Le coût budgétaire du soutien public aux énergies fossiles a diminué d’un tiers environ en 2023 pour s’établir à 1 100 milliards USD, contre 1 600 milliards USD en 2022. Ce recul s’explique en grande partie par la chute des coûts d’approvisionnement en énergie après les niveaux record atteints en 2022, qui a fait baisser le prix de référence et, ce faisant, la valeur estimée des produits énergétiques fossiles vendus en dessous du prix de référence. Néanmoins, comme de nombreuses mesures de soutien à la production et à la consommation de combustibles fossiles ont été maintenues, voire renforcées, le coût budgétaire du soutien aux énergies fossiles reste élevé par rapport à sa moyenne historique.
Le coût budgétaire est en majeure partie (à 90 %) imputable au soutien à la consommation de combustibles fossiles. Celui du soutien aux particuliers a bondi de 29 % pour atteindre le niveau record de 189.3 milliards USD en 2023 (contre 146.4 milliards USD en 2022), tandis que celui du soutien à l’industrie et aux autres secteurs d’activité a progressé de 14 %, passant de 90.9 milliards USD en 2022 à 103.8 milliards USD en 2023. La majeure partie de ce soutien ne ciblait pas systématiquement les personnes les plus en difficulté, ce qui interroge sur son équité et son efficience.
Les incitations économiques en faveur de la décarbonation qui découlent des taxes sur les produits énergétiques, des taxes carbone, des systèmes d’échange de quotas d’émission (SEQE) et des mécanismes de soutien réduisant les prix – dont le tarif effectif du carbone net (TEC net) fait la synthèse – ont diminué par rapport à 2021. Malgré une légère augmentation des taxes carbone et des prix résultant des SEQE, la hausse des mesures de soutien, sous la forme de transferts budgétaires directs au titre des combustibles fossiles et d’accises sur les produits énergétiques peu élevées, a ramené le TEC net moyen à 14.0 EUR/t éq. CO2 en 2023, contre 17.9 EUR/t éq. CO2 en 2021.
En 2023, la part des émissions de GES soumises à un TEC net positif a été comme en 2021 de 42 % ; 27 % des émissions de GES sont concernées par un prix explicite du carbone (taxe carbone ou SEQE).
Le coût budgétaire élevé du soutien public aux énergies fossiles et la faiblesse du TEC net soulignent les défis à relever pour garder le cap de la neutralité carbone sur fond de tensions économiques et géopolitiques.
Des réformes devraient être menées pour assurer un meilleur ciblage de ceux qui ont le plus besoin d’être aidés et éliminer dès que possible le soutien inefficace aux énergies fossiles, afin de libérer des ressources dont les pays ont cruellement besoin pour réaliser la transition vers la neutralité carbone et accélérer l’innovation au service de l’efficacité énergétique.
Étant donné le coût élevé de l’inaction, les gouvernements devraient réaffirmer et concrétiser l’engagement, pris dans le cadre des ODD, de supprimer progressivement ou de réformer les aides inefficaces aux combustibles fossiles, afin de mettre la politique budgétaire en phase avec les objectifs climatiques.
Inventaire OCDE des mesures de soutien pour les combustibles fossiles 2024
Évolution des politiques jusqu’en 2023