Afin de veiller à ce que le développement durable demeure une priorité dans un contexte national et international changeant, la Finlande devrait renouer avec son ambition et sa volonté politique en matière de cohérence des politiques au service du développement au sein de l’administration et de la société, en s’assurant que les analyses d’impact de la réglementation tiennent compte des enjeux transfrontliers de développement et que la Commission nationale sur le développement durable, chargée de l’Agenda 2030, dispose des ressources suffisantes.
Conformément à ses engagements et objectifs internationaux et afin d’assurer une plus grande prévisibilité de l’action publique au fil des alternances gouvernementales, la Finlande devrait :
a. stopper les réductions d’APD et définir de façon consensuelle une feuille de route, assortie d’objectifs intermédiaires, visant à consacrer 0.7 % du RNB à l’APD et 0.2 % du RNB à l’APD aux pays les moins avancés d’ici à 2030, comme le recommandait le CAD dans son examen par les pairs de 2017 ;
b. continuer de mettre l’accent sur la réduction de la pauvreté et des inégalités et respecter son engagement en matière de déliement de l’APD, à l’heure où le pays cherche de plus en plus à utiliser la coopération au développement pour promouvoir les entreprises finlandaises.
Tout en adaptant la structure du MAE au contexte changeant de la politique étrangère et en cherchant à lier plus étroitement les objectifs en matière de commerce international et de développement, la Finlande devrait :
a. s’attaquer aux difficultés persistantes que rencontre le ministère pour attirer et retenir des experts du développement, en particulier à des postes de haut niveau ;
b. affecter des ressources pour permettre au MAE de respecter ses priorités d’action, notamment la coopération multilatérale, la coopération déléguée par l’UE et la stratégie « Global Gateway », qui nécessitent une expertise et des connaissances en matière de développement tirées de la présence sur le terrain ;
c. lors de l’externalisation de tâches à d’autres acteurs, s’assurer que les fonctions et les capacités de pilotage nécessaires restent au MAE, conformément à la mission qui est la sienne.
Pour appuyer l’élaboration et la mise en œuvre de politiques robustes et inclusives et orienter les évolutions stratégiques en cours, la Finlande devrait continuer à utiliser des données probantes pour prendre des décisions, y compris en investissant dans des évaluations stratégiques, en adaptant sa pratique de gestion axée sur les résultats à des objectifs plus intégrés et en s’appuyant sur l’expertise de son Comité de la politique de développement.
Afin de maintenir un haut niveau de soutien public à son engagement et à sa coopération au service du développement international, le MAE devrait continuer à travailler en partenariat avec divers acteurs de la société civile, rester fidèle à son engagement de transparence, notamment en renforçant ses outils numériques, et affecter des ressources suffisantes à ses travaux de communication et de sensibilisation en matière de développement.
Alors que la Finlande met un terme à certains de ses programmes-pays bilatéraux, le MAE devrait s’assurer que la coopération continue d’être guidée par les priorités de développement des pays partenaires et gérer le risque de fragmentation grâce à une planification stratégique continue prenant en compte l’ensemble des actions menées par la Finlande dans un contexte donné.
Pour conserver son influence auprès de ses partenaires multilatéraux en dépit de ressources en baisse et d’une présence sur le terrain réduite, la Finlande devrait s’assurer que son financement du système multilatéral est flexible et prévisible, et devrait privilégier des approches conjointes.
Alors que le MAE cherche à impliquer un plus grand nombre d’acteurs du secteur privé finlandais dans les opérations de coopération pour le développement, il devrait :
a. continuer à mettre l’accent sur l’additionnalité, l’impact sur le développement et une approche fondée sur les droits de la personne, en s’appuyant sur les leçons tirées des expériences récentes ;
b. veiller à ce que Finnfund demeure une institution de financement du développement efficace, avec une mission axée sur la réduction de la pauvreté, à mesure que ses responsabilités et son cadre juridique évoluent.
En s’appuyant sur la pratique actuelle du MAE, la Finlande devrait s’assurer que ses systèmes et ses outils de gestion des risques continuent de favoriser une prise de décision éclairée, notamment en s’orientant vers une approche de gestion des risques par portefeuille et en veillant à ce que les analyses de risques tiennent compte du contexte et ne se limitent pas aux risques fiduciaires et contrôles pour adopter une approche globale éclairée par les risques.
Dans la continuation de son soutien indéfectible à la reconstruction de l’Ukraine et alors qu’elle prépare le second volet de son plan national, la Finlande devrait veiller à ce que ce soutien soit guidé par les principes de l’efficacité du développement, prenne en compte le paysage complexe de la gouvernance, tienne compte des aspirations du secteur privé et soit bien coordonnée entre tous les acteurs finlandais, y compris la société civile.