Malgré la poursuite de la croissance des actifs de retraite, il est possible que certains individus n’épargnent pas suffisamment pour avoir des revenus adéquats au moment de la retraite. Les actifs de retraite ont augmenté dans la plupart des pays de l’OCDE en 2025, sous l’effet de la progression des cotisations et du rendement positif des placements, mais des différences sensibles subsistent entre pays. On observe des déficits de cotisations persistants dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE, les besoins de cotisations supplémentaires variant selon les catégories de population. Or, seuls 19 des 38 pays de l’OCDE sont dotés de plans de retraite obligatoires ou quasi obligatoires, tandis que l’adhésion aux plans de retraite facultatifs reste limitée. Dans près de la moitié des 19 pays de l’OCDE où existent uniquement des plans de retraite facultatifs, moins de la moitié des personnes d’âge actif y sont affiliées. Des mesures destinées à lever les obstacles à l’épargne, notamment des conseils financiers et des dispositions fiscales, et à améliorer la stratégie de placement des fonds de pension et leur gestion des risques peuvent contribuer à accroître les cotisations aux plans de retraite par capitalisation et à améliorer l’adéquation des revenus des retraités.
Les actifs de retraite ont continué d’augmenter dans les pays de l’OCDE en 2025, sous l’effet de la progression des cotisations et du rendement positif des placements.
Les actifs de retraite ont augmenté dans 36 des 38 pays de l’OCDE en 2025. Globalement, ils ont enregistré une croissance de 11.3 %, prolongeant la tendance observée au cours des deux dernières décennies, et ont atteint 78 000 milliards USD à la fin de 2025 (dont 7 300 milliards USD de réserves des régimes publics de retraite par répartition), soit l’équivalent de 106 % du PIB.
Cette croissance globale des actifs dissimule cependant des différences marquées entre les pays. D’une part, huit pays de l’OCDE (l’Australie, le Canada, le Danemark, les États-Unis, l’Islande, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse) ont des actifs représentant plus de 100 % de leur PIB. D’autre part, dans 17 pays de l’OCDE, le niveau des actifs de retraite est inférieur à 20 % du PIB, tandis que dans 9 autres, il est compris entre 20 % et 50 % du PIB.
Les actifs de retraite augmentent lorsque la somme des cotisations et des revenus de placement est supérieure aux prestations de retraite versées. Depuis le début des années 2000, les cotisations aux dispositifs de retraite par capitalisation se sont accrues dans tous les pays déclarants de l’OCDE sauf un, ainsi que dans toutes les juridictions déclarantes non membres de l’OCDE. Les mesures qui élargissent l’accès et l’adhésion aux dispositifs de retraite par capitalisation contribuent à entretenir cette croissance. Le rendement positif des placements, étayé par des mesures destinées à améliorer la composition des portefeuilles, conjugué à la capitalisation des revenus financiers, a également contribué à la croissance des actifs de retraite. Au cours des 10 dernières années, le rendement réel des placements à long terme a été positif dans 24 des 31 pays déclarants de l’OCDE.
Malgré l’augmentation sensible des actifs de retraite, la quasi-totalité des pays de l’OCDE est confrontée à un déficit de cotisations.
Dans tous les pays de l’OCDE sauf un, certaines catégories de travailleurs doivent compléter les pensions de leur régime obligatoire de retraite en versant des cotisations facultatives pour atteindre un niveau de revenu adéquat au moment de la retraite. Ce déficit de cotisations est d’au moins 10 % des revenus d’activité pour les hommes salariés rémunérés à hauteur du salaire moyen dans 17 des 41 pays couverts. Le déficit de cotisations est plus important pour les femmes que pour les hommes dans 17 pays, et les travailleurs indépendants sont confrontés à un déficit de cotisations supérieur à celui des salariés dans 31 pays. Dans la moitié des pays, les déficits de cotisations les plus amples concernent les personnes dont les revenus d’activité sont élevés, tandis que dans 12 pays, ce sont les individus caractérisés par de faibles revenus d’activité qui ont les besoins de cotisations supplémentaires les plus importants.
Des biais comportementaux, des problèmes d’accessibilité financière et d’autres obstacles empêchent certains individus de cotiser suffisamment pour atteindre leurs objectifs de revenu. En vue de lever ces obstacles et d’amener les individus à cotiser davantage, les pouvoirs publics peuvent notamment revoir à la hausse les cotisations obligatoires, favoriser les cotisations patronales facultatives, recourir à des incitations douces pour amener les individus à cotiser davantage, mettre en place des incitations financières, communiquer des informations sur les processus de cotisation et les revenus de retraite escomptés, et intégrer dans la conception des plans de retraite des éléments correspondant à certains besoins individuels.
Lorsque sont évalués les déficits de cotisations au sein de la population, les pouvoirs publics doivent déterminer les arbitrages à opérer entre les différentes mesures envisageables pour y remédier, veiller à ce que d’autres caractéristiques des dispositifs de retraite par capitalisation étayent ou allègent l’effort de cotisation, et effectuer un suivi pour ajuster ces mesures si nécessaire.
Améliorer les conseils financiers concernant la retraite pourrait aider les individus à épargner davantage pour leur retraite.
Des conseils financiers peuvent aider les individus à préparer leur retraite en les encourageant à épargner davantage, à prendre des risques adaptés en matière placement, et à trancher de manière judicieuse la question délicate de l’utilisation de leur épargne-retraite.
Les obligations en matière d’enregistrement et de qualifications, les normes relatives au devoir de diligence, les obligations de communication d’informations, ainsi que les restrictions concernant les structures de rémunération sont autant d’éléments qui ont amélioré la situation des personnes recevant des conseils financiers. Néanmoins, ces mesures doivent être conçues avec soin pour être efficaces. Harmoniser les obligations entre les différents canaux de distribution et marchés peut limiter la confusion des consommateurs et favoriser l’instauration de conditions de concurrence équitables, même s’il faut aussi prendre en considération le contexte spécifique dans lequel s’inscrivent les conseils prodigués et le besoin auquel ils correspondent. Des définitions claires sont nécessaires pour tracer la frontière entre orientations et conseils, et pour lever toute ambiguïté quant aux obligations réglementaires applicables. Lorsqu’ils étudient la possibilité de prendre des mesures pour améliorer les conseils financiers, les pouvoirs publics doivent aussi tenir compte de leurs répercussions potentielles sur l’accessibilité de ces services de conseil, qui peut être amoindrie si les mesures en question font augmenter leur coût.
Si des mesures destinées à garantir la qualité des conseils financiers risquent d’en dégrader l’accessibilité, d’autres options sont envisageables. Des stratégies de placement par défaut judicieusement choisies peuvent améliorer le rendement obtenu à long terme. Des orientations personnalisées peuvent être utiles pour des questions dont la portée ou la complexité est limitée. En instaurant des obligations en matière de distribution, les autorités peuvent imposer aux prestataires de services de conseil de veiller à ce que leurs produits soient adaptés aux marchés cibles.
Les fonds de pension intègrent de plus en plus les risques qui entourent la durabilité à long terme de leurs portefeuilles d’actifs dans leurs processus de placement et de gestion des risques.
L’augmentation des actifs de retraite et la mesure dans laquelle l’épargne-retraite peut aider les individus à atteindre leurs objectifs de revenu à la retraite dépendent aussi du rendement des placements. Les risques qui pèsent sur la durabilité des portefeuilles d’actifs peuvent donc être lourds de conséquences pour le rendement à long terme des fonds de pension. En conséquence, ceux-ci intègrent de plus en plus ces risques dans leurs décisions de placement et leurs processus.
La réglementation reste le plus déterminant des facteurs qui influent sur la façon dont les fonds de pension ainsi que les compagnies d’assurance, en tant que détenteurs d’actifs et qu’investisseurs, intègrent dans leur stratégie de placement les risques pesant sur la durabilité de leur portefeuille. Dans 41 des 53 juridictions étudiées, les fonds de pension ou les compagnies d’assurance sont tenus d’intégrer les risques qui pèsent sur la durabilité dans leurs processus de placement et de gestion des risques. C’est toujours essentiellement en termes de matérialité financière que les fonds de pension et les compagnies d’assurance évaluent les risques pesant sur la durabilité. Pour les fonds de pension en particulier, l’interprétation des obligations fiduciaires joue un rôle déterminant dans l’orientation de cette approche. Les attentes des adhérents et des clients peuvent aussi influer sur les priorités retenues, de même que les pressions concurrentielles et la prééminence de grands détenteurs d’actifs sur le marché, les principaux investisseurs déterminant les normes du marché et transmettant en cascade leurs attentes aux gestionnaires externes et aux institutions de plus petite taille.
Les approches d’intégration adoptées associent généralement des objectifs descendants et une mise en œuvre ascendante, les cadres institutionnels et de gouvernance s’adaptant pour étayer les processus décisionnels. Les évaluations de matérialité ne sont pas harmonisées entre les institutions et leurs divergences tiennent souvent aux différences de taille des investisseurs, d’accès aux données et de capacités d’analyse internes. Les pratiques d’intégration sont déterminées dans une large mesure par les caractéristiques spécifiques de chaque portefeuille, par les mandats d’investissement relatifs aux différentes catégories d’actifs, ainsi que par les outils et les informations dont disposent les équipes chargées de gérer les placements. La qualité, la comparabilité et la couverture insuffisantes des données restent des obstacles de taille, en particulier sur les marchés de petite taille et pour les actifs privés.
Le régime d’imposition des prestations versées à la suite d’un décès ne doit pas saper l’objectif premier des plans de retraite par capitalisation, qui est de constituer une source de revenus au moment de la retraite.
Les plans de retraite par capitalisation bénéficient généralement d’une fiscalité plus favorable que d’autres produits d’épargne, destinée à inciter les individus à épargner pour leur retraite. Il faut néanmoins que les pouvoirs publics mettent en place des incitations appropriées afin d’encourager les individus à utiliser leur épargne-retraite pour financer leur retraite, et non pour transférer un patrimoine à leurs héritiers à des conditions fiscalement avantageuses. La fiscalité applicable devrait être cohérente avant et après le décès de l’adhérent à un plan de retraite, pour éviter que l’épargne-retraite ne bénéficie d’un régime d’imposition plus favorable lorsqu’elle est utilisée pour faire un legs, ou pour protéger le conjoint survivant, que lorsqu’elle est utilisée comme source de revenus à la retraite. Le régime d’imposition des prestations versées à la suite d’un décès devrait être en phase avec les objectifs de politique publique poursuivis, comme la protection des personnes dépendantes, la préservation de l’équité entre contribuables et entre ayants droit, la limitation des possibilités de planification fiscale, ou l’optimisation des recettes fiscales. Les autorités doivent aussi assurer sa cohérence avec la fiscalité des successions, lorsqu’elle existe, et définir ce régime d’imposition en tenant compte de ses répercussions en matière d’efficience et d’équité sur les épargnants, les ayants droit et les recettes fiscales.