Les nouvelles données de l’OCDE et de l’AIE montrent que le coût budgétaire du soutien mondial aux énergies fossiles a chuté de près d’un tiers entre 2022 et 2023, passant de 1 612.6 milliards USD à 1 102.1 milliards USD. Les coûts d’approvisionnement en énergie, qui servent de prix de référence, ont baissé dans de nombreuses régions du monde après avoir atteint des niveaux record en 2022, ce qui a réduit la valeur estimée des produits énergétiques fossiles vendus en dessous de ce prix de référence (AIE, 2024[2]). Néanmoins, comme de nombreuses mesures de soutien à la production et à la consommation d’énergies fossiles sont toujours en vigueur, le coût budgétaire du soutien aux énergies fossiles reste élevé par rapport à sa moyenne historique (Graphique 2.1).
Selon les estimations de l’Inventaire OCDE, les transferts directs et les dépenses fiscales associés aux mesures d’aide aux énergies fossiles s’élevaient à 514.1 milliards USD en 2023. En outre, d’après les calculs de l’AIE, la vente de combustibles fossiles à des prix inférieurs à ceux du marché représentait 616.4 milliards USD. Des baisses significatives ont été observées concernant tout à la fois l’électricité, le charbon, le pétrole et le gaz naturel (Graphique 2.1).
D’après les estimations de l’AIE, la sous-tarification des combustibles fossiles a diminué de moitié environ entre 2022 (1 178 milliards USD) et 2023 (616.4 milliards USD). Les prix de référence (fondés sur les coûts d’approvisionnement en énergie) ont reculé, en particulier ceux du gaz naturel, de sorte que l’écart par rapport aux prix à la consommation subventionnés s’est réduit (AIE, 2024[2]). Cela étant, l’Inventaire fait apparaître une légère hausse du coût budgétaire des mesures de soutien aux énergies fossiles entre 2022 et 2023 (de 503.7 milliards USD à 514.1 milliards USD), ce qui montre que les gouvernements ont continué de soutenir la production et la consommation de ces énergies par des mesures spécifiques.
Le coût budgétaire des transferts budgétaires directs s’est élevé à 269.8 milliards USD en 2023 et a ainsi pour la première fois dépassé le montant des dépenses fiscales (qui ont reculé de 260.4 milliards USD en 2022 à 244.3 milliards USD (Graphique 2.2). Il s’explique en majeure partie par la mise en place de différents transferts forfaitaires, par les aides visant à compenser la hausse des factures énergétiques et par les mesures de réglementation ou de plafonnement des prix de l’énergie exceptionnellement élevés à partir de 2022.