Les nouvelles données de l’OCDE et de l’AIE montrent que le coût budgétaire du soutien mondial aux combustibles fossiles a baissé de 11 % entre 2023 et 2024, passant de 1 031.2 milliards USD à 916.3 milliards USD. Les mesures d’urgence adoptées au moment de la flambée des prix de l’énergie, en 2022, ont été nettement revues à la baisse, voire supprimées au cours de la période considérée. Les coûts d’approvisionnement en énergie, qui servent de prix de référence, ont également continué de diminuer dans de nombreuses régions du monde, quoique de façon moins marquée qu’en 2023, ce qui a réduit la valeur estimée des produits énergétiques fossiles vendus en dessous de ce prix de référence (AIE, 2024[3]). Néanmoins, comme de nombreuses mesures de soutien à la production et à la consommation de combustibles fossiles sont toujours en vigueur, le coût budgétaire du soutien à ces combustibles demeure élevé par rapport à sa moyenne historique (Graphique 2.1).
Selon les estimations de l’Inventaire OCDE, le coût budgétaire des transferts directs et des dépenses fiscales associés aux mesures d’aide aux énergies fossiles s’est élevé à 370.8 milliards USD en 2024. En outre, d’après les calculs de l’AIE, la vente de combustibles fossiles à des prix inférieurs à ceux du marché a représenté 598.4 milliards USD1. Les plus fortes baisses du coût budgétaire des aides ont concerné la consommation finale d’électricité (22 %) et le gaz naturel (13 %). Des reculs moins importants, de 3 % et 7 % respectivement, ont aussi été constatés pour le pétrole et le charbon (Graphique 2.1).
D’après les estimations de l’AIE, le coût de la sous-tarification des combustibles fossiles est resté stable entre 2023 (633.8 milliards USD) et 2024 (598.4 milliards USD). Cela étant, l’Inventaire fait apparaître un recul significatif du coût budgétaire des mesures de soutien aux combustibles fossiles par rapport à 2023, de 441.5 milliards USD à 370.8 milliards USD. Cette évolution s’explique par la diminution du coût budgétaire des mesures de soutien d’urgence mises en place en 2022-23, qui ont été revues à la baisse ou supprimées.
Le coût budgétaire des transferts budgétaires directs s’est élevé à 170.9 milliards USD en 2024, en recul de 22 % par rapport à 2023 (217.7 milliards USD), tandis que les recettes publiques perdues du fait des dispositifs de traitement fiscal préférentiel ont également décliné pour passer à 199.9 milliards USD, contre 223.8 milliards USD en 2023 (Graphique 2.2). La contraction du coût budgétaire des transferts directs s’explique également par l’allégement ou la suppression des mesures de soutien d’urgence, notamment des mesures destinées à compenser la hausse des factures énergétiques et des mesures de réglementation ou de plafonnement des prix de l’énergie appliquées en réaction au niveau exceptionnellement élevé de ces prix en 2022-23.