L’économie du Canada a fait preuve de résilience et la croissance est repartie à la hausse en 2024. Toutefois, en termes de PIB par habitant, les résultats sont depuis quelques années inférieurs à ceux d’autres pays de l’OCDE. L’activité économique est maintenant confrontée à d’importantes difficultés qui tiennent à la hausse des droits de douane imposés par les États-Unis, du fait des liens très étroits qui existent entre les deux économies, et aux incertitudes qui pèsent sur la situation économique mondiale. De plus, le Canada doit affronter plusieurs défis économiques structurels, parmi lesquels une productivité peu élevée, un fort endettement des ménages conjugué à une faible accessibilité du logement et une forte exposition à des risques physiques liés au climat. La population canadienne a augmenté fortement depuis quelques années, ce qui a conduit le gouvernement à ajuster et recalibrer ses objectifs d’immigration. Cette hausse démographique sensible a certes contribué à la vigueur de la croissance de la main-d’œuvre, mais elle a aussi mis à mal une productivité du travail déjà peu dynamique.
Dans ce contexte, les quatre principaux messages à retenir de la présente Étude sont les suivants :
Le cadre politique du Canada pour la stabilité macroéconomique reste solide, avec des finances publiques robustes et un secteur bancaire bien capitalisé. Toutefois, il est possible d’améliorer encore l’efficacité du système fiscal et de réduire davantage les risques liés au marché hypothécaire. Face au choc commercial, les autorités monétaires et budgétaires devraient rester flexibles et se tenir prêtes à intervenir en cas de concrétisation des risques.
La croissance rapide de la population a exacerbé les problèmes préexistants d’accessibilité financière du logement. Pour rétablir celle-ci, les pouvoirs publics ont à juste titre mis l’accent sur des mesures visant à stimuler l’offre de logements et fournir des aides aux populations vulnérables. La réforme des lois sur le zonage devrait continuer et les procédures d’octroi d’autorisations devraient être accélérées. Il faudrait aussi améliorer l’accessibilité des logements sociaux et abordables.
Le changement climatique nécessite une accélération sensible des efforts d’adaptation. Les politiques publiques devraient avoir pour objectif de permettre une meilleure divulgation des risques, d’empêcher l’aménagement foncier dans les zones à risque, d’améliorer la résilience des infrastructures et de renforcer la couverture par les assurances.
Améliorer les résultats du Canada en matière de productivité nécessite de conjuguer plusieurs mesures, notamment de rééquilibrer les aides à la R-D, de réduire les obstacles réglementaires sur les marchés intérieurs, de renforcer la concurrence, de stimuler la transformation numérique de l’économie et de mieux utiliser les compétences et les talents des femmes au sein de la population active.