Les subventions à l’industrie sidérurgique continuent de s’accroître, principalement en dehors de la zone de l’OCDE. Les dernières données montrent que l’aciériste chinois médian a bénéficié en 2024 d’un niveau de soutien rapporté à la taille de ses actifs quinze fois supérieur à celui du producteur médian ailleurs dans le monde, contre dix fois supérieur les années précédentes. De récents travaux empiriques montrent que le recours généralisé aux subventions fausse fortement la concurrence et affaiblit le fonctionnement de marché du secteur. En 2025, les mesures de soutien chinoises ont principalement pris la forme de programmes de subventions provinciaux et municipaux, avec l’introduction de 59 nouveaux programmes destinés à soutenir l’industrie sidérurgique nationale, prévoyant en particulier des aides financières directes, du financement préférentiel et des ajustements réglementaires pour faciliter les investissements dans le secteur. Dans plusieurs cas, le soutien des pouvoirs publics est subordonné aux performances de production ou à la compétitivité à l’exportation, ce qui est susceptible d’affaiblir les signaux de sortie fondés sur le marché. De récents travaux de suivi montrent que les producteurs d’acier de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) bénéficient également d’un large éventail de subventions favorisant l’accroissement des capacités.
4. Les subventions à l’acier continuent de gagner du terrain, faussant fortement les marchés
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Les subventions croissantes à l’acier affaiblissent les comportements guidés par le marché
Copier le lien de Les subventions croissantes à l’acier affaiblissent les comportements guidés par le marchéLes subventions généralisées faussant les mécanismes de marché constituent, de longue date, un problème majeur pour l’industrie sidérurgique. Elles entraînent des excédents de capacité et perturbent fortement la concurrence internationale. Ces subventions comprennent les aides financières directes, les emprunts à des taux inférieurs aux conditions du marché (BMB) et les avantages fiscaux, qui ont été quantifiés à l’aide de la base de données MAGIC (MAnufacturing Groups and Industrial Corporations) de l’OCDE sur le soutien aux entreprises. Le suivi régulier assuré par le Comité de l’acier de l’OCDE révèle de nombreuses autres formes de subventions plus difficiles à quantifier, telles que les apports de fonds propres allant à l’encontre des conditions du marché, les contrats d’échange sur actions à des conditions hors marché, la fourniture par les administrations publiques de biens et de services à des prix subventionnés, les subventions à l’exportation et les aides aux intrants à des conditions préférentielles ou hors marché, y compris la mise à disposition de terrains, d’énergie et de matières premières à des conditions préférentielles (OCDE, 2025[1]).
Les données les plus récentes disponibles sur les subventions quantifiées dans la base de données MAGIC montrent que les aciéristes des économies partenaires continuent de percevoir davantage de subventions, rapportées à la taille de leurs actifs, que les entreprises des Membres de l’OCDE. Par ailleurs, on observe un écart substantiel, tant dans les niveaux que dans l’évolution des subventions, entre les entreprises chinoises et celles établies dans les autres économies partenaires. Le Graphique 4.1 compare la situation pour les entreprises chinoises, celles des économies partenaires et celles des Membres de l’OCDE. Le graphique montre que le taux de subvention des entreprises chinoises affiche une forte tendance à la hausse depuis 2019, l’entreprise médiane ayant perçu environ quinze fois plus de subventions, rapportées à la taille de ses actifs, que les entreprises des autres économies partenaires et des pays Membres de l’OCDE en 2024. À ces préoccupations s’ajoutent des éléments suggérant que la Chine recourt de manière beaucoup plus intensive à des instruments de subvention particulièrement difficiles à quantifier (Mercier et Giua, 2023[2]).
Graphique 4.1. Les subventions à l’acier dans les économies partenaires sont principalement tirées par la Chine, l’aciériste chinois médian recevant environ quinze fois plus de subventions, rapportées à la taille de ses actifs, qu’un producteur médian ailleurs
Copier le lien de Graphique 4.1. Les subventions à l’acier dans les économies partenaires sont principalement tirées par la Chine, l’aciériste chinois médian recevant environ quinze fois plus de subventions, rapportées à la taille de ses actifs, qu’un producteur médian ailleursSubventions rapportées aux actifs, médiane, 2006-2024
Remarque : Les subventions sont ici calculées comme la somme des aides financières directes, des emprunts à taux inférieurs aux conditions du marché (BMB) et, le cas échéant, des avantages fiscaux.
Source : Base de données MAGIC de l’OCDE.
Des travaux récents du Comité de l’acier de l’OCDE mettent en évidence les effets de distorsion généraux des subventions, lesquelles érodent les comportements guidés par le marché dans le secteur sidérurgique (OCDE, à paraître[3]). Même en l’absence d’accroissements de capacités induits par les subventions, ceux-ci peuvent fausser les conditions de concurrence tant au niveau national qu’international. En affaiblissant les signaux de marché, les subventions permettent aux entreprises moins efficientes de maintenir, voire d’accroître, leurs parts de marché, au détriment de concurrents moins subventionnés, qu’ils soient nationaux ou étrangers. Ce faisant, les subventions entraînent une allocation manifestement sous-optimale des ressources et une perte nette de bien-être économique.
Les effets de distorsion des subventions sont importants. Les régressions économétriques fournissent des éléments probants montrant que les aides financières directes, les BMB et les avantages fiscaux ont un effet positif sur les parts de marché des entreprises bénéficiaires, alors même que leur productivité, leur efficience-coût et leur solidité financière ne s’améliorent pas et sont souvent inférieures à celles des entreprises moins subventionnées au départ (OCDE, 2025[4] ; à paraître[3]). Des effets induits préjudiciables sont également observés sur les concurrents, qui perdent des parts de marché au profit d’entreprises plus fortement subventionnées, malgré une performance financière plus solide (Graphique 4.2). Ces effets peuvent freiner les investissements à l’échelle du secteur et dissuader les concurrents de moderniser leurs installations ou d’investir autrement.
Graphique 4.2. Les aciéristes les moins subventionnés perdent des parts de marché au profit de leurs concurrents plus fortement soutenus, malgré une performance financière plus solide
Copier le lien de Graphique 4.2. Les aciéristes les moins subventionnés perdent des parts de marché au profit de leurs concurrents plus fortement soutenus, malgré une performance financière plus solidePerformance par quartile d’intensité de subvention
Note : les quartiles d’intensité de subvention sont représentés sur l’axe des X, du quartile le plus faible Q1 au plus élevé Q4. Ainsi, le niveau de subvention augmente de gauche à droite. Il s’agit d’un graphique au niveau des observations, ce qui signifie qu’une même entreprise peut apparaître dans différents quartiles d’intensité de subvention selon les années, en fonction de son ratio annuel subventions/actifs. Les quartiles de subvention sont définis sur la base des quantiles à 25 % de la somme des aides directes et des emprunts à taux inférieurs aux conditions du marché (BMB) rapportée aux actifs totaux, soit (aides directes + BMB) / actifs. Par construction, chaque quartile contient approximativement le même nombre d’observations (environ 174 par quartile).
Source : Base de données MAGIC de l’OCDE pour les aciéristes.
Sur des marchés fonctionnant efficacement, une rentabilité plus élevée, une meilleure utilisation des capacités et un endettement plus faible tendent à être récompensés par des volumes de ventes plus importants. Les recherches de l’OCDE montrent que, dans le secteur sidérurgique, lorsque le soutien public augmente ou est plus élevé (comme c’est le cas dans les économies partenaires), ces signaux s’estompent rapidement : les entreprises fortement subventionnées gagnent du terrain même lorsqu’elles sont moins rentables, moins efficaces en termes de coûts et plus endettées que leurs pairs (OCDE, à paraître[3]). Plus une entreprise est subventionnée, moins ses gains de parts de marché sont corrélés à sa rentabilité, à son efficience-coût, à son taux d’utilisation des capacités et à un moindre endettement (Graphique 4.3).
Graphique 4.3. Des niveaux de subvention plus élevés dans le secteur de l’acier affaiblissent la corrélation entre la performance financière et les gains de parts de marché
Copier le lien de Graphique 4.3. Des niveaux de subvention plus élevés dans le secteur de l’acier affaiblissent la corrélation entre la performance financière et les gains de parts de marchéCorrélations entre la performance financière des entreprises et l’évolution des parts de marché, par quartile d’intensité de subvention
Source : Base de données MAGIC de l’OCDE pour les aciéristes.
L’affaiblissement de la corrélation entre les résultats en termes de parts de marché et les indicateurs de performance, tels que la rentabilité, le taux d’utilisation des capacités et l’endettement, chez les producteurs d’acier les plus subventionnés, montre que les subventions faussent le bon fonctionnement des marchés. En atténuant les signaux de marché qui récompensent normalement les entreprises les plus efficientes – celles qui utilisent efficacement les ressources, créent davantage de valeur ou fonctionnent avec un endettement plus faible –, les subventions risquent de réduire l’efficacité économique globale et, en définitive, le bien-être collectif.
Suivi des mesures de soutien dans les pays et régions clés sélectionnés
Copier le lien de Suivi des mesures de soutien dans les pays et régions clés sélectionnésL’OCDE assure un suivi régulier des subventions et des autres mesures et pratiques non fondées sur le marché dans un ensemble de pays clés. Les travaux menés en 2025 et au début de 2026 couvrent la Chine ainsi que la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). D’autres pays et régions seront progressivement intégrés dans les futures analyses afin de fournir une vision de plus en plus complète des mesures et pratiques non fondées sur le marché en vigueur dans le secteur sidérurgique.
Chine
En 2025, le secteur sidérurgique chinois a continué de faire face à de fortes pressions structurelles, une demande intérieure atone, les excédents de capacité persistants et une intensification de la concurrence par les prix pesant sur les performances des aciéristes. Dans ce contexte, les décideurs ont de plus en plus interprété les conditions de marché sous le prisme de l’« anti-involution », concept qui met en cause la concurrence excessive et les guerres de prix destructrices érodant les marges sans résorber les déséquilibres fondamentaux entre l’offre et la demande. La réponse sectorielle spécifique introduite en 2025, le Plan d’action pour une croissance stable de l’industrie sidérurgique (2025-2026), vise à renforcer la discipline réglementaire, décourager la concurrence à perte et promouvoir la modernisation, la décarbonation et une production à plus forte valeur ajoutée (Gouvernement chinois, 2025[5]).
Le programme est principalement mis en œuvre par les autorités provinciales et municipales, qui peuvent néanmoins aller au-delà des objectifs nationaux en accordant des aides directes, des financements préférentiels et des allègements réglementaires en appui à l’industrie sidérurgique locale. Il en résulte une concurrence décentralisée au niveau local, qui conduit fréquemment à des expansions de capacités non coordonnées, à un soutien continu aux entreprises déficitaires et à une croissance de l’offre largement supérieure à la demande intérieure, renforçant les surcapacités structurelles et accentuant les distorsions de marché (Wu, 2019[6]).
L’OCDE a recensé 59 programmes de soutien liés à l’acier en vigueur au niveau des collectivités locales en 2025, avec une nette concentration des mesures dans les provinces orientales et côtières, où la production sidérurgique joue un rôle plus central dans l’activité industrielle locale. Toutefois, la transparence demeure une problématique de taille. Sur ces 59 programmes de subventions identifiés aux niveaux provincial et municipal, seuls 22 publient soit le montant total des aides versées, soit le niveau maximal de soutien par entreprise, et seule une très faible proportion rend compte des montants effectivement perçus par chaque entreprise sidérurgique. La plupart des programmes se contentent soit de dresser la liste des bénéficiaires sans fournir de détails financiers, soit de décrire les instruments éligibles – tels que les aides financières directes, les crédits préférentiels, les incitations fiscales ou les dispositifs d’allégement des coûts énergétiques – sans préciser les sommes versées. Par rapport à 2024, année au cours de laquelle 41 % des programmes publiaient les montants des subventions, la transparence a reculé. Dans le même temps, l’accès à l’information publique chinoise s’est progressivement restreint, notamment du fait de la mise en place d’un géoblocage sur les sites officiels du gouvernement, lequel affecte désormais plus de la moitié des portails gouvernementaux hébergés sur le territoire national lorsqu’ils sont consultés depuis l’étranger (Brussee, 2026[7]). Ces limites à la transparence posent un problème majeur, avec des conséquences concrètes. Elles compromettent les efforts de suivi indépendant et limitent la capacité à apprécier l’ampleur, la structure et les effets des subventions sur les échanges.
Subventions liées à la production / aux ventes
Une première catégorie de programmes potentiellement distorsifs regroupe les instruments qui lient directement le soutien public aux volumes de production atteints ou aux ventes réalisées. Contrairement aux mesures axées sur la modernisation ou la transition, ces programmes réduisent les coûts marginaux d’exploitation des entreprises et récompensent explicitement le maintien des niveaux de production, affaiblissant ainsi les signaux de sortie du marché et favorisant la persistance des excédents de capacité. L’exemple le plus emblématique est celui de la politique de soutien à la sidérurgie du comté de Yunhe, dans le Zhejiang, qui prévoit une subvention pouvant atteindre 2.3 % du chiffre d’affaires annuel, complétée par des primes par tonne produite, modulées par paliers, pour les volumes dépassant les seuils de référence convenus, avec des versements effectués sur une base mensuelle et des pénalités ou bonifications supplémentaires liées aux objectifs opérationnels fixés (Départements de l’économie et des technologies de l’information du Zhejiang, 2025[8]).
Une dynamique comparable est observée dans le programme de stabilisation industrielle du Guangxi pour les deuxième et troisième trimestres de 2025, qui prévoit des primes fondées sur les hausses, en glissement annuel, de la valeur de la production trimestrielle et étend explicitement ses critères d’éligibilité aux « industries en difficulté », telles que la sidérurgie.
Bien que présenté comme un dispositif de stabilisation de la croissance à court terme, ce programme incite directement à une augmentation de la production, indépendamment des conditions sous-jacentes du marché (Gouvernement du Guangxi, 2025[9]).
Pris ensemble, ces mécanismes s’avèrent particulièrement problématiques dans la mesure où ils favorisent le maintien de la production plutôt qu’un ajustement structurel, risquant ainsi de retarder la rationalisation des capacités et de renforcer les déséquilibres du côté de l’offre. De plus, ces mesures locales vont également à l’encontre des directives nationales anti-involution, qui appellent à la discipline de production, au contrôle des capacités et à l’endiguement de la concurrence destructrice.
Crédit préférentiel soutenant les surcapacités
La deuxième catégorie de soutien potentiellement distorsif regroupe les vastes programmes de crédit préférentiel pilotés par les pouvoirs publics, en particulier lorsque des financements sont accordés à des producteurs sidérurgiques en place sans exigences explicites de réduction des capacités. L’exemple le plus notable est celui des Lignes directrices de financement pour la transition de l’industrie sidérurgique du Hebei, dans le cadre desquelles les institutions financières ont approuvé 27.2 milliards CNY (yuans chinois) (environ 2.8 milliards USD) de lignes de crédit de transition au premier trimestre 2025, dont 15.8 milliards CNY déjà décaissés au profit de 11 aciéristes et d’un consommateur en aval, afin de financer des plans de transition au niveau des entreprises ainsi que des investissements de décarbonation au niveau des projets (notamment des rénovations à très faibles émissions, des améliorations de l’efficacité énergétique et des modernisations de procédés), à des taux inférieurs de 5 à 150 points de base à ceux de prêts comparables hors objectifs de transition (Banque populaire de Chine, 2026[10]). Une telle ampleur de prêts concessionnels crée un risque de distorsion de concurrence en réduisant les coûts de financement pour les entreprises bénéficiaires par rapport aux producteurs non soutenus, tant au niveau national qu’international.
Plus fondamentalement, le programme s’inscrit dans une logique plus large de « modernisation sans sortie », dans laquelle des investissements subventionnés ou financés à des conditions préférentielles améliorent l’efficacité et la performance environnementale au niveau des entreprises, sans exiger de réduction des capacités. En pratique, cela peut affaiblir les mécanismes d’ajustement normalement induits par le marché. En abaissant les coûts de financement des producteurs existants, le programme soutient des entreprises qui, autrement, auraient pu réduire leurs activités ou quitter le marché, ralentissant ainsi la consolidation et la réduction des capacités. En l’absence d’exigences contraignantes obligeant au retrait des capacités inefficientes, les financements de transition à grande échelle peuvent maintenir l’offre agrégée et retarder le rééquilibrage structurel, de sorte que les surcapacités sectorielles peuvent perdurer, même lorsque certaines installations deviennent plus propres ou plus efficaces.
Soutien à la compétitivité axé sur l’exportation
Le soutien à l’exportation est moins souvent présent dans les programmes que la transformation numérique ou la transition écologique. Plusieurs provinces intègrent la promotion des exportations dans des cadres plus larges de modernisation industrielle, combinant des instruments de réduction des coûts et des dispositifs de soutien à l’accès aux marchés. Dans le Hebei, l’initiative « Hebei Products Going Overseas » accompagne explicitement les clusters sidérurgiques et consommateurs d’acier dans leur développement à l’international en combinant promotion coordonnée à l’étranger, assistance en matière de conformité réglementaire et soutien à la participation aux salons internationaux, le tout renforcé en amont par une plateforme provinciale dédiée à la chaîne d’approvisionnement de l’acier qui fournit des services logistiques et des solutions de financement (Hebei, 2026[11]).
Dans le Shandong, la compétitivité à l'exportation est soutenue par des certifications vertes subventionnées, par des systèmes de comptabilisation et d’étiquetage de l’empreinte carbone des produits alignés sur les exigences des marchés de destination, ainsi que par des mécanismes de financement commercial préférentiels et des outils de développement international (Département de la science et de la technologie du Shandong, 2025[12] ; CCN, 2025[13] ; Ministère des finances de la province du Shandong, 2025[14]).
La province du Guangxi soutient les exportations au moyen d’aides directes, de bonifications d’intérêt et de dispositifs de réduction des coûts couvrant l’entreposage, le transport, les garanties et l’expansion sur les marchés étrangers (Gouvernement du Guangxi, 2026[15] ; 2025[9]). Ces mesures réduisent les coûts à l’exportation, atténuant ainsi en partie la sensibilité des producteurs aux signaux de prix mondiaux. Combinés à d’importantes subventions à la modernisation et à des financements préférentiels, ces instruments axés sur l’exportation risquent de renforcer les excédents de capacité en permettant aux aciéristes chinois de maintenir, voire d’accroître, leurs ventes à l’international malgré la faiblesse de la demande intérieure, et par conséquent de transférer les déséquilibres domestiques vers les marchés internationaux.
Région MENA
Les producteurs d’acier de la région MENA bénéficient d’un large éventail de subventions favorisant l’expansion des capacités de production. Ces mesures visent à réduire la dépendance aux intrants importés utilisés dans la production sidérurgique régionale en soutenant l’intégration en amont dans les matières premières et les produits intermédiaires, tout en encourageant l’intégration en aval avec les industries nationales consommatrices. Parallèlement, les pays s’emploient à promouvoir la transformation numérique, la transition écologique et la compétitivité-coûts, tout en stimulant l'investissement direct international afin de développer des chaînes de valeur locales. Les canaux de soutien les plus courants sont les subventions énergétiques, les exonérations fiscales et douanières, les prêts concessionnels, le traitement préférentiel des entreprises publiques, les marchés publics et les obligations de contenu local. Toutefois, le conflit au Moyen-Orient a accru l’impact budgétaire de ces mesures, la hausse des prix du pétrole et du gaz renchérissant le coût du maintien de prix domestiques subventionnés de l’énergie dans certains pays, et pourrait mettre au jour la dépendance de plusieurs régimes de soutien régionaux à l'égard de routes commerciales et d’infrastructures énergétiques stables (FMI, 2026[16]). À l’heure actuelle, les informations disponibles sur les mesures de soutien dans la région MENA ne permettent pas d’établir une comparaison solide avec les autres régions. Les travaux futurs s’emploieront donc à améliorer la comparabilité de ces mesures.
Algérie
Les subventions à l’énergie ont un impact important sur la production en Algérie, où les aciéries nationales reposent principalement sur les technologies du four à arc électrique (EAF) et du four à induction (IF). De fait, il n’existe qu’une seule aciérie utilisant le procédé haut fourneau-convertisseur à oxygène (BF-BOF), située dans le complexe industriel d’El Hadjar, dans la province d’Annaba. Étant donné que le reste de l’industrie utilise les procédés EAF ou IF, qui reposent sur le fer de réduction directe (DRI) ou la ferraille, ces installations utilisent le gaz naturel et l’électricité comme intrants énergétiques.
L’Algérie est le plus grand producteur de gaz naturel de la région, l’entreprise publique Sonatrach dominant la production, le transport et la distribution. Le gaz naturel est vendu à plus de 90 % en dessous des niveaux de recouvrement des coûts dans le pays et, pour les grands usagers industriels, la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG) fixe le prix à 0.48 USD par MMBtu (million de British Thermal Units), l’un des tarifs les plus bas de la région MENA (Commission de régulation de l’électricité et du gaz, 2025[17]).
Cet avantage en matière d’approvisionnement en gaz naturel permet à l’Algérie de fournir des intrants à faible coût pour la production d’électricité, avec des prix de l’électricité en 2023 estimés à 60 % en dessous des niveaux de recouvrement des coûts (OCDE, 2025[1]). Pour les consommateurs à forte intensité électrique, le prix fixé par la CREG est de 58 USD par MWh (mégawattheure) en heures de pointe, de 20 USD en heures normales et de 5 USD la nuit. Selon Bloomberg, le tarif moyen de l’électricité à usage industriel entre 2020 et 2023 a fluctué entre 12.4 USD et 13.4 USD par MWh, le situant parmi les plus bas de la région MENA (BloombergNEF, 2025[18]).
Égypte
Le gaz naturel en Égypte continue d’être subventionné par l'État. Comme établi dans des travaux antérieurs de l’OCDE, le prix du gaz pour le secteur sidérurgique a été abaissé à 5.5 USD par MMBtu en 2019-2020 et à 4.5 USD par MMBtu en 2020-2021, en dessous du prix appliqué au reste de l’industrie (OCDE, 2025[1]). Le prix pour le secteur sidérurgique s’est maintenu à 5.75 USD par MMBtu depuis 2021. La plupart des autres industries bénéficient également, à des degrés divers, de subventions sur le gaz naturel. Dans le contexte du conflit au Moyen-Orient, le maintien de tels prix industriels fixes du gaz pourrait devenir plus coûteux sur le plan budgétaire pour l’Égypte, les économies importatrices de pétrole de la région étant exposées à une hausse des coûts de l’énergie importée et à un durcissement des conditions extérieures (FMI, 2026[16]). Malgré ces subventions, les prix du gaz naturel sont généralement restés supérieurs aux prix mondiaux.
Le gouvernement contrôle également les tarifs de l’électricité pour toutes les aciéries en activité utilisant les technologies EAF ou IF, ce qui signifie que les producteurs égyptiens bénéficient de prix de l’électricité subventionnés. Le ministère de l’Électricité et des Énergies renouvelables fixe les prix pour les entreprises à environ 0.028 USD par kWh (kilowattheure), soit un niveau inférieur de 80 % à la moyenne mondiale en 2024 (Global Petrol Prices, 2025[19]).
La loi n° 73 de 2017 sur l’investissement reste en vigueur et prévoit plusieurs incitations fiscales, notamment une réduction de 30 % de l’impôt sur les bénéfices d’investissement dans plusieurs secteurs, tels que les industries métallurgique, mécanique et textile. En vertu de cette même loi, les zones économiques spéciales (ZES), où se situent la plupart des aciéries, profitent d’une réduction de 50 % de l’impôt sur les bénéfices d’investissement (République arabe d’Égypte, 2017[20]).
Le pays cherche activement à accroître ses capacités de production et ses exportations d'acier (Ministère de l’industrie, 2025[21]), tout en reconnaissant que le pays est déjà en situation de surproduction (Salaasil news, 2025[22]). Le gouvernement a, par exemple, approuvé la construction d’un nouveau complexe sidérurgique dans la zone économique du canal de Suez en dépit d'un ralentissement de l’industrie sidérurgique nationale causé par une baisse de la demande intérieure d’acier et une pénurie de devises en 2023 (Ahram Online, 2023[23]). La guerre en République islamique d’Iran (ci-après l'« Iran ») pourrait également compliquer cette orientation expansionniste, l’Égypte ayant déjà annoncé, en réponse à la hausse des coûts énergétiques et aux contraintes budgétaires liées au conflit, un ralentissement temporaire de ses grands projets publics fortement consommateurs de carburant ainsi qu'une réduction des quotas de carburant alloués aux véhicules de l’État (Reuters, 2026[24]).
Libye
La Libye ne compte actuellement qu’un seul producteur d’acier, la société publique Libyan Iron and Steel Company, qui a démarré ses activités en 1979. Un second projet d’aciérie, annoncé en 2024, doit être développé à Benghazi par le groupe turc Tosyalı ; la nouvelle installation devrait disposer d’une capacité de production annuelle de 2.7 Mt, ce qui augmenterait la capacité sidérurgique nationale de 163 % (Yermolenko, 2024[25]). Outre l’acier, le pays produit du DRI ; les projets annoncés pourraient le placer parmi les cinq premiers producteurs mondiaux de fer préréduit s’ils sont pleinement mis en œuvre.
Le gouvernement continue de fortement subventionner l’électricité (EIA, 2024[26]). Le tarif général de l’électricité pour l’industrie lourde a été fixé à 36 USD par MWh en 2025 (Libyan Centre for Strategic Studies, 2025[27]).
Maroc
L’industrie sidérurgique marocaine s’est développée rapidement ces dernières années, malgré des coûts de l’électricité sensiblement plus élevés que dans les autres pays de la région MENA. Parmi les différentes formes de soutien, les aides financières directes ont souvent été privilégiées.
La Stratégie nationale pour l’hydrogène 2020-30 du Maroc soutient le développement rapide de la production d’hydrogène vert et de la capacité en énergies renouvelables. Le pays ambitionne de devenir l’un des principaux exportateurs mondiaux d’hydrogène vert, avec pour objectif de couvrir 4 % de la demande mondiale à l'horizon 2050 (Royaume du Maroc, 2021[28]). Afin de soutenir ces ambitions, l'État a décidé d'allouer jusqu'à 1 million d’hectares de terres à des projets intégrés d’hydrogène vert, répartis en lots de 10 000 à 30 000 hectares (Royaume du Maroc, 2025[29]). Les études de faisabilité sont menées conjointement par l’agence publique ONEE et des entreprises privées.
Alors qu'une partie de la production sera exportée, le Royaume prévoit également d’utiliser cet hydrogène vert pour décarboner certaines industries dans le cadre de ses objectifs de réduction des émissions nationales et pour atténuer l’impact du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne (MACF). L’hydrogène vert devrait jouer un rôle plus direct dans la décarbonation de la grande industrie des engrais au Maroc, mais pourrait également bénéficier au secteur sidérurgique, une fois disponible en abondance et à un coût compétitif.
Enfin, le Fonds de soutien de l’innovation (FSI) apporte son appui actif à l’industrie sidérurgique marocaine dans le cadre de programmes d'aide au développement de produits innovants. En 2023, le premier projet a bénéficié à Maghreb Steel, l’un des principaux aciéristes nationaux, avec l'octroi d'un soutien financier de 31 millions USD pour le développement d’un type innovant d'acier micro-allié. D’autres projets visent à soutenir les producteurs en aval de la filière sidérurgique, notamment dans des domaines tels que l’acier résistant à la corrosion et les simulateurs de galvanisation. Au travers de ces programmes, l’État octroie de facto des aides financières directes aux producteurs d’acier (Ibriz, 2023[30]).
Oman
Le gouvernement omanais soutient son industrie sidérurgique au moyen d'un large éventail d’instruments, dont semblent bénéficier tant les entreprises publiques que les entreprises privées. Les aciéries à Oman sont concentrées dans deux zones industrielles, avec une installation également dans une troisième. En vertu de la loi sur les zones franches de 2002, les investisseurs dans les ZES sont exonérés d’impôt sur les sociétés et de droits de douane, et ne sont soumis à aucune restriction sur les opérations de change et les transferts en devises (Sultanat d’Oman, 2022[31]). Un « guichet unique » simplifie par ailleurs les procédures administratives en donnant accès à tous les services sur un seul et même portail, que ce soit pour les raccordements aux réseaux publics, les autorisations environnementales, les certificats d’exonération fiscale ou encore les permis de travail (Sohar Port and Freezone, 2025[32]).
Parmi les aciéries actuellement en activité à Oman, trois sur cinq sont implantées dans la ZES de Sohar, avec une capacité de production cumulée de 3.8 Mt d’équivalent acier brut, représentant 90 % de la capacité nationale en date de 2025. Les deux autres installations, de plus petite taille, sont situées dans la ZES de Rusayl, près de Mascate. Le plus grand projet sidérurgique prévu dans le pays est un projet intégré d’acier vert porté par le groupe chinois Jindal Steel (Oman Observer, 2023[33]).
Les ZES attirent également un nombre important de producteurs en amont d’intrants sidérurgiques, tels que le concentré de fer, les pellets de minerai de fer, la fonte, le DRI et le fer briqueté à chaud (HBI). La ZES de Duqm accueille actuellement une installation de HBI et une installation de DRI (Trade Arabia, 2023[34] ; Hill, 2023[35]), tandis qu’une usine de concentré de fer, de pellets de minerai de fer et de fonte est prévue dans la ZES de Suhar (Steel Radar, 2024[36] ; Prabhu, 2022[37]).
Qatar
Qatar Steel, entreprise publique, concentre 96.9 % de la capacité nationale de production d’acier. Qatar Steel est indirectement détenue par Qatar Energy, principal producteur de gaz naturel du pays, et bénéficie ainsi d’un approvisionnement en énergie assuré en interne. Qatar Steel est implantée dans la zone industrielle de Mesaieed, administrée par l’Autorité de développement des zones économiques du Qatar (Manateq). Afin d’encourager l’implantation de nouvelles entreprises, cette dernière a déjà mis en place des réductions de loyers fonciers et a annoncé une diminution de 50 % des tarifs de location pour 2025.
Au Qatar, les projets industriels dans le secteur de l’automobile et d’autres secteurs manufacturiers de pointe peuvent bénéficier d’un soutien de l’État s’ils s’inscrivent dans le cadre de la Troisième stratégie nationale de développement du Qatar pour 2024-30. Les aides financières peuvent couvrir jusqu’à 40 % des dépenses d’investissement locales éligibles sur une période de cinq ans. Sont notamment concernés les investissements dans la construction, l’achat de machines et l’équipement des usines, ainsi que les loyers des installations et les frais juridiques (Qatar Invest, 2025[38]). Bien qu’elle ne soit pas directement liée à l’industrie sidérurgique, l’aide financière aux secteurs en aval peut être considérée comme une subvention indirecte, dans la mesure où elle accroît la demande intérieure d’acier.
Arabie Saoudite
Les industries saoudiennes bénéficient des initiatives déployées par l’État pour promouvoir la diversification de l’économie nationale dans le cadre de son plan Vision 2030. L’Arabie saoudite pourrait également devenir un acteur plus important des chaînes d’approvisionnement régionales de l’acier, dans la mesure où elle cherche à développer l’extraction de minerai de fer et la production de produits intermédiaires tels que le DRI.
La plupart des aciéries saoudiennes fabriquent des produits longs destinés au secteur de la construction, en exploitant soit la technologie IF, soit la technologie EAF, et en utilisant des mélanges de ferraille et de DRI. Des aciéries intégrées commencent également à voir le jour, souvent en partenariat avec des sociétés étrangères qui apportent leur savoir-faire et leurs technologies.
L’industrie sidérurgique saoudienne connaît une croissance rapide portée par des partenariats noués avec des acteurs étrangers. L’obligation faite aux sociétés étrangères de constituer des coentreprises avec un acteur national conduit souvent à des projets développés en partenariat avec des institutions liées à l’État, telles que la Saudi Arabian Oil Company (Aramco), le Fonds d’investissement public, le Centre national de développement industriel ou encore la Commission royale pour Jubail et Yanbu.
La Saudi Electricity Company (SEC), qui détient le quasi-monopole de la distribution nationale d’électricité et est détenue à 81.2 % par l’État, applique des tarifs fixes de l’électricité pour les usagers industriels (Compagnie d’électricité saoudienne, 2025[39]). Les prix varient selon le type de raccordement : 48.6 USD le MWh pour les installations raccordées au réseau de distribution et 32.4 USD le MWh pour celles raccordées au réseau de transport (Compagnie d’électricité saoudienne, 2025[40]). Étant donné que les installations EAF, qui représentent 91.8 % de la capacité sidérurgique saoudienne, sont presque toujours raccordées au réseau de transport, elles bénéficient du tarif industriel réduit. Les prix de l’électricité ne sont pas soumis aux fluctuations du marché, car ils sont fixés de manière centralisée par la SEC, ce qui reflète à la fois le contrôle exercé par l’État et le caractère non libéralisé du système de tarification de l’électricité.
En 2021, le gouvernement a lancé le programme Shareek, qui vise à stimuler l’investissement privé dans les grandes entreprises nationales, notamment en simplifiant les procédures afin de faciliter l’accès au bénéfice des mesures incitatives. Pour bénéficier du programme, une entreprise doit s’engager à investir plus de 2.667 milliards USD sur les dix années à venir, être cotée en bourse et présenter des projets d’un montant minimal de 53.34 millions USD en dépenses d’investissement (Shareek, 2025[41]). Le programme est piloté par l’État et coordonné par dix ministères et onze organismes publics, qui déploient des dispositifs d’accompagnement sur mesure pour chaque entreprise participante et soutiennent le renforcement du contenu local dans la production. Depuis son lancement, au moins un projet sidérurgique d’envergure a bénéficié du programme.
Le Fonds saoudien de développement industriel (SIDF) octroie des prêts à conditions avantageuses aux industries du pays. Bien que l’acier ne soit pas explicitement mentionné parmi les activités ciblées par ces prêts, 70.38 millions USD ont été alloués en 2023 au secteur des véhicules tout-terrain de loisir (SUV) et des véhicules particuliers. Il s’agit donc plutôt d’une forme de soutien indirect à l’industrie sidérurgique, dans la mesure où ces prêts génèrent une demande intérieure d’acier émanant des activités en aval (Saudi Industrial Development Fund (SIDF), 2023[42]).
Émirats arabes unis
Les Émirats arabes unis entendent jouer un rôle pionnier dans la décarbonation de l’acier à l’échelle régionale en se développant dans l’hydrogène bas carbone. En 2021, le pays a dévoilé sa Feuille de route pour un leadership dans l’hydrogène, avec l’objectif de représenter 25 % de la production mondiale d’hydrogène bas carbone à l’horizon 2030. En 2023, une Stratégie nationale pour l’hydrogène a été adoptée par le gouvernement fédéral, qui souligne le potentiel de cette ressource pour l’industrie sidérurgique nationale. Le gouvernement salue Emsteel comme l’aciériste qui s’est le plus rapidement adapté au marché de l’acier vert à l’échelle mondiale, et le premier acier vert de la région MENA a été produit dans le cadre d’un projet pilote conjoint entre Emsteel et Masdar, entreprise émiratie spécialisée dans les énergies renouvelables (Ellis, 2024[43]). Détenu par l’État, le groupe domine le secteur sidérurgique national, avec des installations d’une capacité totale de 3.6 Mt d’acier brut, soit 74.3 % de la capacité nationale. Une autre entreprise, Persian Gulf Steel Industries, a annoncé en 2024 avoir atteint la neutralité carbone dans son usine de barres d’armature, entièrement fondée sur la technologie des fours à arc électrique (EAF) utilisant de la ferraille comme matière première (Durmus, 2024[44]).
Dans le cadre de sa stratégie visant à promouvoir la production d’hydrogène vert, le gouvernement d’Abou Dhabi a élaboré plusieurs mesures de soutien destinées à accélérer son développement. Un comité d’appui à l’hydrogène bas carbone a été mis en place afin de soutenir et de faciliter les investissements dans les projets en phase initiale. Ce dernier est autorisé à recourir à des instruments réglementaires, économiques et financiers pour atteindre ses objectifs. Le comité est composé de plusieurs organismes publics : le Département du développement économique d’Abou Dhabi, l’Office d’investissement d’Abou Dhabi, le Département des finances, l’Agence pour l’environnement d’Abou Dhabi, le Département des municipalités et des transports d’Abou Dhabi et le Département de l’énergie d’Abou Dhabi (Département de l’énergie d’Abou Dhabi, 2022[45]). En soutenant cette industrie en amont, ces politiques publiques aident les aciéristes à mieux intégrer l’acier vert dans leurs produits.
Tous les sites de production sidérurgique sont implantés dans des zones industrielles, qui offrent un cadre réglementaire attractif. Les entreprises qui y sont établies sont exonérées d’impôt sur les sociétés ainsi que de droits de douane (Ministère de l’économie, 2025[46]). Les industriels y bénéficient en outre de procédures administratives simplifiées et accélérées. Les zones industrielles concernées par la production d’acier sont la Cité industrielle d’Abou Dhabi, où se concentre 92 % de la capacité de production, ainsi que la Cité industrielle de Dubaï et la Zone industrielle n° 6 de Charjah.
Si les zones industrielles offrent de larges incitations réglementaires, le ministère des Finances a précisé que certaines entreprises stratégiques peuvent bénéficier d’exonérations fiscales supplémentaires. Par ailleurs, en vertu de la réglementation en vigueur, les entreprises publiques, dont Emsteel, sont automatiquement exonérées de l’impôt sur les sociétés (Administration fiscale fédérale, 2025[47]). Enfin, le gouvernement fédéral des Émirats arabes unis continue de subventionner l’énergie, le ministère de l’Énergie et des Infrastructures ayant provisionné 54.45 millions USD au titre des subventions dans le budget de l’État pour 2025 (Émirats arabes unis, 2025[48]).
Références
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