Le BPB du Canada s’est construit une solide image de marque et est largement reconnu comme un intervenant de confiance dans le débat budgétaire. Cette visibilité reflète le Principe 8.1 de l’OCDE, qui souligne l’importance d’une communication efficace avec les médias, la société civile et les autres parties prenantes afin de favoriser l’information auprès des électeurs et de renforcer la responsabilité. Dès sa création, le BPB a adopté une approche d’ouverture vers le public, ses dirigeants s’engageant activement auprès des médias pour promouvoir la transparence et la culture budgétaire. Cependant, ces pratiques restent largement tributaires de la personnalité des individus plutôt que d’être ancrées dans l’institution. L’absence d’une stratégie de communication officielle et les ressources internes limitées consacrées à cette tâche font que l’approche dépend fortement du style et des priorités de chaque directeur parlementaire du budget.
Au-delà des entrevues des dirigeants données aux médias, le Bureau du Directeur parlementaire du budget s’est forgé une réputation de transparence grâce à plusieurs pratiques, notamment la publication de communiqués de presse et l’organisation de conférences de presse visant à faciliter l’interprétation des rapports et des bases de données du BPB, ainsi que l’autorisation donnée au personnel de s’entretenir avec les journalistes à titre officieux. Cette approche ouverte est considérée comme essentielle pour maintenir de solides relations avec les médias.
Néanmoins, le fait de s’en remettre au Directeur parlementaire du budget comme principal porte-parole comporte plusieurs risques. Cela limite le développement d’une voix institutionnelle capable de perdurer aux transitions à la direction, ce qui compromet la continuité lorsque les priorités changent. Le fait de concentrer les responsabilités médiatiques sur une seule personne exerce également une pression opérationnelle sur le Directeur parlementaire du budget. En outre, les commentaires du Directeur parlementaire du budget peuvent être perçus comme des opinions, ce qui soulève des préoccupations en matière de réputation et un risque de politisation. Si les rapports annuels soulignent l’importance de la communication avec le public, l’absence de processus codifiés, comme des lignes directrices pour les relations avec les médias ou des protocoles pour la gestion des erreurs, fait que ces pratiques exposent le Bureau à des risques pour sa réputation. Ces lacunes pourraient nuire à la crédibilité et affaiblir la capacité du BPB à maintenir son influence au fil du temps.
Afin d’intégrer une culture de communication durable, le BPB devrait adopter une stratégie de communication officielle qui privilégie la collaboration avec le Parlement tout en maintenant une communication proactive avec les médias et le public afin de renforcer les connaissances en matière budgétaire (voir l’Encadré 6). Cette stratégie devrait comporter des mesures visant à intégrer l’expertise en communication dès les premières étapes de l’élaboration des rapports, à améliorer l’accessibilité des résultats et à fournir des lignes directrices claires pour la collaboration avec les médias et les messages clés autorisés pour les rapports. Elle devrait également détailler sa politique de correction de l’information publique en cas d’erreurs ou de faux pas, afin de protéger sa crédibilité et de maintenir la confiance. La formation du personnel, qui commencerait dès son arrivée et se poursuivrait périodiquement, contribuerait à garantir l’uniformité et la confiance dans les interactions. Une approche plus décentralisée, dans laquelle les analystes chevronnés s’engageraient davantage publiquement auprès des médias, pourrait également renforcer la crédibilité institutionnelle et réduire la pression opérationnelle sur le Directeur parlementaire du budget, tout en préservant l’influence du BPB en tant que source fiable d’analyse budgétaire.