Examens de l'OCDE sur la coopération pour le développement : Finlande 2024
Annexe A. Progrès réalisés par rapport aux recommandations de l’examen par les pairs de 2017
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Recommandations formulées dans l’examen par les pairs de 2017 |
Progrès réalisés |
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1. Appliquer les lignes directrices de 2017 relatives à la société civile, en veillant à tirer parti des partenariats pour améliorer et accompagner les stratégies-pays, à renforcer la société civile dans les pays en développement et à rendre plus prévisibles les fonds pour la coopération locale. |
Recommandation partiellement mise en œuvre Dans l’ensemble, la Finlande a maintenu un niveau d’engagement et de soutien fort en faveur de la société civile, en tirant parti des points forts des OSC. Dans les pays où la Finlande a établi un programme-pays, les demandes de subvention doivent être alignées sur cette stratégie. La durée des projets financés par les fonds pour la coopération locale a été portée d’un à deux ans. Les programmes de financement du MAE pour les OSC finlandaises permettent de renforcer les capacités des partenaires locaux et des procédures de financement accessibles prévoient une certaine souplesse pour permettre aux partenaires de s’adapter aux changements de contexte. Dans l’ensemble, la consultation des OSC pour l’élaboration des politiques publiques semble avoir décliné et les nouvelles conditionnalités de l’APD font peser des incertitudes quant aux futurs cadres de financement. |
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2. Élaborer une approche stratégique globale pour s’engager avec les partenaires multilatéraux, comme base du dialogue stratégique. |
Recommandation partiellement mise en œuvre Dans l’ensemble, la Finlande est perçue comme un partenaire de confiance, soucieux d’assurer un financement stable à ses partenaires multilatéraux, et efficace dans l’acheminement multilatéral des fonds conformément à ses priorités stratégiques. Deux évaluations stratégiques portant sur l’influence du MAE finlandais sur le plan multilatéral ont été entreprises en 2020 et 2022. Les partenaires multilatéraux seraient favorables à des accords de partenariat plus formels afin de garantir la stabilité et la clarté du dialogue stratégique. Certains partenaires multilatéraux clés de la Finlande s’inquiètent de la possibilité d’une réduction significative des financements dans les années à venir. |
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3. Clarifier l’approche de la Finlande en matière de partenariat et de collaboration avec le secteur privé et veiller à l’aligner sur les priorités du développement. Renforcer la capacité du MAE à coordonner et à gérer les instruments du secteur privé, notamment au sein des représentations locales. |
Recommandation partiellement mise en œuvre Les instruments, les mécanismes de financement et les partenariats clés pour travailler avec le secteur privé ont été précisés. Les capacités internes du MAE (Département des politiques de développement) ont été renforcées. Les stratégies-pays décrivent la façon dont les instruments et programmes du secteur privé s’alignent sur les priorités de développement. Toutefois, le MAE ne dispose toujours pas d’une stratégie globale sur la manière dont la collaboration avec le secteur privé (et l’utilisation des instruments connexes) contribue à l’impact sur le développement. Il est possible d’améliorer la coordination et la cohérence entre les travaux du MAE sur le secteur privé menés par le département chargé des politiques de développement et celui du commerce international, et entre les autres parties prenantes au niveau des pays. |
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4. Utiliser davantage les informations sur les résultats à des fins multiples (redevabilité, communication, orientation, apprentissage) et à différents niveaux (entreprise, secteur, projet), et aligner ces informations sur les priorités des ODD et les cadres de résultats des pays partenaires. |
Recommandation partiellement mise en œuvre La Finlande dispose d’un système de gestion des résultats robuste, qui permet les quatre usages des données sur les résultats (redevabilité, communication, orientation, apprentissage), et qui est aligné sur les ODD. Les principaux défis sont liés à la mise en œuvre systématique des différentes étapes dans l’ensemble des modalités et aux possibles changements dans la façon dont la Finlande définit ses objectifs généraux (notamment l’intégration plus étroite du commerce et du développement). Les données préliminaires du 4e cycle de suivi du Partenariat mondial pour une coopération efficace au service du développement montrent la poursuite des bonnes pratiques s’agissant de l’alignement des objectifs des projets bilatéraux sur ceux des pays partenaires, mais des progrès moindres en ce qui concerne l’alignement des indicateurs de résultats et l’utilisation des données des pays partenaires à des fins de suivi. |
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5. S’inspirer de la bonne pratique d’intégration systématique du genre pour améliorer la prise en compte des questions d’environnement, d’atténuation et d’adaptation au changement climatique dans l’ensemble de la coopération pour le développement de la Finlande. |
Recommandation partiellement mise en œuvre La Finlande a reconnu la nécessité de clarifier la définition de ses objectifs en matière de climat et, en 2019, l’objectif climatique a évolué pour devenir deux objectifs : la résilience climatique (adaptation) et le développement à faibles émissions (atténuation) conformément aux objectifs fixés par l’Accord de Paris. Des travaux sont en cours pour déterminer les nouveaux objectifs transversaux à inclure dans des lignes directrices spécifiques aux instruments afin de mieux encourager les efforts d’intégration. La part d’APD déclarée par la Finlande ciblant des objectifs climatiques et environnementaux (en tant qu’objectif principal ou significatif) a progressé. En 2021‑22, 29.7 % du total des engagements de l’APD bilatérale ventilable de la Finlande (211.6 milliards USD) étaient axés sur l’environnement et les conventions de Rio (la moyenne du CAD étant de 35.1 %), contre 25.3 % en 2019‑20. |
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6. La Finlande devrait inverser la tendance à la baisse de son APD – notamment en faveur des PMA – et adopter une feuille de route assortie d’objectifs annuels en vue de respecter son engagement de consacrer 0.7 % du RNB à l’APD et 0.2 % de son RNB aux PMA. |
Recommandation non mise en œuvre L’APD de la Finlande s’est élevée à 0.57 % de son RNB en 2022, contre 0.47 % en 2021 et 0.42 % en 2017, mais la part consacrée aux PMA a chuté à 0.11 % du RNB. Selon le rapport 2021 sur la politique de développement, la Finlande s’est engagée à atteindre l’objectif de consacrer 0.7 % de son RNB à l’APD et 0.2 % de son RNB à l’APD en faveur des PMA en augmentant le financement de la coopération pour le développement de manière progressive et systématique au fil des législatures. La Finlande s’est fixée 2030 comme année cible pour parvenir au ratio de 0.7 % et vise à atteindre dès que possible l’objectif de consacrer 0.2 % de son RNB aux PMA. Toutefois, aucune feuille de route n’a été préparée pour atteindre ces objectifs et le ratio APD/RNB devrait diminuer dans les années à venir. En 2023, les prévisions anticipaient un recul de l’APD de la Finlande pendant quatre années consécutives, pour atteindre 0.43 % du RNB en 2024, 0.36 % en 2025 et 0.33 % en 2028. Le rapport 2024 sur la politique commerciale et de développement ne prévoit pas non plus de feuille de route pour atteindre ces deux objectifs. |
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7. Prendre des mesures pour attirer et retenir au sein du MAE et dans les ambassades des personnes disposant d’une expertise suffisante en matière de politique et de programmes de développement. La Finlande devrait également investir dans une meilleure planification des carrières et des possibilités d’apprentissage pour l’ensemble du personnel. |
Recommandation partiellement mise en œuvre Les ressources humaines liées à la politique de développement sont considérées comme faisant partie intégrante de la planification globale des ressources humaines du MAE. Le nombre total d’employés travaillant dans le domaine du développement n’a pas augmenté et ne devrait pas augmenter. Un « plan stratégique de développement des capacités du personnel » a été approuvé en 2020 et mis en œuvre de 2021 à 2023. Un nouveau plan sera rédigé, d’après les résultats d’une autoévaluation, une fois que les actuels processus de réforme du MAE seront finalisés, d’ici le 1er août 2024. Les formations destinées au personnel chargé de la politique de développement et de la coopération pour le développement ont été mises à jour et une formation de base est obligatoire pour tout le personnel chargé de la coopération pour le développement. |
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8. Veiller à continuer à mettre l’accent sur la lutte contre la pauvreté et l’aide non liée alors que le pays réalise de plus en plus d’investissements liés aux entreprises finlandaises. |
Recommandation partiellement mise en œuvre Les notes de pilotage de Finnfund pour 2017‑23 exigeaient qu’au moins 75 % des nouveaux investissements soient réalisés dans les PFR-PRI ou des pays plus pauvres. Dans les conseils qui accompagnent ses instruments du secteur privé, le MAE a fortement mis l’accent sur le soutien aux pays pauvres et sur les actions qui ont un impact en faveur du développement. La Finlande indique que tous les investissements de Finnfund sont non liés. Le MAE et les partenaires craignent que l’accent mis sur la lutte contre les inégalités et la pauvreté ne pâtisse de l’importance croissante accordée à la promotion du commerce et des exportations. |
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9. Examiner et énoncer les orientations des ministères compétents sur la manière d’appliquer la loi relative aux transferts publics discrétionnaires et d’autres cadres juridiques, en vue de favoriser des partenariats innovants, notamment dans des contextes fragiles complexes. |
Recommandation partiellement mise en œuvre Depuis 2017, on assiste à l’émergence de nouveaux partenariats avec les Nations Unies et la Banque mondiale mais aussi avec la société civile et des start-ups dans des contextes fragiles et des situations de conflit. L’examen à mi-parcours de 2021 a révélé une tendance croissante à la collaboration des équipes du MAE en amont, dès que le financement d’une nouvelle initiative et d’un nouveau partenariat est envisagé afin de déterminer ce qu’il est possible de faire et d’anticiper les obstacles éventuels. Cependant, les restrictions légales liées aux transferts publics discrétionnaires continuent de représenter des obstacles, notamment pour Finnfund. |
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10. Dresser un panorama complet des activités finlandaises dans les pays partenaires de longue date |
Recommandation partiellement mise en œuvre Des stratégies-pays ont été rédigées pour tous les pays partenaires de longue date et approuvées par la direction des départements régionaux concernés en 2020. Ces stratégies couvrent la période 2021‑24 et recensent les différentes actions sectorielles au niveau du pays, énoncent la politique en matière de coopération pour développement, la politique étrangère et en matière de sécurité, ainsi que les relations commerciales et la manière dont elles sont liées aux objectifs stratégiques de la Finlande dans le pays. L’ensemble des stratégies-pays arrivent à terme en 2024 et l’élaboration des nouveaux documents a été retardée dans l’attente de la publication des nouvelles politiques : la politique étrangère et en matière de sécurité a été publiée en juin 2024, et celle en matière de commerce et de coopération pour le développement en juillet 2024. Certaines ambassades ont également dressé une liste complète de toutes les activités finlandaises dans le pays pour compléter les stratégies-pays, reflétant la nécessité de gérer le risque de fragmentation. |
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11. Veiller à ce que des mesures de gestion des risques soient intégrées dans la conception des programmes et mises en œuvre et à ce que les risques fassent l’objet d’un suivi régulier. |
Recommandation mise en œuvre La politique de gestion des risques de l’APD adoptée par le MAE en 2021 exige une évaluation des risques systématique à tous les stades de la gestion de projet. Des plans d’évaluation des risques et de gestion des risques sont obligatoires pour toutes les nouvelles décisions de financement et le MAE a investi dans le renforcement des orientations et des pratiques à l’appui de ces plans. Il ressort toutefois des évaluations qu’il reste encore beaucoup à faire pour renforcer la culture de gestion des risques au sein du MAE, notamment pour favoriser une plus grande tolérance à l’égard du risque. Le MAE souligne également les difficultés à mettre pleinement en œuvre ses politiques de gestion des risques du fait du manque d’effectifs. Le changement d’orientation en faveur d’un recours accru aux investissements et aux instruments du secteur privé dans des contextes tels que l’Ukraine nécessitera également une réflexion continue sur les pratiques de gestion des risques. |
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12. La Finlande devrait développer davantage les plateformes de connaissances existantes et mettre au point un système capable de mettre facilement à la disposition des responsables, des partenaires et des autres parties prenantes des informations et des données probantes pertinentes pour améliorer leur prise de décisions. |
Recommandation partiellement mise en œuvre Depuis 2017, le MAE a significativement investi dans le renforcement de la gestion stratégique, de ses processus opérationnels et des orientations destinées au personnel en lien avec la coopération pour le développement de la Finlande. Cela a notamment donné lieu à la mise à jour de diverses plateformes et outils de gestion des connaissances du MAE. Pour autant, les évaluations récentes sur l’utilisation de preuves évaluatives dans la prise de décisions et les discussions au cours de l’examen par les pairs suggèrent qu’il existe une marge d’amélioration continue à cet égard. |