La phase la plus récente de la transformation numérique se caractérise par des progrès technologiques rapides qui créent des possibilités et des risques pour l’économie et la société. Le Volume 1 des Perspectives de l’économie numérique de l’OCDE 2024 a apporté des éclairages sur les technologies phares qui sous-tendent la transformation numérique et sur leurs incidences. Le Volume 2 examine les nouvelles orientations des priorités, des politiques et de la gouvernance du numérique dans les différents pays. On y analyse également l’évolution des conditions qui favorisent la transformation numérique, l’innovation et la confiance à l’ère numérique. Une annexe statistique complète ce volume.
Perspectives de l’économie numérique de l’OCDE 2024 (Volume 2)
Résumé
Copier le lien de RésuméPrincipales conclusions
Copier le lien de Principales conclusionsLes stratégies numériques nationales évoluent rapidement et les ministères chargés exclusivement du numérique jouent un rôle plus important dans leur conception et leur coordination
L’administration numérique, la connectivité et les compétences figuraient en tête des priorités des pouvoirs publics en 2023. Les stratégies numériques nationales, qui tendent de plus en plus souvent à être élaborées aux plus hauts niveaux de l’État, constituent l’approche privilégiée par les pays pour coordonner les politiques du numérique. Dans les 38 pays sondés en 2023, près de la moitié des stratégies numériques nationales ont été mises au point par un ministère dédié au numérique, contre à peine un quart en 2016. Parmi les quelque 1 200 initiatives recensées dans les pays de l’OCDE et les économies partenaires en 2023, environ un tiers vise à favoriser l’utilisation efficace des technologies numériques, promouvoir la prospérité sociale et stimuler l’innovation. L’intelligence artificielle (IA) et la 5G sont les technologies les plus fréquemment citées.
La demande de connectivité de qualité, à un prix abordable, progresse, et les pays tendent à donner la priorité à la sécurité, la résilience et la durabilité environnementale des réseaux
La demande de services haut débit de qualité, à un prix abordable, continue d’augmenter. Dans les pays de l’OCDE, la fibre est la technologie d’accès au haut débit fixe qui a connu la croissance la plus rapide au cours des dix dernières années, devenant la technologie dominante. Le déploiement de la 5G se poursuit ; le volume d’utilisation de données mobiles par abonnement dans les pays de l’OCDE a quant à lui presque triplé entre 2018 et 2023. L’accessibilité financière, la disponibilité et la qualité sont des volets essentiels de la lutte contre les fractures numériques. Dans les pays de l’OCDE, les débits descendants médians constatés pour le haut débit fixe dans les zones urbaines étaient supérieurs de 50 % à ceux des régions éloignées des zones métropolitaines au quatrième trimestre 2023. En plus de favoriser la transition vers des réseaux davantage capables de résister à l’épreuve du temps et de lutter contre les disparités, les pouvoirs publics ont pour priorité de gérer l’évolution des structures de marché et de veiller à la sécurité, la résilience et la durabilité environnementale des réseaux de communication.
Les compétences fondamentales, en technologies de l’information et des communications et complémentaires sont essentielles pour prospérer à l’ère numérique
Les compétences fondamentales sont essentielles à une utilisation efficace des technologies numériques. Dans les pays de l’OCDE, la part des élèves de 15 ans obtenant de très bons résultats à la fois en sciences, en mathématiques et en lecture est passée de 4 % en 2012 à 3 % en 2022. Les compétences en technologies de l’information et des communications (TIC) renforcent la capacité à faire face au changement et à continuer d’apprendre. Les compétences complémentaires peuvent améliorer sensiblement l’efficacité et la productivité des individus. Les progrès technologiques de l’IA et de la robotique continueront de transformer la demande de compétences. Les responsables de l’action publique devraient encourager les investissements dans les systèmes d’enseignement et de formation ; favoriser l’apprentissage tout au long de la vie ; faciliter l’accès aux ressources de formation ; reconnaître les formes d’apprentissage non conventionnelles ; attirer les talents par le biais de programmes de visas et de bourses d’études ; et favoriser la mise en place de partenariats public-privé.
Les innovations technologiques ouvrent la voie à des solutions pour atteindre les objectifs de neutralité carbone et protéger la planète
La « double transition » numérique et écologique devrait être mise au service de la protection de la planète. Des technologies numériques telles que l’internet des objets (IdO) et les jumeaux numériques fondés sur l’IA peuvent aider à améliorer les performances énergétiques, réduire les coûts et accélérer l’innovation au niveau des réseaux énergétiques et des chaînes d’approvisionnement. Les infrastructures et services de communication sont nécessaires pour déployer les technologies liées notamment aux réseaux électriques intelligents et à l’agriculture de précision basée sur l’IdO, qui contribuent à la décarbonation. Ils ont toutefois une empreinte écologique qu’il convient de réduire au minimum. Les systèmes mondiaux de transport comptent parmi les secteurs susceptibles de tirer parti des technologies numériques, qui aident à réduire les effets sur l’environnement grâce à la baisse de la consommation de carburant, à la maintenance prédictive et à la mobilité partagée, ainsi qu’aux systèmes de transport bas carbone et aux services de mobilité multimodale.
Les femmes sont une source inexploitée d’innovation numérique
En 2023, les femmes représentaient entre 11 et 24 % de l’ensemble des spécialistes des TIC dans les pays de l’OCDE. Par ailleurs, elles ont déposé beaucoup moins de brevets liés aux TIC et créé moins d’entreprises de TIC. En moyenne, à l’échelle de l’OCDE, au cours de la période 2018-21, 4 % seulement des familles de brevets liées aux TIC étaient attribuées à des femmes uniquement et 20 % à au moins une femme. Au cours des vingt dernières années, dans les pays de l’OCDE, en moyenne 6 % des startups menant des activités liées au numérique et financées par du capital-risque avaient été fondées par des femmes uniquement et 15 % par au moins une femme. Des mesures devraient être prises afin d’encourager les femmes à acquérir les compétences dont elles ont besoin pour travailler dans les TIC et les autres secteurs à forte intensité numérique, de favoriser l’entrepreneuriat féminin et d’aider les femmes à devenir des inventrices dans le domaine des TIC.
Les nouvelles approches politiques et les évolutions de la cryptographie et des technologies de l’information quantique promettent d’améliorer la sécurité des environnements numériques
Pour relever les défis multidimensionnels propres à la sécurité numérique, il importe de limiter les risques suscités par les prestataires de services d’infogérance, qui représentent désormais un risque systémique au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales. Le large éventail d’approches liées aux certifications et aux labels concernant la sécurité des produits et des services constitue en outre un moyen important de réduire le risque de sécurité numérique en améliorant la transparence du marché et la confiance dans les environnements numériques. Les progrès des technologies de l’information quantique offrent également des perspectives de renforcement de la sécurité numérique, mais pourraient mettre à mal certaines méthodes de chiffrement couramment utilisées aujourd’hui et, par conséquent, présenter des risques pour la cryptographie.
L’âge influe sur la consommation médiatique et la confiance ; la plupart des individus s’inquiètent de la protection de leur vie privée en ligne et il convient de repenser les approches en matière d’éducation aux médias
Les données issues de l’édition 2024 de l’enquête Truth Quest de l’OCDE révèlent que les 18-24 ans sont plus susceptibles que les personnes âgées de 65 ans ou plus de s’informer sur les médias sociaux (+25 points) et de se fier aux informations qu’ils y trouvent (+20 points). En moyenne, dans les différents pays, les individus qui font « beaucoup » confiance aux informations diffusées sur les médias sociaux semblent être moins à même d’en déterminer la véracité (54 %) que ceux qui y font « relativement » confiance (59 %) ou ceux qui n’y font « pas beaucoup » ou « pas du tout » confiance (62 %). Plus de la moitié des personnes interrogées évitent d’utiliser certains sites web ou médias sociaux ou certaines applications en raison de craintes pour leur vie privée, et un tiers des individus considèrent qu’ils n’exercent aucun contrôle sur les données à caractère personnel qui les concernent. La lecture d’informations apportant du contexte à un titre n’augmente pas toujours les chances de parvenir à en déterminer la véracité, ce qui soulève des questions quant à la conception des programmes d’éducation aux médias.