Le Conseil de l’OCDE recommande que les Adhérents à la Recommandation sur l’amélioration des perspectives offertes aux jeunes (OCDE, 2022[1]) favorisent l’insertion sociale et le bien-être des jeunes au-delà des retombées économiques, en prenant des mesures ciblées sur les jeunes en situation de vulnérabilité et/ou en difficulté.
Boîte à outils de l'OCDE sur les politiques en faveur des jeunes
3. Pilier IV – Insertion sociale et bien-être des jeunes
Copier le lien de 3. Pilier IV – Insertion sociale et bien-être des jeunesRecommandation IV.1
Copier le lien de Recommandation IV.1Fournir un soutien au revenu adéquat pour les jeunes ayant des moyens insuffisants, sous réserve des exigences de réciprocité et associé à des services d’activation de haute qualité, et veiller à ce que l’accès soit basé sur les circonstances individuelles des jeunes, et non uniquement sur le revenu parental, afin de favoriser l’autonomie.
Pertinence
Les jeunes sont parfois confrontés à une forte volatilité de leurs revenus lors du passage de la vie scolaire à la vie active, en raison de contrats temporaires et atypiques, d’emplois mal rémunérés et de conditions de travail précaires, d’un risque élevé de licenciement et de périodes de chômage ou d’inactivité (Agence suédoise pour la jeunesse et la société civile, 2023[2]). En moyenne, dans l’OCDE, 12.3 % des jeunes de 18 à 25 ans vivaient en situation de pauvreté relative en 2022, contre 9.8 % de la population adulte (26‑65 ans) (OCDE, 2023[3]). Cette volatilité devient problématique lorsqu’ils ne peuvent compter sur le soutien financier de leur famille et que leur épargne ou leur accès aux prêts sont limités (Department of Children and Youth Affairs, 2015[4]). La pauvreté en début de carrière peut également avoir des conséquences durables sur leur perspectives professionnelles et salariales à vie si elle les enferme dans des emplois mal rémunérés et de mauvaise qualité, le chômage, le sous-emploi et l’inactivité, sans qu’ils aient la possibilité de poursuivre ou de reprendre des études et de rompre ce cercle vicieux (Department of Children and Youth Affairs, 2019[5]).
Le degré de couverture sociale des jeunes varie d’un pays à l’autre et dépend des critères d’éligibilité, liés à l’âge ou autres, des différents régimes de protection sociale en vigueur, comme les prestations d’assurance ou d’assistance chômage, d’aide sociale et de revenu minimum garanti (OCDE, à paraître[6]). Quoi qu’il en soit, les jeunes ayant pour seule ressource financière des dispositifs de remplacement du revenu peuvent se retrouver dans la pauvreté. D’autres dispositions, comme les allocations de logement, les prestations de santé et d’éducation et les mesures en faveur de l’emploi, sont souvent nécessaires pour leur assurer un niveau de vie suffisant.
Les transferts sociaux sont des outils utiles pour prévenir la pauvreté chez les jeunes lors de leur entrée dans la vie active, mais des mesures supplémentaires s’imposent pour leur permettre de devenir autonomes. Isolément, la protection sociale peut décourager le travail et entraver l’entrée sur le marché du travail, créant ainsi des trappes à inactivité parfois importantes pour les jeunes dont les perspectives salariales sont médiocres et dans les pays où les prestations sont plutôt généreuses (OCDE, à paraître[6]).
Il est donc indispensable de compléter les dispositifs de protection sociale par des politiques d’activation pour encourager les jeunes à devenir autonomes grâce à un emploi sûr et stable. De nombreux éléments indiquent que la protection sociale subordonnée à la recherche d’un emploi et à la participation à des politiques d’activation, en favorisant l’accumulation de capital humain, augmente le taux d’emploi des jeunes (Blundell et al., 2004[7]; Dahlberg, Johansson and Mörk, 2009[8]; Kluve et al., 2019[9]; Hernæs, 2020[10]) et réduit leur inactivité (Bratsberg et al., 2019[11]).
Encadré 3.1. La parole aux jeunes
Copier le lien de Encadré 3.1. La parole aux jeunes« De petites opportunités peuvent avoir des effets importants ».
Les jeunes voient qu’un revenu régulier peut véritablement changer la donne. Il leur donne la possibilité d’économiser à diverses fins : une formation complémentaire, un logement ou des loisirs, par exemple. Ces petits pas peuvent entraîner des changements plus profonds et les aider à se sentir plus confiants et prêts à affronter l’avenir.
Consultations avec les jeunes et les organisations de jeunesse
Indicateurs de l’OCDE relatifs aux jeunes
Taux de pauvreté, 0-17 ans, (OCDE, 2024[12])
Satisfaction à l’égard des pouvoirs publics et de la politique sociale, 18-29 ans (OCDE, 2023[13])
Préférences en matière de politique sociale, 18-29 ans (OCDE, 2023[13])
Mesures d’aide au revenu destinées aux jeunes pendant la pandémie de COVID-19 (OCDE, 2021[14])
Autres indicateurs
Revenu des bénéficiaires du revenu minimum garanti (OCDE, 2024[15])
Heures de travail nécessaires pour sortir de la pauvreté pour les familles sans emploi (OCDE, 2024[16])
Allocation d’insertion – Belgique
Contexte
Les jeunes n’ont pas souvent pas le droit à l’assurance chômage, car les salariés doivent généralement avoir cotisé un certain nombre de jours durant une période de référence donnée pour en bénéficier. L’inéligibilité peut amener les jeunes demandeurs d’emploi à ne pas contacter le Service public de l’emploi (SPE) alors même qu’ils auraient droit à une aide à la recherche d’emploi, indépendamment de leurs droits aux prestations. En Belgique, les demandeurs d’emploi âgés de moins de 36 ans doivent avoir travaillé l’équivalent d’un an à temps plein au cours des 21 mois précédents, ce qui exclut de nombreux jeunes diplômés du bénéfice de la prestation. L’allocation d’insertion encourage les jeunes à s’inscrire au SPE dès l’obtention de leur diplôme et offre une aide à ceux qui restent au chômage au cours des premières années suivant leur entrée dans la vie active.
Description
Les jeunes âgés de 18 à 25 ans qui ont terminé leur scolarité obligatoire et se retrouvent au chômage peuvent bénéficier depuis 1991 d’une allocation d’insertion (des modifications étant toutefois intervenues au fil du temps). Les jeunes demandeurs d’emploi peuvent bénéficier de l’allocation pendant trois ans, période qui peut être prolongée dans certains cas. Depuis 2014, par exemple, elle peut être portée à cinq ans pour les personnes en situation de grande précarité (dont celles qui présentent certains besoins médicaux ou mentaux). Les bénéficiaires doivent être disponibles sur le marché de l’emploi et ne peuvent refuser un emploi ou une formation professionnelle appropriés.
Avant de percevoir l’allocation, les demandeurs d’emploi doivent accomplir un stage d’insertion professionnelle d’un an pendant lequel il leur faut être disponibles pour un travail et respecter les obligations en matière de recherche d’emploi. Celles-ci consistent à accepter un emploi, une formation professionnelle ou un contrat de premier emploi convenables et à prendre part à des réunions avec les employeurs, le service de l’emploi ou le service de formation professionnelle. Durant cette période, les demandeurs d’emploi doivent obtenir du SPE deux évaluations positives de leur comportement. Le non-respect des obligations définies par le SPE est sanctionné par la non-comptabilisation des jours d’absence dans la période de stage. Pendant le stage, les demandeurs d’emploi peuvent exercer une activité rémunérée, une activité indépendante ou suivre des formations de courte durée et non intensives à condition de rester disponibles sur le marché de l’emploi.
Résultats
Selon les données portant sur la période 2012‑16, environ 90 000 jeunes âgés de 18 à 29 ans se sont inscrits chaque année pour la première fois au stage d’intégration, la plupart effectuant cette démarche au cours du troisième trimestre. Parmi eux, 48 % étaient titulaires d’un diplôme du deuxième cycle de l’enseignement secondaire, 30 % d’un diplôme de l’enseignement supérieur et 22 % d’un diplôme du premier cycle de l’enseignement secondaire. En moyenne, au cours de cette période, 46 % des jeunes participant au stage d’intégration travaillaient après un trimestre. La proportion était plus élevée (62 %) chez ceux qui avaient une expérience professionnelle antérieure (ce qui n’était le cas que d’une minorité, 14 % des participants). Au bout d’un an, 62 % des participants travaillaient, 10 % étaient toujours au chômage et les 29 % restants étaient inactifs.
Des données plus récentes concernant l’année 2022 indiquent que 18 000 jeunes de moins de 30 ans bénéficient de l’allocation d’insertion. Le flux annuel de nouveaux bénéficiaires a progressivement diminué, passant de 18 000 en 2016 à 8 700 en 2022.
Lectures complémentaires
De Rijksdienst voor Arbeidsvoorziening (2023[17]), Werkzoekende uitkeringsgerechtigde volledig werklozen: Na studies ; FPS Employment, Labour and Social Dialogue (2019[18]), Statistieken Socio-economische monitoring 2019: Bijlagen ; ONEM (2023[19]), Avez-vous droit aux allocations après des études? ; Pudar et al. (2013[20]), Youth policy in Belgium It’s more complex than you think! ; Pulignano. and Doerflinger (2014[21]), Belgian trade unions and the youth; Sécurité sociale (2023[22]), Jeunes.
Assurance chômage pour les diplômés – Danemark
Contexte
Les régimes d’assurance chômage exigent généralement des bénéficiaires qu’ils aient travaillé pendant un nombre déterminé de jours au cours d’une période donnée avant de pouvoir percevoir des prestations. Or les jeunes, et en particulier les jeunes diplômés, peinent souvent à remplir cette condition en raison de leur expérience professionnelle limitée, et sont par conséquent exposés à la précarité financière après l’obtention de leur diplôme. Pour remédier à ce problème, le Danemark a établi des règles d’éligibilité spéciales pour les demandeurs d’emploi nouvellement diplômés et les encourage à s’inscrire auprès du service public de l’emploi. Cette inscription leur donne accès à l’assurance chômage et aux services d’aide à la recherche d’emploi, notamment aux conseils, à l’orientation, voire à des offres d’emploi auxquelles n’ont pas toujours accès ceux qui ne sont pas inscrits.
Description
Les nouveaux diplômés qui ont suivi une formation reconnue par l’État d’une durée minimale de 18 mois peuvent bénéficier de l’assurance chômage à un « taux pour diplômés ». Ils sont exemptés des conditions habituelles relatives à une durée minimale d’assurance et d’emploi. S’ils ont été affiliés à une caisse d’assurance chômage pendant un an au moins avant l’obtention de leur diplôme, ils peuvent bénéficier de prestations dès qu’ils se retrouvent au chômage ; dans le cas contraire, ils doivent attendre un mois. Ils doivent déposer une demande d’admission dans les deux semaines suivant l’obtention de leur diplôme. Pour encourager l’affiliation à la caisse de chômage, une mesure a été adoptée en 2009 qui permet aux étudiants âgés de moins de 30 ans de s’y affilier gratuitement un an avant l’obtention de leur diplôme.
Les diplômés doivent néanmoins satisfaire à d’autres conditions : s’inscrire auprès de l’agence pour l’emploi, rechercher activement un emploi et assister à certaines réunions avec leur caisse d’assurance chômage. Ils doivent également résider au Danemark et, depuis mai 2023, prouver leur maîtrise du danois. S’ils ne parlent pas le danois, ils doivent satisfaire à une obligation d’emploi de 600 heures sur 12 mois au cours des deux dernières années, qui est moins exigeante que celle applicable aux chômeurs non diplômés, à savoir 1 924 heures salariées sur les trois dernières années pour un travail à temps plein ou 1 258 heures pour un travail à temps partiel.
Selon la règle applicable aux diplômés, la durée de l’allocation chômage est d’un an (1 924 heures) sur une période de référence de deux ans. Toute heure travaillée au cours de la période de référence donne droit à deux heures supplémentaires d’assurance chômage et prolonge la période de référence. Celle‑ci ne peut cependant être prolongée que d’un an au maximum. Le montant de l’indemnité varie entre 49 % à 82 % de l’allocation de chômage complète selon l’âge du diplômé, la durée de la période de chômage et les éventuels enfants à charge.
Résultats
Le programme est très sollicité puisqu’en 2015, 47 % des nouveaux diplômés ont bénéficié de prestations de chômage dans les six mois suivant la fin de leurs études (époque où, à la suite de la crise financière mondiale, le chômage des jeunes était encore relativement élevé au Danemark). Dans l’ensemble, on constate que le système danois d’assurance chômage réussit à motiver les individus à chercher un emploi, comme en témoignent les programmes d’activation intensifs qui ont augmenté le taux de retour à l’emploi moyen d’environ 30 % par rapport à celui observé parmi les personnes n’y ayant pas participé. Les jeunes sortent plus rapidement du chômage que les seniors : ainsi, après 10 semaines, 49.3 % des personnes de moins de 30 ans étaient encore au chômage, contre 56.5 % des 40‑49 ans. Une autre étude a établi que l’ensemble des mesures du régime général danois diminuait la durée du chômage de deux semaines environ. L’aide à la recherche d’emploi, les nombreuses réunions et le ressenti de devoir ultérieurement participer à des activités de recherche obligatoires sont autant d’éléments qui favorisent significativement la sortie du chômage.
Lectures complémentaires
A-kasser (2024[23]), Få dagpenge som nyuddannet ; Agence nationale pour le marché du travail et le recrutement (2023[24]), Unemployment insurance funds ; Ministère des Finances (2018[25]), Dagpenge til nyuddannede ; Graversen zr Van Ours (2008[26]), How to help unemployed find jobs quickly ; Vikström, Rosholm and Svarer (2013[27]), The effectiveness of active labor market policies.
Programme national pour l’emploi – Costa Rica
Contexte
Les jeunes qui n’ont pas mené leurs études à terme sont souvent plus exposés au chômage et aux difficultés économiques. Cette corrélation est observable dans la plupart des pays, et elle est particulièrement présente au Costa Rica, où près d’un tiers des jeunes étaient au chômage en 2022 (31 %), soit environ 104 000 jeunes. Ceux qui vivent en dehors de la grande région métropolitaine sont confrontés à des difficultés particulièrement importantes. Dans ces régions, les taux de pauvreté sont plus élevés, l’accès à l’éducation formelle est limité et les emplois sont rares. Pour répondre aux besoins des populations vulnérables et améliorer leur qualité de vie, le Costa Rica a établi, en 2000, le Programme national pour l’emploi (PRONAE). Destiné aux personnes sans emploi ou sous-employées confrontées à la pauvreté (extrême), celui-ci leur apporte une aide économique temporaire conditionnelle et des services d’appui complémentaires.
Description
Le PRONAE compte cinq volets : Idées productives, Formation, Travaux communaux, Travaux communaux dans les territoires indigènes et Emploi. Le volet Emploi (Empléate) est le seul destiné spécifiquement aux jeunes. Il a été intégré au programme en 2012. Empléate favorise l’insertion des jeunes en situation de précarité sur le marché du travail par le biais d’une formation complète et de mesures en faveur de l’emploi. Il comprend trois sous-composantes : Avancemos más, Por mí et Inclusivo (Avançons davantage, Pour moi, et Emploi inclusif) qui visent les jeunes âgés de 17 à 24 ans (et jusqu’à 35 ans pour la dernière).
Empléate apporte une aide financière temporaire subordonnée à la participation à des activités de formation qui préparent des jeunes précaires à l’emploi. Les bénéficiaires peuvent recevoir une subvention mensuelle de 200 000 CRC, qui peut aller jusqu’à 340 000 CRC dans le cas d’une formation intensive, la durée moyenne des prestations étant de six mois. À titre de contexte, le salaire minimum au Costa Rica était de 352 165 CRC en 2023. La composante Avancemos más promeut les professions techniques et spécialisées auprès des jeunes titulaires d’un diplôme de fin d’études secondaires. La composante Por mí s’adresse en revanche à ceux qui n’ont pas fini leurs études secondaires. Enfin, la composante Inclusivo fournit un accompagnement similaire aux jeunes en situation de handicap.
Résultats
En 2023, le PRONAE a prêté appui à 9 268 personnes. Dans une évaluation réalisée en 2018, 59 % des participants estimaient que leur participation à ses projets leur avait permis de trouver un emploi temporaire. L’évaluation a également noté que les initiatives de cette nature doivent impérativement donner la priorité à l’égalité des genres, investir dans la création d’emplois et mieux faire connaître le programme afin d’en optimiser les résultats. En 2023, 5 611 personnes ont participé au volet Empléate. Selon l’évaluation de 2018, celui-ci a prêté assistance à 34 879 personnes entre 2015 et 2017. Il remplit partiellement l’objectif consistant à améliorer l’employabilité des jeunes et a une incidence positive, quoique modérée et temporaire, sur la situation économique et sociale des participants. Bien qu’il motive initialement les jeunes participants, leur enthousiasme disparaît s’ils ne parviennent pas à trouver un emploi. Pour remédier à ces problèmes, les programmes de type Empléate doivent s’attacher à dispenser des formations correspondant aux besoins du marché du travail et assurer un appui suffisant dans les régions reculées du pays.
Lectures complémentaires
Contreras Guzmán et al. (2018[28]), Evaluación de Diseño del Programa Nacional de Empleo ; MTSS Costa Rica (2023[29]), Diseño del plan-presupuesto de los programas y proyectos sociales que solicitan financiamiento del Fodesaf ; OCDE (2024[30]), Infra-annual labour statistics.
Cette pratique appuie également la mise en œuvre des dispositions II.4, II.7 et III.1 de la Recommandation du Conseil sur l’amélioration des perspectives offertes aux jeunes (OCDE, 2022[1]).
Recommandation IV.2
Copier le lien de Recommandation IV.2Harmoniser les régimes fiscaux et les politiques de prestations afin que le travail soit rémunérateur pour tous les jeunes, y compris pour les jeunes parents et les deuxièmes apporteurs de revenu.
Pertinence
Pour nombre de jeunes parents et deuxièmes apporteurs de revenu, les incitations financières à entrer ou à retourner sur le marché du travail peuvent se révéler insuffisantes du fait des spécificités des différents régimes fiscaux des pays de l’OCDE (OCDE, 2022[31]). C’est souvent l’écart de revenus entre rester à la maison et rechercher un emploi qui influence la décision de travailler ou non. Les régimes fiscaux peuvent décourager le travail en augmentant le taux de remplacement, c’est-à-dire le pourcentage du revenu du travail qui peut être perçu tout en bénéficiant de prestations de remplacement du revenu (par exemple, l’assurance chômage, l’assistance chômage, l’aide sociale ou l’allocation de revenu minimum garanti). À titre d’exemple, le taux de remplacement net moyen de l’assurance chômage au sein de l’OCDE pour un parent de deux enfants dont le conjoint perçoit un salaire moyen est de 86 %, ce qui signifie qu’il est également possible de percevoir de l’assurance chômage 86 % d’un salaire quasi moyen (OCDE, 2024[32]). Ces calculs montrent comment les régimes fiscaux peuvent involontairement entraver la participation au marché du travail et l’indépendance économique, en perpétuant les cycles de dépendance et d’inégalité parmi les jeunes familles et les deuxièmes apporteurs de revenu.
Par ailleurs, les deuxièmes apporteurs de revenu éventuels et les parents isolés doivent souvent assumer la garde des enfants, ce qui est difficile à conjuguer avec une entrée sur le marché du travail. Il arrive que les systèmes d’aide à la garde d’enfants ne soient pas conçus de telle sorte que le travail soit attrayant une fois les impôts, les transferts et les frais de garde d’enfants déduits (OCDE, 2018[33]). L’absence de structures de soutien adéquates exacerbe les difficultés financières et accroît le risque de pauvreté. Les personnes en situation de vulnérabilité ont donc du mal à concilier travail et responsabilités familiales tout en parvenant à une stabilité financière.
Le fait d’harmoniser les régimes fiscaux de façon à ce que le travail soit rémunérateur pour tous, y compris pour les jeunes parents et les deuxièmes apporteurs de revenu, peut présenter de nombreux avantages pour les individus comme pour la société dans son ensemble (OCDE, 2022[31]). En éliminant les mesures dissuadant de travailler contenues dans les structures fiscales, davantage de personnes sont motivées pour entrer ou demeurer sur le marché du travail, et contribuent ainsi à des niveaux d’activité économique et de productivité plus élevés. De plus, la mise en place d’un environnement fiscal qui favorise la participation des deuxièmes apporteurs de revenu au marché du travail peut renforcer l’égalité des genres en permettant aux jeunes mères de saisir des opportunités professionnelles et de contribuer aux revenus du foyer. L’égalité des genres est par ailleurs renforcée par l’amélioration d’autres types de soutien (incitation des hommes à prendre un congé parental, amélioration de l’accès à des services de garde d’enfants abordables et plus grande disponibilité de modalités de travail flexible, par exemple) (OCDE, 2018[33]). Lorsque les régimes fiscaux et les avantages sociaux sont conçus de manière à encourager le travail et la sécurité des revenus, il est alors possible non seulement d’améliorer le bien-être financier des individus, mais aussi de renforcer la cohésion sociale et de stimuler une croissance économique inclusive.
Encadré 3.2. La parole aux jeunes
Copier le lien de Encadré 3.2. La parole aux jeunes« Un système de prélèvement fiscaux et de prestations sociales plus efficace est nécessaire pour mettre les jeunes sur la bonne voie dès leur plus jeune âge ».
Les jeunes indiquent que lorsqu’ils occupent des emplois sous-rémunérés ou inférieurs à leur niveau de compétences, cela les pénalise. À la longue, cette situation peut engendrer des problèmes plus graves, comme l’impossibilité d’acquérir un logement ou d’épargner pour la retraite. Une réforme du système permettrait d’éviter que ces inégalités ne s’accumulent.
Consultations avec les jeunes et les organisations de jeunesse
Indicateurs de l’OCDE relatifs aux jeunes
Calculateur web des avantages fiscaux, (OECD, 2024[34])
Satisfaction à l’égard du gouvernement et des politiques sociales, jeunes de 18 à 29 ans (OCDE, 2023[13])
Préférences en matière de politique sociale, jeunes de 18 à 29 ans (OCDE, 2023[13])
Autres indicateurs
Taux net de remplacement des prestations de chômage, (OCDE, 2024[32])
Taux d’imposition implicite sur l’augmentation du temps de travail, (OCDE, 2024[35])
Base de données de l’OCDE sur la famille, Situation des familles du point de vue du marché du travail, (OCDE, 2024[36])
Enseignement préscolaire public gratuit pour les enfants de 3 et 4 ans – Israël
Contexte
Un enseignement préscolaire accessible et abordable pour les jeunes enfants peut contribuer au développement de l’enfant et permettre aux deux parents de participer au marché du travail. Lorsque la prise en charge et l’éducation des jeunes enfants sont peu coûteuses, voire gratuites, les familles, toutes catégories de revenus confondues, peuvent bénéficier de la scolarisation de leurs enfants. Depuis 1999, le gouvernement israélien a donc mis en place un enseignement préscolaire gratuit et obligatoire pour les enfants de 3 et 4 ans.
Si, en Israël, la préscolarisation dans le secteur juif est relativement élevée depuis les années 1970, la proportion d’enfants du secteur arabe bénéficiant d’un enseignement préscolaire est nettement plus faible. Cette différence se note également dans la participation des parents au marché du travail : l’offre de travail des mères du secteur arabe israélien était nettement inférieure à celle de leurs homologues du secteur juif israélien.
Description
L’enseignement préscolaire est gratuit et obligatoire pour tous les enfants de 3 et 4 ans en Israël. La loi sur l’enseignement obligatoire a été promulguée en 1984 et l’enseignement préscolaire gratuit a commencé à être progressivement mis en œuvre à partir de 1999. Dans le cadre du processus de mise en œuvre, la priorité a été accordée aux zones géographiques les moins bien classées sur le plan socio-économique, de façon à ce que les zones défavorisées soient les premières à en bénéficier. Cette politique a continué à être déployée dans le pays jusqu’en 2014. Les parents peuvent choisir d’inscrire leurs enfants dans des établissements publics ou privés.
Cette politique visait à rendre la préscolarisation plus équitable entre les différents niveaux socio-économiques et les secteurs religieux. L’enseignement préscolaire était relativement répandu dans le secteur juif avant sa mise en œuvre, les estimations montrant que 84 % et 98 % des enfants juifs de 3 et 4 ans respectivement fréquentaient des établissements préscolaires publics en 1984. Ce processus de mise en œuvre s’est donc révélé particulièrement difficile dans les municipalités du secteur arabe, où seulement 20 % et 30 % environ des enfants arabes de 3 et 4 ans fréquentaient des établissements préscolaires en 1984. D’importants projets d’infrastructure ont donc dû être menés à bien pour fournir l’espace nécessaire au nombre de places requises.
Résultats
La préscolarisation est aujourd’hui élevée en Israël : 99.7 % des enfants de 3 à 5 ans étaient inscrits dans des établissements préscolaires en 2020. Une évaluation réalisée aux premiers stades de la mise en œuvre a révélé un effet positif significatif sur la participation des mères au marché du travail. Cette étude se fonde sur la mise en œuvre progressive après 1999, qui a entraîné des variations entre les zones géographiques au fil du temps, pour une conception quasi expérimentale. Elle s’appuie sur les données de l’enquête israélienne sur les forces de travail entre 1998 et 2003 et sur un modèle de différence du deuxième degré pour comparer les résultats des femmes dans les villes où la politique a été mise en œuvre à ceux des femmes dans les villes où elle ne l’a pas encore été.
L’analyse révèle que les inscriptions dans les établissements préscolaires et l’offre de travail des mères ont toutes deux fortement augmenté. L’effet sur l’offre de travail a été motivé par une plus grande implication des mères plus éduquées sur le marché du travail. L’auteur de l’étude affirme que la forte réaction à l’intervention indique que les incitations économiques peuvent jouer un rôle important dans la prise de décision concernant l’offre de main-d’œuvre. Il n’y a aucune preuve d’un effet sur les mères qui n’avaient pas d’enfants d’âge préscolaire dans les villes concernées.
Lectures complémentaires
Aram, D. et M. Ziv (2018[37]), Early Childhood Education in Israel:History, Policy, and Practice ; Gravé-Lazi, L. (2015[38]), Education Ministry:Parents can enroll children aged 3 in private preschools next year ; OCDE (2020[39]), PF3.2 Fréquentation des services de garde et d’éducation préscolaire ; Schlosser, A. (2011[40]), Public preschool and the labor supply of Arab mothers:Evidence from a natural experiment ; Shay, D. (2020[41]), Early Childhood Education Frameworks in Israel in International Comparison ; Weiss, A. (2012[42]), Pre-Primary Education in Israel:Organizational and Demographic Perspectives.
Non-prise en considération des revenus des parents isolés bénéficiaires de l’aide sociale – Pays-Bas
Contexte
Les parents isolés, et plus particulièrement les mères célibataires, sont moins nombreux à participer au marché du travail que les autres groupes démographiques. Combiner la garde d’enfants avec le travail peut être difficile pour les parents célibataires, et les incitations financières à travailler sont limitées pour les emplois peu rémunérés. Tout revenu supplémentaire gagné entraînant souvent une réduction correspondante des prestations sans lien avec le travail, le travail supplémentaire perd de son attrait. Le fait de rester extérieur au marché du travail pendant de longues périodes diminue les chances de trouver un emploi à l’avenir, une fois les enfants un peu plus âgés. En revanche, si les parents isolés bénéficiaires de l’aide sociale occupent un emploi à temps partiel, ils peuvent accumuler une expérience professionnelle précieuse qui pourrait leur faciliter leur accès futur à des emplois à temps plein et leur permettre de sortir de la dépendance à l’égard de l’aide sociale.
Pour améliorer la participation au marché du travail des parents isolés aux Pays-Bas, entre 2009 et 2010, le gouvernement néerlandais a mis en place un système de non-prise en considération des revenus des parents isolés bénéficiaires de l’aide sociale, dans le cadre d’une expérience plus vaste. Aux Pays-Bas, les prestations sociales garantissent un revenu minimum à tous les travailleurs au chômage ou à temps partiel. Les prestations sociales diminuent généralement à mesure des revenus supplémentaires gagnés. Au moment de l’expérience, près de 300 000 personnes aux Pays-Bas bénéficiaient de prestations sociales. Parmi elles, pas moins de 26 % étaient des parents isolés, notamment des mères célibataires. Sur l’ensemble des parents isolés néerlandais, 10.6 % dépendaient de l’aide sociale.
Description
Dans le cadre de cette expérience, 14 municipalités néerlandaises ont appliqué la non-prise en considération des revenus des parents isolés bénéficiaires de l’aide sociale ayant au minimum un enfant de moins de 12 ans. La non-prise en considération des revenus a pris la forme suivante : les parents isolés ont été autorisés à conserver 4 EUR par heure travaillée, avec un plafond de 120 EUR nets par mois. Pour plus de contexte, à cette période, le salaire minimum était de 7.50 EUR par heure et la prestation sociale nette était d’environ 900 EUR pour les parents isolés âgés de 21 à 65 ans, contre 480 EUR pour les parents de moins de 21 ans. Il est important de noter que la non-prise en considération des revenus n’avait pas pour objectif de provoquer une sortie immédiate de l’aide sociale. Au contraire, son objectif premier consistait à favoriser l’acquisition d’une expérience professionnelle, facilitant ainsi la tâche des mères célibataires qui souhaiteraient trouver un emploi à temps plein plus tard dans leur vie.
Résultats
Entre 2009 et 2010, 5 à 6 % des parents isolés du groupe cible ont bénéficié du principe de non-prise en considération des revenus. Dans certaines municipalités, plus de 10 % des parents isolés ont demandé à bénéficier de la non-prise en considération des revenus, tandis que dans d’autres, ce pourcentage est resté inférieur à 3.5 %. Pour les mères célibataires, la non-prise en considération des revenus a stimulé l’emploi à temps partiel dans les deux ans de 13.9 points de pourcentage en moyenne (de 4.2 % à 18.1 %). Les parents qui travaillaient déjà tout en percevant des prestations sociales ont augmenté leur nombre d’heures de travail, entraînant une hausse de 13.1 % des revenus de ceux qui gagnaient entre 250 et 500 euros auparavant. Une analyse de la différence du deuxième degré de l’expérience a montré que la non-prise en considération des revenus a non seulement stimulé les revenus de toutes les mères célibataires, mais a aussi considérablement augmenté l’emploi (à temps partiel) des mères célibataires immigrées. Cette expérience a également montré que les politiques devraient mettre l’accent sur des stratégies de communication efficace en vue d’informer les parents isolés de l’existence du principe de non-prise en considération des revenus : en effet, un tiers des personnes interrogées dans le cadre d’une étude n’avaient pas connaissance de l’existence de ces mesures dans leur municipalité.
Lectures complémentaires
Knoef, M. et J. van Ours (2016[43]), How to stimulate single mothers on welfare to find a job ; Knoef, M., J. Leenheer et M. Von Bergh (2011[44]) Experiment Bevordering Arbeidsparticipatie Alleenstaande Ouders WWB.
Back to Work Family Dividend – Irlande
Contexte
La combinaison des règlements fiscaux et des règlements relatifs aux prestations peut décourager, d’un point de vue financier, les jeunes parents, et plus particulièrement les deuxièmes apporteurs de revenu, d’entrer ou de retourner sur le marché du travail. Les responsabilités liées à la garde des enfants et le manque de services de garde abordables peuvent s’ajouter aux difficultés que rencontrent les parents lorsqu’ils envisagent d’entrer ou de retourner sur le marché du travail. En Irlande, le système de protection sociale ajoute un niveau supplémentaire de complexité à la question de la participation des parents au marché du travail, car il offre différents types de soutien en fonction des circonstances familiales, ce qui peut parfois réduire involontairement la motivation à l’emploi des parents.
En 2015, le gouvernement irlandais a mis en place un programme de soutien financier du nom de « Back to Work Family Dividend (Dividende familial de retour à l’emploi )», destiné à inciter les parents bénéficiaires de prestations sociales à reprendre le chemin du travail. Ce programme apporte une aide financière supplémentaire aux familles pour faciliter la transition entre l’aide sociale et l’emploi en complétant leur revenu durant les premiers temps de l’emploi, encourageant ainsi une plus grande participation au marché du travail et réduisant la dépendance à l’égard des prestations sociales.
Description
Dans le cadre du Dividende familial de retour à l’emploi, les familles admissibles qui bénéficiaient auparavant de certaines prestations sociales, telles que l’allocation de demandeur d’emploi ou l’allocation de parent isolé, et qui trouvent un emploi d’au moins 19 heures par semaine peuvent prétendre à une aide financière continue pendant deux ans. Au cours de la première année d’emploi, les bénéficiaires perçoivent une allocation hebdomadaire pour chaque enfant, dans la limite de quatre enfants, et la moitié de ce montant au cours de la deuxième année, indépendamment de leurs revenus. En 2024, la prestation s’élève à 46 EUR par semaine pour les enfants de moins de 12 ans et à 54 EUR par semaine pour les enfants de plus de 12 ans.
Pour bénéficier de ce régime, les personnes doivent avoir au minimum un enfant de moins de 18 ans (ou un enfant scolarisé à temps plein de moins de 22 ans résidant dans le même foyer) ou doivent avoir perçu des prestations sociales pendant au moins 12 mois, dont au moins 6 mois au cours de l’année écoulée. De plus, les demandeurs doivent commencer à travailler en Irlande dans les quatre semaines suivant leur sortie du système de prestations sociales.
Résultats
Une évaluation réalisée en 2015 a montré que le programme « Dividende familial de retour à l’emploi » augmente considérablement les incitations financières pour les parents au chômage à reprendre le travail. Une autre étude réalisée en 2018 a montré que la pauvreté des parents actifs en Irlande était très faible par rapport à la moyenne de l’UE (respectivement 5.1 % et 11.2 % en 2016). Ses auteurs ont soutenu que ce résultat était dû en grande partie aux prestations liées à l’emploi, notamment au programme du Dividende familial de retour à l’emploi (et à l’allocation pour famille active). L’Irlande présente l’un des taux les plus élevés d’enfants vivant dans des ménages sans emploi, mais ce taux a considérablement diminué entre 2013 et 2018, coïncidant avec l’introduction du programme en 2015. En 2022, ce sont 2 678 familles irlandaises qui ont bénéficié de ce programme. À titre de repère, cette année‑là, on comptabilisait 102 800 ménages irlandais avec enfants au sein desquels aucun des parents ne travaillait.
Lectures complémentaires
Department of Social Protection (2018[45]) Review of the operation of the Working Family Payment; Department of Social Protection (2024[46]), Back to Work Family Dividend ; Savage, M. et al. (2015[47]), Making Work Pay More:Recent Initiatives ; Houses of the Oireachtas (2022[48]), Social Welfare Eligibility.
Recommandation IV.3
Copier le lien de Recommandation IV.3Renforcer la sensibilisation et le soutien aux jeunes en situation de vulnérabilité et de désavantage en collaboration avec les parties prenantes régionales et locales.
Pertinence
Les jeunes en situation de vulnérabilité et de désavantage se heurtent à de nombreuses problématiques (par exemple, en matière de logement, d’aide sociale, de santé, d’éducation et d’emploi) qui requièrent des interventions multiples de la part de différents services publics (OCDE, 2023[49]; OCDE, 2015[50]). Naviguer entre les différents points et voies d’accès à ces services peut s’avérer décourageant, notamment pour les personnes ayant des besoins complexes, comme les travailleurs peu qualifiés et peu rémunérés, les migrants et les personnes handicapées. Il est donc fondamental d’investir dans des politiques et des services publics personnalisés et intégrés pour leur garantir une assistance adéquate (OCDE, 2023[51]; Adams and Hakonarson, 2024[52]).
Les difficultés que rencontrent les jeunes varient considérablement d’une ville à une autre et d’une région à une autre, en fonction des structures démographiques et industrielles dont elles disposent, des possibilités de logement qu’elles offrent et des réseaux de soutien disponibles. Les gouvernements infranationaux ont donc un rôle crucial à jouer dans l’adaptation et la personnalisation des services pour répondre à ces circonstances locales, ainsi que dans le rapprochement des services et des parties prenantes dans le but de coordonner les activités d’assistance aux jeunes vulnérables. Ces gouvernements infranationaux s’appuient également sur leurs connaissances locales et sur leurs réseaux communautaires pour instaurer un climat de confiance et des canaux de dialogue avec les groupes vulnérables qui pourraient autrement faire preuve de méfiance à l’égard des autorités et des initiatives publiques (OCDE, 2023[49]; OCDE, 2020[53]).
La conception et l’application de programmes de soutien à destination des jeunes vulnérables nécessitent donc des principes de gouvernance solides à plusieurs niveaux (OCDE, 2023[51]), de sorte à garantir que les objectifs, les efforts et les ressources correspondent. Pour que les principes de gouvernance à plusieurs niveaux soient efficaces, ils doivent préciser les rôles à chaque niveau, en veillant à ce que les gouvernements infranationaux disposent d’objectifs clairement définis mais aussi d’une marge de manœuvre pour adapter les politiques et les cadres nationaux aux circonstances locales. Ils doivent également instaurer un espace de dialogue et de partage entre les acteurs nationaux et infranationaux, de sorte à pouvoir déterminer les groupes cibles et les priorités, partager des données, combler les lacunes dans les services proposés et travailler ensemble à l’amélioration des services (OCDE, 2023[51]).
En renforçant la sensibilisation et le soutien, les gouvernements peuvent contribuer à briser le cycle des désavantages et offrir aux jeunes une meilleure égalité des chances, en leur donnant les moyens de devenir des citoyens productifs et engagés. Ces politiques peuvent également avoir des effets bénéfiques à long terme, tels que la réduction de la pauvreté, la prévention de la criminalité, la cohésion sociale, la croissance économique et l’accroissement de la confiance dans le gouvernement (OCDE, 2023[51]). À terme, apporter un soutien aux jeunes défavorisés pour les mettre sur la bonne voie permet d’éviter des conséquences négatives coûteuses à l’avenir (OCDE, 2023[51]).
Encadré 3.3. La parole aux jeunes
Copier le lien de Encadré 3.3. La parole aux jeunesLes jeunes soulignent les difficultés rencontrées par les personnes handicapées. Ils déclarent que les bâtiments et les ressources éducatives ne sont souvent pas accessibles, ce qui exclut les personnes handicapées. Les participants suggèrent un financement plus important de la part des secteurs public et privé afin de s’assurer que les écoles et les autres espaces soient réellement inclusifs et accessibles à tous. Ils appellent également à une meilleure communication sur les programmes sociaux destinés aux jeunes vulnérables, soulignant l’importance d’atteindre efficacement les communautés locales et les différents groupes.
Consultations avec les jeunes et les organisations de jeunesse
Politiques et pratiques
1. Offrir aux jeunes un accompagnement intégré et adapté à leurs besoins qui couvre les dimensions sociale et juridique mais aussi le logement, la santé et l’emploi, conçu en fonction du contexte local et culturel, en renforçant les partenariats entre les services de l’emploi, les services sociaux et les services de santé, les centres pour les jeunes, la justice pénale, l’économie sociale, les employeurs, les syndicats et les prestataires de services d’éducation et de formation.
2. Faire en sorte que les services de l’emploi et les services sociaux collaborent étroitement avec les établissements scolaires, les centres pour les jeunes, les organisations locales et les autres parties prenantes afin de repérer les jeunes en difficulté qui sont sans emploi et sortis du système éducatif et qui n’ont pas pris contact avec les services publics pour demander de l’aide.
3. Identifier et lever les obstacles à l’accès, à la participation et à la réussite dans l’emploi et l’éducation, y compris concernant le soutien insuffisant aux jeunes ayant des responsabilités de soins et/ou subissant des violences, des discriminations, des addictions, des problèmes de santé et des handicaps.
Indicateurs de l’OCDE relatifs aux jeunes
Pauvreté relative, par groupe d’âge (OCDE, 2023[54])
Jeunes déscolarisés sans emploi (NEET), (OCDE, 2024[55])
Développer les opportunités – Costa Rica
Contexte
Les jeunes femmes en situation de vulnérabilité, notamment les mères et les futures mères adolescentes, sont davantage susceptibles d’abandonner le système éducatif prématurément et de devoir surmonter des obstacles pour trouver un emploi. En l’absence de conditions adéquates, notamment d’un accès aux services publics et aux systèmes de soins de santé et d’aide sociale, les grossesses des adolescentes et la maternité précoce peuvent avoir d’importantes répercussions néfastes pour les filles. Des mesures adaptées aux besoins de ce groupe peuvent contribuer à atténuer les conséquences socio-économiques négatives des grossesses d’adolescentes et de la maternité à un jeune âge.
Description
Entre 1999 et 2006, au Costa Rica, le programme Développer les opportunités (Construyendo Oportunidades) a permis de prodiguer des soins complets aux mères et aux futures mères adolescentes, ainsi qu’aux mères en situation de pauvreté et aux adolescentes en situation de précarité sociale. Ce programme concernait tant les zones urbaines que les zones rurales des dix régions du Costa Rica, et donnait la priorité aux zones dans lesquelles la pauvreté et les grossesses d’adolescentes étaient les plus élevées.
Le programme « Développer les opportunités » avait pour but d’autonomiser ces jeunes filles et d’améliorer leur qualité de vie au travers d’un « modèle de soins complets » comprenant plusieurs interventions : un programme de renforcement des compétences de six mois pour le développement individuel et social ; un soutien à la formation professionnelle ou à la poursuite des études visant à faciliter l’insertion sur le marché du travail ; l’amélioration de l’accès aux services publics, notamment aux services de santé, d’éducation, de logement communautaire et sociaux ; ainsi que la diffusion d’informations et la promotion des droits des femmes, des mères et des enfants au sein de la population cible. Parallèlement, des mesures institutionnelles ont été adoptées pour faciliter le déploiement de ce modèle de soins interdisciplinaires sur le terrain, telles que le renforcement des compétences et la sensibilisation aux soins pour les mères et futures mères adolescentes parmi le personnel des institutions concernées (par exemple, les écoles, les centres de santé et les services sociaux, ainsi que les responsables du programme national tels que l’Institut national des femmes et l’Institut mixte d’assistance sociale), et des mécanismes de coordination institutionnelle aux niveaux de gouvernance centrale et locale pour faciliter les soins, y compris l’orientation et la contre‑orientation de ces filles vis-à-vis du programme.
Depuis l’interruption du programme « Développer les opportunités » en 2006, le Costa Rica a mis en place plusieurs programmes destinés à améliorer la situation des jeunes, notamment Depuis l’arrêt du programme « Développer les opportunités » en 2006, le Costa Rica a mis en place plusieurs programmes successeurs pour améliorer les résultats pour les jeunes, notamment l’Incitation à l’Entrepreneuriat des Jeunes, l’Empreinte du Leadership Significatif, et la modalité Empléate du Programme National pour l’Emploi (PRONAE).
Résultats
Entre 1999 et 2006, près de 3 000 à 4 000 filles âgées de 11 à 18 ans ont bénéficié de ce programme chaque année. 30 % d’entre elles étaient enceintes lorsqu’elles ont commencé le programme, et 78 % d’entre elles avaient des enfants. Le programme a été évalué en 2008 sur la base de documents et d’appréciations du gouvernement, d’une enquête téléphonique comprenant des questions ouvertes et fermées, de séances de travail avec des établissements participant au programme, et d’un groupe de discussion avec des participantes au programme à compter de 2004. Les résultats ont montré que le programme « Développer les opportunités » avait eu des effets considérables sur l’autonomisation des participantes et une incidence modérée sur l’amélioration de leur qualité de vie, en favorisant dans une certaine mesure leur accès aux services publics. Les zones géographiques privilégiées par le programme « Développer les opportunités » (les régions de Brunca et de Limón, par exemple) représentaient les régions du Costa Rica concentrant les plus grandes inégalités sociales d’après les statistiques nationales.
Dans l’ensemble, les jeunes femmes qui ont participé au programme se sont montrées très satisfaites, et l’évaluation a mis en évidence l’effet positif du programme sur les institutions. Grâce à la sensibilisation, à la formation des fonctionnaires et à la création d’un espace de réflexion et de dialogue sur les grossesses et la maternité des adolescentes, le programme a permis de corriger les approches institutionnelles à l’égard de ces groupes, notamment dans le secteur de l’éducation et de la formation. L’évaluation a également pointé la coordination interinstitutionnelle et la couverture (en termes de nombre de jeunes femmes correspondant au profil ciblé à l’échelle nationale) comme étant deux domaines dans lesquels des améliorations devaient être apportées pour étendre le champ d’application et la portée du programme.
Lectures complémentaires
Cerros et al. (2008[56]), Evaluación de Políticas Nacionales de Juventud en Costa Rica.
Cette pratique appuie également la mise en œuvre de la disposition IV.1 de la Recommandation de l’OCDE sur l’amélioration des perspectives offertes aux jeunes (OCDE, 2022[1]).
Centres d’orientation uniques pour les jeunes – Finlande
Contexte
Les jeunes doivent faire face à de nombreuses difficultés lorsqu’ils quittent le monde de l’école pour entrer dans celui du travail : s’orienter sur le marché du travail, dans l’éducation et la formation, trouver un logement ou s’installer dans une nouvelle communauté. Pour aider les jeunes à répondre à leurs besoins, la Finlande a mis en place des centres d’orientation uniques (« Ohjaamo »), qui proposent des services complets, gratuits et en présentiel aux personnes de moins de 30 ans. Ces centres ont été établis dans le cadre du programme « Garantie pour la jeunesse », une initiative de la Commission européenne. Expérimentés pour la première fois en 2014, la Finlande comptabilisait 70 centres Ohjaamo locaux en 2022.
Description
Les centres Ohjaamo fonctionnent à la manière d’« agences multi-services » qui rassemblent les services pour l’emploi, les services sociaux et d’autres services en un seul lieu physique de sorte à éliminer les silos administratifs Les services proposés dans les divers Ohjaamo peuvent varier considérablement selon l’initiative locale. Certains centres, par exemple, développent des partenariats d’envergure avec des organismes tels que des chambres du commerce, des ONG et des experts de la médecine du travail, tandis que d’autres se concentrent sur un ensemble de services plus restreint. Le fait de proposer ces services conjointement permet au personnel d’aborder les différentes difficultés que rencontrent les jeunes dans le cadre d’un service public unique : l’accès à l’aide au revenu, au logement, à l’éducation et à la formation, ainsi qu’aux soins de santé mentale ou physique, aux événements sociaux, aux activités sportives et récréatives, etc.
Les diverses administrations intervenant dans les centres Ohjaamo mettent à disposition le personnel présent dans les centres. Un financement supplémentaire peut être accordé aux Ohjaamo selon le lieu. Les municipalités peuvent également contribuer au financement des Ohjaamo et mettre à disposition un espace physique pour leur fonctionnement. Le gouvernement finlandais a également prévu un budget supplémentaire permanent pour ces centres, et a énoncé des lignes directrices concernant leur fonctionnement.
Les Ohjaamo représentent des lieux de référence dans lesquels les jeunes reçoivent des conseils et sollicitent divers services. Les jeunes n’ont pas besoin de rendez-vous pour bénéficier des services d’un centre Ohjaamo. La méthode du « seuil bas » a pour but d’attirer les jeunes qui, autrement, ne s’intéresseraient ni à l’emploi ni aux services sociaux du fait de leurs difficultés à s’inscrire ou à identifier les services appropriés. Les Ohjaamo mettent l’accent sur les services en face‑à-face, sur le retour des jeunes et sur des services adaptés au rythme et aux préférences des jeunes. Les conseillers des différents organismes présents dans les Ohjaamo ne proposent pas toujours directement des services sociaux (un logement social par exemple), mais accompagnent les jeunes pendant toute la procédure de demande. Les méthodes de service varient en fonction du lieu de sorte qu’ils s’adaptent à la disponibilité des services locaux et aux besoins des jeunes dans différents endroits.
Résultats
Des données prometteuses mais néanmoins limitées sur les résultats des centres Ohjaamo durant leurs premières phases de déploiement sont disponibles. En 2017, près de 120 000 visites de jeunes dans les centres Ohjaamo ont été enregistrées, soit près de 2 400 visites par centre. 22 % de l’ensemble des jeunes dont les données ont été recueillies ont trouvé un emploi sur le marché du travail, 32 % ont déposé une demande de formation et 7 % ont trouvé un logement. Les retours des usagers (soit 409 personnes interrogées dans 26 centres) recueillis en 2018 témoignent également d’une expérience positive parmi les jeunes. Sur une échelle de 4 à 10, les personnes interrogées ont attribué aux centres Ohjaamo une note moyenne de 9.25 pour la qualité des conseils donnés.
Lectures complémentaires
Commission européenne (2018[57]), One‑Stop-Shop Guidance Centres for young people (Ohjaamo) ; Määttä (2018[58]), One-Stop Guidance Center - Ready to offer multi-agency services for the young ; OCDE (OCDE, 2023[49]), Integrating local services for individuals in vulnerable situations ; OCDE, (2019[59]), Investing in Youth: Finland, Investing in Youth
Cette pratique appuie également la mise en œuvre des dispositions II.7, III.3, IV.5 et VI.2 de la Recommandation de l’OCDE sur l’amélioration des perspectives offertes aux jeunes (OCDE, 2022[1]).
Intervention de 5 jours pour les hikikomori – Japon
Contexte
De plus en plus de jeunes se retirent de la société, recherchant parfois un isolement et un confinement extrêmes. Le terme décrivant ces formes de retrait social sévère, hikikomori, est apparu pour la première fois au Japon, mais on le retrouve dans toutes les cultures, le plus souvent dans les régions urbaines et les pays à revenus élevés. Les hikikomori s’isolent pendant six mois au moins, passent la plupart de leur temps chez eux et ne participent pas à la vie de la société. Ils peuvent rester reclus pendant des années (10 ans en moyenne). D’après le cabinet du gouvernement japonais, environ 2 % des Japonais âgés de 15 à 39 ans étaient des hikikomori en 2016, leur nombre total, tous âges confondus, étant de 1.5 million de personnes en 2023. Les hommes sont les plus susceptibles de devenir des hikikomori puisqu’ils représentent 60 % de la population de ces derniers. L’isolement de la société coïncide souvent avec un problème de santé mentale. De plus, les perspectives professionnelles des jeunes hikikomori sont faibles. À titre d’exemple, le cabinet gouvernemental a estimé que près d’un quart des personnes qui sont sans emploi et sorties du système éducatif sont des hikikomori. Demander de l’aide relève d’un véritable défi pour eux sachant qu’en moyenne, il faut plus de quatre ans aux hikikomori pour accéder à l’aide dont ils ont besoin.
Pour venir en aide aux hikikomori, le gouvernement japonais a instauré de nombreuses politiques différentes, dont les centres communautaires de soutien aux hikikomori, qui prodiguent des conseils et peuvent orienter les jeunes et leurs parents vers des prestataires spécialisés (des services de santé mentale par exemple). Autre intervention efficace : l’intervention de 5 jours pour les hikikomori, un essai pilote qui s’est déroulé de novembre 2017 à juin 2018 à l’hôpital universitaire de Kyushu, dans le but de fournir aux familles, et principalement aux parents, des hikikomori les outils nécessaires pour pouvoir soutenir les membres de leur famille en souffrance. Un deuxième programme destiné aux parents a été mis en place entre 2019 et 2021, mais n’a pu arriver à son terme en raison de la pandémie de COVID‑19.
Description
L’intervention de 5 jours pour les hikikomori consistait en cinq séances hebdomadaires de deux heures chacune, conçues pour aider les parents à soutenir leurs enfants hikikomori. Cette intervention incluait également un suivi mensuel allant jusqu’à 6 mois après la fin du programme, permettant de déterminer si les parents étaient devenus plus aptes à apporter un soutien et d’évaluer toute amélioration de la situation des hikikomori. Ce programme de 5 jours s’appuyait sur les programmes Premiers soins en santé mentale (Mental Health First Aid, MHFA) et Renforcement communautaire et Formation familiale (Community Reinforcement and Family Training, CRAFT), qui avaient été adaptés aux cas des hikikomori. Il comprenait des conférences, des activités de groupe telles que des jeux de rôle et des devoirs. La formation incluait des compétences du programme MHFA pour traiter la dépression et le comportement suicidaire chez les hikikomori, ainsi que des méthodes de communication positive tirées du programme CRAFT.
Résultats
Dans le cadre d’un essai aléatoire, il s’est avéré que le programme permettait d’améliorer les compétences perçues des participants (à savoir, des parents) dans la prise en charge des hikikomori présentant des symptômes dépressifs et de réduire la stigmatisation à l’égard des problèmes de santé mentale. Une réduction de la stigmatisation par les parents permet souvent d’améliorer le comportement des hikikomori en ce sens où, ayant moins peur d’être jugés, ils cherchent plus facilement à être aidés. Par ailleurs, les hikikomori ont montré une légère diminution de leurs comportements obsessionnels compulsifs et une légère augmentation de leur activité physique. L’évaluation a suggéré que les initiatives futures pourraient adopter des intervalles plus longs entre les séances (des rencontres bihebdomadaires par exemple) de façon à laisser davantage de temps aux participants pour mettre en pratique les diverses compétences nouvellement acquises au sein de leur foyer. De plus, un accent plus marqué sur les informations essentielles permettrait aux parents de mieux saisir toutes les complexités des programmes MHFA et CRAFT.
Lectures complémentaires
Kubo, H. et al., (2020[60]) Development of 5-day hikikomori intervention program for family members ; OCDE (2024[61]) OECD Economic Surveys:Japan ; Hamasaki, Y. et al., (2020[62]) Identifying Social Withdrawal (Hikikomori) Factors in Adolescents ; Tajan, N., M. Yukiko et N. Pionnié-Dax (2017[63]), Hikikomori:The Japanese Cabinet Office’s 2016 Survey of Acute Social Withdrawal.
Cette pratique appuie également la mise en œuvre de la disposition IV.5 de la Recommandation de l’OCDE sur l’amélioration des perspectives offertes aux jeunes (OCDE, 2022[1]).
Recommandation IV.4
Copier le lien de Recommandation IV.4Assurer un logement abordable, accessible et de qualité pour tous les jeunes et leurs personnes à charge, grâce à une collaboration étroite entre tous les niveaux de gouvernement ainsi qu’à l’implication de la société civile et du secteur privé.
Pertinence
La crise du logement pose d’importants problèmes pour les jeunes dans de nombreux pays de l’OCDE. En effet, en raison de la hausse constante des prix de l’immobilier et des loyers, les jeunes ont de plus en plus de mal à trouver un logement abordable (Cournède and Plouin, 2022[64]). Aujourd’hui, nombreux sont les jeunes adultes qui n’ont pas les moyens de verser un acompte ou qui ne peuvent prétendre à un prêt immobilier et qui sont plus enclins à louer (45 % des 20‑29 ans en moyenne dans l’OCDE, contre 35 % pour l’ensemble des ménages). Du fait de l’augmentation des loyers sur le marché libre et de la baisse des investissements dans des logements sociaux et abordables, il est devenu incroyablement difficile d’accéder à des logements locatifs de qualité et abordables. Dans l’enquête de l’OCDE sur « Des risques qui comptent » réalisée en 2020, 53 % des jeunes ont déclaré craindre ne pas pouvoir trouver/conserver un logement adéquat dans l’année ou les deux années à venir (OCDE, 2021[65]). Le manque de logements abordables et de qualité a également pour conséquence qu’une grande partie des jeunes vivent avec leurs parents, ce qui était le cas pour près de la moitié des jeunes de 20‑29 ans au sein de l’OCDE en moyenne en 2020 (OCDE, 2022[66]). Ces problèmes de logement pèsent non seulement sur les ressources financières des jeunes, mais restreignent également leur capacité à établir des situations de vie stables et à planifier leur avenir.
Les jeunes en situation de vulnérabilité, ce qui inclut les jeunes sortant d’un foyer ou d’une prison, les victimes d’abus domestiques et les sans-abris, doivent faire face à des problèmes de logement encore plus importants, ce qui aggrave leur situation déjà précaire. Les jeunes ayant quitté les structures de prise en charge qui sortent d’un foyer ou d’une prison sont souvent particulièrement vulnérables, notamment à l’insécurité liée au logement en raison du manque de réseaux de soutien et de ressources (Adams and Hakonarson, 2024[52]). Les difficultés d’accès à un logement stable perpétuent les cycles de sans-abrisme et exacerbent la marginalisation sociale et économique de ces jeunes. En effet, le sans-abrisme a des répercussions considérables sur la santé des personnes en réduisant réduit notamment leur espérance de vie de 30 ans (OCDE, 2020[67]).
Les conséquences de politiques de logement inadéquates sur les jeunes sont considérables et vont au-delà des difficultés individuelles pour toucher la société dans son ensemble. Les mauvaises conditions de logement ou l’instabilité en matière de logement s’accompagnent de tout un éventail de répercussions négatives pour les jeunes, notamment une santé physique et mentale compromise et des possibilités de mobilité économique réduites (OCDE, 2020[68]). En outre, l’instabilité en matière de logement constitue un obstacle pour la cohésion sociale et exacerbe les inégalités au sein des communautés. Le sans-abrisme, en particulier, s’avère très coûteux pour les gouvernements, car il augmente les coûts de l’aide psychologique, des interventions des services d’urgence et des systèmes de justice pénale (OCDE, 2020[67]). En s’attaquant aux problèmes de logement et en rendant les logements plus accessibles aux jeunes, les sociétés peuvent dégager de nombreux avantages. Un logement stable et abordable permet aux jeunes de poursuivre leurs études et leurs perspectives professionnelles, favorisant ainsi leur épanouissement personnel et leur évolution socio-économique. Par ailleurs, des politiques de logement adéquates en faveur des jeunes favorisent la stabilité des communautés et la prospérité économique en mettant en place les bases d’une société plus inclusive et plus résiliente.
Encadré 3.4. La parole aux jeunes
Copier le lien de Encadré 3.4. La parole aux jeunes« Si vous vivez loin de votre travail ou de votre école, il est plus difficile d’être ponctuel et flexible. »
Les jeunes ont signalé qu’il était très difficile de trouver un logement abordable, notamment dans les zones où la demande est forte. Ils ont évoqué diverses difficultés, comme l’accès limité au crédit et la gentrification, qui fait monter les prix, de sorte qu’il est encore plus difficile de vivre à proximité de son lieu de travail ou d’études.
Consultations avec les jeunes et les organisations de jeunesse
Politiques et pratiques
1. Augmenter l’accessibilité au logement dans les zones à forte demande et où la formation et les emplois sont disponibles pour les jeunes, notamment par le biais d’investissements et de réformes des réglementations d’utilisation des sols qui s’alignent avec les meilleures pratiques environnementales.
2. Veiller à ce que les politiques du logement favorisent la mobilité des jeunes par le biais d’allocations de logement transférables et de la réduction des obstacles à la mobilité dans le secteur du logement social.
3. Mieux cibler les programmes d’aide publique destinés à faciliter l’accession des jeunes à la propriété qui autrement ne pourraient pas acquérir de bien immobilier, et développer l’aide au logement pour les jeunes à la recherche de logements locatifs de qualité qui se heurtent à des obstacles financiers.
4. Investir dans l’hébergement des étudiants pour offrir des solutions de logement de qualité à un coût abordable aux jeunes qui suivent une formation professionnelle, postsecondaire ou tout autre enseignement et formation.
5. S’attaquer à l’institutionnalisation et à la ségrégation, au problème du sans-abrisme et de l’insécurité en matière de logement en aidant les jeunes en difficulté à faire face à des changements de vie, notamment lorsqu’ils quittent les cadres institutionnels.
Indicateurs de l’OCDE relatifs aux jeunes
HM1.4.2 Modalités de logement des jeunes de 20 à 29 ans, (OCDE, 2021[69])
HC1.4 Mesures subjectives concernant le logement, 18-29 ans, (OCDE, 2021[70])
Autres indicateurs
Indices des prix des logements - national et régional - Indicateurs clés, (OCDE, 2024[71])
Housing First – Irlande
Contexte
Le logement est une question complexe qui touche les jeunes de manière disproportionnée. En Irlande, 63 % des jeunes âgés de 20 à 29 ans vivent toujours chez leurs parents, contre 49 % en moyenne dans les pays de l’OCDE. Cette proportion a connu une rapide croissance au cours des dix dernières années du fait de l’offre insuffisante de logements à acheter ou à louer, des coûts élevés de la construction et de l’offre réduite de logements sociaux. En septembre 2023, les jeunes âgés de 18 à 24 ans représentaient 17 % de l’ensemble des adultes résidant dans un hébergement d’urgence. L’initiative Housing First for Youth (Logement d’abord pour les jeunes) a été mise en œuvre par l’association Focus Ireland pour lutter contre le sans-abrisme des jeunes en Irlande. Cette approche, qui a également été utilisée au Canada, en Écosse et aux Pays-Bas, vise à fournir aux jeunes qui risquent de se retrouver sans domicile fixe un logement sûr le plus rapidement possible, ainsi que des services d’accompagnement intensifs et ciblés pour les aider à opérer la transition vers une vie indépendante et à prévenir le sans-abrisme à l’avenir.
Description
L’initiative Housing First for Youth de Focus Ireland est un programme complet axé sur le logement qui met l’accent sur la stabilité du logement pour les jeunes âgés de 18 à 26 ans confrontés au sans-abrisme, indépendamment de leurs antécédents ou de la cause de leur sans-abrisme. Cette approche entend briser le cycle du sans-abrisme en s’attaquant à ses causes profondes. En offrant un logement sûr et un éventail de services d’accompagnement adaptés à l’âge, ce programme entend autonomiser les jeunes, les doter des compétences nécessaires pour mener une vie indépendante et, à terme, briser le cycle du sans-abrisme. Ce programme n’a pas seulement pour objectif d’offrir des solutions de logement immédiates, mais aussi d’aider les jeunes à réussir leur transition vers une vie indépendante. L’importance accordée à la stabilité et à l’indépendance à long terme vise à prévenir de futurs épisodes de sans-abrisme.
Le programme « Housing First for Youth » s’adresse à deux principaux groupes cibles : 1) les jeunes qui quittent l’assistance publique et qui peuvent être particulièrement vulnérables au sans-abrisme en raison du manque de soutien familial et de ressources ; et 2) les jeunes qui sont confrontés au sans-abrisme en raison d’autres facteurs, tels qu’une division familiale, des problèmes de santé mentale, des pressions économiques ou le chômage.
Contrairement à l’initiative « Housing First for Adults » (Logement d’abord pour les adultes), « Housing First for Youth » tient compte du fait que les jeunes sont susceptibles de déménager fréquemment et propose dès lors un soutien flexible et personnalisé qui les accompagne même s’ils changent de lieu de résidence. Les services d’accompagnement incluent également, une collaboration avec les agences de protection de l’enfance, les prestataires de soins de santé mentale, les établissements d’enseignement, les employeurs pour l’inscription à des programmes de formation professionnelle, les prestataires de soins de santé, les conseillers financiers et l’assistance en matière de relations familiales. Focus Ireland travaille en étroite collaboration avec divers partenaires, dont les autorités locales et Tulsa, l’agence irlandaise pour l’enfance et la famille, afin que ce programme soit couronné de succès. Ce modèle de partenariat permet de mettre en commun les ressources et l’expertise afin de traiter efficacement le problème complexe du sans-abrisme chez les jeunes.
Résultats
L’initiative dédiée au logement des jeunes a généré des résultats positifs. Dans la région du Midwest, par exemple, 40 jeunes ont été placés dans des foyers sécurisés, et nombre d’entre eux se sont lancés dans des études ou dans un travail. Des succès similaires ont été enregistrés à Waterford et à Cork. À ce jour, le programme a permis de réduire à zéro le nombre de sans-abri parmi les jeunes participants, d’atteindre un taux de soutien de 96 %, d’attribuer un logement à 76 % des jeunes et de permettre à près d’un tiers des participants d’accéder à l’éducation ou à l’emploi. Par ailleurs, Focus Ireland prévoit d’étendre le service « Housing First for Youth » à d’autres régions irlandaises au besoin. Cependant, cette extension prendra du temps et nécessitera le soutien continu des autorités locales et des partenaires. Les résultats de la mise en œuvre du programme Housing First aux Pays-Bas sont également prometteurs, les économies réalisées étant par exemple estimées à 20 000 euros par participant par rapport à l’aide extra-muros habituelle.
Lectures complémentaires
Focus Ireland Youth Housing (n.d.[72]), A Partnership Approach:Working to Tackle Youth Homelessness ; Housing First Europe (2022[73]), An Introduction to Housing First for Youth ; Norris, M., A. Palmer et J. Kelleher (2022[74]), Preventing Homelessness among Care Leavers:Review of the Capital Assistance Scheme for Care Leavers ; Focus Ireland (2020[75]), Housing First for Youth in practice.
Cette pratique appuie également la mise en œuvre des dispositions IV.3, IV.5 et VI.2 de la Recommandation de l’OCDE sur l’amélioration des perspectives offertes aux jeunes (OCDE, 2022[1]).
Staying Close – Royaume‑Uni
Contexte
Le passage de l’adolescence à l’âge adulte peut être une phase de transition difficile, notamment pour les jeunes qui quittent une structure de prise en charge telle qu’une famille d’accueil ou un foyer, souvent appelés « care leavers » en anglais. Ces jeunes disent souvent ne pas se sentir prêts à relever les défis d’une vie indépendante et peuvent manquer d’un réseau de soutien fiable, entraînant des difficultés financières et, parfois, la perte d’un logement. Les jeunes ayant quitté les structures de prise en charge sont donc plus exposés au risque de sans-abrisme. En 2021‑22, on comptabilisait au total 45 940 jeunes âgés de 17 à 21 ans ayant quitté les structures de prise en charge en Angleterre. Pour les aider dans leur transition, le gouvernement britannique a lancé l’initiative « Staying Close » (Rester proches) en 2017‑18, qui était initialement pilotée par cinq autorités locales et trois prestataires privés en Angleterre. En 2022‑23, 15 autorités locales supplémentaires ont été financées pour élargir ce programme.
Description
Les initiatives du programme « Staying Close » offrent un accompagnement personnalisé aux jeunes de 17 à 21 ans qui quittent leur foyer d’accueil. Elles incluent un hébergement et un accompagnement pratique et émotionnel personnalisé, souvent par des personnes de confiance telles que le personnel de leur ancien foyer. Ce programme met l’accent sur la stabilité de l’hébergement, mais vise également à renforcer la confiance et les compétences essentielles pour une vie indépendante, tout en améliorant le bien-être physique et mental. Il entend par ailleurs réduire la criminalité et améliorer la participation à l’éducation, au monde du travail et à la formation. Les autorités locales désireuses de participer au programme « Staying Close » au cours des exercices 2023‑25 peuvent solliciter un financement de l’ordre de 22 000 à 32 000 livres sterling par jeune ayant quitté une structure de prise en charge pour mettre en œuvre le programme.
Résultats
Une série d’évaluations menées en 2020 a permis de déterminer l’efficacité des huit projets pilotes « Staying Close » financés dans le cadre du programme d’innovation. Ces évaluations, essentiellement qualitatives en raison du nombre réduit des projets pilotes « Staying Close », avaient pour but de mesurer leurs efficacités. À titre d’exemple, dans le Lincolnshire du Nord-Est, environ 35 jeunes étaient admissibles au programme « Staying Close » et 23 ont bénéficié de l’accompagnement prévu. Une nouvelle évaluation des nouveaux sites est prévue en 2023‑25, avec la conduite d’essais contrôlés aléatoires pour apporter davantage d’éléments de preuve.
Quelques résultats homogènes ressortent des 8 projets pilotes « Staying Close ». Les projets pilotes ont largement réussi à atteindre les objectifs définis. Les participants et le personnel ont jugé les interventions de manière positive, déclarant que « Staying Close » offrait aux jeunes un type de soutien jusqu’alors inexistant dans leur région. Il est également ressorti de certains projets pilotes que les autorités locales avaient réalisé des économies conséquentes grâce à la mise en œuvre des initiatives « Staying Close ». Ces initiatives entendaient principalement offrir une stabilité en matière de logement, tandis que les services d’aide psychologique et les réseaux d’entraide favorisaient l’amélioration de la santé mentale. Des interventions ciblées et des programmes de mentorat ont permis de réduire les comportements antisociaux et les activités criminelles. De plus, les initiatives ont permis d’améliorer les résultats des participants dans les domaines de l’éducation, de l’emploi et de la formation et ont favorisé des relations solides et des réseaux de soutien grâce aux contacts et au mentorat du personnel, promouvant ainsi la connectivité sociale. Par ailleurs, le développement d’aptitudes à la vie autonome (cuisine, fixation d’un budget et gestion du temps) a permis de doter les jeunes ayant quitté les structures de prise en charge de compétences de vie fondamentales.
Lectures complémentaires
Gouvernement du Royaume‑Uni (2022[76]), Children’s social care innovation programme: insights and evaluation ; Gouvernement du Royaume‑Uni (2023[77]), Staying Close 2023-25 Application guide for Local Authorities ; Parlement du Royaume‑Uni (2023[78]), Support for care leavers.
Cette pratique appuie également la mise en œuvre des dispositions IV.3, IV.5 et VI.2 de la Recommandation de l’OCDE sur l’amélioration des perspectives offertes aux jeunes (OCDE, 2022[1]).
Il y a un Avenir – Espagne
Contexte
Le bien-être des personnes passe par la sécurité du logement. L’insécurité en matière de logement et le sans-abrisme sont notamment à l’origine d’un stress permanent, de problèmes de santé et d’un manque d’intégration sociale. Les jeunes sont excessivement touchés par des conditions d’emploi précaires, des rémunérations faibles et la hausse des coûts des loyers, ce qui les rend particulièrement vulnérables à l’instabilité en matière de logement par rapport à leurs homologues plus âgés. Devenir sans domicile fixe lorsqu’on est jeune implique non seulement la perte d’un logement stable mais aussi une rupture des liens sociaux avec les personnes adultes de notre entourage. Cette situation peut être traumatisante, d’autant plus si elle est due à de la maltraitance ou à des négligences. En Espagne, on estime à 6 000 le nombre de personnes âgées de 18 à 29 ans qui se sont retrouvées sans domicile en 2022, soit une hausse de 36 % entre 2012 et 2022, pendant que le sans-abrisme pour l’ensemble de la population augmentait de 24 %. Pour venir en aide aux jeunes sans-abri les plus vulnérables en Espagne, les organisations Provivienda et Hogar Sí ont lancé un programme pilote du nom de H4YF (Il y a un Avenir), qui a débuté en 2022 et s’achèvera en décembre 2024.
Description
Ce programme pilote s’inspire de la méthodologie du programme Housing First et cible 105 jeunes de 18 à 25 ans se retrouvant sans domicile pour la première fois à Madrid et à Majorque. Parmi les participants, 78 % sont des hommes d’un âge moyen de 22 ans totalisant une durée moyenne de sans-abrisme de 21 mois. Il y a un Avenir favorise les processus de développement des compétences et de reconversion professionnelle pour près de 110 professionnels au sein du système de prise en charge des sans-abris. Ce projet est financé par le Fonds espagnol pour la relance, la transformation et la résilience dans le cadre des Fonds NextGenerationEU. Il propose des services d’accompagnement intensifs et personnalisés pour aider les personnes à mener une vie indépendante et à réduire le risque de se retrouver sans abri à l’avenir. Il y a un Avenir permet aux jeunes d’acquérir de l’autonomie tout en les aidant à prendre en charge leurs besoins. Cette intervention se fonde sur deux approches clés : les soins précoces axés sur la personne et une approche axée sur les traumatismes. Ce qui distingue Il y a un Avenir des programmes Housing First traditionnels réside dans l’importance qu’il accorde aux traumatismes.
Ce programme repose sur cinq principes. Premièrement, les jeunes ont droit à un logement sans condition préalable. Deuxièmement, le choix, la participation et l’autodétermination sont au cœur du programme. Ce dernier vise à faire entendre la voix des jeunes et à les impliquer dans la définition du service. Troisièmement, le programme adopte une attitude positive vis-à-vis du développement et du bien-être des jeunes, en mettant en avant non seulement leurs forces, leurs ressources et leurs vertus mais aussi leurs vulnérabilités. L’approche axée sur les traumatismes contribue à promouvoir ces ressources et ces outils. Quatrièmement, le programme offre un accompagnement individualisé sans contrainte de temps, en proposant des services jusqu’à ce que la personne soit prête à quitter le programme. Cinquièmement, le programme promeut l’intégration sociale et communautaire en renforçant le sentiment d’appartenance à la communauté des jeunes ainsi que leur aptitude à s’y impliquer en élargissant leurs réseaux de soutien.
Résultats
Le programme pilote est toujours en cours et une évaluation complète sera disponible après la fin du projet en décembre 2024. À ce jour, 75 personnes ont participé au projet à Madrid et 30 à Majorque. Les résultats préliminaires du projet pilote montrent que l’accès au logement dans une communauté améliore la santé mentale et l’employabilité des personnes sans abri. Les jeunes sont passés d’un seuil élevé d’altération de leur santé mentale à un seuil similaire à celui de la moyenne de la société. Ce projet a contribué à donner aux participants un sentiment de contrôle, leur conférant dès lors un sentiment d’amélioration dans d’autres aspects de la vie, notamment dans leur santé mentale et leur processus pour aller mieux. Au bout de sept mois, 97 % des personnes avaient conservé leur solution de logement et entrepris des plans de sortie autonomes, certains d’entre eux quittant le projet de leur plein gré. De plus, les professionnels de santé accueillent favorablement l’importance accordée au logement et se montrent disposés à prendre du recul vis-à-vis des attitudes paternalistes traditionnelles.
Lectures complémentaires
Europa Press (2024[79]), El acceso a una vivienda en comunidad mejora la salud mental de personas sin hogar, según Provivienda y Hogar Sí ; González de la Cruz, A., C. Fuentes Catena et P. Tovar Velasco (2023[80]), Main challenges and proposals for tackling youth homelessness.H4Y FUTURO ; Housing First Europe (2023[81]), Transforming Homelessness Solutions in Spain ; Provivienda et Hogar Sí (2024[82]), H4Y FUTURO
Cette pratique appuie également la mise en œuvre des dispositions IV.3, IV.5, V.2 et VI.2 de la Recommandation de l’OCDE sur l’amélioration des perspectives offertes aux jeunes (OCDE, 2022[1]).
Recommandation IV.5
Copier le lien de Recommandation IV.5Promouvoir la santé et le bien-être de tous les jeunes, et accorder une attention égale à la santé mentale et à la santé physique dans le cadre de l’action publique en faveur des jeunes.
Pertinence
Les jeunes disposent d’un accès inédit à des innovations médicales et sociales qui sont susceptibles de transformer leur santé et leur bien-être. Pourtant, nombre de ces évolutions ont contribué à l’augmentation du stress mental et les pressions auxquels les jeunes sont confrontés, par exemple s’agissant de gérer les interactions entre pairs au travers des réseaux sociaux et des menaces en ligne. Les pressions sur la santé mentale ont été exacerbées par la pandémie, qui a vu le nombre de jeunes de 18 à 29 ans présentant un problème de santé mentale plus que doubler dans plusieurs pays par rapport à 2019 (où plus d’un jeune sur six, soit plus de 14 millions de personnes, avait un problème de santé mentale). Parallèlement, elle a mis à rude épreuve des services de soins de santé mentale déjà surchargés. Près de la moitié des jeunes de l’UE ont affirmé que leurs besoins en matière de soins de santé mentale n’étaient pas satisfaits au printemps 2021 et 2022, soit des taux en moyenne plus de deux fois supérieurs à ceux de la population adulte (OCDE/Union européenne, 2022[83]).
La santé et le bien-être des jeunes sont influencés par plusieurs domaines politiques. S’il est nécessaire de renforcer l’accès des jeunes aux soins médicaux dans de nombreux pays, les décideurs politiques doivent également s’attaquer aux causes de la mauvaise santé en amont. Ils doivent notamment prendre des mesures pour veiller à ce que les établissements éducatifs s’emploient à promouvoir des modes de vie sains à tous les stades, ainsi que des mesures pour lutter contre les risques numériques, promouvoir un travail de qualité assorti d’une sécurité de l’emploi et d’un équilibre entre vie professionnelle et vie privée, ainsi que pour améliorer l’accès aux espaces verts et aux activités sportives. Augmenter les chances pour les jeunes de faire du sport et de profiter d’un temps libre de qualité peut être un moyen particulièrement efficace de soutenir la santé physique et mentale (OCDE, 2021[84]).
Les gouvernements infranationaux (allant des régions aux villes) ont un rôle important à jouer dans la conception, l’application et l’harmonisation de politiques destinées à promouvoir la santé et le bien-être des jeunes. Dans l’OCDE, les gouvernements infranationaux représentent plus de la moitié des dépenses et des investissements publics dans les domaines de l’éducation, de l’environnement, du logement et des équipements collectifs (OCDE, 2019[85]). De plus, les gouvernements, tous niveaux confondus, devraient se montrer attentifs à l’inégalité d’accès des jeunes aux services clés selon les groupes et les lieux, notamment aux soins médicaux, aux possibilités sociales et aux activités sportives. Ces écarts peuvent être particulièrement marqués entre les zones urbaines et rurales, ce qui exacerbe les inégalités entre les lieux et nuit à la qualité de vie des résidents ruraux. Par exemple, dans les pays de l’OCDE, les résidents des zones rurales doivent parcourir de longs trajets pour se rendre dans les établissements de santé : au Canada et au Mexique, par exemple, les habitants des zones rurales témoignent de temps de trajet supérieurs d’environ 200 points de pourcentage à la moyenne nationale (OCDE, 2023[86]).
Encadré 3.5. La parole aux jeunes
Copier le lien de Encadré 3.5. La parole aux jeunes« Toutes les politiques doivent impérativement prendre en compte la santé mentale. Nous devons briser la stigmatisation : on a le droit de ne pas aller bien ».
Les jeunes mentionnent que la stigmatisation et les stéréotypes qui entourent la santé mentale font que l’on a du mal à la comprendre et à en parler ouvertement. De nombreux jeunes éprouvent de l’anxiété et un sentiment d’insécurité face au marché du travail. Comme ils le disent, un sentiment de dévalorisation, des problèmes liés au genre sur le lieu de travail ou des doutes quant à l’avenir peuvent véritablement porter atteinte à leur santé mentale. Les inquiétudes liées au coût élevé de la vie, de même que les pressions exercées par les médias sociaux, ne font qu’accentuer cette anxiété.
Consultations avec les jeunes et les organisations de jeunesse
Politiques et pratiques
1. Fournir un soutien physique et mental en temps voulu, de bonne qualité, accessible et abordable aux jeunes, à travers le système de santé, ainsi que dans les établissements éducatifs, les lieux de travail, les services d’emploi et les centres pour jeunes et promouvoir également la sensibilisation aux questions de santé, y compris la santé reproductive et la santé mentale.
2. Favoriser des aménagements équitables de temps de travail et l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, notamment en garantissant l’accès des jeunes parents à un congé parental rémunéré et à des services d’éducation et d’accueil des jeunes enfants qui soient abordables, de qualité et flexibles.
3. Investir dans des infrastructures accessibles et éliminer les obstacles qui entravent l’accès aux espaces verts et publics pour encourager le sport, l’activité physique et la culture ainsi que le bénévolat dans les zones rurales et urbaines, par le biais d’actions locales dans les établissements scolaires, les centres pour les jeunes, les organisations sportives, les institutions culturelles et la collectivité dans son ensemble.
Indicateurs de l’OCDE relatifs aux jeunes
Proportion de jeunes présentant des symptômes de dépression, âgés de 18 à 29 ans, (OCDE, 2022[87])
Satisfaction de vie, jeunes de 16 à 29 ans (OCDE, 2024[88])
Équilibre des affects négatifs (proportion de personnes ressentant plus d’émotions négatives que positives la veille), jeunes de 15 à 29 ans (OCDE, 2024[88])
Soutien social perçu, jeunes de 15 à 29 ans (OCDE, 2024[88])
Mesures adoptées par les pays pour aider les jeunes face à la crise du COVID-19?, (OCDE, 2021[14])
Sentiment de solitude, jeunes de 16 à 29 ans (OCDE, 2024[88])
Symptômes dépressifs, jeunes de 15 à 24 ans (OCDE, 2024[88])
Satisfaction de l’utilisation du temps, jeunes de 16 à 29 ans (OCDE, 2024[88])
Satisfaction concernant les relations personnelles, jeunes de 16 à 29 ans (OCDE, 2024[88])
Youth Aware of Mental Health Programme – plusieurs pays
Contexte
En 2019, le suicide était la quatrième cause mondiale de décès chez les 15‑29 ans. Les chercheurs ont établi des liens entre le suicide et les troubles de la santé mentale ainsi qu’avec les crises soudaines ou les stress de la vie. Une grande partie des changements psychopathologiques font leur apparition pendant l’enfance et à l’adolescence, les jeunes constituant dès lors un groupe cible particulièrement important pour les mesures de prévention et d’intervention.
Le programme « Youth Aware of Mental Health Programme » (YAM, Programme de sensibilisation des jeunes à la santé mentale) vise plus particulièrement les décès par suicide évitables. Le programme YAM est, ou a été, mis en place dans plusieurs pays, dont l’Australie, l’Autriche, l’Estonie, la France, l’Allemagne, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Norvège, la Slovénie, l’Espagne, la Suède, le Royaume‑Uni, les États-Unis, l’Inde et la Roumanie.
Description
Le programme YAM est une intervention universelle en milieu scolaire qui comprend des brochures, des affiches et cinq heures de cours dispensés par deux adultes formés pendant trois semaines. Tous les instructeurs ont déjà travaillé avec des jeunes par le passé et ont suivi une formation rigoureuse avant d’être certifiés. Ce programme vise à aider les étudiants à réfléchir aux facteurs de risque et de protection associés au suicide, ainsi qu’aux différentes stratégies d’adaptation dans les situations difficiles. Le YAM a pour but de développer la solidarité parmi les jeunes et à promouvoir des pratiques positives en matière de santé mentale.
Les instructeurs s’attachent à instaurer un environnement sûr et à valoriser les jeunes en tant qu’experts de leur propre santé mentale, en s’appuyant sur des jeux de rôle et des discussions dirigées par les élèves. Le fait de placer l’expérience des étudiants au centre des préoccupations contribue à garantir l’adaptabilité culturelle du programme.
Résultats
Plus de 85 000 adolescents en provenance de 16 pays différents ont participé au programme YAM : des éléments de preuve solides permettent d’attester de l’efficacité de ce programme dans la prévention du suicide chez les jeunes. Cela a d’ailleurs fait l’objet d’une évaluation dans le cadre d’un essai contrôlé randomisé par groupe (l’étude Saving and Empowering Young Lives in Europe, SEYLE) portant sur des élèves de 15 ans en moyenne dans dix pays européens et 168 écoles. Après 12 mois, le risque de tentative de suicide parmi les élèves du groupe témoin était plus de deux fois supérieur à celui observé dans le groupe bénéficiant de l’intervention YAM. En effet, sur 1 000 élèves, 11 ont tenté de se suicider dans le groupe de contrôle, contre 5 seulement dans le groupe de traitement. Les chiffres étaient similaires pour les intentions suicidaires graves : le risque dans le groupe de traitement est inférieur de 49.6 % à celui du groupe témoin.
Une autre étude cherche à déterminer si le programme YAM fonctionne en interaction avec cinq stratégies d’adaptation décrites dans le questionnaire SEYLE, à savoir l’apprentissage, la recherche d’aide, le sport, les arts et la lutte. Les auteurs ont conclu que l’intervention YAM était particulièrement efficace chez les personnes qui n’avaient pas fréquemment recours aux stratégies de protection contre le suicide que sont l’apprentissage et la recherche d’aide (stratégies qui tendent à être efficaces pour prévenir les idées suicidaires). Enfin, en examinant les expériences et les opinions recueillies dans le cadre du programme SEYLE, une autre étude montre que les adolescents ont appris des choses sur la santé mentale et qu’ils ont apprécié leur participation au programme.
Lectures complémentaires
Kahn, J.-P. et. al. (2020[89]), Influence of coping strategies on the efficacy of YAM (Youth Aware of Mental Health): a universal school-based suicide preventive program ; Lindow, J. et al. (2020[90]), The Youth Aware of Mental Health Intervention:Impact on Help Seeking, Mental Health Knowledge, and Stigma in U.S. Adolescents ; Wasserman et al. (2012[91]), Suicide prevention for youth - A mental health awareness program:Lessons learned from the Saving and Empowering Young Lives in Europe (SEYLE) intervention study ; Wasserman, C. et al. (2015[92]), School-based suicide prevention programmes: the SEYLE cluster-randomised, controlled trial ; YAM (2023[93]), Youth Aware of Mental Health.
headspace – Australie
Contexte
Dans le contexte d’un mouvement international visant à améliorer les services de santé mentale pour les jeunes, l’Australie a mis en place ses dix premiers services headspace (état d’esprit) en 2007. Ces services proposent un soutien complet aux jeunes âgés de 12 à 25 ans et à leurs familles dans le but d’améliorer la santé mentale et le bien-être. En 2023, l’Australie comptait 154 services de ce genre, soit le plus grand réseau national de services de santé mentale pour les jeunes au monde. Des approches similaires en matière de soins de santé mentale pour les jeunes sont actuellement mises en œuvre dans de nombreux autres pays, notamment en Irlande, au Canada, au Danemark, en Israël, au Royaume‑Uni et dans certaines régions des États-Unis.
Description
headspace est un modèle d’intervention précoce et de prévention, conçu pour aider les jeunes à gérer des problèmes de santé mentale légers à modérés et à prévalence élevée. Chaque année, les services headspace viennent en aide à 100 000 jeunes environ en Australie, et souvent à des jeunes souffrant de maladies mentales non diagnostiquées. De manière générale, 3 usagers sur 4 souffrent de dépression et/ou d’anxiété, et près de 22 % d’entre eux ont été diagnostiqués par un professionnel headspace ou par une personne qui leur a été recommandée.
Dans le cadre de sa mission d’apporter un soutien complet et intégré, le service headspace couvre principalement quatre domaines : la santé mentale, la santé physique et sexuelle, la lutte contre la dépendance à l’alcool et d’autres drogues, et l’assistance professionnelle. Ce service a été salué car il rassemble plusieurs options d’accompagnement et a été conçu en collaboration avec les participants afin de garantir une réponse à leurs besoins. Les jeunes peuvent bénéficier des services de professionnels de la thérapie comportementale et de l’ergothérapie, de l’aide psychologique, du travail social, de la médecine générale et même de l’aide à l’emploi. Cette approche encourage les jeunes à prendre des mesures pour promouvoir leur propre santé et leur bien-être.
L’une des principales caractéristiques du programme réside dans la répartition régionale et rurale des services, laquelle s’est considérablement améliorée depuis la création du programme. Sur les 154 services en activité en 2023, 84 se situent en « Australie régionale », c’est-à-dire dans les villes, les villages et les petites villes situés en dehors des capitales des États et des grandes villes. Les services headspace bénéficient de partenariats avec l’État et les collectivités locales, et chaque service headspace est soutenu par un consortium local, un groupe consultatif axé sur une collaboration entre des prestataires de services locaux et des organisations locales. Le consortium offre des possibilités de partenariat, une orientation stratégique et des ressources pour renforcer la capacité du service headspace à répondre aux besoins de la communauté locale.
Résultats
Une récente évaluation, fondée sur les réponses aux enquêtes des usagers des services entre la mi‑2019 et la mi‑2020, a déterminé les répercussions du programme sur trois domaines essentiels de la santé mentale : la détresse psychologique, le fonctionnement psychosocial et la qualité de vie des jeunes qui accèdent à headspace. Plus de 70 % des 50 000 usagers concernés par l’étude ont connu une amélioration significative d’au moins une de ces mesures au cours de la période.
Après que headspace soit devenu accessible en ligne pendant la pandémie du COVID‑19, une enquête menée en juin 2020 auprès des usagers a révélé que 78 % d’entre eux étaient d’accord ou tout à fait d’accord pour dire que le mode de prestation de service avait été adapté à leurs besoins, et près de la moitié ont indiqué qu’ils auraient probablement de nouveau recours à la télésanté à l’avenir. Si tous les jeunes n’ont pas été à l’aise avec le fait d’être accompagnés via des services numériques, ces derniers ont néanmoins joué un rôle important dans la continuité des services pendant la pandémie. Une évaluation plus récente réalisée par KMPG fait état de résultats positifs en termes d’amélioration de la santé mentale et de rentabilité par rapport à d’autres interventions. Cependant, d’autres progrès doivent être réalisés pour traiter les problèmes des groupes difficiles à atteindre.
Lectures complémentaires
Headspace (2020[94]), Young people’s experience of telehealth during COVID-19 ; KPMG (2022[95]), Evaluation of the national headspace program ; OCDE (2015[96]), Mental Health and Work:Australia ; Rickwood, D. et al. (2023[97]), Sixteen years of innovation in youth mental healthcare.
Cette pratique appuie également la mise en œuvre des dispositions IV.3 et V.2 de la Recommandation de l’OCDE sur l’amélioration des perspectives offertes aux jeunes (OCDE, 2022[1]).
L’amour... mais le bon – Mexique
Contexte
Bien qu’elle soit souvent négligée dans les discussions sur la santé, dès 2002, l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré que la violence physique et émotionnelle dans les relations amoureuses était un problème de santé publique à l’échelle mondiale. La violence dans les fréquentations amoureuses a été associée à des répercussions nocives sur la santé, telles que des symptômes dépressifs, l’abus de substances, des blessures physiques et la perpétuation de comportements agressifs. Parmi les conséquences de la violence dans les fréquentations amoureuses sur les adolescents figure également une entrave au développement personnel, un risque accru de grossesse chez les adolescentes et, plus tard, un comportement sexuel à risque.
D’après l’enquête nationale sur la violence dans les fréquentations amoureuses menée au Mexique, près de trois quarts des adolescents ont subi des violences psychologiques en 2007, tandis que 15 % ont été victimes de violences physiques dans leurs relations. L’enquête a également révélé que 16.5 % des adolescentes mexicaines ont été victimes d’une agression sexuelle. L’enquête a mis en avant l’ampleur de la violence dans les relations entre adolescents, tous genres confondus, et tout particulièrement chez les jeunes les plus pauvres. Afin de prévenir la violence dans les fréquentations amoureuses, le Colegio de Bachilleres, un établissement public d’enseignement secondaire au Mexique, a collaboré avec la Banque interaméricaine de développement (BID), l’Institut national de santé publique et l’organisation à but non lucratif ALBANTA pour mettre au point un programme pilote. De cette collaboration est né un programme intitulé « Amor... pero del bueno » (L’amour... mais le bon) en 2014.
Description
L’amour... mais le bon a été testé dans deux lycées citadins à faibles revenus de Mexico. L’intervention s’est déroulée sur 16 semaines et a abordé des thèmes tels que les rôles de genre, la violence dans les relations amoureuses, les droits sexuels et les stratégies pour faire face à la violence dans les relations amoureuses. Le programme incluait aussi bien un volet dédié à l’environnement scolaire qu’un volet s’inscrivant sur le plan individuel. Le volet scolaire visait à créer un environnement favorable par l’intermédiaire d’activités dans la cour de l’école et d’un atelier à l’attention du personnel. Tous les élèves de l’école ont reçu des informations sur la prévention de la violence dans les fréquentations amoureuses grâce au volet scolaire de l’intervention. Le volet individuel de L’amour...mais le bon consistait en un programme en classe, en plus des activités dans la cour de récréation. Le programme en classe avait pour but d’encourager la réflexion critique autour des normes de genre, de la violence dans les fréquentations amoureuses et des compétences en communication efficaces, en utilisant un modèle comportemental théorique s’inspirant des théories sur la violence dans le cadre de relations intimes. Les activités organisées dans la cour de récréation ont permis aux élèves d’appliquer ce qu’ils avaient appris en classe au sujet des facteurs de changement au sein de leur école.
Résultats
1 604 élèves ont participé au programme pilote L’amour...mais le bon, dont 744 au volet individuel et 860 au volet scolaire. L’évaluation de l’incidence à court terme a révélé une réduction notable de 58 % de l’ampleur de la violence psychologique perpétrée et une réduction de 55 % de la violence psychologique subie parmi les garçons qui ont suivi le volet individuel par comparaison avec ceux qui ont suivi le volet scolaire. De plus, il a été observé que les croyances et les comportements des participants comme des participantes tendant au sexisme et à la violence dans les relations amoureuses avaient légèrement baissés. La mise en œuvre réussie d’un programme tel que L’amour... mais le bon requiert que les élèves soient confrontés à tous les aspects du programme, en imposant une participation obligatoire par exemple. Il est également important de s’attaquer aux taux de décrochage scolaire et d’impliquer la communauté à l’extérieur de l’école de façon à ce que l’intervention ait davantage de répercussions.
Lectures complémentaires
Ludin, S. et al. (2017[98]), A Cross-National Comparison of Risk Factors for Teen Dating Violence in Mexico and the United States ; Krug, E. et al. (2002[99]), The world report on violence and health ; Sosa-Rubi, S. et al. (2016[100]), True Love: Effectiveness of a School-Based Program to Reduce Dating Violence Among Adolescents in Mexico City.
Cette pratique appuie également la mise en œuvre de la disposition II.1 de la Recommandation de l’OCDE sur l’amélioration des perspectives offertes aux jeunes (OCDE, 2022[1]).
Références
[52] Adams, D. and H. Hakonarson (2024), “An integrated approach to service delivery for people with multiple and complex needs”, OECD Social, Employment and Migration Working Papers, No. 305, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/d837a06a-en.
[24] Agence danoise pour le marché du travail et le recrutement (2023), Unemployment insurance funds, https://www.star.dk/en/about-the-danish-agency-for-labour-market-and-recruitment/unemployment-insurance-funds/# (accessed on January 2024).
[2] Agence suédoise pour la jeunesse et la société civile (2023), Democracy package for school, https://www.mucf.se/demokratipaketet (accessed on 20 June 2023).
[23] A-Kasser (2024), DimittendSammenlign, https://www.a-kasser.dk/dimittendreglen/ (accessed on January 2024).
[37] Aram, D. and M. Ziv (2018), “Early childhood education in Israel : History, policy, and practice”, Handbook of international perspectives on early childhood education, https://www.taylorfrancis.com/chapters/edit/10.4324/9781315562193-8/early-childhood-education-israel-dorit-aram-margalit-ziv.
[7] Blundell, R. et al. (2004), “Evaluating the Employment Impact of a Mandatory Job Search Program”, Journal of the European Economic Association, Vol. 2, pp. 69–606, https://doi.org/10.1162/1542476041423368.
[11] Bratsberg, B. et al. (2019), “Welfare Activation and Youth Crime”, The Review of Economics and Statistics, Vol. 101, pp. 561-574, https://doi.org/10.1162/rest_a_00787.
[97] Carrà, G. (ed.) (2023), “Sixteen years of innovation in youth mental healthcare : Outcomes for young people attending Australia’s headspace centre services”, PLOS ONE, Vol. 18/6, p. e0282040, https://doi.org/10.1371/journal.pone.0282040.
[57] Commission européenne (2018), One-Stop-Shop Guidance Centres for young people (Ohjaamo), https://ec.europa.eu/social/BlobServlet?docId=19409&langId=en.
[28] Contreras Guzmán, J., M. Rojas Poveda and E. Montero Rojas (2018), Evaluación de Diseño del Programa Nacional de Empleo (PRONAE) Ministerio de Trabajo y Seguridad Social, https://www.flacso.ac.cr/es/proyectos/investigacion/evaluacion-pronae.
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