Le Pacte de Glasgow pour le climat de 2021 exhortait les pays développés à doubler au minimum, par rapport à 2019, le montant des fonds alloués à l’adaptation dans les pays en développement d’ici 2025. Les travaux menés sous la direction du Comité permanent du financement (CPF) de la CCNUCC ont porté sur les questions relatives au niveau de référence, aux méthodes employées et aux données disponibles jusqu’en 2020 (UNFCCC SCF, 2023[4]). Le premier bilan mondial de l’Accord de Paris réitérait l’appel précité (UNFCCC, 2023[5]). Plus récemment, la COP30 appelait à plus d’efforts pour au moins multiplier par trois le financement de l’adaptation d’ici à 2035, dans le contexte du nouvel objectif chiffré collectif pour le financement de l’action climatique.
Les fonds alloués à l’adaptation en 2019, tels que calculés par l’OCDE d’après les données communiquées par les fournisseurs bilatéraux et multilatéraux, s’élevaient à 18.8 milliards USD. Si l’on prend pour référence le montant du financement public obtenu par l’OCDE, le financement de l’adaptation aurait besoin d’augmenter de 5.8 milliards USD (18 %) en 2025 pour atteindre l’objectif de doublement. Entre 2019 et 2024, les fonds mobilisés pour l’adaptation auprès du secteur privé ont été multipliés par deux, de 1.5 milliard à 3 milliards USD, malgré quelques fluctuations d’année en année au cours de la période.
Les variations d’une année sur l’autre des montants agrégés, ainsi que de leur répartition par thème climatique, peuvent s’expliquer à la fois par les projets de grande ampleur (notamment en matière d’infrastructure) et les ajustements apportés aux méthodologies employées par les fournisseurs pour calculer les montants spécifiquement liés au climat (pourcentage ou composante de la valeur totale d’un projet notifié(e) comme relevant du financement climatique). La forte augmentation du financement climatique total fourni et mobilisé en 2023 était due en partie à un petit nombre de projets de grande ampleur, qui a également de l’influence sur la répartition entre les thèmes climatiques. De surcroît, pour 2023 et 2024, les données relatives au financement bilatéral d’un fournisseur n’étaient pas disponibles et ont donc dû être estimées en fonction des meilleures données probantes disponibles (voir la section « Sources des données » du chapitre « Données et méthodes »). Ces estimations peuvent avoir une influence sur la répartition thématique.
Il existe dans la pratique tout un éventail de défis à relever et d’occasions à saisir pour augmenter le financement de l’adaptation dans les pays en développement. Les défis peuvent être liés aux restrictions économiques et financières, aux limitations techniques et au manque de connaissances, aux capacités institutionnelles et à la fragmentation. Les axes d’action possibles pour les fournisseurs internationaux sont notamment les suivants : apporter un soutien ciblé pour renforcer les capacités des pays en développement et créer des conditions propices au financement de l’adaptation ; améliorer la mise à disposition des fonds destinés à l’adaptation ; étendre le déploiement d’instruments de financement mixte pour mobiliser des financements privés à l’appui de l’adaptation ; recourir à des sources de financement alternatives (OCDE, 2023[6]).
S’agissant de la composition thématique globale de l’ensemble des financements climatiques fournis et mobilisés par les pays développés (Graphique 3), la part de l’adaptation a augmenté entre 2016 et 2020 (de 17 % à un pourcentage record de 34 %) et se situait aux alentours de 25 % en 2023 et 2024. Le financement de l’atténuation continue de représenter une large majorité – près des deux tiers – du financement climatique total. En 2023, les fonds alloués à l’atténuation ont atteint 87.3 milliards USD, en progression de 17.4 milliards USD par rapport à 2022 et après une hausse similaire par rapport à 2021. En 2024, les volumes se sont stabilisés à 86.9 milliards USD. Dans le même temps, l’enveloppe consacrée aux activités ciblant à la fois l’atténuation et l’adaptation est passée de 11.9 milliards USD en 2023 à 15.1 milliards USD en 2024. La part de ces activités a fluctué dans une fourchette relativement stable allant de 7 % à 13 % au cours de la période examinée.