La situation budgétaire est saine, mais les perspectives à court terme sont entourées d’incertitude, car certaines mesures proposées pour maintenir le respect de la règle fédérale du frein à l’endettement doivent être approuvées par la population. En outre, les tensions sur les dépenses augmentent, ce qui nécessite des réformes ambitieuses pour préserver la viabilité de la dette à long terme.
Au cours des prochaines années, le respect de la règle du frein à l’endettement exigera des sources de recettes supplémentaires, ainsi que des réductions de dépenses bien ciblées. Le gouvernement a l’intention de combiner des mesures portant sur les recettes et sur les dépenses pour parvenir à un budget équilibré entre 2027 et 2029. Le financement du 13e versement mensuel de pension (dit « 13e rente de vieillesse »), qui a été récemment approuvé dans le cadre du système public par répartition, demeure incertain.
Sur le plan des recettes, les projets proposés comprennent un relèvement du taux de TVA destiné à financer la hausse des coûts des retraites et une augmentation des dépenses de défense, et devront être approuvés par votation populaire. En termes de comparaison internationale, le taux de TVA en Suisse est faible, ce qui laisse entrevoir une marge de manœuvre pour un tel relèvement. Toutefois, les recettes attendues de la hausse de taux proposée sont inférieures à ce qui est nécessaire pour financer ces dépenses supplémentaires.
S’agissant des dépenses, le Parlement a adopté le « programme d’allègement budgétaire 2027 », qui devrait permettre de réduire la croissance annuelle des dépenses publiques de 0.2-0.25 % du PIB à partir de 2027. Des réductions généralisées, susceptibles de nuire à l’efficacité des programmes, pourraient être évitées. Des examens réguliers des dépenses publiques qui ne se limitent pas aux subventions et qui sont systématiquement intégrés dans le processus budgétaire annuel contribueraient à préserver l’efficacité des mesures prioritaires.
Au-delà de 2029, des réformes supplémentaires seront nécessaires pour assurer la viabilité de la dette publique. Étant donné que les dépenses de retraite augmentent plus vite que les recettes, le système public par répartition devrait commencer à enregistrer un déficit qui pourrait atteindre environ 0.4 % du PIB d’ici à 2035. La hausse des dépenses de santé va exercer des pressions accrues sur les finances publiques, en particulier à l’échelle cantonale.
Il est possible de remédier aux tensions sur les dépenses de santé en réalisant des gains d’efficience. Une meilleure coordination entre les cantons en matière de planification hospitalière pourrait réduire les chevauchements de capacités. Le développement des modèles de gestion intégrée des soins pourrait faciliter le partage d’informations entre les médecins et inciter à limiter la multiplication des consultations. Une plateforme nationale d’échange de données sur les patients permettrait d’améliorer encore la continuité des soins et de réduire la duplication des services. La diffusion rapide et l’utilisation généralisée des dossiers médicaux électroniques, de la télémédecine et de l’intelligence artificielle offrent des possibilités d’amélioration du rapport coût-efficacité.
Une réforme des retraites plus ambitieuse sera indispensable pour assurer la viabilité des finances publiques à long terme. Un projet de réforme des retraites est en cours d’élaboration et vise à inciter à travailler au-delà de l’âge de référence de la retraite, fixé à 65 ans, qui est inférieur à celui en vigueur dans la plupart des pays de l’OCDE. Lier l’âge de la retraite aux gains d’espérance de vie serait un moyen efficace d’assurer la viabilité des finances publiques à long terme.