Les administrations sont soumises à des pressions croissantes les incitant à exécuter leurs missions plus rapidement, se montrer plus réactives et fournir des services publics fiables et centrés sur l’humain, tout en devant composer avec d’importantes contraintes budgétaires. Les avancées rapides de l’intelligence artificielle (IA), qui ouvrent de nouvelles perspectives aussi vite qu’elles soulèvent des problèmes de gouvernance, renforcent cet impératif. Or, de nombreux systèmes d’administration publique peinent à suivre le rythme.
Désormais, les technologies et données numériques ne sont plus des outils facultatifs à l’appui des réformes ; elles sont un facteur essentiel de performance, de résilience et de fiabilité du secteur public. Les pays Membres de l’OCDE ont nettement progressé dans la construction des fondations de l’administration numérique, guidés par les Recommandations de l’OCDE sur les stratégies numériques gouvernementales (2014), sur l’amélioration de l’accès aux données et de leur partage (2021), sur la gouvernance de l’identité numérique (2023) et sur les services administratifs publics centrés sur l’humain (2024).
Néanmoins, l’enjeu aujourd’hui n’est plus seulement de bâtir ces fondations, mais d’achever une transformation numérique complète de l’État qui aura un véritable effet sur la population et les entreprises. Les pouvoirs publics rompent progressivement avec l’approche cloisonnée de la transformation numérique, pensée sous forme de projets, mais ils doivent encore accentuer leurs efforts pour intégrer des stratégies à l’échelle de l’ensemble de l’administration, qui donnent la priorité aux besoins des usagers, à une élaboration des politiques publiques fondée sur les données et aux modèles de prestation de services s’appuyant sur des plateformes.
La prochaine phase de l’administration numérique devra donc mettre résolument l’accent sur la mise en œuvre effective. À l’instar des administrations numériques plus matures, cela signifie intégrer le numérique, les données et la technologie dans les activités quotidiennes du secteur public (établissement de budgets, réglementation, conception des services, passation de marchés ou encore élaboration de politiques) tout en adoptant des modalités de travail plus itératives, flexibles et collaboratives. Cela nécessite également de mettre les cadres de gouvernance, les compétences et les investissements numériques en adéquation avec l’objectif d’obtenir des améliorations mesurables des prestations offertes à la population et aux entreprises.
Le présent rapport, première édition des Perspectives de l’administration numérique de l’OCDE, présente une évaluation complète et prospective de la situation dans 36 pays Membres de l’OCDE et 8 pays candidats à l’adhésion. À partir des conclusions de l’indice de l’administration numérique 2025 de l’OCDE et de l’indice OURdata (données publiques ouvertes, utiles et réutilisables), il expose à la fois les progrès accomplis et les lacunes qui subsistent, et définit les priorités que les pouvoirs publics devront se fixer pour concrétiser les ambitions de la transformation numérique.