Plus la transformation numérique occupe une place incontournable dans nos vies quotidiennes, plus il est urgent que les femmes contribuent autant que les hommes à lui donner forme. Les femmes représentent plus de la moitié de la population mondiale ; il est impossible d’espérer une économie et une société numériques innovantes et inclusives si une grande partie de la population en est exclue. Pourtant, on constate systématiquement, dans tous les pays de l’OCDE, que les femmes sont sous-représentées dans les métiers spécialisés des technologies de l’information et des communications (TIC). De plus, elles déposent beaucoup moins de brevets liés aux TIC et créent moins d’entreprises de TIC. Les responsables de l’action publique doivent prendre des mesures afin d’encourager les femmes à acquérir les compétences dont elles ont besoin pour travailler dans les TIC et les autres secteurs à forte intensité numérique, afin de favoriser l’entrepreneuriat féminin et afin d’aider les femmes à devenir des inventrices dans le domaine des TIC. Ce faisant, ils pourront repousser les frontières de l’innovation numérique et tirer parti de tous les gains de productivité qu’elle peut offrir.
Perspectives de l’économie numérique de l’OCDE 2024 (Volume 2)
Coup de projecteur. Le potentiel des femmes au service de l’innovation numérique
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La transformation numérique offre de nouvelles perspectives d’autonomisation des femmes et des filles et peut contribuer à une plus grande égalité entre les genres. L’internet, les plateformes en ligne, les téléphones portables et les services financiers numériques offrent aux femmes et aux filles la possibilité de « brûler des étapes » pour accroître leurs revenus, améliorer leurs perspectives d’emploi et accéder à des connaissances contribuant à réduire les inégalités entre les genres. En retour, la participation d’un plus grand nombre de femmes et d’autres groupes sous-représentés au développement des TIC permettra de mettre à profit toute la diversité de points de vue dont on a besoin pour bâtir un avenir numérique plus inclusif.
Au cours des dix dernières années, les inégalités entre les genres se sont substantiellement réduites s’agissant de l’accès à l’internet et de son utilisation dans la zone OCDE (OCDE, 2024[1]). Pour ce qui est de l’utilisation de l’internet, l’écart est de moins de trois points de pourcentage dans presque tous les pays de l’OCDE. Dans beaucoup de pays, le pourcentage de femmes utilisant l’internet dépasse désormais celui des hommes (OCDE, 2024[1]) ; l’écart en faveur des hommes est plus important dans la tranche d’âge comprise entre 55 et 74 ans, mais il s’est beaucoup résorbé (OCDE, 2024[2]). Enfin, on observe très peu de différences entre les genres dans le cas de certaines activités en ligne telles que le fait, entre autres, d’interagir avec l’administration, de faire des achats, ou de recourir à des services bancaires.
S’il y a lieu de se réjouir à bien des égards des progrès déjà accomplis pour combler les fractures numériques entre les genres, il reste néanmoins un long chemin à parcourir jusqu’à l’égalité. Le risque subsiste également qu’au lieu de réduire l’écart en défaveur des femmes et des filles, les avancées technologiques ne l’accentuent. La participation des femmes au développement des TIC reste extrêmement faible (OCDE, 2024[3]). Dans le monde du travail, moins de femmes que d’hommes ont des compétences en intelligence artificielle (IA) et, en 2023, en moyenne dans la zone OCDE, environ 90 % des publications scientifiques consacrées à l’IA ont bénéficié de la contribution d’un homme, tandis que moins de 40 % ont été coécrites par au moins une autrice (OCDE, 2024[4]).
Avoir des compétences en TIC ouvre les portes de l’entrepreneuriat et de l’innovation, mais il y a plus d’inventeurs que d’inventrices et, souvent, les femmes qui fondent des startups reçoivent moins de financements (OCDE, 2023[5]; OCDE, 2018[6]). Il est essentiel que les femmes contribuent à donner corps à la transformation numérique car les technologies génériques puissantes telles que l’IA auront des répercussions de grande ampleur : elles pourraient par exemple renforcer les stéréotypes préjudiciables si les femmes ne jouent pas un rôle actif dans le domaine (UNESCO/OCDE/BID, 2022[7]).
Plus la transformation numérique occupe une place incontournable dans nos vies quotidiennes, plus il est urgent que les femmes contribuent autant que les hommes à lui donner forme. Les femmes représentent plus de la moitié de la population mondiale ; il est impossible d’espérer une économie et une société numériques innovantes et inclusives si une grande partie de la population en est exclue.
Ce Coup de projecteur cartographie les écarts entre les genres et leurs causes possibles tout au long de la vie afin de mettre en évidence les leviers de l’action publique qui permettraient d’exploiter pleinement le potentiel des femmes au service de l’innovation numérique. L’objectif est également de cerner plus précisément les disparités observées dans l’écosystème de l’innovation numérique afin de recenser les domaines dans lesquels les femmes sont distancées ainsi que les possibilités dont elles disposent pour rattraper leur retard. Enfin, il s’agit d’examiner la façon dont les pouvoirs publics peuvent agir en faveur d’un avenir numérique plus innovant et plus inclusif.
Les écarts entre les genres dans les disciplines techniques apparaissent très tôt dans la vie et persistent tout au long de la carrière professionnelle des femmes
Copier le lien de Les écarts entre les genres dans les disciplines techniques apparaissent très tôt dans la vie et persistent tout au long de la carrière professionnelle des femmesToute personne a besoin d’une certaine panoplie de compétences – de base, en TIC et complémentaires – pour pouvoir utiliser les technologies numériques de manière efficace dans sa vie quotidienne et dans le contexte professionnel (OCDE, 2019[8]). C’est pourquoi les écarts de compétences observés entre les genres sont particulièrement inquiétants. Les stéréotypes sexistes associés aux disciplines techniques apparaissent dès l’âge de six ans (Master, Meltzoff et Cheryan, 2021[9]) et influent sur les choix éducatifs et les aspirations professionnelles.
L’enquête de 2022 du Programme de l’OCDE pour l’évaluation internationale des acquis des élèves (PISA)1 révèle qu’en moyenne dans la zone OCDE, moins de 1.5 % des filles de 15 ans souhaitent devenir des professionnelles des TIC quand près de 10 % des garçons du même âge l’envisagent (OCDE, 2024[10]). Le pourcentage de filles qui veulent travailler dans le secteur des TIC dépasse 3 % dans seulement deux pays, alors qu’au contraire, la proportion de garçons qui visent cet objectif dépasse 15 % dans plusieurs pays de l’OCDE. Même parmi les élèves ayant les meilleurs résultats en mathématiques ou en sciences dans la zone OCDE, les garçons sont souvent plus susceptibles que les filles de vouloir devenir ingénieur ou scientifique (OCDE, 2024[10]).
Cette différence pourrait être due au fait que les collégiens et les lycéens tendent à évaluer plus favorablement leurs compétences en mathématiques que les collégiennes et les lycéennes qui obtiennent des résultats similaires aux tests (Wang et Degol, 2013[11]; Zander et al., 2020[12]). L’évaluation qu’ils font de leurs compétences est également moins affectée par des notes inférieures à l’école (Rittmayer et Beier, 2008[13]; Zander et al., 2020[12]).
L’avantage comparatif des filles en compréhension de l’écrit est parfois cité comme une autre explication possible (Breda et Napp, 2019[14]). De fait, les données de l’enquête PISA 2022 montrent que les filles de 15 ans obtiennent des résultats nettement supérieurs à ceux des garçons dans cette catégorie. Dans le même temps, l’écart entre les genres en mathématiques et en sciences est en moyenne relativement faible, ce qui bat en brèche l’argument selon lequel les garçons sont biologiquement prédisposés à mieux réussir dans ces deux matières. Les filles qui sont compétentes en mathématiques ont même plus de chances d’être encore meilleures en compréhension de l’écrit, d’où, peut-être, le fait qu’elles aient une perception diminuée de leurs compétences numériques et une préférence pour les sciences humaines.
Les parents ont aussi toujours eu une influence sur les choix éducatifs et les aspirations professionnelles des élèves. Les réponses à l’enquête PISA 2022 montrent que les parents attendent plus souvent de leurs garçons que de leurs filles qu’ils poursuivent une carrière en lien avec les mathématiques (OCDE, 2024[10])2. Les membres du corps enseignant peuvent aussi renforcer les stéréotypes de genre traditionnels concernant les rôles appropriés des hommes et des femmes au travers de biais conscients ou inconscients, de méthodes d’enseignement, d’activités extrascolaires ou des manuels scolaires choisis (OCDE, 2023[5]).
Des stéréotypes de genre d’origine culturelle peuvent également amener les filles à croire – au travers de ce qu’on appelle la perception de leurs propres capacités – qu’elles ne peuvent pas réussir en mathématiques, alors que leurs performances sont comparables (Zander et al., 2020[12]). Cette croyance se révèle un bon facteur prédictif des résultats futurs et de la filière d’étude des filles (Sakellariou et Fang, 2021[15]). Ce manque de confiance en soi est renforcé par des performances relativement plus élevées dans d’autres matières et l’idée que ces compétences sont innées plutôt qu’acquises. La perception selon laquelle les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) sont intrinsèquement masculins est aussi un stéréotype nuisible qui peut devenir une prophétie autoréalisatrice (Makarova, Aeschlimann et Herzog, 2019[16]). Si les filles ne choisissent pas les filières de l’ingénierie ou de l’informatique parce qu’elles les croient « masculines », il y aura moins de femmes y faisant carrière, ce qui aura pour conséquence de renforcer l’image qui voudrait que ces filières soient masculines.
Plus tard dans leurs études, les filles sont moins susceptibles de suivre un cursus STIM dans l’enseignement supérieur (OCDE, 2024[17]). En moyenne, dans la zone OCDE, seulement un tiers des personnes ayant obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur en STIM en 2021 étaient des femmes, même si ce chiffre de base masque d’importantes différences. Dans presque tous les pays de l’OCDE, les diplômées sont plus nombreuses ou aussi nombreuses que les diplômés dans les filières des sciences naturelles, des mathématiques et des statistiques. De plus, près des deux tiers des personnes diplômées en sciences du vivant ou dans une discipline connexe sont des femmes (OCDE, 2024[18])3. À l’autre extrémité du spectre, on observe que 22.7 % seulement des diplômes délivrés en TIC en 2021 sont revenus à des femmes (OCDE, 2024[17]).
Il existe des disparités importantes entre les pays de l’OCDE. Les femmes représentent un tiers des personnes diplômées en TIC en Grèce, en Israël et en Suède, mais seulement un huitième de ces effectifs en Belgique, au Chili et en Espagne. Pour ce qui est des compétences en TIC, dans l’Union européenne en 2023, plus de deux fois plus de jeunes hommes de 16 à 24 ans que de jeunes femmes de la même tranche d’âge savaient programmer (OCDE, 2024[19])4.
Ces différences de genre évidentes dans l’éducation se propagent sur le marché du travail. Une équipe de recherche des États-Unis a observé que la plus faible confiance en soi des femmes est un facteur expliquant que leurs salaires soient plus bas lorsqu’elles entrent dans la vie active (Sterling et al., 2020[20]). Au moment où les femmes quittent le système éducatif pour trouver un emploi, elles tendent à être confrontées plus souvent que leurs homologues masculins à des attentes plus élevées, à des stéréotypes dommageables et à une culture du travail toxique (OCDE, 2018[6]; Paul, Sultana et Bosu, 2019[21]; Kenny et Donnelly, 2020[22]). Une étude conduite au Canada et aux États-Unis a montré que les hommes pour qui il existe une association implicite forte entre les STIM et la masculinité nouent des relations sociales avec moins de collègues de sexe féminin. Parallèlement, les femmes ayant moins de relations avec des collègues masculins font part d’une plus grande inadéquation de leur carrière et d’un désinvestissement plus important (Cyr et al., 2021[23]). De tels stéréotypes peuvent avoir conduit certaines femmes à abandonner leur carrière dans les STIM.
Dans les pays de l’OCDE, le pourcentage d’hommes ayant un emploi de spécialiste des TIC est trois à sept fois plus élevé que celui des femmes à des postes analogues, sauf en Türkiye où le ratio est seulement de deux (graphique 2.S.1)5. Des écarts du même ordre sont visibles dans des économies partenaires de l’OCDE pour lesquels on dispose de données (Croatie et Malte), même s’ils sont légèrement plus réduits ailleurs (Bulgarie et Roumanie). Les pays où l’on compte la plus grande proportion de spécialistes des TIC dans l’emploi total, comme Israël, l’Estonie, l’Irlande et la Suède, sont aussi ceux où le pourcentage de femmes s’étant spécialisées dans les TIC est le plus élevé. Cependant, même dans ces pays, l’écart entre les genres est persistant et significatif, avec seulement 3 à 4 % des femmes occupant ce type de poste contre 9 à 12 % des hommes.
Graphique 2.S.1. Beaucoup plus d’hommes que de femmes deviennent des spécialistes des TIC
Copier le lien de Graphique 2.S.1. Beaucoup plus d’hommes que de femmes deviennent des spécialistes des TICProportion de spécialistes des TIC dans l’emploi total, par genre, 2023
Note: L’ensemble des spécialistes des TIC recouvre les catégories suivantes de la Classification internationale type des professions de 2008 (CITP-08) : 133, 215, 251, 252, 351, 352 et 742.
Source: OCDE (2024[3]), « Part des emplois à forte composante TIC » (indicateur), Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation numérique, https://goingdigital.oecd.org/indicator/40 (consulté le 2 juillet 2024).
Les femmes représentent globalement entre 11 % (République tchèque) et 24 % (Israël et Estonie) des spécialistes des TIC dans les pays de l’OCDE pour lesquels on dispose de données. Ce pourcentage est de 17 % dans l’Union européenne et de 23 % aux États-Unis. La faible représentation des femmes dans les carrières des TIC s’observe même dans les pays nordiques, pourtant connus pour leur plus grand respect de l’égalité des genres (Corneliussen, 2021[24]). Elle contribue à creuser les inégalités salariales puisque certaines professions spécialisées des TIC, comme celles qui concernent l’IA, bénéficient d’un avantage salarial important (OCDE, 2023[25]).
La pandémie de COVID-19 a mis en lumière et accentué le besoin de compétences en TIC dans l’ensemble de l’économie ; l’augmentation du nombre de postes dans le secteur des TIC pourrait accroître les perspectives d’emploi des femmes. En 2020, le nombre de femmes spécialistes des TIC dans l’Union européenne a progressé de 12 %, soit près du double de sa croissance annuelle moyenne au cours de la décennie précédente. Pendant ce temps, la même année, les effectifs masculins des TIC progressaient à leur rythme annuel moyen de 4 %. Autrement dit, le nombre de femmes spécialistes des TIC croît plus rapidement que celui des hommes. Cependant, si ces taux moyens se maintiennent, il faudra une vie humaine entière (près de 90 ans) pour atteindre la parité. Des efforts importants sont en cours pour que davantage de femmes se tournent vers les TIC : en particulier, en renforçant la transparence et en réduisant les biais des procédures de recrutement.
Encadré 2.S.1. Influence de la (fausse) idée que l’on se fait des emplois liés aux TIC sur le parcours professionnel des femmes
Copier le lien de Encadré 2.S.1. Influence de la (fausse) idée que l’on se fait des emplois liés aux TIC sur le parcours professionnel des femmesLa théorie de la congruence des objectifs offre un cadre convaincant pour comprendre les origines de l’absence relative des femmes dans les carrières des TIC (Diekman et al., 2016[26]). Elle repose sur l’hypothèse que les individus privilégient des carrières en accord avec leurs « objectifs collectifs » (par exemple, altruisme, aide à la communauté, collaboration) et avec leurs « objectifs agentifs » (par exemple, épanouissement personnel, reconnaissance, revenu élevé). Bien que chaque personne accorde de l’importance aux deux, les femmes tendent à donner la priorité aux premiers, et les hommes aux seconds (Diekman et al., 2016[26]).
On représente souvent les spécialistes des TIC comme des personnes antisociales, introverties et solitaires (Jarreau et al., 2019[27]; Dou et al., 2020[28]). Il n’est donc pas surprenant que les carrières dans ce domaine soient perçues comme ne donnant pas d’occasions de soutenir des projets utiles à la communauté et de collaborer avec les autres. Les médias renforcent ce stéréotype en représentant souvent des femmes scientifiques sous les traits d’héroïnes solitaires (Kool, Azevedo et Avraamidou, 2022[29]). Cette inadéquation entre les objectifs personnels et le regard porté sur les métiers des TIC peut décourager certaines femmes d’étudier les STIM.
Il est néanmoins possible de faire évoluer les perceptions. Des recherches montrent qu’apporter la preuve de la façon dont les emplois liés aux TIC peuvent servir des objectifs collectifs pourrait être une bonne stratégie pour orienter davantage de femmes vers les carrières STIM. À titre d’exemple, le Harvey Mudd College propose l’un des principaux programmes d’ingénierie de premier cycle des cursus universitaires hors doctorat aux États-Unis. Il a fait passer son pourcentage de diplômes délivrés en informatique de 12 % à 40 % en cinq ans, en mettant l’accent sur les applications pratiques dès les premiers stades de l’enseignement. Cela a créé une communauté féminine et renforcé la confiance des étudiantes (Jivani, 2020[30]). De nombreuses organisations à but non lucratif cherchent également à orienter les femmes vers ces filières en mettant en lumière des problèmes sociaux qui peuvent être résolus grâce à des compétences liées aux TIC, par exemple Girls Who Code (« les filles qui codent ») ou Ingénieurs sans frontières (McCart, 2016[31]; Girls Who Code, 2024[32]).
À l’avenir, il importe de prendre des mesures pour que le monde professionnel des TIC ne soit plus perçu comme intrinsèquement masculin, notamment en donnant à voir les « objectifs collectifs » associés. Par exemple, la communauté des TIC pourrait accorder des subventions de recherche à des équipes attachées à relever des défis sociétaux, et encourager les programmes de mentorat. Sur le lieu de travail, il pourrait être utile, pour renforcer l’investissement professionnel des scientifiques et des spécialistes des TIC, de les mettre en relation avec les bénéficiaires de leurs projets. En retour, l’évolution du regard porté sur les filières STIM pourrait avoir un double impact positif sur la représentation des femmes et des minorités (Davis et al., 2022[33]). Étant donné les pénuries de main d’œuvre dans les STIM, redessiner le cadre de ces métiers pourrait bénéficier à l’économie toute entière. Au-delà du cas des personnels scientifiques et ingénieurs, des données récentes donnent à penser qu’une approche analogue mettant en avant les aspects sociétaux du travail pourrait aussi amener davantage de femmes à s’engager dans l’entrepreneuriat (Folberg et al., 2023[34]).
Les femmes sont particulièrement absentes de l’écosystème de l’innovation dans les TIC
Copier le lien de Les femmes sont particulièrement absentes de l’écosystème de l’innovation dans les TICL’innovation est un moteur essentiel de la transformation numérique, repoussant la frontière des possibles et tirant les créations d’emplois, la productivité et la croissance durable. L’innovation numérique donne naissance à des produits et services inédits et novateurs, et ouvre la voie à de nouveaux marchés et modèles économiques. De plus, elle peut générer des gains d’efficience dans le secteur public et au-delà.
La proportion de femmes dans les sphères de la recherche, de l’invention et de l’entrepreneuriat est plus faible encore dans l’écosystème de l’innovation numérique (OCDE/Union européenne, 2019[35]). Le taux d’activité entrepreneuriale émergente varie selon les pays et les régions : il est de 30.2 % pour les Chiliennes (au Chili, la pénurie d’emploi est le principal déterminant de l’entrepreneuriat féminin) mais de 2.4 % pour les Polonaises (GEM, 2024[36]; GEM, 2022[37]). Les femmes qui créent une entreprise sont souvent confrontées à des préjugés sexistes socioculturels lorsqu’elles lèvent des capitaux (Breschi, Lassébie et Menon, 2018[38]; FEI et Invest Europe, 2023[39]).
La diversité, synonyme de points de vue variés, profite à l’innovation. Par exemple, des études ont montré que le fait qu’une équipe soit mixte a des effets positifs sur les performances en matière d’innovation (Dai, Byun et Ding, 2019[40]; Wikhamn et Wikhamn, 2020[41]). Cependant, l’accès des femmes à l’entrepreneuriat se heurte à plusieurs obstacles importants : stéréotypes négatifs, discrimination, difficultés à obtenir des financements, et fragilité des liens avec les réseaux entrepreneuriaux. Certaines recherches estiment que si les femmes et les minorités participaient davantage à l’innovation, le produit intérieur brut par habitant des États-Unis pourrait enregistrer une hausse comprise entre 0.6 % et 4.4 % (Cook, Gerson et Kuan, 2022[42]). De plus, résorber l’écart entre les genres s’agissant des dépôts de brevet pourrait faire augmenter de 2.5 % le produit intérieur brut des États-Unis (Hunt et al., 2012[43]).
Les différences de filières d’études observées entre les filles et les garçons sont également manifestes dans l’écosystème de l’entrepreneuriat. Les femmes qui créent une entreprise le font majoritairement dans des secteurs tels que l’éducation et le commerce de détail. Au contraire, elles sont sous-représentées dans le secteur des TIC qui bénéficie largement des investissements en capital-risque. Des données d’Eurostat indiquent que, dans l’Union européenne, les femmes représentent 18 % des travailleurs indépendants dans le secteur des TIC contre 34 % dans l’ensemble de l’économie (Eurostat, 2024[44]). Ce pourcentage chute à 12 % dans la catégorie des travailleurs indépendants qui emploient du personnel. En général, les entrepreneuses se distinguent de leurs homologues masculins par le fait qu’elles sont moins susceptibles d’embaucher ou de miser sur la croissance de leur entreprise (Halabisky, 2018[45]).
Les investissements en capital-risque sont un moteur important de l’innovation numérique. Cependant, au cours des deux dernières décennies, seulement 6 % en moyenne des startups financées par des fonds de capital-risque dans un secteur d’activité lié au numérique ont été créées par des femmes uniquement, et 15 % en moyenne par au moins une femme dans la zone OCDE (graphique 2.S.2)6. L’Australie fait la course en tête avec plus de 11 % d’entreprises fondées par une équipe uniquement féminine et plus de 23 % par au moins une femme.
Graphique 2.S.2. Les femmes créent moins de startups liées au numérique
Copier le lien de Graphique 2.S.2. Les femmes créent moins de startups liées au numériquePart des startups financées par du capital-risque dans un secteur d’activité lié au numérique ayant été créées par des femmes, 2000-20
Note: La base de données de l’OCDE sur les startups réunit des données de Crunchbase et de Dealroom, deux fournisseurs commerciaux de données au niveau des entreprises et de données sur les investissements en capital-risque. Elle contient des informations sur les startups créées entre 2000 et 2020, les fondateurs et les investisseurs. Elle a été développée suivant la méthodologie décrite dans Greppi (2022[46]).
Source: OCDE (2024[47]), « Share of VC-funded start-ups in digital-related activities with female founders » (indicateur), Boîte à outils de l’OCDE sur la transformation numérique, d’après la base de données de l’OCDE sur les startups, https://goingdigital.oecd.org/fr/indicator/36 (consulté le 26 octobre 2023).
Depuis quelques années, l’IA est l’un des principaux moteurs de l’innovation numérique. Cette tendance a fait prospérer les startups liées à l’IA, mais il semble que peu de femmes aient l’occasion d’y contribuer (encadré 2.S.2). À titre d’exemple, une équipe de recherche a analysé les investissements en capital-risque dans les startups spécialisées en IA au Royaume-Uni entre 2012 et 2022 (Wajcman, Young et De Miguel Velazquez, 2023[48]) : 4.9 % de l’ensemble des transactions de capital-risque recensées ont été effectuées avec des entreprises uniquement dirigées par des femmes et près d’un quart avec des entreprises ayant au moins une femme à leur tête ; s’agissant de l’ensemble des transactions avec des startups spécialisées en IA, 2.1 % concernaient des entreprises à la direction uniquement féminine, et 20 % des entreprises comptant au moins une femme fondatrice.
L’accès au financement est souvent un obstacle important à l’entrepreneuriat féminin. Des recherches menées au Royaume-Uni montrent que les entreprises du secteur de l’IA fondées par des femmes uniquement lèvent en moyenne six fois moins de capitaux que leurs homologues fondées par des hommes uniquement. À titre de comparaison, le ratio est de quatre fois moins si l’on considère les startups de l’ensemble de l’économie. Au total, les équipes dirigeantes entièrement féminines ont reçu 0.4 % de tous les capitaux investis dans des startups spécialisées en IA tandis que celles qui étaient entièrement masculines en ont reçu près de 80 %.
Encadré 2.S.2. Les grandes absentes de la recherche et du développement en matière d’IA
Copier le lien de Encadré 2.S.2. Les grandes absentes de la recherche et du développement en matière d’IAPour que tous les avantages de l’IA puissent être exploités, il est fondamental que les femmes et les membres de certains groupes participent à son développement et à son déploiement. Or, en dépit des progrès accomplis sur la voie d’une plus grande diversité, les hommes continuent de dominer la recherche-développement en matière d’IA. En 2023, on comptait à peine plus d’une chercheuse pour trois chercheurs publiant des travaux sur l’IA dans le monde (OCDE, 2024[4]). Même si les revues scientifiques publient de plus en plus de textes co-écrits par au moins une femme, 59 % des publications sur l’IA parues dans le monde en 2023 avaient au moins une co-autrice, tandis que plus de 90 % d’entre elles avaient au moins un co-auteur.
Graphique 2.S.3. Les femmes contribuent moins que les hommes aux publications sur l’IA
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Note: L’identification du genre a été réalisée à l’aide de classificateurs de noms. Pour identifier le genre, Elsevier a attribué une valeur de genre aux seules personnes mentionnées dans la base Scopus pour lesquelles l’algorithme a renvoyé une probabilité de genre > 85 %. Les publications rédigées à la fois par des hommes et des femmes sont comptées deux fois.
Source: OCDE (2024[4]), « Live data: AI research », Observatoire de l’OCDE sur l’IA, https://oecd.ai/en/data?selectedArea=ai-research&selectedVisualization=number-of-research-publications-in-ai-by-gender-and-country (consulté le 2 juillet 2024).
Il est encore plus frappant de constater que, dans le monde entier, 8 % seulement des publications sur l’IA n’ont que des autrices, tandis que 41 % n’ont que des auteurs. Dans la zone OCDE, les femmes contribuent à environ la moitié de l’ensemble des publications sur l’IA. L’analyse à l’échelle des pays révèle des disparités. En Lettonie, 59 % des publications sur l’IA sont rédigées par au moins une femme, les pourcentages les plus élevés suivants étant enregistrés en Italie, en Lituanie et aux États-Unis. Au contraire, au Costa Rica, 14 % des publications sur l’IA ont au moins une autrice, ce chiffre atteignant seulement 25 % au Luxembourg et en République tchèque (graphique 2.S.3).
Le secteur du développement en IA est encore moins féminisé que celui de la recherche en IA. Une enquête menée en 2022 auprès des utilisateurs et utilisatrices de Stack Overflow (une plateforme de partage de connaissances très appréciée de la communauté du développement et de la programmation informatiques) montre qu’à peine plus de 4 % des personnes répondantes sont des femmes. Toutefois, des pays comme la Belgique, le Danemark et la Norvège se distinguent par leur proportion plus élevée, même si modeste, de développeuses en IA (OCDE, 2024[49]).
Des recherches laissent aussi entrevoir que l’écart entre les genres pour ce qui est du financement en capital-risque est lié à la quasi-absence de femmes investisseuses (Balachandra, 2020[50]). Comme les personnes qui prennent les décisions d’investissement en capital-risque ont tendance à orienter la culture et les produits des entreprises destinataires de ces capitaux, cela signifie qu’une influence relativement plus masculine s’exerce globalement sur les nouvelles entreprises (Wajcman, Young et De Miguel Velazquez, 2023[48]). De plus, les décisionnaires des sociétés technologiques sont principalement des hommes : les femmes ne représentaient que 18 % des cadres dirigeants des principales startups et des entreprises spécialisées dans l’IA dans le monde en 2019 (UNU/UNU-CS/EQUALS, 2019[51]). Au Royaume-Uni, 2 % seulement des entreprises et des fonds de capital-risque comptent une majorité de femmes parmi leurs décisionnaires (Wajcman, Young et De Miguel Velazquez, 2023[48]).
Il a été montré que les brevets augmentent les chances d’attirer des investissements en capital-risque et le montant des financements (Comino, Manenti et Thumm, 2019[52]). Malheureusement, il y a moins d’inventrices que d’inventeurs dans le secteur des TIC (graphique 2.S.4)7. En 2021, la proportion de celles-ci était la plus élevée aux États-Unis (18 %) puis au Canada (15 %). Au contraire, elle était la plus faible (4 %) en République tchèque, au Mexique et en Norvège. À titre de comparaison, la proportion d’inventrices, tous secteurs confondus, était de 13 % en moyenne dans la zone OCDE, allant de 7 % en Autriche, en Hongrie et en République slovaque à 23 % au Portugal.
Entre 2011 et 2021, le pourcentage moyen d’inventrices dans le secteur des TIC est passé de 8 % à 9 %8. En moyenne à l’échelle de l’OCDE, au cours de la période 2018-21, 4 % seulement des familles de brevets liées aux TIC ont été inventées par des femmes (uniquement) et 20 % par une équipe composée d’au moins une femme. En République tchèque, on dénombre pas moins de 95 % de brevets inventés uniquement par des hommes ; c’est en Australie que la part des brevets inventés uniquement par des femmes est la plus élevée (15 %).
Il convient aussi de se demander si la discrimination est un obstacle pour les inventrices. Une étude menée aux États-Unis sur les dépôts de brevet a conclu que le taux de réussite est moins élevé pour les inventrices qui portent un nom genré que pour celles qui portent un nom neutre. Cela suggère l’existence d’un biais à l’encontre des femmes pendant le processus d’examen des brevets (Schuster et al., 2020[54]). De plus, l’analyse des enregistrements de droits d’auteur relatifs à des textes lisibles par la machine ou à des programmes informatiques aux États-Unis entre 1978 et 2020 montre que seulement 13 % environ de ces enregistrements listent des autrices, soit l’un des pourcentages les plus faibles de toutes les catégories analysées (United States Copyright Office, 2021[55]). Enfin, d’autres recherches donnent à penser que les femmes qui réussissent à obtenir des brevets ont moins de chances que les hommes de tirer des avantages financiers des droits de propriété intellectuelle (Caviggioli, Colombelli et Ravetti, 2023[56]).
Graphique 2.S.4. Le secteur des TIC compte beaucoup plus d’inventeurs que d’inventrices
Copier le lien de Graphique 2.S.4. Le secteur des TIC compte beaucoup plus d’inventeurs que d’inventricesPart des familles de brevets IP5 liées aux TIC et part des inventeurs et inventrices, 2018-21
Note: Les données se rapportent à la part des familles de brevets IP5 dans le domaine des technologies liées aux TIC, par date de priorité la plus ancienne, et à la part des femmes dans l’ensemble des inventeurs et inventrices de familles de brevets IP5 dans le domaine des technologies liées aux TIC, pondérée par le nombre de familles, par la date de priorité la plus ancienne, et corrigée à l’aide d’une moyenne mobile sur trois ans.
Source: OCDE (2024[53]), STI Microdata Lab : Base de données statistiques sur la propriété intellectuelle, http://oe.cd/ipstats (consulté le 28 juin 2024).
Vers un avenir numérique plus innovant et plus inclusif
Copier le lien de Vers un avenir numérique plus innovant et plus inclusifDes stratégies nationales, des instruments d’action bien conçus et des programmes d’éducation ciblés peuvent aider à encourager davantage de femmes à poursuivre des carrières et à devenir inventrices dans le domaine des TIC. De cette façon, les femmes pourront contribuer à l’innovation numérique et à tous les gains de productivité que celle-ci peut offrir. Les mesures en faveur de l’égalité des genres sont nombreuses ; cette dernière partie sera consacrée à trois objectifs importants que l’action publique peut viser en premier lieu pour mettre en avant le potentiel des femmes en matière d’innovation numérique : combler l’écart de compétences en TIC, promouvoir l’entrepreneuriat féminin dans les TIC et les secteurs connexes, et créer des conditions propices aux inventrices et à leurs inventions.
Combler l’écart de compétences en TIC
Les pays de l’OCDE, qui ont déjà réussi à supprimer les obstacles à la connectivité auxquels les femmes se heurtaient, peuvent aussi donner aux femmes et aux filles les moyens de se prendre en charge en leur offrant la possibilité d’acquérir l’éventail des compétences (de base, en TIC et complémentaires) nécessaires pour s’épanouir dans un monde numérique. Les cursus scolaires des premières années doivent en finir avec les préjugés et les stéréotypes de genre concernant les mathématiques et les sciences. À mi-parcours, les filles et les jeunes femmes doivent être activement encouragées, notamment par les services publics d’orientation professionnelle, à suivre des études en STIM. Enfin, plus tard, les femmes devraient avoir un accès égal aux services de reconversion et de recyclage professionnels. Étant donné que les femmes citent souvent les responsabilités familiales et les coûts dans les raisons qui les empêchent de suivre des programmes de formation des adultes, il est possible de faire davantage pour couvrir les coûts directs et indirects des formations, et de faire en sorte que les opportunités d’apprentissage soient flexibles (OCDE, 2023[5]). Certains pays ont lancé une série d’initiatives innovantes pour aider les femmes et les filles à développer leurs compétences dans les TIC et les domaines connexes (encadré 2.S.3).
Encadré 2.S.3. Des pratiques innovantes pour combler l’écart de compétences en TIC
Copier le lien de Encadré 2.S.3. Des pratiques innovantes pour combler l’écart de compétences en TICDigital Pioneers en Autriche
Le programme Digital Pioneers, cofondé par la Chambre du travail de Vienne (Arbeiterkammer Wien) et par la Fédération de l’industrie autrichienne (Industriellenvereinigung), propose à des femmes âgées de 17 à 27 ans intéressées par les professions en STIM la possibilité de suivre une « année numérique » (Digital Pioneers, 2024[57]). Après huit semaines de formation de base, au cours desquelles elles acquièrent les compétences nécessaires pour entamer avec succès une carrière professionnelle dans les TIC ou un secteur lié, les jeunes femmes travaillent sur des projets dans une entreprise partenaire pendant au moins huit mois afin de mettre en pratique ce qu’elles ont appris. Celles qui réussissent le programme Digital Pioneers, qui se conclut par la présentation de leur projet final, se voient délivrer un diplôme national par l’entreprise partenaire et l’établissement d’enseignement (par exemple, Digital Campus Vorarlberg, BFI Upper Austria, BFI Tyrol).
Women in Tech au Luxembourg
Certains pays mobilisent l’ensemble de leur administration pour favoriser le développement des compétences à l’ère numérique. Par exemple, au Luxembourg, l’initiative Women in Tech vise à sensibiliser largement à la programmation informatique. En plus de promouvoir les compétences en STIM pour les filles dans le cadre du projet Gender4Stem, cette initiative soutient le projet à but non lucratif WIDE pour encourager davantage de filles et de femmes à apprendre la programmation en suivant des cours de code en groupes non mixtes. Cette initiative a également pour objectif de sensibiliser les entreprises et les membres du corps enseignant. À cette fin, elle invite ces derniers à motiver autant les filles que les garçons à travailler dans les STIM. Soutenue par Digital Luxembourg, cette initiative comprend aussi la tenue d’ateliers à l’intention des entreprises et des employeurs sur la façon de recruter et de fidéliser le personnel féminin dans les TIC (Digital Luxembourg, 2023[58]).
Des compétences en numérique pour les femmes mexicaines au XXIe siècle
Le programme Habilidades digitales para las Mexicanas del siglo XXI (des compétences en numérique pour les femmes mexicaines du XXIe siècle) est le fruit d’une collaboration entre le secteur privé (CISCO Networking Academy) et le ministère mexicain du Travail et de la Prévision sociale. Il vise à former des jeunes femmes mexicaines de plus de 16 ans aux TIC et à leur faire acquérir des compétences connexes (Gobierno de México, 2024[59]). Il entend combler la fracture numérique entre les genres en promouvant la littératie et la spécialisation technologique. Désormais entré dans sa deuxième phase, il comprend huit cours gratuits en ligne que chaque personne participante peut suivre en autonomie. Le périmètre de ces cours va des compétences de base (par exemple, comment utiliser un ordinateur) à des compétences plus spécialisées (par exemple, comment programmer en Python ou en JavaScript).
Source: OCDE, questionnaire des Perspectives de l’économie numérique 2024, et sources nationales.
Promouvoir l’entrepreneuriat féminin dans les TIC et les secteurs connexes
Des mesures ciblées peuvent aider à encourager l’entrepreneuriat féminin, par exemple des mesures permettant aux nouvelles entreprises des TIC et d’autres secteurs à forte intensité numérique d’accéder plus facilement à des financements. D’autres approches peuvent être mises en œuvre, comme la création de centres d’entrepreneuriat dédiés et des programmes de mentorat qui proposent des services d’aide au développement d’entreprise adaptés aux femmes entrepreneuses. Aider les femmes à fonder et à développer des entreprises dans les TIC et les autres secteurs à forte intensité numérique peut aussi passer par des incitations fiscales, des subventions et d’autres formes de soutien. Parallèlement, les congés payés et les modalités de travail flexibles sont des composantes importantes pour soutenir les entrepreneuses. Mais il convient de mettre en œuvre ces mesures avec discernement. Par exemple, les droits ne devraient pas être discriminatoires à l’égard des personnes ayant le statut d’indépendant (Neergaard et Thrane, 2011[60]). Des données indiquent que l’adoption d’un congé de paternité est positivement associée à l’entrepreneuriat féminin (Naldi et al., 2021[61]). Divers pays ont lancé des initiatives destinées à augmenter la proportion de femmes dans l’entrepreneuriat et dans l’innovation dans les TIC (encadré 2.S.4).
Encadré 2.S.4. Pratiques innovantes pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin dans les TIC et les secteurs connexes
Copier le lien de Encadré 2.S.4. Pratiques innovantes pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin dans les TIC et les secteurs connexesENISA Emprendedoras Digitales en Espagne
L’initiative ENISA Emprendedoras Digitales est dédiée à financer des projets d’entrepreneuriat numérique pilotés par des femmes, avec pour objectif ultime de réduire l’écart entre les genres dans l’entrepreneuriat (Enisa, 2024[62]). Elle souhaite contribuer à la réalisation de l’objectif de l’Union européenne prévoyant de faciliter la progression des entreprises en croissance et leur accès à des financements. Elle entend également mobiliser 51 millions EUR pour soutenir des projets gérés par des entrepreneuses. Des prêts participatifs peuvent être accordés à des petites et moyennes entreprises émergentes ou en croissance au sein desquelles une ou plusieurs femmes occupent un poste de direction ou de pouvoir (actionnaires ou membres de l’organe de direction ou de l’équipe de gestion). Chaque entreprise bénéficiaire est susceptible de recevoir un prêt compris entre 25 000 EUR et un montant maximal de 1 500 000 EUR.
Tech Undivided au Canada
Dans le cadre de la Stratégie canadienne pour les femmes en entrepreneuriat, Tech Undivided aide des femmes fondatrices d’entreprises technologiques axées sur les matériels et/ou les logiciels d’entreprise dans le Sud de l’Ontario à faire croître et monter en puissance leur activité (ventureLAB, 2024[63]). Pendant six mois, ces femmes participent à des réunions de mentorat et à des ateliers de compétences afin d’apprendre à lever efficacement des capitaux ; à commercialiser nouvelles technologies et propriété intellectuelle ; à attirer des talents ; et à identifier (et attirer) une nouvelle clientèle en pratiquant leur « pitch » (argumentaire de vente) dans le cadre d’un « café des investisseurs » dédié. En plus d’aider sur le plan technologique et commercial, Tech Undivided cherche à réduire les biais inconscients et à créer un écosystème technologique inclusif à même d’accroître la représentation et l’accès au capital.
Programme pour les femmes en entrepreneuriat en Égypte
Le Women Entrepreneurship Program (programme égyptien pour les femmes en entrepreneuriat) a été mis en place par le Centre pour l’innovation technologique et l’entrepreneuriat (Technology Innovation and Entrepreneurship Center – TIEC) pour soutenir les entrepreneuses du domaine des TIC aux premiers stades de leur activité. Cela recouvre la création de produits technologiques ou l’utilisation de la technologie pour commercialiser des produits, par exemple sites web, applications mobiles, logiciels ou plateformes reposant sur l’internet des objets (Égypte, 2024[64]; MCIT, 2024[65]). Ce programme gratuit vise à former les entrepreneuses égyptiennes à l’emploi de méthodologies et de concepts liés aux startups dans les 27 gouvernorats du pays. Établi en 2010, le TIEC a pour mission de stimuler l’innovation et l’entrepreneuriat dans le secteur des TIC local en favorisant le développement des capacités des entreprises et des personnes, en proposant des services d’évaluation et de certification des innovations, et en participant à des initiatives nationales en faveur de l’innovation.
Source: OCDE, questionnaire des Perspectives de l’économie numérique 2024, et sources nationales.
Créer des conditions propices aux inventrices et à leurs inventions
Les spécialistes des TIC façonnent l’avenir avec les nouvelles technologies, et les actifs incorporels (brevets, capital organisationnel et logiciels, par exemple) jouent un rôle dans la promotion de l’innovation numérique. La participation d’un plus grand nombre de femmes et d’autres groupes sous-représentés au développement des TIC permettra de mettre à profit toute la diversité de points de vue nécessaires pour bâtir un avenir numérique plus inclusif. En parallèle, les politiques d’innovation inclusives contribuent non seulement au bien-être social, mais aussi à la croissance économique et à la création d’emplois. Les données sur les brevets tout au long de la carrière montrent que les déséquilibres persistants entre vie professionnelle et vie privée créent davantage d’obstacles pour les femmes que pour les hommes dans l’écosystème de l’innovation. Les pays oeuvrent à accroître le nombre de femmes qui innovent et inventent dans le domaine des TIC (encadré 2.S.5).
Les inégalités entre les genres existent dans de nombreux domaines – du marché du travail à la sphère politique, en passant par la garde des enfants. Quand on s’intéresse spécifiquement au numérique, on constate que l’écart est le plus marqué dans le secteur de l’innovation numérique. Les conséquences de l’inaction sont évidentes : baisse de la productivité, ralentissement de la croissance et creusement des inégalités. C’est pourquoi il est urgent de travailler à réduire l’écart de compétences entre les hommes et les femmes dans le domaine des TIC, à promouvoir l’entrepreneuriat féminin, et à créer des conditions propices aux inventrices et à leurs inventions. C’est de cette manière que les responsables de l’action publique pourront s’assurer que le potentiel des femmes est pleinement exploité au service de l’innovation numérique.
Encadré 2.S.5. Pratiques innovantes destinées à créer des conditions propices aux inventrices et à leurs inventions
Copier le lien de Encadré 2.S.5. Pratiques innovantes destinées à créer des conditions propices aux inventrices et à leurs inventionsPrix européen des femmes innovatrices
Le Prix européen des femmes innovatrices est une initiative portée par le Conseil européen de l’innovation et l’Institut européen d’innovation et de technologie pour promouvoir des femmes pouvant faire figure de modèles dans le domaine de l’innovation (European Innovation Council, 2024[66]). Au total, neuf prix allant de 20 000 EUR à 100 000 EUR sont décernés à des fondatrices d’entreprises créées depuis au moins deux ans et basées dans l’Union européenne ou des pays associés. Une catégorie spécifique est prévue pour les femmes de moins de 35 ans. Les prix sont l’occasion de mettre en avant des innovations de rupture bénéfiques pour les populations et pour la planète.
Empowering Women’s Entrepreneurship aux États-Unis
Empowering Women’s Entrepreneurship est une initiative communautaire lancée sous les auspices de l’Office des brevets et des marques des États-Unis (U.S. Patent and Trademark Office – USPTO) pour accroître l’équité vis-à-vis des femmes, la création d’emplois et la prospérité économique grâce aux idées, aux contributions et aux innovations des femmes (USPTO, 2024[67]). Elle donne à voir des exemples positifs de femmes qui ont réussi, et propose des ressources pour aider les femmes à protéger leur propriété intellectuelle, trouver des financements pour leurs idées, et élargir leur réseau professionnel. Elle est axée sur les domaines liés au secteur des TIC, notamment l’IA (Larrimore, 2024[68]).
Women Scientist Scheme en Inde
Le ministère de la Science et de la Technologie de l’Inde a mis en place le programme Women Scientist Scheme pour donner la possibilité aux femmes de réintégrer la profession après une interruption de carrière (Department of Science & Technology, 2024[69]). Ce programme est structuré autour de trois initiatives : des bourses de recherche en science et en ingénierie, des dispositifs de soutien de projets technologiques destinés à résoudre un problème sociétal, et des formations au droit de la propriété intellectuelle avec une expérience pratique.
Source: Sources nationales et autres.
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[15] Sakellariou, C. et Z. Fang (2021), « Self-efficacy and interest in STEM subjects as predictors of the STEM gender gap in the US: The role of unobserved heterogeneity », International Journal of Educational Research, vol. 109, https://doi.org/10.1016/j.ijer.2021.101821.
[70] Schleicher, A. (2019), PISA 2018: Insights and Interpretations, Éditions OCDE, Paris, https://www.oecd.org/pisa/PISA%202018%20Insights%20and%20Interpretations%20FINAL%20PDF.pdf.
[54] Schuster, M. et al. (2020), « An empirical study of patent grant rates as a function of race and gender », American Business Law Journal, vol. 57/2, pp. 281-319, https://doi.org/10.1111/ablj.12159.
[20] Sterling, A. et al. (2020), « The confidence gap predicts the gender pay gap among STEM graduates », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 117/48, pp. 30303-30308, https://doi.org/10.1073/pnas.2010269117.
[7] UNESCO/OCDE/BID (2022), Les effets de l’IA sur la vie professionnelle des femmes, Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, Paris, https://doi.org/10.1787/32acca2f-fr.
[55] United States Copyright Office (2021), Women in the Copyright System: An Analysis of Women Authors in Copyright Registrations from 1978 to 2020, United States Copyright Office, Washington, D.C., https://www.copyright.gov/policy/women-in-copyright-system/Women-in-the-Copyright-System.pdf.
[51] UNU/UNU-CS/EQUALS (2019), Taking Stock: Data and Evidence on Gender Equality in Digital Access, Skills and Leadership, Université des Nations Unies, United Nations University Institute on Computer and Society/Union internationale des télécommunications, Macao, https://i.unu.edu/media/cs.unu.edu/attachment/4040/EQUALS-Research-Report-2019.pdf.
[67] USPTO (2024), « Learn about WE », page web, https://www.uspto.gov/initiatives/we/learn-about-we (consulté le 5 mars 2024).
[63] ventureLAB (2024), Introducing the New Tech Undivided cohort, 22 juin, ventureLAB, Markham, Canada, https://www.venturelab.ca/news/introducing-the-new-tech-undivided-cohort (consulté le 5 mars 2024).
[48] Wajcman, J., E. Young et J. De Miguel Velazquez (2023), Rebalancing Innovation: Women, AI and Venture Capital in the UK, Alan Turing Institute, Londres, Royaume-Uni, https://www.turing.ac.uk/sites/default/files/2023-10/rebalancing_innovation_-_women_ai_and_venture_capital_in_the_uk.pdf.
[11] Wang, M. et J. Degol (2013), « Motivational pathways to STEM career choices: Using expectancy–value perspective to understand individual and gender differences in STEM fields », Developmental Review, vol. 33/4, pp. 304-340, https://doi.org/10.1016/j.dr.2013.08.001.
[41] Wikhamn, W. et B. Wikhamn (2020), « Gender diversity and innovation performance: Evidence from R&D workforce in Sweden », International Journal of Innovation Management, vol. 24/7, https://biopen.bi.no/bi-xmlui/bitstream/handle/11250/2719034/Wikhamn_Wikhamn_2019.pdf.
[12] Zander, L. et al. (2020), « When grades are high but self-efficacy is low: Unpacking the confidence gap between girls and boys in mathematics », Frontiers in Psychology, vol. 11, https://doi.org/10.3389/fpsyg.2020.552355.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. L’enquête PISA 2022 couvre 81 pays et économies.
← 2. Seuls 17 pays et économies ont adressé un questionnaire aux parents des élèves participant à l’enquête PISA de 2022.
← 3. Données indisponibles pour l’Estonie, la Grèce, le Japon, la Lituanie et le Mexique.
← 4. Ces données proviennent d’une enquête de perception et pourraient donc refléter en partie la faible confiance en soi des jeunes femmes répondantes.
← 5. Les spécialistes des TIC sont désignés à l’aide des codes de la Classification internationale type des professions de 2008 (CITP-08) : 133, 215, 251, 252, 351, 352 et 742. Les emplois sont recensés à l’aide d’une analyse factorielle de la fréquence des tâches liées aux TIC dans différentes professions, à partir des données de l’Enquête de l’OCDE sur les compétences des adultes, voir (Grundke et al., 2017[73]). Cette enquête est réalisée auprès d’un échantillon représentatif de la population âgée de 16 à 65 ans dans les pays participants, voir www.oecd.org/skills/piaac. Pour Israël, les données se rapportent à 2022. Pour le Royaume-Uni, elles se rapportent à 2019. Pour les États-Unis, elles se rapportent à 2017.
← 6. Le secteur des activités liées au numérique comprend les startups classées dans les catégories suivantes : applications mobiles, IA, données et analytique, technologies de l’information, services internet, messagerie et télécommunications, plateformes, logiciels, logiciels d’entreprise, technologies financières (fintech), robotique et semi-conducteurs. Le seuil suivant a été appliqué pour sélectionner les pays : plus de 100 startups financées par du capital-risque avec des informations sur le genre des personnes fondatrices et au moins 40 % des startups financées par du capital-risque avec des informations sur le genre des personnes fondatrices. La moyenne de l’OCDE n’inclut pas les pays suivants : Colombie, Costa Rica, Estonie, Grèce, Hongrie, Islande, Japon, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Nouvelle-Zélande, République slovaque, République tchèque et Slovénie.
← 7. Pour recenser les inventrices, on a utilisé des dictionnaires de genre des noms (dictionnaires de prénoms par pays), suivant la méthodologie décrite dans (Lax-Martinez, Raffo et Saito, 2016[71]). Les familles de brevets IP5 sont des brevets déposés auprès d’au moins deux offices de propriété intellectuelle dans le monde, dont l’un des cinq principaux : l’Office européen des brevets, l’Office japonais des brevets, l’Office coréen de la propriété intellectuelle, l’Office des brevets et des marques des États-Unis et l’Administration nationale de la propriété intellectuelle de la République populaire de Chine. Les chiffres fournis pour 2020 et 2021 sont des estimations établies sur la base des données disponibles pour ces années. Le seuil suivant a été appliqué pour sélectionner les pays pour lesquels on a indiqué la proportion d’inventrices : plus de 50 inventeurs ou inventrices par an et plus de 60 % des noms de ces personnes associés à un genre. Le seuil suivant a été appliqué pour sélectionner les pays pour lesquels on a indiqué la proportion de familles de brevets : plus de 50 familles de brevets IP5 par période de trois ans et plus de 70 % des brevets pour lesquels on a pu identifier le genre de toutes les personnes à l’origine de l’invention. Les pays non pris en compte dans le calcul de la proportion moyenne d’inventrices dans la zone OCDE sont le Chili, la Colombie, la Corée, le Costa Rica, l’Estonie, la Grèce, l’Islande, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, la République slovaque et la Slovénie. Les pays non pris en compte dans le calcul de la proportion moyenne de brevets dans la zone OCDE sont le Chili, la Colombie, la Corée, le Costa Rica, l’Estonie, l’Islande, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, la République slovaque et la Slovénie. Pour la proportion des familles de brevets, les données relatives au Mexique, à la Nouvelle-Zélande et au Portugal se rapportent à 2017-20. Les données relatives à la Türkiye se rapportent à 2015-18. Les données relatives au Luxembourg se rapportent à 2014-17.
← 8. Les pays non pris en compte dans le calcul de la moyenne à l’échelle de l’OCDE sont le Chili, la Colombie, la Corée, le Costa Rica, l’Estonie, la Grèce, l’Islande, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, la République slovaque et la Slovénie. Les données relatives au Mexique se rapportent à 2014 et 2020. Les données relatives au Portugal se rapportent à 2010 et 2021. Les données relatives à la Türkiye se rapportent à 2011 et 2020.