de l’OCDE, https://data.worldbank.org/indicator/SM.POP.NETM?locations=OE&most_recent_value_desc=false.
[1] Batsman, M. (2026), What is compound interest?, https://www.pensionbee.com/uk/blog/what-is-compound-interest.
[20] Benefits Canada (2026), U.S. executive order aims to help more people get retirement savings plans, https://www.benefitscanada.com/pensions/cap/u-s-federal-executive-order-aims-to-help-more-people-get-retirement-savings-plans.
[7] DREES (2022), Les retraités et les retraites – édition 2022, https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse-documents-de-reference/panoramas-de-la-drees/les-retraites-et-les.
[28] European Pensions (2026), Finnish pension reforms to come into force from 1 July, https://www.europeanpensions.net/ep/Finnish-pension-reforms-to-come-into-force-from-1-July.php.
[21] European Pensions (2026), German Bundestag adopts private pensions bill, https://www.europeanpensions.net/ep/German-Bundestag-adopts-private-pensions-bill.php.
[27] European Pensions (2026), Norway approves reforms to boost returns on guaranteed pension products, https://www.europeanpensions.net/ep/Norway-approves-reforms-to-boost-returns-on-guaranteed-pension-products.php.
[24] Gouvernement de la République de Croatie (s.d.), Pension Selection (Pension from the First Pillar or Pension from the First and the Second Pillar), https://gov.hr/en/pension-selection-pension-from-the-first-pillar-or-pension-from-the-first-and-the-second-pillar/2330.
[17] GPIF (2025), Annual Report Fiscal Year 2024, https://www.gpif.go.jp/en/performance/annual_report_fiscal_year_2024.pdf.
[15] Guardians of New Zealand Superannuation (2026), Annual Report 2025, https://nzsuperfund.nz/assets/NZ-Super-Fund-Annual-Report-2025_final-for-web.pdf.
[2] Hartmann, T. (s.d.), Learn how compound interest can help your money grow, https://sorted.org.nz/guides/saving-and-investing/learn-about-compound-interest/.
[10] IOPS (2018), Impact of the digitalisation of financial services on supervisory practices in the private pension sector, https://www.oecd.org/content/dam/iops/en/working-papers/WP-33-Case-study-Mexico.pdf.
[22] Medaiskis, T. et T. Gudaitis (2013), « Assessing the impact of the second pillar component on old age pension in Lithuania », Ekonomika, vol. 92/4, https://doi.org/10.15388/Ekon.2013.0.2344.
[13] Mesa-Lago, C. (2020), Evaluation of Four Decades of Pension Privatization in Latin America, 1980-2020: Promises and Reality.
[23] Mijnpensioenoverzicht.nl (2026), Withdraw a lump sum, https://www.mijnpensioenoverzicht.nl/en/mpo/mijn-overzicht/een-bedrag-ineens-opnemen.
[14] MSCI (2026), MSCI World Index (USD).
[11] MSCI (2026), MSCI World Index (USD) - Index Factsheet, https://www.msci.com/documents/10199/cad25553-6265-4a1b-9942-cb5be891015d.
[8] NBS (s.d.), 5 PEŇAZÍ, https://5penazi.sk/.
[16] NPS (2025), 2024 National Pension Fund Report, https://fund.nps.or.kr/main.do.
[6] OCDE (2026), Communiqué de presse : Chômage, https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/data/perspectives/publications-statistiques/2026/2/unemployment-rates-oecd-02-2026-Fr.pdf.
[4] OCDE (2026), Population en âge de travailler, https://data-explorer.oecd.org/s/5gv.
[9] OCDE (2026), Salaire annuel moyen, https://data-explorer.oecd.org/s/5ig.
[25] OCDE (2025), Panorama des pensions 2025 : Les indicateurs de l’OCDE et du G20, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/58bd74b1-fr.
[12] OCDE (2023), Pension Markets in Focus 2023, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/28970baf-en.
[3] OCDE (2021), Pension Markets in Focus 2021, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/a70e4160-en.
[26] OCDE (2018), OECD Reviews of Pension Systems: Latvia, OECD Reviews of Pension Systems, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264289390-en.
[18] The Australian Government the Treasury (2020), Retirement Income Review Final Report, https://treasury.gov.au/publication/p2020-100554.
Annexe 1.A. Annexe statistique
Copier le lien de Annexe 1.A. Annexe statistiqueTableau d’annexe 1.A.1. Tableaux statistiques supplémentaires
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Tableau A.1. Total des actifs gérés par des prestataires de retraite, en millions de monnaie nationale, 2001-25 |
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Tableau A.2. Total des actifs gérés par des prestataires de retraite, en millions USD, 2001-2025 |
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Tableau A.3. Total des actifs gérés par des prestataires de retraite, en % du PIB, 2001-2025 |
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Tableau A.4. Cotisations versées aux prestataires de retraite, 2001-2025 |
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Tableau A.5. Prestations de retraite versées, 2001-2025 |
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Tableau A.6. Taux de rendement nominaux annuels des placements des prestataires de retraite, 2002-2025 |
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Tableau A.7. Taux de rendement réels annuels des placements des prestataires de retraite, 2002-2025 |
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Tableau A.8. Part des actifs des prestataires de retraite investie en actions, 2001-2025 |
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Tableau A.9. Part des actifs des prestataires de retraite investie en bons et obligations, 2001-2025 |
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Tableau A.10. Part des actifs des prestataires de retraite investie en numéraire et dépôts, 2001-2025 |
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Tableau A.11. Part des actifs des prestataires de retraite investie dans la catégorie « Autres actifs », 2001-2025 |
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Tableau A.12. Part des actifs sous gestion des prestataires de retraite investie à l’étranger, 2001-2025 |
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Tableau A.13. Évolution du taux d’adhésion, par type de plan de retraite |
Tableau d’annexe 1.A.2. Vue d’ensemble des régimes de retraite par capitalisation
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Tableau A.14. Couverture de l’exercice annuel de statistiques de pensions de l’OCDE au niveau mondial |
Annexe 1.B. Notes méthodologiques
Copier le lien de Annexe 1.B. Notes méthodologiquesLes administrations et autres organismes en charge des retraites ont constitué la principale source d’informations utilisée pour l’élaboration de ce chapitre s’inscrivant dans le cadre du projet de Statistiques de pensions au niveau mondial de l’OCDE, de l’OICP et de la Banque mondiale. Les données proviennent de sources administratives officielles et sont revues en permanence en fonction des chiffres les plus récents disponibles pour chaque année écoulée. Certaines discordances apparaissent parfois entre les normes nationales en vigueur concernant la présentation des données et la méthode de compilation de certaines données employée aux fins du projet de Statistiques de pensions au niveau mondial. C’est la raison pour laquelle les fournisseurs de données sont régulièrement invités à fournir des informations méthodologiques pertinentes pour permettre une compréhension approfondie des données qu’ils soumettent. Les notes méthodologiques de portée générale suivantes contiennent quelques explications à cet égard :
Signes conventionnels : « .. » indique que les données ne sont pas disponibles. « | » indique une rupture méthodologique dans les séries.
Le présent chapitre prend principalement appui sur les réponses des administrations et autres organismes en charge des retraites à une demande de données annuelles. Certaines statistiques relatives à certaines juridictions proviennent de rapports, de bases de données ou de sites web d’autres organisations nationales ou internationales librement accessibles : c’est le cas pour le Japon (Banque du Japon) et la Suisse (publication de l’Office fédéral des assurances sociales intitulée Statistique des assurances sociales suisses pour les plans de retraite individuels), parmi les pays de l’OCDE ; pour l’Argentine (Asociación Internacional de Organismos de Supervisión de Fondos de Pensiones (AIOS) - Association internationale des organismes de supervision des fonds de pension), la Bolivie (AIOS), la Chine (ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale (MOHRSS)), la Croatie (site web de l’Hrvatska agencija za nadzor financijskih uslug - Agence croate de surveillance des services financiers (HANFA) avant 2014), la République dominicaine (AIOS avant 2014), El Salvador (AIOS), l’Inde (rapports annuels de l’Organisation du Fonds de prévoyance des travailleurs salariés concernant le Fonds de prévoyance des salariés (EPF), du régime de retraite des salariés (EPS) et du régime d’assurance décès des salariés (EDLI)) et le Panama (AIOS), parmi les juridictions non membres de l’OCDE.
Dans ce chapitre, les données relatives aux variables de stock se rapportent à la fin de l’année et celles relatives aux variables de flux portent sur l’ensemble de l’année. La période de référence est l’année civile, sauf pour l’Australie, pour laquelle il s’agit de l’exercice financier prenant fin en juin ; pour l’Inde, pour laquelle la période de référence se termine en mars de l’année suivante en ce qui concerne l’EPF, l’EPS et l’EDLI) ; et pour la Nouvelle-Zélande (jusqu’en 2014). Les données concernant la Nouvelle-Zélande se rapportent, jusqu’en 2013, à des exercices clôturés le 31 mars pour la plupart des régimes.
La Slovénie a adopté l’euro en 2007, la République slovaque en 2009, l’Estonie en 2011, la Lettonie en 2014, la Lituanie en 2015 et la Croatie en 2023. L’ensemble des séries chronologiques concernant ces pays contiennent des données (initialement exprimées en millions de monnaie nationale) converties en millions d’euros (avant même que ceux-ci aient adopté l’euro).
Dans ce chapitre, quatre autres séries de référence sont également utilisées : les taux de change permettant de convertir les valeurs en dollars des États-Unis, le PIB, la variation de l’indice des prix à la consommation (IPC) et la population :
Les taux de change correspondent aux taux en fin de période pour toutes les variables évaluées en fin d’année, et aux taux moyens sur la période pour les variables correspondant à un flux annuel. Ces taux sont principalement tirés de l’ensemble de données de l’OCDE Parités de pouvoir d’achat annuelles et taux de change de l’OCDE et des bases de données du FMI sur les taux de change.
Les valeurs du PIB sont celles figurant dans la base de données de l’OCDE intitulée PIB annuel et ses composantes selon l’approche par les dépenses ainsi que dans les Perspectives de l’économie mondiale du FMI publiées en avril 2026 et d’autres sources.
Les indices des prix à la consommation proviennent de la base de données de l’OCDE sur les Indicateurs économiques clés à court-terme, de la base de données du FMI sur l’indice des prix à la consommation et d’autres sources.
Les données sur la population sont issues de la base de données de l’OCDE sur la population en âge de travailler et sur les Indicateurs du développement dans le monde de la Banque mondiale.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. Ce chapitre utilise des données provenant de l’exercice annuel de statistiques de pensions de l’OCDE au niveau mondial qui englobe environ 90 juridictions, dont les 38 pays de l’OCDE. Il couvre à la fois les prestataires de retraite et les fonds de réserve pour la retraite publique. Les prestataires de retraite gèrent les actifs que les adhérents à un plan de retraite constituent en cotisant. Les fonds de réserve pour la retraite publique gèrent les réserves que les systèmes de retraite publique accumulent afin de financer leurs régimes publics de retraite par répartition.
← 2. Ce graphique repose sur plusieurs hypothèses. L’individu commence à travailler à 22 ans, perçoit un salaire initial égal à 100 et prend sa retraite à 65 ans. Le salaire augmente de 3.275 % par an afin de refléter des gains de productivité annuels de 1.25 % et une inflation annuelle de 2 %. L’individu verse 10 % de son salaire tout au long de sa carrière, sans période de chômage ni interruption du versement de ses cotisations. Les placements produisent un rendement nominal de 4.5 % par an, soit 2.5 % par an en termes réels. Des frais de 1 % sont prélevés sur les actifs chaque année, pendant la phase d’accumulation comme pendant la phase de liquidation. L’individu procède à des retraits programmés entre les âges de 65 ans et 84 ans. Ces hypothèses sont similaires à celles du chapitre 4 du Panorama des pensions 2025 (OCDE, 2025[25])), sauf en ce qui concerne la définition d’une carrière complète, la structure des frais et les modalités de liquidation.
← 3. On appelle parfois les revenus de placement la « troisième source de cotisations » aux plans d’épargne retraite, en plus des cotisations patronales et salariales (Asset Management Association, 2025[29]).
← 4. Le volume total des cotisations à un nouveau plan de retraite est constant dès le début si la totalité de la population en âge de travailler adhère au plan dès sa mise en place.
← 5. Ce graphique repose sur plusieurs hypothèses. Les individus cotisent de 22 ans à 64 ans et perçoivent des prestations de 65 ans à 84 ans. Il y a le même nombre d’individus dans chaque classe d’âge. Tous les individus âgés de 22 ans à 64 ans cotisent le même montant, qui représente chaque année, au total, 5 % du PIB (ce qui correspond à un taux de cotisation obligatoire de 10 % pour une part du travail (salaires sur PIB) égale à 50 %). Tous les placements produisent de manière constante un taux de rendement nominal égal à 4.5 % (soit 2.5 % en termes réels). Les frais (1 %) sont prélevés sur les actifs chaque année, y compris pendant la phase de liquidation. Les retraités bénéficient, de 65 ans à 84 ans, de retraits fixes programmés. Le PIB suit l’évolution des salaires nominaux. Le salaire nominal augmente de 3.275 % par an afin de refléter les gains de productivité (1.25 %) et l’inflation (2 %).
← 6. L’Arménie a rendu obligatoire l’affiliation à un plan de retraite à partir de 2014 pour les travailleurs nés en 1974 ou ultérieurement. La Bulgarie a réformé l’ensemble de son système de retraite en 2000. L’Estonie a mis en place en 2002 des plans de retraite dans le cadre du deuxième pilier de son système de retraite, auxquels l’affiliation était obligatoire jusqu’en 2021 pour les personnes nées en 1983 ou ultérieurement. Israël a rendu l’affiliation à un plan de retraite obligatoire pour tous les salariés en 2008. La Nouvelle-Zélande a progressivement déployé son programme d’adhésion automatique au régime « KiwiSaver » en 2007.
← 7. Le taux de cotisation aux fonds de pension obligatoires est resté stable en Arménie au fil des ans, mais la part des cotisations salariales et la part financée par l’État ont changé. À Hong Kong (Chine), les salariés comme les employeurs se sont vu imposer de verser des cotisations obligatoires – à hauteur de 5 % du revenu du salarié utilisé comme assiette – à un régime MPF, sachant qu’un plancher et un plafond s’appliquent au revenu utilisé comme base de calcul des cotisations. Ce plancher et ce plafond ont fait l’objet d’ajustements au fil des ans. Au Kazakhstan, les employeurs sont tenus de cotiser à un nouveau compte notionnel à cotisations définies depuis le 1er janvier 2024 : les cotisations représentaient 1.5 % du salaire en 2024, 2.5 % en 2025, et il est prévu de les porter à 5 % d’ici à 2028.
← 8. En Lettonie, le taux de cotisation global aux premier et deuxième piliers du système de retraite est resté le même tout au long de la période considérée (20 %). Seule la ventilation des cotisations entre le premier et le deuxième piliers a changé. La Lituanie ne figure pas dans le Graphique 1.13 mais Medaiskis et Gudaitis (2013[22]) documentent les évolutions survenues entre 2004 et 2013. Les sources de financement des cotisations ont également évolué au fil du temps en Lituanie.
← 9. Voir les séries chronologiques en annexe.
← 10. À compter du 1er janvier 2029, les affiliés à des plans de retraite aux Pays-Bas pourront retirer jusqu’à 10 % de leurs droits à pension sous forme de capital (Mijnpensioenoverzicht.nl, 2026[23]).
← 11. Voir Gouvernement de la République de Croatie (s.d.[24]) (Croatie) et OCDE (2018[26]) (Lettonie).
← 12. Au Pérou, 10.3 millions de personnes étaient affiliées au système de retraite par capitalisation en décembre 2025.
← 13. European Pensions (2026[27]) (Norvège) et (2026[28])(Finlande).