Ce chapitre cherche à déterminer dans quelle mesure les pays tiennent compte des interactions entre les composantes de la triple crise planétaire, à partir de l’examen de deux documents nationaux – les rapports biennaux de transparence (BTR) soumis au titre du cadre de transparence renforcé de l’Accord de Paris, et les stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB) les plus récents alignés sur le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal – pour un ensemble représentatif de dix pays du monde. Ces documents traduisent les visions pangouvernementales des pays et suivent le cadre d’accords multilatéraux sur l’environnement, ce qui facilite la comparaison entre pays. Bien qu’il n’existe pas de documents nationaux similaires concernant la pollution, l’analyse explore les liens pouvant apparaître avec la pollution dans les BTR et les SPANB ainsi que dans d’autres documents nationaux appropriés. Le chapitre décrit tout d’abord l’approche méthodologique et le périmètre de l’analyse. Il expose ensuite les résultats de l’analyse en montrant la diversité des optiques suivies et en présentant des exemples notables.
Perspectives de l’environnement sur la triple crise planétaire
5. Attention portée aux liens entre le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution dans les politiques publiques nationales
Copier le lien de 5. Attention portée aux liens entre le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution dans les politiques publiques nationalesDescription
5.1. Introduction
Copier le lien de 5.1. IntroductionPour faire face à la triple crise planétaire du changement climatique, de la perte de biodiversité et de la pollution, il est impératif de prendre en compte les interactions entre les politiques publiques afin de maximiser les synergies et de gérer les arbitrages, comme la présentation théorique du chapitre précédent (chapitre 4) l’explique en détail. Il existe des liens d’interdépendance importants entre les processus mondiaux à l’origine de la triple crise planétaire, ainsi qu’entre les politiques élaborées et mises en œuvre à de nombreux échelons administratifs.
Les politiques, les dispositions institutionnelles et les capacités nationales influent directement sur la manière dont les pays répondent aux enjeux environnementaux (OCDE, 2021[1] ; Fiorino, 2011[2]). L’élaboration des politiques publiques au niveau national joue un rôle primordial dans l’harmonisation des mesures prises à de nombreux échelons différents ; elle constitue une unité d’analyse essentielle pour évaluer les progrès accomplis en direction des objectifs environnementaux mondiaux, tout en fixant un cap pour la mise en œuvre locale et régionale des mesures décidées. La prise en compte des interactions au niveau national peut donc favoriser une approche intégrée de l’action publique. Or, on a aujourd’hui peu d’informations sur le degré et les modalités de reconnaissance par les pays de ces liens dans le cadre de l’élaboration des politiques publiques.
Afin de dégager les tendances générales qui se dessinent dans les différents pays et de mettre en évidence les éventuelles insuffisances à combler, un état des lieux des politiques nationales a été réalisé pour un ensemble représentatif de dix pays du monde aux profils diversifiés sur le plan de la situation géographique, de la richesse en biodiversité, de la taille et du revenu. Deux types de documents ont été retenus pour l’analyse : i) les premiers rapports biennaux de transparence (BTR) soumis par les Parties à l’Accord de Paris au titre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et ii) les stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB) les plus récents alignés sur le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (CMBKM) adopté par les Parties à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CDB).
Bien qu’il existe d’autres documents présentant en détail les différentes stratégies sectorielles nationales (par exemple dans le domaine de l’énergie ou de l’agriculture) et les plans pluriannuels nationaux, les BTR et les SPANB s’inscrivent dans les processus de communication de rapports à des accords multilatéraux sur l’environnement. Leur contenu normalisé et leur relative contemporanéité entre eux facilitent la comparaison entre pays. Ces documents traduisent également les visions officielles et pangouvernementales des pays, fondées sur une coordination interministérielle. Même s’il n’existe pas de documents nationaux similaires concernant la pollution, le chapitre examine les liens avec cette problématique tels qu’ils apparaissent dans les BTR et les SPANB, ainsi que dans d’autres documents normalisés appropriés lorsqu’il en existe.
Pour autant, il convient de noter qu’une analyse de documents nationaux ne donne qu’une image générale de la situation. Les BTR et les SPANB n’ont pas vocation à détailler les mesures mises en œuvre et prévues, ni les résultats pouvant leur être attribués. Ils n’illustrent pas non plus la manière dont les liens entre changement climatique, perte de biodiversité et pollution se manifestent pendant la phase de mise en œuvre, ni comment ces synergies et arbitrages sont gérés dans les différents secteurs et projets. Les synergies et les arbitrages durant la conception et la mise en œuvre des politiques publiques font l’objet d’analyses approfondies au prochain chapitre (chapitre 6).
5.2. Approche méthodologique et périmètre de l’état des lieux des politiques publiques
Copier le lien de 5.2. Approche méthodologique et périmètre de l’état des lieux des politiques publiques5.2.1. Méthodologie
Le présent chapitre explore dans quelle mesure les pays sont attentifs aux liens d’interdépendance existant entre le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution, et comment cela se traduit dans leurs politiques publiques. L’analyse repose sur l’approche méthodologique d’analyse de contenu élaborée dans Gagnon-Lebrun et Agrawala (2007[3]), qui a évalué les progrès réalisés par les pays développés en matière d’adaptation en examinant les communications nationales au titre de la CCNUCC. L’analyse de contenu est un outil qui a été utilisé pour évaluer de façon systématique des matériaux écrits dans le cadre tant de la recherche scientifique que de l’évaluation des politiques publiques (Seymour-Ure et Berelson, 1972[4]). L’analyse de deux ensembles1 de documents nationaux a été effectuée en deux étapes. Dans un premier temps, des catégories thématiques ont été définies pour analyser la prise en compte des liens d’interdépendance entre deux des enjeux (par exemple le changement climatique et la perte de biodiversité) sur le plan i) des effets biophysiques et ii) des actions publiques et des projets. Dans une deuxième étape, l’examen de ces liens a été mesuré sur une échelle qualitative comportant cinq degrés : i) absent, ii) générique, iii) moyennement détaillé, iv) détaillé, et v) très détaillé et approfondi.
5.2.2. Périmètre
Documents sélectionnés
Les BTR soumis par les Parties à l’Accord de Paris sont examinés afin d’évaluer l’attention qu’ils portent aux interactions avec la perte de biodiversité et la pollution. Les BTR comprennent un rapport national d’inventaire des émissions anthropiques par les sources de gaz à effet de serre (GES) et des absorptions anthropiques par les puits de GES, les progrès réalisés par rapport aux objectifs climatiques du pays (en particulier sa contribution déterminée au niveau national, CDN), les politiques et mesures adoptées, les effets du changement climatique et les mesures d’adaptation prises, les niveaux du soutien apporté sur le plan financier, du développement et du transfert de technologies et du renforcement des capacités, les besoins en renforcement des capacités et les domaines à améliorer (UNFCCC, 2019[5]). Les Parties étaient tenues de transmettre leur premier BTR avant la fin 2024 (UNFCCC, 2019[6])2. Les modalités, procédures et lignes directrices communes prévues pour le cadre de transparence renforcé permettent de comparer les BTR des différents pays.
Dans le cas des pays pour lesquels le premier BTR n’était pas encore disponible3, les communications nationales (CN) ont été analysées. Si la comparabilité des CN est plus limitée, elles contiennent néanmoins un inventaire détaillé des émissions anthropiques de gaz à effet de serre4 et les actions prévues ou mises en œuvre par le pays (UNFCCC, 2009[7]). Elles sont soumises périodiquement par toutes les Parties à la CCNUCC et suivent une structure établie (UNFCCC, 2025[8]). Il convient toutefois de noter que l’année de soumission et le numéro du cycle couvert par les CN peuvent varier selon les pays. En outre, l’étendue et la profondeur d’analyse des sujets couverts par chaque pays dans leur CN ne sont pas toujours identiques d’une fois sur l’autre.
Les SPANB sont analysés dans l’optique d’évaluer leur degré de prise en compte des liens d’interdépendance avec le changement climatique et la pollution. Les SPANB décrivent les approches et politiques suivies pour protéger la biodiversité et les services écosystémiques en tant qu’instruments déterminants de la mise en œuvre de la CDB au niveau national (CBD, 2022[9]). En 2022, 196 Parties à la CDB ont adopté le CMBKM, qui s’articule autour des 4 objectifs pour 2050 et des 23 cibles pour 2030, dont deux cibles établissent expressément les liens entre la perte de biodiversité, la pollution (cible 7) et le changement climatique (cible 8). Par la suite, il a été demandé aux Parties de réviser leurs SPANB afin de les aligner sur le CMBKM. En octobre 2025, 55 Parties avaient transmis leurs SPANB révisés (CBD, 2025[10]). Même si leur contenu peut varier en termes de longueur et de niveau de détail, la structure générale des documents les rend relativement comparables d’un pays à l’autre.
Il n’existe pas de documents nationaux normalisés du même type décrivant les stratégies de lutte contre la pollution. Cela tient en partie à la nature multiforme de la pollution, qui fait intervenir différents polluants et supports (l’air, le sol et l’eau, par exemple). De plus, les actions ciblées sur la pollution sont élaborées dans le contexte complexe d’accords multilatéraux visant certains ensembles de polluants (comme la Convention de Minamata sur le mercure), les produits chimiques et les déchets dangereux (comme les Conventions de Bâle, de Rotterdam et de Stockholm) ainsi que des types particuliers de pollution (comme la Convention de la CEE‑ONU sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance). Bien que certaines de ces conventions aient également établi des cadres de communication de rapports, tels que les plans nationaux de mise en œuvre ou les rapports nationaux, ils diffèrent en termes de sujets étudiés, de périmètre et de période couverte. Les liens avec la pollution sont donc analysés de manière indirecte par l’examen des BTR et des SPANB et, en complément, par l’étude d’une série de documents nationaux et d’autres informations pertinentes fournies pour les besoins de cadres multilatéraux.
Il est important de noter que les documents nationaux ne couvrent pas non plus la totalité des politiques, instruments et projets existants dans un pays, car ils contiennent des descriptions relativement générales des approches et des stratégies suivies. Par ailleurs, les documents nationaux sont susceptibles de présenter des politiques planifiées et peuvent ne pas rendre forcément compte des mesures et des projets effectivement mis en œuvre. Malgré ces limites, l’analyse peut aider à apprécier dans quelle mesure les pays prennent déjà en compte les liens d’interdépendance, et à repérer les points pouvant être améliorés pour élaborer une approche intégrée de l’action publique.
Pays sélectionnés
Seuls les pays ayant publié à la fois un BTR (ou une CN) et un SPANB aligné sur le CMBKM ont été sélectionnés pour l’état des lieux, ce qui a limité l’échantillon à 55 pays (à la date d’octobre 2025). Sur cet échantillon, la présente analyse examine vingt documents nationaux au total, provenant de dix pays : l’Argentine, l’Australie, le Canada, la Chine, la France, l’Inde, l’Indonésie, le Japon, l’Ouganda et le Pérou. Bien que limité en nombre, ce sous-ensemble de pays présente une très grande diversité du point de vue de la situation géographique, de la richesse en biodiversité, de la taille et du niveau de revenu (voir le Tableau 5.1). L’Australie, la Chine, l’Inde, l’Indonésie et le Pérou sont mégadivers, ce qui signifie qu’ils abritent au moins 5 000 des végétaux endémiques de la planète et possèdent des écosystèmes marins à l’intérieur de leurs frontières (Mittermeier et Goettsch Mittermeier, 1997[11]). Les pays sélectionnés diffèrent également par leur niveau de développement tel que défini par la classification des pays établie par la Banque mondiale (World Bank Group, 2025[12]) : quatre se classent dans le groupe des pays à revenu élevé (Australie, Canada, France et Japon), quatre dans celui des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure (Argentine, Chine, Indonésie et Pérou), un dans le groupe des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (Inde), et un dans celui des pays à faible revenu (Ouganda). Il convient de noter que l’année de soumission de ces documents peut varier légèrement, et ils peuvent donc ne pas illustrer les politiques les plus récentes (voir le Tableau 5.2).
Tableau 5.1. Caractéristiques des pays examinés
Copier le lien de Tableau 5.1. Caractéristiques des pays examinés|
Pays |
Continent |
Richesse en biodiversité |
Groupe de revenu |
|---|---|---|---|
|
Argentine |
Amérique du Sud |
Revenu intermédiaire - tranche supérieure |
|
|
Australie |
Australie |
Mégadivers |
Revenu élevé |
|
Canada |
Amérique du Nord |
Revenu élevé |
|
|
Chine |
Asie |
Mégadivers |
Revenu intermédiaire - tranche supérieure |
|
France |
Europe |
Revenu élevé |
|
|
Inde |
Asie |
Mégadivers |
Revenu intermédiaire - tranche inférieure |
|
Indonésie |
Asie |
Mégadivers |
Revenu intermédiaire - tranche supérieure |
|
Japon |
Asie |
Revenu élevé |
|
|
Ouganda |
Afrique |
Faible revenu |
|
|
Pérou |
Amérique du Sud |
Mégadivers |
Revenu intermédiaire - tranche supérieure |
Source : Tableau élaboré par les auteurs à partir de la classification de Conservation International pour la colonne sur la richesse en biodiversité (WEF, 2024[13]) et de la classification du Groupe de la Banque mondiale pour la colonne sur le groupe de revenu (2025[12]).
Tableau 5.2. Année de soumission des documents nationaux les plus récents par pays
Copier le lien de Tableau 5.2. Année de soumission des documents nationaux les plus récents par pays
Source : Tableau élaboré par les auteurs à partir de CCNUCC (2025[14] ; 2025[15]) et de CDB (CDB, 2025[16]).
5.3. Résultats de l’analyse du contenu des documents nationaux
Copier le lien de 5.3. Résultats de l’analyse du contenu des documents nationauxCette section cherche tout d’abord à déterminer si les pays, dans leurs BTR et leurs SPANB, reconnaissent globalement l’existence de liens entre le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution pris deux par deux, et s’ils intègrent également les interactions triangulaires entre ces trois enjeux dans leur grille de lecture. S’ensuivent une évaluation du niveau de détail avec lequel les liens bilatéraux sont étudiés, ainsi qu’une présentation d’exemples notables relevés dans dix pays.
5.3.1. Reconnaissance globale des liens bilatéraux et triangulaires entre les enjeux environnementaux
L’examen des BTR et les SPANB révèle que les dix pays reconnaissent d’une manière ou d’une autre l’existence des liens bilatéraux entre le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution (voir le Tableau 5.3), puisque les documents évoquent les interactions entre ces enjeux environnementaux et leurs effets, ainsi que les mesures prises par les pouvoirs publics, les difficultés de mise en œuvre, les dispositions institutionnelles et les besoins en ressources.
Sur les dix pays, quatre mentionnent également la « triple crise planétaire » ou ses trois composantes dans au moins l’un des deux documents nationaux. Cette reconnaissance se fait à des degrés divers : si elle prend seulement la forme d’un commentaire général dans le SPANB de l’Indonésie (MoNDP, Indonésie, 2024, p. 2[17]), l’Inde souligne que « la diffusion lente et le faible degré de compréhension et d’intégration des notions relatives à la biodiversité, des priorités en matière de conservation et des répercussions de la triple crise interconnectée au niveau local » constituent un problème majeur auquel une stratégie « de communication, d’éducation et de sensibilisation du public » pourrait remédier (MoEFCC, India, 2024[18]). Le SPANB du Canada consacre une section à expliquer la teneur de la triple crise planétaire. Sa cible nationale 14 (intégration des valeurs de la biodiversité) énonce que le gouvernement fédéral pourrait explorer des possibilités d’aborder la triple crise planétaire « de manière intégrée, tout en cherchant à maximiser les co-bénéfices de manière novatrice » (ECCC, 2024, p. 87[19]). La France indique dans son BTR qu’elle poursuit ses objectifs en matière de climat, de biodiversité et de réduction de la pollution (Gouvernement français, 2024[20]).
Le Canada et la France fournissent des informations plus précises sur les politiques mises en œuvre récemment, qui visent à s’attaquer à la triple crise planétaire d’une manière intégrée. Au Canada, un nouveau formulaire introduit en avril 2024, l’« Optique de climat, de nature et d’économie », impose aux fonctionnaires fédéraux d’intégrer des considérations sur le changement climatique, l’appauvrissement de la biodiversité et la pollution dans leurs processus décisionnels (voir l’Encadré 5.1 pour plus de détails). La France évoque sa stratégie nationale de planification écologique, instituée officiellement en juillet 2022 avec la création du Secrétariat général à la planification écologique. Par cette stratégie, la France entend mobiliser toutes les parties prenantes, y compris les ménages, les entreprises et les collectivités locales, autour d’un vaste ensemble d’objectifs environnementaux relatifs, entres autres, au changement climatique, à l’érosion de la biodiversité et à la pollution (Gouvernement français, 2024[20]).
Tableau 5.3. Reconnaissance de liens bilatéraux et de la triple crise planétaire
Copier le lien de Tableau 5.3. Reconnaissance de liens bilatéraux et de la triple crise planétaire|
Rapports biennaux de transparence (BTR) ou communications nationales (CN) |
Stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB) |
|||||
|---|---|---|---|---|---|---|
|
Liens entre enjeux/Pays |
Changement climatique et biodiversité |
Changement climatique et pollution |
Triple crise planétaire |
Biodiversité et changement climatique |
Biodiversité et pollution |
Triple crise planétaire |
|
Argentine |
● |
● |
❍ |
● |
● |
❍ |
|
Australie |
● |
● |
❍ |
● |
● |
❍ |
|
Canada |
● |
● |
❍ |
● |
● |
● |
|
Chine |
● |
● |
❍ |
● |
● |
❍ |
|
France |
● |
● |
● |
● |
● |
❍ |
|
Inde1 |
● |
● |
❍ |
● |
● |
● |
|
Indonésie |
● |
● |
❍ |
● |
● |
● |
|
Japon |
● |
● |
❍ |
● |
● |
❍ |
|
Ouganda1 |
● |
● |
❍ |
● |
● |
❍ |
|
Pérou |
● |
● |
❍ |
● |
● |
❍ |
|
Légende |
● Reconnus dans le document |
❍ Absents dans le document |
||||
Note : En l’absence de BTR, l’analyse a été réalisée en utilisant la communication nationale (CN) la plus récente du pays.
Source : Tableau élaboré par les auteurs à partir de l’examen des documents nationaux.
Encadré 5.1. Au Canada, l’Optique de climat, de nature et d’économie favorise la prise en compte des liens entre les composantes de la triple crise planétaire dans les propositions de mesures
Copier le lien de Encadré 5.1. Au Canada, l’Optique de climat, de nature et d’économie favorise la prise en compte des liens entre les composantes de la triple crise planétaire dans les propositions de mesuresLa directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale et économique stratégique, qui porte sur la prise en compte des possibles répercussions environnementales et économiques des décisions importantes des pouvoirs publics, a instauré un formulaire normalisé (« gabarit ») appelé « Optique de climat, de nature et d’économie » (OCNE), applicable depuis le 1er avril 2024 (Gouvernement du Canada, 2024[21]). Ce formulaire doit être rempli par les fonctionnaires fédéraux lorsqu’ils soumettent une évaluation de proposition au Cabinet, au Premier ministre et au ministre des Finances (ECCC, 2024, p. 168[22]). Comme le soulignent le BTR et le SPANB du Canada, l’OCNE impose d’évaluer les effets (positifs ou négatifs) d’une proposition sur le changement climatique (la capture et la séquestration de GES, par exemple), la nature et la biodiversité (les oiseaux migrateurs, par exemple) et la pollution (les sols, par exemple). Un examen préliminaire obligatoire et un ensemble de dérogations sont prévus pour garantir que l’évaluation de l’OCNE soit nécessaire et proportionnée. Le formulaire OCNE n’est pas non plus obligatoire pour les propositions déjà soumises à la législation fédérale en matière d’environnement ou d’évaluation d’impact (par exemple, la Loi sur l’évaluation d’impact ou la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale), ni pour les procédures courantes considérées comme présentant un risque minime pour l’environnement.
Par exemple, dans l’OCNE, les fonctionnaires fédéraux doivent indiquer si la proposition a des effets qui améliorent ou détériorent la situation dans les domaines suivants : émissions de GES, effets sur les espèces en péril, effets généraux sur la faune et la flore sauvages, bruit, air, eau, sols, entre autres. Le formulaire englobe les émissions de GES directes et indirectes (émissions des champs d’application 1, 2 et 3) (OCDE, 2024, p. 34[23]) (voir le Graphique 5.1). Qu’un impact soit positif, négatif ou indéterminé, il est obligatoire de fournir un justificatif de 200 mots maximum : « Veuillez fournir une réponse descriptive ci-dessous qui souligne la manière dont la proposition n’aura aucun effet important sur la nature ou la biodiversité » (Gouvernement du Canada, 2024, pp. 3;14-15[24]).
Graphique 5.1. Extrait du formulaire OCNE : évaluation des effets de l’action publique sur le changement climatique et la biodiversité
Copier le lien de Graphique 5.1. Extrait du formulaire OCNE : évaluation des effets de l’action publique sur le changement climatique et la biodiversité5.3.2. Les BTR exposent en détail les liens entre changement climatique et biodiversité et les synergies des politiques publiques dans ces domaines, mais seuls quelques-uns traitent de la gestion des éventuels arbitrages
Les dix pays rendent compte des effets du changement climatique sur la biodiversité au niveau national (Tableau 5.4). Les BTR examinent les répercussions hétérogènes du changement climatique sur les écosystèmes, la flore et la faune, et les microorganismes. L’Australie relève que, sur les 19 écosystèmes évalués dans le pays, 18 sont menacés par le changement climatique. Ses effets potentiellement négatifs sur la biodiversité comprennent « des risques pour l’état ou la fonction d’écosystèmes aquatiques et terrestres et la fonction ou l’effondrement de paysages, notamment par la raréfaction ou l’extinction d’espèces » (DCCEEW, Australie, 2024[25]). L’Australie aborde également les effets du changement climatique sur la fréquence, la gravité et la durée de certaines conditions météorologiques (le fait que la saison des incendies commence plus tôt au printemps et se prolonge plus longtemps en automne) propices aux feux de brousse qui ont des conséquences sur les écosystèmes (la disparition de pâturages, par exemple), comme l’ont montré les incendies de l’été noir en 2019‑20205 qui ont ravagé plus de 24 millions d’hectares (DCCEEW, Australie, 2024[25]).
L’Ouganda évoque les effets du changement climatique sur l’eau, ressource universelle dont le maintien dépend des services écosystémiques (MoWE, Uganda, 2022[26]). En particulier, l’Ouganda précise que la hausse des températures diminue la concentration en oxygène des masses d’eau et, ce faisant, réduit l’abondance des végétaux aquatiques dont les poissons se nourrissent, ce qui contribue à son tour à la mortalité des poissons. De la même façon, la Chine indique que l’augmentation significative de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur marines a de graves répercussions sur « les organismes et écosystèmes marins et l’aquaculture » dans ses eaux littorales, citant comme exemple la mortalité massive enregistrée dans les élevages de concombres de mer de la mer Jaune et du golfe de Bohai en 2018 (China, 2024[27]).
Tableau 5.4. Liens entre le changement climatique et la biodiversité dans les BTR (et les CN)
Copier le lien de Tableau 5.4. Liens entre le changement climatique et la biodiversité dans les BTR (et les CN)
1. En l’absence de BTR, l’analyse a été réalisée en utilisant la communication nationale (CN) la plus récente du pays.
2. Les effets renvoient aux impacts biophysiques du changement climatique sur la (perte de) biodiversité et vice versa.
3. Les mesures des pouvoirs publics font référence aux politiques et aux projets.
4. Les espèces, les écosystèmes et le biote sont quelques-uns des aspects de la biodiversité.
Source : Tableau élaboré par les auteurs à partir de l’examen des documents nationaux.
De même, les effets du recul de la biodiversité sur le changement climatique sont bien reconnus, mais moins que ceux du changement climatique sur la biodiversité. Sur les dix pays, six fournissent des exemples nationaux qui démontrent les contributions vitales de la biodiversité à l’atténuation du changement climatique et à l’adaptation à ses effets, ainsi que les conséquences observées de l’appauvrissement de la biodiversité. Ces exemples concernent généralement la capacité des écosystèmes à absorber le carbone. Par exemple, l’Australie souligne le rôle de ses écosystèmes riches en carbone bleu – mangroves, marais salés et herbiers marins – dont on estime qu’ils stockent environ 12 % du carbone bleu de la planète. Ces écosystèmes aident également à protéger le littoral des effets du changement climatique, par exemple des inondations, de l’élévation du niveau de la mer et des ondes de tempête intenses (DCCEEW, Australie, 2024[25]). De son côté, le Japon signale la tendance au recul des quantités de carbone absorbées du fait de l’arrivée à maturité de ses forêts plantées qui représentent 40 % des forêts du pays, dont la moitié ont plus de 50 ans6 (Japan, 2024, p. 28[28]). Le Pérou, où le biome amazonien occupe quelque 60 % du territoire national, estime que les émissions de GES sont principalement dues à la déforestation – induite par le changement d’affectation des terres et la conversion d’écosystèmes intacts pour les transformer en exploitations agricoles ou minières ou en pâturages (MoE, Peru, 2024, p. 34[29]). Le Canada indique qu’au cours du siècle, le dégel du pergélisol dans ses régions boréales et arctiques libérera de grandes quantités de méthane piégé (CH4), un GES puissant (ECCC, 2024[22]).
Les interactions entre le changement climatique et la perte de biodiversité sont également bien reconnues dans les politiques publiques exposées dans les BTR de neuf pays (Tableau 5.4). Ces politiques portent notamment sur la gestion et l’extension des aires protégées, les incitations fiscales et subventions encourageant la plantation d’arbres, ainsi que les crédits carbone et les dispositifs de compensation carbone. La plupart des pays fournissent des exemples de mesures tenant compte des synergies entre l’atténuation du changement climatique et la conservation de la biodiversité (voir les exemples présentés au Tableau 5.5).
Dans son BTR, l’Indonésie souligne l’importance de restaurer et préserver les tourbières afin de protéger ces puits de carbone naturels et leur biodiversité (MoE, Indonésie, 2024[30]). Toutes les entreprises détentrices d’un permis pour l’utilisation de produits ligneux ou l’exploitation de palmeraies à huile ont l’obligation de participer à la restauration des tourbières. En parallèle, la restauration des zones ne faisant pas l’objet d’une concession est menée dans le cadre d’un programme englobant plus de 200 villages (Peatland Steward Village Program) dans le cadre duquel les populations locales élaborent avec le facilitateur de terrain un plan de travail au niveau du site. Entre 2016 et 2021, la restauration des tourbières dans sept provinces prioritaires a permis de revégétaliser 1 892 hectares de terres (MoEF, Indonésie, 2022, p. 58[31]).
Devant la multiplication des épisodes de fortes précipitations, le Japon met en avant l’Eco-DRR (Ecosystem-based Disaster Risk Reduction), une approche de réduction des risques de catastrophe fondée sur les écosystèmes qui a pour but à la fois d’accroître la résilience face aux catastrophes naturelles et de préserver la biodiversité. Afin de fédérer la compréhension des zones importantes au regard des objectifs relatifs au climat et à la biodiversité et de disposer d’informations pour éclairer l’action publique et mobiliser les secteurs concernés, le Japon développe un outil cartographique7 qui superpose plusieurs données, comme l’humidité topographique et la diversité des paysages naturels, dans le but de repérer les zones où une intervention pourrait avoir de multiples effets bénéfiques (Ministry of the Environment, Japan, 2023[32]). De plus, le projet de gestion des bassins versants du Japon, qui s’applique à l’ensemble des 109 cours d’eau classés importants, intègre les approches fondées sur les écosystèmes en encourageant des infrastructures vertes. Les réservoirs d’eau et les chenaux fluviaux sont dimensionnés de manière à servir l’objectif d’amélioration de la résilience face aux catastrophes naturelles, tout en contribuant en même temps à la formation d’une connectivité des écosystèmes propre à procurer aux espèces vulnérables des aires d’alimentation et de reproduction (Ministry of Land, Infrastructure, Transport and Tourism, Japan, 2019[33] ; MILT, n.a[34]).
Le Canada fait état de son Partenariat canadien pour une agriculture durable (PCA durable), un partenariat quinquennal (2023‑2028) qui intègre les trois dimensions de la triple crise planétaire. Outre l’objectif de réduire les émissions de GES de 3 à 5 millions de tonnes d’équivalent dioxyde de carbone (Mt éq.CO2) dans le secteur (qui s’est traduit par l’émission de 55 Mt éq.CO2 en 2020) (ECCC, 2025[35]), le programme vise également à faciliter l’adaptation du secteur au changement climatique, ainsi que les efforts de protection et de restauration des habitats critiques pour la faune et la flore sauvages et de la qualité des sols, de l’eau et de l’air. Dans le cadre du PCA durable, le Programme de paysages agricoles résilients propose des financements ciblés afin de faire progresser l’adoption de technologies et de pratiques de gestion bénéfiques susceptibles d’avoir de multiples retombées positives sur l’environnement au-delà de la réduction des émissions de GES, en fonction des diverses priorités locales rencontrées dans les provinces et territoires.
Tableau 5.5. Exemples de politiques et de projets mis en œuvre cités dans les BTR et illustrant les liens entre changement climatique et biodiversité
Copier le lien de Tableau 5.5. Exemples de politiques et de projets mis en œuvre cités dans les BTR et illustrant les liens entre changement climatique et biodiversité|
Instrument d’action |
Politiques et projets mis en œuvre |
|---|---|
|
Instruments économiques |
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Instruments de réglementation |
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Politiques d’information |
|
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Fourniture de biens et de services par les pouvoirs publics |
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Source : Tableau élaboré par les auteurs à partir de l’examen des documents nationaux.
La gestion des arbitrages est beaucoup moins étudiée puisque seulement trois pays sur dix donnent des exemples de leur prise en compte dans les politiques publiques et au niveau des projets. Par exemple, le Japon évoque la nécessité d’optimiser les études d’impact sur l’environnement afin d’éviter les effets négatifs des éoliennes sur la biodiversité (Japan, 2024[28]). De même, la France souligne qu’un compromis doit être trouvé entre la conservation de la biodiversité et l’expansion des installations solaires photovoltaïques au sol, comme cela figure dans sa troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3). Les appels d’offres privilégient l’implantation de centrales solaires photovoltaïques au sol sur des terrains convertis ou dégradés plutôt que sur des exploitations agricoles ou des terres riches en biodiversité (voir le chapitre 6 pour plus de détails) (Gouvernement français, 2024[20]). Ces choix vont aussi dans le sens de l’objectif « zéro artificialisation nette » que le pays s’est fixé, prévoyant de diviser par deux la conversion d’espaces naturels, agricoles et forestiers entre 2021 et 2031 par rapport à la décennie précédente et de l’éliminer d’ici à 2050. De son côté, l’Argentine expose son mécanisme d’assurance destiné à faciliter les investissements dans le reboisement tout en préservant les écosystèmes de forêt naturelle (voir l’Encadré 5.2).
Encadré 5.2. En Argentine, le Programme d’assurance verte affecte des fonds à la compensation des émissions dues au transport et à la préservation des écosystèmes de forêts naturelles
Copier le lien de Encadré 5.2. En Argentine, le Programme d’assurance verte affecte des fonds à la compensation des émissions dues au transport et à la préservation des écosystèmes de forêts naturellesDans son BTR, l’Argentine traite des arbitrages entre les mesures d’atténuation du changement climatique et la protection de la biodiversité en mettant en avant le programme PROSAS (Programa de Sustentabilidad Ambiental y Seguros) de promotion de la durabilité environnementale et de l’assurance (SSA, Argentina, 2024[36]). Introduit en 2009, ce programme encourage les investissements dans le reboisement et l’enrichissement des forêts naturelles comme outil d’atténuation du changement climatique garantissant simultanément la conservation de la biodiversité (SSA, Argentina, 2024[36]). Appelé également « Programme d’assurance verte », il repose sur un accord conclu sur la base du volontariat entre 12 compagnies d’assurance et le gouvernement argentin. Il prévoit l’affectation de 1 % des primes des contrats d’assurance automobile à la plantation d’arbres (90 %) et à des actions d’éducation à l’environnement (10 %) (SIF, 2020[37]).
En 2019, l’autorité nationale de réglementation du secteur de l’assurance (Superintendencia de Seguros de la Nación [SSN]) a déclaré que le Programme d’assurance verte avait contribué à financer la plantation de plus de 21 millions d’arbres (SIF, 2020[37]). La superficie boisée a ainsi plus que doublé entre 1990 et 2022 pour atteindre 1.26 million d’hectares en 2022 (SSA, Argentina, 2024[36]). Ce résultat compense 10 % des émissions annuelles de CO2 des véhicules à moteur (SIF, 2020[37]). La loi relative aux investissements dans les forêts cultivées (MoJ, Argentina, 1999[38]), qui définit le cadre d’action pour le programme d’assurance, prévoit des mesures de sauvegarde visant à protéger les forêts naturelles, qui stipulent que la stratégie de reboisement ne devrait pas modifier l’utilisation originale des terres dans les écosystèmes des forêts naturelles et devrait assurer la préservation de la biodiversité (SSN, 2018[39]). Par exemple, le zonage par bassins forestiers pour l’implantation des entreprises doit respecter la planification territoriale des forêts naturelles ainsi que des critères environnementaux, économiques et sociaux (MoJ, Argentina, 1999[38]).
5.3.3. Les BTR étudient moins en détail les liens, synergies et arbitrages entre le changement climatique et la pollution
Les répercussions du changement climatique sur la pollution sont abordées par la plupart des pays, mais pour l’essentiel en des termes généraux (Tableau 5.6). La Chine les reconnaît toutefois de façon détaillée dans son BTR, indiquant que l’élévation du niveau de la mer le long de son littoral a exacerbé l’érosion côtière et entraîné des intrusions marines et salines dans les zones estuariennes. Par exemple, l’intrusion saline dans l’estuaire de la rivière des Perles a fortement détérioré la qualité de l’eau potable (China, 2024[40]). L’Ouganda, pays enclavé, souligne aussi dans sa CN que le changement climatique aura des conséquences importantes sur la disponibilité et la qualité des ressources en eau, principalement en raison des sécheresses prolongées, des inondations et du ruissellement (MoWE, Uganda, 2022[26]).
Les dix pays mentionnent les effets de la pollution sur le changement climatique, mais le degré de détail et l’attention portée aux différents types de pollution varient selon les pays. Le Pérou cite les émissions de GES imputables au rejet d’eaux usées non épurées dans les formations aquatiques (MoE, Peru, 2024[29]). L’Ouganda évoque la hausse des émissions de GES due à l’augmentation du volume des déchets, en particulier en milieu urbain, conséquence de la croissance démographique, de l’urbanisation et du développement industriel. En particulier, l’élimination des déchets solides contribue à l’émission d’importantes quantités de CO2, de CH4 et de protoxyde d’azote (N2O) (MoWE, Uganda, 2022[26]).
Tableau 5.6. Liens entre le changement climatique et la pollution dans les BTR (et les CN)
Copier le lien de Tableau 5.6. Liens entre le changement climatique et la pollution dans les BTR (et les CN)
1. En l’absence de BTR, l’analyse a été réalisée en utilisant la communication nationale (CN) la plus récente du pays.
2. Les effets renvoient aux impacts biophysiques du changement climatique sur la pollution et vice versa.
3. Les mesures des pouvoirs publics font référence aux politiques et aux projets.
4. Les milieux (par exemple, l’air) et les types de polluants (par exemple, les nutriments) sont quelques-uns des aspects de la pollution.
Source : Tableau élaboré par les auteurs à partir de l’examen des documents nationaux.
Les dix pays examinés8 évoquent des mesures synergiques dans les domaines du climat et de la pollution sur leur territoire. Il s’agit par exemple d’instruments économiques, de réglementation et d’information portant sur la gestion des déchets, le transport routier, la restauration des écosystèmes et l’agriculture durable (voir le Tableau 5.7). Certains pays préconisent d’établir un plan d’action englobant tous les secteurs de l’économie pour s’attaquer de façon synergique à la pollution et aux émissions de GES. Par exemple, la Chine indique avoir défini un plan d’action synergique pour la réduction de la pollution et des émissions de carbone, qui fixe le cap d’une stratégie intégrée applicable à différents niveaux d’administrations publiques et cinq secteurs économiques jusqu’en 2030 (China, 2024[40]). L’une des approches suivies consiste à réunir les systèmes de planification de l’utilisation des sols et d’aménagement du territoire et les systèmes de zonage environnemental « Trois lignes et un permis », afin de repérer les zones polluées ou à risque pour pouvoir décider ou modifier l’utilisation des terres (Wang et al., 2020[41]). Les « villes sans déchets » constituent un autre exemple d’expérimentation de modèles innovants. Shenzhen fait partie des premières villes pilotes, sur un total de 11, et les bâtiments verts y représentaient en 2023 la quasi-totalité des nouvelles constructions (Shenzhen Daily, 2023[42]). Dans leurs BTR (et leurs CN), la plupart des pays reconnaissent la synergie entre l’atténuation du changement climatique et la réduction des polluants atmosphériques co-émis. Plusieurs pays évoquent également des politiques de transport qui visent à transformer les systèmes de transport collectif utilisant de l’essence ou du gazole afin de réduire ou d’éliminer les émissions. En Australie, par exemple, le Queensland a récemment lancé le programme de bus zéro émission (Zero Emissions Bus Program), qui prévoit qu’à partir de 2025, tous les nouveaux bus mis en circulation dans le Queensland du Sud-Est seront des bus électriques. La Chine encourage également l’adoption de bateaux fluviaux fonctionnant au gaz naturel liquéfié (GNL) ou avec des batteries, ainsi que l’alimentation électrique à quai pour les navires accostés dans les grandes régions économiques comme la Ceinture économique du fleuve Yangtsé (China, 2024[40]).
Les pays font également état d’interventions en faveur d’une agriculture durable qui ont un impact positif synergique sur le changement climatique ainsi que sur la pollution par les éléments nutritifs et les produits chimiques. Par exemple, la France a pris des mesures visant à réduire de 15 % d’ici à 2030, par rapport au niveau de 2015, les émissions de protoxyde d’azote (N2O) dues à l’utilisation d’engrais azotés (qui contribuent aussi de façon significative à l’appauvrissement de la couche d’ozone atmosphérique) (Gouvernement français, 2024[20]). L’Ouganda met en œuvre un projet prévoyant de réutiliser les boues d’épuration, riches en nutriments et matières organiques, pour produire des engrais, ce qui permettra de réduire les émissions de GES tout en promouvant des méthodes d’élimination des déchets moins néfastes pour l’environnement. En Indonésie, le système d’information intégré KATAM fournit des informations sur les calendriers de plantation, les variétés culturales et les quantités optimales d’engrais et de pesticides calculées d’après les prévisions de précipitations (MoEF, Indonésie, 2018[43]). Ces données peuvent contribuer à améliorer la résilience du secteur agricole face au changement climatique tout en facilitant la gestion de la pollution par les éléments nutritifs et les produits chimiques. Par ailleurs, l’Indonésie et la Chine s’appuient respectivement sur une stratégie intégrée de gestion des bassins versants et sur un mécanisme d’éco-compensation pour améliorer les synergies entre les trois composantes de la triple crise planétaire (voir l’Encadré 5.3).
Encadré 5.3. La gestion des bassins versants : une stratégie primordiale pour améliorer les synergies entre les trois composantes de la triple crise planétaire
Copier le lien de Encadré 5.3. La gestion des bassins versants : une stratégie primordiale pour améliorer les synergies entre les trois composantes de la triple crise planétaireLes bassins hydrographiques sont des entités où les interactions entre le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution se révèlent particulièrement évidentes. Le changement climatique modifie sensiblement les écosystèmes et les ressources en eau des bassins versants, et aggrave également l’érosion des sols et la pollution de l’eau (Qiu et al., 2019[44]). En Indonésie, par exemple, les têtes de bassin versant sont sujettes aux inondations et aux glissements de terrain pendant la saison humide et aux sécheresses pendant la saison sèche, ce qui les rend particulièrement vulnérables au changement climatique (MoEF, Indonésie, 2022[31]). La pollution diffuse dans une tête de bassin versant peut aussi déclencher des conflits d’intérêt régionaux entre les territoires en amont et en aval (Sheng, Cheng et Wu, 2023[45]). Les activités menées en amont, comme l’utilisation de pesticides en agriculture ou le rejet d’effluents industriels, peuvent introduire des polluants dans l’eau qui coule vers l’aval (Chakraborti, 2020[46]).
Le BTR de l’Indonésie présente la gestion des bassins versants comme une stratégie intégrée essentielle pour renforcer les synergies entre l’atténuation du changement climatique, le développement des écosystèmes et la protection des ressources en eau terrestres (MoE, Indonésie, 2024[30]). La gestion intégrée des bassins versants correspond à une approche globale de la gestion de l’eau, des sols et du bien-être des populations, qui comprend à la fois la protection de l’environnement, l’utilisation des ressources naturelles et la satisfaction des besoins humains. Dans le cadre de la stratégie FOLU Net Sink 2030, l’Indonésie restaure les terres en plantant de jeunes pousses d’arbres fruitiers et d’arbres à fruits secs provenant de 57 pépinières réparties dans tout le pays et en construisant des structures de conservation des sols et de l’eau (de correction des ravines, par exemple). Le pays accorde une attention prioritaire à la remise en état des zones particulièrement vulnérables au changement climatique (MoEF, Indonésie, 2022[31]).
Dans son SPANB et son BTR, la Chine juge urgent d’améliorer le système d’éco-compensation dans les bassins versants afin de renforcer la protection de l’environnement (China, 2022[47] ; China, 2024[27]). Reposant sur le principe du « bénéficiaire payeur », le système combine des paiements pour services écosystémiques et des compensations écologiques. Les mécanismes d’éco-compensation dans les bassins versants sont des mécanismes compatibles avec les incitations entre zones bénéficiaires en aval et zones prestataires en amont qui font appel à des transferts budgétaires ou d’autres méthodes, comme la fourniture de biens, de services ou d’infrastructures (China, 2018[48] ; Sheng, Cheng et Wu, 2023[45]). Entre 1999 et 2016, plus de 50 projets d’éco-compensation de ce type ont été mis en œuvre dans plusieurs provinces chinoises afin de réduire les activités polluantes (Jiang, Eaton et Kostka, 2021[49]).
Les politiques et projets ciblés sur la problématique climatique ou la pollution abordent très peu les arbitrages dans les BTR, même si l’on trouve quelques commentaires sur les risques et la nécessité de les gérer. Par exemple, dans sa politique de développement des énergies renouvelables, la France précise les mesures qu’elle compte prendre pour réduire la pollution lumineuse dans l’intérêt de la biodiversité (Gouvernement français, 2024[20]). Ainsi, les lumières rouges de balisage aéronautique (installées sur les éoliennes pour signaler leur présence aux aéronefs) attirent les chauves-souris migratrices, d’où un risque de collision plus élevé pour ces espèces (Voigt et al., 2018[50]). L’une des méthodes proposées par la France pour éviter cette corrélation négative de sa politique d’expansion du parc éolien consiste à déclencher l’allumage des balises en fonction de la présence d’aéronefs à proximité (Gouvernement français, 2024[20]).
Tableau 5.7. Exemples de politiques et de projets mis en œuvre cités dans les BTR et illustrant les liens entre changement climatique et pollution
Copier le lien de Tableau 5.7. Exemples de politiques et de projets mis en œuvre cités dans les BTR et illustrant les liens entre changement climatique et pollution|
Instrument d’action |
Politiques et projets mis en œuvre |
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Instruments économiques |
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Instruments de réglementation |
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Politiques d’information |
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Fourniture de biens et de services par les pouvoirs publics |
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Source : Tableau élaboré par les auteurs à partir de l’examen des documents nationaux.
5.3.4. Les SPANB abordent les liens et synergies entre la biodiversité et le changement climatique, mais seuls quelques-uns illustrent la manière dont les arbitrages sont gérés
Les dix pays étudiés reconnaissent tous dans leurs SPANB les liens d’interdépendance entre le changement climatique et le déclin de la biodiversité, mais à des degrés divers (Tableau 5.8). Les exemples nationaux qui figurent dans les SPANB varient en termes d’échelle : ils vont des réponses d’espèces endémiques au changement climatique et des modifications d’interactions entre espèces jusqu’aux répercussions des conditions climatiques sur tout un écosystème. Par exemple, le Japon signale l’expansion vers le nord de ses espèces de bambous poussant en climat chaud (bambou Moso et bambou de Oldham) et des espèces de papillons australes (MoE, Japan, 2023[51]). L’Ouganda rapporte la propagation d’espèces envahissantes comme le mimosa à clochettes sous l’effet du changement climatique, entraînant d’importantes modifications des écosystèmes, notamment dans les aires protégées (NEMA, Uganda, 2024[52]). L’Indonésie s’inquiète pour les espèces vivant en mer d’Arafura en raison de leur sensibilité à la hausse de l’acidité et de la température de surface de la mer (MoNDP, Indonésie, 2024[17]).
Des pays évoquent également les conséquences des comportements adaptatifs des espèces au changement climatique, notamment la migration de certaines à la recherche de conditions climatiques favorables (MoNDP, Indonésie, 2024[17]) et la modification d’interactions entre espèces (Commonwealth Australie, 2024[53]). L’Inde déclare avoir renforcé ses efforts de conservation en portant à 53 le nombre de réserves de tigres du pays (NTCA, India, 2022[54]), lesquelles contribuent également à améliorer le stockage de carbone puisque ces écosystèmes sont protégés de la déforestation et d’autres pressions (Lamba et al., 2023[55]).
D’autres exemples mettent en lumière les répercussions du changement climatique sur tout un écosystème. Le Pérou souligne le risque de recul des forêts d’altitude des Yungas9 et des herbages de la Puna10 causé par l’évolution du climat, qui menace un ensemble d’habitats et leurs conditions microclimatiques dont dépend un riche assemblage d’espèces endémiques. Les espèces endémiques des zones alpines sont souvent considérées comme particulièrement vulnérables au changement climatique, entre autres raisons parce qu’elles ont peu de possibilités de migrer plus en altitude (Anthelme et al., 2014[56]). L’Australie attribue également « la disparition massive d’espèces végétales et animales » aux effets du changement climatique, notamment la fréquence accrue des incendies et le blanchissement des coraux (Commonwealth Australie, 2024[53]).
En revanche, les conséquences de l’érosion de la biodiversité sur le changement climatique sont moins souvent abordées dans les SPANB. Les exemples présentés portent sur le déclin de services écosystémiques régulateurs (par exemple, la régulation du climat et la fixation du CO2) (SSA, Argentina, 2024[36]) et la diminution du rôle joué par la biodiversité dans l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets (ECCC, 2024[19]). Différents pays relèvent également l’effet de renforcement mutuel du changement climatique et de l’appauvrissement de la biodiversité. Par exemple, l’Ouganda fait état d’une forte dégradation de ses grandes zones humides, qui amoindrit leur fonction tant de puits de carbone que d’habitat important pour la vie sauvage (NEMA, Uganda, 2024[52]).
Tableau 5.8. Liens entre la biodiversité et le changement climatique dans les SPANB
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1. Les effets renvoient aux impacts biophysiques de la (perte de) biodiversité sur le changement climatique et vice versa.
2. Les mesures des pouvoirs publics font référence aux politiques et aux projets.
3. Les espèces, les écosystèmes et le biote sont quelques-uns des aspects de la biodiversité.
Source : Tableau élaboré par les auteurs à partir de l’examen des documents nationaux.
Les SPANB des dix pays reconnaissent les interactions entre la biodiversité et le changement climatique dans les politiques et les projets et indiquent des moyens de favoriser les synergies (Tableau 5.8 et Tableau 5.9). Par exemple, la stratégie de l’Ouganda en faveur de la biodiversité est désormais moins axée sur la conservation d’espèces particulières et davantage sur la reconnaissance des écosystèmes interdépendants. Elle vise à envisager de manière globale « l’ensemble du contexte écologique dans lequel vivent les espèces, notamment les habitats, les paysages, les services écosystémiques et les conséquences des activités humaines sur ces systèmes » (NEMA, Uganda, 2024, p. 193[52]) (voir l’Encadré 5.4).
Encadré 5.4. Pour lutter contre le déclin de la biodiversité et le changement climatique, l’Ouganda place l’interdépendance des écosystèmes au centre de sa stratégie
Copier le lien de Encadré 5.4. Pour lutter contre le déclin de la biodiversité et le changement climatique, l’Ouganda place l’interdépendance des écosystèmes au centre de sa stratégieL’Ouganda abrite de riches assemblages d’espèces et se classe parmi les dix premiers pays du monde en nombre d’espèces recensées (CBD, s.d.[57]). Mais la déforestation est devenue récemment une menace pour la biodiversité ; les espaces boisés, qui représentaient autrefois près d’un quart du territoire, ont reculé pour occuper moins de 10 % de la superficie du pays en 2015 (NEMA, Uganda, 2023[58]). L’impact du changement climatique sur les principales exportations agricoles comme le café inquiète également de plus en plus (NEMA, Uganda, 2023[58]).
Ces dernières années, l’Ouganda a élaboré un plan d’action ambitieux en faveur de la biodiversité. Les efforts de conservation de la biodiversité en Ouganda, ciblés initialement sur certaines espèces, ont été progressivement élargis aux écosystèmes interdépendants. Le pays a mis en œuvre plusieurs plans de conservation axés sur les écosystèmes, notamment dans le Kidepo Critical Landscape (une immense savane boisée située dans le nord-est de l’Ouganda) et le Mount Elgon Landscape (un parc national abritant de nombreuses espèces endémiques). En Ouganda, le développement de la monoculture est reconnu comme menaçant la biodiversité et la santé des écosystèmes (Gouvernement de l'Ouganda, 2016[59]). Par exemple, la monoculture du thé dans la zone humide de Mulehe et la monoculture du riz paddy ont eu un impact négatif sur la diversité de la flore dans le pays (Gouvernement de l'Ouganda, 2016[59]). La réglementation applicable au site de Kidepo garantit que les zones bordant les cours d’eau soient exemptes de plantations en monoculture et enrichies d’espèces indigènes appropriées afin de protéger la végétation naturelle existante (NEMA, Uganda, 2018, pp. 81-82[60]).
Le parc national du mont Elgon atténue les effets du changement climatique sur son riche écosystème grâce à la restauration des zones dégradées par la plantation d’arbres et la gestion des berges des cours d’eau. L’établissement de plantations de résineux répond également à la demande économique en poteaux, bois d’œuvre et combustible-bois. Les plantations sont exploitées « selon un cycle de récolte de 20 ans avec des coupes d’éclaircissage à intervalles définis » (UWA, Uganda, 2022, p. 21[61]). La longueur des rotations assure aux surfaces récoltées une période de repos et améliore ainsi la capacité de l’écosystème à se régénérer. Elle diminue également l’érosion des sols et accroît la diversité des espèces (Başkent et Kašpar, 2023[62]).
En 2024, l’Ouganda est devenu le premier pays d’Afrique à présenter des objectifs nationaux conformément au CMBKM (CBD, 2024[63]). Il est intéressant de noter que le SPANB de l’Ouganda souligne l’importance de rechercher des synergies avec d’autres objectifs environnementaux et la nécessité de prévoir des mécanismes de suivi et d’évaluation, reconnaissant les liens entre la biodiversité et les services écosystémiques vitaux qu’ils fournissent et qui contribuent à l’atténuation du changement climatique et à l’adaptation à ses effets. Par exemple, des mesures de surveillance biologique et des enquêtes de terrain ont été menées afin de suivre l’évolution des ravageurs et des maladies touchant le café Arabica dans la région du mont Elgon (Kucel et al., 2024[64]). Le fait de planter des arbres d’ombrage, comme des bananiers, réduit la température dans les plantations de café ainsi que le rayonnement solaire, ce qui procure de la nourriture et un abri à des prédateurs naturels des ravageurs du café et protège les caféiers de la variabilité microclimatique (Kagezi et al., 2018[65] ; Harelimana, Rukazambuga et Hance, 2022[66]).
Le SPANB du Canada appelle à exploiter les solutions fondées sur la nature (SfN) pour réduire les effets du changement climatique tout en favorisant la biodiversité. Le Canada a créé le Fonds pour des solutions climatiques naturelles, une initiative horizontale visant à promouvoir les SfN afin d’atténuer le changement climatique et de s’adapter à ses effets, d’améliorer la qualité de l’air et de l’eau et de procurer des habitats à la faune et la flore sauvages, notamment en progressant vers son objectif de planter deux milliards d’arbres sur le territoire national en milieu tant rural qu’urbain dans le cadre du Programme 2 milliards d’arbres. Pour que les opérations de plantation contribuent aussi à la conservation de la biodiversité, à la prévention de la pollution et à la lutte contre la pollution, des arbustes sont plantés en combinaison avec des arbres, car cette mixité est très bénéfique aux forêts, notamment en empêchant l’établissement ou le rétablissement d’espèces envahissantes, en améliorant les corridors verts et en évitant l’érosion des sols (Gouvernement du Canada, 2023[67]). L’importance accordée aux solutions fondées sur la nature s’illustre également dans l’approche adoptée par le Canada en matière de financement climatique international : au minimum 20 % des financements (qui ont doublé pour atteindre 5.3 milliards CAD pour 2021‑2026) sont affectés à des solutions et des projets climatiques fondés sur la nature qui génèrent des synergies avec la biodiversité.
De même, la France a lancé des projets de renaturation dans les villes en augmentant la surface de canopée urbaine et en désartificialisant les sols sous les structures construites (les routes, par exemple) afin d’améliorer simultanément la santé des sols et la capacité de piégeage du carbone. Le programme contribue également à l’adaptation au changement climatique en apportant de la fraîcheur aux habitants des lieux concernés dans un contexte de vagues de chaleur de plus en plus intenses (Gouvernement français, 2023[68]). Dans le même esprit, le SPANB du Japon souligne l’importance d’agir à l’échelle locale et de mobiliser les acteurs économiques locaux (notamment l’agriculture, la pêche et la sylviculture) pour étendre les aires de conservation, développer la connectivité écologique et gérer convenablement les espèces étrangères. Le SPANB est décliné en stratégies locales, ce qui garantit que les mesures prises dans un lieu particulier soient adaptées à ses besoins en plus de poursuivre les objectifs nationaux (voir l’Encadré 5.5).
Encadré 5.5. Au Japon, les collectivités territoriales déclinent le SPANB en stratégies synergiques et adaptées aux situations locales
Copier le lien de Encadré 5.5. Au Japon, les collectivités territoriales déclinent le SPANB en stratégies synergiques et adaptées aux situations localesLe SPANB du Japon insiste sur la place de l’action locale dans une stratégie efficace de conservation de la biodiversité, notant d’importantes synergies locales, mais aussi certains risques de corrélations négatives. Par exemple, le Japon souligne que la connectivité écologique, tout importante qu’elle soit, doit être gérée avec précaution au niveau local, car, en l’améliorant, on prend aussi le risque d’accélérer la propagation de la grippe aviaire hautement pathogène, avec des conséquences potentiellement néfastes sur des espèces rares et sur les élevages (Japan, 2023[69]).
Le Japon favorise l’exploitation des synergies en encourageant l’élaboration de stratégies adaptées aux situations locales et en fournissant des outils et des mécanismes susceptibles d’aider la décision publique et la mobilisation au niveau local. Sous la direction technique et avec l’appui du gouvernement national, le SPANB est traduit en stratégies et plans d’action locaux pour la biodiversité dans les 47 préfectures, ainsi que dans 178 villes du pays. Prenant en compte le fait que, pour établir et améliorer la connectivité des écosystèmes afin de favoriser la conservation de la biodiversité, une coordination est nécessaire entre des entités (des bassins versants, par exemple) ne correspondant pas forcément à des entités administratives, il encourage également la coordination et, au besoin, l’élaboration d’une stratégie commune de conservation de la biodiversité entre régions administratives (Ministry of the Environment/Japan, 2023[70]). Le ministère de l’Environnement a également mis au point un outil cartographique expérimental permettant de visualiser les aires protégées afin de diffuser des informations sur les exemples remarquables, mettre en évidence les services écosystémiques et suivre et éclairer l’aménagement local (Ministry of the Environment/Japan, 2025[71]).
Dans le cadre de la stratégie adoptée pour atteindre l’objectif « 30by30 » au titre du CMBKM, le Japon a aussi délivré depuis 2023 la certification nationale de « site naturel géré de manière durable » à 328 sites gérés par des entreprises ou des acteurs locaux (Japan, 2023[69] ; MoE, Japan, 2025[72]). L’un des sites certifiés porteur de synergies est une zone marine située à Yamakawa (Kagoshima), où les communautés de pêcheurs locales et les associations locales de protection de la nature restaurent les prairies sous-marines dégradées par la hausse de la température de l’eau de mer et la modification des comportements alimentaires des poissons et des invertébrés marins (comme les oursins) provoquées par le changement climatique. En plus d’abriter et de protéger un large éventail d’espèces, notamment les bébés tortues marines, les prairies sous-marines restaurées sont sources de nombreuses synergies. Les prairies sous-marines jouent en effet différents rôles : entre autres, elles stockent du carbone (carbone bleu) et absorbent les excédents d’azote et de phosphore. Pour mieux intégrer les diverses mesures corrélées, les pouvoirs publics fournissent aux gestionnaires actuels ou potentiels des sites certifiés des informations sur les initiatives locales et régionales d’intérêt, par exemple sur les zones pionnières en matière de décarbonation (Decarbonization Leading Areas) et sur l’économie circulaire et écologique (Circular and Ecological Economy)1 (Japan, 2023[69]).
1. Le gouvernement national a lancé différentes initiatives visant à aider les collectivités territoriales à mettre en œuvre des stratégies adaptées aux spécificités locales tout en fournissant un cadre général et des moyens techniques. Parmi ces initiatives, les Decarbonization Leading Areas (90 propositions étaient sélectionnées en septembre 2025) et la Circular and Ecological Economy (mise en œuvre par 167 administrations infranationales en mars 2025) ont pour objectif de rechercher des synergies en s’attaquant simultanément aux enjeux environnementaux et aux difficultés socioéconomiques locales (OCDE, 2025[73]).
On trouve des exemples de mécanismes de financement bénéficiant aux projets dont on attend des synergies entre l’atténuation du changement climatique, l’adaptation à ses effets et la conservation de la biodiversité. Par exemple, le SPANB de l’Australie met en avant le système de marché de réparation de la nature (Nature Repair Market Scheme), premier marché national volontaire encadré de crédits biodiversité au monde, créé en 2023. Il est aligné sur les marchés du carbone fonctionnant dans le cadre du système australien de crédits carbone (Australian Carbon Credit Unit [ACCU]), qui fixe le périmètre de diverses activités de gestion de la végétation, dont la restauration des écosystèmes côtiers de carbone bleu. De cette manière, il est possible d’obtenir à la fois un certificat de biodiversité et le crédit ACCU en élaborant un projet synergique qui prévoit de revégétaliser les sols, replanter des espèces indigènes et améliorer la connectivité écologique (DCCEEW, Australie, 2025[74]).
Néanmoins, il est peu question de la gestion des arbitrages dans les politiques et les projets, même si certains pays précisent comment leurs dispositions institutionnelles facilitent cette prise en compte. Par exemple, la France a introduit en 2020 le « budget vert » afin d’évaluer l’impact potentiel des dépenses publiques sur l’environnement, notamment la conservation de la biodiversité, l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets et la réduction de la pollution, afin d’éclairer les décisions budgétaires (voir l’Encadré 5.6).
Encadré 5.6. Le budget vert de la France et son outil de cotation environnementale du budget intègrent six objectifs environnementaux dans les dotations budgétaires
Copier le lien de Encadré 5.6. Le budget vert de la France et son outil de cotation environnementale du budget intègrent six objectifs environnementaux dans les dotations budgétairesLe terme de « budget vert » désigne l’utilisation d’outils budgétaires permettant de mieux comprendre et promouvoir les objectifs climatiques et environnementaux. En 2022, 22 pays de l’OCDE avaient intégré des pratiques de budget vert, les méthodes les plus courantes étant les études d’impact sur l’environnement (18 pays) et la cotation environnementale du budget (13 pays) (OCDE, 2024[75]). Le SPANB de la France indique que l’État encourage « l’adoption généralisée » de la méthode du budget vert, qui englobe les trois composantes de la triple crise planétaire (Gouvernement français, 2023[68]). Depuis 2020, la France publie chaque année un rapport contenant le budget vert en annexe à son projet de loi de finances. Le rapport répertorie et évalue toutes les dépenses publiques planifiées pour l’année qui suit en fonction de leur impact positif ou négatif sur l’environnement. Conformément à la taxonomie verte de l’UE, il classe les dotations budgétaires, les dépenses fiscales et les impôts alloués aux organes de l’État selon leurs répercussions sur six objectifs environnementaux : l’atténuation du changement climatique, l’adaptation au changement climatique, la gestion de la ressource en eau, l’économie circulaire, la réduction de la pollution et la protection de la biodiversité (Gouvernement français, 2023[76]).
Chaque dépense reçoit une cotation globale une fois que l’action ou la sous-action a été évaluée au regard des six objectifs environnementaux. L’action est classée « favorable » si au moins une dimension est jugée favorable et si les autres sont neutres ; elle est classée « défavorable » lorsqu’au moins une dimension est jugée défavorable et que les autres sont neutres ; elle est classée « mixte » si au moins une dimension est jugée favorable et au moins une autre est jugée défavorable ; et elle est classée « neutre » lorsque toutes les dimensions sont neutres. Par exemple, la construction d’une nouvelle ligne ferroviaire financée par des prélèvements fiscaux est classée « mixte » dans la mesure où elle a un effet positif sur le changement climatique et la pollution, mais où elle génère des déchets et entraîne une artificialisation des sols, ce qui est jugé « défavorable » sur le plan de la biodiversité et de la gestion des déchets (Gouvernement français, 2023, p. 76[76]) (voir le Graphique 5.2). Dans le projet de loi de finances 2024, sur un budget total de l’État de 569.7 milliards EUR, les dépenses favorables représentent 39.7 milliards EUR, les dépenses mixtes 3.1 milliards EUR et les dépenses défavorables 13.1 milliards EUR. La majorité des dépenses (76 %) sont « neutres » et 16 % ne sont pas cotées. Le classement dans la catégorie « non cotée » peut s’expliquer par un manque de données ou par l’hétérogénéité des effets d’une dépense (Gouvernement français, 2023, p. 36[76]).
Graphique 5.2. Extrait du budget vert de la France : trois cotations possibles pour des projets de mobilité
Copier le lien de Graphique 5.2. Extrait du budget vert de la France : trois cotations possibles pour des projets de mobilitéTableau 5.9. Exemples de politiques et de projets mis en œuvre cités dans les SPANB et illustrant les liens entre changement climatique et biodiversité
Copier le lien de Tableau 5.9. Exemples de politiques et de projets mis en œuvre cités dans les SPANB et illustrant les liens entre changement climatique et biodiversité|
Instrument d’action |
Politiques et projets mis en œuvre |
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Instruments économiques |
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Source : Tableau élaboré par les auteurs à partir de l’examen des documents nationaux.
5.3.5. Les SPANB traitent des liens entre la biodiversité et la pollution de façon inégale, et illustrent les synergies plus en détail que les arbitrages
Les dix pays évoquent les effets de la pollution sur la biodiversité, avec toutefois un niveau de détail variable (Tableau 5.10). La plupart des SPANB présentent des exemples circonstanciés de pollution touchant les écosystèmes dulcicoles et marins. Le Pérou souligne les problèmes de contamination des bassins fluviaux dus aux effluents de l’orpaillage (mercure) et à l’eau utilisée pour l’extraction pétrolière (MoE, Peru, 2024[77]). Son SPANB donne des détails sur le caractère cumulatif des acides et des métaux lourds issus des activités minières touchant le bassin amazonien. En 2021, 6 902 sites ont été recensés comme ayant été contaminés par les activités minières et les déchets associés (INEI, 2022[78]). L’Indonésie évoque la question en des termes plus généraux, expliquant qu’au niveau national, les milieux aquatiques sont les plus touchés par la pollution, et que les sources de pollution sont principalement terrestres – déchets plastiques, excédents de nutriments et pesticides, notamment (MoNDP, Indonésie, 2024[17]). Les terres sont au centre de la lutte contre le changement climatique et l’appauvrissement de la biodiversité (voir l’Encadré 5.7), et les SPANB des pays parlent également de la pollution des sols et de la détérioration de la santé des sols, bien que de façon moins détaillée que de la pollution de l’eau.
À l’inverse, les répercussions du recul de la biodiversité sur la pollution sont étudiées plus sommairement. Les principaux effets signalés dans les SPANB à cet égard comprennent le rôle de la biodiversité dans la formation des sols, le recyclage des nutriments (voir l’encadré 6.10 au chapitre 6), la filtration de l’eau et la lutte contre la pollution de l’air. Le Canada et l’Ouganda, par exemple, mentionnent tous les deux le fait que le recul des zones humides entraîne une détérioration de la qualité de l’eau (ECCC, 2024[19] ; NEMA, Uganda, 2024[52]), tandis que l’Australie relève que les espaces verts urbains peuvent atténuer les effets néfastes de la pollution atmosphérique (Commonwealth Australie, 2024[53]). De son côté, l’Inde note le rôle important pour l’agriculture de plus de 300 types d’insectes (MoEFCC, India, 2024[79]) qui fournissent des services écosystémiques de régulation et d’appui bénéfiques à l’agriculture et à la conservation de la biodiversité, comme la pollinisation, la protection naturelle contre les ravageurs, l’élimination des déchets et le recyclage des éléments nutritifs (Redhead et al., 2020[80] ; Noriega et al., 2018[81]).
Tableau 5.10. Liens entre la perte de biodiversité et la pollution dans les SPANB
Copier le lien de Tableau 5.10. Liens entre la perte de biodiversité et la pollution dans les SPANB
1. Les effets renvoient aux impacts biophysiques de la (perte de) biodiversité sur la pollution et vice versa.
2. Les mesures des pouvoirs publics font référence aux politiques et aux projets.
3. Les milieux (par exemple, l’air) et les types de polluants (par exemple, les éléments nutritifs) sont quelques-uns des aspects de la pollution.
Source : Tableau élaboré par les auteurs à partir de l’examen des documents nationaux.
Encadré 5.7. Les terres au centre de la lutte contre le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution
Copier le lien de Encadré 5.7. Les terres au centre de la lutte contre le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollutionDéfinies comme étant « le système bioproductif terrestre qui comprend le sol, les végétaux, les autres êtres vivants et les phénomènes écologiques et hydrologiques » dans la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD, 1994[82]), les terres constituent un nœud essentiel où convergent de nombreux enjeux environnementaux pressants, notamment le changement climatique (Rackelmann et al., 2024[83]).
Le changement climatique et la dégradation des sols se renforcent mutuellement. La hausse des températures et la modification des régimes des précipitations peuvent accélérer les processus de désertification et de dégradation des sols (l’érosion des sols et le recul de la végétation, par exemple) (IPCC, 2019[84]), et également diminuer l’humidité des sols et accélérer leur érosion. Les perturbations d’origine climatique comme les sécheresses et les invasions de ravageurs peuvent aussi diminuer les quantités de carbone organique stockées dans le sol, premier puits de carbone du milieu terrestre, qui intervient aussi de façon déterminante dans la productivité des sols et les processus écologiques, notamment le recyclage des éléments nutritifs (Chotte et al., 2019[85]). Par ailleurs, le changement climatique a des répercussions sur les déterminants directs (l’élévation du niveau de la mer, par exemple) et indirects (l’irrigation, par exemple) de la salinisation des sols, qui dégrade leur qualité (Eswar, Karuppusamy et Chellamuthu, 2021[86]). La mauvaise qualité des sols peut à son tour amplifier les effets des phénomènes météorologiques extrêmes.
La dynamique des interactions influe sur et est influencée par les activités anthropiques et contribue d’autant plus au changement climatique et à l’appauvrissement de la biodiversité. L’expansion des cultures et des pâturages fait déjà partie des principales causes de conversion des terres (UNCCD, 2024[87]). Les conséquences du changement climatique sur la dégradation des sols (par exemple, les températures plus élevées diminuent l’humidité des sols et accélèrent leur érosion) peuvent à leur tour réduire la qualité et la disponibilité des terres agricoles, des espaces de pâture et des ressources en eau, et conduire à l’abandon de terres cultivées et de pâturages, transférés ailleurs par la conversion de terres aux dépens d’écosystèmes intacts (Yang et al., 2024[88]).
Bien que très peu de pays aient aujourd’hui en place des instruments juridiques spécifiquement consacrés aux sols (FAO, 2025[89]), certains ont entrepris d’élaborer des stratégies nationales ou régionales afin de protéger les sols, reconnaissant leur contribution à la biodiversité, à l’atténuation du changement climatique et à l’adaptation à ses effets. Par exemple, le SPANB de l’Australie souligne l’importance de la qualité des sols et son BTR mentionne le plan d’action national pour les sols (National Soil Action Plan) 2023‑2028 s’inscrivant dans le cadre de la stratégie nationale pour les sols (National Soil Strategy) 2021‑2040, qui prend acte des liens entre la santé des sols et la biodiversité ainsi que la résilience face au changement climatique, et appelle à adopter une démarche intégrée et cohérente pour valoriser, gérer et améliorer la santé des sols (DAFF, Australie, 2023[90]). Parmi les quatre priorités du plan australien figurent l’élaboration d’un cadre commun de mesure, de surveillance et de communication d’information qui permettra de mieux comprendre la santé des sols, ainsi que la définition d’une approche intégrée et de stratégies garantissant que l’importance des sols soit reconnue dans tous les domaines de l’action publique et que les parties prenantes soient mobilisées au niveau local, régional et national.
Les dix pays évoquent dans leurs SPANB des initiatives synergiques visant à contrer l’appauvrissement de la biodiversité et la pollution, notamment des politiques d’économie circulaire (voir le Tableau 5.11). Par exemple, la France s’attaque simultanément à ces deux enjeux avec sa loi pour une économie circulaire, qui comprend un calendrier de résorption progressive de toutes les anciennes décharges municipales situées sur le littoral afin d’éliminer le risque de relargage de déchets (plastiques) dans le milieu marin (Gouvernement français, 2023[68]). De même, le Japon et l’Australie font état d’un ensemble de mesures destinées à juguler et inverser l’érosion de la biodiversité, la transition vers une économie circulaire étant vue comme un moyen de lutter contre la pollution et d’atténuer les pressions sur la biodiversité (voir l’Encadré 5.8 pour plus de détails).
D’autres synergies évoquées comprennent l’utilisation d’instruments économiques et de politiques d’information pour combiner deux objectifs. Par exemple, l’Inde a mis en place un dispositif de promotion de la santé des sols au moyen d’allocations qui encouragent des changements dans les pratiques agricoles et l’utilisation des engrais. Ce dispositif incitatif favorise l’adoption de pratiques agricoles durables en réduisant les subventions publiques sur les engrais chimiques et en réaffectant la moitié des subventions ainsi économisées aux États et aux Territoires de l’Union qui ont réduit leur consommation d’engrais chimiques par rapport à la moyenne des trois années précédentes (MoEFCC, India, 2024[18]). Grâce au renforcement de ses activités de recherche, l’Argentine vise à mettre au point un outil qui permettra de repérer les sites importants pour la biodiversité, en prenant en compte un ensemble de facteurs environnementaux comme les cycles de nutriments et la formation des sols pour aider la planification et la mise en œuvre de mesures de restauration des sols par les administrations locales (SSA, Argentina, 2024[36]).
Encadré 5.8. L’économie circulaire : une solution transversale pour lutter contre le déclin de la biodiversité et le changement climatique au Japon et en Australie
Copier le lien de Encadré 5.8. L’économie circulaire : une solution transversale pour lutter contre le déclin de la biodiversité et le changement climatique au Japon et en AustralieLe principe de l’économie circulaire est très présent dans le BTR et le SPANB du Japon, qui appellent à évoluer vers une économie plus circulaire, à la fois comme moyen de lutter contre le changement climatique et arrêter le déclin de la biodiversité, et comme objectif en soi. Le BTR japonais souligne les synergies existant entre l’atténuation du changement climatique et l’économie circulaire s’articulant autour des « 3R+Renouvelables » (réduire, réutiliser et recycler et promouvoir la biomasse et l’utilisation de matériaux recyclés) (Japan, 2024[28]) ; la feuille de route vers une économie circulaire élaborée en 2022 indique que l’économie circulaire peut contribuer à réduire les émissions de 36 % des sources de GES (Ministry of the Environment/Japan, 2023[91]). Le SPANB du Japon met également en avant la capacité de l’économie circulaire à atténuer les pressions sur la biodiversité. Le Japon compte doubler d’ici à 2030 le volume de matériaux fabriqués à partir de métal recyclé (qui a déjà doublé entre 2001 et 2020) afin de réduire la consommation d’énergie et les effets négatifs sur la biodiversité associés à l’extraction et au traitement des métaux, tout en améliorant l’accès aux matériaux. Le Japon encourage également la requalification des sédiments de dragage et d’autres sous-produits issus d’aménagements portuaires afin de restaurer et d’améliorer des sites naturels (vasières, prairies sous-marines, par exemple) et des infrastructures marines artificielles (d’algoculture, par exemple) dans le but de lutter contre la pollution par les éléments nutritifs et d’éviter les effets négatifs sur la qualité de l’eau (la turbidité, par exemple) (Japan, 2023[69]).
Augmenter la circularité dans l’utilisation des ressources fait également partie des idées-forces de l’Australie pour lutter contre l’érosion de la biodiversité. La pollution marine et côtière et le changement climatique constituent les principales causes de l’appauvrissement de la biodiversité en Australie, où l’on compterait actuellement 19 écosystèmes dégradés présentant des signes d’effondrement (ou d’effondrement imminent). Dans son dernier SPANB en date, l’Australie déclare avoir pour objectif de réduire les effets de la pollution sur la biodiversité en accélérant la stratégie d’économie circulaire et en réduisant l’empreinte matières et la génération de déchets d’ici à 2030 (Commonwealth Australie, 2024[53]). Le cadre de l’Australie pour l’économie circulaire (Australia’s Circular Economy Framework) présente la restauration de la biodiversité comme étant l’un des objectifs visés par la transition vers une économie circulaire. Il décrit également certains des types d’indicateurs pouvant aider à suivre l’évolution vers une économie plus circulaire, comme le recul de la biodiversité, ainsi que d’autres indicateurs comme l’utilisation de l’eau, les émissions de GES, la qualité de l’eau, des sols et de l’air, et la capture et la réutilisation des éléments nutritifs (DCCEEW, Australie, 2024[92]). Le SPANB souligne également l’importance de lutter contre la pollution par les plastiques pour atténuer la pression sur les écosystèmes dulcicoles et marins, et d’assurer une bonne gestion environnementale des produits chimiques face aux risques qu’ils font peser sur les ressources en eau, la faune et la flore sauvages et la santé humaine (DCCEEW, Australie, 2024[93]).
Tableau 5.11. Exemples de politiques et de projets mis en œuvre cités dans les SPANB et illustrant les liens entre biodiversité et pollution
Copier le lien de Tableau 5.11. Exemples de politiques et de projets mis en œuvre cités dans les SPANB et illustrant les liens entre biodiversité et pollution|
Instrument d’action |
Politiques et projets mis en œuvre |
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Source : Tableau élaboré par les auteurs à partir de l’examen des documents nationaux.
Pour ce qui est des arbitrages entre les actions publiques ciblées sur la conservation de la biodiversité et celles ciblées sur la réduction et la gestion de la pollution, en revanche, les pays accordent beaucoup moins d’attention à la gestion de ces risques. Étant donné l’importance des services écosystémiques régulateurs pour assurer la qualité de l’air, de l’eau et des sols, cette lacune pourrait s’expliquer en partie par le fait que les initiatives en faveur de la biodiversité génèrent souvent automatiquement des synergies avec les objectifs de pollution. Néanmoins, l’absence d’analyse de fond dans les SPANB sur la question des arbitrages constitue une occasion manquée de réfléchir aux risques associés aux mesures de lutte contre la pollution, par exemple le transfert involontaire de la charge (voir aussi le chapitre 4).
5.3.6. Les documents nationaux sur la pollution sont hétérogènes et contrastés, mais certains liens avec le changement climatique et la perte de biodiversité sont reconnus
Bien que les pays reconnaissent le besoin d’une approche intégrée pour lutter contre la pollution (par exemple, la Recommandation sur la prévention et le contrôle intégrés de la pollution (OCDE, 1991[94])), il n’existe pas de document national exposant en détail la manière dont les pays comptent s’attaquer aux différentes dimensions de la pollution11 et pouvant être considéré comme l’équivalent des BTR et des SPANB. Le paysage national en matière de gestion et de réduction de la pollution est défini par un ensemble de politiques et de plans disparates élaborés en réponse à différentes priorités et accords multilatéraux sur l’environnement visant différents puits naturels (l’air, par exemple) et polluants (les produits chimiques, par exemple) à différentes étapes de leur cycle de vie (Allan et al., 2025[95]).
La pollution atmosphérique est largement reconnue comme un enjeu environnemental majeur ayant un impact sur la santé humaine et les écosystèmes (WHO, 2021[96]). La pollution de l’air comprend les interactions complexes entre un ensemble de substances dont les sources et les caractéristiques diffèrent. Par exemple, les sources des émissions peuvent être fixes (installations industrielles, par exemple) ou mobiles (véhicules, par exemple). Les polluants atmosphériques peuvent être émis directement ou formés à partir de précurseurs (par exemple, le CH4 et le NOx pour l’ozone troposphérique). Les polluants émis dans l’air ont aussi des répercussions sur d’autres puits naturels. Par exemple, le dépôt de polluants atmosphériques par le biais des précipitations peut influer sur la qualité de l’eau par les phénomènes d’acidification et d’eutrophisation (Edo et al., 2024[97]).
Bien que de nombreux pays mettent en œuvre des mesures d’amélioration de la qualité de l’air en s’appuyant sur les Lignes directrices publiées par l’Organisation mondiale de la santé sur le sujet (WHO, 2021[96]), il n’existe pas de cadre mondial unique en matière de lutte contre la pollution atmosphérique (UNEP, 2021[98]). Les actions menées pour réduire la pollution de l’air ont été progressivement renforcées et étendues sur le plan de la reconnaissance des liens avec d’autres enjeux environnementaux, notamment à travers la Convention de la CEE‑ONU sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance (Convention sur l’air), ainsi que ses huit protocoles et leurs amendements ultérieurs12. Le Protocole « multipolluants/multisources » relatif à la réduction de l’acidification, de l’eutrophisation et de l’ozone troposphérique (Protocole de Göteborg) a été amendé pour inclure le carbone noir – qui est à la fois un composant de particule fine d’un diamètre inférieur à 2.5 microns (PM 2.5) et un forceur climatique à courte durée de vie (UNECE, 2012[99]). Le dernier processus de révision en date lancé en 2023 prend expressément en compte les liens entre la pollution de l’air et le changement climatique et propose différentes pistes de réflexion plus générales, notamment l’inclusion du CH4 dans les engagements de réduction, une approche intégrée pour les politiques relatives à la qualité de l’air, au changement climatique et à l’énergie, ainsi que des objectifs fondés sur le niveau de risque pour atténuer les effets négatifs sur la santé et les écosystèmes (UNECE, 2024[100]).
La Convention sur l’air encourage le partage d’informations sur les stratégies et les politiques, mais les pays transmettent des informations sur leurs actions de façon beaucoup moins systématique que les rapports d’inventaire des émissions. La Convention a cependant joué un rôle déterminant dans l’élaboration de législations ou leur modification, et il existe des documents nationaux normalisés sur la pollution de l’air dans certaines régions. Par exemple, les limites d’émissions (notamment de sources particulières comme les installations de combustion) définies dans le Protocole de Göteborg ont été transposées dans la directive de l’Union européenne concernant la réduction des émissions nationales de certains polluants atmosphériques (AEE, 2024[101]). Les pays élaborent et communiquent leurs plans de réduction des émissions en utilisant le format commun pour le programme national de lutte contre la pollution atmosphérique (PNLPA) (Commission européenne, 2018[102]). Le format reconnaît clairement les liens d’interdépendance entre la pollution de l’air et le changement climatique et garantit que les politiques sectorielles concernées soient examinées au regard des priorités en matière de changement climatique et d’énergie (voir la section 6.4 du chapitre 6 pour plus de détails sur les mesures de lutte contre la pollution atmosphérique).
Les données s’accumulent également sur les liens des déchets et produits chimiques dangereux avec le climat et la biodiversité. Les Conventions de Bâle, de Rotterdam et de Stockholm sont des accords multilatéraux sur l’environnement administrés par le secrétariat commun en vue de protéger la santé humaine et l’environnement des déchets et produits chimiques dangereux. Même si aucun article de ces conventions ne mentionne expressément le changement climatique ou la biodiversité, leurs liens avec les déchets et produits chimiques dangereux sont de plus en plus reconnus depuis quelques années. Le secrétariat commun (en collaboration avec le secrétariat de la Convention de Minimata sur le mercure) a mené des études exploratoires qui ont montré le caractère indissociable de la gestion des produits chimiques et des déchets et de celle du changement climatique (2021[103]) et de l’érosion de la biodiversité (2021[104]).
Les principaux résultats de ces études confortent l’idée qu’il importe d’intégrer les problématiques du changement climatique et du déclin de la biodiversité dans les actions menées pour résoudre les problèmes liés aux déchets et produits chimiques dangereux. Le changement climatique influe sur les émissions primaires des produits chimiques dangereux, avec des répercussions négatives sur la biodiversité. Par exemple, une hausse de l’incidence des invasions de ravageurs peut nécessiter d’augmenter la consommation de pesticides, ce qui peut avoir des effets défavorables sur les espèces, notamment les oiseaux et les pollinisateurs. Le changement climatique peut également accroître les émissions secondaires, libérées par des réservoirs comme les sols et les glaciers. Par exemple, le dégel du pergélisol – un réservoir important de mercure – entraînerait une augmentation des quantités de mercure transférées dans les milieux en aval (Chételat et al., 2022[105]). De plus, des variables climatiques comme la température, la vitesse du vent et les régimes de précipitations influent sur le transport des produits chimiques dangereux et leur devenir dans l’environnement. Parce que beaucoup de produits chimiques ont des capacités de bioaccumulation et sont susceptibles de parcourir de longues distances, des espèces et milieux très éloignés des sources originales peuvent aussi être exposés.
Outre ces liens biophysiques, l’accent est mis de plus en plus sur la nécessité d’unifier davantage les efforts de surveillance de l’environnement pour venir à bout de ces problèmes. Par exemple, le rapport mondial de surveillance publié récemment au titre de la Convention de Stockholm souligne les possibilités d’améliorer la coordination avec les autres accords multilatéraux sur l’environnement, dont la CDB et la CCNUCC, en matière de surveillance et de modélisation (UNEP, 2023[106]).
À la lecture des plans nationaux de mise en œuvre présentés par les Parties à la Convention de Stockholm dont les BTR et les SPANB sont analysés, on constate que ces liens y sont peu abordés. Les commentaires portent sur i) la reconnaissance du caractère bioaccumulatif des polluants et de leur transport sur de longues distances par l’air, l’eau et les espèces migratrices (comme indiqué dans le texte de la Convention) et, sur le même sujet, ii) les résultats de la surveillance des concentrations de POP dans les espèces dans différents types d’écosystèmes.
On trouve néanmoins quelques exemples où les enjeux du climat et de la biodiversité sont traités plus en détail. Par exemple, le dernier plan national de mise en œuvre du Canada note l’impact du changement climatique sur la libération de POP et leur devenir dans l’environnement (ECCC, 2024[107]) comme souligné dans l’évaluation réalisée par le Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique (2020[108]). Il évoque également les dispositifs d’évaluation et de réglementation mis en place par le Canada pour les substances tant nouvelles qu’existantes, dont les pesticides et les produits chimiques industriels. Le régime de déclaration de substances nouvelles prévu par la Loi canadienne sur la protection de l’environnement impose d’évaluer les substances nouvelles afin de déterminer si elles pénètrent dans l’environnement en une quantité ou concentration ou dans des conditions de nature, entre autres, à « avoir, immédiatement ou à long terme, un effet nocif sur l’environnement ou sur la diversité biologique ». Des évaluations des substances existantes permettent aussi de déterminer si ces substances sont nocives pour la santé humaine et/ou l’environnement. Le plan national de mise en œuvre du Canada prend également acte de la vulnérabilité particulière de l’Arctique canadien en raison de la tendance des POP à se fixer dans les climats froids ainsi que de l’exposition comparativement plus importante des peuples autochtones de la région du fait de leurs régimes alimentaires dans lesquels les mammifères marins occupent traditionnellement une grande place. En réponse à ces préoccupations, le Canada a lancé plusieurs programmes, dont le Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord (PLCN) qui a pour but de réduire et éliminer autant que possible les contaminants contenus dans les aliments récoltés. Le PLCN facilite également des activités de mobilisation, de renforcement des capacités et de sensibilisation afin que les décisions puissent être prises en connaissance de cause.
Au Pérou, où le secteur agricole (constitué principalement de petites exploitations) représente une part importante de l’économie, l’utilisation excessive et la manipulation inappropriée des pesticides restent un problème majeur. Les cinq pesticides les plus souvent détectés dans ce pays sont considérés comme très dangereux (notamment le chlorpyrifos13, qui a été ajouté en 2025 à la liste des pesticides à éliminer dans le cadre de la Convention) (MoE, Peru, 2024[77]). Le plan national de mise en œuvre présente l’objectif du Pérou d’éliminer ou réduire l’utilisation des pesticides répertoriés dans la Convention en encourageant les solutions de remplacement, notamment des produits chimiques moins dangereux et des pratiques agroécologiques qui permettent de lutter de façon naturelle contre les ravageurs (MoE, Peru, 2022[109]). Par exemple, les filets fauchoirs et l’assainissement des sols sont mentionnés comme solutions de remplacement de la chlordécone, un pesticide couramment utilisé en climat tropical. Dans ce contexte, le service national péruvien de santé agronomique (Servicio Nacional de Sanidad Agraria del Perú, SENASA) propose des informations et des formations au moyen de guides des bonnes pratiques agricoles pour 20 types de cultures courantes dans le pays. Le SPANB du Pérou souligne également l’importance de favoriser l’adoption de ces pratiques agroécologiques pour atténuer les problèmes de santé humaine et de dégradation des microorganismes dans le sol.
5.4. Principaux éléments à retenir
Copier le lien de 5.4. Principaux éléments à retenirPour ce chapitre, vingt documents nationaux d’un échantillon diversifié de dix pays ont été analysés afin d’évaluer le degré d’attention porté par les pays aux interactions entre les dimensions de la triple crise planétaire. Il ressort de cette analyse que les dix pays examinés reconnaissent les liens entre le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution pris deux par deux, tant dans leurs BTR que dans leurs SPANB. En revanche, la « triple crise planétaire » est moins souvent employée comme grille de lecture puisque seuls quatre pays y font expressément référence dans leur BTR (France) ou leurs SPANB (Canada, Inde et Indonésie).
Après avoir étudié le niveau de détail avec lequel les liens d’interdépendance sont abordés, l’analyse conclut qu’ils sont pris en compte inégalement d’un pays à l’autre. Certains documents examinent de façon relativement détaillée et approfondie les liens entre le changement climatique et la biodiversité s’agissant de leurs effets biophysiques, en particulier dans les BTR. Cependant, les BTR comme les SPANB parlent davantage des impacts du changement climatique sur la biodiversité que des conséquences du recul de la biodiversité sur le changement climatique. La plupart des dix pays réfléchissent également, dans leurs BTR autant que dans leurs SPANB, aux moyens de renforcer les synergies entre la conservation de la biodiversité et l’atténuation du changement climatique ainsi que l’adaptation à ses effets. Outre l’intégration d’autres objectifs environnementaux dans la conception des instruments économiques, de réglementation et d’information, ces documents font une large place à tout un éventail de solutions fondées sur la nature, reconnaissant ainsi le rôle de cette dernière dans la régulation du climat et l’amélioration de la résilience face aux effets du changement climatique. Quelques pays soulignent aussi l’importance de l’économie circulaire et de l’efficacité d’utilisation des ressources pour atténuer les pressions sur l’environnement induites par les déterminants interdépendants communs du changement climatique, de la pollution et de l’appauvrissement de la biodiversité. À cet égard, les pays évoquent également divers mécanismes et outils institutionnels qui favorisent une vision plus élargie dans les processus décisionnels et d’allocation budgétaire, comme l’« Optique de climat, de nature et d’économie » au Canada et le « budget vert » en France.
Si l’analyse donne à voir un certain nombre d’exemples d’instruments d’action intégrés, elle met également en évidence deux domaines susceptibles d’être négligés. En particulier, bien que certaines des synergies existant dans les politiques publiques soient évoquées sous l’angle des approches sectorielles comme indiqué dans le format commun des BTR, par exemple pour l’énergie, l’agriculture, les transports et la gestion des déchets/effluents, il est très peu question de la manière dont le changement climatique et l’appauvrissement de la biodiversité pourraient influer sur la gravité et l’étendue de la pollution, aussi bien dans les BTR que dans les SPANB. En outre, la gestion des arbitrages dans les politiques publiques est presque totalement absente du discours, ou bien est traitée d’une manière très générale, en particulier s’agissant de la pollution. Eu égard à l’importance croissante des arbitrages potentiels, par exemple entre la nécessité de développer les énergies renouvelables pour lutter contre le changement climatique, d’un côté, et les risques associés en termes de biodiversité, de l’autre, le fait de ne pas prendre la question en considération apparaît comme une occasion manquée d’anticiper et de gérer les arbitrages.
Références
[101] AEE (2024), Air pollution in Europe: 2024 reporting status under the National Emission reduction Commitments Directive, Agence européenne pour l’environnement (AEE), https://www.eea.europa.eu/publications/national-emission-reduction-commitments-directive-2024.
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Notes
Copier le lien de Notes← 1. Dans le cas des pays pour lesquels le premier BTR n’était pas disponible, les communications nationales (CN) ont été analysées en complément.
← 2. Les petits États insulaires en développement (PEID) et les pays les moins avancés (PMA) peuvent communiquer les informations à leur discrétion.
← 3. Dans le cadre de la présente analyse, l’Inde et l’Ouganda.
← 4. L’inventaire englobe les « émissions par les sources et les absorptions par les puits de tous les gaz à effet de serre non réglementés par le Protocole de Montréal, mesurées, pour autant que les moyens de la Partie le permettent, par des méthodes comparables mises en avant et approuvées par la Conférence des Parties » (UNFCCC, 2009[7])
← 5. L’échelle sans précédent des incendies a motivé le lancement de vastes études sur leurs répercussions sur la biodiversité, qui ont conclu à un déclin général de l’abondance des espèces dans les régions concernées tout en mettant en évidence des impacts tant positifs que négatifs atténués par le régime d’occupation des terres, la sécheresse et les antécédents récents d’incendies (Driscoll et al., 2024[110]).
← 6. On considère que les arbres plantés atteignent leur capacité maximale d’absorption du carbone autour des classes d’âge 4 à 5 (c’est-à-dire entre 16 et 25 ans), après quoi cette capacité décroît.
← 7. L’outil, intitulé « Ecosystem Conservation/Restoration Potential Map » (cartographie du potentiel de restauration/conservation des écosystèmes), superpose des analyses statistiques à des données géospatiales au moyen d’un système d’information géographique (SIG). Il aide les acteurs concernés à comprendre la situation actuelle et anticiper l’état futur, à évaluer le potentiel de réduction des risques de catastrophe et de conservation de la biodiversité, et à élaborer des réglementations relatives à l’utilisation des terres.
← 8. Le BTR de l’Argentine ne couvre pas ce point, mais sa dernière CN, qui date de 2015, en parle de façon « peu détaillée ».
← 9. Les Yungas péruviennes sont composées d’une mosaïque de forêts d’altitude qui présentent un microclimat extrêmement variable.
← 10. La Puna sud-américaine s’étend tout le long de la cordillère des Andes de l’Argentine au Pérou en passant par le Chili et la Bolivie, à une altitude comprise entre 3 000 m et 4 000 m.
← 11. Le plan d’action « zéro pollution » de l’Union européenne pourrait constituer une exception au niveau régional. Il définit une vision selon laquelle la pollution de l’air, de l’eau et des sols est réduite « à des niveaux qui ne sont plus considérés comme nuisibles à la santé et aux écosystèmes naturels [...] » et intègre la prévention de la pollution dans les politiques de l’UE concernées afin de maximiser les synergies et en recensant les compromis nécessaires (Union européenne, 2021[112]).
← 12. Ces protocoles ayant force obligatoire fixent des objectifs de réduction des émissions et définissent les mesures précises à prendre.
← 13. Le chlorpyrifos est aussi interdit en agriculture depuis août 2024 (National Agrarian Health Service of Peru, 2023[111]).