Partout dans le monde, les régimes démocratiques continuent de progresser dans leurs efforts pour assurer la prospérité et la sécurité de leurs citoyens. Toutefois, le contexte dans lequel ils opèrent est en train d’évoluer plus vite que les institutions et les processus dans lesquels s’inscrit leur action, et les citoyens se rendent compte de ce décalage. L’Enquête de l’OCDE sur la confiance révèle que le niveau de confiance des citoyens reste en moyenne faible, en grande partie sous l’effet de deux facteurs interdépendants : l’impression de manquer d’influence sur les décisions des pouvoirs publics et le manque de confiance dans l’aptitude des pouvoirs publics à faire face à des enjeux stratégiques complexes et de long terme.
Les pouvoirs publics ne restent pas passifs, mais, trop souvent, leur aptitude à dialoguer avec la population, à s’adapter et à remplir leur mission au rythme et à l’échelle nécessaires reste limitée. Cela contribue au sentiment que l’action publique est « bridée ». Pourtant, la période actuelle offre une rare occasion à saisir, à l’heure où les progrès de nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle et l’important mouvement de départs à la retraite en cours dans les fonctions publiques des pays de l’OCDE convergent et peuvent faire office de catalyseurs pour la refonte des méthodes de travail des administrations. Afin de tirer parti de cette occasion, les acteurs publics vont devoir transformer leur mode de fonctionnement et se lancer dans des changements profonds et structurels allant bien au-delà des réformes progressives menées de longue date pour assurer une bonne gouvernance et développer les institutions.
À la lumière des pratiques les plus avancées répertoriées dans la zone OCDE et au-delà, le présent rapport fixe un cap initial pour débrider l’action publique, cap qui devra continuer à évoluer dans le temps. Ce cap s’articule autour de quatre objectifs synergiques :
1. une relation nouvelle entre les pouvoirs publics et les citoyens permettant aux citoyens d’exercer une influence visible sur l’action publique au-delà du cadre des seules élections et aux pouvoirs publics de mieux comprendre la population, de gérer des arbitrages difficiles et de prendre des décisions stratégiques qui suscitent l’adhésion de la société.
2. une nette simplification des administrations et de la réglementation rendant l’appareil administratif plus lisible, cohérent et réactif, au service de meilleures réalisations pour les citoyens, les entreprises et les agents publics.
3. le rétablissement de la marge de manœuvre budgétaire, pour que les pouvoirs publics puissent investir dans les priorités émergentes et procéder à des choix actifs quant à l’usage des fonds publics.
4. une administration préparée et proactive qui s’appuie sur les données, les technologies numériques et la prospective pour anticiper les défis, gérer l’incertitude et assurer les services publics.